Je le ressors vu l’actualité…

Je vous propose aujourd’hui la traduction pour ce blog d’un article de 1998 de George Kennan (1904-2005), qui était un diplomate, politologue et historien américain dont les idées eurent une forte influence sur la politique des États-Unis envers l’Union soviétique au sortir de la Seconde Guerre mondiale.

De 1944 à 1946, il est chef de mission à Moscou. À la fin de son mandat, il envoie au secrétaire d’État un télégramme de 8 000 mots proposant une nouvelle stratégie face à l’URSS, pour limiter son désir d’expansionnisme.

En juin 1947, alors directeur des affaires politiques du Département d’État, il écrit sous le pseudonyme de X un article dans la revue Foreign Affairs, The Sources of Soviet Conduct (Les sources de la conduite soviétique), dans lequel il reprend et approfondit les idées émises dans son long télégramme. Il y explique la politique étrangère de Staline comme une combinaison de l’idéologie marxiste-léniniste, qui prône la défaite des forces capitalistes à travers le monde, et sa propre détermination à utiliser la notion d’« encerclement capitaliste » comme feuille de vigne pour légitimer sa régimentisation de la société soviétique et consolider son pouvoir. Il est donc nécessaire, selon Kennan, que les États-Unis répliquent par une politique d’endiguement destinée à contenir l’expansionnisme soviétique. C’est le fameux principe du containment, fondement de la Doctrine Truman.

Entre avril 1947 et décembre 1948, lorsque George Marshall est Secrétaire d’État (= Ministre des affaires Étrangères), son influence est alors maximale, et il met ses idées en pratique en devenant l’architecte intellectuel du plan Marshall.

Cependant, toute sa vie, il répètera que ces avertissements n’impliquaient pas forcément toutes les mesures prises pour contenir l’expansionnisme soviétique : « Mes idées au sujet de l’endiguement ont été déformées par les gens qui les ont comprises et exécutées uniquement comme un concept militaire ; et je pense que c’est cela qui nous a conduits aux 40 années du processus inutile, horriblement coûteux, que fut la guerre froide. »

Interrogé en 1990 au sujet de la mauvaise interprétation de son article, Kennan répète qu’il n’a jamais considéré les Soviétiques comme une menace militaire.

En 1948, il présenta le Mémo PPS23 du Conseil des relations extérieures : « Nous possédons 50% des richesses mondiales, mais nous ne constituons que 6,3 % de la population du globe. Cette disparité est particulièrement importante entre nous-mêmes et les peuples d’Asie. Pour cette raison, nous ne pouvons qu’être l’objet d’envie et de haine. Ce que nous devons faire dans la période qui vient, c’est de concevoir un mode de relation qui nous permettra de perpétuer cette position de disparité sans mettre en péril notre sécurité nationale. Si nous voulons atteindre ce but il nous faut nous débarrasser de toute sentimentalité et ‘rêve éveillé’ ; et quel que soit le lieu nous devrons concentrer notre attention sur nos objectifs nationaux immédiats. Ne nous mentons pas à nous mêmes en pensant que nous pouvons nous offrir le luxe aujourd’hui d’être des altruistes et des bienfaiteurs du monde… » [Mémo PPS23, John Kennan, 1948] (Texte, Source)

Sa vision en 1998 (à 94 ans…) est donc particulièrement précieuse dans le contexte actuel.

Affaires étrangères : et maintenant, un mot de « X » (1998)

Sa voix est maintenant un peu fragile, mais son esprit, même à l’âge de 94 ans, est toujours aussi aiguisé qu’auparavant. Alors, lorsque j’ai joint George Kennan au téléphone pour avoir sa réaction à la ratification de l’extension de l’OTAN, ce ne fut pas une surprise de constater que l’homme qui était l’architecte du succès de la doctrine du « containment » de l’Union Soviétique, et l’un des plus grands hommes d’État du XXe siècle avait une réponse de prête.

Je pense que c’est le début d’une nouvelle guerre froide, disait M. Kennan à partir de sa maison, à Princeton. « Je pense que les Russes vont progressivement réagir de façon adverse, et que cela aura un effet sur leurs politiques. Je pense que c’est une erreur tragique. Il n’y a absolument aucune raison de faire cela. Personne n’était menacé. Cette extension ferait se retourner dans leur tombe les pères fondateurs de ce pays. Nous nous sommes engagés à protéger un grand nombre de pays, alors même que nous n’avons ni les ressources ni l’intention de le faire de façon sérieuse. [L’extension de l’OTAN] était simplement une action conduite avec insouciance par le Sénat qui n’a aucun intérêt réel pour les Affaires étrangères.

