Rien à voir, mais j’aurais aimé avoir le Figaro de vendredi. Quelqu’un l’a-t-il ? Merci de me contacter

Grosse urgence aussi pour une transcription à faire d’ici demain svp. Merci…

Guy Mettan est un journaliste, artiste et une personnalité politique suisse, centriste. Ayant obtenu la nationalité russe suite à l’adoption d’une petite fille, il a écrit un livre sur la russophobie.

Source : RT, mai 2015

Guy Mettan : Pourquoi nous aimons tant détester la Russie?

Guy Mettan, l’auteur du livre «Russie-Occident : une guerre de mille ans», a précisé dans l’interview qu’il a accordée à RT France que l’Europe fabriquait «artificiellement l’ennemi russe pour pouvoir se créer une identité européenne artificielle».

RT France : Pourquoi avez-vous décidé d’écrire ce livre ?

Guy Mettan : Bon, cela fait une quinzaine d’années que je m’intéresse beaucoup à l’évolution des relations entre la Russie et l’Occident puisque j’ai eu la chance d’obtenir le passeport russe en 1998 et de devenir double national. A partir de ce moment, je me suis intéressé à la nature des relations entre la Russie et l’Occident. Plusieurs fois et à plusieurs reprises, j’avais été agacé par la manière dont la presse occidentale rendait compte de la Russie et couvrait les évènements qui avaient traits aux relations occidentalo-russes. Et puis lorsque la crise ukrainienne a éclatée, dès février 2014, j’ai vraiment été scandalisé par la manière dont mes collègues journalistes couvraient ces événements avec un biais systématiquement antirusse. C’est ce qui m’a motivé à écrire ce livre.

RT France : Votre livre parle de russophobie. Comment la définissez-vous ?

Guy Mettan : La russophobie, c’est un sentiment antirusse qu’on retrouve très largement en Occident. C’est d’ailleurs propre à l’Europe et aux Etats-Unis. Il n’y a pas de russophobie en Chine ou au Japon et dans les autres pays du monde. Pour moi, c’est une forme de racisme. Je crois qu’il n’y a pas d’autres mots pour l’expliquer. Cela tient à l’émergence de préjugés, de clichés qui ont pris naissance à partir du schisme entre l’orthodoxie et le catholicisme. C’est pour ça que mon livre s’appelle «Une guerre de mille ans». Ici, en Occident, on pense que le schisme a été créé par les Orientaux, ce qui n’est pas vrai du tout, c’est une falsification de l’histoire. Reste qu’à partir de ce schisme, se sont élaborés toute une série de préjugés contre d’abord, le monde orthodoxe, le monde grec et ensuite contre la Russie, à partir de la chute de Constantinople et que la Russie a décidé de reprendre l’héritage de Constantinople.

Le récit des voyageurs est devenu très systématiquement hostile la Russie. Et à partir du XVIIIème siècle, quand la Russie est apparue comme une puissance européenne, comme une puissance importante, cette russophobie s’est développée parce que l’expansion coloniale de l’Europe, qui a commencé à partir du 18 siècle, s’est heurtée à l’existence de la Russie, de cette puissance russe. C’est à partir de ce moment que la russophobie moderne a pris naissance en Europe occidentale, puis aux Etats-Unis après la Deuxième Guerre mondiale.

RT France : De quoi cette russophobie se nourrit-elle ?

Guy Mettan : Aujourd’hui la russophobie est devenue essentiellement américaine parce qu’à partir de 1945, ce sont les Etats-Unis qui ont pris le relais des russophobies existantes. La française qui s’est développée à partir du 18 siècle avec Napoléon. La russophobie anglaise a été très forte tout au long du XIXème siècle, avec la rivalité pour le contrôle de l’Asie. Les impérialistes anglais voulaient imposer leur domination sur l’Asie contre la Russie. Et puis la russophobie allemande, qui a commencé vers la fin du 19 siècle lorsque les Allemands ont développé l’idée de Lebensraum, d’espace vital, à l’Est. Mais une fois le nazisme défait en 1945, les Américains se sont retournés contre leur allié russe, comme l’avaient d’ailleurs fait les Anglais en 1815 aussitôt après la victoire acquise contre Napoléon.

