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Arundhati Roy (née le 24 novembre 1961 à Shillong en Inde) est une écrivaine et militante indienne. Elle est notamment connue pour le roman Le Dieu des Petits Riens, pour lequel elle a obtenu le prix Booker en 1997, et pour son engagement en faveur de l’écologie, des droits humains et de l’altermondialisme.

LA SOLITUDE DE NOAM CHOMSKY

Un texte d’Arundhati Roy que l’on retrouve dans la préface du livre de Noam Chomsky, intitulé “For Reasons of State” (Pour raisons d’état).

« Je ne m’excuserai jamais pour les États-Unis d’Amérique — quels que soient les faits, je m’en moque ». [Président George Bush Sr]

Assise chez moi à New Delhi, en regardant une chaîne d’informations américaine faire sa propre promotion (« Nous rapportons, Vous décidez »), j’imagine le sourire amusé aux dents abîmées de Noam Chomsky.

Tout le monde sait que les régimes autoritaires, indépendamment de leurs idéologies, utilisent les mass-médias pour leur propagande. Mais qu’en est-il des régimes démocratiquement élus du « monde libre »?

Aujourd’hui, grâce à Noam Chomsky et à ses compagnons analystes des médias, il est presque évident pour des milliers, voire des millions d’entre nous que l’opinion publique dans les démocraties« d’économie de marché » est fabriquée comme n’importe quel autre produit du marché de masse — savon, interrupteurs ou pain en tranches. Nous savons qu’alors que, légalement et conformément à la constitution, la parole peut être libre, l’espace dans lequel cette liberté peut être exercée nous a été volé, et a été vendu aux enchères aux plus offrants. Le capitalisme néolibéral n’est pas simplement une affaire d’accumulation de capital (pour quelques-uns). C’est aussi une affaire d’accumulation de pouvoir (pour quelques-uns), d’accumulation de liberté (pour quelques-uns). Inversement, pour le reste du monde, les personnes qui sont exclues du conseil d’administration du néolibéralisme, c’est une affaire d’érosion de capital, d’érosion de pouvoir, d’érosion de liberté. Dans « l’économie de marché », la liberté de parole est devenue un produit de base comme un autre — la justice, les droits de l’homme, l’eau potable, l’air pur. Seuls ceux qui ont les moyens de se l’offrir peuvent en bénéficier. Et, naturellement, ceux qui peuvent se le permettre utilisent la liberté de parole pour fabriquer le genre de produit, le genre d’opinion publique qui convient le mieux à leur objectif. (Les informations qu’ils peuvent utiliser). La manière exacte dont ils font cela a été le sujet d’une bonne partie des écrits politiques de Noam Chomsky.

Le premier ministre Silvio Berlusconi, par exemple, a une participation majoritaire dans les principaux journaux, magazines, chaînes de télévision et maisons d’édition italiens. « En réalité, le premier ministre maîtrise environ 90% de l’audience télévisée italienne » rapporte le Financial Times. Qu’est-ce qui fixe le prix de la liberté de parole? Liberté de parole pour qui? Il faut reconnaître que Berlusconi est un exemple extrême. Dans les autres démocraties — en particulier aux États-Unis — les magnats des médias, les puissants lobbys d’entreprise et les fonctionnaires sont imbriqués d’une manière plus élaborée, mais moins flagrante. (Les rapports de Georges Bush Jr avec le lobby pétrolier, avec l’industrie de l’armement et avec Enron, et l’infiltration d’Enron dans les institutions gouvernementales et les médias des États-Unis — tout ceci est maintenant de notoriété publique).

Après le 11 septembre 2001, et les frappes terroristes à New-York et Washington, le comportement flagrant de porte-parole du gouvernement des États-Unis qu’ont endossé les médias dominants, leur promotion d’un patriotisme vengeur, leur empressement à publier les communiqués de presse du Pentagone comme des informations et leur censure explicite de l’opinion dissidente sont devenus l’objet d’un humour assez noir dans le reste du monde.

Ensuite, la Bourse de New-York s’est effondrée, les compagnies aériennes en faillite ont fait appel au gouvernement pour des renflouements financiers, et il a été question de lois de contournement manifestes afin de fabriquer des médicaments génériques pour combattre l’alerte à l’anthrax (beaucoup plus important et urgent, bien sûr, que la production de génériques pour combattre le sida en Afrique). Tout à coup, il a commencé à sembler que la liberté de parole et l’économie de marché pourraient finir par s’effondrer à côté des tours jumelles du World Trade Center.

Mais bien sûr, cela n’est jamais arrivé. Le mythe continue.

Il y a cependant un aspect plus intéressant à la quantité d’énergie et d’argent qu’investit l’establishment pour gérer l’opinion publique. Il évoque une peur très réelle de l’opinion publique. Il relève du souci perpétuel et effectif d’une prise de conscience collective, car si les gens devaient découvrir (et comprendre entièrement) la véritable nature des choses qui sont faites en leur nom, ils pourraient agir en conséquence. Les personnes puissantes savent que les gens ordinaires ne sont pas toujours d’instincts impitoyables et égoïstes. (Quand les gens ordinaires pèseront les coûts et les avantages, une certaine conscience troublée pourrait facilement faire pencher la balance). C’est pour cette raison qu’ils doivent être tenus éloignés de la réalité, élevés dans une atmosphère contrôlée, dans une réalité adaptée, comme des poulets d’élevage ou des cochons dans un enclos. Ceux d’entre nous qui ont réussi à échapper à ce destin, et qui creusent en grattant çà et là dans l’arrière-cour, ne croient plus tout ce qu’ils lisent dans les journaux et regardent à la télévision. Nous nous mettons au courant et cherchons d’autres façons d’arriver à comprendre le monde. Nous recherchons l’histoire jamais divulguée, le coup militaire mentionné en passant, le génocide non-signalé, la guerre civile dans un pays africain consignée dans une histoire sur une colonne d’un pouce à côté d’une publicité pleine page pour de la lingerie en dentelle.

[A propos des médias, de la qualité de l’information qu’ils distillent, un excellent documentaire analyse les nôtres, en France; on peut le visionner gratuitement sur Dailymotion, aux adresses suivantes: Partie 1 – Partie 2]

Nous ne nous souvenons pas toujours, et bien des gens ne savent même pas, que cette façon de penser, cette acuité placide, cette méfiance instinctive à l’égard des médias, serait aux mieux une intuition politique et au pire une vague accusation sans l’analyse médiatique implacable et inflexible d’un des plus éminents esprits du monde. Et ceci n’est qu’une des manières par lesquelles Noam Chomsky a radicalement modifié notre compréhension de la société dans laquelle nous vivons. Ou devrais-je dire, notre compréhension des règles compliquées de l’asile d’aliénés dans lequel nous sommes tous des internés volontaires?

En parlant des attaques du 11 septembre à New-York et Washington, le président Georges W. Bush a désigné les ennemis des États-Unis « ennemis de la liberté »« Les Américains demandent pourquoi ils nous détestent », a-t-il dit. « Ils détestent nos libertés, notre liberté de religion, notre liberté de parole, notre liberté de vote, de nous rassembler ou de ne pas être d’accord les uns avec les autres ».

Si les habitants des États-Unis veulent une vraie réponse à cette question (par opposition à celle du manuel idiot de l’anti-américanisme, qui sont: « Parce qu’ils sont jaloux de nous »« Parce qu’ils détestent la liberté »« Parce que ce sont des loosers »« Parce que nous sommes bons et qu’ils sont méchants »), je dirais, lisez Chomsky. Lisez Chomsky sur les interventions militaires des États-Unis en Indochine, en Amérique Latine, en Irak, en Bosnie, en ex-Yougoslavie, en Afghanistan et au Moyen-Orient. Si les gens ordinaires aux États-Unis lisaient Chomsky, peut-être que leurs questions seraient formulées un peu différemment. Peut-être seraient-elles: « Pourquoi ne nous détestent-ils pas plus que ça? » ou « N’est-il pas étonnant que le 11 septembre ne soit pas arrivé plus tôt? ». Malheureusement, en ces temps nationalistes, les mots comme « nous » et « eux » sont utilisés couramment. La frontière entre les citoyens et l’état est brouillée délibérément et avec succès, pas seulement par les gouvernements, mais aussi par les terroristes. La logique sous-jacente des attaques terroristes, comme celle des guerres de « représailles » contre les gouvernements qui « soutiennent le terrorisme » est la même: les deux punissent les citoyens pour les actions de leurs gouvernements.

(Une brève digression: Je me rends compte que ça passe mieux pour Noam Chomsky, citoyen des États-Unis, de critiquer son propre gouvernement, que pour quelqu’un comme moi, citoyenne indienne, de critiquer le gouvernement des États-Unis. Je ne suis pas patriote, et je suis pleinement consciente que la vénalité, la violence et l’hypocrisie sont gravées dans l’âme plombée de chaque état. Mais lorsqu’un pays cesse d’être simplement un pays et devient un empire, alors, l’ampleur des opérations se transforme de manière radicale. Donc, permettez-moi de préciser que je parle en tant que sujet de l’empire des États-Unis. Je parle comme une esclave qui se permet de critiquer son roi.)

