Signalé par Okéanos, traduit par Christophe pour le blog www.les-crises.fr, cet édifiant article du Guardian de vendredi dernier.

Encore un bel exemple de faute professionnelle caractérisée (rappel, objectif n°1 du Directeur du FMI : ne pas faire haïr le FMI) qui devrait entraîner un licenciement pour faute grave, et qui n’arrivera pas, c’est juste bon pour les manants. Bel exemple de néo-féodalisme…

Prologue

Avant de vous proposer l’article, je vous rappelle ces quelques fortes visions de Christine Lagarde {alias “Madâme 400 Md€ de dette française”, qui sait ici vraiment parler aux peuples…}, tirées de ce billet (oui, je sais, je suis cruel, mais comme on espère être sortis de l’abîme par les irresponsables nous y ayant conduit…) :

17 août 2007, dans « Le Parisien »
« Ce n’est pas un krach […] Nous assistons aujourd’hui à un ajustement […] une correction financière, certes brutale mais prévisible. »

5 novembre 2007 sur « Europe 1 »
« La crise de l’immobilier et la crise financière ne semblent pas avoir d’effet sur l’économie réelle américaine. Il n’y a pas de raisons de penser qu’on aura un effet sur l’économie réelle française. »

10 février 2008, au G7 au Japon
« Nous ne prévoyons pas de récession dans le cas de l’Europe. »

15 mai 2008 sur « Europe 1 »
« Vous accueillez ce matin un ministre de l’Economie qui se réjouit et qui jubile, pour tout dire. Je suis surtout très contente pour notre pays {en raison de la révision à la hausse de la croissance pour 2007} […] En revanche, les prévisions européennes des déficits de la France sont outrageusement pessimistes.»

16 septembre 2008, conférence de presse
« [La crise aura] des effets sur l’emploi et sur le chômage [pour l’heure] ni avérés ni chiffrables. »

10 mai 2010 sur « Europe 1 »
« Nous avons décidé d’envoyer un signal extrêmement fort aux marchés pour protéger l’euro. Je suis convaincue que le mécanisme va fonctionner. »

25 juin 2010
« La notation de la France est triple A stable, il y a d’autres triples A qui sont moins stables, je regarde de l’autre côté de la Manche par exemple. Elle n’est pas menaçée. »

8 juillet 2010, rencontres économiques d’Aix-en-Provence
« À la question « Est-ce qu’on est ou non sorti de la crise ? », j’ai répondu en anglais au Forum de Saint-Pétersbourg « We are in the middle of the beginning of the end » ; et je pense qu’on en est probablement là.

9 juillet 2010
« Je suis convaincue que la France va conserver sa note AAA. »

19 décembre 2010, dans « De Tijd »
« Une restructuration de dette n’est pas à l’ordre du jour au sein de la zone euro »

25 janvier 2011, au Forum de Davos
« L’euro a franchi le cap, et la zone euro a désormais le pire de la crise de la dette derrière elle. »

13 février 2011, dans « Der Spiegle »
«Vous faites fausse route. Tant que je serai dans ce poste, la France n’abandonnera pas ce statut. [le triple A] »

13 mai 2011
« Tous les clignotants sont au vert. »

4 juin 2011, dans « Télérama
« Protéger les faibles contre les forts, c’est l’essence du libéralisme. »

L’article du Guardian, « C’est l’heure de rembourser : n’attendez aucune sympathie de notre part »

« Prenez vos responsabilités et n’essayez plus d’éviter de payer vos impôts » a averti la patronne du FMI. 

dessin humour cartoon

(sous la photo : « le FMI n’a aucune intention d’adoucir les termes du programme d’austérité imposé à la Grèce », dit Christine Lagarde).

Le Fonds Monétaire International a fait monter la pression sur la Grèce frappée par la crise après que son Directeur général, Christine Lagarde, a déclaré avoir plus de sympathie pour les enfants privés d’une scolarisation décente en Afrique sub-saharienne que pour la majorité de ceux confrontés à la pauvreté à Athènes.

Dans une interview sans compromis accordée au Guardian, Lagarde insiste sur le fait que le moment du remboursement est arrivé pour la Grèce et fait clairement comprendre que le FMI n’a aucune intention d’adoucir les termes du programme d’austérité imposé à la Grèce.

Faisant montre de la plus grande franchise depuis le début de la crise il y a deux ans et demi, elle déclare que c’est aux parents grecs à prendre leurs responsabilités si leurs enfants sont affectés par les coupes budgétaires. « Les parents doivent payer leurs impôts », rappelle-t-elle.

La Grèce, qui a vu son économie se contracter d’un cinquième depuis le début de la récession, a dû tailler dans les salaires, les pensions et les dépenses publiques en échange d’une aide financière du FMI, de l’Union Européenne et de la Banque Centrale Européenne.

Interrogée sur le fait de savoir si elle était à même d’imaginer ces mères incapables d’obtenir l’accès aux sages-femmes ou ces patients incapables d’obtenir des médicaments indispensables à leur survie, Lagarde a répondu qu’elle « pensait plus aux petits enfants d’un village au Niger qui reçoivent deux heures de cours par jour, qui se partagent une chaise à trois et qui sont heureux d’aller à école. Je pense à eux tout le temps. Parce que je pense qu’ils ont plus besoin d’aide que les gens d’Athènes. »

Lagarde, qui prédit que la crise de la dette doit encore suivre son cours, ajoute : «  Vous savez quoi ? Puisqu’il s’agit d’Athènes, je pense aussi à tous ces gens qui essaient d’échapper à l’impôt tout le temps. A tous ces gens en Grèce qui essaient d’échapper aux taxes. » Elle dit qu’elle pense « à égalité » aux Grecs privés de services publics et à ceux qui ne paient pas leurs impôts.

« Je pense qu’ils devraient se venir en aide mutuellement. » Quand on lui demande comment, elle répond : « en payant tous leurs impôts ».

Quand on lui demande si elle dit, en substance, aux Grecs et à d’autres en Europe qu’ils ont passé du bon temps et que désormais, c’est le moment de payer la facture, elle répond : « oui, c’est cela. »

L’intervention de Lagarde a lieu après que le gouvernement grec provisoire s’est réuni pour discuter d’une chute drastique des recettes fiscales – en baisse d’un tiers sur un an. D’après les termes du bailout, Athènes s’était engagée à améliorer le faible niveau de perception des impôts dans le but de réduire son déficit budgétaire, et la remarque de Lagarde témoigne de l’impatience grandissante de la communauté internationale. Il est ainsi fait état de rapports en Allemagne et en France concernant la préparation à une possible sortie de la Grèce de la monnaie unique après ses élections du 17 juin.