Les Américains se sont retournés contre leur allié russe de la veille et ont développé une russophobie qui a toujours cours aujourd’hui. Elle a d’abord été liée à la lutte contre le communisme mais malgré la chute du communisme et la fin de l’Union soviétique en 1991, cette russophobie a continué de plus belle à partir de la fin des années 1990-début des années 2000. Elle se compose de deux formes : une forme idéologique autour de la soi-disant lutte pour la démocratie et les droits de l’Homme et puis, naturellement, une rivalité géopolitique parce que les Américains ne supportent pas que d’autres puissances contestent l’hégémonie américaine.

RT France : Vous dites que l’Europe n’a pas «d’identité constituée» contrairement à la Russie. Qu’est-ce que ça veut dire ?

Guy Mettan : Cela veut dire que l’Union européenne est une construction qui est difficile, qui est laborieuse, qui connaît beaucoup d’obstacles, beaucoup de revers, surtout depuis une quinzaine d’années avec l’intégration des pays d’Europe de l’Est. Mais cette Union européenne n’a pas d’identité propre. Et avec l’extension vers l’Europe de l’Est, les nouveaux venus, c’est-à-dire la Pologne, la Roumanie, les Pays baltes, en fait, les pays qui étaient autrefois liés à la Russie soviétique, ont éprouvé le besoin de se créer une nouvelle identité européenne. Et quoi de plus facile pour créer cette identité qui est au fond difficile à faire, quoi de plus facile que de s’inventer un ennemi, de s’inventer un adversaire. C’est ce que je dis dans mon livre. Pour ces nouveaux venus, la Russie fait office d’ennemi idéal, d’épouvantail, de repoussoir qui justement favorise cette intégration européenne. Cela leur permet aussi d’obtenir un soutien auprès des lobbies militaire et pétrolier américains, en stigmatisant la Russie comme une puissance hostile à l’Europe, ce qu’elle n’est évidemment pas. Ce que je montre dans mon livre, c’est qu’on se fabrique artificiellement un ennemi russe pour, au fond, pouvoir se créer une identité européenne artificielle.

RT France : Quelle accueil votre livre a-t-il reçu ?

Guy Mettan : Cela a été une très bonne surprise, parce que je m’attendais évidemment à l’hostilité de mes confrères journalistes que je critique dans ce livre. Et au contraire, la presse l’a plutôt bien accueilli, les critiques sont largement favorables et puis l’accueil du public est très, très positif. C’est vraiment pour moi un motif de satisfaction. J’avoue que j’avais quelques craintes, et bien pas du tout, je m’aperçois que le grand public est fatigué de la façon complétement biaisée dont les médias occidentaux dominants rapportent les événements qui ont trait à la Russie et qu’il cherche un autre point de vue.

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34 réponses à [Vidéo] Guy Mettan : Russie-Occident, une guerre de mille ans

Commentaires recommandés

Kiwixar Le 10 octobre 2015 à 04h51

Poutine avait fait un commentaire très intéressant l’année dernière, disant que la Russie est forte parce qu’elle ne fait partie d’aucune alliance militaire (dans le sens d’alliances à la con ayant mené à la 1ère guerre mondiale, ou de guerre automatique pour défendre un membre, comme l’article 5 de l’OTAN).

Maintenant que la menace rouge a disparu (Pacte de Varsovie constitué APRES l’Otan, hein) et que les Russes n’ont aucune raison d’envahir l’Europe de l’Ouest (vu que ce sont eux qui ont les hydrocarbures, les immenses territoires, les minerais et la frontière avec le fournisseur de tout qu’est la Chine), quelle est l’utilité pour la France de faire partie d’une alliance militaire colonialiste type Otan, alors qu’elle est capable de se défendre (arme nucléaire), que les Allemands sont vieux, les Anglais bourrés, les Italiens et les Belges trop sympas et que le Luxembourg semble pacifique?

Défendre la Guyane des Brésiliens? Est-ce qu’on a besoin de l’Otan pour ça? Est-ce que tous ces pays viendront à notre aide, plutôt que de regarder ça en disant “ah, pas de bol vieux, les Brésiliens, c’est pas l’Atlantique NORD, ça nous regarde pas, mais bonne chance hein, parachutez des ballons, ça va les distraire….”

  1. DUGUESCLIN Le 10 octobre 2015 à 04h33
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    Bon, la conclusion, c’est qu’être européen c’est aussi être russe.
    Si mon pied gauche ne me plait pas je ne vais quand même pas le couper. Sinon je serai unijambiste et c’est pas terrible pour courir.
    Les europeistes de Bruxelles font de nous des unijambistes. Et la béquille américaine n’est pas fiable.
    Nous sommes réduits à rester infirmes et soumis à une béquille atlantiste de mauvaise qualité qui peut rompre à tout moment.