Si on me demandait de choisir une des contributions majeures de Noam Chomsky au monde, ce serait le fait qu’il a démasqué l’horrible univers manipulateur et sans pitié qui règne derrière cette « liberté », mot rayonnant et magnifique. Il l’a fait de façon rationnelle et d’un point de vue empirique. La multitude de preuves qu’il a rassemblée pour élaborer ses arguments est phénoménale. Terrifiante, à vrai dire. La prémisse de départ de la méthode de Chomsky n’est pas idéologique, mais intensément politique. Il se lance dans sa série d’enquête avec une méfiance anarchiste instinctive à l’égard du pouvoir. Il nous emmène en voyage à travers le marécage de l’establishment des États-Unis et nous conduit à travers le labyrinthe vertigineux des couloirs qui relient le gouvernement, les grandes entreprises et la question de la gestion de l’opinion publique.

Chomsky nous montre que des expressions telles que « liberté de parole »« économie de marché » et« monde libre », n’ont pas grand-chose, voire rien à voir avec la liberté. Il nous montre que, parmi les libertés innombrables revendiquées par le gouvernement des États-Unis, il y a la liberté d’assassiner, d’anéantir, et de dominer d’autres peuples. La liberté de financer et de parrainer les despotes et les dictateurs à travers le monde. La liberté d’entraîner, d’armer et de protéger les terroristes. La liberté de renverser les gouvernements démocratiquement élus. La liberté d’accumuler et d’utiliser des armes de destruction massive — chimiques, biologiques et nucléaires. La liberté d’entrer en guerre contre n’importe quel pays avec lequel il est en désaccord. Et, le plus terrible de tout, la liberté de commettre ces crimes contre l’humanité au nom de la « justice », au nom de la « vertu », au nom de la « liberté ».

Le Procureur Général John Ashcroft a déclaré que les libertés des États-Unis « ne sont pas une concession d’un gouvernement ou d’un document mais… notre droit divin ». Donc, au fond, nous sommes en présence d’un pays armé d’un mandat divin. Peut-être que cela explique pourquoi le gouvernement des États-Unis refuse d’être jugé selon les mêmes critères moraux avec lesquels il juge les autres. (Toute tentative pour le faire est rejetée comme une « équivalence morale »). Sa technique, c’est de se présenter comme le géant bien-intentionné dont les bonnes actions sont condamnées par les intrigants autochtones des pays étrangers, dont il essaye de libérer les marchés, dont il essaye de moderniser les sociétés, dont il essaye d’émanciper les femmes, dont il essaye de sauver les âmes.

Peut-être que cette croyance en sa propre divinité explique également pourquoi le gouvernement des États-Unis s’est accordé le droit et la liberté d’assassiner et d’exterminer les gens « pour leur bien ».

Lorsqu’il a annoncé les frappes aériennes des États-Unis contre l’Afghanistan, le président Bush Jr a dit, « Nous sommes une nation pacifique ». Il a poursuivi en disant, « Ceci est la vocation des États-Unis d’Amérique, la nation la plus libre du monde, une nation bâtie sur des valeurs fondamentales, qui rejette la haine, qui rejette la violence, qui rejette les assassins, qui rejette le mal. Et nous persisterons toujours. »

L’empire des États-Unis repose sur des fondations macabres: le massacre de millions d’autochtones, le vol de leurs terres, et après ceci, l’enlèvement et l’asservissement de millions de Noirs d’Afrique pour travailler cette terre. Des milliers d’entre eux sont morts en mer tandis qu’ils étaient transportés comme du bétail en cage entre les continents. « Volés à l’Afrique, amenés en Amérique » (Stolen from Africa, Brought to America) — le « Buffalo Soldier » de Bob Marley contient un univers entier de tristesse indescriptible. Il parle de la perte de dignité, de la perte de liberté, de la perte d’une nature sauvage, de l’amour-propre brisé d’un peuple. Le génocide et l’esclavage sont les bases sociales et économiques de la nation dont les valeurs fondamentales rejettent la haine, les assassins et le mal.

Un extrait de Chomsky, tiré de l’essai « The Manufacture of Consent » (la fabrication du consentement), à propos de la fondation des États-Unis d’Amérique:

Durant les festivités de Thanksgiving il y a quelques semaines, j’ai fait une promenade avec des amis et de la famille dans un parc national. Nous sommes tombés par hasard sur une pierre tombale, qui avait l’inscription suivante: « Ci-gît une femme indienne, une Wampanoag, dont la famille et la tribu ont donné d’eux-mêmes et de leur terre afin que cette grande nation puisse naître et grandir ». Bien sûr, il n’est pas tout à fait exact de dire que la population autochtone a donné d’elle-même et de sa terre à cette noble fin. Elle a plutôt été massacrée, décimée et dispersée au cours d’une des plus grandes opérations de génocide de l’histoire humaine… que nous célébrons tous les mois d’octobre lorsque nous honorons Colomb — lui-même boucher notable — lors du Columbus Day. Des centaines de citoyens américains, des gens bien intentionnés et convenables, s’attroupent régulièrement près de cette pierre tombale et la lisent, apparemment sans réaction, sauf, peut-être, le sentiment de satisfaction qu’enfin, nous donnons une certaine reconnaissance méritée aux sacrifices des autochtones… Ils réagiraient peut-être différemment s’ils visitaient Auschwitz ou Dachau et qu’ils y trouvaient une pierre tombale indiquant:« Ci-gît une femme, une Juive, dont la famille et le peuple ont donné d’eux-mêmes et de leurs biens pour que cette grande nation puisse grandir et prospérer ».

[A propos de « la fabrication du consentement », un documentaire tiré du livre de Chomsky est disponible en visionnage, gratuitement, sur YouTube]

Comment les États-Unis ont-ils survécu à leur atroce passé, et font-ils aujourd’hui si bonne figure? Pas en l’admettant, pas en réparant, pas en s’excusant auprès des Noirs américains ou des Américains de naissance, et certainement pas en changeant leurs méthodes (maintenant, ils exportent leurs cruautés). Comme la plupart des autres pays, les États-Unis ont réécrit leur histoire. Mais ce qui distingue les États-Unis des autres pays, et les place loin devant dans la course, c’est qu’ils se sont assurés les services de l’entreprise publicitaire la plus puissante et la plus prospère du monde: Hollywood.

Dans la version à succès du mythe populaire en tant qu’histoire, la « bonté » des États-Unis a atteint son plus haut niveau pendant la deuxième guerre mondiale (alias la guerre de l’Amérique contre le fascisme). Perdu dans le vacarme du son de la trompette et du chant de l’ange, il y a le fait que quand le fascisme était en plein progrès en Europe, le gouvernement des États-Unis a véritablement détourné le regard. Lorsqu’Hitler exécutait son pogrom génocidaire contre les Juifs, les fonctionnaires américains ont refusé l’entrée aux réfugiés juifs fuyant l’Allemagne. Les États-Unis ne se sont engagés dans la guerre qu’après le bombardement de Pearl Harbour par les Japonais. Étouffé par les bruyants hosannas, il y a leur acte le plus barbare, en fait l’acte le plus féroce dont le monde ait jamais été témoin: le largage de la bombe atomique sur des populations civiles à Hiroshima et Nagasaki. La guerre était presque finie. Les centaines de milliers de Japonais qui ont été tués, les innombrables autres qui ont été invalidés par des cancers pour les générations à venir, n’étaient pas une menace pour la paix mondiale. C’était des civils. Exactement comme les victimes des bombardements du World Trade Center et du Pentagone étaient des civils. Exactement comme les centaines de milliers de personnes qui sont mortes en Irak en raison des sanctions dirigées par les États-Unis étaient des civils. Le bombardement de Hiroshima et de Nagasaki était une expérience froide et délibérée exécutée pour faire une démonstration de la puissance de l’Amérique. A ce moment-là, le président Truman l’a présenté comme « la plus grande chose de l’histoire ».

On nous dit que la deuxième guerre mondiale était une « guerre pour la paix ». Que la bombe atomique était une « arme pacifique ». On nous invite à croire que la force de dissuasion nucléaire a empêché une troisième guerre mondiale. (C’était avant que le président Georges Bush Jr ne suggère la« doctrine de frappe préventive »). Y a-t-il eu un débordement de paix après la deuxième guerre mondiale? Il y avait assurément la paix (relative) en Europe et en Amérique — mais considère-t-on cela comme une paix mondiale? Pas tant que les guerres féroces par personnes interposées menées dans les pays où vivent les races de couleur (Chinetoques, Nègres, Asiates,…) ne sont pas considérées comme des guerres du tout.

Depuis la deuxième guerre mondiale, les États-Unis ont été en guerre contre, ou ont attaqué, entre autres, les pays suivants : la Corée, le Guatemala, Cuba, le Laos, le Vietnam, le Cambodge, la Grenade, la Libye, El Salvador, le Nicaragua, Panama, l’Irak, la Somalie, le Soudan, la Yougoslavie et l’Afghanistan. Cette liste devrait également comprendre les opérations clandestines du gouvernement des États-Unis en Afrique, en Asie et en Amérique Latine, les coups d’État qu’il a manigancés, et les dictateurs qu’il a armés et soutenus. Elle devrait comprendre la guerre soutenue par les États-Unis d’Israël au Liban, dans laquelle des milliers de personnes ont été tuées. Elle devrait comprendre le rôle-clé joué par l’Amérique dans le conflit au Moyen-Orient, dans lequel des milliers de personnes sont mortes pour combattre l’occupation illégale du territoire palestinien par Israël. Elle devrait comprendre le rôle de l’Amérique dans la guerre civile en Afghanistan dans les années 80, dans laquelle plus d’un million de personnes ont été tuées. Elle devrait comprendre les embargos et les sanctions qui ont causé directement, et indirectement, la mort de centaines de milliers de personnes (c’est particulièrement évident en Irak).