« Ce qui m’ennuie, c’est le manque d’information et la superficialité de l’ensemble du débat qui a eu lieu au Sénat » ajouta M. Kennan, qui était présent lors de la création de l’OTAN, et dont l’article anonyme, en 1947 dans le journal of Foreign Affairs (Journal des Affaires étrangères), signé « X », a défini la politique de containment de l’Amérique pendant la guerre froide pour les 40 ans qui suivirent.

« J’étais particulièrement ennuyé par les références à la Russie comme un pays mourant attaquant l’Europe de l’Ouest. Les gens ne comprennent-ils pas ? Nos différends étaient avec le régime communiste soviétique. Et maintenant, nous tournons le dos à ces mêmes gens qui ont organisé la plus grande révolution de l’Histoire pour mettre fin à ce régime soviétique, et cela sans effusion de sang ! »

« Et la démocratie russe est aussi avancée, si ce n’est plus, que celle de n’importe lequel de ces pays que nous venons de nous engager à défendre contre la Russie. » dit M. Kennan, qui rejoignit le Département d’État en 1926, et fut ambassadeur américain à Moscou en 1952. « Cela montre un manque de compréhension de l’histoire de la Russie et de l’Union Soviétique. Bien sûr que cela va entraîner une réaction hostile de la part de la Russie, et alors, ils [ceux qui auront choisi d’étendre l’OTAN] diront qu’ils vous avaient bien dit que les Russes étaient comme cela. Mais c’est tout simplement malhonnête. »

On peut seulement se demander ce que les historiens du futur diront.

Si nous avons de la chance, ils diront que l’extension de l’OTAN à la Pologne, à la République tchèque n’eurent aucune importance, car le vide qu’elle était censée remplacer avait déjà été comblé, ce que l’équipe de Bill Clinton n’avait pas vu. Ils diront que les forces de la mondialisation intégrant l’Europe, couplées aux nouveaux accords de contrôle des armements, eurent un effet si important que la Russie, malgré l’extension de l’OTAN continua son processus de démocratisation et d’occidentalisation, et fût peu à peu entraînée dans une Europe vaguement unifiée.

Si nous n’avons pas de chance, ce qu’ils diront, prédit M. Kennan, c’est que l’extension de l’OTAN a créé une situation dans laquelle l’OTAN avait alors soit à s’étendre jusqu’aux frontières mêmes de la Russie, déclenchant une nouvelle guerre froide, soit à s’arrêter après l’inclusion de ces trois nouveaux pays, et créer une nouvelle ligne de division en Europe.

Mais il y a quelque chose que les historiens du futur ne manqueront sûrement pas de remarquer, et c’est l’absence complète d’imagination qui aura caractérisé la politique étrangère des États-Unis à la fin des années 1990. Ils noteront que les événements clés de ce siècle eurent lieu entre 1989 et 1992 – l’effondrement de l’Empire soviétique, qui avait les capacités, les intentions impériales, et l’idéologie pour réellement menacer le monde libre. Que grâce à la résolution de l’Occident, et au courage des démocrates russes, l’Empire soviétique s’effondra sans un coup de feu, engendrant une Russie démocratique, libéra les anciennes républiques soviétiques, et mena à un accord de contrôle des armements sans précédent avec les États-Unis.

Et quelle fut la réponse des États-Unis ? Ce fut d’étendre l’OTAN, l’alliance créée pendant la guerre froide contre l’URSS, et de la rapprocher des frontières de la Russie.

Oui, racontez à vos enfants et vos petits-enfants que vous viviez à l’âge de Bill Clinton et William Cohen, à l’âge de Madeleine Albright et Sandy Berger, à l’âge de Trent Lott et Joe Lieberman, et que vous aussi étiez présent lors de la création du nouvel ordre de l’après-guerre froide, lorsque ces géants de la politique étrangère mirent leur cerveau en commun pour produire… une souris.

Nous sommes dans l’ère des nains. La seule bonne nouvelle est que nous y sommes arrivés en un seul morceau car avant cela, il y eut un autre âge, l’ère des Grands Hommes d’État, qui avaient à la fois de l’imagination et du courage.

