Magnifique texte de Keynes de 1930.

Nous souffrons, en ce moment précis, d’un grave accès de pessimisme économique.

C’est chose courante que d’entendre les gens dire que la période des gigantesques progrès économiques caractérisant le XIXe siècle est désormais révolue, que la rapide amélioration du niveau de vie est en train de marquer le pas, en Grande-Bretagne du moins, et que la décennie qui commence nous réserve plus probablement une diminution de notre prospérité qu’un nouvel accroissement.

 J’estime que tout cela est une interprétation furieusement erronée des événements qui sont notre lot actuellement. Nous souffrons non pas des rhumatismes de la vieillesse, mais des troubles de croissance dus à des changements d’une rapidité excessive, nous souffrons des difficultés que provoque la réadaptation à une phase économique nouvelle. Le rendement technique a augmenté plus vite que nos moyens d’absorber la main-d’œuvre rendue disponible de la sorte; l’élévation du niveau de vie a été un peu trop rapide; le système bancaire et monétaire mondial a empêché le taux de l’intérêt de diminuer aussi vite que les nécessités de l’équilibre l’exigent. Quoi qu’il en soit, le gaspillage et le désordre qui en résultent ne représentent pas plus de 7,5 % du revenu national; la gabegie nous coûte 1 shilling et 6 pence par livre, et nous ne disposons que de 18 shillings et 6 pence quand nous pourrions disposer d’une livre si nous étions plus raisonnables. Et pourtant les 18 shillings et 6 pence d’aujourd’hui ont quand même une valeur égale à celle de la livre il y a cinq ou six ans. Nous oublions que la production de l’industrie britannique, exprimée en volume, était plus grande en 1929 qu’elle n’avait jamais été, et que l’excédent net de notre balance avec l’étranger, une fois payées toutes nos importations, permettait de nouveaux placements à l’extérieur qui étaient supérieurs, l’an dernier, à ceux de tout autre pays, dépassant même de 50 % l’excédent de la balance américaine. Ou bien supposons encore, s’il faut en faire un sujet de comparaisons, que nous réduisions nos salaires de moitié, que nous refusions d’honorer les quatre cinquièmes de notre dette publique et que nous thésaurisions nos richesses excédentaires sous forme d’or stérile au lieu de les prêter à 6 % d’intérêt où à un taux supérieur, nous ressemblerions alors à cette France qui excite aujourd’hui tant d’envie. Mais serait-ce mieux pour nous? La dépression qui sévit dans le monde entier, la gigantesque anomalie du chômage sur une planète où les besoins non satisfaits abondent, et les erreurs désastreuses que nous avons commises, tout cela nous rend aveugles à ce qui se déroule sous la surface, et qui correspond à la vraie interprétation de la tendance des événements. Je prédis en effet que, de notre temps déjà, les deux erreurs opposées du pessimisme qui font tant de tapage de par le monde, seront reconnues pour ce qu’elles sont, que l’on considère le pessimisme des révolutionnaires qui croient les choses si mauvaises que seule une mutation violente pourra nous sauver, ou celui des réactionnaires qui jugent l’équilibre de notre vie économique et sociale si précaire que nous devons éviter le risque de toute expérimentation.

Mon intention dans cet essai n’est pourtant pas d’examiner le présent ou le proche avenir, mais de m’affranchir des vues sans perspective et de prendre mon vol dans le futur. Dans cent ans d’ici quel est le niveau que nous pouvons raisonnablement attendre du développement de notre vie économique?

Quelles sont les perspectives économiques offertes à nos petits-enfants?

Depuis l’époque la plus reculée pour laquelle nous disposons de témoignages, disons en gros depuis l’an 2000 avant J.-C, jusqu’au début du XVIIIe siècle, il n’y eut pas de très grande modification dans le niveau de vie de la moyenne des hommes vivant dans les centres de civilisation de la terre.

Des hauts et des bas, il y en eut certainement. Les fléaux de la peste, de la famine et de la guerre alternant avec des périodes d’or. Mais point de changement brutal pour le mieux. Certaines périodes ont peut-être été de 50 % meilleures que d’autres, mettons même de 100 % meilleures au maximum, dans le cours des quatre millénaires qui ont pris fin vers 1700 de notre ère. Cette lenteur du progrès, voire l’absence totale de progrès, eurent deux causes: l’absence frappante de tout perfectionnement technique d’importance et l’incapacité du capital à s’accumuler. L’absence d’invention technique importante entre l’époque préhistorique et les temps relativement modernes est vraiment digne de remarque.

Presque tout ce qui importe réellement et que le monde possédait au début des temps modernes était déjà connu de l’humanité à l’aube de l’histoire.

Le langage, le feu, les mêmes animaux domestiques qu’aujourd’hui, le froment, l’orge, la vigne et l’olivier, la charrue, la roue, l’aviron, la voile, le cuir, la toile et le drap, les briques et la poterie, l’or et l’argent, le cuivre, l’étain et le plomb, à quoi s’ajouta le fer avant l’an mille de l’ère pré-chrétienne, le commerce de la banque, l’art de la politique, les mathématiques, l’astronomie et la religion : autant de choses si anciennes qu’il n’a pas été gardé trace de leur origine ou de leur adoption. A un moment quelconque antérieur à l’aube des temps historiques, peut-être même au cours de l’un des confortables entractes qui précédèrent la dernière période glaciaire, il y a probablement eu une ère de progrès et d’inventions comparable à celle que nous connaissons actuellement. Mais tout au long de la majeure partie des temps historiques il n’y eut rien de ce genre.

Les temps modernes s’ouvrirent, me semble-t-il, avec l’accumulation du capital qui commença au XVIe siècle. Des raisons, que je suis obligé de passer sous silence dans cet exposé, m’ont induit à penser que ce phénomène eut pour cause initiale la hausse des prix et l’augmentation consécutive des profits qui résultèrent de l’introduction de ces réserves d’or et d’argent transportées par l’Espagne du Nouveau Monde dans l’Ancien. Depuis cette époque jusqu’à nos jours, la capacité d’accumulation que possède l’intérêt composé et qui, selon toutes apparences, avait été en sommeil pendant de nombreuses générations, se développa avec une force renouvelée après s’être réveillée. Or, la capacité d’accumulation de l’intérêt composé sur une période de deux cents ans est telle que l’imagination est saisie de stupeur.

Qu’il me soit permis d’illustrer ce point par une somme que j’ai calculée.

La valeur actuelle des investissements britanniques à l’étranger est estimée à 4 milliards de livres environ.

Ces investissements nous procurent un revenu au taux d’intérêt de 6,5 % environ.

Nous rapatrions la moitié de ce revenu et en avons la jouissance; quant à l’autre moitié, soit 3,25 %, nous la laissons s’accumuler à l’étranger par le jeu de l’intérêt composé. Or, voilà250 ans à peu près qu’un processus de ce genre est en cours.

Je fais remonter en effet les origines des investissements britanniques à l’étranger au trésor que Drake enlevj) en 1580 à l’Espagne. Cette année-là, il regagna l’Angleterre en rapportant le fabuleux butin du Golden Hind. La reine Elizabeth était un important actionnaire au sein du syndicat qui avait financé cette expédition. Au moyen de sa part du butin elle remboursa la totalité de la dette extérieure de l’Angleterre, équilibra son budget et se trouva disposer encore d’un reliquat de 40000 livres.