Mettez tout cela ensemble, et cela donne tout à fait l’impression qu’il y a eu une troisième guerre mondiale et que le gouvernement des États-Unis était (ou est) un de ses principaux protagonistes.

La majorité des essais dans For Reasons of State de Chomsky concerne l’agression des États-Unis au Sud-Vietnam, au Vietnam du Nord, au Laos et au Cambodge. C’est une guerre qui a duré plus de douze ans. 58 000 Américains et à peu près deux millions de Vietnamiens, de Cambodgiens et de Laotiens ont perdu la vie. Les États-Unis ont déployé un demi-million de soldats au sol, ont largué plus de six millions de tonnes de bombes. Et pourtant, bien que vous ne le croiriez pas si vous regardiez la majorité des films d’Hollywood, l’Amérique a perdu la guerre.

La guerre a commencé au Sud-Vietnam et s’est ensuite propagée au Vietnam du Nord, au Laos et au Cambodge. Après avoir mis en place un régime satellite à Saigon, le gouvernement des États-Unis s’est invité à combattre l’insurrection communiste — les guérilleros Viêt-Cong qui s’étaient infiltrés dans les régions rurales du Sud-Vietnam où les villageois les cachaient. C’est exactement le modèle que la Russie a reproduit quand, en 1979, elle s’est invitée en Afghanistan. Personne dans le « monde libre »n’a aucun doute sur le fait que la Russie a envahi l’Afghanistan. Après la glasnost, un ministre soviétique des affaires étrangères a même qualifié l’invasion soviétique de l’Afghanistan « d’illégale et d’immorale ». Mais il n’y a pas eu d’introspection de cette sorte aux États-Unis. En 1984, dans une stupéfiante révélation, Chomsky a écrit:

Depuis 22 ans, j’ai fouillé dans le journalisme et le savoir dominant pour trouver une quelconque allusion à une invasion américaine du Sud-Vietnam en 1962 (ou n’importe quand) ou à une attaque américaine contre le Sud-Vietnam, ou à une agression américaine en Indochine – en vain. Il n’y a pas d’événement de ce genre dans l’histoire enregistrée. Par contre, il y a une défense états-unienne du Sud-Vietnam, contre les terroristes soutenus par l’extérieur (principalement par le Vietnam).

Il n’y a pas d’événement de ce genre dans l’histoire!

En 1962, l’armée de l’air des États-Unis a commencé à bombarder le Sud-Vietnam rural, où vivait 80% de la population. Le bombardement a duré plus d’une décennie. Des milliers de personnes ont été tuées. L’idée était de bombarder sur une échelle assez colossale pour provoquer une migration affolée des villages vers les villes, où les gens pourraient être retenus dans des camps.

Samuel Huntington y a fait référence en tant que processus « d’urbanisation ». (J’ai étudié l’urbanisation lorsque j’étais à l’école d’architecture en Inde. Je ne sais pas pourquoi, je ne me souviens pas du bombardement aérien en tant que partie du programme). Huntington — célèbre aujourd’hui pour son essai « Le choc des civilisations? » — était à ce moment-là président du Conseil des Études Vietnamiennes du Groupe Consultatif sur le Développement du Sud-Est Asiatique. Chomsky le cite décrivant le Viêt-Cong comme « une force puissante qui ne peut pas être chassée de sa circonscription aussi longtemps que la circonscription continue d’exister ». Huntington a continué en conseillant« l’usage direct de la puissance mécanique et conventionnelle » — autrement dit, pour écraser une guerre populaire, éliminer les gens. (Ou peut-être, pour actualiser la thèse — afin d’éviter un choc de civilisations, anéantir une civilisation).

Voici un observateur de l’époque sur les limites de la puissance mécanique de l’Amérique: « Le problème est que les machines américaines ne sont pas à la hauteur de la tâche consistant à tuer les soldats communistes, sauf dans le cadre d’une tactique de terre brûlée qui détruit tout le reste aussi ». Ce problème a été résolu maintenant. Pas avec des bombes moins destructrices, mais avec un langage plus inventif. Il y a une façon plus élégante de dire « qui détruit tout le reste aussi ». Il suffit de parler de « dommages collatéraux ».

Et voici un compte-rendu de première main de ce que les « machines » de l’Amérique (Huntington les appelaient « instruments de modernisation » et les officiers d’état-major du Pentagone les appelaient« bomb-o-grams ») peuvent faire. Il est de T.D. Allman, survolant la Plaine des Jarres au Laos:

Même si la guerre au Laos se terminait demain, le rétablissement de son équilibre écologique pourrait prendre plusieurs années. La reconstruction des villes et des villages totalement détruits de la Plaine pourrait prendre autant de temps. Même si cela était fait, la Plaine pourrait pendant longtemps se révéler périlleuse pour l’habitation humaine en raison des centaines de milliers de bombes non-explosées, de mines et d’objets piégés.

Un vol récent aux environs de la Plaine des Jarres a laissé voir ce que moins de trois années de bombardement américain intensif peuvent faire à une région rurale, même après que sa population civile ait été évacuée. Dans de vastes régions, la couleur tropicale primaire — vert vif — a été remplacée par un motif abstrait de couleurs métalliques noires et brillantes. Une bonne partie du feuillage restant est rabougri, ternie par les défoliants.

Aujourd’hui, le noir est la couleur dominante des étendues du nord et de l’est de la Plaine. Du napalm est régulièrement largué pour brûler l’herbe et les broussailles qui recouvrent la Plaine et garnissent ses nombreux ravins étroits. Les feux semblent brûler continuellement, produisant des rectangles de couleur noire. Durant le vol, des panaches de fumée ont pu être vus, s’élevant depuis les régions fraîchement bombardées.

Les routes principales, arrivant dans la Plaine depuis le territoire sous contrôle communiste, sont impitoyablement bombardées, apparemment de manière ininterrompue. Là, et le long du bord de la Plaine, la couleur dominante est le jaune. Toute la végétation a été détruite. Les cratères sont innombrables… La région a été si souvent bombardée que la terre ressemble au désert grêlé et retourné dans les zones touchées par la tempête dans le désert nord-africain.

Plus vers le sud-est, Xieng Khouangville — la ville autrefois la plus peuplée du Laos communiste — est vide, détruite. Dans le nord de la Plaine, le petit lieu de vacances de Khang Khay a également été détruit. Autour du terrain d’aviation à la base de King Kong, les couleurs principales sont le jaune (du sol retourné) et le noir (du napalm), allégées par des taches de rouge et de bleu vif: des parachutes utilisés pour larguer des provisions.

Les derniers habitants locaux ont été embarqués par transports aériens. Des potagers abandonnés qui ne seraient jamais récoltés poussaient à proximité de maisons abandonnées, les assiettes toujours sur les tables et les calendriers toujours aux murs.

(Les oiseaux morts, les animaux carbonisés, les poissons massacrés, les insectes incinérés, les sources d’eau empoisonnées, la végétation détruite ne sont jamais comptés dans les « coûts » de la guerre. L’arrogance de la race humaine à l’égard des autres êtres vivants avec lesquels elle partage cette planète est rarement mentionnée. Tout cela est oublié dans les combats pour les marchés et les idéologies. Cette arrogance causera probablement la perte définitive de l’espèce humaine).

La clé de voûte de For Reasons of State est un essai intitulé The Mentality of the Backroom Boys (« La mentalité des travailleurs de l’ombre »), dans lequel Chomsky présente une analyse complète extraordinairement souple des Pentagon Papers, lesquels, dit-il, « fournissent la preuve par écrit d’un complot pour utiliser la force dans les affaires internationales en violation de la loi ». Ici aussi, Chomsky prend note du fait qu’alors que le bombardement du Vietnam du Nord est examiné en long et en large dans les Pentagon Papers, l’invasion du Sud-Vietnam mérite tout juste d’être mentionnée.

Les Pentagon Papers sont fascinants, pas en tant que documents de l’histoire de la guerre des États-Unis en Indochine, mais en tant qu’aperçu des idées des hommes qui l’ont élaborée et exécutée. C’est passionnant d’être au courant des idées qui étaient lancées, des suggestions qui étaient faites, des propositions qui étaient émises. Dans une section intitulée The Asian Mind / The American Mind (L’esprit asiatique / L’esprit américain), Chomsky examine le débat sur la mentalité de l’ennemi qui« accepte stoïquement la destruction des richesses et la perte de vies », alors que « Nous voulons la vie, le bonheur, la richesse, la puissance », et que pour nous « la mort et les souffrances sont des choix irrationnels quand il existe des alternatives ». Donc, nous apprenons que les pauvres asiatiques, vraisemblablement parce qu’ils ne peuvent pas comprendre la signification du bonheur, des richesses et de la puissance, invitent l’Amérique à amener cette « logique stratégique à sa conclusion, qui est le génocide ». Mais ensuite, « nous » nous dérobons parce que « le génocide est un fardeau terrible à supporter ». (Finalement, bien sûr, « nous » avons poursuivi et avons de toute façon exécuté un génocide, et ensuite avons fait comme si rien ne s’était passé).

