Source : Le Comptoir, Jean-Claude Michéa, 26-02-2016

Socialiste libertaire, communautarien et décroissant, qui n’hésite pas à tacler la gauche ou la religion du progrès, Jean-Claude Michéa n’est pas de ceux qui se laissent facilement enfermer dans une case. Une originalité qui lui a valu de nombreuses attaques de son propre camp – Frédéric Lordon, Philippe Corcuff, Serge Halimi, Luc Boltanski, Isabelle Garo et Jean-Loup Amselle, pour ne citer que les plus connus. Pourtant, depuis plus de vingt ans, le Montpelliérain s’échine à mener une critique radicale et originale du libéralisme et à réhabiliter les classes populaires et leurs pratiques – comme le football –, ignorées et méprisées par les politiques de droite comme de gauche. Nous devons en partie au philosophe la popularisation récente de l’écrivain George Orwell, ainsi que l’introduction en France de la pensée du sociologue et historien américain Christopher Lasch. Notre admiration pour ce « penseur vraiment critique », comme le qualifient les éditions L’Échappée, n’est un secret pour personne. Voilà pourquoi nous avons souhaité lui soumettre quelques questions. Vu la densité de ses réponses, nous avons décidé de les publier en deux fois. Dans cette seconde partie, Michéa nos livre son analyse sur la crise de la gauche.

Le Comptoir : La crise de la gauche appelle à s’interroger sur ses méthodes, sur sa pédagogie, sur sa capacité à rallier, donc sur les raisons de ses échecs dans un contexte qui, en théorie, devrait être propice à l’adhésion aux idées socialistes et à l’anticapitalisme. Quelles sont pour vous les raisons de cet échec ?

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Jean-Claude Michéa : Cette “crise de la gauche” dans un contexte économique et social qui – comme vous le rappelez – devrait être, au contraire, « propice à l’adhésion aux idées socialistes et anticapitalistes », peut effectivement paraître, à première vue, tout à fait étrange. N’est-ce pas George Orwell qui observait, en 1937, que « tout ventre vide est un argument en faveur du socialisme » ? Mais la clé du mystère se trouve, en fait, dans la remarque d’Orwell elle-même. C’est que le “socialisme” et la “gauche” relèvent en réalité, depuis l’origine, de deux histoires logiquement distinctes, et qui ne se recouvrent que partiellement. La première – née dans le cadre émancipateur et tumultueux de la Révolution française – s’articule, en effet, entièrement autour de cette notion de “Progrès” (elle-même empruntée aux courants dominants de la philosophie des Lumières) qui a longtemps permis à ses innombrables fidèles de justifier idéologiquement tous les combats contre le pouvoir de la noblesse et de ces “forces du passé” – traditions populaires comprises – dont l’Église catholique était alors le symbole privilégié (de là, entre autres, cet anticléricalisme viscéral qui donne à la gauche française une coloration spécifique qu’on ne retrouve guère dans celle des nations protestantes). C’est d’ailleurs ce rôle central joué par la notion de “Progrès” (ou de “sens de l’histoire”) dans l’imaginaire de la gauche qui permet d’expliquer qu’aujourd’hui encore ce soient toujours les concepts de “Réaction” et de “réactionnaire” – qui ne devraient pourtant avoir de sens politique précis que dans le contexte du XIXe siècle et de ce qu’Arno Mayerappelait la « persistance de l’Ancien régime » – qui continuent de définir le noyau dur de toutes ses analyses et le principe de toutes ses excommunications.

Or non seulement, comme chacun peut le voir, il n’y a absolument rien dans cet ADN originel de la gauche qui puisse l’inviter à remettre radicalement en cause la subordination intégrale de la vie humaine – à commencer par celle des travailleurs – aux seules exigences impersonnelles de l’accumulation sans fin du capital (la servitude étant toujours définie, dans l’idéologie libérale des “droits de l’homme”, comme un rapport de dépendance personnelle, conçu sur le seul modèle des relations féodales). Mais dès lors que l’on a compris que le mode de production capitaliste – loin de prendre sa source dans un imaginaire “conservateur” – ne pouvait, au contraire, se reproduire qu’en colonisant sans cesse de nouvelles régions du globe et de nouvelles sphères de la vie humaine (« ce constant ébranlement de tout le système social, cette agitation et cette insécurité perpétuelles qui – écrivait Marx en 1847 – distinguent l’époque bourgeoise de toutes les précédentes »), on est même plutôt amené à en conclure qu’un “logiciel” de gauche immunisera toujours moins ses utilisateurs contre les « utopies d’un progrès marchand peuplées de citoyens-consommateurs responsables » (selon la formule de Jaime Semprun) que toutes les idéologies “réactionnaires” réunies (on connaît d’ailleurs l’admiration absolue que vouait Marx à l’œuvre de Balzac[i]).

Quant aux différents courants socialistes – dont l’unité philosophique tenait, en premier lieu, à leur volonté commune de promouvoir l’« émancipation sociale des prolétaires » (Victor Considerant) – ils apparaissent d’abord comme le fruit, dans les conditions spécifiques de la révolution industrielle naissante, de la protestation des travailleurs anglais, français et allemands à la fois contre la nouvelle organisation capitaliste du travail fondée sur le « mouvement incessant du gain toujours renouvelé » (Marx) et contre la forme de société atomisée, déshumanisante et “benthamienne” qui en était le complément naturel. De là, non seulement, leur critique constante de la soif insatiable de profit de la nouvelle“aristocratie d’argent” et de la mise en concurrence continuelle de tous avec tous (et d’abord des classes ouvrières du monde entier entre elles) mais également – il convient de le rappeler en ces temps naïvement libéraux – de cette vision profondément abstraite de la liberté et de l’égalité qui sous-tendait les principes de 1789 (et dont la loi Le Chapelieravait déjà montré clairement, en 1791, toutes les implications sociales réelles). Autant dire que le rapport à la modernité industrielle des premiers socialistes était donc nettement moins enthousiaste que celui de la gauche républicaine (même si, bien sûr, certaines passerelles politiques entre le socialisme et la petite bourgeoisie jacobine d’extrême gauche ont toujours existé, comme par exemple pendant la Commune de Paris). Et que leur propre conception du “Progrès” – sans même évoquer ici des auteurs comme Gustav Landauer ou William Morris – s’avérait généralement beaucoup plus complexe et dialectique que celle qui soutenait les discours positivistes de la gauche du XIXe siècle (cette dernière ne dépassant d’ailleurs presque jamais la déploration purement humanitaire des conditions de vie du nouveau prolétariat industriel). En un mot, les fondateurs du socialisme prenaient toujours soin de distinguer la République libérale et bourgeoise des “Bleus” (celle qui – quelles que soient les indispensables libertés qu’elle accorde aux individus atomisés – laisse nécessairement intacts le système de l’accumulation du capital et les inégalités de classe) de cette République sociale invoquée par les “Rouges”, et dont ils attendaient qu’elle donne – selon les termes de l’appel lancé, pendant la Commune, par la socialiste libertaire André Léo (pseudonyme de Victoire Béra)« la terre au paysan et l’outil à l’ouvrier ».

« Nous autres en Allemagne n’avons pas encore la mauvaise habitude de confondre les “radicaux d’extrême gauche” avec la social-démocratie. » Rosa Luxemburg

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Bien entendu, la plupart de ces premiers socialistes – partisans, par définition, d’une société sans classe – n’hésitaient jamais à joindre leurs forces à celles de la gauche libérale et républicaine chaque fois que cette dernière devait affronter la réaction cléricale et monarchiste, quitte à devoir ainsi, comme l’écrivait Lissagaray en 1876, « défendre cette République qui les persécutait ». Il va en effet de soi que cet aspect particulier de l’héritage des Lumières – la lutte contre toutes les formes de survivance des institutions inégalitaires de l’Ancien régime (que la plupart des socialistes ne confondaient d’ailleurs pas avec la liquidation libérale des traditions communautaires paysannes ou des structures d’entraide propres au compagnonnage ouvrier) – se retrouvait intégralement dans leur propre programme (je n’ai évidemment jamais prétendu que l’intersection du programme libéral et du programme socialiste formait un ensemble vide !). Mais c’était, en général, sans la moindre illusion sur l’attitude qu’adopterait cette bourgeoisie républicaine de gauche chaque fois que le combat purement politique pour l’extension des libertés fondamentales du citoyen en viendrait à mettre à l’ordre du jour la question cruciale de l’émancipation sociale des travailleurs. Comme l’écrivait encore Lissagaray, dans son Histoire de la Commune, il s’agissait donc pour les socialistes de travailler en toute circonstance à « crever le décor politique » officiel (celui, indispensable mais minimal et abstrait, que l’idéologie des “droits de l’homme” contribue à mettre en place) afin d’amener au grand jour la “question du prolétariat”.

Aussi, ce soutien critique que les ouvriers socialistes apportaient régulièrement à la gauche dans son combat constitutif contre la “Réaction” ne les conduisait-il jamais à vouloir fusionner avec elle sous le seul prétexte d’une défense commune, mais abstraite, des “valeurs républicaines”. Et lorsque, quelques années seulement après le massacre des ouvriers parisiens – massacre accompli sous le commandement impitoyable des principaux chefs de la gauche libérale du temps, d’Adolphe Thiers à Jules Favre –, certains militants socialistes, devant la menace d’une restauration de la monarchie, en étaient venus à envisager la possibilité d’une alliance plus organique avec la gauche (ou, tout au moins, avec son aile radicale), les Communards réfugiés à Londres allaient aussitôt s’empresser, dans leur appel de juin 1874 – et sous la plume, entre autres, d’Édouard Vaillant – de rappeler « à ceux qui seraient tentés de l’oublier que la gauche versaillaise, non moins que la droite, a commandé le massacre de Paris, et que l’armée des massacreurs a reçu les félicitations des uns comme des autres. Versaillais de gauche et Versaillais de droite doivent être égaux devant la haine du peuple ; car contre lui, toujours, radicaux et jésuites sont d’accord » (de nos jours, un tel appel serait, à coup sûr, reçu par les crédules lecteurs du Monde et de Libération comme le signe manifeste d’une “droitisation de la société” et du retour d’un “populisme” particulièrement “nauséabond”).