    • Alberto Le 10 octobre 2015 à 09h28
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      N’oublions pas que les chats de gouttière mille fois croisés sont dits chats “européens”.
      Prenons exemple sur les chats et la langue française.


    • Arcousan09 Le 10 octobre 2015 à 09h29
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      Ce n’est pas qu’elle n’est pas fiable la béquille U.S. c’est qu’elle est la source de tous les problèmes et à l’instigatrice des guerres Vietnam, Balkans, Afghanistan, Irak, Syrie, Libye, Yemen Ukraine Caucase et l’instigatrice de toutes les dictatures en Amérique Latine et sans doute ailleurs.


      • Robert-Rompillon Jean-Paul Le 11 octobre 2015 à 20h46
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        Tout à fait d’accord, il n’y a que des politiciens carriéristes pour penser que nous avons besoin de l’OTAN. D’ailleurs, n’oublions pas que l’OTAN est pour les américains un moyen facile de vendre leur armement à tous les pays adhérents en leurs imposant leurs normes.


    • luc Le 10 octobre 2015 à 11h04
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      “être européen c’est aussi être russe” = désolé mais c’est encore un slogan sans intérêt… c’est juste trop vague…
      oui, on peut aussi dire qu’il y a plus de similitudes entre un français et un russe qu’entre un français et un péruvien…
      ok la frontière russe n’est pas loin de chez nous… mais le pays s’étant jusqu’au japon
      les différences entre les grecs et les allemands sont déjà immenses n’est-ce pas
      duguesclin tu ne connais pas les russes ou quoi? ils sont vachement différents des français…


      • Richard K Le 10 octobre 2015 à 12h49
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        @ Luc : Vivez quelques temps en Europe du Nord et vous verrez ce que signifie “être latin”. C’est aussi être très différent des Scandinaves.


      • DUGUESCLIN Le 10 octobre 2015 à 14h31
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        @luc
        Dans ces conditions l’UE n’a aucun sens puisqu’elle prétend unir les pays européens, sauf certains pays européens. La Russie que je sache fait partie du continent européen.
        Quand aux russes je les connais bien puisque j’y ai des amis et que j’y fait de longs séjours. Il n’est pas honnête de parler sans savoir.
        Désolé Luc.
        Cette coupure de l’Europe en deux; les bons européens atlantistes d’un côté et les méchants européens non soumis de l’autre, est pour moi un scandale.
        Nos intérêts sont en Europe avec tous les européens mais pas en Amérique, qui néanmoins pourraient être surtout et avant tout des partenaires sans plus.


        • kasper Le 10 octobre 2015 à 18h46
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          “Dans ces conditions l’UE n’a aucun sens”

          Yep. L’idée même d’Europe n’a aucun sens.


        • languedoc30 Le 11 octobre 2015 à 02h11
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          Mais les Russes n’ont jamais demandé à entrer dans l’UE, que voulez-vous qu’ils y fassent? Vous les voyez renoncer à leur indépendance et laisser Bruxelles décider à leur place, c’est tout simplement impensable. L’originalité de la Russie c’est d’être à cheval sur deux continents, les russes sont d’Europe par la culture et également d’Asie par la géographie, pourquoi devraient-ils choisir l’un plutôt que l’autre? Tout le reste du monde vit ailleurs qu’en Europe et ne s’en trouve pas plus mal.


          • DUGUESCLIN Le 11 octobre 2015 à 04h27
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            Quand je cite l’Europe je parle de la vraie, pas de l’UE.
            L’UE n’est pas européenne elle est contre puisqu’elle ne sert pas les intérêts européens.
            La Russie n’a pas besoin de demander à entrer dans l’Europe, puisqu’elle est européenne. C’est nous qui ne le sommes plus en nous soumettant à l’atlantisme par UE interposée.


      • Robert-Rompillon Jean-Paul Le 11 octobre 2015 à 20h59
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        Pas si différent que çà, je reviens du Kamtchatka, l’extrême orient russe et nous avons été heureux de voir ce que nous pensions que les russes étaient plus proches de nous que nous des américains. Bien sûr, les russes apprécient les gens qui viennent les voir sans jugement de valeur inspiré par les américains mais surtout ils sont moins pollués que nous par les médias tous pro-américains.