Le vice premier ministre belge, Didier Reynders, a déclaré que ce serait une “grave erreur professionnelle” si les banques centrales et les sociétés ne se préparaient pas une sortie.

L’Euro a fait l’objet d’une attaque en règle sur le marché des changes, chutant même sous la barre des 1,25 € pour 1 $ à un moment vendredi, alors que le gouvernement espagnol était en pourparlers à propos de l’injection de 19 milliards € dans Bankia, l’une des plus grandes banques du pays, et que le gouvernement de la région autonome de Catalogne a officiellement demandé l’aide de Madrid pour faire face à ses dettes.

Des signes de divergences sont apparus entre l’Allemagne et la France quant à l’émission ou non d’Eurobonds pour aider les pays en difficulté, comme la Grèce et l’Espagne, qui souffrent des taux d’intérêt élevés frappant leurs dettes.

Jens Weidmann, président de la Bundesbank, a douché les attentes à propos des Eurobonds – qui sont fermement soutenus par le président français, François Hollande – et a réaffirmé que l’aide financière devrait s’arrêter si la Grèce ne parvenait pas à respecter les termes du bailout.

Jürgen Fitschen, co-dirigeant d’une des plus grandes banques allemandes, a décrit la Grèce comme « un pays failli… un Etat corrompu ». Toutefois, à côté de cela, il y a des rumeurs indiquant que la chancelière, Angela Merkel, est en train de déterrer d’anciens plans de modernisation économique utilisés en Allemagne de l’Est après la chute du communisme dans l’espoir que des mesures similaires pourraient être appliquées à la Grèce et à d’autres pays de l’eurozone. Aujourd’hui, le magazine Der Spiegel a mentionné l’existence d’un plan stratégique pour la croissance en six points de la chancelière Merkel, lequel plan est lui-même basé sur le plan est-allemand précité. Il inclut des mesures de type privatisation, flexibilisation du droit du travail et diminution d’impôts.

Les sondages d’opinion en Grèce font état d’une lutte serrée entre les partisans et les opposants aux termes du plan de renflouement de 130 Md€ mais ni l’Allemagne, ni le FMI n’ont démontré aucune volonté de mettre de l’eau dans leur vin.

Dans son interview, Lagarde a affirmé que la Grèce ne bénéficierait pas de plus de faveurs qu’un pays en voie développement et que le FMI n’estime pas dur d’imposer des conditions difficiles à un pays riche.

“Non, ce n’est pas plus difficile. Non. Parce que c’est la mission du Fonds et que c’est mon travail de dire la vérité, peu importe qui est autour de la table. Et je vais vous dire une chose : c’est parfois plus dur de dire à un gouvernement d’un pays à faible niveau de revenu, où les gens vivent avec 3 000 $, 4 000 $ ou 5 000 par habitant par an, d’améliorer vraiment le budget et de réduire le déficit. Parce que je sais ce que çà signifie en termes de programme de sécurité sociale et d’aide aux pauvres. Cela à de bien plus grandes conséquences. »

Épilogue

Pour la monomanie sur les impôts grecs, deux mots.

Le premier : “Lagarde : les grecs, payez vos impôts !”. Lagarde : 550 000 $ de revenus au FMI, 0 $ d’impôt. Comment dit-on “foutage de gueule” en grec ?

Le second. Oui, il y a probablement un peu plus de fraude en Grèce que dans d’autres pays au système fiscal plus fort. Cela signifie que le rendement unitaire est plus faible ; bref, en terme d’image, quand on met la TVA à 20 % en France, on a 100, quand on le met en Grèce, on n’a que 90 (chiffres fictifs). Si c’était juste comme cela, cela serait scandaleux.

MAIS cela ne s’arrête pas là. Car si presque tout le monde” fraude un peu, ce n’est presque plus de la fraude… Je veux dire que bien évidemment, l’État a compensé ! Et dans autre exemple, il met la TVA à 22 % en facial, et il lui rentre bien 100. Bref, la fraude est annulée !

Peu importe le taux facial et le taux de fraude (c’est le problème d’une discussion au sein de la population grecque, les plus honnêtes payant plus ; rappelons que les taux de fraude les plus élevés sont chez les armateurs et professions libérales), ce qui compte est in fine quel est le rapport de recettes fiscales rapporté au PIB !

Alors, les Grecs “ne paieraient pas d’impôt” ? Regardons :

NB. Comme je l’ai indiqué, le fait que la Sécurité sociale, publique, soit comptée dans les “impôts” doit inciter à la prudence dans l’interprétation. On a bien ici les impôts, et c’est à cause de cela que al France est en tête, et que la Suisse est basse. Mais les Suisses doivent cotiser à des mutuelles privées, et ce prélèvement quasi-obligatoire, fait que l’écart “à service rendu égal” est bien plus faible. Mais cela ne change rien au sujet étudié ici, puisqu’on parle bien de fraude aux impôts…

 

Il est bien évident que ce genre de déclaration FMIesque est de nature à affoler la population grecque, ce qui a quelques effets :

Pour mémoire, une grosse prime en nombre de députés (+ 17 %) est accordée au parti qui arrive premier aux élections.

A contrario, ces tensions ont un effet clair sur la population allemande, de très mauvais augure pour l’avenir (“pays unique qu’y disaient”):

À suivre…

73 réponses à [Article exclusif] Lagarde aux Grecs : « C’est l’heure de rembourser : n’attendez aucune sympathie de notre part » + Légende fiscale

  1. Patrick Luder Le 27 mai 2012 à 04h54
    Afficher/Masquer

     
    Merci pour ces précisions, je m’étais aussi laissé abusé par les médias qui présentent le non paiement des impôts en Grèce, comme un sport national (tradition séculaire) … voir une émission de Geopolitis.
     


  2. jerome Le 27 mai 2012 à 06h21
    Afficher/Masquer

    “No, I think more of the little kids from a school in a little village in Niger who get teaching two hours a day, sharing one chair for three of them, and who are very keen to get an education. I have them in my mind all the time. Because I think they need even more help than the people in Athens.” 
     
    Une intervention à mettre dans la rubrique : les droits de l’homme et le capital, ou comment la morale compassionnelle vient épauler le capital. D’où cet argument “mais de quoi vous plaignez-vous ?!!! Il y a plus pauvre que vous!”. Oui, si on suit ce raisonnement il y a toujours plus pauvre que soi et on aurait donc toujours tort de ce plaindre, de protester, de se révolter à ce compte là, ce serait toujours une indécence, est-ce que les grecs au lieu de se plaindre de ne plus pourvoir faire remplacer leurs dents ne devraient pas redoubler d’effort pour pouvoir accroitre leur aide au développement de pays comme le Niger qui ne parviennent même pas à scolariser leurs enfants ? Avec ce genre d’argumentation nos élites pourront défaire les acquis de décennies de luttes des travailleurs (les avantages acquis) avec la plus parfaite bonne conscience et en portant bien haut les valeurs de l’humanité.