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C’est donc uniquement, encore une fois, dans le contexte très particulier de l’affaire Dreyfus, et sous l’influence majeure de Jaurès, qu’allait véritablement prendre forme, malgré la vive résistance initiale de Guesde, Vaillant et Lafargue (et, sur un autre plan, du mouvement anarcho-syndicaliste) le nouveau projet d’une intégration définitive du mouvement ouvrier socialiste dans le camp supposé politiquement homogène de la gauche “républicaine” et des “forces de progrès”. Projet qui ne finira du reste par s’imposer définitivement que dans le cadre de la montée du fascisme des années trente (c’est ainsi qu’en février 1921, dans une résolution de son conseil national, la S.F.I.O. elle-même tenait encore à rappeler qu’elle était un parti de “lutte des classes et de révolution” et qu’à ce titre, « ni les blocs des gauche ni les minimalistes – condamnés l’un et l’autre en théorie et en pratique – ne trouveront la moindre chance de succès dans ses rangs »). Or, comme Rosa Luxembourg l’avait immédiatement compris (tout en approuvant sans ambiguïté, par ailleurs, l’appel courageux de Jaurès à intervenir en faveur du capitaine Dreyfus), il s’agissait là d’un projet dont les implications politiques ne pouvaient, à terme, que se révéler désastreuses. C’est pourquoi, après avoir précisé que « nous autres en Allemagne n’avons pas encore la mauvaise habitude de confondre les “radicaux d’extrême gauche” avec la social-démocratie » (pierre lancée dans le jardin de tous les Olivier Besancenot à venir), puis rappelé que « le mérite historique impérissable des vieux partis, des guesdistes et des blanquistes (ainsi que, dans une certaine mesure des allemanistes) était d’avoir su séparer la classe ouvrière des républicains bourgeois » elle n’avait pas hésité à placer les partisans de Jaurès devant leurs immenses responsabilités historiques : « la tactique politique de l’aile jaurèssiste – écrivait-elle ainsi – malgré sa conviction sincère et le plus grand dévouement à la cause du prolétariat, conduisent tout droit à la réintégration de la classe ouvrière dans le camp républicain, autrement dit à l’anéantissement de toute l’œuvre accomplie par le socialisme depuis un quart de siècle »(La crise socialiste en France, ouvrage paru en 1900). Et afin de refroidir, au passage, l’enthousiasme républicain de Jaurès et de ses amis Millerand et Viviani devant la perspective d’une participation imminente des socialistes à un gouvernement de gauche, elle ajoutait, dans la foulée, cette précision aussi lucide que prophétique : « L’entrée des socialistes dans un gouvernement bourgeois n’est donc pas, comme on le croit, une conquête partielle de l’État par les socialistes, mais une conquête partielle du parti socialiste par l’État bourgeois » (analyse qui ne devait pas s’appliquer, en revanche, aux alliances municipales).

À contempler le triste champ de ruines qui s’étend aujourd’hui sous nos yeux, on comprend alors mieux à quel point les sombres prédictions de Rosa étaient entièrement justifiées (à ceci près, bien sûr, qu’il y a déjà bien longtemps que la conquête de la gauche par l’État bourgeois s’est révélée totale, et non plus seulement partielle). Non que le bilan de cette nouvelle gauche née au lendemain de l’affaire Dreyfus soit entièrement négatif. Loin de là. L’alliance du mouvement ouvrier et de la gauche républicaine bourgeoise (celle-ci ayant longtemps été symbolisée, en France, par le parti radical) a non seulement permis, en effet, d’en finir partout avec les derniers vestiges de l’Ancien régime ou encore de sauver à plusieurs reprises la République libérale des griffes du fascisme ou du lobby colonial. Elle a également longtemps rendu possible, dans le cadre du compromis fordiste et keynésien, une amélioration réelle des conditions de vie des classes laborieuses, même si le prix de cette amélioration était presque toujours celui d’une intégration croissante des syndicats dans la gestion directe du système capitaliste (d’où leur incapacité dramatique, aujourd’hui encore, à rompre intellectuellement avec l’illusion que la croissance matérielle illimitée serait, pour reprendre la formule de George Bush, « la solution et non le problème »). L’ennui, c’est qu’un tel compromis entre la classe ouvrière et la bourgeoisie progressiste rendait, du même coup, philosophiquement problématique tout effort sérieux des nouveaux partis de “gauche” pour s’attaquer en commun – et autrement qu’en paroles – aux racines profondes d’un système économique et social qui repose depuis l’origine sur la mise en valeur du capital par l’exploitation continuelle du travail vivant, le pillage suicidaire de la planète, et le règne chaque jour un peu plus déshumanisant de la marchandise et de l’aliénation consumériste.

Il aura donc suffi, au début des années 1970, que la crise généralisée du modèle “fordiste” d’accumulation du capital conduise progressivement les classes dominantes occidentales à tracer une croix définitive sur le compromis keynésien (autrement dit, sur la redistribution aux classes populaires, à travers les mécanismes de l’État-providence, d’une partie non négligeable des “fruits de la croissance”) pour précipiter aussitôt ce qui subsistait encore de la “gauche socialiste” et du vieux mouvement ouvrier organisé dans un état de crise idéologique profonde. Et comme, par ailleurs, se généralisait, parmi les nombreux “repentis” de l’intelligentsia trotskyste et maoïste, l’idée que toute volonté de s’opposer à la dynamique aveugle de l’accumulation du capital conduirait inévitablement au goulag ou transformerait la France en nouvelle Corée du Nord (Michel Foucault et Bernard-Henri Lévy ayant joué ici le rôle intellectuel décisif que l’on sait), toutes les conditions allaient ainsi se trouver réunies – sur fond de déclin de l’empire soviétique – pour que la vieille gauche libérale et républicaine du XIXe siècle (celle que symbolisaient au mieux François Mitterrand et Jacques Delors – dignes héritiers, sur ce point, d’Adolphe Thiers, de Clémenceau et de la “République des Jules”) reprenne définitivement la direction des opérations et entreprenne d’effacer une à une les dernières traces de l’alliance autrefois nouée, sous la présidence d’Émile Loubet, avec le mouvement socialiste officiel (et cela, bien sûr, sous le masque – assurément plus approprié à la fuite en avant continuelle de l’économie marchande – de ce “libéralisme des mœurs” dont Jean-Pierre Garnier rappelait encore récemment que sa fonction première était de « camoufler la perpétuation du libéralisme tout court »).

« La lutte unitaire du “camp républicain” et des “forces de progrès” contre une droite alors incontestablement monarchiste, cléricale et “réactionnaire”, a épuisé depuis déjà longtemps sa raison d’être historique initiale. »

Dans ces conditions, et devant l’ampleur de la faillite morale, politique et intellectuelle de la gauche moderne (n’est-il pas symptomatique, par exemple, que lorsqu’il arrive encore à des intellectuels de gauche “post-modernes” d’utiliser le mot “travailleur” ce soit presque toujours pour évoquer le seul cas des “travailleurs du sexe” ?) peut-on encore raisonnablement croire qu’il suffirait d’en ressusciter la “radicalité” originelle – de revenir, en d’autres termes, à une gauche qui soit “vraiment de gauche” – pour se retrouver aussitôt en mesure de regagner la confiance, ou même simplement l’écoute, de ces classes populaires aujourd’hui réfugiées dans l’abstention ou le vote néo-boulangiste ? Je crains, hélas, qu’il ne s’agisse là, à nouveau, d’une illusion sans avenir. Car de deux choses l’une. Ou bien, en effet, ce qu’on entend sous le nom de “gauche de la gauche” (ou “gauche radicale”) c’est tout simplement la reconstitution à l’identique de l’ancienne alliance défensive que le mouvement socialiste et la bourgeoisie “progressiste” avaient nouée lors de l’affaire Dreyfus, et qui aura donc globalement réussi à se maintenir jusqu’à la fin du XXe siècle (grâce, entre autres, aux vertus unificatrices du combat contre le colonialisme et le fascisme). Mais cela revient à oublier, d’une part, que la lutte unitaire du “camp républicain” et des “forces de progrès” contre une droite alors incontestablement monarchiste, cléricale et “réactionnaire”, a épuisé depuis déjà longtemps sa raison d’être historique initiale (sauf à supposer que l’objectif caché d’Alain Juppé ou de Christine Lagarde serait toujours de faire remonter un Bourbon sur le trône et de rétablir dans sa plénitude le pouvoir temporel de l’Église). Et, de l’autre, que le socle économique du compromis “fordiste-keynésien” sur lequel se sont longtemps appuyées les politiques de redistribution social-démocrate (autrement dit, un mode d’accumulation du capital qui reposait encore essentiellement sur la valeur déjàproduite dans l’économie “réelle”, et non pas – comme c’est devenu massivement le cas à partir des années 1980 – sur celle que le recours à l’endettement structurel et aux circuits sophistiqués du “capital fictif” permet de capitaliser par avance) a précisément commencé à voler en éclats au cours des années 1970. Ou bien, au contraire, on entend seulement désigner par gauche “vraiment de gauche”, une gauche définitivement libérée de l’hypothèque socialiste et donc libre d’incarner à nouveau ce simple “parti du Mouvement” – opposé à tous les “partis de l’Ordre” et à toutes les survivances du“ vieux monde” – qui en définissait l’essence sous la Restauration et le Second Empire. Mais, d’une part, c’est exactement là ce que le règne de François Mitterrand a déjà permis d’accomplir (le vieux triptyque républicain – “Liberté, Égalité, Fraternité” – étant rapidement redevenu la seule devise concevable d’une gauche à présent essentiellement “citoyenne”). Et de l’autre, cela suppose un renoncement définitif à toute critique radicale – ou même simplement cohérente – de l’organisation capitaliste de la société, puisqu’il va de soi que la dynamique révolutionnaire(selon le mot de Marx) de cette forme d’organisation ne saurait être saisie dans sa dialectique réelle ni appréhendée de manière réellement critique à partir de la seule antithèse métaphysique et abstraite entre “Progrès” et “Réaction”.

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C’est, du reste, cette impossibilité, commune à toutes les pensées de type “progressiste”, de percevoir le système capitaliste autrement que comme une “force du passé” fondée sur un imaginaire “traditionnaliste” et “patriarcal” (et tout lecteur d’Orwell aura immédiatement reconnu dans cette forme extrême d’aveuglement la marque même de la schizophrénie idéologique) qui explique également qu’une gauche “de mouvement” éprouvera toujours les pires difficultés philosophiques à saisir ce mode de production planétaire et culturellement uniformisateur dans sa dimension constitutive de “fait social total”. Autrement dit, à comprendre que c’est bien, en dernière instance, la même logique indissolublement culturelle et marchande (ce que Debord appelait le “Spectacle” et Marx cette « circulation de l’argent comme capital qui possède son but en elle-même« et qui ne saurait donc admettre “aucune limite”) qui peut, seule, rendre pleinement intelligibles aussi bien le renforcement continuel des inégalités de classe et la chute dans la précarité d’un nombre toujours plus grand de gens ordinaires, que les problèmes de l’École et de la vie urbaine moderne, l’effacement progressif de toutes les frontières offrant encore un minimum de protection aux classes les plus pauvres, le recours grandissant à la gestation pour autrui, à la télésurveillance ou à la “reproduction artificielle de l’humain”, la bétonisation insensée des terres cultivables et la destruction corrélative de l’agriculture paysanne par la chimie de Monsanto et le “productivisme” de l’Union européenne, la corruption croissante du sport professionnel de haut niveau, la prolifération des cancers de l’enfant et le réchauffement climatique, ou encore les progrès continus de l’incivilité quotidienne, de l’insécurité, de la mondialisation du crime organisé et des trafics humains en tout genre. Or il ne fait aujourd’hui aucun doute que les catégories populaires – précisément parce qu’elles en sont toujours les premières victimes – ressentent déjà de manière infiniment plus profonde que tous les sociologues de gauche réunis les effets humainement désastreux de cette intégration dialectique toujours plus poussée entre l’économique, le politique et le culturel. À moins, par conséquent, que la gauche moderne ne parvienne à “changer de peuple” – comme l’y invitait encore récemment Éric Fassin (le vote des étrangers constituant, pour ce clone de gauche d’Agnès Verdier-Molinié, le point de départ indispensable de cette stratégie) – il est donc grand temps, pour elle de commencer à comprendre que si ce flamboyant “libéralisme culturel” qui est aujourd’hui devenu son dernier marqueur électoral et son ultime valeur refuge, suscite un tel rejet de la part des classes populaires, c’est aussi parce que ces dernières ont déjà souvent compris qu’il ne constituait que le corollaire “sociétal” logique du libéralisme économique de Milton Friedman et d’Emmanuel Macron (ce que Jacques Julliard appelle judicieusement « l’alliance, en somme, des pages saumon du Figaro et des pages arc-en-ciel de Libération« ).