Et alors qu’il me disait au revoir au téléphone, M. Kennan ajouta juste une chose : « Ce fut toute ma vie, et cela me peine de la voir fichue en l’air à la fin. »

Source : Thomas Friedman, Foreign Affairs, 2 mai 1998

Traduction : www.les-crises.fr

20 réponses à Nous sommes dans l’ère des nains, par George Kennan [1998]

Commentaires recommandés

Lysbethe Levy Le 06 février 2015 à 19h02

Je viens de voir le C dans l’air sur le conflit ukrainien-Usa, russie et c’est incroyable de mensonges éhontés dee la part de Annie de Tuingy Alexandre Adler, Pierre Servent, François Clemenceau, les habituels spécialistes autoproclamés en tout : pays russes, arabes, moyen-orient chine a chaque conflit on les vois débarquer nous réciter le catéchisme atlantiste de manière honteuse…

.C’est bien sur la faute à Poutine et malgré les questions souvent pertinentes sur la possibilité d’une guerre en Europe alors que les Usa, semblent jouer le mauvais jeu, et bien ils continuent de marteler leurs menteries…

Question autisme et paranoia ils sont atteints là ! Accusant la force incroyable de la propagande russe “très soviétique” ils oublient de parler de la leur qui est vraiment du niveau “soviétique” encore pire…Franchement si le net n’était pas là nous serions obligés de les croire ? ..

  1. François Le 06 février 2015 à 10h46
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    Mes songes de nain

    Jets de mon sein,
    Saut de méninges,
    De ces noms, geins:
    Monnaie de singe.


  2. Gaïa Le 06 février 2015 à 11h09
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    Le fameux principe du containment, fondement de la Doctrine Truman, ils n’ont jamais cessé de l’ appliquer en réalité sous diverses formes car ce containment voulait dire en réalité aussi expansion des zones d’influence américaine et des forces de l’OTAN. Maintenant cela veut dire plus : briser toute force ne répondant pas directement à la domination de l’empire américain et à ses intérêts propres et tous les moyens sont bons, déstabilisation des pays qui comme en Amérique Latine veulent assumer leur indépendance, non reconnaissance des peuples à l’autodétermination comme en Crimée et au Donbass et agression contre ceux-ci, bombardements et destruction des États au Moyen-Orient, etc.


  3. Anas Le 06 février 2015 à 12h32
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    La réponse de Boris Heltsin a cette trahison fut la nomination de Poutine. Un choix qui porte ses fruits quand au rétablissement d’un nécessaire rapport de force. Les vassaux qui jouent le jeux de l’OTAN feraient mieux de méditer ce passage de Kennan:

    “Nous nous sommes engagés à protéger un grand nombre de pays, alors même que nous n’avons ni les ressources ni l’intention de le faire de façon sérieuse”

    S’ils ne sont pas suffisamment convaincus, ils n’ont qu’à se souvenir de ce qui est advenu à l’aventureuse expérience de Chakasvili en 2008.


  4. Andrea Le 06 février 2015 à 13h27
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    Oui il y a la géo-politique et Kennan nous rappèle l’histoire…

    J’aimerais ajouter (mis apart les nains, effectivement…) que l’expansion de l’OTAN suit un tracé qui ressemble à un business-model. Une des priorités c’est de grandir – commerce, sphere d’influence, présence sur le territoire, cartels, distributeurs, etc. – c’est un principe écrit dans le marbre. Sans croissance (PIB des pays, chiffres d’affaires, retour sur investissement mirifique, etc.) on n’est rien. Faut le montrer dans des Power-Points!

    Voilà donc un des problèmes majeurs: Commerce et Geo-politique c’est deux choses qui ne devraient pas se marier.


    • Crapaud Rouge Le 06 février 2015 à 22h38
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      l’expansion de l’OTAN suit un tracé qui ressemble à un business-model” : c’est bien là tout le drame, non ? La géopolitique réduite aux “affaires” !…


  5. vincentgétorix Le 06 février 2015 à 15h08
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    Quand je lis ( avec beaucoup d’intérêt ) ce témoignage, j’ai l’impression que cet homme n’a jamais analysé la guerre avec les lunettes de Marx ou même de Bernanos ( “ce n’est pas l’homme qui tient la mitraillette, mais la mitraillette qui tient l’homme”). En phase de déclin la violence est une tentative de faire durer l’hégémonie. La politique de colonisation ne sait jamais mener une autre politique . C’est un système sans politique du tout en réalité, on voit bien qu’il ‘y a même pas de nain, ce qui ne serait pas si mal; on a des pantins. Et comme dirait Assange, les guerres sont un terrain privilégié pour blanchir l’argent fiscal détourné, les décisions que les pantins semblent prendre ont de moins en moins à voir avec l’intérêt commun, si cette notion dit encore quelque chose à quelqu’un.En bref, cette analyse manque de complotisme.


    • franckmilan Le 06 février 2015 à 17h00
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      NE FAITES PAS DIRE AUX AUTRES ( marx bernanos ) CE QUE VOUS PENSEZ.


