Je poursuis la petite série de textes que je trouve intéressants de Dmitry Orlov, ils aident à la réflexion. Il est né à Leningrad et a immigré aux États-Unis à l’âge de douze ans. Il a été témoin de l’effondrement soviétique lors de plusieurs visites prolongées sur sa terre natale russe entre la fin des années 1980 et le milieu des années 1990. Il est ingénieur et a contribué à des champs aussi variés que la physique des hautes énergies et la sécurité informatique.

Ce texte de fond est du 11 novembre 2008, donc après le pic de la Crise de 2008, et développe son propos précédent sur l’effondrement d’une économie. Je le publie avec l’accord du traducteur, orbite.info, que je remercie.

Les cinq stades de l'effondrement, par Dmitry Orlov

Bonsoir à tous ! L’exposé que vous êtes sur le point d’entendre est le résultat d’un processus longuet de mon côté. Ma spécialité est de réfléchir à — et malheureusement de prédire — l’effondrement. Ma méthode est basée sur la comparaison : j’ai vu l’Union soviétique s’effondrer et, puisque je suis aussi familiarisé avec les détails de la situation aux États-Unis, je peux faire des comparaisons entre ces deux superpuissances défaillantes.

Je suis né et j’ai grandi en Russie, et je suis retourné en Russie à maintes reprises entre la fin des années 1980 et le milieu des années 1990. Cela m’a permis d’acquérir une solide compréhension de la dynamique du processus d’effondrement tandis qu’il se déroulait là-bas. À partir du milieu des années 1990 il était tout à fait clair pour moi que les États-Unis prenaient la même direction générale. Mais je ne pouvais pas encore dire combien de temps le processus prendrait, alors je me suis assis et j’ai regardé.

Je suis un ingénieur, et donc j’ai naturellement tendance à chercher des explications physiques à ce processus, par opposition aux explications économiques, politiques ou culturelles. Il s’avère que l’on peut trouver une très bonne explication de l’effondrement soviétique en suivant les flux d’énergie. Ce qui s’est produit dans les années 1980 est que la production de pétrole Russe a atteint un pic historique. Cela a coïncidé avec la mise en production de nouvelles provinces pétrolières à l’Ouest — la mer du Nord en Grande-Bretagne et en Norvège, la baie de Prudhoe en Alaska — et cela a rendu soudainement le pétrole très peu cher sur les marchés mondiaux. Les revenus soviétiques ont dégringolé, mais leur appétit pour les marchandises importées est demeuré inchangé, et donc ils ont plongé de plus en plus profondément dans l’endettement. Ce qui les a condamnés finalement n’était même pas tant le niveau d’endettement que leur incapacité à engager davantage d’endettement encore plus vite. Une fois que les prêteurs internationaux ont rechigné à accorder davantage de prêts, la partie était terminée.

Ce qui arrive aux États-Unis maintenant est largement similaire, avec certaines polarités inversées. Les États-Unis sont un importateur de pétrole, brûlant jusqu’à vingt-cinq pour cent de la production mondiale, et important plus des deux tiers de cela. Au milieu des années 1990, quand j’ai commencé pour la première fois à essayer de deviner le moment de l’effondrement des États-Unis, l’arrivée du pic global de la production pétrolière était prévue aux environs du tournant du siècle. Il s’est avéré que l’estimation était décalée d’une décennie, mais c’est assez précis, en fait, pour ce genre de grandes prédictions. Et voilà le prix élevé du pétrole qui met un frein à davantage d’expansion de la dette. Tandis que les prix plus élevés du pétrole déclenchent une récession, l’économie commence à se contracter, et une économie qui se contracte ne peut soutenir un niveau d’endettement en expansion perpétuelle. À un certain point la capacité de financer les importations de pétrole sera perdue, et ce sera le point de basculement, après lequel rien ne sera plus jamais pareil.

Ceci n’est pas pour dire que je crois à une sorte de déterminisme de l’énergie. Si les États-Unis réduisaient leur consommation d’énergie d’un ordre de grandeur1, ils consommeraient toujours une quantité invraisemblablement énorme, mais une crise énergétique serait évitée. Mais alors, ce pays, tel que nous avons l’habitude de le concevoir, n’existerait plus. Le pétrole est ce qui actionne cette économie. À son tour, c’est cette économie basée sur le pétrole qui rend possible le maintien et l’augmentation d’un niveau d’endettement extravagant. Donc, une réduction drastique de la consommation de pétrole causerait un effondrement financier (plutôt que l’inverse). Quelque autres stades d’effondrement suivraient, dont nous discuterons ensuite. Ainsi, on peut voir cet appétit bizarre pour le pétrole importé comme un échec culturel, mais ce n’en est pas un qui peut être défait sans causer beaucoup de dommage. Si l’on veut, on peut appeler cela du déterminisme ontologique : ça doit être comme c’est, jusqu’à ce que ce ne soit plus.

Je ne veux pas suggérer que chaque partie du pays va soudainement subir une panne d’existence spontanée, en revenant à une nature inhabitée. Je suis d’accord avec John Michael Greer2 que le mythe de l’apocalypse n’est pas le moins du monde utile pour faire face à la situation. L’expérience soviétique est très utile ici, parce qu’elle nous montre non seulement que la vie continue, mais aussi exactement comment elle continue. Mais je suis tout à fait certain qu’aucune quantité de transformation culturelle ne nous aidera à sauver divers aspects clefs de cette culture : la société de l’automobile, la vie dans les banlieues3, les grandes surfaces, le gouvernement affairiste, l’empire global, la finance incontrôlée.

D’un autre côté, je suis tout à fait convaincu que rien de moins qu’une profonde transformation culturelle ne permettra à un nombre significatif d’entre nous de garder un toit au dessus de la tête, et de la nourriture sur la table. Je crois aussi que le plus tôt nous commencerons à abandonner notre bagage culturel inadapté, plus nous aurons de chances de tenir. Il y a quelques années, mon attitude était juste de continuer de regarder les événements se dérouler, et de garder cette histoire d’effondrement comme une sorte de passe-temps macabre. Mais le cours des évènements est certainement en train de s’accélérer, et maintenant mon sentiment est que le pire que nous pourrions faire est de prétendre que tout ira bien et de passer le temps restant dans l’organisation actuelle de notre vie, sans rien pour la remplacer une fois qu’elle aura commencé de s’arrêter.

Maintenant, pour en revenir à mes propres progrès personnels sur ces questions, en 2005 j’ai écrit un article appelé Leçons post-soviétiques pour un siècle post-américain. Initialement, je voulais le publier sur un site tenu par Dale Allen Pfeiffer4, mais, à ma surprise, il a fini sur From the Wilderness, un site bien plus populaire tenu par Michael Ruppert5 et, à mon étonnement croissant, Mike m’a même payé pour cela.

Et depuis lors, on me pose la même question, très souvent : Quand ? Quand l’effondrement va-t-il se produire ? Étant un petit peu intelligent, je refuse toujours de donner une réponse spécifique, parce que, voyez-vous, dès que l’une de vos prédictions spécifiques s’avère fausse, c’en est fait de votre réputation entière. Une manière raisonnable d’envisager le minutage est de dire que l’effondrement peut se produire à différents moments pour différentes personnes. Vous pouvez ne jamais vraiment savoir que l’effondrement s’est produit, mais vous saurez qu’il s’est produit pour vous personnellement, ou pour votre famille, ou pour votre ville. La vision d’ensemble ne s’assemblera peut-être pas avant bien longtemps, grâce aux efforts des historiens. Individuellement, nous pouvons ne jamais savoir ce qui nous frappe et, en tant que groupe, nous pouvons ne jamais être d’accord sur une seule réponse. Regardez l’effondrement de l’URSS : certaines personnes débattent encore de pourquoi exactement il s’est produit.