Elle plaça cette somme dans la Compagnie du Levant, laquelle devait prospérer. Grâce aux bénéfices procurés par la Compagnie du Levant on fonda la Compagnie des Indes Orientales, et ce sont les bénéfices réalisés par cette vaste entreprise qui servirent de base à tous les investissements que l’Angleterre allait effectuer à l’étranger par la suite. Or il se trouve que l’accroissement de ce capital de 40 000 livres au taux de 3,25 % à intérêt composé équivaut approximativement au montant réel des investissements britanniques à l’étranger à différentes dates, et aujourd’hui serait effectivement égal à cette somme de 4 milliards de livres que j’ai déjà citée comme étant le total actuel de nos investissements à l’étranger.
Ainsi donc, chaque livre sterling rapportée en Angleterre par Drake en 1580 est maintenant devenue 100000 livres. Tel est le pouvoir de l’intérêt composé!

A partir du XVIe siècle, avec un crescendo cumulatif après le XVIII•, nous sommes entrés dans l’âge grandiose de la science et des inventions techniques, et cet âge a donné toute sa mesure depuis le début du XIXème siècle. Voici quelques jalons : le charbon, la vapeur, l’électricité, le pétrole, l’acier, le caoutchouc, le coton, les industries chimiques, le machinisme automatisé, et les méthodes de production de masse, la T. S. F., l’imprimerie, Newton, Darwin et Einstein, et des milliers d’autres choses et d’autres hommes trop célèbres et trop familiers pour qu’on puisse en dresser la liste.
Et à quel résultat sommes-nous arrivés? Malgré un prodigieux accroissement de la population mondiale qu’il a fallu équiper de maisons et de machines, le niveau de vie moyen en Europe et aux États-Unis est allé toujours en augmentant pour être maintenant, à mon avis, quatre fois supérieur à ce qu’il était.

L’accroissement du capital s’est fait sur une échelle dépassant de loin le centuple de ce qu’avait pu connaître n’importe quelle époque antérieure. Et désormais il n’y a pas lieu de prévoir une expansion démographique aussi considérable. Que le capital s’accroisse de 2 % l’an, pour fixer un chiffre, et l’équipement du monde entier se trouvera augmenté de 50 % en vingt ans et de 750 % en cent ans.

Que l’on se représente donc cette croissance en termes de biens matériels, tels que maisons, moyens de transports, etc.
En outre, les perfectionnements techniques apportés aux industries de transformation et aux transports se sont multipliés au cours des dix dernières années à un rythme plus rapide que jamais auparavant.
Aux États-Unis la production industrielle par tête était en 1925 plus élevée de 40 % qu’en 1919. En Europe, s’il est vrai que nous sommes retardés par des obstacles temporaires, il n’en reste pas moins que la productivité technique croît de plus de 1 % l’an à taux cumulatif.

On a des preuves que les changements techniques à caractère révolutionnaire qui, jusqu’à maintenant, affectaient surtout l’industrie, vont prochainement gagner l’agriculture.
Peut-être sommes-nous à la veille d’assister à des améliorations dans le rendement des productions alimentaires qui égaleront en importance celles qu’ont connues l’industrie des mines, les industries de transformation et les transports. Dans quelques années tout bonnement – je veux dire: du vivant de notre génération- il se peut que nous réussissions à effectuer toutes les opérations agricoles, minières et industrielles nécessaires avec seulement le quart de l’effort humain que nous avons été habitués à leur consacrer.

Pour le moment la rapidité même de ces transformations nous fait souffrir et soulève des problèmes difficiles à résoudre. Ce sont les pays qui ne figurent pas à l’avant-garde du progrès qui souffrent modérément. Nous sommes actuellement affligés d’une maladie nouvelle dont certains lecteurs peuvent bien ignorer encore le nom, mais dont ils entendront beaucoup parler dans les années à venir, et qui est le chômage technologique.

Il faut entendre par là le chômage qui est dû au fait que nous découvrons des moyens d’économiser de la main-d’œuvre à une vitesse plus grande que nous ne savons trouver de nouvelles utilisations du travail humain. Mais ce n’est là qu’une période passagère d’inadaptation.

A long terme tout cela signifie que l’humanité est en train de résoudre son problème économique. Je prédirais volontiers que dans cent ans d’ici le niveau de vie dont jouiront les pays les plus dynamiques sera entre quatre et huit fois plus élevé qu’aujourd’hui. Il n’y aurait rien de surprenant à ce qu’il en soit bien ainsi, même en tenant compte des insuffisances de nos connaissances actuelles. Et il n’y aurait nulle déraison à envisager la.

Supposons donc, simplement pour concrétiser notre raisonnement, que dans cent ans d’ici nous serons tous, en moyenne, dans une situation économique huit fois meilleure qu’à présent.
A coup sûr, il n’y a vraiment pas de quoi nous étonner ici.

Or, que les besoins de l’être humain puissent paraître insatiables est vrai. Mais il faut y distinguer deux catégories :
-les besoins qui ont un caractère absolu en ce sens que nous les éprouvons quelle que soit la situation de nos semblables, et
-ceux qui possèdent un caractère relatif en ce que nous ne les ressentons que si leur assouvissement nous place au-dessus de nos semblables ou nous donne l’impression de leur être supérieurs.

Les besoins de cette seconde catégorie, ceux qui correspondent à un désir de supériorité, sont peut-être tout à fait insatiables, car ils sont d’autant plus élevés que le niveau général de satisfaction est lui-même élevé.

Mais ce n’est pas si vrai des besoins ayant un caractère absolu : il se peut qu’un seuil soit bientôt atteint, bien plus tôt même que nous n’en avons conscience, seuil au-delà duquel ces besoins seront assouvis et que nous préférerons consacrer alors nos énergies encore disponibles à des buts non économiques.

Et j’en arrive maintenant à ma conclusion qui va vous paraître, j’imagine, de plus en plus saisissante à mesure que vous y réfléchirez. Cette conclusion est que, à supposer l’absence de grandes guerres et d’importants progrès démographiques, le problème économique peut être résolu, ou que sa solution peut au moins être en vue, d’ici à cent ans. Ce qui veut dire que le problème économique n’est point, pour le regard tourné vers l’avenir, le problème permanent de l’espèce humaine.

Pourquoi est-ce donc si saisissant, pouvez-vous vous demander? Cette conclusion est saisissante parce que, si nous scrutons le passé au lieu de scruter l’avenir, le problème économique, la lutte pour la subsistance nous apparaissent comme ayant toujours été jusqu’ici le problème primordial et le plus pressant de l’espèce humaine.
Et c’est encore trop peu dire, car ce n’est pas seulement de l’espèce humaine, mais de tout l’univers biologique depuis les premiers commencements de la vie sous ses formes les plus primitives que la recherche de la subsistance a été le problème dominant.

Ainsi la nature a-t-elle expressément guidé notre développement, avec tout ce que cela comporte en fait d’impulsions et de profonds instincts, vers la solution du problème économique comme tâche spécifique.

 Si le problème économique est résolu, l’humanité se trouvera donc privée de sa finalité traditionnelle.

Est-ce que ce sera un avantage? Pour peu que l’on donne foi aux valeurs authentiques de la vie, cette perspective offre à tout le moins la possibilité d’un avantage.

Cependant je pense avec inquiétude à la réadaptation requise de l’humanité commune qui peut se voir poussée à répudier dans quelques décennies les habitudes et les instincts qu’elle s’est assimilés depuis d’innombrables générations.

Pour parler le langage qui fait fureur aujourd’hui, ne devons-nous pas nous attendre à une « dépression nerveuse» universelle?
Nous avons déjà, sur une petite échelle, quelque connaissance vécue de ce que je veux dire: une dépression nerveuse comme celle dont souffrent dès à présent de nombreuses femmes mariées appartenant aux classes les plus aisées d’Angleterre et des États-Unis.