Quelles sont, selon vous, les pistes, appelant une “autocritique”, qui permettraient de surmonter cet échec ?

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Au point où nous en sommes arrivés, ce n’est certainement pas une simple “autocritique” qui permettra à la gauche de remonter la pente et de retrouver l’estime des classes populaires. Sauf, bien entendu, si cette autocritique devait signifier un changement complet de paradigme et sous réserve encore qu’un tel changement puisse s’accomplir dans des délais très courts (tout en sachant, par ailleurs, qu’il faudrait pour cela remettre également en cause le statut et les privilèges de tous ceux – élus de toute sorte, innombrables dirigeants “associatifs”, intellectuels de métier etc. – qui ont un intérêt personnel évident au maintien des clivages officiels). Cette nécessité d’agir sous le signe de l’urgence n’a rien de rhétorique. Depuis 2008, en effet, l’économie capitaliste mondiale est clairement entrée dans ce qu’Immanuel Wallerstein appelait la « phase terminale de sa crise structurelle ». Phase qui peut, bien sûr, s’étendre encore sur quelques dizaines d’années et crise qui se caractérise d’abord par le fait – déjà souligné par André Gorz – que la dynamique d’accumulation du capital, parce qu’elle repose essentiellement aujourd’hui sur la productivité de l’industrie financière, « ne se perpétue et ne fonctionne que sur des bases fictives de plus en plus précaires ». Cela signifie, en d’autres termes, que nous appartenons déjà à ce moment de l’histoire (dont Rosa Luxembourg avait prédit, dès 1913, qu’il se présenterait sous la forme d’une longue « période de catastrophes ») où le problème de la déconnexion progressive du système capitaliste et de la vie humaine va commencer à se poser sous des formes de plus en plus concrètes et de plus en plus pressantes. Si, par conséquent, nous tenons vraiment à ce que cette sortie progressive du capitalisme, à terme inévitable, s’opère de manière aussi civilisée et pacifique que possible (ce que personne ne peut aujourd’hui prévoir) il est donc devenu plus indispensable que jamais – comme Engels l’écrivait en 1895 – que « les masses elles-mêmes y coopèrent, qu’elles aient déjà compris elles-mêmes de quoi il s’agit, et pourquoi elles interviennent avec leur corps et avec leur vie ». Or un rassemblement aussi large des classes populaires (rassemblement qui devrait, de plus, être suffisamment solide et cohérent pour pouvoir attirer dans son orbite idéologique – comme en Mai-68 – une grande partie des nouvelles classes moyennes urbaines) n’aura strictement aucune chance de voir le jour tant que ces classes ne se verront offrir d’autre alternative politique plausible que celle – imposée en boucle par les médias et les partis du bloc libéral – qui est censée opposer, depuis la nuit des temps, les héroïques défenseurs de la “société ouverte” et du “monde moderne” (le “parti de l’intelligence”) et ceux du “repli sur soi”, du “rejet de l’autre” et de toutes les formes de “passéisme” (et, au passage, on en vient parfois à se demander – à voir le ton moralisateur et méprisant que la plupart des intellectuels et artistes de gauche adoptent dès qu’il s’agit de faire la leçon aux catégories les plus modestes – s’il leur reste encore un minimum de sens psychologique élémentaire).

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Dans ces conditions, et si nous ne voulons pas voir se rejouer sous nos yeux une énième version de l’histoire du joueur de flute de Hamelin – avec, cette fois-ci, Marine dans le rôle du chasseur de rats – il devient donc chaque jour un peu plus urgent, d’une part, de travailler à nous déprendre d’un système de classification totémique dont chacun peut constater aujourd’hui qu’il ne fonctionne plus, pour l’essentiel, que dans le seul intérêt de la classe dominante, et, de l’autre, de commencer à réapprendre – selon la belle formule de Juan Carlos Monedero, l’un des théoriciens les plus lucides de Podemos – à « tracer de nos mains un éclair qui montre qui sont ceux d’en bas et qui sont d’en haut » (analyse qui conduisait d’ailleurs Pablo Iglesias à remarquer avec humour qu’on pourrait donc « définir Podemos en disant que nous avons fait tout ce que la gauche disait qu’il ne fallait pas faire »). Naturellement, un tel appel à retourner, par-delà trois décennies d’hégémonie idéologique absolue de la gauche libérale et “citoyenne”, aux clivages “transversaux” du socialisme originel (ce n’est assurément pas un hasard si l’une des références politiques majeures de Podemos en dehors de l’apport décisif des mouvements révolutionnaires d’Amérique latine – est l’œuvre d’Antonio Gramsci), ne tombe pas du ciel. Il trouve, en réalité, son origine politique la plus concrète dans cet étonnant Mouvement du 15 mai 2011 – l’occupation de la Puerta del Sol à Madrid – qui avait conduit une partie du peuple espagnol, sur fond de crise et de précarité grandissantes, à renverser d’un seul coup toutes les tables de la loi politique officielle en osant, pour la première fois depuis très longtemps proclamer avec fierté : « Nous ne sommes ni de gauche ni de droite, nous sommes ceux d’en bas contre ceux d’en haut ! ». Mot d’ordre qui retrouvait donc spontanément ceux de la Commune de Paris (« Travailleurs, ne vous y trompez pas, c’est la grande lutte. C’est le parasitisme et le travail, l’exploitation et la production qui sont aux prises. Si vous voulez enfin le règne de la Justice, travailleurs, soyez intelligents, debout ! »). Et dont les grands médias français avaient d’ailleurs aussitôt entrepris de dissimuler l’existence, allant même jusqu’à rebaptiser le mouvement du 15-M en “mouvement des indignés” (histoire de suggérer par-là que ce mouvement populaire devait beaucoup plus aux idées de Stéphane Hessel qu’à celles d’Antonio Gramsci ou d’Ernesto Laclau).

« Quel que soit le destin qui attend par ailleurs Podemos, l’immense mérite historique de ce mouvement est donc d’ores et déjà d’avoir su accomplir cette véritable révolution culturelle. »

Cela ne signifie évidemment pas pour autant que Podemos soit exempt de toute critique. Non seulement, en effet, la base politique et sociale réelle de la classe dominante est assurément beaucoup plus large que ce modeste “1%” que dénonce Podemos dans le sillage du mouvement Occupy Wall Street (et négliger ce fait ne peut conduire qu’à de graves désillusions puisque cela revient forcément à sous-estimer les capacités de mobilisation, y compris militaires, de l’oligarchie régnante). Mais on peut également regretter que le programme de Podemos soit encore extrêmement discret, du moins pour l’instant, sur les moyens concrets (comme par exemple, le recours systématique aux monnaies locales et aux circuits courts) qui devraient permettre de soustraire progressivement la vie des gens ordinaires et des communautés locales à l’emprise destructrice du marché capitaliste mondial et de la bureaucratie européenne (de ce point de vue – et malgré le « pari sur la décroissance » promis par Monedero – Pierre Thiesset a sans doute dit tout ce qu’il fallait dire dans le numéro de février 2016 de la Décroissance[ii]). Il se pourrait même que l’expérience de Podemos – faute, entre autres, de cette solidarité populaire internationale qui a déjà fait si cruellement défaut au peuple grec – ne finisse par s’enliser et tourner court (c’est d’ailleurs une éventualité que les leaders de ce mouvement ont eu l’intelligence et le courage d’envisager). Et cela, sans même prendre en compte le fait prévisible – comme Carolina Bescansa, l’une des dirigeantes de Podemos, le soulignait ironiquement – que tous « ceux qui étaient les bénéficiaires de cette distinction quand elle dominait l’échiquier politique » défendront « avec acharnement l’axe gauche-droite » et ne manqueront pas d’accuser « quiconque le remet en cause ou conteste que c’est le meilleur axe de différenciation pour expliquer ce qui se passe, d’être populiste, de droite, gauchiste, communiste, bolivarien, fasciste, thatchérien, pro-iranien etc. ».

Il reste que Podemos est aujourd’hui le seul mouvement radical européen disposant déjà d’une base de masse à avoir clairement compris que si l’on voulait réellement rassembler la grande majorité des classes populaires autour d’un programme de déconstruction graduelle du système capitaliste (et non pas simplement accroître ses privilèges électoraux) il fallait impérativement commencer par remettre en question ce vieux système de clivages fondé sur la « confiance aveugle dans l’idée de progrès » (Juan Carlos Monedero) dont les présupposés philosophiques de plus en plus paralysants (du type “parti de demain” – celui de la Silicon Valley – contre “parti d’hier” – celui de l’agriculture paysanne ou de la culture du livre) ne cessent d’offrir depuis plus de trente ans à la gauche européenne le moyen idéal de dissimuler sa réconciliation totale avec le capitalisme sous les dehors beaucoup plus séduisants d’une lutte “citoyenne” permanente contre toutes les idées “réactionnaires” et “passéistes” (ou même “rouge-brunes” !).

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Quel que soit le destin qui attend par ailleurs Podemos, l’immense mérite historique de ce mouvement est donc d’ores et déjà d’avoir su accomplir cette véritable révolution culturelle (le retour, par-delà l’opposition gauche/droite, aux clivages anticapitalistes qui étaient ceux du socialisme, de l’anarchisme et du populisme originels) qui, seule, peut encore permettre de maintenir à flot le projet d’unir la grande majorité des classes populaires autour d’un programme réellement émancipateur. A défaut d’une telle révolution culturelle – et donc également de l’alliance politique entre tous “ceux d’en bas” qu’elle rend à nouveau concevable – rien ne saurait, en effet, garantir que l’effondrement inévitable du système économique et financier mondial ou les catastrophes écologiques à venir, pourront tranquillement laisser la place à une société « libre, égalitaire et décente » (selon l’expression de George Orwell) plutôt qu’à un monde, sombre et désespérant, à la Mad Max ou à la Blade runner. Par les temps qui courent, et qui n’inclinent guère à l’optimisme, le seul fait que Podemos existe est déjà, en soi, un véritable bol d’air frais.