Bien sûr, les Pentagon Papers contiennent aussi un certain nombre de propositions modérées:

Les frappes ciblant la population (proprement dit) sont non seulement susceptibles de créer une vague de dégoût contre-productive à l’étranger et chez nous, mais d’augmenter énormément le risque d’étendre la guerre avec la Chine et l’Union Soviétique. La destruction des écluses et des barrages pourrait toutefois… —si elle est bien gérée — offrir un espoir. Elle devrait être examinée soigneusement. Une telle destruction ne tue ni ne noie pas les gens. Une inondation superficielle du riz occasionne, après un certain temps, une famine considérable (plus d’un million?) à moins que des vivres ne soient fournis — ce que nous pouvons proposer de faire « à la table de conférence ».

Couche par couche, Chomsky démonte complètement le processus de prise de décisions des fonctionnaires du gouvernement des États-Unis, pour révéler la nature impitoyable du cœur de la machine de guerre américaine, totalement isolée des réalités de la guerre, aveuglée par l’idéologie et disposée à anéantir des millions d’êtres humains, des civils, des soldats, des femmes, des enfants, des villages, des villes entières, des écosystèmes entiers — à l’aide de méthodes violentes scientifiquement affinées.

Ici, un pilote américain parlant des joies du napalm:

Nous sommes vachement contents de ces chercheurs anonymes de Dow. Le produit initial n’était pas assez chaud — si les Asiates étaient rapides, ils pouvaient l’enlever en grattant. Donc, les chercheurs ont commencé à ajouter du polystyrène — maintenant, ça colle comme de la merde à une couverture. Mais alors, si les Asiates sautaient dans l’eau, cela cessait de brûler, donc ils ont commencé à ajouter du Willie Peter (phosphore blanc) afin que cela brûle mieux. Il brûlera même sous l’eau maintenant. Et une seule goutte est suffisante, cela continuera à brûler jusqu’à l’os afin qu’ils meurent de toute façon d’un empoisonnement au phosphore.

Donc, les chanceux Asiates étaient anéantis pour leur bien. Plutôt morts que rouges.

Grâce aux charmes séduisants d’Hollywood et à l’appel irrésistible des mass-médias de l’Amérique, après toutes ces années, le monde considère la guerre comme une histoire américaine. L’Indochine a fourni la toile de fond tropicale luxuriante contre laquelle les États-Unis ont joué leurs fantasmes de violence, ont essayé leur dernière technologie, ont affiné leur idéologie, ont examiné leur conscience, se sont tourmentés à propos de leurs dilemmes moraux, et se sont occupés de leur culpabilité (ou ont fait mine de le faire). Les Vietnamiens, les Cambodgiens et les Laotiens n’étaient que les accessoires de ce scénario. Anonymes, sans visage, humanoïdes aux yeux bridés. Ce sont juste des gens qui sont morts. Des Asiates.

La seule véritable leçon que le gouvernement des États-Unis ait tirée de son invasion de l’Indochine est la manière d’entrer en guerre sans engager les troupes américaines et risquer les vies américaines. Donc maintenant, les guerres sont menées avec des missiles de croisière à longue portée, des Black Hawks, et des « bunker busters ». Des guerres dans lesquelles les « alliés » perdent plus de journalistes que de soldats.

Quand j’étais enfant, j’ai grandi dans l’état du Kerala, dans le sud de l’Inde — où le premier gouvernement communiste élu démocratiquement du monde a accédé au pouvoir en 1959, l’année de ma naissance — être une Asiate m’inquiétait terriblement. Le Kerala n’est qu’à quelques milliers de miles à l’ouest du Vietnam. Nous avions aussi des jungles, des rivières, des rizières et des communistes. Je ne cessais d’imaginer ma maman, mon frère et moi nous faire souffler des buissons par une grenade, ou faucher, comme les Asiates dans les films, par un soldat américain avec des bras musclés, un chewing-gum et une musique de fond assourdissante. Dans mes rêves, j’étais la fille brûlée de la célèbre photo prise sur la route de Trang Bang.

Étant donné que j’ai grandi entre la propagande américaine et la propagande soviétique (qui se neutralisaient plus ou moins l’une l’autre), quand j’ai lu Chomsky pour la première fois, je me suis dit que sa collection de preuves, leur quantité et son acharnement, étaient un peu — comment dire? — insensés? Même le quart des preuves qu’il avait compilé aurait été suffisant pour me convaincre. Je me demandais pourquoi il avait besoin d’en faire tellement. Mais maintenant, je comprends que l’ampleur et l’intensité du travail de Chomsky est un baromètre de l’ampleur, de l’étendue et de l’acharnement de la machine de propagande contre laquelle il se bat. Il est comme le ver à bois qui vit dans le troisième casier de ma bibliothèque. Jour et nuit, j’entends ses mâchoires qui écrasent le bois, le réduisant en fine poussière. C’est comme s’il n’était pas d’accord avec la littérature et qu’il voulait détruire la structure même sur laquelle elle repose. Je l’appelle Chomsky.

Être un américain travaillant en Amérique, écrivant pour expliquer son analyse aux Américains, cela doit vraiment être comme avoir à creuser des galeries à travers du bois dur. Chomsky fait partie d’une petite bande d’individus qui combattent une industrie toute entière. Et cela le rend non seulement brillant, mais héroïque.

Il y a quelques années, dans un entretien émouvant avec James Peck, Chomsky a parlé de son souvenir du jour où Hiroshima a été bombardé. Il avait seize ans:

Je me souviens que je ne pouvais littéralement parler à personne. Il n’y avait personne. Je me suis juste éloigné tout seul. J’étais à ce moment-là en colonie de vacances, et quand je l’ai appris, je me suis éloigné dans les bois et je suis resté seul environ deux heures. Je n’ai jamais pu en parler à personne et je n’ai jamais compris la réaction de qui que ce soit. Je me sentais totalement isolé.

Cet isolement a donné naissance à un des plus grands, et des plus radicaux, penseurs publics de notre époque. Et lorsque le soleil se couchera sur l’empire américain, comme ça, comme il se doit, le travail de Noam Chomsky survivra.

Il montrera d’un doigt froid et incriminant l’empire impitoyable et machiavélique aussi cruel, pharisaïque et hypocrite que ceux qu’il a remplacés. (La seule différence est qu’il est armé d’une technologie pouvant infliger au monde un genre de dévastation sans précédent dans l’histoire, à peine imaginable pour la race humaine).

Étant donné que j’aurais pu être Asiate, et qui sait, peut-être en tant qu’Asiate potentielle, il est rare qu’une journée se passe durant laquelle je ne me retrouve pas à penser — pour une raison ou pour une autre — « Chomsky Zindabad » (Vive Chomsky) !

54 réponses à La solitude de Noam Chomsky, par Arundhati Roy

Commentaires recommandés

Kiwixar Le 24 décembre 2015 à 07h50

Historiquement, la solitude des précurseurs et des visionnaires est le signe infaillible d’une ère d’obscurantisme ou de tyrannie. Science contraire aux Ecritures, informations contraires aux intérêts de l’oligarchie, les hommes libres rasant les murs et toisant le sol. Après l’obscurantisme, la lumière et la vérité exposée, comment les Etatsuniens pourront-ils soutenir le regard des autres humains connaissant leurs deux siècles d’horreur absolue?

Allez, c’est Noël, je reposte ça, la traduction du début de “Apesar de você” de Chico Buarque, écrit pendant la dictature militaire brésilienne (dictature mise en place avec l’aide de “qui vous savez”) :

Aujourd’hui c’est toi qui commande
C’est d’accord, il n’y a pas de discussion
On marche en parlant de côté
Et en regardant au sol.

Toi qui a inventé cet état
Tu as inventé toute cette obscurité
Toi qui a inventé le péché
Tu as oublié d’inventer le pardon

Malgré toi
Demain sera un autre jour
Je te demande
Où est-ce que tu vas te cacher
De l’énorme euphorie
Comment vas-tu interdire
Quand le coq insistera à chanter
L’eau neuve jaillissant
Et nous, nous aimant sans cesser

Quand viendra le moment
Ma souffrance
Je te la ferai payer avec intérêts, je le jure
Tout cet amour réprimé
Ce cri contenu
Cette danse dans l’ombre.

  1. Kiwixar Le 24 décembre 2015 à 07h50
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    Historiquement, la solitude des précurseurs et des visionnaires est le signe infaillible d’une ère d’obscurantisme ou de tyrannie. Science contraire aux Ecritures, informations contraires aux intérêts de l’oligarchie, les hommes libres rasant les murs et toisant le sol. Après l’obscurantisme, la lumière et la vérité exposée, comment les Etatsuniens pourront-ils soutenir le regard des autres humains connaissant leurs deux siècles d’horreur absolue?

    Allez, c’est Noël, je reposte ça, la traduction du début de “Apesar de você” de Chico Buarque, écrit pendant la dictature militaire brésilienne (dictature mise en place avec l’aide de “qui vous savez”) :

    Aujourd’hui c’est toi qui commande
    C’est d’accord, il n’y a pas de discussion
    On marche en parlant de côté
    Et en regardant au sol.

    Toi qui a inventé cet état
    Tu as inventé toute cette obscurité
    Toi qui a inventé le péché
    Tu as oublié d’inventer le pardon

    Malgré toi
    Demain sera un autre jour
    Je te demande
    Où est-ce que tu vas te cacher
    De l’énorme euphorie
    Comment vas-tu interdire
    Quand le coq insistera à chanter
    L’eau neuve jaillissant
    Et nous, nous aimant sans cesser

    Quand viendra le moment
    Ma souffrance
    Je te la ferai payer avec intérêts, je le jure
    Tout cet amour réprimé
    Ce cri contenu
    Cette danse dans l’ombre.