Ce sont de malheureuses femmes que la richesse a privées de leurs tâches et occupations traditionnelles et qui ne trouvent plus assez amusant de faire la cuisine, le ménage et le ravaudage maintenant que la nécessité économique ne leur est plus un aiguillon, mais qui sont pourtant totalement incapables de trouver quoi que ce soit de plus amusant.

A ceux qui gagnent leur pain quotidien à la sueur de leur front l’oisiveté apparaît comme une friandise ardemment désirée … jusqu’au moment où elle est obtenue.

On connaît l’épitaphe traditionnelle rédigée pour sa propre tombe par la vieille femme de ménage :

Pas de deuil pour moi, amis, et de pleurs jamais,
Car je n’aurai rien à faire, jamais, jamais.

Tel était son paradis. Comme d’autres qui se réjouissent à l’avance de l’oisiveté qu’ils connaîtront plus tard, elle se représentait combien il serait merveilleux de passer son temps à écouter de la musique.

En effet, il y avait aussi cette strophe dans sa composition poétique :

Au ciel, douce musique et psaumes sonneront,
L’effort de chanter d’autres, pas moi, le feront.
Et pourtant la vie ne sera supportable que pour ceux qui font l’effort de chanter; et combien sont rares ceux qui, parmi nous, savent chanter!

Ainsi, pour la première fois depuis sa création, l’homme fera-t-il face à son problème véritable et permanent : comment employer la liberté arrachée aux contraintes économiques? Comment occuper les loisirs que la science et les intérêts composés auront conquis pour lui, de manière agréable, sage et bonne?

Il se peut que la détermination et l’effort acharné des faiseurs d’argent nous transportent tous avec eux dans le giron de l’abondance économique. Mais ce seront les peuples capables de préserver l’art de vivre et de le cultiver de manière plus intense, capables aussi de ne pas se vendre pour assurer leur subsistance, qui seront en mesure de jouir de l’abondance le jour où elle sera là.

Toutefois il n’est point de pays ni de nation qui puisse, je pense, voir venir l’âge de l’abondance et de l’oisiveté sans craindre. Car nous avons été entraînés pendant trop longtemps à faire effort et non à jouir.

Pour l’individu moyen, dépourvu de talents particuliers, c’est un redoutable problème que d’arriver à s’occuper, plus redoutable encore lorsque n’existent plus de racines plongeant dans le sol ou les coutumes ou les conventions chéries d’une société traditionnelle. A en juger par le comportement et les exploits des classes riches aujourd’hui dans n’importe quelle région du monde, la perspective de ce qui nous attend est très déprimante. Car les gens appartenant à ces classes sociales sont en quelque sorte notre avant-garde, les éclaireurs qui explorent à l’intention de nous tous la terre promise et y plantent leur tente.

Or, il me semble que la plupart de ces gens qui ont un revenu indépendant mais ni liens, ni obligations, ni solidarité avec leur prochain, ont échoué lamentablement devant le problème qui leur était posé.

J’ai la certitude qu’avec un peu plus d’expérience nous emploierons tout autrement que les riches d’aujourd’hui cette munificence de la nature qui vient d’être découverte, et que nous nous tracerons un plan de vie tout différent du leur.

Pendant longtemps encore le vieil Adam sera toujours si fort en nous que chaque personne aura besoin d’effectuer un certain travail afin de lui donner satisfaction.

Trop heureux d’avoir encore de petites tâches, obligations et routines, nous ferons par nous-mêmes beaucoup plus de choses que ce n’est généralement le cas aujourd’hui chez les riches. Mais, au-delà, nous nous efforcerons de faire des tartines de beurre en faisant les tranches de pain aussi fines que possible, et la quantité de travail qu’il sera encore nécessaire de faire, nous nous arrangerons pour que le plus grand nombre d’entre nous en ait sa part. Trois heures de travail chaque jour par roulement ou une semaine de quinze heures peuvent ajourner le problème pour un bon moment. En effet, trois heures par jour font une ration suffisante pour assouvir le vieil Adam chez la plupart d’entre nous.

Il y aura des changements dans d’autres domaines également qu’il nous faudra nous attendre à voir venir.

Quand l’accumulation de la richesse ne sera plus d’une grande importance sociale, de profondes modifications se produiront dans notre système de moralité. Il nous sera possible de nous débarrasser de nombreux principes pseudo-moraux qui nous ont tourmentés pendant deux siècles et qui nous ont fait ériger en vertus sublimes certaines des caractéristiques les plus déplaisantes de la nature humaine. Nous pourrons nous permettre de juger la motivation pécuniaire à sa vraie valeur. L’amour de l’argent comme objet de possession, qu’il faut distinguer de l’amour de l’argent comme moyen de se procurer les plaisirs et les réalités de la vie, sera reconnu pour ce qu’il est : un état morbide plutôt répugnant, l’une de ces inclinations à demi criminelles et à demi pathologiques dont on confie le soin en frissonnant aux spécialistes des maladies mentales.

Nous serons enfin libres de rejeter toutes sortes d’usages sociaux et de pratiques économiques touchant à la répartition de la richesse et des récompenses et pénalités économiques, et que nous maintenons à tout prix actuellement malgré leur caractère intrinsèquement dégoûtant et injuste parce qu’ils jouent un rôle énorme dans l’accumulation du capital.

Bien entendu, il y aura encore bien des gens, dotés d’une « intentionalité » puissante et inassouvie, qui poursuivront aveuglément la richesse, à moins qu’ils ne sachent trouver un succédané acceptable. Mais tous les autres d’entre nous cesseront d’être obligés de les applaudir et de les encourager.

Car nous examinerons alors plus curieusement qu’il n’est sain de le faire aujourd’hui le véritable caractère de cette « intentionalité » dont la nature a doté chacun d’entre nous, ou presque, à des degrés divers. En effet, par intentionalité il faut entendre que nous nous intéressons davantage aux résultats de nos actions qui sont le plus éloignés dans le temps qu’à leur qualité intrinsèque ou à leurs effets immédiats sur notre propre environnement. L’homme plein d’ « intentionalité», celui qui est occupé à viser des buts, est toujours en train de chercher à procurer à ses actes une immortalité illusoire et factice en projetant dans l’avenir l’intérêt qu’il peut leur porter. Il n’aime pas son chat, mais les chatons de son chat, ni même, en vérité, les chatons, mais les chatons des chatons, et ainsi de suite jusqu’à la consommation des temps dans l’univers des chats.

Pour lui, de la confiture n’est pas de la confiture, à moins qu’il s’agisse d’une caisse de confiture pour demain et jamais de confiture pour aujourd’hui même.
Ainsi, en rejetant toujours sa confiture loin dans l’avenir, essaie-t-il d’assurer l’immortalité à son acte confiturier.

Qu’il me soit permis de vous remettre en mémoire le personnage du Professeur dans Sylvie and Bruno:
« Ce n’est que le tailleur, Monsieur, avec votre petite facture », dit une voix humble de l’autre côté de la porte.
« Eh! bien, soit. Il ne me faudra pas longtemps pour arranger l’affaire avec lui », déclara le Professeur aux enfants, « si vous voulez bien patienter une minute.
Combien est-ce, cette année, mon brave? » Le tailleur était entré pendant qu’il parlait.

« Mon Dieu, c’est allé en doublant pendant tant d’années, voyez-vous », répondit le tailleur sur un ton assez bourru, « et je crois que je voudrais mon argent maintenant. Cela fait deux mille livres, voilà! »
« Oh! mais ce n’est vraiment rien! », remarqua négligemment le Professeur en tâtant dans ses poches, comme s’il portait toujours sur lui une somme au moins égale.