Notes :

[i] Dans ses Souvenirs personnels sur Karl Marx, le gendre du philosophe allemand, Paul Lafargue, écrivait : « Il plaçait Cervantès et Balzac au-dessus de tous les autres romanciers. […] Et il avait une telle admiration pour Balzac qu’il se proposait d’écrire un ouvrage critique sur la Comédie humaine dès qu’il aurait terminé son œuvre économique. Balzac, l’historien de la société de son temps, fut aussi le créateur de types qui, à l’époque de Louis-Philippe, n’existaient encore qu’à l’état embryonnaire et ne se développèrent complètement que sous Napoléon III, après la mort de l’écrivain. »
[ii] À la gauche du Progrès, rien de nouveau, par Pierre Thiesset, La Décroissance n°126, Nous sommes des radicaux, février 2016.

Source : Le Comptoir, Jean-Claude Michéa, 26-02-2016

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77 réponses à Jean-Claude Michéa : « La gauche doit opérer un changement complet de paradigme »

Commentaires recommandés

carmabar Le 20 juillet 2016 à 08h04

Ce qui est sidérant, est qu’un pays, une personne, une idée qui se proclame être “un éléphant rose” est pour vous véritablement un “éléphant rose” , forcement il le dit !

Que savez-vous de ce qu’est une politique de gauche ? visiblement rien, sinon vous n’accepteriez pas ce type de caricature. Savez-vous ce qui oppose international socialisme et nationale bolchevisme ? Non, mais vous jugez sans savoir, et dite que l’expérience a été désastreuse et donc ce concept politique est a éliminé du champ des possible !

Connaissez-vous le terme “Capitalisme d’etat ” ?

Pour vous la notion de classe est-elle une réalité ou croyez-vous vivre réellement dans ce monde décri par nos politique ou “l’accord patron employé est un mariage de grés a grès sans pression” et ou seul le « mérite » règle les rapports sociaux individuel !?

Faites sortir votre pensé du cadre médiatique conditionné, et vous verrez que des pays qui on réellement appliqué la politique socialiste décrite par le matérialisme historique de Marx, non jamais existé !
L’URSS était un capitalisme d’état (moyen de production détenu par une minorité à leur profit !)
Mais bon je sais bien que je parle dans le vide, et que j’ai à faire un a comportement de troll qui ne fait que colporter les amalgames du style contenu dans le livre de Stephane courtois « livre noir du communisme »…

  1. christian gedeon Le 20 juillet 2016 à 01h19
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    Ce qui est extraordinaire avec les penseurs de gauche,c’est qu’ils sont toujours autoabsous et persuasés que la gauche sauvera le monde malgré le bilan incroyablement lamentable des pays qui ont subi le règne de la “vraie ” gauche. Et devant ce tableau,un peu comme les européistes veulent plus d’europe,les penseurs de gauche veulent plus de gauche et voient dans podemos un bol d’air frais! Podemos comme horizon indépassable dis donc! Y a pas à dire ,çà c’est du changement de paradigme…maintenant.C’est franchement affligeant.


    • carmabar Le 20 juillet 2016 à 08h04
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      Ce qui est sidérant, est qu’un pays, une personne, une idée qui se proclame être “un éléphant rose” est pour vous véritablement un “éléphant rose” , forcement il le dit !

      Que savez-vous de ce qu’est une politique de gauche ? visiblement rien, sinon vous n’accepteriez pas ce type de caricature. Savez-vous ce qui oppose international socialisme et nationale bolchevisme ? Non, mais vous jugez sans savoir, et dite que l’expérience a été désastreuse et donc ce concept politique est a éliminé du champ des possible !

      Connaissez-vous le terme “Capitalisme d’etat ” ?

      Pour vous la notion de classe est-elle une réalité ou croyez-vous vivre réellement dans ce monde décri par nos politique ou “l’accord patron employé est un mariage de grés a grès sans pression” et ou seul le « mérite » règle les rapports sociaux individuel !?

      Faites sortir votre pensé du cadre médiatique conditionné, et vous verrez que des pays qui on réellement appliqué la politique socialiste décrite par le matérialisme historique de Marx, non jamais existé !
      L’URSS était un capitalisme d’état (moyen de production détenu par une minorité à leur profit !)
      Mais bon je sais bien que je parle dans le vide, et que j’ai à faire un a comportement de troll qui ne fait que colporter les amalgames du style contenu dans le livre de Stephane courtois « livre noir du communisme »…


      • Durand Le 20 juillet 2016 à 13h01
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        Carmabar,
        Effectivement, si les droites entrepreneuriales ont indéniablement leurs mérites dans le développement économique, les acquis sociaux sont uniquement dûs aux mouvances de gauche. C’est tout le génie de de Gaulle d’avoir su faire cohabiter les deux tendances. Dommage que les communistes aient fini par le voir comme le dictateur qu’il n’a jamais été et que lui-même ait fini par considérer les soviétiques comme un danger qu’ils n’ont jamais été non-plus… Ce malentendu, mis à profit (provoqué ?…) par le deep state américain pour noyauter et renforcer l’opposition à de Gaulle, nous a coûté la France…


        • Sébastien Le 21 juillet 2016 à 14h19
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          Ce que vous affirmez sans savoir est faux.
          Ce sont les capitalistes eux-mêmes qui ont accordés des miettes de richesse aux pauvres grâce à l’extorsion de la plus-value et aux ressources énergétiques abondantes.
          C’était le seul moyen pour permettre des débouchés aux énormes capacités de production mises en oeuvre par la révolution industrielle et c’est la SEULE raison pour laquelle nous sommes passés d’une économie de petits producteurs individuels à une économie de consommateurs de masse.
          La gauche a parfaitement fait son boulot d’accompagnement et de transition du Capital. D’où la cerise Macron sur le gâteau.


          • calal Le 21 juillet 2016 à 15h52
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            la menace de l’armee rouge vainqueur d’hitler,d’un parti communiste francais ARME suite a son combat clandestin pendant la resistance,le fait que 30% de la population se disait proche du Pc a la sortie de la deuxieme guerre mondiale ne serait donc pour rien dans le lacher de lest du capitalisme?

            le fait que ces conditions ont cesse depuis la chute du mur en 1990 n’expliquerait pas le fait que le capitaliste nous laisse des miettes de plus en plus petites?


          • Durand Le 21 juillet 2016 à 16h06
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            Ce sont les communistes qui sont à l’origine des acquis sociaux actuels depuis le CNR.
            Ce sont aux gauches françaises, politiques et syndicales, que l’on doit la suppression de l’indigénat ( statut des indigènes…), les premières femmes au gouvernement, les congés payés, la limitation du temps de travail, etc…

            Citez-nous une seule avancée sociale que l’on doive à la droite…!

            Après, mème les communistes ont fini par se rallier au système ! Quant aux socialistes, dont de Gaulle disait qu’il ne les aimaient pas “parce qu’ils ne sont pas socialistes”, ils se sont bien servis dans les colonies avant de dénoncer le colonialisme, ils ont guillotiné à tour de bras avant de supprimer la peine de mort et surtout, dans leur sillage, la finance a envahi l’État car ils aiment l’argent…

            Macron, c’est l’aboutissement prévisible : la finance gouverne l’État et être serviteur de l’État, c’est être serviteur de la finance… Le nirvâna des socialistes !
            Ne raisonnez pas comme s’ils étaient de gauche !…


            • Sébastien Le 21 juillet 2016 à 16h20
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              Les “Zaki Socio”, j’ai l’impression d’entendre un perroquet syndiqué. Il n’y a jamais eu d’acquis de quoi que soit pour qui que se soit.
              Pour ce qui est de la “droite”, renseignez-vous un peu. Y compris après que la gauche ai donné les pleins pouvoirs à Pétain. Qui cherche trouve. Vous allez être surpris.


            • Durand Le 21 juillet 2016 à 17h05
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              Si vous aviez tant de références que vous semblez le dire, vous en citeriez bien quelques unes, non ?

              On ne contredit pas une idée par une énigme !


      • lois-economiques Le 20 juillet 2016 à 13h53
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        Compte tenu des contraintes énergie/climat/matières premières la véritable fracture ne se situe plus entre “droite” et “gauche” mais beaucoup plus fondamentalement entre croissantiste (quelle soit “verte”, “durable”, “soutenable”, etc…) et décroissantiste autrement dit les personnes convaincues qu’il faut une baisse drastique du PIB et de la consommation énergie/matières premières qui lui sont corrélés.
        Etant entendu que décroissance et capitalisme ne sont pas compatible.


      • Sum Tam Le 20 juillet 2016 à 15h35
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        Tout a fait Carmabar. Il n’y a jamais eu de mise en oeuvre d’une politique vraiment marxiste. Karl Marx avait deja identifie le loup il y a plus d’un siecle.

        On a vu les echecs de l’ensemble des mouvements communistes et Podemos prend malheureusement le meme chemin.
        Le probleme de toutes les ideologies modernes, et j’y inclus le marxiste, c’est que leur approche est uniquement raisonnable et materielle.
        Mais le materiel corrompt la raison et les meilleurs sentiments. C’est bien le piege dans lesquels ont sombre les mouvements communistes.

        La seule vrai question aujourd’hui est : comment mettre en place une politique vraiment Marxiste?


        • Homère d'Allore Le 20 juillet 2016 à 17h06
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          Le marxisme combat:

          1/ la transformation de toute chose vivante ou non vivante en marchandise.

          2/ la division du travail toujours plus poussée, aliénation de l’être humain.

          3/ la division ville-campagne.

          Toute action visant à sortir de la sphère marchande (ou à l’empêcher d’y rentrer) une quelconque action humaine sera donc considérée comme aidant l’Humanité.
          Toute action permettant aux êtres humains d’avoir plusieurs activités (et non plus de consommation de marchand) dont certaines intellectuelles, philosophiques, artistiques… Mais aussi manuelles et de service public (genre ramasser les poubelles une ou deux fois par mois) sera considérée de même.
          Toute action visant à limiter (voire à détruire) l’urbanisme stupide qui concentre des populations sur des territoires de plus en plus restreints en vidant les autres sera considérée de même.

          Ça, ce sont les buts. Pour les moyens employés pour y parvenir, il y a plusieurs chapelles.


          • philippe, le belge Le 21 juillet 2016 à 07h20
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            Je croirais presque me lire ;o)

            Par rapport aux différentes activités à exercer, j’aurais même tendance, uniquement dans un cadre marxiste évidemment, à rendre le principe obligatoire!
            Chacun quelques heures par semaine d’un boulot administratif barbant et d’un boulot manuel, physique et usant (en alternance à l’usine et à la “ferme”), ces deux-ci assurant le “salaire”, quelques heures de bénévolat au service des plus faibles et démunis (qui devraient progressivement disparaitre) et la majorité du temps dans un emploi qualifié (ou pas!), choisi et basé sur l’envie et la passion!
            Avec toujours des arrangements possibles (pas de dogmatisme) mais avec parcimonie (pas question que quelqu’un ne ramasse jamais les poubelles :o) car l’abus n’est malheureusement jamais loin!

            On peut toujours rêver…


      • Jules Vallés Le 20 juillet 2016 à 20h53
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        @ carmabar

        “l’accord patron employé est un mariage de grés a grès”

        Un accord gravé dans le marbre?


      • Frédéric Le 21 juillet 2016 à 20h13
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        Il me semble que J.C. Michéa, justement, est contre le capitalisme, qu’il soit d’état ou privé. Ce qui apparaît de son texte est une tentative aussi de sortir du “cadre médiatique conditionné”, et donne comme exemple Podemos, qui n’est pas exempt de soupçon de “populisme rouge-brun”.