  6. Christian Durante Le 06 février 2015 à 17h43
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    Comme dirait le cinéaste allemand Werner Herzog, ” Les nains aussi ont commencé petits” ! Le problème aujourd’hui, c’est que ce sont eux qui nous gouvernent, ou plutôt qui sont de sinistres miniatures de conglomérats militaro-économiques!


  7. Renaud Le 06 février 2015 à 17h56
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    Sans doute la commission Trilatérale reprit-elle le terme : – containment – qui se trouvait alors dans le vocabulaire de cette commission qui travaille activement pour le mondialisme. Le banquier français, Hervé de Carmoy aura été (et est peut-être toujours) l’un des principaux, ou le principal membre français de la commission Trilatérale, il est l’un des très proche des Rokefeller. L’attitude prônée par la commission Trilatérale était alors: on ne combat pas ‘vraiment’ le communisme, on doit le contenir, le contourner et l’affaiblir. Cela semble avoir ‘marché’. Mais ce faisant, cela stérilisa beaucoup la politique étrangère américaine (et cela dure sans doute) et, dès 1992, lui fit perdre la lucidité essentielle pour l’après Urss. Cela fausse durablement pour l’essentiel les options de la politique étrangère américaine.

    Dans le lien qui suit, une explication intéressante de Pierre de Villemarest (1922-2008), ancien du contre espionnage, devenu écrivain investigateur, dès l’après deuxième guerre mondiale, Pierre de Villemarest fut très spécialisés dans les relations secrètes entre l’Urss et l’Occident. Des relations Est-Ouest plus que discrètes qui faussaient et démentaient presque systématiquement ce que les media d’alors annonçaient sur un ton dramatique et qui ne se produisit jamais…

    Voir: http://webaassdn.fr/xldg10017.htm


    • Ray Le 06 février 2015 à 19h46
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      @ – Renaud , bonsoir .
      Merci pour le lien…..


    • dany 2 Le 07 février 2015 à 22h24
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      En 1996, j’ai découvert P de Villemarest avec son remarquable livre : “Complicités et financements soviéto-nazis: À l’ombre de Wall Street,


  8. Lysbethe Levy Le 06 février 2015 à 19h02
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    Je viens de voir le C dans l’air sur le conflit ukrainien-Usa, russie et c’est incroyable de mensonges éhontés dee la part de Annie de Tuingy Alexandre Adler, Pierre Servent, François Clemenceau, les habituels spécialistes autoproclamés en tout : pays russes, arabes, moyen-orient chine a chaque conflit on les vois débarquer nous réciter le catéchisme atlantiste de manière honteuse…

    .C’est bien sur la faute à Poutine et malgré les questions souvent pertinentes sur la possibilité d’une guerre en Europe alors que les Usa, semblent jouer le mauvais jeu, et bien ils continuent de marteler leurs menteries…

    Question autisme et paranoia ils sont atteints là ! Accusant la force incroyable de la propagande russe “très soviétique” ils oublient de parler de la leur qui est vraiment du niveau “soviétique” encore pire…Franchement si le net n’était pas là nous serions obligés de les croire ? ..


    • languedoc 30 Le 06 février 2015 à 19h51
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      J’ai vu la fin de l’émission. Etaient là tous les bouffons habituels, qui ne savent rien, ne connaissent rien, et disent tous pareil. Mention spéciale à Alexandre Adler qui débite encore plus d’inepties que les autres, avec un aplomb confondant.


      • V_Parlier Le 06 février 2015 à 21h21
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        Heureusement que les vieux ne regardent pas cette émission pourrie (ils restent exclusivement sensibles aux anciens TF1, FR2,3…) sinon il y a des proches que je ne pourrais plus aller voir!


        • Lithan Le 06 février 2015 à 21h40
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          Dans ce cas, ne leur parlez jamais de votre chaîne Youtube et d’une des dernières vidéos que vous avez posté, sur ce bataillon pro-Kiev qui se promène dans l’Est de l’Ukraine dans une ambulance. Maintenant, si l’on accuse les séparatistes de tirer sur les ambulances, ce ne sera pas une image !