« Mais est-ce que vous ne préféreriez pas attendre juste une année de plus et arriver à quatre mille livres? Songez seulement comme vous seriez riche! Voyons, vous pourriez être roi, si vous vouliez! »
« Je ne sais pas si je tiendrais à être roi », dit l’homme pensivement.
« Mais cela représente sûrement une énorme quantité d’argent! Bon, je crois que je m’en vais attendre … »
« Naturellement, c’est ce que vous allez faire! », dit le Professeur.
« Je vois que vous avez du bon sens. Au revoir, mon brave! »
« Aurez-vous donc à lui payer ces quatre mille livres un jour? », demanda Sylvie tandis que la porte se refermait sur le créancier en train de se retirer.

« Jamais de la vie, mon enfant! », répondit le Professeur en faisant sonner ses mots. •
« Il va continuer à doubler ce que je lui dois, jusqu’à sa mort. Il vaut toujours mieux attendre une année de plus et recevoir le double, voyez-vous! »

 Peut-être n’est-il pas fortuit que le peuple qui a le plus contribué à introduire la promesse d’immortalité dans le coeur et l’essence de nos religions, soit aussi celui qui a fait le plus pour le système des intérêts composés et porte une affection particulière à cette institution humaine des plus « intentionnelles ».

Je nous vois donc libres de revenir à certains des principes les plus assurés et les moins ambigus de la religion et de la vertu traditionnelle : que l’avarice est un vice, que c’est un méfait que d’extorquer des bénéfices usuraires, que l’amour de l’argent est exécrable, et qu’ils marchent le plus sûrement dans les sentiers de la vertu et de la sagesse, ceux qui se soucient le moins du lendemain.

Une fois de plus nous en reviendrons à estimer les fins plus que les moyens, et à préférer le bon à l’utile.
Nous honorerons ceux qui sauront nous apprendre à cueillir le moment présent de manière vertueuse et bonne, les gens exquis qui savent jouir des choses dans l’immédiat, les lys des champs qui ne tissent ni ne filent.

Mais attention! Les temps ne sont pas encore venus. Pendant au moins un siècle de plus, il nous faudra faire croire à tout un chacun et à nous-mêmes que la loyauté est infâme et que l’infamie est loyale, car l’infamie est utile et la loyauté ne l’est point. Avarice, Usure et Prudence devront rester nos divinités pour un petit moment encore. Car elles seules sont capables de nous faire sortir du tunnel de la nécessité économique pour nous mener à la lumière du jour.

Je me réjouis donc de voir se réaliser, dans un avenir pas si lointain, le plus grand changement qui se soit jamais produit dans les conditions matérielles de la vie des êtres humains considérés globalement. Mais, bien entendu, cela se fera graduellement et non pas en un bouleversement soudain. Au vrai, cela a déjà commencé.

Le cours de l’évolution tiendra simplement en ce que des classes sociales toujours plus larges et des groupes humains toujours plus nombreux seront délivrés pratiquement du problème de la nécessité économique. Le point critique sera atteint quand cette situation sera devenue si générale que la nature de nos devoirs vis-à-vis d’autrui en sera changée. Car il restera raisonnable d’avoir une « intentionnalité » économique au profit des autres quand il ne sera plus raisonnable d’en avoir une pour soi-même.

La vitesse à laquelle nous pourrons atteindre notre destination de félicité économique dépendra de quatre facteurs : notre capacité à contrôler le chiffre de la population, notre volonté d’éviter les guerres et les discordes civiles, notre consentement à nous en remettre à la science pour diriger toutes les affaires qui sont proprement du ressort de la science, et le taux d’accumulation tel que le fixera la marge entre notre production et notre consommation. Le dernier de ces facteurs prendra bien soin de lui-même, une fois l’accord réalisé sur les trois premiers.

Dans l’intervalle il n’y aura nul inconvénient à faire de doux préparatifs pour notre future destinée, à encourager et à mettre à l’épreuve les arts de la vie au même titre que les activités répondant à un but utilitaire.

Mais, surtout, ne nous exagérons pas l’importance du problème économique, ne sacrifions pas à ses nécessités supposées d’autres affaires d’une portée plus grande et plus permanente. Ce problème devrait rester une affaire de spécialistes, tout comme la dentisterie. Si les économistes pouvaient parvenir à se faire considérer comme des gens humbles et compétents, sur le même pied que les dentistes, ce serait merveilleux.

35 réponses à Perspectives économiques pour nos petits-enfants, par J.M. Keynes

  1. petitemaison Le 19 novembre 2012 à 06h33
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    oui,mais-c-est-sans-compter-sur-les-pulsions-sadiques-et-masochistes-de-l-homme.


  2. Patrick Luder Le 19 novembre 2012 à 07h37
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    Comme quoi, même les meilleures idées
    sont finalement toujours détournées

    au profit de quelques plus malins …

    … euh pardon …
    au profit des rapaces escalvagistes
    qui se cachent derrière une façade
    de pseudo bonté et bienfaisance …


  3. SPQR Le 19 novembre 2012 à 09h14
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    100 ans après ou presque, nous n’avons tjs pas appliqué ces sages préconisations concernant le partage du travail et des richesses créées… Keynes avait raison concernant le diagnostic et le remède (qui restent tjs d’actualité) ; il avait manifestement tort sur la capacité (ou même la volonté…) des Hommes à l’appliquer…


    • Dadone Le 19 novembre 2012 à 10h41
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      Nous avons surtout pas respecté le facteur
      “notre capacité à contrôler le chiffre de la population”,
      pourtant rappelé par le club de Rome en 1971.


      • MarcDS Le 21 novembre 2012 à 13h48
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        Je ne suis pas d’accord. La population continue à croître principalement dans les pays qui n’ont pas bénéficié de l’opulence économique. Dans (quasiment) tous les pays riches, le taux d’accroissement de la population est en baisse constante depuis la fin des années 60. Par contre, notre opulence ne nous a pas amené à réduire le taux d’accroissement de notre consommation, bien au contraire.
        Donc, s’il est vrai que l’accroissement démographique devient un problème, je trouve immoral de mettre celui-ci sur le devant de la scène de façon à occulter le fait que c’est avant tout notre folle course à l’accumulation de biens matériels qui devrait être stoppée.


  4. Patrick-Louis Vincent Le 19 novembre 2012 à 09h34
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    “des groupes humains toujours plus nombreux seront délivrés pratiquement du problème de la nécessité économique”

    Hélas, il n’en est rien. Certes, certains peuples, indiens, chinois, pourraient le dire aujourd’hui. Il y a, en effet, beaucoup moins de misère dans ces pays, aujourd’hui, qu’il n’y en avait voici 50 ans. Mais, dans le même temps, nous assistons à une montée de la paupérisation en Europe. De plus en plus de personnes sont sous le seuil de pauvreté. Il sembe donc que le problème de la nécessité économique ne soit pas résolu.

    Je ne sais pas , d’ailleurs, si Keynes tiendrait le même discours aujourd’hui. Il ne connaissait pas la mondialisation, ni le dollar comme monnaie de réserve, ni les dettes abbyssales des états, ni l’épuisement des ressources terrestres.

    La partie qui m’a le plus intéressé est le passage sur l’oisiveté, que d’autres appellent le temps libre, c’est-à-dire libéré, dans l’esprit de Keynes, des contingences. En fait, il y a deux types d’oisiveté. Celle qui découle de ne plus être obligé de travailler, et celle qui découle de ceux qui n’ont pas accès au travail. Il me semble qu’il y a beaucoup plus de gens de la seconde catégorie que de la première. Les effets, pour les personnes de la première ou de la deuxième catégorie, sont d’ailleurs à peu près les mêmes. A moins d’une élévation de la conscience au niveau du spirituel ou de la création artistique, l’homme ne sait que faire de son temps. Tellement conditionné par le travail depuis des millénaires, dès lors qu’il en est privé ou libéré, l’homme est perdu dans l’océan de la vie comme un bateau sans gouvernail. Dès lors, l’on peut se demander si l’homme, dans sa condition terrestre, n’est pas condamné à travailler. Et si c’est le cas, comment et sur quoi travailler quand les ressources seront épuisées ?