  3. Claude Le 27 mai 2012 à 06h50
    Afficher/Masquer

    Comme le billet le montre magistralement, Lagarde a toujours été une marionnette dans les mains de Sarkozy. Son arrivée au FMI ne l’as pas transformée. Ce changement très brutal de ton  me semble acter la décision des états membres  de lâcher la Grèce.
    L’idée de comparer le sort des enfants grecs avec le sort des enfants africains et un coup de com vraiment génial, son staff a bien travaillé sur ce coup.


  4. José Le 27 mai 2012 à 06h58
    Afficher/Masquer

    Bonjour Olivier,
    tu as cité parmi les âneries de la patronne du FMI sa déclaration de juillet 2010 “nous sommes au mileu du début de la fin”. C’est injuste; pour une fois elle avait peut-être à moitié raison: si on sort la phrase de son contexte, “nous sommes au mileu du début de la fin” 😉


  5. Galuel Le 27 mai 2012 à 07h19
    Afficher/Masquer

    “Quand on lui demande si elle dit, en substance, aux Grecs et à d’autres en Europe qu’ils ont passé du bon temps et que désormais, c’est le moment de payer la facture, elle répond : « oui, c’est cela. »”
    Mais “ceux qui ont pris du bon temps” sont morts depuis longtemps, il ne reste plus qu’une nouvelle génération qui n’a en rien participé à une émission de fausse monnaie, au sein d’un système monétaire qu’ils n’ont pas choisi.
    “c’est aux parents grecs à prendre leurs responsabilités si leurs enfants sont affectés”
    On vient juste de te dire qu’ils SONT MORTS t’es sourde Christine ou quoi ?
    N’as tu donc pas conscience que toi même tu es plus proche de la mort que de la naissance ?
    Qu’espères-tu donc ? Te faire rembourser de quoi ? On ne rembourse que ce que l’on doit. Or un nouveau né ne doit absolument rien. Et s’il ne reçoit pas il meurt.
    Il faut donc donner.
    http://www.creationmonetaire.info/2011/05/le-flux-lhomme-la-monnaie.html
    Et pour cela changeons le code !
    http://www.creationmonetaire.info/2011/09/le-monopole-du-code-monetaire.html


    • José Le 27 mai 2012 à 07h56
      Afficher/Masquer

      C’est vrai qu’un nouveau-né ne doit absolument rien. C’était vrai aussi des habitants des colonies. Les pays colonisateurs se sont justifiés en prétextant qu’ils apportaient les bienfaits de la civilisation, mais le bilan est loin d’être équilibré. L’opinion publique a été façonnée de manière à intégrer cette vision. Toute chose ayant une fin, le gâteau s’est amenuisé d’autant que les convives étaient de plus en plus nombreux; cette ressource étant en voie d’épuisement, on a pu laisser se développer la critique de la colonisation (comme le rappelle Yves Cochet, ce sont les circonstances qui modèlent les consciences et non l’inverse). La colonisation considérée comme une expansion spatiale ayant atteint ses limites, il a fallu se déployer dans la dimension qui restait: le temps. C’est pourquoi aujourd’hui le système repose sur l’utilisation des ressources futures, générations y compris. Ce néo-néo-colonialisme conquiert l’avenir, et crée, dans le domaine financier comme les autres (en particulier les ressources naturelles), des Ponzi comme celui des retraites. C’est la seule manière pour un système foncièrement (mathématiquement) non soutenable de se perpétuer. Qu’en pensez-vous?


      • Galuel Le 27 mai 2012 à 08h33
        Afficher/Masquer

        Excellent José, excellent !
        Lis donc cela et tu auras une réponse plus profonde encore : http://www.creationmonetaire.info/2012/05/fondement-et-implications.html


      • JPS1827 Le 27 mai 2012 à 10h52
        Afficher/Masquer

        Je trouve ce point de vue très intéressant, merci. je réfléchis à la façon dont on pourrait le soutenir ou le critiquer en l’affinant.


  6. erde Le 27 mai 2012 à 07h26
    Afficher/Masquer

    Merci Olivier pour ce rappel des énormités connes de cette “petite” (par la probité) dame fidèle soldat des ultra-libéraux.
    Il est vrai que l’on a tendance à oublier leur capacité de nuisance beaucoup trop vite dans le flux incessant de mauvaises nouvelles.
    Il est bon de se souvenir pour éviter de commettre d’autres erreurs dans le présent et faire le choix d’un futur plus humain.
    Ces gens là n’ont d’intelligence que l’hypocrisie, n’ont comme valeur que l’individualisme, comme moteur que l’avidité cupide de leur égoïsme.
    L’espoir se trouve dès à présent dans le partage, avec une vraie gauche et la Grèce sera peut être le 17 juin le modèle à suivre pour redonner l’espoir à tous les peuples d’Europe, trop longtemps floués et abusés par la droite et les sociaux-démocrates.     


  7. Axel V. Le 27 mai 2012 à 07h56
    Afficher/Masquer

    Vous citiez souvent les déclarations de madame Lagarde.
    Une fois mises les unes à la suite des autres, ça fait vraiment peur en effet.
    J’ai même tendance à me dire que son optimise affiché devant chacune des étapes de la crise relève en fait moins de son ignorance de la situation que de sa volonté qu’à la parole suivent les actes. Comme si en appelant le beau temps, il y avait plus de chance qu’il se pointe. La dame ne serait-elle pas profondément emplie de spiritualité ?
     
     


  8. BA Le 27 mai 2012 à 08h47
    Afficher/Masquer

    Dimanche 27 mai 2012 :
     
    Les grecs se disent « humiliés » par les propos de Christine Lagarde.
     
    Tollé général après les propos de Christine Lagarde au Guardian. Les internautes ont réagit rapidement sur la page Facebook de la directrice général du FMI après que celle-ci ait notamment appelé les grecs à payer leurs impôts.
     
    Les réactions n’on pas tardé et les internautes ont été prompts à réagir aux derniers propos de Christine Lagarde sur la Grèce. Des milliers de commentaires ont en effet été publié sur sa page Facebook après que dans une interview au Guardian, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), ait appelé les Grecs à prendre leur destin en main en s’acquittant notamment de leurs impôts, ajoutant que les enfants démunis d’Afrique ont davantage besoin d’aide que la population grecque.
     