        J.C. Michéa, selon moi, tente, comme beaucoup, de redonner un sens à la lutte sociale en prenant en compte l’impasse économique actuelle, et donc la fin du progrès pour tous que pourrait offrir le capitalisme pour tous: Le gâteau rétrécit, il faut donc soit le partager soit s’entre-bouffer. Et si les catégories sociales les plus faibles économiquement ne font rien pour se défendre, ce sont elles qui seront bouffées. Pour résumer, selon moi, J.C. Michéa, le partage, qui est une valeur fondamentale de gauche, est maintenant justifié pour maintenir la société en marche. Mais ce n’est que mon interprétation.


    • Derek Le 21 juillet 2016 à 16h18
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      “le bilan incroyablement lamentable des pays qui ont subi le règne de la “vraie ” gauche”. Bien sûr ! Le Venezuela en est la plus parfaite illustration. Comment mourir de faim assis sur une quantité de pétrole phénoménale.”La seule chose que le socialisme ait jamais faite pour les pauvres est leur donner beaucoup de compagnie.” Lawrence Reed.
      Ces philosophes de la décroissance oublient que le capitalisme et le libéralisme qu’ils honnissent ont sorti de la misère des milliards de gens qui vivent maintenant décemment. Oui mais voilà, c’est en Asie, en Amérique du sud et bientôt en Afrique. C’est sûr, les classes moyennes pauvres américaines ou européennes n’en ont pas bénéficié autant, D’où leur colère et l’émergence de joueurs de flûte (Trump, Brexit, etc.). Mais globalement,il n’y a jamais eu aussi peu de pauvres dans le monde. Je trouve toute cette dialectique de gauche radicale finalement très nombriliste, peu compassionnelle envers ce qui n’est pas notre petit monde occidental.
      (Personnellement, le retour à la vie locale et rurale que ces gens nous promettent me fait penser à un film de Tati style “jour de fête”. Si ça tente les gens, parfait, oubliez moi quand le bus partira … je vais jouer au bridge en ligne avec mes amis thailandais et brésiliens :-)).


  2. Barbe Le 20 juillet 2016 à 05h41
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    Vous confondez la gauche et le ps monsieur.


  3. DUGUESCLIN Le 20 juillet 2016 à 05h58
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    La gauche a la fâcheuse tendance à s’enfermer dans une idéologie. Ce qui finit par entraîner des dérives aliénantes. La vison préconçue (idéalisée) qu’elle a de la société, l’emporte sur l’humain qui doit se plier à cet idéal social. Pourtant son combat est justifié dans sa lutte contre le dictât du capitalisme et de la domination du monde par les forces de l’argent. Mais dans la pratique, le résultat est inverse car elle est réductrice de l’humain au nom de l’égalité qui se transforme en égalitarisme, en nivellement, en aliénation de l’homme en faveur du sociétal idéalisé et lui supprime ses moyens. Cette société étouffante est un cadeau pour les forces de l’argent qui n’ont plus qu’à utiliser la masse populaire pour l’exploiter et la soumettre. Soros, à titre d’exemple, soutient cette nouvelle société, dérive zombifiante de la gauche, qui lui assure sa puissance financière et l’élève au rang de l’élite supérieure qui s’accorde une dimension divine destiner à dominer le monde.


  4. DUGUESCLIN Le 20 juillet 2016 à 05h59
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    La gauche n’a pas compris que l’homme n’est pas seulement un animal supérieur, né du hasard de la nature. Il est beaucoup plus. Il porte en lui-même la création à laquelle il est appelé à participer. C’est l’homme qui fait la société et la façonne et ce n’est pas la société idéalisée qui façonne l’homme, la société idéalisée ne peut qu’être réductrice.


    • carmabar Le 20 juillet 2016 à 08h14
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      Pour vous c’est l’esprit qui façonne son environnement, et non le contexte qui façonne la matière cérébrale. En cela vous êtes Idéaliste, et donc naturellement pas de gauche, vos opposition au concept de gauche s’explique la.
      Pas besoin de développer une thèse bancal, cela date depuis Platon et son opposition au matérialiste tel les « sophistes » (injustement caricaturé par les idéalistes qui ont le pouvoir sur la pensé dans le monde).
      Alors de la a finir par dire « c’est une erreur » vous êtes bien « arrogant » de trancher de cette manière-là ou d’autre s’affrontent depuis plus de 2500 ans !


      • DUGUESCLIN Le 20 juillet 2016 à 08h34
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        Vous confirmez, sans doute sans vous en rendre compte, ce que j’essaie modestement de comprendre. Vous pensez que changer le contexte change la matière cérébrale. Il n’y a aucun exemple qui le prouve. L’évolution de la société russe libérée du soviétisme, montre que le contexte n’a pas “façonné” la matière cérébrale comme elle le souhaitait. Mais pour autant je ne considère pas que tout était négatif dans le soviétisme. Ce qui m’intéresse est le débat et non la polémique partisane. Je vous remercie d’éviter de juger de mon arrogance, mais plutôt de me donner des arguments qui m’aident à réfléchir..


      • Annouchka Le 20 juillet 2016 à 09h33
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        Il ne s’agit pas d’opposer l’esprit à la matière. Dans les propos de Dugesclin, je ne lis rien qui aille dans se sens. Il déplore juste que l’on ignore la dimension spirituelle de l’homme – la seule qui interdise de traiter l’homme comme un “vulgaire” animal qu’on peut consommer et exploiter en fonction des besoins du moment.
        Concernant l’idée que la gauche serait enfermée dans une vision ideologique du monde (“idéalisée”), ca se discute, en revanche, à mon avis. Droite et gauche ont leurs idéologies (ne serait-ce que celle de ne pas en avoir).
        La distinction entre la droite et de la gauche est à mon avis la facon francaise de formuler la question du “progrès” qui est centrale pour l’humanité à l’epoque moderne.


        • Madudu Le 20 juillet 2016 à 15h34
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          “Il déplore juste que l’on ignore la dimension spirituelle de l’homme – la seule qui interdise de traiter l’homme comme un “vulgaire” animal qu’on peut consommer et exploiter en fonction des besoins du moment.”

          Ce raisonnement me fait penser à un autre, très commun, qui consiste à refuser une chose pourtant bien assurée au prétexte que cela implique de conclure des choses contraires à l’éthique :

          “Les “noirs” ne sont pas différents des “blancs” parce que s’ils étaient différents nous devrions établir une hiérarchie dans laquelle l’un occupe une place plus élevée que l’autre, et donc nous devrions en conclure que [point Godwin]”.

          Il existe une infinité de variantes possibles, il suffit de remplacer “noirs” et “blancs” par n’importes quelles autres ensembles, et le “[point Godwin]” par n’importe quelle conclusion jugée contraire à l’éthique. Comme dans votre cas, on peut aussi remplacer “A non différent de B” par “A différent de B” (“hommes” différents de “animaux”).

          Dans ce genre de raisonnement, le biais est que vous refusez les prémisses au prétexte que votre conclusion est mauvaise moralement, alors que les prémisses sont vraies et que c’est le raisonnement implicite qui fait passer de “différent” (ou, dans votre cas, “non différent”) à “[point Godwin]” qui est à exclure.


        • Madudu Le 20 juillet 2016 à 15h34
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          De la même manière, vous concluez que l’homme n’est pas une “vulgaire bête” (= en dehors de l’ensemble des “animaux”) parce que cela impliquerait qu’il soit tout-à-fait légitime de [point Godwin].

          Ce qui est à exclure ici, ce n’est pas qu’il n’existe aucune différence de nature entre l’homme et le reste des animaux, mais que ce serait une raison suffisante pour conclure que [point Godwin].

          C’est ainsi que nous n’avons pas vraiment changé d’opinion sur les autres ethnies, sur les autres religions, etc, mais que nous nous interdisons d’en parler pour éviter d’avoir à conclure des choses inavouables : à savoir que nous entretenons secrètement une certaine hostilité à l’égard de tout ce qui diffère de nous.

          C’est de l’intolérance refoulée, déguisée en tolérance.

          Dans la même veine notre merveilleux “universalisme” ne consiste pas à donner raison à tout le monde (vivre selon les coutumes du pays dans lequel on vit, par exemple), mais à nous donner raison partout et tout le temps (ex : “il n’est pas démocrate, donc on peut le tuer pour instaurer la démocratie qui est la garante des valeurs universelles [les nôtres]”).


    • Téji Le 20 juillet 2016 à 08h40
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      L’homme, un animal supérieur ?
      Oh, ça… les études récentes se suivent et se ressemblent, montrant que l’homme, en tant qu’espèce, n’est pas si maître de son destin que ça…
      Par exemple que notre système immunitaire pourrait avoir une influence notable sur notre comportement social :
      https://www.youtube.com/watch?v=Ym9Ub6cIa0M
      Je vous recommande la lecture du blog de François Roddier, en particulier cet article :
      http://www.francois-roddier.fr/?p=202

      Pour revenir à l’article, et à ce mot “gauche” maintenant vide de sens, il faudrait plutôt dissocier les approches qui donnent la primauté au social, au vivre ensemble, à la notion de globalité, de celles qui privilégient l’individu, la réussite personnelle le plus souvent matérielle, l’argent comme but, etc
      Pour cela, Michéa a ses arguments, mais le titre de l’article est bien choisi 😀


      • Anouchka Le 20 juillet 2016 à 10h25
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        C’est bien parce que l’homme n’est pas un être supérieur du point de vue biologique que sa valeur doit être fondée ailleurs que dans le biologique.
        Une vision matérialiste de l’Homme, c’est à dire une vision qui ne verrait la spécificité de l’homme que dans la complexité de son organisation sociale ( disqualifiant de fait toute approche “individualiste”) ne peut à mon avis qu’entraîner la destruction de l’Homme et ravaler les humains au statut de bêtes.


        • Alain Trépide Le 20 juillet 2016 à 11h03
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          Le fait de considérer l’homme comme uniquement matière régie par les lois de la nature n’empêche absolument pas de considérer l’individu. Cela empêche en revanche de considérer ce que vous appelez “le spirituel”, qui lui reste encore à démontrer.

          Quand au raisonnement: Materialisme = l’homme n’est pas différent de l’animal = on retourne tous à l’état sauvage = destruction de l’homme,
          C’est un jeu sur les mots complètement tiré par les cheveux. Le materialisme n’empêche pas la contruction sociale et l’inhibition des pulsions. Il tente seulement d’en entrevoir les causes.


          • Anouchka Le 20 juillet 2016 à 11h53
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            “Le matérialisme n’empêche pas la construction sociale” : vous avez du mal me lire car je dis précisément que le “social” est tout ce qui reste au matérialisme pour définir l’Homme.
            D’autre part, l’homme peut être considéré comme une bête parmi les autres sans pour autant se trouver à l’état “sauvage”, c’est à dire hors de toute culture.
            Et je maintiens que si l’homme n’est “que” un animal social, la question de son “individualité” est très secondaire (puisque forcément déterminée par la société).
            La matière, à ma connaissance, n’a pas de volonté propre. Ou alors nous allons tous devoir nous convertir au chamanisme.