    • rototo Le 24 décembre 2015 à 09h41
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      pendant son exil londonien au tout debut des années 70, Caetano Veloso chantait un couplet en anglais pour etre sur d’être bien compris aussi :

      ———–
      If you hold a stone, hold it in your hand
      If you feel the weight, youll never be late
      To understand
      —-


    • sadsam Le 24 décembre 2015 à 14h11
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      @merci Kiwixar de faire découvrir ce chanteur et poète.

      Cette chanson interprétée par Chico Buarque lui-même se trouve sur Youtube.


  2. GLEB Le 24 décembre 2015 à 07h56
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    Excellent pamphlet dans lequel l’auteure est contrainte à un vocabulaire “feutré”.
    – L’ennemi, tant qu’il ne sera pas clairement désigné (alors qu’il est clairement identifié), pourra se défendre par le biais des médias de propagande et nous tournerons à l’infini autour des mots, de verbiages divers sans traiter les faits dans ce qu’ils ont de plus crus.
    Les us se comportent en assassins, en expansionnistes, sans faire cas de la vie des autres … donc en ennemi.
    – Empire … c’est très élégant pour désigner une mafia .. Quelle différence dans le comportement ? En cas de désaccord avec la mafia, elle décide, en appliquant ses propres lois, d’éliminer l’entrave, de la supprimer, de l’éradiquer … Empire = Mafia.
    Ouvrir les yeux et initier l’action contre le “maître” commencent par la ré-appropriation des mots et de leur signification.


  3. toff de aix Le 24 décembre 2015 à 08h58
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    Excellent a tous points de vue : nous sommes dans un asiles de fous, internés involontaires. Et la majorité de nos coreligionnaires s’enferment tous les soirs en rendant la clé, avec le sourire, a ses geôliers. On appelle cela aller voter.


    • Charles Le 24 décembre 2015 à 18h59
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      Et les politiciens ivres de pouvoir préparent avec l’Etat d’Uburgence le terrain legal et psychologique d’une dictature fasciste, avec ou sans la dynastie Le Pen.
      Je viens d’en découvrir la description exemplaire ici par Giorgio Agamben: link to wp.me


  4. Macarel Le 24 décembre 2015 à 09h24
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    L’idéologie de la “libre entreprise”, car ne nous y trompons pas, lorsque la propagande occidentale parle de liberté, elle parle avant tout de la liberté du capitaliste : du propriétaire des moyens de productions, des ressources, qu’elles soient humaines (comme on les appelle aujourd’hui), ou matérielles.
    Or cette propriété comment a-t-elle été acquise ? Dans la très grande majorité des cas par la force. Par l’expropriation des paysans au Royaume-Uni, lors du “mouvement des “enclosures”, par exemple.

    link to fr.wikipedia.org

    Ou, par la colonisation violente de terres “vierges”, comme celle de l’Amérique par les conquistadores espagnols et les colons qui suivirent ceux débarqués du Mayflower.

    link to fr.wikipedia.org

    Le capitalisme, la libre entreprise, est indissociable d’un “droit à la violence” sur tout ce qui s’oppose à l’accomplissement du projet du “libre entrepreneur”, que ce soient des être humains ou des éléments naturels de l’environnement de notre Terre mère.

    Mais, pour être rendu acceptable par le plus grand nombre, cette violence, doit être occultée par une récit progressiste, et une “narrative” positive : et, en effet pour propager ces récits les USA, disposent de cette machine, coeur de leur “soft power”, qu’est Hollywood.

    Les conquistadores espagnols ne sont jamais allé aux Amériques dans un but de lucre, mais uniquement pour convertir des sauvages à la foi du Christ. Ceux qu’ils ont exterminé : c’était sûrement pour leur bien. Les descendants du Mayflower, n’ont jamais massacré les indiens par méchanceté, mais pour fonder une nation messianique dont la mission est de “sauver le monde”.

    Il est singulier de constater que cette nation messianique et pétrie de bonne volonté, représente de par sa puissance économique, militaire, et de par son mode de vie, qui est devenu un modèle pour l’ensemble des peuples de la planète, un danger quasi-mortel pour l’avenir de l’espèce sur cette même planète.

    Mais ceci est une autre histoire, dont l’on n’a pas fini de subir les conséquences néfastes.


    • peychart Le 29 décembre 2015 à 03h14
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      Il ne s’agit pas de vous en tant qu’individu : ne vous sentez pas visé directement.

      Il s’agit du système qui repose sur la violence d’une classe sur une autre.
      Chaque entrepreneur n’a pas un bâton.
      Mais quand les fondements d’une société reposent sur la propriété privé et l’exaltation de l’individualisme qui en ressort, forcement il en résulte qu’une partie de la population s’approprie des richesses communes.

      Et pour les garder, ces sociétés utilisent la violence sous diverses formes, une violence psychologique, sociale, physique ou quelque soit la forme tant que les résultats soient là.

      Quand des plans sociaux ont lieu et que les PDG font des millions d’€ de prime sur objectif, 2500 salarié (intercontinental par exemple) finissent sur le carreau.
      Sur ces 2500 plusieurs suicides (au moins 5 directement imputés à ce licenciement), des centaines de familles ont divorcé, plusieurs centaines de personnes sont toujours sans emplois et certains sont devenus SDF. Des femmes et des hommes de 55 à 60 ans qui sont sans emploi, à qui on ne propose pas de stage de reconversion (pas rentable de payer un stage quand de toute façon il n’y a pas d’emploi dans la région.).
      Sur 2500 employés, une partie est restée sur le carreau de la société.
      500 employé c’est 500 familles donc ca veut dire (couple + 2 enfants) 2000 personnes.

      Des morts, SDF, des familles détruites, déstructurées, cassées.
      C’est ca la violence de classe.
      Vous ne la pratiquez pas directement mais le pouvoir l’utilise pour se maintenir pour le plus grand bénéfice de certains qui justement font ces bénéfices au nom du droit à la “libre entreprise”.


  5. olivier imbert Le 24 décembre 2015 à 09h40
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    Chomski et Roy sont souvent lucides y compris sur les limites politiques de leurs critiques qui justement tient au style de système politique américain et aussi au fait qu’il n’aborde pas les aspects marxistes et léniniste de leur point de vue sur l’impérialisme la presse et la finance.


  6. Michel Martin Le 24 décembre 2015 à 11h08
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    “Ou devrais-je dire, notre compréhension des règles compliquées de l’asile d’aliénés dans lequel nous sommes tous des internés volontaires?”
    Le discours de la servitude volontaire date de 1574, mais il n’a toujours pas vraiment pénétré notre culture pour nous en prémunir.


    • Crapaud Rouge Le 24 décembre 2015 à 12h10
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      Je sors de mes gonds devant ce livre que tout le monde encense ! Jorion avait publié un billet de ma pomme où j’en faisais une ode à la servitude, vous pouvez le chercher sur son site. (Pub gratuite). Son titre est déjà un oxymore, (la servitude ne peut pas être volontaire), et son absurde thèse est de dire que la liberté serait “gratuite”, qu’elle ne coûterait rien. Non, la liberté se paie très cher, au prix du sang, et l’on comprend que tout le monde ne soit pas acheteur…


      • lanQou Le 24 décembre 2015 à 14h50
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        Je ne suis pas du tout d’accord avec vous, la thèse de ce discours n’est pas du tout que la liberté soit gratuite, mais plutôt que l’autorité ne repose que sur le consentement de chacun.
        En ce sens la servitude est bien volontaire: elle résulte du choix de chacun de s’y soumettre afin d’en tirer bénéfice personnel.
        La thèse de ce livre conforte donc bien l’idée que la liberté se paie cher: le prix du renoncement à tous les avantages qu’octroie la servitude consentie.


        • bof Le 25 décembre 2015 à 07h02
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          Le smicard est donc d’accord pour que son patron touche jusqu’à 1000 fois le smic ?


          • lvzor Le 27 décembre 2015 à 12h50
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            “Le smicard est donc d’accord pour que son patron touche jusqu’à 1000 fois le smic ?”

            Oui, puisqu’il l’accepte facilement, voire passe le plus clair de son temps à fayoter avec le smicX1000 pour avoir smicX1,1.


      • lvzor Le 27 décembre 2015 à 12h56
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        Désolé Crapaud, mais il y a des cas où entre l’exploiteur et l’exploité, c’est l’exploité qui est responsable.
        Tu devrais peut-être (re-)lire Hegel qui exprime en d’autres termes à peu près la même idée que La Boëtie.


  7. pepeben Le 24 décembre 2015 à 12h00
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    Bonjour a tous

    Le blog c’est bien cela soulage les consciences, mais ne devrions nous pas commencer a faire autre chose? et si nous ne faisons rien d’autre ne sommes nous pas aussi coupable?
    J’ai un peu le sentiment de “…non-assistance a personne en danger…” et en même temps “…vous ne pouvez pas sauver les gens contre leur gré!…”

    Bien sur je m’inclus dedans et je n’ai pas la réponse…

    Cordialement


    • Aristide Hivesne Le 24 décembre 2015 à 13h35
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      @pepeben

      le blog c’est bien pour comprendre la situation.
      Par “faire autre chose” qu’entendez-vous exactement ?