    • odeur_de_sapin Le 19 novembre 2012 à 10h27
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      Merci pour ces quelques lignes … « Comment et sur quoi travailler ? ». Très simple changer d’écran. Quitter (pour qques temps seulement) l’écran de votre ordi, de votre iphone, smartphone, écran plat télé, … et installer vous confortablement face à vous même devant l’écran de la Conscience.

      Qu’allez vous voir ? Des démons et des anges … c’est à dire des énergies (détournées) de votre ego qui passent leur temps (à l’insu de votre liberté fondamentale) à vous manipuler et à vous faire croire que votre véritable idendité c’est Eux. On est tellement obnubilé par le film que l’on oublie totalement qu’il existe un écran (la Conscience, Dieu, Bhraman, Rigpa …peu importe l’appelation).

      On se croit libre parfois en étant totalement identifié à nos désirs, pulsions (de liberté), peurs, envies, .. paradoxal n’est ce pas.

      Donc pour en revenir à Keynes, dont je ne suis pas un spécialiste, son idée « d’encadrer » l’activité économique plutôt que le laisser-fairisme, vient forcément se confronter au degré d’évolution spirituelle et psychologique de l’Homme de 2012.

      Instaurer par la force une société soit-disant régulé économiquement et plus égalitaire n’a aucune chance de réussir si les individus qui la composent manque d’humanité (je prends ce terme à défaut d’être plus explicite).

      Si l’on compare chaque être humain comme un champ d’énergies associé à une couleur, du blanc lumineux au noir insondable, et si en leur demandant à tous de bien vouloir se rapprocher du blanc à partir d’un ordre venant d’un flot de pensée (fut-il issue de Mr Keynes), c’est bien évidemment ignorer totalement le travail, la maturation nécessaire, à l’intérieur de chaque entité humaine pour effectuer cette évolution.

      Il s’agit au mieux de re-programmation, mais surement pas d’une évolution.

      L’harmonie économique et sociale se situe aux confins de la psyché et du spirituel.

      Et autant dire que si vous intimez l’ordre « Sois Sage ! (économiquement) » (applique gentiment ce que préconise papa Keynes) aux acteurs économiques, cela ne marchera au mieux qu’un temps.

      Pourquoi cela ? Tout simplement en observant intérieurement, l’état d’être de celui qui émet ce souhait. Un niveau de Concsience « mentalisé » d’un être humain ne peut pas générer à ma connaissance, un niveau de conscience plus Universel (et donc plus harmonieux) chez un autre être humain, juste par l’imposition d’une idée.

      Est ce le courant de la Vie, la voix du Cœur (parfois avec fermeté), sans aucune tension qui s’exprime ou bien est-ce le mental qui crie « Il faut que les choses se passent ainsi ! ! ! »

      Si cela se trouve papa Keynes ne faisait qu’exprimer savamment des interdits parentaux faits de frustration et de tensions et les avaient sublimés magistralement en pondant une théorie économique planétaire, être reconnu et ainsi trouver (malgré tout) finalement la jouissance par des voies détournées.

      Et qui sait, s’il avait eu des parents baba-cool, soixante-huitard, naturistes, il aurait mis la même énergie à faire passer des idées anti-keynesiennes … ou pas ?


      • Patrick-Louis Vincent Le 19 novembre 2012 à 12h44
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        Oui, bien sûr, nos conditionnements, notre éducation, les interdits, les frustrations, tout cela joue un rôle dans les choix que nous faisons ou que nous ne faisons pas.

        Ecouter notre voix intérieure, certes, mais je constate que peu de gens en sont capables. Privés de l’addiction du travail, transmis de générations en générations, les hommes cherchent d’autres addictions (drogue, alcool, sexe, sport, bourse, télé, baladeur, et bien d’autres) pour combler le vide intérieur laissé par la privation, ou la non nécessité de travail.

        Ce n’est pas nouveau. L’on a vu, dans notre histoire, ce qu’il advint de la noblesse qui, n’ayant pas de nécessité à travailler, s’est laissé, progressivement aller à l’oisiveté et toutes les dérives qui l’accompagnent (le jeu, le sexe, les messes noires, la spéculation, l’intrigue, etc…). Le confinement à Versailles dans un lieu théatralisé, donc non réel, et l’interdiction du duel, accélérèrent ce mouvement de pourissement. Il y eut, bien sûr des exceptions, des nobles tout à fait respectables, mais, dans l’ensemble, à la fin du XVIIIème siècle, la classe noble était bien corrompue (altérée dans sa composante la plus pure).

        Aujourd’hui, ce sont moins les “élites” qui ne travaillent pas que le bas de la société. Lorsque, nous dit-on, 25% de la jeunesse est oisive, chiffre qui peut atteindre 40% dans les cités, et peut-être plus, les mêmes causes produisant les mêmes effets, l’on ne peut qu’être très inquiets pour l’équilibre personnel de ces populations qui devront, en dehors du travail, trouver des raisons à vivre. L’élévation spirituelle tardant à naître dans leur for intérieur, c’est vers d’autres activités aux vibrations plus basses que ces populations, le plus souvent aculturées, se dirigeront : extrémisme politique et religieux pour les uns, addiction aux drogues, à l’alcool, aux anxiolytiques et antidépresseurs pour les plus faibles.

        Les signes, conséquence de ce vide intérieur, sont aujourd’hui bien visibles : augmentation des vols, des agressions, des viols, de l’extrémisme haineux ; des prisons qui se remplissent plus vite qu’on ne peut en construire. La France a mis à genoux l’Eglise catholique, mais n’a pas été capable de nourrir les esprits. Le pain et les jeux pour seule occupation ont trouvé leurs limites. Le sport, autrefois formateur d’un esprit franc et droit, a été détourné de ses valeurs primitives, et n’est plus qu’un spectacle mettant en scène des multimillionaires aux performances dopées. Les sportifs, sauf quelques exceptions, n’ont plus valeur d’exemple.

        Les dirigeants sont devenus incapables de guider les populations, et notamment la jeunesse, vers des objectifs qui les obligent à se dépasser. Mais comment le pourraient-ils si leur esprit est vide de lumière ? Comment peut-on transmettre ce que l’on n’a pas soi-même ?

        Et pourtant, il va bien falloir trouver un sens à l’existence quand le matérialisme, fondé sur l’exploitation sans limite des ressources, aura complètement failli. “Le XXIème siècle sera spirituel ou ne sera pas”. Que Malraux ait écrit cette phrase ou pas, je la fais mienne. Mais, comme il n’y a rien à attendre, de ce point de vue, ni des religieux, ni des politiques, ni des éducateurs, ni des pères, ni des mères, c’est à chacun de cheminer.

        “c’est dans le silence que Dieu dit à l’homme sa parole éternelle” disait maître Eckhart


    • Porteu caroline Le 19 novembre 2012 à 10h49
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      @Patrick Louis Vincent

      La paupérisation de l’Europe correspond bien à la volonté de colonisation de ceux qui :

      “Bien entendu, il y aura encore bien des gens, dotés d’une « intentionalité » puissante et inassouvie, qui poursuivront aveuglément la richesse, à moins qu’ils ne sachent trouver un succédané acceptable. Mais tous les autres d’entre nous cesseront d’être obligés de les applaudir et de les encourager.”