        Si les occidentaux ne suivaient pas bêtement les américains, il y aurait moins de guerre dans le monde mais voilà le lobby militaro-industriel est le maître de ce pays.


  2. Kiwixar Le 10 octobre 2015 à 04h51
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    Poutine avait fait un commentaire très intéressant l’année dernière, disant que la Russie est forte parce qu’elle ne fait partie d’aucune alliance militaire (dans le sens d’alliances à la con ayant mené à la 1ère guerre mondiale, ou de guerre automatique pour défendre un membre, comme l’article 5 de l’OTAN).

    Maintenant que la menace rouge a disparu (Pacte de Varsovie constitué APRES l’Otan, hein) et que les Russes n’ont aucune raison d’envahir l’Europe de l’Ouest (vu que ce sont eux qui ont les hydrocarbures, les immenses territoires, les minerais et la frontière avec le fournisseur de tout qu’est la Chine), quelle est l’utilité pour la France de faire partie d’une alliance militaire colonialiste type Otan, alors qu’elle est capable de se défendre (arme nucléaire), que les Allemands sont vieux, les Anglais bourrés, les Italiens et les Belges trop sympas et que le Luxembourg semble pacifique?

    Défendre la Guyane des Brésiliens? Est-ce qu’on a besoin de l’Otan pour ça? Est-ce que tous ces pays viendront à notre aide, plutôt que de regarder ça en disant “ah, pas de bol vieux, les Brésiliens, c’est pas l’Atlantique NORD, ça nous regarde pas, mais bonne chance hein, parachutez des ballons, ça va les distraire….”


  3. LBBSO Le 10 octobre 2015 à 07h19
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    L’Europe est devenue un empire sans puissance .Elle est un marché (*) .

    La Russie est devenue une puissance sans empire. C’ est une nation (**) .

    D’où la mésentente entre Europe / Russie et l’affrontement avec les Etats Unis (***).

    (*) Soft power:”Co-opt people rather than coerce them ”
    (**) Hard power: force coercitive, militaire mais aussi économique (peut comprendre la détention de ressources naturelles)
    (***) Les USA tentent de combiner les deux en un “smart power” (sic).


  4. Charlie Bermude Le 10 octobre 2015 à 07h54
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    Pourquoi suis je sévére . Parce que dans ce monde qui s’unifie de fait nous faisons face à d’autres cultures/civilisations qui se réveillent . Nous qui ne somment à l’origine que le cul de sac du monde , peuplés de tribus insignifiantes , dispersées dans la foret vierge , au milieu des ours et des loups . A peine unies par des Celtes de maniére disparate en poussant leurs troupeau de cochons , ayant par hasard découvert le fer . Reserves d’esclaves pour civilisés . Ce que nous risquons de redevenir suite à la grande connerie 14/18 .
    Le seul chemin qui semble s’imposer est celui de trouver et montrer la maniére de coopérer gagnant/gagnant entres peuples différents , à commencer par ceux d’Europe . Ce qui est contraire à l’identité , qui a un coté rouleau compresseur . Et la dessus un Suisse aurait peut étre quelque chose a nous apprendre .


    • Merle Le 10 octobre 2015 à 15h32
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      La guerre est dans le génome de l’humanité. Il y a beaucoup de cas où la coopération est impossible et où la guerre est inévitable. Vous pouvez toujours jouer le gagnant-gagnant avec les états unis ou l’état islamique. Vous leur donnerez la main, ils vous prendront le bras.

      Défendons nos intérêts, ça sera déjà pas mal. Cessons de croire que les autres nations sont nos amis. Elles ne sont que des nations au mieux neutre vis-à-vis de nous.


      • Robert-Rompillon Jean-Paul Le 11 octobre 2015 à 21h23
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        Je ne pense pas que la guerre est inévitable mais tant que beaucoup de gens comme vous le penserons cela risque effectivement de durer encore un certain temps.

        L’argument de l’Etat islamique et d’autres d’ailleurs, n’est pas un argument car les américains ont contribué à leur avènement, l’Arabie-Saoudite aussi et quelques autres.
        Ce que vous dites doit remplir d’aise les fabricants d’armes et ils doivent aussi penser quels cons ces gens qui gobent tout ce qu’on leur dit.

        Quant à notre intérêt dans tout cela il me semble que ce soit juste la paix. Par contre tout le monde sait que ce ne sera jamais les militaires, les marchands de morts enfin je voulais dire “d’armes” ni les politiciens à la botte de ces deux précédents lobbies qui feront avancer la paix dans le monde.