        • Za Le 06 février 2015 à 23h41
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          @V_Parlier : Hé, oh, je proteste énergiquement, là !!! Non seulement certains vieux ne regardent (plus) cette émission pourrie, mais ils ont éliminé définitivement les “anciens TF1, FR2, 3…” depuis longtemps : ils ont lu “La Tyrannie médiatique” et préfèrent les-crises.fr et novorussia (par exemple) -vous pourriez être surpris par les vôtres (vieux) !!!
          Non mais !
          Une “vieille” dont la cervelle est encore capable de fonctionner correctement (c’est vrai, quoi, à la fin, non mais sans blague !)…


  9. yt75 Le 06 février 2015 à 21h52
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    Il y a un article fondamental de foreign affairs, à notre éppoque, et extrémement dense, celui de James Akins :
    “this time the wolf is here” d’avril 73 (avant l'”embargo”) :
    http://www-personal.umich.edu/~twod/oil-ns/articles/for_aff_aikins_oil_crisis_apr1973.pdf
    A lire avec aussi ses interviews dans “la face cachée du pétrole”, partie 2 à partir de 18mn par là en particulier, videos en liens fin de post ci dessous :
    https://iiscn.wordpress.com/2011/05/06/bataille-et-lenergie/
    En résumé :
    Nous vivons actuellement toujours dans la mythologie “le premier choc pétrolier était une histoire géopolitique : les arabes veulent faire chier l’occident”, Serge July publiait en novembre 2012 une tribune dans le Monde intitulée : “1973, matrice de notre modernité”, et où l’on peut lire :

    “En rétorsion, les pays arabes producteurs de pétrole décident un embargo. C’est le premier choc pétrolier.”

    http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/11/19/1973-matrice-de-notre-modernite_1792777_3232.html

    Espèce de dérision seventies : le premier choc pétrolier étant surtout la conséquence directe du “pic” (maximum de débit d’extraction) des US ayant eu lieu en 1970 (fin de l’année), et d’autres aspects, résumé en fin de post ci dessus.

    Pa railleurs il serait vraiment intéressant de savoir si le rapport d’akins à Nixon en 71 ou 72 pourrait maintenant être déclassifié ou pas.

    Exemple d’ambiance à l’époque :

    “195 – Special Message to the Congress on Energy Resources.
    June 4, 1971

    1971

    To the Congress of the United States:

    For most of our history, a plentiful supply of energy is something the American people have taken very much for granted. In the past twenty years alone, we have been able to double our consumption of energy without exhausting the supply. But the assumption that sufficient energy will always be readily available has been brought sharply into question within the last year. The brownouts that have affected some areas of our country, the possible shortages of fuel that were threatened last fall, the sharp increases in certain fuel prices and our growing awareness of the environmental consequences of energy production have all demonstrated that we cannot take our energy supply for granted any longer.

    http://www.presidency.ucsb.edu/ws/index.php?pid=3038&st=oil&st1=

    (was looking for an even clearer one video, cannot find it back)


  10. Jean Le 07 février 2015 à 22h46
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    Bonsoir,

    Merci pour cet article.

    Ce qui se passe aujourd’hui dans le monde est un drame. Un échec de l’intelligence. La mort rode. Les riches deviennent plus riches. Il n’y a plus de partage.

    Ce monde me fait peur. Ou sont les grands hommes, nos philosophes, nos dirigeants, nos médias formateurs et interrogateurs.

    Ce monde est l’agonie.
    Que pouvons nous faire, mais pouvons nous encore faire quelque chose ?


  11. Rcool Le 13 février 2015 à 01h15
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    Peut être,c’est venu le moment que les mainstreams nous disent enfin la vérité sur l’histoire de Maidan, en tout cas BBC News a une nouvelle à vous annoncer! ” les tireurs de Maidan n’étaient pas les policiers!” http://www.bbc.com/news/magazine-31359021 , https://www.youtube.com/watch?v=fW9LybcTtY8


  12. Jourdon Le 26 mai 2015 à 20h35
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    Nous sommes enfin parvenus dans l’ère “des nains, perchés sur les épaules de géants” … nous sommes enfin parvenus en démocratie, avec sa médiocrité, parfois son ennui et / ou ses polémiques, mais aussi une forme d’humour, et une certaine forme de paix.

    Avant c’était l’ère des géants parmi les chefs d’Etat, pleins de courage et d’imagination, mais prêts aussi à sacrifier des millions de vie simplement au nom de leurs ambitions politiques nationales -même quand celles-ci parfois furent louables.

    Enfin les scientifiques, ceux qui travaillent réellement pour le progrès et pour l’avenir de l’Humanité, vont pouvoir diriger -je parle des vrais scientifiques, pas des purs “techniciens”… Et qui eux ont le droit de se dire “des nains perchés sur les épaules de géants afin de mieux y voir”. De toutes façons le constat amer ne nous fournit aucune réponse sur ce qu’il eut convenu de faire et LA PARTIE N-EST PAS FINIE… !!!

    Mais en fait pour ce qui est de la vie individuelle, cela se termine à chaque fois par un naufrage … cela ce n’est pas nouveau :…


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