      Cordialement


      • pepeben Le 30 décembre 2015 à 10h16
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        Bonjour

        Ne pourrions nous pas discuter déjà entre nous justement sur ce que nous pourrions faire de “plus”?
        Le Blog est bien mais j’ai aussi se goût dans la bouche du “trop peu” et je ne veux pas me résoudre a laisser tomber… sans me battre (attention je ne parle pas d’action physique ;=) ).

        Cordialement

        PS : Olivier si je peux aider …


    • Mat Le 24 décembre 2015 à 14h19
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      Pareil, on se sent impuissant…

      Il me semble que la première chose à faire, c’est s’informer, et informer les autres…
      Vaste programme…

      Le jour où une part suffisante de la population sera au courant, peut-être que les choses pourront changer.


      • Aristide Hivesne Le 24 décembre 2015 à 14h37
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        @Mat
        @pepeben

        Réfléchir à comment faire s’exprimer la volonté générale grâce à internet, vous parait-il une bonne voie pour “faire changer les choses ” ?


      • Emery Le 24 décembre 2015 à 17h36
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        Je suis plutôt pessimiste. Je ne pense pas que les êtres humains changeront. Ils (et nous avec) sont mus par la peur et ce qu’elle engendre : soumission, impuissance dépression……….. Quand on voit que quelqu’un comme Einstein a participé à l’élaboration de la bombe atomique…………………. Je pense qu’on va assister à un début de construction d’habitations privées souterraines réservées aux riches et leurs commis pour s’abriter des aléas du changement climatique et des conflits qu’ils peuvent engendrer……………… Comme dans Docteur Folamour .


        • enfaitpourquoi Le 29 décembre 2015 à 01h48
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          [Modéré : merci d’essayer de rester sur le sujet de l’article. Ce blog n’est pas le lieu pour discuter entre commentateur. Merci. Par ailleurs si Einstein a “au seuil de sa mort en 1955, où il confesse à Linus Pauling : « j’ai fait une grande erreur dans ma vie, quand j’ai signé cette lettre [de 1939]. »” selon wikipédia, il a signé cette lettre aboutissant au projet Manhattan]


      • douarn Le 24 décembre 2015 à 23h22
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        Bonjour,
        laissez moi, s’il vous plait, vous décrire dans ses grands traits une expérience :
        Versez du sable par terre, encore du sable, un tas se forme. La pente de ce tas de sable est stable car un ensemble de forces (humidité, capillarité, granulométrie, forme des grains de sable,…) maintien la cohésion du système. Ajoutez encore du sable, arrive un moment, un seuil critique, où avec l’ajout d’un tout petit grain de sable, le tas s’effondre sur lui même. La gravité à été la plus forte, Les forces de cohésion applicables à l’échelle de l’ensemble du système “tas de sable” ont été “battues” par une force déstabilisatrice qui augmente en fonction de la quantité de sable versé. Personne n’est en mesure de dire quand et avec quel grain de sable, le tas s’effondrera. On peut juste se douter qu’à un certain moment, on a atteint un seuil critique.

        Pardon pour ce détour, mais cette expérience, vous pouvez la transposer à tout ce qui nous entoure, la rupture d’un barrage avec la dernière fissure qui apparaît, la mort du corps humain avec la survenue de la dernière erreur métabolique, une vieille voiture, … et l’effondrement d’un système socio-politique (immolation de ce vendeur de légume menant aux révolutions arabes, Rosa Park refusant de laisser son siège de bus à un blanc menant aux luttes pour les droits sociaux des afro-américains,…).

        Nous approchons, je crois, d’un seuil critique (inégalité, énergie, limites physiques terrestres, appauvrissement des minerais,…). Comme pour le tas de sable, les forces de cohésions (politique, financier, industriel, média,…) luttent à large échelle pour stabiliser le système (endettement, force de sécurité, achat de la paix sociale, “panem et circenses”, fascisme rampant,…). Elles savent cependant que des forces variées, éparses et ponctuelles plus où moins déstabilisatrices pour elles apparaissent au sein du système à petite échelle (économies parallèles, associations de défense, groupes radicaux, activistes, monnaies locales, groupes de réflexion,…).
        Ce blog, par la réinformation, participe à l’apparition de ces forces déstabilisatrices. Le système ne les considère actuellement probablement pas comme un danger. Mais, il suffirait que ces forces déstabilisatrices entrent en contact les unes avec les autres pour que, par percolation ( link to fr.wikipedia.org ), leurs impacts/actions/importances changent d’échelle, et se hissent très rapidement à la même échelle que les forces assurant la cohésion du système. A ce moment là, soyez assuré que ce blog sera interdit/combattu/trollé, mais ce ne sera pas grave car le point de bascule sera probablement atteint.

        Je finirais en disant qu’il est logique de se désespérer de ne voir rien venir, de ne pouvoir rien faire dans le système actuel. C’est logique car vous êtes, nous sommes, j’en suis sûr, les noyaux d’un nouveaux système socio-politique qui n’existe pas encore mais qu’il nous faudra inventer. Pour cela, il faut continuer à jeter des ponts entrent nous, continuer à vanter ce blog dans nos entourages, à débattre intelligemment et sans animosité avec nos contradicteurs pour percoler au travers du système afin d’atteindre l’échelle suffisante, et un jour plus proche que vous ne l’imaginez peut être, qui sait….

        Au début ils vous ignorent, ensuite ils vous raillent, puis vous combattent, mais à la fin c’est vous qui gagnez. Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde (Ghandi)

        Merci de m’avoir lu. Pardon pour ce trop long commentaire


        • Michel Ickx Le 25 décembre 2015 à 19h16
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          Merci Douarn pour ce remarquable commentaire. C’est ce que je ressens aussi et la raison pour laquelle je fait connaître ce blog.

          Mais vous avez su l’exprimer avec précision et sobriété et je vous en suis reconnaissant.

          Ce que nous devons faire c’est non pas la goute d’eau mais le grain de sable du colibri.


          • anne jordan Le 26 décembre 2015 à 16h28
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            Oui , merci , @douarn !
            faisons un choix équilibré :
            dans un plateau , je mets ceci :
            link to franceculture.fr
            ( pessimisme absolu sur tous les sujets de société , éducation , capitalisme , emploi etc….)
            dans l’autre plateau , je mets ma modeste expérience :
            oui , ” jeter des ponts entre nous ” pour commencer avec ses voisins , au sens large ; approcher de l’autonomie alimentaire , si l’on a la possibilité d’utiliser un lopin de terre , lutter contre toutes les emprises destructrices proches de notre lieu de vie – projets immobiliers , miniers , accaparement de terres etc..- ( rien de plus aisé que de trouver un sujet digne de notre énergie , parfois , juste à côté de chez soi ! )
            Lequel pèsera le plus lourd ?


        • Marie Le 25 décembre 2015 à 23h41
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          Je comprends M. Noam CHOMSKY qui “s’époumone” à vouloir nous faire comprendre dans “quoi” nous baignons, génération après génération!

          Ses propos portent fuits: quantité de personnes ouvrent soudainement les yeux!
          Mais comment? se sortir des “filets” tendus depuis plus que des décennies?

          Qui disait: “Nous sommes embarqués dans un entonoir duquel nous ne pouvons plus de sortir!!” Quelqu’un qui a découvert qu’on veut nous embarquer – de force – dans la “Mondialisation, pour tout… et pour tous!”!

          Nouvel ordre mondial… – Illuminati – Free Wise Man – Francs-Maçons – Chemtrails (arrosage/épandage d’aluminium et autres métaux par les air… ) Question: Q U I AUTORISE CES AVIONS À FAIRE CES ÉPANDAGES? – Contrôle de la nourriture ( génétiquement modifiée), plus le contrôle de l’eau (ces deux éléments sont indispensables à la vie!…)!

          QU’ATTENDONS-NOUS POUR RÉAGIR?


        • enfaitpourquoi Le 29 décembre 2015 à 02h01
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          Il faut vraiment avoir fait des études poussées pour rapprocher l’effondrement physique d’un tas de sable et celui d’une société structurée !
          car il y a bien des cas où les choses ne se concluent pas par un soudain balancement qui ferait passer d’une situation encore blanche à une situation tout à fait noire….
          par exemple le cancer, qui ne fait pas mourir quelqu’un suite à la suite d’une toute petite poussée dans le fragile équilibre d’un organisme quasi mourant; presque au contraire: c’est un débordement progressif pendant une longue période qui cause la mort…
          quant à dire qu’il suffirait d’un tout petit quelque chose pour faire basculer une société structurée, organisée, vers autre chose d’un coup, tant sa tension interne était grande, réaffutez votre raisonnement en pensant à toutes les révolutions avortées, celles qui n’ont pas réussies, “matées” par la structure de leur société.