            • Alain Trépide Le 20 juillet 2016 à 12h54
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              Si vous considerez que tout ce qui fait l’individu est de l’ordre de l’âme, alors effectivement il n’y a pas d’individu dans le materialisme.
              Mais ce n’est pas pare qu’il serait déterminé que l’homme perd sa qualité d’individu. Comme ses aquis génétiques et ses interactions avec le monde extérieur lui sont uniques et propres, il n’en reste pas moins détaché du commun en ce sens.

              Mettons que j’enlève le maillon “sauvage” au raisonnement:
              Materialisme = l’homme n’est pas différent de l’animal = l’homme va donc se comporter comme une bête envers l’homme = destruction de l’homme?

              Faites le raisonnement inverse, certains annimaux mis en contexte social changent leur comportement (apprivoisés). Il n’y a pas de lien entre le comportement animal et la destruction d’une espèce.
              Et le fait de choisir telle ou telle méthode pour expliquer le comportement des hommes n’induit pas forcément une éthique destructrice.


            • DUGUESCLIN Le 20 juillet 2016 à 12h57
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              J’abonde dans votre sens. Vous soulignez très bien la contradiction, entre l’animal social dont l’individualité serait déterminée par la société, et l’autre dimension de l’homme constituée de l’être (selon les philosophes allemands) contenu dans l’individu. On ne peut réduire l’homme à la simple dimension de l’individualité déterminée par la société, laquelle doit être modifiée pour le “libérer” de l’individualisme. il y a une confusion entre l'”être ” humain et l’individualité qui inévitablement est réductrice..


            • Anouchka Le 20 juillet 2016 à 16h59
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              @ Alain Trépide, je ne parlais pas de la disparition de l’homme comme espèce biologique mais de la disparition de l’Homme en tant qu’être digne d’être respecté et protégé du fait de sa qualité d’homme (et non pas en fonction de son aptitude à la survie). Pour moi, le mot “Individu” recoupe la notion de conscience souveraine (et n’a pas le sens “élément d’un tout”, comme on l’emploie dans les sciences)

              @ Dugesclin : votre notion d’Etre débarrassé de l’individu me fait un peu penser au Soi des bouddhistes, c’est à dire ce “pot commun” sans visage où l’on est sensé aboutir une fois qu’on s’est débarrassé du Moi. La encore, ce n’est pas une très bonne affaire pour l’Homme ( pour l’égalité de dignité de chaque être humain du fait même de son appartenance à l’espèce humaine).
              L’individualisme, avant de dégénérer en nihilisme, était un humanisme.


            • Philippe, le belge Le 21 juillet 2016 à 08h52
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              Vous me semblez avoir une idée assez réductrice du matérialisme et je vous conseille de lire l’astrophysicien Hubert Reeves dans sa description de l’échelle de la complexité (“l’heure se s’enivrer” chez Points-science) pour bien comprendre que la seule différence fondamentale entre l’homme et la grande majorité des “bêtes” est bien dans son organisation sociale!
              Dire cela, ne veut pas pour autant dire automatiquement que l’individu doit être négligé! Le bonheur de celui-ci est d’ailleurs au centre des préoccupations de tout marxiste sérieux!
              On peut imaginer, selon le principe organique du rapport entre le Tout et les Parties, que dans l’organisation sociétale humaine, comme dans tout écosystème, il existe un rapport dialectique continu et plus ou moins intense entre le groupe et l’individu, la “réussite” de l’ensemble dépendant étroitement de celle de chacun! Enlevez un maillon à la chaîne et toute celle-ci peut être perturbée.
              A la « réussite » nous voulons à juste titre associer le « bonheur » et l’accomplissement de chacun (c’est moins le cas dans des sociétés asiatiques pourtant très « performantes » comme le Japon, la Corée du Sud et, plus médiatisée, la Chine !) ! Mais méfions-nous de nos certitudes!
              Que, dominée par ses égos, l’humanité finisse par se faire sauter et le modèle sociétal des fourmis et autres termites sera, jusqu’à preuve du contraire, l’exemple à suivre !
              Par ailleurs, je ne comprends pas ce que vous ont faits les “bêtes” pour que vous ayez un tel besoin de vous sentir supérieure à elles…


            • Annouchka Le 21 juillet 2016 à 21h43
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              @philippe le Belge,
              Les “bêtes” ne m’ont rien fait, mais en revanche je redoute qu’on puisse un jour me faire ce que les bêtes se font entre elles et ce que les humains font habituellement aux bêtes.
              C’est à mon avis le grand danger des conceptions qui insistent sur le “continuum” qui existe entre tous les êtres vivants. Hubert Reeves est passionnant, c’est certain. Et pourtant, il n’apporte à mon avis pas de réponse satisfaisante à la question de la spécificité de l’humain, d’un point de vue éthique , et du point de vue du sens de la vie humaine.


          • Oxygen Le 20 juillet 2016 à 19h21
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            @Alain Trépide
            Bonjour, je suis nouveau sur ce blog et j’ai lu avec grand intérêt votre débat sur le matérialisme.
            J’ai depuis longtemps eu cette intuition que le libre arbitre était une illusion et je commence à chercher des arguments scientifiques pour mieux saisir la question.

            Dans un de vos commentaires de ce matin, vous disiez pouvoir conseiller certaines lectures. Pourriez-vous m’indiquer des ouvrages traitant du sujet ?


            • Alain Trépide Le 20 juillet 2016 à 21h42
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              Bonjour Oxygen,
              Je vous conseille L’Homme Formaté (de Hacking Social) qui malheureusement n’existe qu’en format digital, mais a la bonne idée d’être gratuit. C’est trés sourcé, il y a beaucoup d’informations. Mon seul regret est que les opinions de l’auteure s’entremellent trop avec les analyses, il faut donc faire la séparation soi-même.
              Il y a aussi Anatomie de la Déstructivité Humaine d’Erich Fromm qui est mieux écrit et nettement découpé entre faits et hypothèses mais ne regarde que certains types de déterminismes.
              Ces ouvrages ne donnent pas le lien direct de type nous sommes 100% déterminés parce que ceci ou cela, mais vous donneront un faisceau d’indices qui pointent vers l’ampleur des décision que nous prenons à l’insu de notre “plein gré”.


            • Sam Le 20 juillet 2016 à 21h49
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              Ce débat m’a fait penser à ceux des phénoménologues, du moins de ce que j’en ai lu : l’intellect précède-t-il ou non la perception.
              Leurs conclusions étaient plutôt que la perception précède la raison, que nous serions ce que nous percevons. D’où leurs combats dans l’urbanisme, entre autre, pour imposer un “esthétisme social”.


  5. PatrickLuder Le 20 juillet 2016 à 07h30
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    Ce n’est pas le partis qui est mal adapté à ses partisans, ce sont les partisans qui ne s’occupent plus de leur partis. Un vrai partis politique se doit faire porter l’idéologie de ses partisans, ses représentants devant prendre à charge et relayer les idées de ses membres. Aujourd’hui tout est à l’envers, ce sont les têtes des partis qui pensent pour les autres et la masse qui soutiens la tête. Dans ces conditions, les partis sont destinés à disparaître laissant la place à d’autres structures plus adaptées => nous en voyons les prémices dans différents mouvements innés …


  6. jplchrm Le 20 juillet 2016 à 07h57
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    Dans cet article à grande diffusion, Michea essaye encore de ménager la petite frange “de gauche” antilibérale. En fait, dans ses derniers ouvrages, il n’y croit plus beaucoup. Il faut se méfier des étiquettes. Les “blancs” ont pratiquement disparu depuis la guerre, les “rouges” depuis un peu moins longtemps. Le champ “droite-gauche” se situe entièrement chez les “bleus”. C’est le champ liberal (libéralisme économique et libéralisme culturel) qui va des libertariens aux néo-cons. Grosso-modo : libéralisme=capitalisme. Pour les libéraux : libéralisme=démocratie, populisme=fascisme. En fait populisme=démocratie primitive. Je dis bien grosso-modo. Pour comprendre la complexité idéologique contemporaine, il faut se situer quelque part dans le plan orthogonal à l’axe droite-gauche, en prenant le risque d’apparaître comme un facho pour les uns et pour un gauchiard pour les autres. C’est le problème de la dissidence (et de ce blog entre autre). Picorez chez Michéa, même si vous ne gardez pas tout.


    • jplchrm Le 20 juillet 2016 à 09h00
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      Oui tout à fait. J’avais lu cet article avec beaucoup d’intérêt. On peut d’ailleurs utiliser le schéma 5 pour y rajouter d’autres éléments. L’analyse factorielle permet de représenter un espace complexe de dimension n par ses projections sur des plans divers. Bien sûr, sur un plan méthodologique, c’est plus de l’analogie que de la science, mais faute de mieux, c’est tout de même très bien pour représenter la complexité.


    • patrick Le 20 juillet 2016 à 09h13
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      libéralisme culturel ? non , pas du tout , bien au contraire.
      La gauche actuelle est éminemment réactionnaire, toute pensée qui n’est pas conforme à la leur est immédiate taxée de “nauséabonde ” de trucmuchephobie , d’incitation à une haine quelconque.
      Il y a également ce vieux réflexe qui veut que tout soit classé selon un axe oppresseur/opprimé , et que toute minorité se situe dans une forme de lutte des classes d’un nouveau genre.

      c’est du marxisme culturel plus que du libéralisme culturel.
      Y’a un gars ( William Lind ) qui a écrit pas mal de chose la-dessus , ce qui m’inquiète avec ce gars , ce n’est pas qu’il soit un conservateur américain , c’est surtout que sa spécialité au départ est la guerre , surtout sous ses nouvelles formes ( hydride , 4ème génération .. ou comment mettre le b…l chez vous pour que vous vous entretuiez)


      • jplchrm Le 20 juillet 2016 à 09h28
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        Vous jouez avec les mots et vous noyez dans les paradoxes. Marxisme culturel ? je ne sais pas vraiment à quels pans des écrits de Marx cela se rapporte. Il faut être précis. Mais je ne vais pas développer puisque Michéa l’a justement fait en long, en large et en travers dans ses livres. Ensuite, le moulinage idéologique a ses limites. J’aime mieux juger sur ce que les gens font réellement que ce qu’ils disent (Ref. Ponérologie politique).


        • patrick Le 20 juillet 2016 à 09h45
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          La notion de “marxisme culturel” fait référence à la lutte des classes , et à sa transposition à toutes les formes de luttes de “minorités” forcément exploitées par les “majorités” ( blancs/noirs , femmes/hommes , homo/hétéro , … )
          ça a de gros avantages , ça permet de découper une population en un ensemble de minorités toutes en lutte contre toutes les autres, ça permet de saper la cohésion d’un pays et de le mettre à genoux.
          la gauche est typiquement dans ce type d’approche , ça permet de remporter quelques élections en promettant des trucs à chaque minorité , mais ensuite on se retrouve avec des groupes qui se haïssent joyeusement.