  5. Frédérique Le 10 octobre 2015 à 08h39
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    Lorsque ce journaliste parle des rapports entre tel ou tel pays, je pense qu’il parle avant tout de leurs classes dirigeantes et des politiques qu’elles y mènent.

    Pour les populations tout dépend de la classe sociale, des origines, de leur histoire personnelle ou de leur perméabilité à la propagande ambiante.

    Chez moi, il n’y a jamais eu de russophobie, au contraire, les Russes étaient communistes, mes parents aussi, ils ne le sont plus, ça tombe bien, ma génération non plus.

    Par contre, il plane toujours une germanophobie latente chez nous, une méfiance envers les maghrébins suite à la guerre d’Algérie et à la perte de proches et même un sentiment de suspicion envers les Anglais et leurs cousins germains américains que l’on ne sent pas très francs du collier vis à vis des Français.

    En fin de compte, s’il n’y avait pas toujours des dirigeants présomptueux et cupides, prêts à jeter les peuples les uns contre les autres, on vivrait sûrement plus souvent en paix, en s’occupant de nos affaires plutôt que de celles du voisin.


    • Vincent Le 12 octobre 2015 à 09h37
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      Chez nous il n’y a jamais eu de russophobie non plus, quand bien même mes parents étaient foncièrement anticommunistes. Sans doute l’influence des “Blancs” qui ont communiqué l”amour de leur culture, et surtout Soljenitsyne.
      Et idem pour la méfiance vis à vis de la politique anglaise et allemande. Les riains, eux nous faisaient juste marrer (ils me le font beaucoup moins).


  6. sadsam Le 10 octobre 2015 à 08h42
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    Merci beaucoup Olivier d’avoir signalé ce livre.

    “Grattez le Russe et vous retrouverez le Tartare” : Dostoïevski avait repris, en français, la formule du XIXème siècle dans l’un de ses textes.

    Dans ce contexte, il faut signaler que le passionnant ouvrage de Michel Cadot “La Russie dans la vie intellectuelle française” a été réédité l’an dernier. J’ignore si cette republication a été annoncée comme elle le méritait.
    http://www.fabula.org/actualites/michel-cadot-la-russie-dans-la-vie-intellectuelle-francaise-1839-1856_65267.php

    Et pour le “grand jeu” en Asie centrale entre l’Angleterre et la Russie, aussi pour le “grand jeu” beaucoup moins connu entre l’Allemagne et la Russie au début du XXème siècle, il faut lire les livres de Peter Hopkirck.


  7. GRABAR Michel Le 10 octobre 2015 à 09h23
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    Je serais venu vous entendre au Dialogue franco – russe dont je suis un ami car vous résumez ce que je mets en perspective dans mes cours et publications depuis 20 ans…Par exemple, dans panslavisme et slavophile, paru en 1994 dans Géopolitique de l’orthodoxie, numéro de la revue : géopolitique , dirigée e par MF Garaud ou bien en 2004 dans un recueil d’articles sur le neoeurasianisme de Douguine, que j’avais invité au grand dam de mes collègues dans mon Université a Rennes 2 pour un debat sans complaisance, mais honnête. Faisons connaissance!


  8. Macarel Le 10 octobre 2015 à 09h29
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    Empire romain d’occident, contre Empire romain d’Orient. Héritier de Rome, contre héritiers de Byzance ce n’est en effet pas nouveau.
    Les deux étant par ailleurs en conflit avec des forces islamiques, ceci non plus n’est pas nouveau.
    A part qu’aujourd’hui, les croisades se font avec des armes au pouvoir destructeur décuplé, par rapport à l’ancien temps. Mais la cruauté reste la même.
    La mondialisation néo-libérale tant vantée par ses thuriféraires, n’a pas amené la paix sur cette Terre, et surtout pas la fin de l’histoire. Ceux qui oublient le passé, s’expose à répéter sans fin les erreurs du passé. Du passé faisons table rase, est la meilleure façon de plonger les peuples dans le malheur. C’est l’un des maux qui est en train de disloquer l’UE, tant ses promoteurs veulent effacer des mémoires l’idée de nation. Ils ne voient pas, ou feignent de ne pas voir, qu’en faisant cela, en niant des siècles d’histoire, ils revitalisent des sentiments identitaires, sous leur forme la plus dangereuse : le nationalisme. Et ce sont ceux là même qui mettent le feu à la maison, par leurs politiques de talibans européistes, qui ensuite crient au feu. Tel Hollande au parlement européen, la semaine écoulée.
    Seul un dialogue des cultures ( et les choses étant ce qu’elles sont, dans bien des cas, des cultures nationales) dans un cadre de respect mutuel, peut permettre d’avancer dans le sens d’un monde plus pacifié, certes cela prends plus de temps, et demande beaucoup d’investissement et de patience, mais l’inverse ne produit que des guerres, et chaque guerre prépare les conditions de la suivantes. C’est ainsi depuis l’aube des temps.
    L’espèce humaine (et non la race), est à la croisée des chemins : soit nous prenons collectivement le chemin de la coopération et de la solidarité, soit nous périrons ensembles.