Mais quelquefois la vision est plus claire que nous le souhaiterions. En janvier 2008, j’ai publié un article sur Les cinq stades de l’effondrement, dans lequel je définissais les cinq stades, et puis j’affirmais courageusement que nous étions au beau milieu d’un effondrement financier. Et dix mois plus tard il semble que je ne me sois pas trop avancé cette fois. Si le gouvernement américain doit prêter aux banques plus de deux cent milliards de dollars par jour juste pour empêcher l’ensemble du système d’imploser, alors le terme crise ne rend probablement pas justice à la situation. Pour continuer ce jeu, le gouvernement américain doit être capable de vendre la dette qu’il engage, et quelles chances y a-t-il, pensez-vous, pour que l’ensemble du monde s’arrache des milliers de milliards de dollars de dette nouvelle, sachant qu’ils sont utilisés pour consolider une économie en train de se contracter ? Et si la dette ne peut être vendue, alors elle doit être monétisée, en imprimant de l’argent. Et cela déclenchera l’hyperinflation. Alors, n’ergotons pas, et appelons ce qui est en train de se produire comme ce à quoi cela ressemble : un effondrement financier.

Les cinq stades de l'effondrement, par Dmitry Orlov

Alors voici les cinq stades tels que je les ai définis il y a presque un an. La petite coche à côté de l’effondrement financier est là pour nous rappeler que nous ne sommes pas ici pour ergoter ou être ambigus, car le stade 1 est très engagé. Les stades 2 et 3 — les effondrements commercial et politique — sont entraînés par l’effondrement financier, et se chevaucheront l’un l’autre. Pour l’instant, il n’est pas clair lequel est le plus engagé. D’un côté, il y a des signes que le trafic mondial ralentit, et que les grandes surfaces sont bonnes pour une très mauvaise période, avec de nombreux magasins susceptibles de fermer après une saison de Noël désastreuse. D’un autre côté, les États subissent déjà des déficits budgétaires massifs, licencient des employés d’État, réduisent les programmes, et commencent à supplier le gouvernement fédéral pour être renfloués financièrement.

Même si les différents stades de l’effondrement s’entraînent les uns les autres de façons variées, je pense que cela a un sens de les maintenir conceptuellement séparés. Ceci parce que leurs effets sur notre vie quotidienne sont tout à fait différents. N’importe quels moyens constructifs que nous pourrons trouver pour esquiver ces effets seront aussi différents. Enfin, certain stades de l’effondrement semblent inévitables, tandis que d’autres peuvent être évités si nous nous battons assez.

L’effondrement financier semble particulièrement douloureux si vous vous trouvez avoir beaucoup d’argent. D’un autre côté, je rencontre tout le temps des gens qui ont le sentiment que rien n’est encore arrivé. Ce sont surtout des gens jeunes, qui ont relativement réussi, qui n’ont pas ou peu d’économies, et ont encore des boulots bien payés, ou une assurance chômage qui n’est pas encore épuisée. Leur vie quotidienne n’est pas très affectée par la tourmente sur les marchés financiers, et ils ne croient pas que quoi que ce soit de différent soit en train de se produire en dehors des hauts et des bas économiques habituels.

L’effondrement commercial est bien plus évident, et l’observer ne nécessite pas d’ouvrir des enveloppes et d’examiner des colonnes de chiffres. C’est douloureux pour la plupart des gens, et mortellement dangereux pour certains. Quand les rayonnages des magasins sont vidés du nécessaire et restent ainsi pendant des semaines de suite, la panique s’installe. Dans la plupart des lieux, cela requiert une sorte de réaction d’urgence, pour s’assurer que les gens ne soient pas privés de nourriture, d’abris, de médicaments, et que certaines mesures de sécurité et d’ordre public soient maintenues. Les gens qui savent ce qui vient peuvent se préparer à en éviter le pire.

L’effondrement politique est encore plus douloureux, parce qu’il est mortellement dangereux pour beaucoup de gens. La rupture de l’ordre public serait particulièrement dangereuse aux États-Unis, à cause du grand nombre de problèmes sociaux qui ont été balayés sous le tapis au cours des années. Les Américains, plus que la plupart des autres peuples, ont besoin d’être défendus les uns des autres à tout moment. Je pense que je préférerais la loi martiale à l’anarchie et au chaos complet et absolu, bien que j’admette que l’un et l’autre soient de très pauvres choix.

L’effondrement social et culturel semble avoir déjà eu lieu dans plusieurs parties du pays dans une large mesure. Ce qui reste d’activité sociale semble ancrée dans des activités transitoires telles que le travail, les courses et les sports. La religion est peut-être la plus grande exception, et beaucoup de communautés sont organisées autour des églises. Mais dans les endroits ou la société et la culture demeurent intactes, je croit que l’effondrement social et culturel est évitable, et que c’est là que nous devons vraiment résister. Aussi, je pense qu’il est très important que nous apprenions à voir notre environnement pour ce qu’il est devenu. Dans beaucoup d’endroits, on a l’impression qu’il ne reste simplement pas beaucoup de choses qui vaillent d’être sauvées. Si toute la culture que nous voyons est de la culture commerciale, et si toute la société que nous voyons est la société de consommation, alors le mieux que nous ayons à faire est de nous en éloigner, et de chercher d’autres gens prêts à faire de même.

Les cinq stades de l'effondrement, par Dmitry Orlov

Il n’y a rien de particulièrement profond ou magique quant aux cinq stades que j’ai choisi, sauf qu’ils semblent pratiques. Ils correspondent aux aspects communément distingués de la réalité quotidienne. Chaque stade de l’effondrement correspond aussi à un certain ensemble de croyances dans le statu quo, qui est sur le point de tomber à l’eau.

C’est toujours une chose impressionnante à observer, quand la réalité glisse. À un moment, une certaine idée est vue comme absurde, et le moment suivant elle est traitée comme la sagesse conventionnelle. Il semble y avoir un mécanisme psychologique impliqué, dans lequel personne ne veut être vu comme le dernier imbécile à comprendre enfin le tableau. Tout le monde commence par prétendre avoir pensé de cette façon depuis le début, ou au moins depuis un petit moment, de peur de paraître idiot. Il est toujours difficile de demander aux gens ce qui les a soudainement fait changer d’avis, parce qu’avec la peur d’avoir l’air idiot vient une certaine perte de dignité.

L’exemple le plus convaincant de nombreux esprits ayant soudainement un éclair est, à mon avis, la fin soudaine de l’URSS. C’est arrivé avec Boris Eltsine juché sur un tank, à qui on demandait : Mais que va devenir l’Union soviétique ? Et sa réponse, prononcée avec le maximum de gravité fut : Désormais je ne la désignerai plus que comme l’ANCIENNE Union soviétique. Et ce fut tout. Après cela, quiconque croyait encore à l’Union soviétique ne paraissait pas seulement idiot, mais vraiment fou. Pendant un moment, il y a eu beaucoup de vieux fous paradant avec des portraits de Lénine et de Staline. Leur esprit était trop vieux pour avoir l’éclair.

Ici, aux États-Unis, nous n’avons encore fait l’expérience d’aucune réalisation majeure, fracassante, de celles qui ont l’air absurde immédiatement avant et sont complètement évidentes immédiatement après qu’elles se soient produites. Nous avons eu des secousses mineures, la plupart en rapport avec des hypothèses financières. L’immobilier est-il un bon investissement ? Le système de retraite privé permettra-t-il de prendre sa retraite ? Le gouvernement nous renflouera-t-il tous ? Toutes les réalisations majeures sont encore à venir, ou, comme mes amis jeunes cadres dynamiques endurcis ne cessent de me le dire : Rien n’est encore arrivé.

Mais du moment où quelque chose sera arrivé, il sera trop tard pour que nous commencions à planifier son arrivée. Il ne semble pas trop valable pour nous de rester assis à attendre l’heureux événement, quand tous les autres se sentent idiots en même temps. Aussi arrogant que cela paraisse, nous ferions peut-être mieux d’accepter leur idiotie avant eux, et de nous tenir à une distance sûre en avance de l’opinion qui prévaut.

Parce que si nous faisons cela, nous pourrions bien réussir à trouver des façons de nous débrouiller. Nous pourrions apprendre à esquiver l’effondrement financier en apprenant à vivre sans avoir besoin de beaucoup d’argent. Nous pourrions créer des modes de vie alternatifs et des réseaux de production et de distribution informels pour tous les besoins avant que l’effondrement commercial ne se produise. Nous pourrions nous organiser en communautés auto-gouvernées qui pourraient fournir leur propre sécurité durant l’effondrement politique. Et toutes ces étapes mises ensemble pourraient nous mettre en position de sauvegarder la société et la culture.