          • jplchrm Le 20 juillet 2016 à 09h59
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            Chez Marx, il n’y a pas d’autre fracture que celle située entre le capital et le prolétariat. On y trouve également une critique acerbe du “lumpen prolétariat” dans lequel on mettrait actuellement certaines catégories que vous relevez. La transposition dont vous parlez caractérise effectivement la gauche actuelle, et justement, elle fait partie de l’enfumage du capital et n’a rien a voir avec la pensée marxiste. Pour moi, la gauche est le dernier pion du capital dans sa phase zombie (même quand elle se prétend anti-capitaliste). Mais peut-être, n’avez vous jamais lu Marx ?


            • Anouchka Le 20 juillet 2016 à 10h53
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              Libéralisme culturel, marxisme culturel,… moi, ça me fait penser au “bolchevisme culturel” tant décrié par les nazis… C’est à dire à une formule “de combat” très chargée idéologiquement.
              Sinon, je suis assez d’accord avec l’idée selon laquelle le prétendu “libéralisme culturel” de la gauche n’est pas un libéralisme mais bien plutôt une forme de totalitarisme mou qui prolonge l’idée de “révolution culturelle” permanente propre aux progressistes de tout poil (de hitler à Mao en passant par Robespierre et consort)


    • patrick Le 20 juillet 2016 à 10h34
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      c’est intéressant comme découpage , ça montre aussi des points de divergences flagrant entre les partis hors axe droite-gauche. Il reste à démontrer l’existence de l’intérêt général.
      il existe aussi des graphiques selon les libertés ( individuelles/économiques ) ou selon l’axe libéral-étatiste et montrant des rapprochements significatifs entre FN-PC-Fdg et PS-LR ce qui explique les migrations de l’électorat sans problème d’un parti vers l’autre ou les ententes cordiales entre politiciens de tout bord quand il s’agit d’ajouter une grosse louche de contraintes réglementaires et de taxes sur le dos du citoyen ( tous étatistes !! et sous le robinet à pognon ).


    • babelouest Le 20 juillet 2016 à 17h20
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      Pour ma part, je connaissais ces schémas depuis un certain temps déjà : compte tenu des idées que je professe habituellement, je pense que je me situerais tout en haut à gauche, loin après Chouart.

      http://ti1ca.com/tyevzqqi-Anarchie-A5-2016-Anarchie-A5-2016.pdf.html


    • Sam Le 20 juillet 2016 à 21h53
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      “il faut se situer quelque part dans le plan orthogonal à l’axe droite-gauche”

      C’est un peu ce qu’il dit en parlant de ceux d’en haut et ceux d’en bas. Votre grosso modo est un résumé assez fidèle de l’article en somme.


    • Sébastien Le 21 juillet 2016 à 14h30
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      Vous parlez et reprochez l’étiquetage de Michéa sur un blog bourré d’étiquettes et d’a priori?
      Il y a du boulot….


  7. jim Le 20 juillet 2016 à 08h29
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    Ce texte déploie une analyse historique originale, et c’est forcément enrichissant car original.

    Mais comme toujours chez Michéa, il se crashe dès qu’il s’agit de faire atterrir de manière pertinente la belle pensée sur le terrain des réalités contemporaines.

    En homme de culture de gauche (la vraie parait il) il espère en Podemos ; ah l’espoir! Et il commet cette erreur à mon avis de relier directement Puerta del sol à Podemos comme si ce dernier en était l’incarnation.
    Eh bien non. Podemos est en réalité une castration de l’élan populaire 15M, mis en bière dans le cadre d’un parti tout à fait classique d’extrême gauche (extrême au sens où il le définissait dans le papier précédent). Tout sauf un changement de paradigme.

    Et puis que signifie cette lubie “idéologique” ?! : vouloir établir des circuits courts et des monnaies locales pour sic- “soustraire les gens à la bureaucratie européenne”.
    Que les espagnols quittent l’ue ne lui traverse pas l’esprit comme possibilité?
    etc


    • jim Le 20 juillet 2016 à 10h10
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      Il n’arrive pas à se détacher de ce lien “affectif” avec l’histoire de la gauche. Alors il guette une renaissance avec envie et passion, et commet l’erreur Podemos.
      Il espère pieusement un peuple qui recollerait à un mvt “de gauche”.

      Il me semble que rien ne dessine un tel avenir, bien au contraire. Si on regarde comment pensent et font une large part des moins de 35 ans…
      Nuit debout a été très intructif sur ce point. Il y avait d’une part les classiques (anars et “gauchistes” bien dans les clous), mais d’autre part tout un ensemble de gens hermétiques à ces attaches idéologiques, déja “ailleurs”.

      Par contre je ne vous suis pas sur gauche est à 99% vérolée par l’esprit libéral. Vérolée à 100%, mais de différentes manières selon les mouvements. Le Fdegche n’est pas vérolé de la même manière que le PS par ex, axes idéologiques obligent. Mais leur rapport au peuple et au mouvement dont parle Michéa est aussi fortement vérolé.

      Bon sinon, Michéa est vraiment intéressant…


    • patrick Le 20 juillet 2016 à 10h22
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      gauche ou droite en France,je ne vois pas trop de libéralisme.

      entrons dans le détail :
      – libertés individuelles ?
      loi renseignement , pénalisation du droit d’expression ( incitation à la haine pour un oui ou pour un non, interdiction de nier ou contester ou émettre la moindre opinion sur tel ou tel génocide ou autre … )
      port d’arme ? interdit
      usage des drogues ? interdit
      bâtir sa maison ou mettre sa yourte sur son lopin de terre ? très réglementé voire interdit ..

      Libertés économiques …. de même tabac , tout ce qui n’est pas obligatoire est interdit,


      • jplchrm Le 20 juillet 2016 à 10h29
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        Vous n’avez pas saisi que le mot libéralisme se rapporte à la liberté du capital, pas à celle des individus. C’est là la grosse astuce.


        • patrick Le 20 juillet 2016 à 10h39
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          donc il faut arrêter d’utiliser le mot libéralisme à tort et à travers, ça simplifiera les débats puisque là on ne parle que d’une petite partie du libéralisme économique noyé dans un océan d’étatisme forcené et de capitalisme de connivence


        • jim Le 20 juillet 2016 à 11h49
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          Liberté… Des individus. Du capital. En même temps on peut se dire “tout bêtement” qu’une société sans des bouts de libéralisme (?à préciser) dedans, eh bien ça donne une termitière. N’est ce pas jplchrm?


          • jplchrm Le 20 juillet 2016 à 13h48
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            Le totalitarisme peut survenir par des voies opposées. Les gens pensent toujours de façon binaire, que si une chose est un mal, son contraire doit être un bien. C’est faux, bien sûr, mais, pire, la voie moyenne n’existe pas nécessairement. Il faut penser “ailleurs” (dans le fameux plan normal à l’axe principal). Pas évident. Concernant le libéralisme, il suffit d’avoir joué une fois au Monopoly pour se douter qu’à ce petit jeu, il n’y a presque à la fin que des perdants. Heureusement ici, ce n’est qu’un jeu. En revanche, le stade ultime du grand Monopoly mondial est réellement terrifiant.


    • babelouest Le 20 juillet 2016 à 17h04
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      A peine suffisant : il faut quitter aussi l’otan (logique), le fmi, l’ocde, l’omc, la bri…. et se tourner vers les BRICS.


  8. cording Le 20 juillet 2016 à 10h04
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    Ce changement de paradigme ne peut se faire en étant au pouvoir, ni proche mais loin du pouvoir, ce qui implique une bonne cure d’opposition comme entre 1958 et 1981 dans de nouvelles formations, avec des hommes neufs qui prennent le temps de penser ou qui se mettent à écouter les penseurs de leur époque.
    Bref mettre à la retraite toute l’actuelle classe dirigeante.


    • Téji Le 20 juillet 2016 à 10h54
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      Je vous rejoins sur ce point : en se référant à la citation d’Einstein “On ne règle pas un problème en utilisant le système de pensée qui l’a engendré”, et en constatant que s’y opposer n’est que jouer dans la même cour, il est clair pour moi que la seule solution est de ne pas se préoccuper de ce système qui court à sa perte (et qui la provoque même : je reste persuadé que la plupart des gens sont pour une synergie Européenne, bien que de moins en moins attachés à l’UE actuelle, dont les choix et actions ne font que nous dégouter de plus en plus…).
      Un changement de paradigme ne peut venir que de “l’intérieur”, de chacune des personnes composant le groupe humain que nous sommes. Pour chacun, c’est comme l’a dit Gandhi “changer en soi ce que l’on veut voir changer dans le monde”. Je traduis ça, à l’échelle de la société, par local. Les initiatives locales, bien réelles, vont peu à peu montrer que les solutions alternatives existent et qu’elles fonctionnent. Il n’y a pas plus convainquant que l’exemple, surtout en ces temps politiques de paroles creuses, mensonges, manipulations et duperies.
      Il ne s’agit pas d’attendre cet effondrement qu’évoque Michéa dans le dernier paragraphe, ni de théoriser sur les solutions, encore moins de chercher des alliances globales dans un jeu de pouvoirs, mais bien, dès à présent, d’agir au plus près et le plus efficacement possible.


  9. Omar Le 20 juillet 2016 à 11h09
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    Bonjour à tous.

    Tout le monde n’a pas la même conception que Michéa… Une analyse rigoureuse de son propos ici :
    http://www.contretemps.eu/interventions/nom-peuple-j-c-mich%C3%A9a-r%C3%A9%C3%A9crit-lhistoire


    • Alain Rousseau Le 20 juillet 2016 à 14h14
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      Excellent article, mais la rédaction du Comptoir vous dira qu’il ne s’agit là que “d’attaques” lancées contre Michéa (voir le chapeau).


  10. Krystyna Hawrot Le 20 juillet 2016 à 11h18
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    Je suis très contente que M. Michéa ne fasse pas ce que la plupart des “intellectuels” font (et aussi certains commentateurs ici), c’est à dire confondre l’histoire des pays de l’est et leur socialisme réel et l’histoire de la classe ouvrière occidentale. Le socialisme réel était une forme de “compromis keynesien” propre aux pays de l’Est dans lequel on devait effectivement d’abord liquider les structures féodales de la société (1917 en Russie et 1945 avec les réformes agraires dans les autres pays, surtout la Pologne e la Hongrie). Les “démocraties populaires” c’est notre histoire, celle des pays de l’Est, il ne faut surtout pas de baser sur leur expériences pour expliquer la dérive néolibérale de Mitterrand ou le socialisme sociétal actuel.
    Par contre, là ou le socialisme réel a très bien réussi, c’est qu’après avoir tout reçu – les appartements en ville, l”éducation, la culture, le bien être, l’allongement du durée de vie..nous autre citoyens des pays de l’Est, à l’orée des années 80 nous avons aussi voulu la démocratie. Les Polonais les premiers, avec cet immense mouvement populaire Solidarnosc de 1980 puis les élections de 1989. Malheureusement nous ne savions pas que cette démocratie serait illico investie par l’impérialisme occidental et que nous allions retourner à l’esclavage. Sinon, moi j’aurais tout fait pour garder Jaruzelski, les frontières, les blocs et l’Armée Rouge!