    « Avez-vous simplement songé que nous étions à court d’argent ? » demande ainsi un internaute, résumant l’indignation de nombreux grecs après cet interview. Il est vrai que la directrice général du FMI n’y a pas été dans la douceur. « Je pense qu’ils devraient s’aider mutuellement en payant tous leurs impôts » explique-t-elle au Guardian, en évoquant « tous ces gens qui tentent en permanence d’échapper à l’impôt ».
     
    Et d’enfoncer le clou en affirmant qu’elle « pense davantage à ces petits enfants d’une école d’un petit village du Niger qui n’ont que deux heures de cours par jour, qui partagent une chaise pour trois et qui cherchent passionnément à avoir accès à l’éducation ». « Je pense à eux en permanence, parce que je pense qu’ils ont davantage besoin d’aide que la population d’Athènes. »
     
    Le peuple grec « humilié » selon le Parti socialiste.
     
    En Grèce, où les partis politiques sont de nouveau en campagne en vue des élections législatives du 17 juin, le chef de file du Parti socialiste (Pasok), Evangelos Venizelos, l’a accusée d’avoir « humilié » le peuple. « Personne ne peut humilier le peuple grec en cette période de crise et je dis ça tout particulièrement à l’adresse de Mme Lagarde », a-t-il dit dans un discours où il appelle la directrice générale du FMI « à reconsidérer ses déclarations. »
     
    Face à ces critiques, Christine Lagarde a expliqué sur sa page Facebook : « Ainsi que je l’ai dit à de nombreuses reprises par le passé, j’éprouve beaucoup de sympathie pour le peuple grec, pour les défis auxquels il est confronté. Une part importante de cet effort réside dans le fait que chacun assume sa part du fardeau. ». Sans pour autant convaincre tout le monde. Ce dimanche matin, seulement 417 personnes disaient « aimer » cette mise au point alors qu’elle avait suscité plus de 4.700 commentaires.
     
    http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/0202083398068-les-grecs-se-disent-humilies-par-les-propos-de-christine-lagarde-327488.php


  9. JJ Le 27 mai 2012 à 09h02
    Afficher/Masquer

    Ce qui est étonnant c’est l’usage systématique de ‘les grecs’. Comme si l’ensemble de la population était coupable. Hors si je ne m’abuse, la Grèce est constituée d’un ensemble d’individus. La plupart n’ayant jamais été au gouvernement, la plupart n’ayant que de petits revenus et la plupart n’ayant jamais fraudé (ou quelques euros, comme tout le monde).
    Dès lors la propagande sur ‘les grecs’ est ridicule. Il conviendrait de segmenter un peu plus et de réfléchir. Ce qu’évidement Md Lagarde évite. Effectivement, cela montrerai que les millions de ‘petits’ ne sont pas responsables des milliards manquants dans les caisses. Comme partout d’ailleurs.


    • step Le 27 mai 2012 à 11h05
      Afficher/Masquer

      ce qui est le plus frappant dans cette histoire, c’est que la fraude fiscale est la plus abondamment pratiquée par certaines professions en grêce pour des montants importants (armateurs en particulier) et que l’église bénéficie d’une exemption d’impôts alors que c’est la structure la plus riche de grêce. Tiens, rien a été fait pour les soumettre eux aussi à l’impôt…. Étonnant non? Taper sur le faible c’est toujours plus facile que sur le fort, c’est cela l’essence du libéralisme.
      Le FMI est il en train de compter ses pertes à venir ? Probable, mais bon quand le banquier renfloue pour la Xieme fois le faillitaire pour ne pas assumer ses pertes, il ne peut s’y prendre qu’à une personne : Lui même.
      Politiquement la gauche radicale qui viendra surement au pouvoir d’une manière ou d’une autre aura encore le mauvais rôle, celui d’acter la faillite, de passer pour un parti de velléitaires (pour défendre l’intégrité de la grèce). Et ruinera la population (elle l’est déjà mais ce sera officiel). Une fois cette transition passée, l’économie repartira en partie, et la gauche perdra la main, sous les assertions du style ‘regardez ils ont ruiné le pays’ des mêmes lâches qui reconduiront le pays à sa ruine. Tel est le fardot de la gauche, le mainstream compte sur elle pour rattraper son incurie et associer dans le mental de la population les difficultés économiques et son passage au pouvoir…


  10. Anonyme Le 27 mai 2012 à 09h29
    Afficher/Masquer

    Je crois que certains n’ont pas compris que la richesse ne se décrète pas ! Rien est acquis ! 

    De plus je suis choqué de lire que si certains ne paient pas leurs impôts il suffit de les augmenter pour que les gens honnêtes paient ce que les autres ne veulent pas payer ! 

    Quelle société souhaitez vous voir émerger avec une telle mentalité !


    • Suricat Le 27 mai 2012 à 10h24
      Afficher/Masquer

      C’est surtout l’Etat qui est coupable de ne pas sanctionner les fraudeurs. Depuis qu’il y a des radars automatiques en France, les gens roulent moins vite et il y a moins d’accidents.
      C’est scandaleux que FMI et européens n’ont pas tapé plus sur les politiques grecs pour qu’ils mettent en place un système sanctionnant la fraude et la corruption.

      Mais bon, c’est trop tard. Il faudrait un défaut total de tous les pays du monde avec planche à billet pour tenter tant bien que mal de stabiliser le système.

      Et l’idéal étant une organisation internationale pour mettre fin aux paradis fiscaux et pour imposer les riches.


  11. Incognitototo Le 27 mai 2012 à 10h22
    Afficher/Masquer

    Merci Olivier de rectifier les fantasmes médiatiques, c’est une oeuvre permanente de salubrité publique.

    Mme Lagarde, c’est vraiment le pur produit de la collusion-complicité des oligarchies financières pro-US…

    Qui peut citer une seule réforme économique ou fiscale, issue de son passage comme Ministre des Finances ?…
    Nous a-t-elle fait profiter de ses 25 ans d’expérience (où elle a forcément aidé quelques fortunes à faire de “l’optimisation fiscale”) dans un des plus grands cabinets d’affaires du monde pour améliorer les dispositifs de lutte contre la fraude fiscale ?…
    Y aurait-il un ou des obstacles, pour qu’elle nous fasse profiter de ses super compétences ?…

    Je l’ai toujours détestée et ça ne s’arrange pas…


  12. Casquette Le 27 mai 2012 à 10h31
    Afficher/Masquer

    Je pense aussi que d’autres déclarations du même genre devront suivre d’ici la mi juin, sur le graphique d’Olivier on voit que Nouvelle Démocratie rattrape petit à petit Syriza , pourtant la troïka et l’Allemagne multiplient les injonctions…
    Soit ils parient sur le vote protestataire soit les coups de menton marchent à merveille !
     