          • douarn Le 31 décembre 2015 à 07h40
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            Bonjour enfaitpourquoi
            Les exemples que vous donnez illustrent parfaitement le schéma que je décrivais (probablement pas assez bien, j’en conviens) plus haut :
            état A seuil critique -> état B
            vie cancer -> mort
            société A révolution (et pas insurrection ou révolte) -> société B

            Le passage état A seuil critique va dans les 2 sens. Ainsi est il possible de guérir du cancer (et heureusement) ou de mater une insurrection (pas une révolution). Par contre, le passage seuil critique -> état B se fait brutalement lorsque l’influence de ce que j’appelais les “forces destabilisatrices” s’appliquent à une échelle suffisante pour déstabiliser l’ensemble des forces qui tendent à maintenir le système stable. On trouve de multiple allusions de l’échelle d’application des seuils critiques :
            Un cancer (seuil critique) devient incurable lorsqu’il est généralisé, le corps médical entre dans un protocole d’accompagnement et abandonne le protocole curatif
            1832 : Insurrection royaliste dans l’ouest de la France : ….Mais la mobilisation fut faible et Louis-Philippe fut informé de la conspiration qui se formait. L’insurrection échoua et la duchesse du Berry fut arrêtée le 7 novembre 1832.
            Je finirais en disant qu’il ne faut pas confondre “révolte” ou “insurrection” avec “révolution”. Le mot révolution traduit le mouvement sur lui même de l’ensemble d’un système autour de son axe de rotation. Ce mot porte encore l’idée de l’échelle globale auquel s’applique un mouvement.
            L’insurrection finit quand la révolution commence. Giuseppe Mazzini

            Merci de m’avoir lu
            Douarn


    • Daniel Jagline Le 25 décembre 2015 à 13h33
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      J’en suis là aussi !
      Que pourrions nous faire ?
      Je ne suis absolument plus consentant de toute cette machinerie dans laquelle je suis pourtant totalement enfermé !
      Je n’en suis pourtant pas encore au point d’accepter la violence comme une alternative, ce qui traduit peut-être, soit une lâcheté immobilisante et impardonnable, soit une aliénation irréversible, mais quoi d’autre, puisque nous somme face à un ennemi qui lui est prêt à tout.
      Alors à part le crier et tenter de le démontrer encore et encore comment agir ?


    • Kropo Le 25 décembre 2015 à 15h44
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      Bonjour à tous,

      pour donner un début de réponse a pepeben, il existe, je pense, différentes façon pour agir, en plus de s’informer correctement et d’aider ceux qui nous entourent à en faire autant.

      Pour faire simple, je vous conseille déjà, c’est d’actualité, d’aller voir le film “Demain”, il est peut-être encore en salle près de chez vous, mais aussi à vous rendre sur le site du film, qui vous renvoie en partie vers le site des colibris et des fiches pratiques, qui vous aiguillent et vous aident à planifier des actions pour faire changer les choses a différents niveaux, à vous de choisir…

      C’est une piste du moins, et ça aide bien à rester optimiste malgré tout, je pense.

      le site du film :
      link to demain-lefilm.com

      et le sous-chapitres “solutions”, qui vous renverra en partie vers des fiches pratiques du sites des colibris.
      link to demain-lefilm.com


  8. MicMax Le 24 décembre 2015 à 13h59
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    Chomsky faisait partie de mes lectures (et de celles de quelques de mes collègues à l’uni) au tout début des années 70, lorsqu’il avait pris publiquement position contre la guerre du Viêt-Nam. La lucidité et le bien-fondé moral de ses déclarations et écrits, en portant tout particulièrement sur la politique étrangère des États-Unis et le “modus operandi” des “mass medias”, ont été des vrais catalyseurs pour la formation de ma conscience politique et ma vision du journalisme corporatif depuis cette époque-là.

    En lisant un texte de Chomsky de 2015 je remarque que sa position vis-à-vis de ces même sujets et domaines n’a pas changé d’un pouce en lucidité et intégrité. Il continue le même Chomsky de toujours, chose rare parmi les “grand penseurs d’occasion” tels qu’on connaît en France et ailleurs.

    Un magnifique “cadeau de Noël” d’Olivier Berruyer pour ses lecteurs, et en tant que tel je vous en remercie. D’ailleurs j’apprécie nombre des commentaires à propos de ce billet, avec un sentiment spécial pour celui de pepeben du 24.12.15 à 12:00. L’heure est à l’action.


  9. Guillaume Besset Le 24 décembre 2015 à 14h05
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    Au niveau politique : L’idéologie guerrière doit être contournée en montrant de manière convaincante que la prévention des conflits est préférable (tout comme l’Etat de Droit et la démocratie participative, et le libéralisme respectant la liberté de TOUT individu (si ce n’est pas le cas alors il s’agit d’anomie))

    Au niveau émotionnel : Education à la psychologie qui est une science récente pas encore incluse par défaut dans les programmes scolaires ! (la prise de recul sur ses propres affects, le pardon, l’empathie, ..) permet de soigner bien des blessures, et réduire l’engrenage des violences (Ed & Civic Techs)

    Il est inacceptable qu’en France, le budget de la Justice soit de 0.23% du PIB (les aides sociales 34% par comparaison par ex)


    • olivier M Le 25 décembre 2015 à 03h54
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      Augmenter le budget d’une justice aux ordres, je n’en vois pas l’intérêt.


    • enfaitpourquoi Le 29 décembre 2015 à 02h59
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      intéressant mais on les 34% ça m’étonnerait ! dans le plan 2014, le plus gros budget est celui de l’enseignement secondaire – ce que tout le monde sait – +/- 15%… ensuite ….l’armée à +/- 10% … la justice est pauvre… seulement 1,92% , l’insertion est à 3,4 %


  10. pratclif Le 24 décembre 2015 à 14h08
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    Démonter le récit national peut être fait pour tout état nation. L’état nation est un mythe constuit par l’élite de génération en génération.


  11. Louis Robert Le 24 décembre 2015 à 15h02
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    Devant tout cela, il est souvent demandé: “Mais que pouvons-nous faire?”

    Le moment est propice de répondre à cette question.

    Apprenons d’abord la solitude.

    Ensuite, tel le maître sabreur et samouraï zen, acceptons de mourir.


  12. Morne Butor Le 24 décembre 2015 à 15h54
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    Une grande partie de la population ne se rend compte de rien.

    Une toute petite partie de la population se désespère, mais ne sait quoi faire et de toute façon ne fera rien tant que la situation n’est pas totalement désespérée. Les plus courageux écrivent.

    Les plus motivés, et parce qu’il n’y a plus rien à perdre, embrigadent les désespérés les plus influençables et en font des terroristes. Ces terroristes, ou héros selon le plus de vue, acceptent de mourir pour une cause perçue comme meilleure, même si les plus clairvoyants savent déjà que cette cause contient par nature ses propres perversions.

    Sans prendre partie, l’historien se demande quels impacts ont les écrits, quels impacts ont les terreurs et notent que les révolutions ne font que déplacer le centre du pouvoir. Saurons-nous sortir de ce cercle vicieux et engager la politique dans une autre dimension ?

    Je crois assez en la capacité de la technologie de donner de la transparence à la politique, pas tout de suite et pas sans douleur, mais cela me semble une voie potentiellement puissante. L’utopie d’une politique toute ouverte, assez transparente et très publique ne semble pas totalement impossible à l’aube d’une future ère de l’information totale. L’information totale pourrait exister le jour ou chaque citoyen disposera d’une clique de tiques, moustiques et autres microbes électroniques si petits et invisibles qu’il lui sera potentiellement possible d’espionner tout acte et dire de ceux en qui il a donné sa confiance, de ceux qui ont été chargés de mener la politique des citoyens sous le contrôle direct de ceux-ci.

    Mais l’utopie n’est même pas encore théorisée que ses perversions montrent déjà leurs ombres : désinformation totale avec des moyens égaux ou supérieurs à ceux dont disposent les citoyens ; transhumanisme réservé à une super-classe dirigeante ; influence très peu perceptible mais bien réelle d’IA non compréhensibles, car fondamentalement non humaines ; IA totalitaire mettant, très ouvertement, en coupe réglée la faune humaine ; éradication de l’espèce humaine et de ses propres contradictions politiques par une entité “autre” quelle qu’elle soit…

    Seule constante : la liberté est un combat de tous les jours.


    • Pierre Ratcliffe Le 24 décembre 2015 à 17h43
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      “Une toute petite partie de la population se désespère, mais ne sait quoi faire et de toute façon ne fera rien tant que la situation n’est pas totalement désespérée. Les plus courageux écrivent. ”

      Bien de votre avis. Le système monde ne cesse jamais d’évoluer de déséquilibres en déséquilibres. Et c’est presque jamais dans le bon sens. 1.8 milliards d’humains quand je suis né, plus de 7 milliards maintenant 80 ans après; et les 9 milliards de demain (2030) sont déjà dans les gènes de leurs mères qui vivent aujourd’hui. Nous avons créé l’ère géologique de l’anthropocène. Elle aura une fin! Je suis désespéré…. voir mon billet link to bit.ly


  13. Iskander Zakhar Le 24 décembre 2015 à 17h23
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    Merci “aux crises” de nous faire découvrir ce genre d’article et d’immenses penseurs comme Chomsky, loin desquels voudraient nous maintenir les faiseurs d’ignorance que sont nos gouvernants au sens large. Tant qu’un seul d’entre nous doutera de la rhétorique officielle, alors l’humanité continuera d’être l’humanité. Le jours où tous les cerveaux auront été lavés, l’humanité redeviendra simplement animale… De bonnes fêtes aux lecteurs des crises et un immense merci à Olivier et à tous les collaborateurs du site pour leur remarquable boulot.