    • Durand Le 20 juillet 2016 à 13h16
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      Krystyna Hawrot,

      De nombreuses personnes ayant vécu à l’Est reconnaissent cela et il faut bien dire que les taudis, dans lesquels vivent une bonne partie de la population française et notamment parisienne, n’existaient quasiment plus dans l’Est soviétique où l’habitat, la santé, l’éducation sans oublier sa dimension culturelle, étaient résolument et effectivement très développés. C’est d’ailleurs grâce à ces acquis que la Russie actuelle à pu reprendre rapidement sa place dans le monde.


      • jim Le 20 juillet 2016 à 13h34
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        On ne le dit jamais assez, mais quand le mur est tombé, il est tombé de l’ouest vers l’est.

        Car les gens à l’ouest voulaient bénéficier des avantages de l’est et poussaient donc très fort sur le mur,
        et les gens à l’est voulant continuer à faire la fête avec tous ces nouveaux amis tiraient très fort sur les poignées du mur pour les y aider.


        • patrick Le 20 juillet 2016 à 14h24
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          d’ailleurs on a bien vu la ruée des gens de l’ouest vers l’est juste après la chute du mur .
          certains ont même roulé vers l’est jusqu’à l’atlantique 🙂


          • babelouest Le 20 juillet 2016 à 17h01
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            et maintenant, avec le recul, certains sont prêts à rouler vers l’est, jusqu’au Pacifique. Ouaiiiis !


    • Lisbeth Levy Le 27 juillet 2016 à 18h17
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      Intéressant ce que vous dites, nous à l’ouest aussi on nous a bien “eu”, si nous avions su que ce syndicat pro-catholique était en fait une émanation du département d’état Us, avec la Charte 77 ou les mouvements “libres” dans les autres pays de l’est.voici ce qu’en disait des “communistes” d’inspiration trotskyste lors de cette époque : https://www.marxists.org/history/etol/document/icl-spartacists/periodicals/le-bolchevik/031_1982_February_Le%20Bolchevik.pdf
      Soros, Brzezinski, Carter, Reagan, l’Eglise Catholique était en fait à la manoeuvre avec le Pape Jean Paul 2 qui servait de banque et de relais. De son vrai nom Karol Wojtyla son statut de prêtre l’avait envoyé déjà en 1976 aux Usa, ou il “avait pris le thé” avec Zbigniew Brzezinski qui allait l’aider a prendre le pouvoir au Vatican en 1978. Lech Walesa fut rejeté par Chavez qui voyait en lui “un traitre” a son peuple.
      Vaclav Havel a joué le même rôle pour la Tchécoslovaquie et est venu la chute de l’Urss avec Gorbatchev et ces amis” les “Chicago-boys” de Milton Friedmann. Comme quoi on devrait réfléchir avant de soutenir des mouvements.
      Et que Michéa s’illusionne sur Podémos m’étonne un peu lui qui a une critique de “la gauche”. Podémos comme Syriza est un mouvement contrôlé par les “Soros-boys”.et va mener l’Espagne au même résultat que la Grèce.. ..


  11. Crapaud Rouge Le 20 juillet 2016 à 12h41
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    “La gauche” : cette dénomination provient effectivement de la Révolution, (https://fr.wikipedia.org/wiki/Gauche_(politique)#Origine), mais la division politique de la France entre gauche et droite n’est caractérisée qu’à partir de l’Affaire Dreyfus : “Toutefois, en France, c’est au début de la Troisième République et au lendemain de l’affaire Dreyfus que la distinction prend son sens actuel et devient d’usage courant.” Or, l’Affaire Dreyfus ne commence qu’en 1894, soit un siècle après 1789. C’est intéressant d’opposer “le Progrès” au socialisme, (« la terre au paysan et l’outil à l’ouvrier »), mais à condition d’en rester à l’histoire des idées, et d’éviter les anachronismes et les querelles d’étiquettes.


  12. babelouest Le 20 juillet 2016 à 13h37
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    ” La gauche ” n’existe pas : la lutte des classe, si. On parle toujours de la première, on se garde bien d’évoquer la seconde. Trop dangereux. Même le parti de la révolution, le pcf (en minuscules), a feint de l’oublier.

    C’est grave, non ?


    • valles Le 22 juillet 2016 à 08h10
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      @ babaelouest

      “Les mouvements totalitaires sont des organisations massives d’individus atomisés et isolés.”

      Annah Arendt


  13. babelouest Le 20 juillet 2016 à 16h34
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    L’important est surtout de sortir de ces deux mâchoires de la tenaille washingtonienne, que sont l’union européenne et l’otan : il faut donc voter Nikonoff, et/ou pousser vers le remplacement de l’élection présidentielle par le choix d’une assemblée constituante.


  14. Nerouiev Le 20 juillet 2016 à 17h14
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    Sortir de l’UE d’abord et parler ensuite.


    • babelouest Le 20 juillet 2016 à 17h31
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      Sortir de l’union, de l’otan, du fmi, de la banque mondiale, de l’ocde, de l’omc, de la bri ; ramener les points essentiels non plus au bien des banquiers, mais à celui de ceux qui sont actuellement dominés, exploités, écrasés. Tout cela, et bien d’autres choses encore, est dans le programme du PARDEM.

      http://www.pardem.org/

      Il conviendra de faire écrire par une Constituante une nouvelle Constitution. Cette Constituante comprendra des volontaires, qui sauront que leur participation leur ferme automatiquement tout mandat : comme dit Chouart, et là il a parfaitement raison, “Ce n’est pas aux gens de pouvoir qu’il convient d’écrire les règles du Pouvoir”.

      https://www.pouruneconstituante.fr/


  15. Milsabor Le 20 juillet 2016 à 18h17
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    Il y a le cerveau, le psychisme ou la personnalité, et le comportement : cela fait trois choses qui ne sont pas de même nature, ni de même niveau, même si inter-corrélées.
    Le psychisme peut faire l’objet d’un formatage, d’un conditionnement qui suppose deux conditions : une force de modelage et l’acceptation de ce modelage par le receveur. Sa nature est symbolique, portant sur les représentations, les croyances, les loyautés. Le formatage psychologique n’entraîne aucune modification du cerveau. Le formatage est réversible. Le formatage idéologique produit par un système totalitaire entraine un conformisme facilement réversible à la levée de la contrainte. En revanche le formatage des psychologies reçu dès le berceau produit par le milieu familial demande des années de psychanalyse pour s’en dégager.
    Le comportement dépend de la volonté du sujet. Il sera plus ou moins libre ou conformiste selon le degré de formatage ou de libre-arbitre. Mais le changement de comportement ne modifie pas plus le psychisme que le changement psychique ne modifie le cerveau.


  16. Charlie Bermude Le 20 juillet 2016 à 19h16
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    Puisqu’il est beaucoup question de Marx dans l’article et les commentaires , je voudrais rappeler une incidente que Marx à formulé , en passant : “l’émancipation des masses sera l’affaire des masses , elle méme ” .
    ce n’est je pense pas une phrase au hasard , mais une idée qui lui est parvenue à maturité . IL a pris des positions catégoriques au point de vue politique et économique , en restant dans un cadre aussi précisé que possible , mais Théorique ! La pratique , les accidents ( vocabulaire philo de l’époque ) , le hasard , il s’est bien gardé de préciser . Dans sa jeunesse , il a cru pouvoir le faire avec une dialectique matérialiste , qu’on attends toujours . La seule véritable réalisation de celà est la mécanique quantique , qui n’est pas une théorie , ou prise comme telle incompréhensible ! Malgré tout on s’obstine , à gauche ; à trouver la théorie , qui va sauver le monde comme préalable à la pratique . Si l’on est matérialiste , authentique , comme je pense s’est efforcé K Marx de l’étre l. Ce sont les masses qui trouvent d’abord , on théorise aprés . Alors Micéa a peut étre raison , s’en le faire exprés , toujours est il que Podemos n’a pas pris le pouvoir , n’a pas prouvé , son efficacité et que çà reste un souhait .


  17. Sébastien Le 21 juillet 2016 à 14h34
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    Le Communisme est une idéologie née en réaction au Capitalisme. Toute société humaine digne de ce nom et viable est communiste ou elle n’est pas.
    Le fait d’idéologiser la politique ou une société est signe de décadence et de faiblesse mentale.


    • geoffrey Le 21 juillet 2016 à 15h18
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      ‘comprends pas ton propos : le communisme n’est pas une idéologie, c’est une critique du capitalisme, le marxisme est une théorie sociale, et l’idéologie est un domaine d’études dont l’objet sont les doctrines/les idées politiques pour faire simple, comme le libéralisme ou le nationalisme. Comme disait Robert F., “je n’ai pas utilisé une méthodologie…mais une méthode” : c’est pourtant simple !
      idéologiser la politique, çàd ?


  18. Bernard SARTON Le 21 juillet 2016 à 19h55
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    La société communiste est à l’ordre du jour alors que le capitalisme traîne sa fin morbide dans le chaos financier et guerrier . Pourtant les militants révolutionnaires ne peuvent se contenter d’en accélérer la fin par des mesures de contestation et même d’insubordination permanente pour réussir la mise sur orbite de la nouvelle société . Après la prise du pouvoir par les mases populaires plus ou moins organisées il faut mettre en place le système économique “efficace” pour remplacer les “profiteurs” vaincus mais toujours vivants et prêts à la revanche comme nous l’avons vu en URSS-Ukraine-Chili etc … Ce qui permet à une société de s’inventer et de perdurer c’est une économie qui satisfasse les masses en les associant au travail d’organisation et de production des entreprises avec des produits matériels et culturels qui embellissent la personnalité de chacun et ses possibilités de création dans tous les domaines . C’est la condition absolument nécessaire pour réussir . Bernard SARTON , communiste convaincu mais toujours critique pour mieux faire .


  19. FifiBrind_acier Le 22 juillet 2016 à 18h00
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    Michéa est plein d’illusions…
    Mai 68 n’a pas été une révolution, mais une “révolution colorée ” , pour faire partir de Gaulle qui s’opposait à la construction européenne et à l’ OTAN. Il était bien plus dangereux que la Gauche.
    http://www.comite-valmy.org/spip.php?article497

    Le mouvement des Indignés, chamignon qui pousse un peu partout où se trouvent des mécontents, et qui a donné Podémos, est soutenu par Soros, un grand marxiste, s’il en est….
    http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2011/10/03/le-milliardaire-soros-soutient-les-indignes-de-wall-street_1581740_3222.html

    Pareil pour Nuit Debout, qui fait référence explicitement au Printemps arabe, fomenté par les Frères musulmans au service des USA, pour déstabiliser les pays du Maghreb et certains pays du Moyen Orient…. Extrait de l’ appel du 8 avril 2016 de Nuit Debout.

    “Du printemps arabe au mouvement du 15M, de la place Tahrir au parc de Gezi, la place de la République et les nombreux autres lieux occupés ce soir en France sont l’illustration des mêmes colères, des mêmes espoirs et de la même conviction : la nécessité d’une société nouvelle, où démocratie dignité et liberté ne sont pas des déclarations vides”…

    Mécha devrait sortir un peu de ses grimoires…


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