      A titre d’exemple un chiffre paru ce matin :

      Le “Shadow banking” dans le viseur du Conseil de stabilité financière

      67 000 Milliards de dollars
      http://www.bfmtv.com/economie/shadow-banking-viseur-conseil-stabilite-finan…


      • Dadone Le 19 novembre 2012 à 11h15
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        Pour éviter cela il suffisait d’éviter l’accumulation du capital.
        C’est donc une responsabilité collective de vouloir continuer de croître alors que ce n’était pas possible.
        En raison de cette volonté absurde, la création monétaire a été accommodante ouvrant une brèche béante où les les personnes “dotés d’une « intentionalité » puissante et inassouvie, qui poursuivront aveuglément la richesse ans scrupules” se sont engouffrées.

        N’inversons pas tout …très peu, très peu de personnes en 1971 était d’accord avec les conclusion du club de Rome d’arrêter la croissance…
        La responsabilité est donc bien collective !


        • JoeChip Le 19 novembre 2012 à 17h32
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          “très peu de personnes en 1971 était d’accord avec les conclusion du club de Rome d’arrêter la croissance…
          La responsabilité est donc bien collective !”

          Oui, surtout ceux qui sont nés après 1960… Mais bon, de toutes façons, osef de la croissance, ce qui compte c’est de quoi elle est faite.


        • chris06 Le 19 novembre 2012 à 18h29
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          Bravo Dadone, c’est exactement ça.

          La question est, pourquoi a t”on ignoré les recommandations du Club de Rome?

          La réponse est : pour la même raison qu’on continue de les ignorer aujourd’hui :

          LA TRAGEDIE DES BIENS COMMUNS

          (cf Garrett Hardin, Science, 1968 Pour ceux que cela intéresse, c’est un assez court article, en français ici:)
          http://lanredec.free.fr/polis/art_tragedy_of_the_commons_tr.html


          • dadone Le 19 novembre 2012 à 21h06
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            Plus connue sous le nom d’aléa morale


    • Dadone Le 19 novembre 2012 à 11h29
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      “Tellement conditionné par le travail depuis des millénaires, dès lors qu’il en est privé ou libéré, l’homme est perdu dans l’océan de la vie comme un bateau sans gouvernail. ”
      Non, la première cause d’inégalité a été de tout temps d’accaparer du temps libre par les classes oisives en soumettant a leur seul profit le travail des classes laborieuses, base du système économique antique fondé sur l’esclavage !
      C’est ainsi que depuis la nuit des temps les hommes se sont combattus pour ce temps libre !
      Donc, ils le connaissent très bien !


  5. BA Le 19 novembre 2012 à 09h44
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    Lundi 19 novembre 2012 :

    La Banque mondiale redoute le “cataclysme” d’une hausse de 4 °C de la température.

    La Banque mondiale (BM) n’hésite pas à parler d’un “cataclysme” qui pourrait frapper les pays pauvres. Dans un rapport publié dimanche 18 novembre à Washington, elle redoute une hausse de la température du globe de 4 °C dès 2060, bien au-delà du garde-fou posé par la communauté internationale.

    “Un monde à + 4 °C […] déclencherait une cascade de changements cataclysmiques, dont des vagues de chaleur extrême, une chute des stocks alimentaires et une montée du niveau de la mer frappant des centaines de millions de personnes”, résume la BM, ajoutant qu’il n’y avait “aucune certitude” que le globe puisse s’adapter à une telle situation. Ce scénario, le plus sombre envisagé dans le rapport, tranche avec l’engagement pris par la communauté internationale de contenir le réchauffement du globe à + 2 °C par rapport à l’ère pré-industrielle.

    UNE RESPONSABILITÉ “SANS ÉQUIVOQUE” DE L’HOMME.

    Le niveau actuel d’émissions de C02 “devrait porter le réchauffement climatique bien-au delà de ce seuil”, assure la Banque mondiale, qui prédit une hausse de 4 °C “au cours du siècle” et “dès 2060” en cas d’inertie politique.

    “Ce monde serait tellement différent de celui dans lequel nous vivons qu’il est difficile de le décrire”, commente le président de la BM, Jim Yong Kim, soulignant que la responsabilité de l’homme dans le réchauffement du globe est “sans équivoque”.

    Listant les dangers qui menaceraient alors la planète (inondations, sécheresses, malnutrition…), l’institution prédit une aggravation des “pénuries d’eau” en Afrique de l’Est, au Moyen-Orient ou en Asie du Sud et un “rebond significatif” de la mortalité infantile en Afrique subsaharienne. “L’intensification prévue des événements climatiques extrêmes pourrait inverser les efforts pour réduire la pauvreté, particulièrement dans les pays en développement”, résume le rapport, assurant que la planète serait encore “plus inégalitaire” qu’à l’heure actuelle.

    Aucune région ne sera épargnée, prévient toutefois le rapport. Les récentes sécheresses ayant frappé les Etats-Unis ou l’Europe de l’Est pourraient se reproduire et l’Occident serait aussi confronté à l’afflux de populations fuyant les bouleversements climatiques. “Il faut faire baisser la température et seule une action internationale concertée et rapide peut y contribuer”, clame la Banque mondiale, appelant à une utilisation plus “intelligente” de l’énergie et des ressources naturelles.

    http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/11/19/la-banque-mondiale-redoute-le-cataclysme-d-une-hausse-de-4-c-de-la-temperature_1792492_3244.html


  6. bizbee Le 19 novembre 2012 à 12h34
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    Le texte est de 1930 et ça se voit.
    Dans le contexte de son époque, j’adhère à 100% à cette vision, et aussi avec le rôle qu’a eu l’accumulation du capital dans l’incroyable progression du niveau de vie durant ce siècle, n’en déplaise aux communistes…

    Là où je trouve que sa vision manque cruellement des observations que l’on fait déjà depuis près de 50 ans, c’est qu’elle n’aborde que très superficiellement les conséquences de la pression démographique sur son environnement.
    Je ne pense pas qu’en 1930 (pourtant pas longtemps avant les premiers Dust Bowl…) on puisse concevoir que la belle évolution de l’humanité puisse se réduire à peau de chagrin des conséquences d’avoir détruit son environnement…

    Avec cette donnée supplémentaire, il parait difficile d’être aussi optimiste concernant l’amélioration du niveau de vie et l’adaptation de la société aux évolutions de la techniques, en continuant de surcroit à prôner une croissance de la consommation basée sur l’augmentation des besoins matériels…

    Ce qui pour moi n’est pas incompatible à une croissance quasi-infinie du niveau de vie…, suffit qu’elle se base sur les ressources quasi-infinies que sont les énergies renouvelables et la créativité humaine…


    • Hadrien Le 19 novembre 2012 à 19h35
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      – “le rôle qu’a eu l’accumulation du capital dans l’incroyable progression du niveau de vie durant ce siècle, n’en déplaise aux communistes”
      Vous avez mal lu… et Keynes et Marx:
      “Nous serons enfin libres de rejeter toutes sortes d’usages sociaux et de pratiques économiques touchant à la répartition de la richesse et des récompenses et pénalités économiques, et que nous maintenons à tout prix actuellement malgré leur caractère intrinsèquement dégoûtant et injuste parce qu’ils jouent un rôle énorme dans l’accumulation du capital…
      Mais attention! Les temps ne sont pas encore venus. Pendant au moins un siècle de plus, il nous faudra faire croire à tout un chacun et à nous-mêmes que la loyauté est infâme et que l’infamie est loyale, car l’infamie est utile et la loyauté ne l’est point. Avarice, Usure et Prudence devront rester nos divinités pour un petit moment encore.”
      Marx n’a pas dit pas autre chose! Le capitalisme avait été pour lui “révolutionnaire” en s’affranchissant de la féodalité. Le “communisme” restait encore une lointaine et ultime étape. C’est même pour ces raisons qu’il a regretté que le mouvement des Communards se soit produit trop tôt dans l’histoire. “Mais quand reviendra le temps des cerises…”
      De même, les expériences russes et chinoises ne correspondaient en rien à son schéma qui prévoyait d’abord l’Europe occidentale comme terrain d’évolution des premières expériences socialisantes. Il ne s’était pas trompé: le retour de la Russie et de la Chine à la case du capitalisme le confirme !