Ou nous pouvons juste attendre jusqu’à ce que tout le monde commence à être d’accord avec nous, parce que nous ne voudrions pas qu’ils aient l’air idiot.

Les cinq stades de l'effondrement, par Dmitry Orlov

La dynamique importante, quand il s’agit d’effondrement financier, est à présent évidente. C’est l’effondrement des pyramides de crédit, tout le château de carte comme dit le président Bush. Le terme technique est effet de levier inversé6, et la réponse est le renflouement financier. Le gouvernement fédéral va renflouer les banques et les compagnies d’assurance, les compagnies d’automobiles, et les gouvernements des États. Appelons cela le tapis roulant du renflouement : nous empruntons de plus en plus vite juste pour ne pas chuter. Le tapis roulant est en fait une bonne métaphore. Imaginez ce qui arriverait si vous alliez dans un gymnase, montiez sur un tapis roulant, et poussiez continuellement la vitesse, aussi haut que possible. Ce qui arriverait est que vous trébucheriez, et vous vous trouveriez éjecté en arrière.

Il est instructif de poser la question : à qui empruntons-nous l’argent du renflouement ? Les gens vous diront que nous l’empruntons au contribuable. Mais ce n’est pas comme si les avis d’imposition fédéraux s’étaient automatiquement envolés de quelques milliers de milliards durant les deux derniers mois, et donc cela pose la question : à qui le contribuable va-t-il emprunter cet argent entre-temps ? À d’autres Américains ? Non, parce que notre taux d’épargne est abyssalement bas depuis un bon bout de temps maintenant, et le peu que nous avons économisé est dans la valeur immobilière, qui s’amenuise, et dans les actions et les obligations, à travers des fonds mutualisés, des fonds de pension et autres, qui ont baissé d’un tiers environ. La valeur de ces investissements s’effondre, et si nous nous débarrassions de ces investissements pour lever les fonds pour payer cette nouvelle dette, cela la ferait s’effondrer encore plus vite. En effet, nous ne ferions que déplacer l’argent d’une poche à l’autre. Ainsi, réellement, les renflouements doivent être financés par les étrangers. Et si ces étrangers décident de ne plus nous confier davantage de leurs économies ? Alors notre seul recours est de monétiser la dette : imprimer de la monnaie.

Et donc la prochaine question est : combien d’argent devrons-nous imprimer ? Le but des renflouements est de fournir des liquidités aux compagnies insolvables, pour éviter l’effet de levier inversé. Pour comprendre ce que cela signifie, on doit comprendre que pour chaque dollar réel dans l’économie, au sens de pas emprunté, il y a plus de 13 dollars d’argent emprunté, qui existent seulement tant que la dette peut être reconduite. Si votre crédit est au plafond tandis que l’économie est en croissance, c’est déjà assez mauvais, mais l’économie américaine se contracte à cause d’un récent choc pétrolier. Une économie plus petite ne peut supporter autant de dette, et c’est en partie la raison pour laquelle nous avons un effet de levier inversé. Une fois que le processus d’aigrissement de la dette a commencé, il est difficile à arrêter, et si l’effet de levier inversé devait continuer sa course, nous chuterions de plus de 1 300 %. Monétiser autant de dette nécessiterait plus de 1 300 % d’inflation. Et une fois que ça commence, ça devient très difficile à arrêter.

Et cela, croyez-le ou non, c’est en fait les bonnes nouvelles. Comme la plus grande part de notre dette est libellée dans notre propre monnaie — le dollar américain — les États-Unis n’auront pas à se déclarer en défaut de paiement souverain, comme la Russie a été forcée de le faire dans les années 1990. Au lieu de cela nous pouvons nous tirer de la banqueroute nationale en imprimant beaucoup de dollars. Nous rembourserons notre dette nationale, mais nous le ferons en papier monnaie sans valeur, poussant à la banqueroute nos créanciers internationaux dans le processus. Il est sûr que ce sera douloureux pour tout le monde, particulièrement pour quelqu’un qui avait l’habitude d’avoir beaucoup d’argent, parce que l’argent ne fera plus tourner le monde. Une fois que les États-Unis devront commencer à gagner de la monnaie étrangère pour payer les importations, on peut être sûr que les importations deviendront tout à fait rares.

Les cinq stades de l'effondrement, par Dmitry Orlov

Voici des instantanés des caractéristiques les plus saillantes de l’effondrement financier, telles qu’elles affecteront la vaste majorité de la population. Ici, je fais l’hypothèse que les effondrements commercial et politique sont plus lents à arriver, et que le gouvernement est encore là pour intervenir avec des aides d’urgence de diverses sortes, et qu’une sorte d’économie de marché continue de fonctionner. Cela pourrait en arriver au point où chacun se promène avec ses cartes de débit de petits bons d’alimentation, et le seul endroit où l’on peut les utiliser à portée de marche est le McDonald, mais je fais l’hypothèse d’une période semi-stable durant laquelle d’autres ajustements peuvent se produire avant que les autres stades suivent leur cours.

Les ajustements auraient à voir avec des aspects majeurs du mode de vie, depuis où nous vivons jusqu’à comment nous produisons de la nourriture et comment nous sommes en relation les uns avec les autres. Avec une monnaie rare et pas particulièrement forte, d’autres manières de gagner la collaboration d’autrui auraient besoin d’être développées à toute vitesse. Le domaine financier peut être vu comme un système complexe de barrières : votre compte en banque est séparé de mon compte en banque. Cette organisation nous permet, vous et moi, de ne pas trop nous inquiéter l’un de l’autre, pourvu que chacun d’entre nous ait suffisamment pour continuer de vivre. Bien que ce soit largement une fiction, nous pouvons nous imaginer être des acteurs économiques indépendants sur un pied d’égalité. Mais une fois que ces barrières conceptuelles ne comptent plus, parce qu’il n’y a rien derrière, nous devenons la charge les uns des autres, d’une sorte de façon immédiate qui surviendrait comme un choc pour la plupart des gens. L’indignité d’une telle interdépendance physique serait psychologiquement dévastatrice pour beaucoup de gens, alourdissant le bilan humain de l’effondrement financier au delà de ce qu’on attendrait d’un problème qui n’existe réellement que sur le papier. Cela va être particulièrement dur pour une nation élevée dans le mythe de l’individualisme forcené.

Les cinq stades de l'effondrement, par Dmitry Orlov

L’effondrement commercial, lorsqu’il arrivera, causera à nouveau bien plus de dégâts psychologiques qu’on l’attendrait d’un problème purement organisationnel. Les quantités de biens et de services immédiatement disponibles juste avant et juste après l’effondrement resteront à peu près les mêmes, mais parce que la psychologie du marché est si enracinée dans la population, aucune autre façon de se débrouiller ne sera envisagée. L’accumulation sera généralisée, avec le pillage comme antidote évident. Il y aura instantanément un immense marché noir pour toutes sortes de biens de nécessité, du shampooing aux fioles d’insuline.

Le mécanisme de marché fonctionne bien dans certains cas, mais il ne fonctionne pas du tout quand les marchandises clefs deviennent rares. Cela mène à la spéculation, à l’accumulation, au pillage, et à d’autres effets pernicieux. Il y a habituellement un réflexe de régulation des marchés, en imposant le contrôle des prix, ou en introduisant le rationnement. Je trouve tout à fait amusant que la récente clameur en faveur de la re-régulation des marchés financiers ait été accueillie aux cris de Socialistes ! Échouer dans le capitalisme ne fait pas de vous un socialiste, pas plus que divorcer ne vous rend automatiquement homosexuel.

Si, au moment où l’effondrement commercial est sur nous, il reste encore assez de système politique intact pour mettre en place le rationnement, le contrôle des prix et des plans de distribution d’urgence, alors nous devrons compter cela parmi nos bénédictions. Une gouvernance à la main aussi lourde n’est certainement pas pour plaire aux foules durant les temps d’abondance, quand elle est aussi superflue, mais elle peut tout à fait être une bouée de sauvetage durant les temps de pénurie. Le système de distribution de l’alimentation soviétique, qui était handicapé par une sous-performance chronique en temps normal, a prouvé sa résilience paradoxale durant l’effondrement, permettant aux gens de survivre à la transition.