  13. BA Le 27 mai 2012 à 10h37
    Afficher/Masquer

    Les grands banques de l’IIF jugent ingérable une sortie de la Grèce de l’euro.
    PARIS – Une sortie de la Grèce de l’euro coûterait plus de 1.000 milliards d’euros et serait probablement ingérable par le système financier, estime l’Institut de la finance internationale (IIF), qui appelle les tenants d’une telle solution à y réfléchir à deux fois.

    Ceux qui pensent que l’Europe, et plus généralement l’économie mondiale, est préparée à une sortie de la Grèce devraient y réfléchir à deux fois, a indiqué le directeur général de l’IIF Charles Dallara, dans un entretien accordé à la veille du week-end à l’agence de presse Bloomberg.

    L’IIF rassemble 450 des plus grandes banques mondiales.

    Dans une estimation non rendue publique, l’IIF avait estimé à la mi-février que le coût d’une sortie de la Grèce dépasserait les 1.000 milliards d’euros.

    Cette projection est désormais un peu datée et probablement un peu sous-évaluée, a ajouté M. Dallara à Bloomberg.

    Le responsable a notamment souligné que l’exposition de la Banque centrale européenne à la Grèce représente désormais plus de deux fois ses fonds propres. En cas de sortie de la Grèce, la BCE serait dans l’incapaicté de fournir la liquidité suffisante pour stabiliser le système, a-t-il redouté.

    La BCE serait insolvable si la Grèce devait quitter l’Europe. L’Europe devra avant toute chose recapitaliser sa banque centrale, selon lui.

    Pour le responsable bancaire, il serait plus efficace d’apporter de l’argent supplémentaire à la Grèce pour l’aider à sortir de la récession, qui l’englue pour la cinquième année consécutive.

    Pour lui, 10 milliards d’euros supplémentaires pourraient suffire. Nous parlons là de sommes très modestes au regard de ce qui est déjà sur la table, a-t-il fait valoir. Ce n’est pas une alternative à des réformes de fond, mais la reconnaissance que certains éléments du programme (négocié avec les créanciers internationaux du pays) n’étaient pas si bien conçus que cela. Ce serait une chose sage à faire et de préférence plutôt tôt que tard, a relevé M. Dallara.

    Le directeur de l’IIF a par ailleurs estimé qu’il n’était pas clair à ce stade que l’Espagne ait besoin d’une aide internationale. L’audit prévu des comptes bancaires devrait montrer que les difficultés du secteur financier espagnol sont gérables, selon lui.

    (©AFP / 27 mai 2012 11h41) 


  14. pace Le 27 mai 2012 à 11h32
    Afficher/Masquer

    Salut ,
              j’espère qu’elle pensera à dire à TOTAL et autres multinationales de payer leurs impôts et de sortir les milliards planqués dans les  paradis fiscaux !!!
     


  15. ptitbambou Le 27 mai 2012 à 12h08
    Afficher/Masquer

    “la bêtise et l’orgueil sont fait du même bois” proverbe allemand


  16. Tristan Le 27 mai 2012 à 13h32
    Afficher/Masquer

    Olivier ! J’ai utilisé ton premier graphique au cours d’une discussion (tx de recettes fiscales par pays en 2008) et on m’a dit d’une part que c’est trop vieux (mais la crise en Grèce ne date t-elle pas justement de cette année-là ?) et d’autre part, on m’a renvoyé vers ce lien (Grèce :les faibles recettes fiscales en cause dans la crise de l’euro).
    Que dois-je répondre ? Pourquoi les chiffres sont-ils différents ?


  17. samy Le 27 mai 2012 à 13h58
    Afficher/Masquer

    @ M. Berruyer

    Je voulais vous informer que les commentaires que vous censurez arrivent par mail à tous ceux qui cochent la case “informez-moi des commentaires à venir”. 
    Les gens vont finir par s’en apercevoir… et ce n’est vraiment pas bon pour votre réputation. La prochaine fois je lirai les nouveaux commentaires directement de ma boite mail, avant de les effacer.    

     


  18. Vénus-Etoile du Berger Le 27 mai 2012 à 16h07
    Afficher/Masquer

    Lagarde a répondu qu’elle « pensait plus aux petits enfants d’un village au Niger qui reçoivent deux heures de cours par jour, qui se partagent une chaise à trois et qui sont heureux d’aller à école. Je pense à eux tout le temps. Parce que je pense qu’ils ont plus besoin d’aide que les gens d’Athènes. »
    « Christine Lagarde, a déclaré avoir plus de sympathie pour les enfants privés d’une scolarisation décente en Afrique sub-saharienne que pour la majorité de ceux confrontés à la pauvreté à Athènes »
    Bonjour à tous et à toutes,
    Pour ma part, Athènes et le Niger ne sont pas comparables.
    De même, Athènes et l’Afrique sub-saharienne ne sont pas comparables non plus.
    Petit Etats des lieux
    Afrique sub-saharienne : 48 pays classés par région (Ouest, Est, Centrale, Australe)
    Les catastrophes naturelles : la sècheresse ou inondation
    La Santé : la malnutrition
    La Guerre : la famine

    Combien de personnes sont touchées en Afrique sub-saharienne(dont rien que la république de la Somalie:10 085 638 habitants en 2012) ?
    http://www.statistiques-mondiales.com/afrique.htm
     
    Athènes : une ville appartenant à 1 pays
    La Pauvreté à Athènes
    Combien de personnes sont touchées à Athènes (dont 800 000 habitants en 2012)?
    http://www.statistiques-mondiales.com/grece.htm
     
    Cordialement,

    Vénus-Etoile du Berger munie de Maat Mons son bouclier sacré.


    • Vénus-Etoile du Berger Le 27 mai 2012 à 16h08
      Afficher/Masquer

      Toutefois en mai 2010, les décideurs auraient dû laisser la Grèce faire défaut et prêter à la Corne de l’Afrique (péninsule de l’Afrique de l’Est incluse dans Afrique sub-saharienne)  pour palier à la plus grande sècheresse de tous les temps.
      Petit point géographique : pour simple information le Niger ne fait pas parti de la Corne de l’Afrique mais fait bien parti de l’Afrique sub-saharienne.


  19. Crapaud Rouge Le 27 mai 2012 à 16h37
    Afficher/Masquer

    Dire que les Grecs doivent cesser de tricher, c’est dire qu’ils doivent payer tous leurs impôts, donc plus d’impôts. Mais qu’y a-t-il dans le programme “stratégique pour la croissance en six points de la chancelière Merkel” ? “Il inclut des mesures de type privatisation, flexibilisation du droit du travail et diminution d’impôts.” En trichant, les Grecs ne font que réduire d’eux-même leurs impôts, conformément à la doxa libérale.