      – “sa vision n’aborde que très superficiellement les conséquences de la pression démographique sur son environnement.”
      Nullement, puique Keynes en fait la première de ses conditions:
      “La vitesse à laquelle nous pourrons atteindre notre destination de félicité économique dépendra de quatre facteurs : notre capacité à contrôler le chiffre de la population, …”


      • bizbee Le 22 novembre 2012 à 15h29
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        – “sa vision n’aborde que très superficiellement les conséquences de la pression démographique sur son environnement.”
        Nullement, puique Keynes en fait la première de ses conditions:
        “La vitesse à laquelle nous pourrons atteindre notre destination de félicité économique dépendra de quatre facteurs : notre capacité à contrôler le chiffre de la population, …”

        ben oui, ça reste très superficiel…”le chiffre de la population”
        c’est l’arbre qui cache la forêt quand on parle de “la pression démographique sur son environnement”.


    • Hadrien Le 19 novembre 2012 à 20h12
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      Et, concernant votre verset écologique, ne pas oublier que Malthus avait montré en quoi le problème socio-démographique primait sur tous les autres:
      Jean-Marc Boussard en parlait dans “Malthus avait il raison ?” (Controverses de Marciac, 5-7 Aout 2009) Après avoir rappelé:
      – Thomas Robert Malthus (1766-1832) est célèbre pour avoir dit que le monde courrait
      à sa perte parce que « les subsistances croissent en progression arithmétique, tandis que les
      populations croissent en progression géométriques »
      … ce dont Malthus fit l’analyse pour les ressources agricoles
      JM Broussard poursuit l’analyse par:

      – Les riches ont-il encore besoin des pauvres ?

      Grâce au capital accumulé, la productivité du travail est telle aujourd’hui que les
      besoins de la partie la plus riche de la société peuvent être couverts avec très peu de travail,
      et de préférence du travail qualifié, donc déjà doté d’un stock considérable de « capital
      humain » lié à l’éducation.
      De fait, l’analyse nous renvoie à un scénario peut être légèrement
      différent de celui de Malthus, mais tout aussi désespérant : tandis que les riches continue à
      augmenter leur consommation par tête sans augmenter leur effectif, les pauvres du monde
      aujourd’hui se retrouvent exactement dans la situation des anglais pauvres des années 1820.
      Faute de capital – plus faute des moyens de s’en procurer que faute du système économique
      mondial d’être en mesure de le leur fournir- ils ne peuvent que rester pauvres, condamnés à
      utiliser des techniques n’assurant qu’une faible productivité du travail. En même temps, ils
      ne sont pas du tout dissuadés de faire des enfants tandis que les progrès de la médecine et
      la charité institutionnelle les empêchent de mourir.
      En plus, l’existence d’une vaste population de pauvres qui n’ont de droit sur aucun
      autre facteur de production que leur travail conduit à abaisser le prix de cette denrée au
      niveau, justement, du minimum de subsistance chez les pauvres, annulant ainsi pour les
      salariés des pays riches les avantages qu’ils pouvaient tirer de la forte productivité de leur
      travail associé à une grande quantité de capital.
      C’est ainsi que les courants de migration s’inversent par rapport à ceux qui existaient
      au 19 siècle : au lieu que ce soit les européens morts de faim qui cherchent à profiter des
      terres vierges, ce sont les habitants du Tiers Monde qui cherchent à s’installer dans les pays
      développés pour bénéficier de l’environnement capitalistique favorable à la rémunération
      du travail. Simultanément, les entrepreneurs des pays riches « délocalisent » leurs
      productions quand ils peuvent, pour profiter du « faible coût du travail ». Ce serait en
      principe une excellente chose, de nature à accroitre le stock de capital des pays pauvres, et y
      faire remonter les salaires, si l’abondance de l’offre de travail ne venait pas ruiner toute
      tentative en ce sens. En définitive, ce sont les propriétaires de capital qui restent les riches,
      les salariés purs, sans « capital humain » (sous forme d’éducation et de formation) ne
      pouvant prétendre qu’au minimum de subsistance, comme l’avait bien prédit Malthus avant
      Marx.
      Or en même temps, les pauvres par leur nombre et les riches par leur niveau de
      consommation concourent à l’épuisement des ressources naturelles : il n’y presque plus de
      pétrole pour alimenter en énergie le climatiseur du riche, et plus de bois de feu pour cuire le
      maigre repas du pauvre …


    • FIASCHI LUDOVIC Le 19 novembre 2012 à 22h25
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      Que de Bla-bla-bla bien pensant pseudo consensuel à la veille de la pire période de l’histoire de l’humanité, 65 millions de morts et les capitalistes en remercie encore M Hitler plutôt que M. Keynes qu’ils n’ont jamais-jamais écouté. Que reste t-il du “Keynésianisme” sans la peur du rouge ? Puis, un siècle durant, sans que ce “grand penseur” n’en perçoive le moindre signe ni ne formule la moindre alarme, ont triomphé, le pillage des ressources naturelles, le saccage de la nature, l’éradication de milliers de cultures populaires, l’intégration forcée dans la sphère capitaliste de millions d’être humains, d’autres ou les mêmes réduits à la misère, les guerres coloniales, le naufrage de l’humanité dans l’aliénation, l’individualisme, la casse systématique de tous les liens sociaux, de toutes les solidarités humaines, la marchandisation du monde, des esprits et des corps : “les eaux glacées du calcul égoïste” . Et nous en sommes là, dans un perpétuel flot de sang mais en plus devant un océan de dettes. La “Crise” de la civilisation capitaliste occidentale, ultra prédatrice et mortifère menace d’un chaos planétaire … Et certains applaudissent encore : l’accumulation du capital et la concentration de capital … Au fait, au détriment de qui ? De personne ?
      Puis ils feindront d’être surpris par l’entreprise gigantesque destruction de capital sous toutes ses formes, monétaire, capital productif, marchandises; jusqu’au moment où le capital restant, purgé du capital fictif, présentera à nouveau un réelle contre-partie. Il pourra à nouveau s’investir … dans un champ de ruines avec des esclaves ?
      La dernière fois ce fut par la guerre, mais l’histoire ne se répète pas …
      Ainsi, en dépit de cette catastrophe en cours, ils continuent de s’affliger des conséquences tout en s’accommodant des causes, certains d’être encore, parmi les bénéficiaires du système, car ce sont les rapports sociaux qui déterminent la conscience et non l’inverse … Aujourd’hui, on dit “dissonance cognitive”.
      “L’incroyable progression du “niveau de vie”; que c’est pratique quand même l’arrogance ethnocentriste …


      • JoeChip Le 20 novembre 2012 à 12h32
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        Aucun rapport avec l’ethnocentrisme : le niveau de vie des plus riches a augmenté partout ; celui des plus pauvres a baissé dans les pays les plus riches, et partiellement augmenté dans les pays les plus pauvres. Le bas de la classe moyenne s’est appauvri dans les pays riches, le haut de la classe moyenne s’est enrichi partout.