  9. olivier imbert Le 10 octobre 2015 à 10h22
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    je ne crois pas tellement à la géopolitique sur des dizaines ou centaines d’années. La russie a été avec nous contre l’allemagne pour la seconde guerre mondiale et contre le japon avec les américians un court moment.


    • Crapaud Rouge Le 10 octobre 2015 à 11h54
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      je ne crois pas tellement à la géopolitique sur des dizaines ou centaines d’années” : si voulez-vous dire que la géopolitique ne peut pas anticiper sur des siècles, vous avez mille fois raisons. Mais il ne s’agit pas de ça. C’est seulement la puissance russe (orientale) qui gène les Occidentaux depuis des siècles, mais qu’ils sont bien contents de trouver quand ça les arrange. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, on peut avoir l’impression d’une “géopolitique [conduite] sur des dizaines ou centaines d’années“, alors qu’en réalité il n’y a rien.


      • Charles Michael Le 11 octobre 2015 à 18h35
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        C’est un point de vue que je ne partage pas du tout.

        Dans géopolitique il y a géographie, je dirai beaucoup plus de géographie que de politique. Et la géographie qui implique la géologie et les ressources et le climat est un facteur structurant fondamental, très probablement le facteur principal des grands schismes religieux et des différences culturelles.
        Certes les différences de développement des technologies ont permis la naissance des empires coloniaux occidentaux et une lutte entre puissance européennes à l’avénement de l’ère industrielle pour ces possessions volées.
        Pour une période finalement brève et particulièrement meurtrière.

        C’est bien sa position d’insularité qui sauve l’Angleterre et lui permet de résister à l’Allemagne nazie. C’est bien son isolement géographique qui maintient la neutralité US dans les deux guerres mondiales.
        La Russie a le luxe de son immensité, celle qui bat Napoléon et Hitler, du moins avait jusqu’aux avancées de l’Otan. D’où son pivot vers l’Asie et la Chine; un suicide pour l’UE politique en constante négation de la géographie et révision de son histoire.

        C’est la tentation de poursuivre cette hégémonie géographique qui est la source des conflits d’aujourd’hui.


    • Crapaud Rouge Le 10 octobre 2015 à 12h07
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      C’est même curieux, à la longue. Les Russes sont en train de défaire la puissance militaire US au Moyen Orient, après avoir défait l’Allemagne nazie et l’armée de Napoléon. Les voyant aujourd’hui s’attaquer sérieusement à ce qui est devenu le vrai “empire du Mal”, à savoir les extrémistes musulmans disséminés un peu partout dans le monde, on peut sérieusement se demander si leur “isolement”, (au sens de Kiwixar = pas d’alliance “à la con” 🙂 ), ne les prédestine pas à jouer le rôle historique de “modérateur” de l’humanité et de son insondable bêtise.


  10. couci couça Le 10 octobre 2015 à 10h33
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    La Russophobie est encore largement liée au ressentiment de l’Allemagne défait militairement par son front est .
    Et coupée en deux à partir de 45 .
    Les Allemands ont du mal à admettre leur responsabilité .
    C’est à dire qu’ils rejettent tout sur la clique nazie mais pour admettre qu’ils l’ont soutenue c’est autre chose .
    Peut être un jour ça leur passera d’autant que le pragmatisme des marchés leur convient très bien .
    Puisqu’ils en sont bénéficiaires .
    L’antisoviétisme est encore bien ancré . Pas seulement chez les Américains car leur paranoïa a eu de nombreux canaux .
    La peur des chars soviétiques à paris ….!
    Bref il faudra encore du temps pour que la bourgeoisie , les militaires qui ont vomi du bolchevique pendant tant d’années ,réalisent que l’époque de la révolution russe ,(avec le lâchage du font est en 17 ), la défaite de 40 , la collaboration , le pétainisme ,qui ne collait pas avec la résistance soviétique la guerre froide et le “rideau de fer” , qui a été la ligne Maginot imposée en 45 , est dépassée .
    Il y a certainement plus à gagner à créer des liens commerciaux, et culturels avec la Russie qu’avec des Etats Unis qui se pensent maitres et représentants du camp du bien .
    Mais bon le fonctionnement paranoïaque avec un classement des gens en gentils /méchants est tellement pratique …
    Ce qui n’est pas propre à notre pays .
    Peut être même pas naturel …
    Mais à force de propagande ….