  20. Paul Jorion Le 27 mai 2012 à 16h38
    Afficher/Masquer

    Arrogance de classe ayant atteint la cote d’alerte ? Ou incompétence crasse ? Parfois il n’y a pas à choisir.


    • Vénus-Etoile du Berger Le 28 mai 2012 à 19h57
      Afficher/Masquer

      Bonsoir,
      Ou bien, pour compléter votre réponse,
      J’entremêlerai un soupçon d’arrogance et d’incompétence au terme de l’alerte.
      Je vous remercie d’avoir pris la peine de lire mon message….
      Cordialement. Vénus-Etoile du Berger.


  21. BA Le 27 mai 2012 à 17h23
    Afficher/Masquer

    Dimanche 27 mai 2012 :
     
    Suisse : préparation d’un plan en cas d’éventuel éclatement de la zone euro.
     
    La Suisse, tout en n’envisageant pas d’éclatement de la zone euro, prépare un plan pour le cas où cela se produirait, a indiqué dimanche le président de la Banque centrale.
     
    Thomas Jordan, nommé le mois dernier à la tête de la Banque nationale suisse (BNS), a précisé au journal germanophone SonntagsZeitung qu’un groupe de travail discute des mesures à prendre pour combattre tout éventuel renchérissement du franc suisse, considéré comme une monnaie refuge.
     
    “Nous devons nous préparer à un scénario d’écroulement de la zone euro, bien que je ne pense pas que cela va se produire”, a ajouté le président de la BNS.
     
    M. Jordan a estimé que la crise de la zone euro s’est aggravée au cours des dernières semaines et a prédit des temps difficiles à venir.
     
    “Le groupe de travail se focalise sur des instruments destinés à combattre un renchérissement du franc suisse”, a-t-il dit au journal.
     
    “L’une des mesures envisageables serait un contrôle des capitaux, c’est-à-dire un contrôle direct sur le flux des capitaux en Suisse”, a-t-il ajouté sans donner plus de détails.
     
    http://www.boursorama.com/actualites/suisse-preparation-d-un-plan-en-cas-d-eventuel-eclatement-de-la-zone-euro-4e4b8390880ba84c3eaf2c82fb83f176


  22. Rostov Le 27 mai 2012 à 18h37
    Afficher/Masquer

    Ces déclarations cyniques et maladroites me font penser à celles de Joseph Foullon (contrôleur des finances), qui peu avant la Révolution de 1789, en pleine famine, déclarait aux personnes qui se plaignaient à lui: “Si vous avez faim, vous n’avez qu’à bouffer du foin”.
    Il a été pendu dès le début de la Révolution.


  23. Dudu Le 27 mai 2012 à 19h12
    Afficher/Masquer

    Technique classique : pour décrédibiliser les propos, on s’en prend à personne en la decredibilisant. Faire sa critique sur les seules estimations d’Eurostat, qui ont déjà émis des réserves sur les chiffres Grecs, c’est mince comme argument. Les Grecs n’ont pas trichés sur leur chiffre déjà ?


  24. Joanna Le 27 mai 2012 à 19h14
    Afficher/Masquer

    Heureusement que nous connaissons des femmes remarquables dans le monde (Benazir Bhutto, Aung San Suu Kyi, Evita Peron, Cristina Fernandez de Kirchner, Phoolan Devi …) et beaucoup d’anonymes … parce que hélas, à l’opposé, il y en a aussi comme elle.
    Dans quelques années on en arrivera peut-être à croire qu’elle a été à l’origine de l’expression « se faire mettre jusqu’à la garde ».


  25. bernard henry botul Le 27 mai 2012 à 19h38
    Afficher/Masquer

    Vivement 1789 , elle mangera des brioches !!


  26. Yves Le 27 mai 2012 à 19h54
    Afficher/Masquer

    Est-ce que Lagarde peut nous rappeler combien elle paye d’impôts sur le très généreux salaire versé par l’administration FMI ? J’espère qu’elle a conscience que ceci est possible parce que d’autres payent les impôts pour elle !!


  27. bourdeaux Le 27 mai 2012 à 22h07
    Afficher/Masquer

    Bonjour,
    Je signale à tous le numéro de samedi de la tribune avec un dossier complet sur la dette française, avec de nombreuses références au travail d’Olivier.


    • Dudu Le 28 mai 2012 à 06h32
      Afficher/Masquer

      Ils feraient mieux de faire leur travail d’investigation au lieu de reprendre les données des autres.


      • Vénus-Etoile du Berger Le 28 mai 2012 à 07h34
        Afficher/Masquer

        Un travail soigné et remarquable.
        Ce serait bien stupide de ne pas l’exploiter.
        La tribune a bien eu raison de l’intégrer dans leur dossier.

        Et Dudu cool Raoul…lâche la bride…Va te promener il fait beau…Merci. 

        Tiens une petite citation pour bien démarrer le matin
        “Je lâche la bride à toutes ses bontés .Marquise de Sévigné” 


  28. Richard Le 28 mai 2012 à 09h25
    Afficher/Masquer

    Bonjour à tous
    Difficile de se faire une idée réelle sur les fameux impôts grecs quand on lit par ailleurs de tels articles (La Dépêche du 28 mai) :
    ” En novembre 2011, la commission européenne estimait à 60 milliards d’euros le montant des impôts impayés par les entreprises et particuliers à l’État grec, soit environ 25% du PIB.
    L’administration peine à recouvrer ces arriérés d’impôts accumulés au fil des années : seuls 8 milliards d’euros pourraient finalement être collectés.
    La fraude fiscale coûterait 40 à 45 milliards d’euros par an au gouvernement grec. A titre de comparaison, elle était évaluée en France à près de 13 milliards d’euros en 2010.
    L’évasion fiscale (utilisation légale des failles du système pour réduire le montant de l’imposition) représenterait quant à elle un manque à gagner de 5 à 10 milliards d’euros.
    Chaque année, la Grèce perdrait ainsi 50 milliards d’euros, un montant équivalent à près de 15% de sa dette publique, chiffrée à environ 350 milliards d’euros.
    Sous l’impulsion de l’Union européenne, le gouvernement songe à réformer en profondeur son système fiscal, afin notamment d’optimiser la collecte de l’impôt. Et il y a fort à faire.
    Selon un rapport du Sénat grec de septembre 2011, 55 % des ménages ne paient pas d’impôt, qu’ils soient trop pauvres ou minimisent leurs revenus. “


  29. Helios Le 28 mai 2012 à 10h36
    Afficher/Masquer

    C’est 1,25$ pour un € et pas 1,25€ pour un $ (faut pas tout noircir, on n’en est pas encore là).
    Quand à la récupération des impôts, qu’en est-il de ceux qui n’ont pas été payés et sont bien au chaud dans les banques suisses (et autres) ? Pourquoi on ne commence pas par récupérer ceux-là ?
     