      • Amsterdamois Le 08 décembre 2012 à 22h54
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        La pire période de l’histoire de l’humanité, elle doit encore arriver. Au milieu du XXIe S, la population mondiale s’effondrera dans un déchaînement de violences et de famines, consécutivement à l’épuisement des sources d’énergie et des ressources agricoles. Les 65 millions de morts de la Seconde Guerre Mondiale seront bien modestes, en comparaison…


  7. fabien775 Le 19 novembre 2012 à 13h45
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    Nous atteignons les sommets de la bêtise humaine ou le matérialisme forcené détruit tout sur son passage.
    Si ce qu’on appelle l’intelligence de l’homme sur cette planète ne provoque que ce genre de résultat, il eu mieux valut que l’ évolution des espèces s’ arrête au singe. Ce dernier n’a besoin que de nourriture pour être heureux et comme toutes les espèces animales, il ne détruit pas son environnement.


    • Amsterdamois Le 08 décembre 2012 à 22h58
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      Rassurez-vous, dans un siècle, l’être humain aura tellement bousillé l’écosystème global, qu’il n’y survivra pas lui-même. Après, la nature pourra reprendre son cours, débarrassée de son bourreau…


  8. JoeChip Le 19 novembre 2012 à 15h23
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    “comme toutes les espèces animales, il ne détruit pas son environnement.”

    Toutes les espèces animales modifient leur environnement, dans un sens qui peut ressembler à de la destruction, ou même parfois en être, objectivement, comme les lapins qui ont fini par détruire complètement toute vie sur un îlot je ne sais plus où…

    Le castor, également, détruit nettement l’environnement : il transforme des ruisseaux en mares…


    • Alain34 Le 19 novembre 2012 à 16h35
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      Un ilot qui s’appelle l’Australie ?
      Quand ce genre de choses se passe, c’est généralement que l’homme a introduit un animal dans un milieu qui n’est pas le sien… ou qu’un évènement naturel emmène une bestiole sur un territoire qui n’est pas le sien.
      Une bestiole qui naturellement bousille son espace de vie ne peut se développer ni évoluer.


      • Patrick-Louis Vincent Le 19 novembre 2012 à 17h00
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        Dans tout écosystème, il faut des prédateurs. L’homme ne craint plus le tigre, ni le loup. Il n’a plus qu’un seul prédateur : lui-même.

        A moins qu’un tout petit virus…

        L’on dit aux enfants que la petite bête ne mangera pas la grosse. Va savoir ?


      • JoeChip Le 19 novembre 2012 à 17h24
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        Alain34 : Il n’y a plus aucune vie en Australie ?

        PLV : quel est donc le prédateur du tigre de Sibérie ?

        Toute espèce n’est pas “prédatée”, toute espèce modifie son environnement et peut en arriver à le rendre invivable pour elle, depuis la bactérie jusqu’aux mammifères.


        • Alain34 Le 19 novembre 2012 à 18h06
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          C’était une boutade. Mais ils ont eu (ont encore?) d’énormes problèmes avec les lapins importés en Australie !!

          Un exemple de bestiole qui aurait toute seule bousillée son environnement ?

          La nature est équilibre. Une espèce ne peut se survivre en bousillant son environnement. Mais attention, il peut y avoir des migrations, des cycles, etc… et bien sur des évènement naturels qui changent la donne.
          A propos des Castors, si celui ci existe, c’est parce qu’il a pu se développer dans un environnement qui lui convenait, même en créant des marres et en bouffant des arbres. Sinon, c’est tout le darwinisme qu’il faut revoir… je sais bien que c’est à la mode, mais bon…

          Pour le prédateur du tigre de sibérie, je dirais en premier lieu : lui même, comme c’est souvent le cas pour le sommet de la chaine alimentaire, hommes compris. Peut être aussi les ours… mais c’est le genre de bestioles qui a besoin d’un très grand territoire pour pas s’entretuer, ce qui empêche toute prolifération.


          • JoeChip Le 20 novembre 2012 à 09h38
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            “La nature est équilibre”

            Non, pas du tout. La nature est cataclysme permanent.


  9. step Le 20 novembre 2012 à 00h31
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    cela n’ échappera sans doute à personne, vu que les gros titres seront fait demain dessus, nous venons de perdre notre AAA chez moodys. Rien de surprenant pour nous mais le cirque politique va être distrayant, entre mauvaise foi et mauvaise conscience. Du point de vue financier, les vautours vont s’approcher de la carcasse économique fumante que nous sommes et les politiques vont avoir encore plus qu’hier les c… dans un lance-pierre.


  10. Jeanba Ba Le 20 novembre 2012 à 13h01
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    Merci de publier ce texte, un message d’espoir, au milieu de la sinistrose ambiante.

    En réponse à la crise, les tenants de la pensée dominante nous avait prédit qu’ils allaient la vaincre, par la politique de l’offre: baisser les dépenses, baisser l’impôt pour les entreprises, baisser les salaires. Mais cela ne marche pas. Les économies soumises à ce remède de cheval sont en lambeaux.

    Alors leur vient le pessimisme.” On a tout essayé”. Faux.
    ” La croissance n’est plus possible dans nos pays.”Faux.
    Mettons en place des solutions hétérodoxes. Limitons le remboursement des dettes publiques au minimum.Réduisons pour cela le montant des intérêts que doivent les états à ses créanciers. Que la BCE prenne enfin exemple sur la banque d’angleterre ou la FED. Redistribuons les richesses pour stimuler la consommation sans s’endetter. Voilà des mesures à la fois d’inspiration keynésienne, et adaptée à notre propre situation.
    Ceux qui aujourd’hui disent qu’on ne peut rien faire sont ceux qui ne veulent rien faire. Parce que prendre les bonnes décisions aujourd’hui revient à s’opposer aux sacro-saintes revendications des classes supérieures, à savoir
    __ surtout pas d’inflation
    __ Des coûts salariaux bas
    __ le moins d’impôts possibles sur les hauts revenus et patrimoines.

    Qu’il est facile, qu’il est pratique d’être pessimiste!


  11. Jeanba Ba Le 20 novembre 2012 à 15h43
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    Et en plus dans ce papier, Keynes préfigure la réflexion sur le bien fondé de la course à la croissance, la décroissance,et aussi le partage du travail, les 35 heures… C’est pas mal, quand même!


  12. Salva Le 20 novembre 2012 à 21h56
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    Contrairement à ce que dit Keynes , la période d’avant le XVIIIe siècle fut riche en innovations, notamment au moyen-âge.
    Quand au travail, il y en aura toujours; ça s’appelle la recherche (scientifique).


  13. Geoffrey Le 04 décembre 2012 à 21h37
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    Le cycle de la vie avec des hauts et des bas très bien résumé sur ce documentaire de LCP histoire d’accepter de ce soumettre (crise=crainte?) j’imagine.

    http://www.lcp.fr/emissions/docs-ad-hoc/vod/141539-la-crise-au-pays-des-merveilles

    La crise au pays des merveilles
    Depuis le choc pétrolier de 1973, la France ne cesse de se penser en crise. Les époques changent mais les discours restent étonnement semblables : pour sortir de la crise, il faut accepter l’effort, renoncer aux privilèges et supporter les réformes.
    Sans aucune interview ni commentaire, mais en puisant dans quarante ans d’archives télévisuelles, où se mélangent discours politiques, débats, journaux télévisés, clips musicaux, reportages, émissions humoristiques, ce documentaire fait apparaître des constantes, des schémas de raisonnement et un nouvel imaginaire qui s’impose durablement dans la société.


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