  14. LA ROQUE Le 24 décembre 2015 à 17h28
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    Mème si la plupart des lecteurs de ce blog connaissent les rouages des médias je recommande le visionnage des vidéos indiquées plus haut dans le billet:

    [A propos des médias, de la qualité de l’information qu’ils distillent, un excellent documentaire analyse les nôtres, en France; on peut le visionner gratuitement sur Dailymotion, aux adresses suivantes: Partie 1 – Partie 2]


  15. Garibaldi2 Le 24 décembre 2015 à 18h31
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    Ce site, comme bien d’autre est en fait le refuge de gens qui s’enkystent dans l’immobilisme, mais ”qui savent”! c’est un peu devenu mon cas mais il faut dire que je ne suis plus tout jeune. Ce qui est grave, c’est que la jeunesse soit en fait sans révolte, sauf quelques fois quand elle se comporte en consommateurs insatisfaits. C’est bien de s’informer, mais ce serait mieux de militer sur le terrain et de renverser les tables, mais pour ça il faut un certain courage et quelques fois de grands sacrifices. Dans une de ses chansons, Higelin disait : ”choisir aujourd’hui l’étendard de ses futures désillusions”. Phrase terrible mais qui nous résument bien, nous sommes des protestataires en chambre car en fait nous ne croyons plus qu’il soit possible de changer quoi que ce soit. :

    Puisque les dauphins sont des rois
    Tout seul le silence s’impose
    Puisqu’il revient à qui de droit
    De tenter les métamorphoses
    Puisque les révolutions
    Se font maintenant à la maison
    Et que lorsque le monde implose
    Ce n’est qu’une nouvelle émission, émission
    ##CHORUS##
    Il est temps à nouveau, oh temps à nouveau
    De prendre le souffle nouveau
    Il est temps à nouveau, oh temps à nouveau
    De nous jeter à l’eau
    Puisque ce n’est plus qu’un système
    Et sa police américaine
    De monde meilleur on ne parle plus
    Tout juste sauver celui là, celui là
    ##CHORUS##
    Puisque je suis mon aquarium
    Moi le poison, moi le poisson
    Changé en homme
    ##CHORUS##
    Oh temps à nouveau
    Oh temps à nouveau
    De prendre le souffle nouveau
    Il est temps à nouveau
    Oh temps à nouveau
    De nous jeter à l’eau
    Eh
    { Beau temps pour se jeter à l’eau }
    Oh temps à nouveau
    Temps à nouveau
    Temps à nouveau
    Temps à nouveau
    De nous jeter à l’eau…

    Texte de Jean-Louis Aubert

    C’est l’une des plus belles chanson de la langue française et l’un des plus beau appel à la révolte … que la jeunesse de l’époque n’a pas compris. Tant pis pour elle.


    • Louis Robert Le 24 décembre 2015 à 18h57
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      Non, nous ne sommes pas tous, ici, des vaincus.

      En fait, nous pouvons TOUT changer. Il faut et il suffit pour cela que nous refusions tout net de servir… de servir le Pouvoir qui nous asservit et que les vaincus consentent à servir, trop souvent avec délectation.

      Quiconque œuvre à élucider, à dénoncer, à rassembler, à mobiliser, à résister, à combattre, à vaincre et par là à libérer de ce Pouvoir totalitaire, celui/celle-là se consacre à l’essentiel, n’a pas à se soucier de devoir “faire autre chose”…

      C’est la Résistance qui manque le plus, submergée par le consentement à servir des vaincus, si loquaces et éloquents soient-ils!


  16. Moshedayan Le 24 décembre 2015 à 19h24
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    C’est fait je me décide à vous donner de temps en temps et sans en abuser mon avis. Ce billet est excellent , bienvenu et il faudrait qu’il soit largement diffusé. De mon côté, j’ai un espoir que les “honnêtes gens” ouvrent les yeux, se dressent contre les simplifications, abordent les réalités sans faux fuyant et sans maquillage, parlent enfin aussi de ce que les simples gens voient, ressentent et dialoguent avec eux sans les traiter d’imbéciles ou d’ignares (en se parant de l’intelligence pour moi artificielle puisqu’elle évacue la réalité)… Et je souhaite que votre blog soit sans complaisance avec toutes les dérives possibles du monde politique français : extrêmistes, nationalistes … et celle que je ressens (peut-être à tort) qui est imprégnée de l’esprit “socialo-vichyste” ( la collusion et les dérives du socialisme français déjà manifeste quand des députés socialistes votèrent les pleins pouvoirs à Pétain, quand Guy Mollet s’en prit violemment au FLN sans discernement et décida je crois d’envoyer le contingent en Algérie, quand Mitterrand fréquenta occasionnellement un certain Bousquet et maintenant à vous de décider de juger ce que fait votre Président Hollande …. Vive Moshe Dayan !


    • francois Le 24 décembre 2015 à 21h44
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      N’oubliez pas l’addiction de l’élite politique de ce pays des droits de l’homme, de la fraternité, de l’égalité et de la liberté aux meurtres de masse comme le Rwanda en 1995, Sarajevo en 1995 aussi et le Bataclan 2015.

      Tient, mon ami congolais me souffle une annerie : tout homme né libre et égaux en droit


  17. Louis Robert Le 24 décembre 2015 à 21h44
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    Les “honnêtes gens” ont les yeux ouverts, … ont ainsi appris à se passer avantageusement des Moshe Dayan!


    • Moshedayan Le 25 décembre 2015 à 08h28
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      A Louis Robert : sans polémique et avec un esprit pacifique, Moshe Dayan était un militaire – c’est vrai, mais avec des idées ouvertes et proches du Parti travailliste. Et puis, il ne devait pas être si mauvais car tous ses enfants ont pris le “Parti de la Paix” en Israël, donc le papa n’a pas éduqué ses enfants dans l’esprit de la haine sûrement. non ? L’Histoire a aussi bien d’autres personnes “honnêtes gens” qui peuvent nous inspirer (et toujours avec une “petite pincée d’humour et d’autodérision ça fait pas de mal ” (Vive Moshe Dayan) Bonne continuation à ce blog


      • enfaitpourquoi Le 29 décembre 2015 à 02h04
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        bof! contre-exemple: la fille de Staline n’était pas stalinienne… ce qui ne veut pas dire que le père n’était pas une des pire horreurs humaines… et quand je dis humaine, je le regrette presque.


  18. tepavac Le 24 décembre 2015 à 22h16
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    bonsoir
    j’interviens seulement pour donner deux liens;
    le premier est cocasse, il concerne la position de bhl envers les ouvriers français, à rapprocher avec ses positions ailleurs…
    link to wat.tv
    le second est un documentaire sur Michel Naudet
    link to franceculture.fr


  19. Astatruc Le 25 décembre 2015 à 08h59
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    Merci Tepavac, (c’est Naudy et pas Naudet):)un homme très seul, lui aussi.

    Michel Naudy dans « Les Nouveaux Chiens de garde »

    Salarié de France Télévisions, son entreprise (publique) ne lui confiait aucun travail. Depuis plus de quinze ans.

    link to vimeo.com


  20. Bonsensiste Le 25 décembre 2015 à 12h26
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    Il manque des faits dont un que je peux citer sur le Vietnam :

    Des bataillons entiers ( 500 soldats ) de l’armée du SUD ( Diem le catholique) ont été décimés par des bombardements US, uniquement parce qu’ils contenaient des “éléments” suspects !

    Mon épouse y a perdus ses deux frères ainés !


    • enfaitpourquoi Le 29 décembre 2015 à 02h09
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      les américains ont toujours été des rouleaux compresseurs en matière militaire… et les rouleaux compresseurs ne prenaient pas de précautions… dans la 2ème guerre mondiale on leur a assez reprocher de bombarder de très haut pour ne pas prendre de risque, contrairement aux anglais qui volaient beaucoup plus bas …
      mais on ne peut quand même pas oublier tous ces jeunes américains qui reposent dans les cimetières de nos plages normandes… ils sont quand même morts pour libérer la France…


      • OFJ Le 29 décembre 2015 à 13h37
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        “pour libérer la France” : c’est ainsi qu’on leur a vendu la chose !
        En revanche, du point de vue des dirigeants américains, ne serait-il pas plus opportun de dire pour “vassaliser” la France ?
        Et juste un rappel, 9/10 des divisions allemandes étaient sur le front de l’est et seulement 1/10 en France. Et aussi, environ 300 000 GI morts durant la seconde guerre mondiale (front atlantique plus front pacifique) ; et environ 24 millions de soviétiques (militaires + civils + holocauste)


  21. Bruno Le 25 décembre 2015 à 22h13
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    A noter un nouvel article de propagande anti-russe dans le New-York Times. link to nytimes.com
    L’article lui-même est sans grand intérêt, le bla bla habituel. Ce qui est plus intéressant sont les réactions des lecteurs, américains pour la plupart, qui ne se gênent pas pour dénoncer l’intention du papier. Tout espoir n’est donc pas perdu et de nombreuses personnes réfléchissent et n’avalent pas sans réfléchir la bouillie délivrée par notre presse. link to wordpress.com


  22. petitjean Le 26 décembre 2015 à 16h32
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    A partir du moment où la majorité du peuple est sans conscience politique, sans culture économique, sans culture historique, rien n’est possible !

    l’ennemi du peuple est sa propre ignorance.

    « Plus un peuple est éclairé, plus ses suffrages sont difficiles à surprendre. […] Même sous la Constitution la plus libre, un peuple ignorant est esclave. » [Condorcet]

    Article 35 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1793 :
    « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. »

    tout le reste est bavardage !!……………………..


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