     


    • Patrick Luder Le 28 mai 2012 à 12h17
      Afficher/Masquer

      Les banques Suisses bougent imperceptiblement et sûremnet sous influence des pressions internationnales et aussi de la base du peuple. Avant nous (Suisses) faisions la différence entre la fraude et l’évasions fiscale … mais finalement les deux sont de l’argent (encore) impunément pris à d’autres pays ! Ne relâchez pas la pressions, nous y survivrons 🙂


      • step Le 28 mai 2012 à 19h25
        Afficher/Masquer

        position atypique, courageuse et tout à ton honneur patrick


  30. Matthieu Le 28 mai 2012 à 21h47
    Afficher/Masquer

    Bonjour Olivier,

    Peu importe le taux facial et le taux de fraude […], ce qui compte est in fine quel est le rapport de recettes fiscales rapporté au PIB !

    Je ne suis pas sûr que cette phrase serve votre discours. Le rapport que vous mesurez dans votre graphique est le pourcentage de recettes fiscales rapporté à la richesse officielle. Or, le problème sur la fiscalité grecque réside justement dans l’existence d’une économie souterraine importante (qui n’est évidemment pas comptabilisée dans le PIB…). Un revenu non déclaré n’impactera ni le numérateur (pas d’impôt sur ce revenu), ni le dénominateur (revenu non comptabilisé dans le PIB) de votre ratio…
     
    Pour faire avancer ce débat, il faudrait plutot comparer les pays suivant le rapport de recettes fiscales rapporté à une estimation du niveau de l’économie réelle (PIB + économie souterraine). Et il est possible que ce pourcentage soit relativement faible pour la Grèce.
     
    Je me doute que ces infos sont quasi-impossibles à quantifier, mais je voulais juste apporter une vision critique de votre indicateur que je trouve réducteur et trompeur.
    Qu’en pensez vous ?


  31. Caleb Irri Le 29 mai 2012 à 05h43
    Afficher/Masquer

    En réalité ce qui importe le plus à madame Lagarde et ses amis n’est pas que les Grecs payent leurs impôts, mais surtout qu’ils empêchent le parti Syriza de venir au pouvoir, comme le montre votre petit graphique sur les sondages. Si les financiers réussissent à faire avaler aux Grecs que la démocratie doit s’effacer devant la finance, alors ils auront gagné.
     
    http://calebirri.unblog.fr/2012/05/25/grece-le-coup-de-poker-des-marches/


  32. david lyon Le 29 mai 2012 à 08h42
    Afficher/Masquer

    Vos graphiques sont sans appel mais le seul truc qui me choque c’est que la propagande mediatique fonctionne sur les Grecs. En effet, depuis la 1er scrutin, on fait peur au populo avec des idées farfelues comme Gauche radicale = fin de l’euro = fin de la grèce = mort assurée dans les 24h chrono.
    Le fait que la mère Christine dise n’importe quoi va peut être leur donner un sursaut d’orgueil et les ramener à la “raison” à savoir ne pas voter pour des gens qui les ont amené dans le mur et qui veulent les y laisser.
    On assiste en Grêce à une lutte des classes pur sucre qui met en évidence une lutte des classes européenne entre des gens qui dirigent (en se gavant) et des gens normaux qui essayent de vivre dignement (le populo). TOUS les problèmes grecs et européens viennent des dirigeants et d’une soit disant idéologie du bien qui n’est qu’un moyen efficace de consolider le pouvoir (l’argent) entre les mêmes mains. L’aristocratie a fait la même chose avec la Religion pendant 1000 ans !
    Au final, le mieux pour les grecs est de sortir de l’euro fissa et revenir vers un athéisme économique.
    NB : Votre dernière intervention sur BFM a été magistrale, continuez, vous nous représentez 


    • G. Le 31 mai 2012 à 10h59
      Afficher/Masquer

      Si la Grèce sort de l’Euro, les situations suivantes sont très probables (jamais certaines, mais très probables!):
      – Chute de la valeur du Drachme, grosse inflation importée: tous les produits importés par les grecs deviendront beaucoup plus chers. Par conséquent, outre la baisse immédiate du pouvoir d’achat (dans les quelques semaines qui suivent, si si), risque que les gens “économisent” pour acheter l’essentiel. L’économie de “consommation” serait ainsi brisée pendant un temps, les produits de nécessité devenant la priorité. Cela mettrait en danger certaines entreprises grecques locales.
       
      – Refus des étrangers de prêter à la Grèce, sauf à des taux prohibitifs: entre la corruption et l’entente rampante des milieux financiers qui ont intérêt à “faire un exemple”, et simplement l’inflation galopante, difficile de vouloir prêter à ce pays. L’argument disant que “n’ayant plus de dettes, ils seront solvables” ne tient que sous certaines conditions. La première étant l’évolution de l’inflation, la deuxième étant l’état économique du pays. On ne prête pas à bas taux à un pays qui ne maitrise ni l’un ni l’autre.
       
      – Fuite des capitaux. Les règles de la mondialisation et de la libéralisation permettent un chantage financier fait par les milieux financiers aux grand Etats. On va pouvoir voir ce que ça donne en pratique: plus personne n’investissant en Grèce pour un bon moment, le temps que ça se calme, les gens se réfugiant sur des actifs en Allemagne ou autre… Ce manque de capitaux signifie pas d’investissement pour les entreprises grecques, pas de R&D, etc. etc…
       
      – L’état sera confronté à l’épineuse question des frais de fonctionnement: payer les fonctionnaires, les services publics, la sécu, les retraites, etc… Dans une situation où ils ne pourraient pas emprunter facilement, et où l’économie serait en berne, ils n’auraient que deux choix: ne pas payer, ou faire de l’inflation pour payer.
      La seule chance des grecs sera alors d’emprunter aux chinois pour ne pas sombrer, chinois qui s’empresseront peut-être (?) d’acquérir en échange des ports, des droits d’export, des îles… Un dépeçage de la Grèce façon chinoise, plutot que façon allemande…
       
      Alors non, les scénarios vraiment envisageables ne sont pas “tous roses”…


      • Patrick Luder Le 31 mai 2012 à 11h52
        Afficher/Masquer

        @G (mais pas triop vieux) …
        Oui, c’est logique, si la Grèce sort de l’Euro, elle se repliera d’abord sur elle même => marchés locaux et budgets forcés à l’équilibrés, mais la faiblesse de sa monnaie sera un atout touristique et elle ne pourra que reprendre des couleurs. Les seuls efforts réels de l’Etat seront de faire un budget équilibré et de collaborer avec sa population, sinon le pays retombera immédiatement dans une économie parallèle qui prend de plus en plus d’ampleur …
        Le danger est là => Si la Grèce reprend un endettement croissant, la population risque bien de se séparer de son gouvernement !!!