  11. TienTien ! Le 10 octobre 2015 à 13h43
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    Cette russophobie soigneusement entretenue, voire amplifiée, par nos lamentables médias est d’autant plus ridicule qu’elle ne repose sur aucun fait historique. En France par exemple, nous ferions bien de nous souvenir des deux attaques commises contre la Russie: celle de Napoléon d’abord et la Guerre de Crimée ensuite. Sauf erreur de ma part, la Russie ne nous a jamais attaqués et il est d’ailleurs remarquable que la France continuait de jouir d’un sentiment plutôt favorable chez les Russes en général. Ceci prouve, une fois de plus, que nous préférons suivre aveuglément les politiques “made in Washington” ( et Hollywood ! ). Triste…


  12. TienTien ! Le 10 octobre 2015 à 13h47
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    La seule chose que les atlantistes demandent à la Russie est de cesser d’exister.
    Désolé, mais j’ai oublié le nom de l’auteur de cette phrase. Certainement un commentateur pourra me rafraîchir la mémoire.


  13. Theoltd Le 10 octobre 2015 à 17h51
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    Bon, ca n’a rien a voir avec le livre sans doute excellent de ce monsieur, mais mon avis est que le pétrole pas cher, c’est fini. Et que donc, une nouvelle prospérité attend la Russie. On ne pourra plus faire avec la Syrie (ainsi que Irak, Iran, Venezuela et consorts) ce qu’on a fait a la Libye de Kadhafi. (Baïonnette Otano française dans le fondement ). Les pays producteurs ont désormais leur “KKricha” c est a dire leur protection, notamment les systemes de missiles s300 et la Russie aura désormais la possibilté de finir le travail en pourchassant les derniers rebelles “jusque dans les chiottes” de l’Arabie saoudite. (Qui rappelons nous aurait provoqué la chute de l’Union Soviétique, puis la crise de 98, en ouvrant ses vannes a la demande des US.)
    On peut donc attendre un prix de pétrole qui corresponde aux intérêts des pays consommateurs et surtout, des pays producteurs. A mon avis, c’est pas 40 dollars le Baril. Alors en vue de l’hiver qui arrive, c est le moment de remplir sa cuve de fioul, pour ceux qui l’ont pas deja fait.


  14. Andrae Le 10 octobre 2015 à 19h10
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    En apparté… en Europe on s’imagine que la Russie est un immense territoire, un peu dépeuplé (p. ex. Siberie), et qu’il y a plein de richesses, etc. (C’est vrai dans une grande mesure pour le pétrole et le gaz.) La Russie est immense, puissante, etc. Nos perceptions, notre image mentale spatiale est basé sur la projection de Mercator, les Mappesmondes qu’on a tous gobés à l’école, et intégrés mentalement. Or cette projection n’est qu’une variante et elle ne reflète pas, mais alors pas du tout, les vraies surfaces des pays. Elle exagère grandement la taille (surface en km2) de l’Europe, des USA et le Canada, de la Russie et du Groenland, et diminue énormément la taille de l’Afrique.

    La projection Peters met sur le plat (à partir de la terre ronde), la surface réele des pays en kilomètres carrés.

    une carte, ex:

    http://www.exposingtruth.com/wp-content/uploads/2014/05/Peters-Projection-Map.jpg?973a5c

    La Russie….n’est qu’une bande au Nord peu conséquente! (commentaire géogaphique uniquement …)

    la vraie taille de l’Afrique:

    http://static02.mediaite.com/geekosystem/uploads/2010/10/true-size-of-africa.jpg

    et ainsi de suite (voir google.)