Les cinq stades de l'effondrement, par Dmitry Orlov

Note Économie de Libre Service7 / Note Tout ce que vous pouvez manger8

Si avant l’effondrement commercial le défi est de trouver assez d’argent pour payer le nécessaire, après l’effondrement le défi est de faire accepter aux gens l’argent en paiement de ce nécessaire. Nombre des vendeurs potentiels préfèrent être payés avec quelque chose de plus de valeur que de simples espèces. Le service client en vient à signifier que les clients doivent fournir un service. Étant donné que la plupart des gens n’ont pas beaucoup à offrir, autre que leur argent à présent sans valeur, s’ils en ont encore, la plupart des fournisseurs de biens et de services décident de prendre des vacances.

Avec la disparition du marché libre et ouvert, même les articles qui sont toujours disponibles à la vente en viennent à être proposés d’une manière qui n’est ni libre ni ouverte, mais seulement à certains moments et à certaines personnes. La richesse qui existe encore, quelle qu’elle soit, est cachée, parce que l’étaler ou l’exposer ne fait qu’accroître le risque d’insécurité, et la quantité d’effort requise pour la protéger.

Dans une économie où la vaste majorité des articles manufacturés sont importés, et conçus avec leur obsolescence planifiée à l’esprit, il sera difficile de continuer de faire fonctionner les choses à mesure que les importations s’assécheront, particulièrement les importations de pièces de rechange pour la machinerie fabriquée à l’étranger. Le parc d’équipement disponible rétrécira avec le temps, tandis que de plus en plus de pièces d’équipement seront utilisées comme donneurs d’organes. Dans un effort pour continuer de faire fonctionner les choses, des industries artisanales entières dédiées à la remise en état des vieux trucs pourraient soudainement se constituer.

Les cinq stades de l'effondrement, par Dmitry Orlov

Il est parfois difficile de discerner l’effondrement politique, parce que les politiciens tendent à être tout à fait bons pour maintenir l’apparence du pouvoir et de l’autorité alors même qu’ils s’amenuisent. Mais il y a des signes révélateurs de l’effondrement politique. L’un de ceux-ci est quand les politiciens commencent à travailler au noir parce que leur boulot principal n’est plus suffisamment lucratif. Un autre est quand les politiciens régionaux commencent à défier ouvertement les ordres du centre politique. La Russie a connu une grande quantité de chacun de ces symptômes.

Une chose qui rend l’effondrement politique particulièrement difficile à repérer est que plus les choses empirent, plus les politiciens émettent de bruit. La rapport substance-bruit dans le discours politique est très bas même dans les bonnes périodes, ce qui rend difficile le repérage de la transition quand il tombe effectivement à zéro. La variable plus facile à surveiller est le niveau de confusion. Par exemple, quand M. Nazdratenko9, le gouverneur de la région Russe extrême-orientale de Primorsk10, a volé de grandes quantités de charbon, fait de grandes enjambées en direction de l’établissement d’une politique étrangère indépendante envers la Chine, et que pourtant Moscou ne pouvait rien faire pour le mettre au pas, on pouvait être sûr que le système politique de la Russie était à peu près mort.

Un autre signe révélateur de l’effondrement politique est la désintégration effective, quand des régions déclarent leur indépendance. En Russie, ce fut le cas de la Tchétchénie, et cela a mené à un conflit sanglant prolongé. Ici, nous pourrions avoir une Reconquista11 là où les anciens territoires mexicains deviennent toujours plus mexicains, le Sud pourrait se lever à nouveau. La Nouvelle-Angleterre, la Californie et le Nord-Ouest Pacifique12 pourraient décider de suivre leur chemin séparément. Une fois que le système d’autoroutes inter-États ne sera plus viable et que les lignes aériennes domestiques restantes auront disparu, il n’y aura plus grand chose pour maintenir les deux côtes ensembles. Ce qui a uni le pays autrefois fut la construction du chemin de fer continental, mais les chemins de fer ont été trop négligés pour le maintenir uni à présent. Un pays consistant en deux moitiés reliées par le canal du Panama est, de fait, au moins deux pays.

Une autre chose encore à surveiller est l’intrusion étrangère dans la politique intérieure. Quand les consultants politiques étrangers commencent à diriger les élections, comme il est arrivé avec la campagne de réélection d’Eltsine, on peut être sûr que le pays n’est plus aux commandes de son propre système politique. Aux États-Unis, il y a un abandon graduel de la souveraineté, à mesure que les fonds souverains achètent davantage d’actifs américains. Ce genre de choses était autrefois considéré comme proche d’un acte de guerre, mais c’est une période désespérée, et on leur permet de le faire sans même un commentaire méchant. Finalement, ils pourraient commencer à faire des demandes politiques, pour extraire le plus de valeur de leurs investissements. Par exemple, ils pourraient commencer à contrôler les candidats aux fonctions publiques, pour s’assurer que ceux-ci demeurent amicaux envers leurs intérêts.

Enfin, le vide de pouvoir créé par l’effondrement de l’autorité légitime tend à être rempli plus ou moins automatiquement par les organisations criminelles. Elles essayent souvent de se saisir de la classe politique en faisant élire ou désigner leurs hommes aux fonctions politiques. Les exemples inclus les oligarques russes, tels que Boris Berezovsky13, qui s’est fait élire à la Douma, le parlement russe, et Mikhaïl Khodorkovsky14, qui pensait pouvoir utiliser sa richesse pétrolière pour acheter son parcours dans la classe politique. Heureusement pour la Russie, Berezovsky est en exil en Angleterre, et Khodorkovsky est en prison.

Les cinq stades de l'effondrement, par Dmitry Orlov

Un grand nombre de gens aux États-Unis affirment qu’ils n’ont pas besoin de l’aide du gouvernement, et qu’ils iraient tout à fait bien si seulement le gouvernement les laissait seuls. Mais ce n’est vraiment qu’une pose ; il y a beaucoup de choses que ce gouvernement fait pour rendre leur vie possible. Aux États-Unis, le gouvernement fédéral maintient en vie de nombreuses personnes à travers des programmes tels que Medicaid15, la Sécurité Sociale16 et les bons alimentaires. Les gouvernements locaux fournissent l’enlèvement des ordures et l’entretien des conduites d’eaux et des égouts, la réparation des routes et des ponts, et ainsi de suite. Les services de police essayent de défendre les gens les uns des autres.

Quand tout cela commencera à se détricoter, il est probable que cela se fasse par le bas, pas par le haut. Les fonctionnaires locaux sont plus accessibles que les lointains bureaucrates de Washington, et donc ils seront les premiers submergés par la colère et la confusion de leurs administrés, tandis que Washington demeurera sourd. Une exception probable peut concerner l’utilisation des troupes fédérales. Il semble presque donné que les troupes rapatriées des plus de mille bases militaires à l’étranger seront mises en action ici, chez elles. Elles seront réassignées aux taches de maintien de la paix intérieure.

Les cinq stades de l'effondrement, par Dmitry Orlov

En dehors des grands programmes gouvernementaux, peu de choses sont disponibles aux États-Unis pour aider ceux dans le besoin. Encore une fois, les Américains font un grand spectacle de leur philanthropie, mais comparée à d’autres pays développés, ils sont en fait très radins quand il s’agit d’aider ceux dans le besoin. Il y a même un trait de sadisme politique, qui, par exemple, apparaît dans l’attitude des gens vis-à-vis des allocataires de l’aide sociale. Ce sadisme peut être vu dans la prétendue réforme de l’aide sociale, qui a forcé les mères célibataires à prendre des boulots qui couvrent à peine les frais de la garderie, laquelle est souvent de qualité inférieure.