  33. LEFEUVRE Le 29 mai 2012 à 09h40
    Afficher/Masquer

    Lagarde ne paie pas d’impôts sur le revenu

    La directrice générale du FMI Christine Lagarde crée encore la polémique.
     
    Après s’être attiré les foudres du peuple grec qu’elle exhorte à payer ses impôts, la directrice générale du FMI se trouve au cœur d’une polémique basée sur son statut fiscal spécifique de fonctionnaire international.

    Nouveau tollé pour Christine Lagarde. Trois jours après avoir choqué la classe politique en exhortant les Grecs à payer leurs impôts, la directrice générale du Fonds monétaire international subit les foudres des internautes.
    La plupart dénoncent le fait que l’ancienne ministre de l’Économie, qui gagne actuellement 380.939 euros par an, ne paie pas d’impôts sur le revenu. L’explication est donnée par la convention de Vienne sur les relations diplomatiques datant de 1961: en qualité de fonctionnaire internationale, Christine Lagarde bénéfice d’un statut fiscal spécifique. L’article 34 affirme que «l’agent diplomatique est exempt de tous impôts et taxes, personnels ou réels, nationaux, régionaux et communaux».
    En revanche, l’article ajoute que l’agent diplomatique est redevable de certains autres impôts tels que les «taxes sur les biens immeubles privés situés sur le territoire de l’État accréditaire, à moins que l’agent diplomatique ne les possède pour le compte de l’État accréditant, aux fins de la mission».
    Le ministère des Affaires étrangères précise que ce statut fiscal spécifique bénéficie également aux dirigeants d’institutions internationales telles que l’Agence internationale de l’énergie atomique, de l’Organisation mondiale de la santé, de l’Unesco ou encore de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement. Les fonctionnaires européens bénéficient également en partie de cet avantage fiscal.


  34. Paulitis21 Le 31 mai 2012 à 20h21
    Afficher/Masquer

     
    J’apprécie beaucoup votre blog et la qualité de vos billets.
     
    La dernière gaffe de Christine Bavarde se passe de commentaire supplémentaire, cependant  le niveau des impôts/dépenses en Grèce et surtout en Irlande et dans les GIPSI en général pose problème en Europe.
     
    Si on regarde les études d’Eurostat depuis 10 ans cela me semble évident, voir la synthèse postée ici : « Trop peu d’impôts tue l’euro » http://www.bulle-immobiliere.org/forum/viewtopic.php?f=171&t=79413&sid=a63433b5c808a708ea957abf487b5b73
     
    N’hésitez pas à me contredire si nécessaire.
     


  35. GameOver Le 06 juin 2012 à 04h46
    Afficher/Masquer

    Responsables et Coupables.
    Oui les Grecs sont responsables et coupables de la situation dans laquelle ils sont. Ce sont eux qui ont vote pour elire leur gouvernants et personne d’autres. Le vote est a la majorite et la responsabilite est collective quand bien meme on s’abstient ou que l’on vote pour l’opposition. la majorite s’impose a tous. Il serait bon que ca fasse reflechir un peu. le vote n’est pas un acte anodin.

    Sur les chiffres impots vs PIB:
    100Mds de recette vs 343Mds de PIB en 2008 ca ne fait meme pas 30%. 
    D’autre part c’est le pays d’Europe qui a la plus grande economie souterraine estimee a 30%. lien: http://theoremedubienetre.files.wordpress.com/2012/05/shadoweconomy1.png?w=630 

    Dette de naissance: 
    La dette par francais est de 26,000 Euros, celle d’un africain est de moins de $200.
    Pourtant mon choix serait vite fait si je devais choisir et signer.
    Naitre avec une dette de 26,000 Euros mais pouvoir vivre dans un pays disposant d’infrastructures publiques et privees modernes, d’un systeme educatif, d’institutions, de logements disposant a 85% de tout le confort… ca vaut largement 26,000 Euros.

    Christine Lagarde;
    Ca devient vraiment lourd les jeux de mots, a croire qu’il n’y a plus guere d’arguments. 
    Christine Lagarde est qqu’un de tres brillant.
    Vous analysez des reflexions qui ne vous etaient pas adressees a vous mais aux Grecs. Ce n’est pas en leur disant que l’on veut les garder dans la zone Euro que l’on va leur faire prendre conscience de leurs responsabilites, ni en leur disant que l’on partage leur souffrance. Ils ont joue, ils ont perdu. Ils ont eu la belle vie, il faut payer maintenant. 

    Sur ses autres declarations, chacun sait qu’il n’est pas bon de dire au peuple la verite, sauf aux Suisses qui sont assez murs pour cela, un des rares peuples qui repond “non” a un referendum sur une abrogation de l’IR car ils savent que ce qu’ils ne paieront pas d’un cote, ils le paieront de l’autre. Nous en France, on ecoute les promesses electorales et on reve, puis on vote. Developper le sens critique devrait etre une priorite educative.

    GameOver


    • GG75 Le 06 juin 2012 à 08h27
      Afficher/Masquer

      Je suis d’accord avec game over. J’aurais aimé qu’Olivier mette en perspective le niveau de redistribution des prestations sociale et le nombre de fonctionnaires de l’etat grec en fonction de ses revenus (congés payés, sécu, depart en retraite, retraite des fonctionnaires etc…). On verrai sans doute que les grecs vivent un peu voir beaucoup sur la bete et la bete elle vient de crever.
      D’autre part, je fais de l’export depuis une 15 d’années et j’ai eu l’occasion de faire du business en Grèce. Honnetement, et j’ai fait des affaires dans beaucoup de pays pas très catholiques partout dans le monde, la Grèce m’a soufflé en tant que pays Européen. Jamais je n’ai ressenti la corruption à des niveaux aussi bas et autant institutionnalisé. A un moment il faut arrêter de se voiler la face.
      Ceci étant dit je pense que la sortie de la Grèce de l’euro est une énormité et un très mauvais signal envoyé au reste du monde. La Grèce est dans l’Europe et il faut assumer. Mais pour cela il faut que les Grecs arretent de faire n’importe quoi. La récré est finie et maintenant on écoute papa et maman…
       


Charte de modérations des commentaires