    N’est ce pas frappant qu’avec toutes les sophistications de mesures, analyses pour des sujets simples, ordis, photos de l’espace, etc. nous naviguons mentalement avec une carte de 1569? Ou l’Europe est figurée comme le centre du monde, et les USA/Canada et la Russie sont grandement gonflées? Et ou présentément, come disent les Canadiens, le pouvoir de la Russie est vu comme militaire, certes, mais territorial – grand espaces, richesses, territoires à exploiter – également?


    • Wilmotte Karim Le 10 octobre 2015 à 20h19
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      Ce qui ne change rien au fait que la Russie est le plus grand pays du monde (et de très loin; quasiment autant que le 2-em et le 3-em réuni) qui regorge de ressource naturelle et qui “relie” l’est et l’ouest de l’eurasie.

      Ainsi, la fédération de Russie fait plus de la moitié de l’Afrique.


  15. Lucien Victor Le 10 octobre 2015 à 20h37
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    Tout ceci est vrai,à une remarque près : l’ennemi de Napoléon I n’était pas la Russie mais l’empire britannique .
    La première étant au grand dam de l’empereur ,l’alliée des britanniques .Celui-ci voulait avant tout unifier le continent contre l’empire mondial maritime anglo-saxon .Sous son égide certes,mais il ne faut pas se tromper d’interprétation de l’histoire ni d’ennemi .
    Il serait justement judicieux,car dans notre intérêt actuel et futur de rappeler ce qui dans le passé nous a rapproché de la Russie ,plutôt que d’insister sur des antagonismes anciens. .
    Il ne s’agit pas de refaire comme Napoléon ,mais tenter de rapprocher l’ouest et l’est du continent .Les anglo-américains ne sont et ne seront jamais nos meilleurs amis .


  16. cording Le 11 octobre 2015 à 11h58
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    Si la russophobie a mille ans d’existence alors ce n’est pas grave. Cependant si l’on raisonne depuis quelques siècles on voit la Russie émerger comme puissance continentale européenne depuis Pierre 1er et la Russie ne cesse de s’européaniser, même le communisme version soviétique en a été une forme.
    Si l’on raisonne à court terme c’est-à-dire depuis 1945 on peut penser que l’esprit de la guerre froide subsiste chez certains “occidentaux” pour lesquels il faudrait refouler la Russie dans des frontières les plus étroites possibles comme certains néoconservateurs américains le pensent ainsi que leurs laquais au sein de l’Europe qui se retrouvent aussi bien à gauche qu’à droite.

    D’où l’action de certains cercles US qui sèment la subversion dans tous les anciens pays socialistes et ex-membres du Pacte de Varsovie et des Républiques fédérées de l’ex-URSS comme l’Ukraine, la Géorgie et en Asie centrale. De plus le non-respect des engagements US de non-extension de l’Otan aux frontières de la Russie est un acte de guerre froide, inamical vis-à-vis de la Russie qui se conforme aux règles de droit international. Ce qui est inacceptable pour tous les russophobes c’est le retour de la Russie comme grande puissance régionale et même mondiale puisque son action en Syrie l’y propulse à juste titre, parce qu’elle y fait ce que nous autres aurions du faire depuis 4 ans.
    Elle défend comme tout pays ses intérêts à travers le monde notamment dans son étranger proche où vivent des populations russophones. C’est toute la différence avec notre pays qui s’est soumis aux intérêts US en réintégrant en 2007 le commandement militaire intégré de l’Otan.
    D’ailleurs Bachar el Assad ne s’est pas privé d’affirmer à David Pujadas de France2 lors d’un entretien que notre pays avait perdu toute influence dans la région parce que nous nous étions mis sous tutelle US, le pays qui par son amateurisme, a détruit le fragile équilibre des états et des nations de la région elle-même fragile. Pire notre politique étrangère fait de la surenchère néo-conservatrice sur les US qui, eux-mêmes, évoluent sans tenir compte de ces “français” cf l’accord avec l’Iran. Avec Hollande et Fabius nous avons des dirigeants particulièrement bornés avec une vision moraliste qui n’a pas lieu d’être en politique étrangère.


  17. Vincent Le 12 octobre 2015 à 09h49
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    Tout à fait d’accord. D’autant plus qu’au XVIIIeme et au début du XIXeme la France a gardé des liens très étroits avec l’élite Russe. Les guerres napoléoniennes n’ont pas touché que la Russie. On ne parle pas d’ “hispanophobie” ou d’ “égyptophobie” à cause des guerres plus inspirées par une ambition démesurée, à la Alexandre le Grand, que par la haine de cultures différentes.


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