En dehors du gouvernement, il y a les organisations caritatives, dont nombre d’entre elles sont religieuses, et donc elles ont la motivation ultérieure de recruter des gens pour leur cause. Mais même quand une organisation caritative ne fait pas de demandes spécifiques, son but réel est de renforcer la supériorité de ceux qui sont charitables, aux dépends de ceux qui reçoivent. Il y a un flux de gratitude forcée du bénéficiaire au bienfaiteur. Plus grand est le besoin, plus la transaction est humiliante pour le bénéficiaire, et plus le bienfaiteur est satisfait. Il n’y a pas de motivation pour le bienfaiteur de fournir davantage de charité en réaction à un plus grand besoin, excepté dans des circonstances spéciales, telles qu’à la suite immédiate d’un désastre naturel. Là où le besoin est grand, constant, et croissant, nous devrions nous attendre à ce que les organisations caritatives comptent très peu quand il s’agit de le satisfaire.

Puisque ni les largesses du gouvernement ni la charité ne subviendront vraisemblablement à ceux qui ne peuvent se subvenir eux-mêmes, nous devrions chercher d’autres options. Une direction prometteuse est le renouveau des sociétés d’entraide mutuelle, qui reçoivent des cotisations puis les utilisent pour aider ceux dans le besoin. Au moins en théorie, de telles organisations sont largement meilleures que l’aide gouvernementale ou les organisations caritatives. Ceux qui sont aidés n’ont pas besoin d’abandonner leur dignité, et peuvent survivre aux périodes difficiles sans être stigmatisés.

Pour se sortir intact des périodes de grand besoin, la seul approche raisonnable, il me semble, est de former des communautés qui soient assez fortes et cohésives pour procurer le bien-être à tous ses membres, assez grandes pour être pleines de ressources, et cependant assez petites pour que les gens puissent avoir des relations directes, et pour prendre une responsabilité directe dans le bien-être de chacun.

Les cinq stades de l'effondrement, par Dmitry Orlov

Si cet effort échoue, alors la perspective devient en effet désespérée. J’aimerais souligner, une fois de plus, que nous devons faire tout ce que nous pouvons pour éviter ce stade d’effondrement. Nous pouvons laisser le système financier, le secteur commercial et la plupart des institutions gouvernementales s’effondrer, mais pas cela.

Ce qui rend cela particulièrement délicat est que l’existence de la finance et du crédit, de la société de consommation, et de la loi et de l’ordre imposés par le gouvernement ont permis à la société — dans le sens d’une aide mutuelle directe et d’une responsabilité librement acceptée pour le bien de chacun — de s’atrophier. Ce processus de déclin social est peut-être moins avancé dans des groupes qui ont survécu à une récente adversité : les groupes d’immigrants et les minorités, ou les gens qui ont servi ensemble dans les forces armées. Les instincts qui sous-tendent ce comportement sont forts, et ils sont ce qui nous a permis de survivre en tant qu’espèce, mais ils ont besoin d’être réactivés à temps pour créer des groupes assez cohésifs pour être viables.

Les cinq stades de l'effondrement, par Dmitry Orlov

Note Colin Turnbull17

La culture peut signifier un très grand nombre de choses pour les gens, mais ce que j’entends par là est un élément spécifique très important de la culture : comment les gens s’entendent face à face. Prenez l’honnêteté, par exemple : les gens l’exigent-ils d’eux-mêmes et des autres, ou ressentent-ils comme acceptable de mentir pour obtenir ce que l’on veut ? Tirent-ils de la fierté de ce qu’ils ont ou de ce qu’ils peuvent donner ? J’ai tiré cette liste de vertus de Colin Turnbull, qui a écrit un livre sur une tribu dans laquelle la plupart de ces vertus étaient à peu près entièrement absentes. L’idée de Turnbull était que ces vertus personnelles étaient aussi presque toutes détruites dans la société occidentale, mais que pour le moment leur absence était masquée par les institutions impersonnelles de la finance, du commerce et du gouvernement.

Je crois que Turnbull a raison. Notre monde est un monde froid, dans lequel les citoyens sont théoriquement tenus de se débrouiller par eux-mêmes, mais ne peuvent survivre en réalité que grâce aux services impersonnels de la finance, du commerce et du gouvernement. Cela ne nous laisse pratiquer ces vertus chaleureuses que parmi notre famille et nos amis. Mais c’est un début, et à partir de là nous pouvons étendre ce cercle de chaleur pour inclure de plus en plus de gens qui comptent pour nous et nous pour eux.

Les cinq stades de l'effondrement, par Dmitry Orlov

Dans son extraordinaire livre sur l’héritage du colonialisme européen, Exterminez toutes ces brutes, Sven Lindqvist18 fait l’observation stupéfiante que la violence rend méconnaissable. L’agresseur, qu’il soit actif ou passif, devient un étranger.

La violence n’a pas à être physique. Une forme subtile de violence mentale qui abonde dans notre monde est l’acte de refuser de reconnaître l’existence d’une personne. Nous pouvons croire que passer près des gens sans rencontrer leur regard nous met plus en sécurité. C’est certainement vrai si notre regard est vide ou indifférent, et il vaut mieux alors détourner le regard que de regarder, et dire en effet : Je ne te reconnais pas. Cela ne met certainement pas plus en sécurité. Mais si votre regard dit : je te vois, ça va, ou même :je te reconnais, alors l’effet est tout à fait opposé. Les chiens comprennent parfaitement bien ce principe, et les gens le devraient aussi.

Les cinq stades de l'effondrement, par Dmitry Orlov

Quand je faisais une tournée des radios pour promouvoir mon livre, nombre des jacasseurs des radios AM qui m’interrogeaient résumaient l’entretien avec quelque chose comme :Alors noir c’est noir, il n’y a plus d’espoir, n’est-ce pas ?19 Et j’avais alors quinze secondes pour une réfutation. Donc, voici ma réfutation standard de quinze secondes : Non, mon message est en fait complètement optimiste. Je veux faire savoir aux gens qu’ils peuvent trouver des manières de mener une vie heureuse et épanouissante alors même que ce système condamné s’effrite tout autour d’eux. Ici, je peux vous donner une réponse plus longue.

Je crois que le système financier pyramidal et le consumérisme global sont finis. Mais je pense que ne pas avoir de gouvernement du tout n’est pas une option. Oubliez les subventions, oubliez les bases militaires sur le sol étranger, oubliez le cirque à trois rangs qui passe pour de la démocratie représentative ici, mais nous aurons toujours besoin d’agences pour imprimer les passeports, contrôler les réserves nucléaires, ainsi que tant d’autres services terre-à-terre mais essentiels que seul un gouvernement central peut fournir. Pour le plupart des autres besoins, l’auto-gouvernement local est peut-être le mieux que nous puissions faire, et cela pourrait ne pas être mal du tout.

L’effondrement commercial n’est pas nécessairement définitif. Il est tout à fait possible qu’une nouvelle économie émerge spontanément, sans toutes les fioritures et les déchets, mais capable de satisfaire la plupart des besoins de base. Dans les endroits qui sont socialement et culturellement intacts, c’est pratiquement inévitable, puisque les gens se prennent en charge et commencent à faire le nécessaire sans attendre d’autorisation officielle.

En ce qui concerne l’effondrement social et culturel, comme je l’ai déjà mentionné, il s’est déjà produit à un certain degré, mais il est masqué, pour l’instant, par la disponibilité des finances, du commerce et du gouvernement. Mais il peut être défait, pas partout bien sûr, mais dans pas mal d’endroits, parce que les instincts sont là, et une terrible épreuve commune peut être le catalyseur qui change la société, l’amenant plus près de la norme humaine.

Les cinq stades de l'effondrement, par Dmitry Orlov

Savoir à quoi s’attendre peut nous procurer de la tranquillité d’esprit, même en plein milieu de l’effondrement. Se vautrer dans la nostalgie du bon vieux temps, ou nier que des changements radicaux sont devant nous : ces réactions sont absolument malsaines.

Si nous savons ce qui approche, nous pouvons commencer à ignorer les choses sur lesquels nous ne pourrons pas compter. Si nous faisons cela suffisamment, nous pouvons nous retrouver dans un monde différent, et très possiblement meilleur, plutôt rapidement. Voici un exemple personnel. Il y a quelques années, j’ai décidé d’abandonner la voiture, la trouvant tout à fait incommode, et j’ai commencé à aller en bicyclette à la place. Cela n’a pas été si facile au début, mais une fois que je m’y suis habitué, une chose étrange est arrivée à ma perception : j’ai commencé à voir les voitures très différemment. En route pour le travail le matin, je passais le long d’une section d’autoroute qui était toujours encombrée de voitures. Quand vous êtes un conducteur, vous voyez cela comme normal, parce que vous faites partie de ce troupeau d’insectes mécanisés. Mais ce que je voyais était des boites en tôle avec des gens emprisonnés à l’intérieur, attachés à un fauteuil dans une minuscule cellule capitonnée, et la plupart de ces pauvres fous n’étaient que l’image de la souffrance : une foule solitaire, furieuse et désespérée, condamnée à tourner en rond. Alors je m’éloignais en pédalant joyeusement, à travers un parc et autour d’une mare, et je laissais cet horrible monde mourant derrière moi.

Et c’est ainsi avec beaucoup de choses. Nous pouvons attendre jusqu’à ce que le style de vie qui est en train de tuer la planète et de nous rendre dingues et malades ne soit plus physiquement possible, ou nous pouvons l’abandonner avant son temps. Et ce par quoi nous le remplacerons peut-être difficile au départ, mais considérablement mieux pour nous à la fin.

Les cinq stades de l'effondrement, par Dmitry Orlov

Alors, résumons nos découvertes. L’effondrement financier est déjà bien engagé, et il est assuré de suivre son cours. Les renflouements peuvent faire paraître solvables les institutions insolvables pendant un moment en fournissant des liquidités, mais une chose qu’ils ne peuvent fournir est la solvabilité. Par exemple, peu importe à quel point nous renflouons les constructeurs d’automobiles, fabriquer davantage de voitures sera toujours une mauvaise idée. Similairement, peu importe combien d’argent nous donnons aux banques, leurs portefeuilles de prêts, surchargés de maisons construites dans des endroits inaccessibles sauf en voiture, finiront toujours par être sans valeur. En nationalisant continuellement les mauvaises dettes, le pays va se transformer en un débiteur risqué, et les prêteurs étrangers vont s’en aller. L’hyperinflation et la perte des importations suivront.

Les cinq stades de l'effondrement, par Dmitry Orlov

L’effondrement commercial est assuré de se produire. L’une des importations clef est le pétrole, et ici la perte des importations causera l’arrêt d’une grande partie de l’économie, parce que dans ce pays rien ne bouge sans le pétrole. Mais il devrait être possible de trouver des manières nouvelles, beaucoup moins consommatrices d’énergie, de satisfaire les besoins de base.

Les cinq stades de l'effondrement, par Dmitry Orlov

L’effondrement politique est également garanti. À mesure que les recettes fiscales s’amenuiseront, les municipalités et les États ne pourront plus répondre aux exigences minimales d’entretien des infrastructures existantes : routes, ponts, canalisations d’eau et d’égout, et ainsi de suite. Les services municipaux, y compris la police, les pompiers, le déneigement et le ramassage des ordures, seront restreints ou éliminés. Les communautés les mieux organisées pourront trouver des façons de compenser, mais beaucoup de communautés deviendront incirculables et inhabitables, générant une vague de réfugiés intérieurs.

Actuellement, la classe politique ne pourrait pas être plus éloignée de comprendre ce qui est sur le point d’arriver. J’ai prêté l’oreille à l’un des récents débats présidentiels (je n’ai pas de poste de télévision, mais j’en ai attrapé un bout sur NPR20). J’ai été frappé que les deux candidats passent la plupart du temps à discuter des façons de dépenser l’argent qu’ils n’ont pas. Pour moi, les écouter était perdre un temps que je n’avais pas. Je suppose que mon livre se vendrait mieux si McCain était élu ; néanmoins, j’ai choisi de rester altruistement apolitique. La politique nationale est une distraction et une perte de temps.

En fait, je devrais être satisfait. Il y a quelques temps, j’ai proposé un saugrenu Parti de l’effondrement. Le programme du Parti de l’effondrement comprenait des propositions telles que la libération des prisonniers pour dégraisser la population carcérale avant qu’une amnistie générale devienne nécessaire en raison du manque de fonds, un jubilé — l’effacement de toutes les dettes — pour effacer l’ardoise de tous ces mauvais prêts, et quelques autres. D’autre part, je suggérais qu’il serait une bonne idée de cesser de fabriquer de nouvelles voitures — usons simplement celles que nous avons déjà, et nous manquerons de voitures juste en même temps que nous manquerons d’essence. Je suis heureux de signaler que cette année a été une année faste pour le Parti de l’effondrement. Sans mettre sur le terrain un seul candidat, nous sommes parvenus à faire passer une grande partie de notre plan : de nombreux États sont en train de relâcher des prisonniers en raison de la crise fiscale, le gouvernement fédéral s’implique maintenant pour éviter les saisies, une énorme déduction des dettes de cartes de crédit est en préparation (pas tout à fait un jubilé, et pourtant…) et à présent les fabricants d’automobiles sont prêts à fusionner ou à se déclarer en faillite. L’année prochaine, peut-être que nous rapatrierons les troupes et fermerons nos bases militaires à l’étranger, en ligne aussi avec le programme du Parti de l’effondrement.

Les cinq stades de l'effondrement, par Dmitry Orlov

Poursuivant notre récapitulatif, je vois l’effondrement social comme évitable, mais pas partout. Dans beaucoup d’endroits, la tâche est de reconstituer la société avant que les trois premiers stades aient suivi leur cours, et il est peut-être déjà trop tard. Mais c’est là que nous avons besoin de résister, ne serait-ce que pour laisser le souvenir de plus que la somme totale de nos erreurs.

Les cinq stades de l'effondrement, par Dmitry Orlov

Note amish & mennonites21

Enfin, l’effondrement culturel est quelque chose qui est presque trop horrible à envisager, sauf qu’à certains endroits il semble s’être déjà produit, et qu’il est masqué par les institutions variées qui existent encore, pour l’instant. Mais je crois que beaucoup de gens se réveilleront et se souviendront de leur humanité, la meilleure part de leur nature, quand des circonstances désespérées les forceront à se montrer à la hauteur.

Et aussi, il y a des poches de culture intactes ici et là qui peuvent être utilisées comme une sorte de réserve de graines de culture. Ce sont des communautés et des groupes qui ont connu une certaine adversité à des époques récentes, et ont gardé une certaine cohésion sociale de cette expérience. Ils peuvent être aussi ceux qui ont pris certaines décisions conscientes, pour simplifier leur mode de vie de façon à mener une vie plus saine, plus épanouissante. Nous devons faire tout ce que nous pouvons pour éviter ce stade final de l’effondrement, parce que ce qui est en jeu n’est rien de moins que notre humanité.

Les cinq stades de l'effondrement, par Dmitry Orlov

J’espère que, si vous avez suivi tout le long, à ce point la diapositive est explicite. L’effondrement n’est pas une chose monolithique. Chaque genre d’effondrement requiert une réaction, que ce soit l’esquiver à l’avance, ne pas y participer, ou s’y opposer avec tout ce que l’on a. À ce point, si quiconque dans cette salle se levait et essayait de nous dire que faire pour éviter l’effondrement financier, nous trouverions probablement cela très drôle. D’un autre côté, si nous attendons et que nous laissons l’effondrement social et culturel se dérouler, à quoi bon tout cela ?

C’est tout. Merci de votre écoute.

Traduit et reproduit avec l’aimable autorisation de l’auteur. Les notes en marge sont du traducteur.

Source : Orbite.info

  1. Une division par dix, approximativement. []
  2. John Michael Greer est un auteur dont les sujets de prédilection sont les effets du déclin de la production pétrolière sur la société et les rites druidiques. []
  3. Les grandes banlieues pavillonnaires, peuplées par la classe moyenne et très éloignées des centres urbains. []
  4. Dale Allen Pfeiffer est un géologue travaillant sur le pic pétrolier et ses conséquences agricoles, et l’auteur du siteSurviving Peak Oil. On peut lire sur un autre site une traduction de son article Nous mangeons du pétrole. []
  5. Michael Ruppert est un ancien policier passé au journalisme d’investigation. []
  6. Dans le texte : deleveraging. []
  7. Dans le texte : self-service (se servir soi-même). []
  8. Dans le texte : all you can eat, une formule de restauration équivalente aubuffet à volonté. []
  9. Yevgeny Ivanovich Nazdratenko, un politicien abonné aux affaires de corruption. []
  10. Primorsk est une région administrative à la frontière de la Chine et de la Corée du nord. []
  11. La Reconquista fut la reconquête de la péninsule ibérique par les souverains chrétiens contre les souverains musulmans, du VIIIe au XVe siècle. []
  12. Le Nord-Ouest Pacifique correspond grossièrement à la portion de la côte ouest du continent nord-américain comprise entre le nord de la Californie, le sud de l’Alaska et les Montagnes Rocheuses. []
  13. Boris Abramovitch Berezovsky est une personnalité trouble ayant fait fortune grâce au copinage avec Boris Eltsine et au pillage concomitant des biens de l’État. Ennemi politique de Vladimir Poutine, soupçonné d’être impliqué dans les troubles politiques en Ukraine et en Tchétchénie, il a trouvé refuge en Grande-Bretagne en dépit des demandes répétées d’extradition présentées par la justice Russe. []
  14. Mikhaïl Borissovitch Khodorkovski est un affairiste ayant bénéficié des largesses frauduleuses de Boris Eltsine à l’époque de la privatisation des entreprises d’État en échange de son soutien électoral et financier. Il est actuellement en prison pour fraude et évasion fiscale, en attendant d’être jugé pour malversation et blanchiment. []
  15. Medicaid est un programme d’assistance médicale destiné aux personnes à faibles ressources, bien que la majorité des Américains pauvres n’y aient pas accès. []
  16. Si en France l’expression Sécurité sociale se confond avec la Sécurité sociale au point d’être circonscrite aux questions d’assurance santé, elle a conservé dans le monde anglophone son sens général, c’est à dire qu’en plus de l’assurance santé elle englobe les questions d’assurance vieillesse et d’assurance emploi. En ce qui concerne la Social Security Administration américaine, c’est un organisme fédéral dont l’objet est le versement des pensions de retraite, de veuvage et de handicap. Elle participe aux programmes d’assurance santé en tant qu’interface avec les assurés, bien que ces programmes ne ressortent pas de sa responsabilité. []
  17. Colin Macmillan Turnbull était un anthropologue, auteur d’un livre populaire et controversé (The Mountain People), consacré à la désocialisation d’une ethnie africaine chassée de son territoire par la création d’un parc national. []
  18. Sven Lindqvist est un écrivain suédois et un historien de la littérature dont les sujets de prédilections sont l’impérialisme, le colonialisme, le racisme, le génocide et la guerre. Le titre anglais de l’ouvrage cité est : Exterminate all the Brutes. []
  19. Dans le texte : So this is all doom and gloom, isn’t it? []
  20. La National Public Radio est une organisation à but non lucratif et à financement mixte qui produit des programmes à l’usage de ses stations de radio affiliées. []
  21. Les amish et les mennonites sont des groupes religieux chrétiens adhérant à un mode de vie communautaire, peu dépendant des technologies industrielles. []

61 réponses à [Article] Les cinq stades de l’effondrement, par Dmitry Orlov

  1. Esope Le 15 septembre 2013 à 10h30
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    Dans l’ensemble, je suis très d’accord avec cette analyse, à un détail près. Il me semble que les cinq effondrements ne s’enchaînent pas, qu’ils démarrent ensemble, et qu’ils aboutissent successivement.
    Je me demande si l’évènement déclencheur du tout n’est pas le démarrage de l’effondrement culturel.


    • Patrice Le 15 septembre 2013 à 12h31
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      Le paradigme fondamental de croissance puis d’effondrement d’une civilisation est toujours celui-ci quelque soit l’endroit ou les époques :

      1) Anankê (nécessité fait loi) + Eros (lien libidinal) ==> 1ière unité plus vaste que la famille (Civilisation)

      apparaît au bout d’un certain temps :

      a) 1ier aspect de la pulsion de mort (compulsion à la répétition) : tabous et lois de répression sévère de la sexualité génitale facteur de désordre – aboutissent parfois à des mutilations.

      2) 2ième unité plus vaste ==> développement de la civilisation

      apparaît au bout d’un certain temps :

      a) 2ième aspect de la pulsion de mort (les formes de destructions à but inhibé) :
      – l’arraisonnement et la transformation de la nature.

      b) 3ième aspect de la pulsion de mort (début des forme d’asservissement et de destruction
      des individus) :
      – exploitation des hommes (esclavage, servage, travail consenti sous-payés, etc.)
      – agressivité vers l’extérieur (apparition des guerres)
      – agressivité vers l’intérieur (lutte ou tentative de réduction contre tout groupe ou individu
      qui apparaît comme déviants, tenants d’une autre morale, ou qui se présentent comme
      cause de soi). Apparition des persécutions.
      – apparition des dissidents : délinquance et criminalité diffuses, fuite du territoire par
      migration.

      3) Tentatives de régulation de la société en complexité croissante par instauration d’une éthique
      présentée comme supérieure mais à caractère sacré et obligatoire telle une religion/mythe ou
      une idéologie sacrée équivalente c’est à dire l’instauration d’un Surmoi collectif fort et
      intransigeant.

      apparaît au bout d’un certain temps :

      a) 4ième aspect de la pulsion de mort : virulence croissante des pulsions d’agressions en
      réaction continue. Plus l’éthique instituée est intransigeante plus l’agressivité est virulente

      b) 5ième aspect de la pulsion de mort : cruauté croissante du système éthique sacré institué
      en réponse continue, apparition d’un totalitarisme direct ou indirect = there is no alternative.
      a) et b) se renforcent en boucle rétro-active.

      c) 6ième aspect de la pulsion de mort :
      – l’indifférenciation, l’homogénéisation des conduites et identification mutuelle autour de
      l’éthique sacrée instituée aboutissent à la formation de la masse de plus en plus
      infantilisée : distractions, propagandes, mystifications, superstitions, conduites
      irrationnelles et/ou aberrantes,sentiments de toute-puissance collective masquant la
      toute-impuissance individuelle vécue et ressentie.

      – névroses individuelles : sentiment de péché, malaise persistant, dépressions et
      maladies mentales courantes, mécontentements, inadaptation croissante, fuite devant
      la réalité, déni, suicides.

      – recherche permanente et soutenue de boucs émissaire internes et externes : guerre
      civile larvée ou ouverte, tentative de suppression des dissidents ou des déviants
      (déportation, emprisonnement plus ou moins arbitraire ou artificiels sous prétexte de
      délinquance, abus de pouvoir toute sorte, enregimentement des repentis, apparition de
      solution finale), guerre totale larvée ou ouverte plus ou moins généralisée contre
      l’intérieur (état policier fort, dictature) et l’extérieur avec militarisation croissante
      soutenue (armée en surcapacités stratégiques et tactiques)

      4) Effondrement de la civilisation :

      apparaît au bout d’un certain temps :

      a) dislocation progressives des institutions
      b) révolutions et/ou renversement de l’éthique sacrée instituée tombée en désuétude
      c) lutte généralisée pour la vie et la survie par disparition partielle de l’aisance matérielle
      e) régression des ordres symboliques et culturelles
      e) réduction de population
      c) retour progressif à anankê + eros sur une plus ou moins longue période de temps
      (moyen-âge, hiver économique, gestion politique de transition)


      • Esope Le 15 septembre 2013 à 17h29
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        Ce que vous présentez comme pulsion de mort n’est-elle pas tout simplement une tendance naturelle dans la plupart des espèces animales ?

        La coexistence de deux attirances contradictoires
        - une curiosité créative porteuse de risques afin d’étendre et d’exploiter le territoire de subsistance
        - une recherche de sécurité conduisant à s’enfermer dans les routines éprouvées

        Pour les espèces sociales, la mise en œuvre de deux stratégies contradictoires
        - la recherche de profits (au sens large) individuels
        - la recherche de profits communs

        Ces écartèlements créent des tensions intra et inter-individus, qui conduisent à des confrontations, et qui se résolvent par la dominance, autrement dit par une collectivité structurée socialement. Si celle-ci est adaptée, dans une concurrence darwinienne sur un espace limité, la collectivité en question perdure et peut se développer. Sinon elle s’effondre et une collectivité voisine de la même espèce prend généralement sa place ou la régénère par un greffon.

        Dans l’espèce humaine, l’ingéniosité induite par l’intelligence symbolique a conduit, par la mondialisation, à une collectivité unique pour toute l’espèce. Par la mémorisation permise par les techniques de traitement de l’information, à commencer par l’écriture, une mémoire collective indépendante des individus s’est créée et se développe continument.
        Toute ceci se présente comme un gigantesque système socioéconomique en complexification permanente, toujours porteur des tensions primitives, mais porteur aussi des tensions résultant des poussées de développement, contradictoires d’un endroit à un autre de la planète.

        Comme dans un matériau, l’accumulation des tensions multidimensionnelles détruit la plasticité et conduit à des fractures irréversibles, … et il n’y a plus de collectivité voisine du fait de la mondialisation.


        • Patrice Le 15 septembre 2013 à 19h21
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          La pulsion de mort ou Thanatos se définie dans le modèle présenté telle que Sigmund Freud l’a énoncée à savoir une tendance du retour à l’anorganique, organisateur du principe de plaisir, et se traduisant par une compulsion à la répétition dans les actes; tandis qu’ Eros, à savoir la pulsion de vie, en est la pulsion contraire facteur de mise en lien.

          La difficulté avec Eros consiste en ce que cette pulsion est facteur de tensions difficiles, ouvrant sur des états douloureux s’il il est trop prolongé ou à soutenir en permanence, il appelle toujours en retour Thanatos (principe de plaisir, retour à la réduction de tension), ce dernier se structurant toujours davantage à chacun de ces retours. Vous pouvez-vous même individuellement en éprouver l’expérience chaque jour.

          On constate que dans un processus de civilisation naissant, Thanatos, est très rapidement présent comme principe régulateur de la société dès les premier stades, et ce, jusqu’à ce qu’il supplante la pulsion de vie comme principe régulateur central : alors la civilisation commence à s’effondrer, puis, au bout du processus d’effondrement, Eros redémarre un cycle en motivant les hommes les plus adaptés du moment, les autres disparaissent. Darwin disait que ce n’est pas le plus fort ni le plus intelligent qui survit mais celui qui s’adapte aux conditions nouvelles, cela suppose une énergie réelle et un état de tension (douloureux) que seule la pulsion de vie peut insuffler.


    • olivier69 Le 16 septembre 2013 à 14h30
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      Ne m’en voulez pas si j’ai une approche différente (esprit critique) pour faire avancer le débat.
      Les interactions ne sont pas nécessairement des tensions. Les théories darwinistes, malthusiennes, freudiennes ont fini par faire des dogmes (éthique sacrée). Ce sont des théories qui veulent placer la fonction de l’homme au rang d’un conquérant en quête d’identité souvent divine. Ce qui me frappe, c’est ce manque de considération et de perception de l’environnement (lui-même en interaction et en évolution). D’ailleurs, l’environnement est perçu plutôt comme une contrainte, un ennemi qu’il faut combattre pour le développement par le progrès. Vous pouvez seulement contester l’idée que l’effondrement financier n’a pas eu encore véritablement lieu. Par contre, vous ne pouvez pas être d’accord avec Orlov. Vous inversez son raisonnement ? Dans l’échange, c’est le support qui détermine les variations. Je pense comme Orlov qu’il sera la base fondamentale de l’effondrement global de notre société, c’est pourquoi il le place en premier. Les interactions forment une interprétation de causes et de conséquences (interchangeables) en fonction des idéologies respectives. L’effondrement sera le résultat d’une culture liée à l’idéologie mais il se manifestera avant tout par un effondrement financier. D’ailleurs, de nombreuses personnes vous diront qu’il y a un déclin culturel ou idéologique mais ce n’est pas un effondrement (une rupture). Comment voulez-vous obtenir un effondrement culturel ? La culture de l’argent s’est-elle effondrée ? Non, c’est l’argent comme il a été conçu qui effondrera la culture en place….
      Je pense également que nous ne pouvons pas imaginé dans nos sociétés occidentales, ce qu’est véritablement un effondrement. La moindre variation du rythme de croissance est interprétée comme déjà un effondrement (psychologie du capitalisme), un mélodrame. C’est le décalage entre la représentation et la perception. C’est d’ailleurs à cet instant que l’individu est vulnérable puisqu’il choisit souvent le conflit pour maintenir un système normatif. Alors que c’est son approche de l’environnement qui le trompe. Freud se limite à la fonction du miroir comme environnement spatial. Et nous avons toujours préféré un ajustement par la variable démographique (guerre, territorialité…) afin de préserver le mode de fonctionnement de notre société. Ce ne fut pas le cas de toutes les sociétés…..
      Vous supposez donc que le profit individuel est systématiquement confronté au profit commun par opposition. C’est à démontrer (encore une fois, supposition sociétale, conditionnelle). C’est le mode d’échange qui provoque cette distinction. Je dirai que les effondrements ne sont pas une réalité scientifique mais le résultat d’une idéologie, une réalité culturelle et sociale. L’approche scientifique objective des effondrements (nous n’avons d’ailleurs pas pu tester) n’existe pas. Ils sont uniquement le résultat d’une approche qui repose sur des croyances formelles. C’est pourtant la conjugaison d’un manque d’adaptation à l’environnement par une mauvaise gestion de celui-ci (mal considéré) et une vision du progrès déconnectée (la quête d’identité divine) symbolisant une culture…..
      De même, comparez l’homme a une cellule ou aux autres animaux est plutôt simpliste. Aucune étude justifiée et sérieuse peut par exemple évaluer une limite démographique mondiale si ce n’est en fonction de normes. Et la norme relève davantage des critères idéologiques que de la science. Ces mêmes critères qui ont été façonnés par notre vision du monde des échanges à travers la monnaie. La volonté de maîtriser les prix nous conduira dans le mur car le temps nécessaire pour s’adapter devient limiter (hausse des coûts nécessaire qui provoque une réaction : la substitution). Orlov prévient les apprentis sorciers que la solvabilité ne pourra pas cette fois-ci seulement être un moyen de contrôle du progrès technologique et de maîtrise des ressources. L’évolution vers un nouveau modèle semble inévitable, et le degré de douleurs dépendra de l’anticipation. Les sciences ne doivent pas servir à combattre notre environnement mais à le protéger de nos modèles. Le modèle est l’expression de la forme d’organisation choisie. Le fond de l’homme n’est pas une expression mais une essence. Et l’humanité peut avoir plusieurs formes d’existence à travers les cultures. Notre compréhension de l’environnement est loin d’être acquise…


      • olivier69 Le 16 septembre 2013 à 14h41
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        En ce sens, les interactions sont des évolutions….


      • Patrice Le 16 septembre 2013 à 19h55
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        “Les interactions ne sont pas nécessairement des tensions. Les théories darwinistes, malthusiennes, freudiennes ont fini par faire des dogmes (éthique sacrée). Ce sont des théories qui veulent placer la fonction de l’homme au rang d’un conquérant en quête d’identité souvent divine. ”

        Navré de vous faire remarquer que ceci est parfaitement inexacte – surtout pas en qui concerne Freud qui a largement dénoncé l’aliénation collective par la soumission à un principe divin institué. Il écrivait lui-même : “La religion n’est pas nécessaire” ou encore “L’Eglise : l’ennemie de la vérité”. Je vous renvoie à ces écrits (Totem et Tabou, L’Homme Moïse et le Monothéisme” ou “Malaise dans la Civilisation” par exemple.). Ni Sigmund Freud ni Charles Darwin n’ont été des des dogmatiques c’est tout le contraire, c’est vous qui affirmez que leurs écrits seraient devenus des dogmes (?); cela me rappelle Michel Onfray qui a répandu cette idée fausse dans son dernier livre en faisant intentionnellement un contresens absolu sur les écrits et les intentions de Freud et de ses successeurs. Quant à Malthus il n’a rien à faire ni avec Freud ni avec Darwin.

        “Ce qui me frappe, c’est ce manque de considération et de perception de l’environnement (lui-même en interaction et en évolution). D’ailleurs, l’environnement est perçu plutôt comme une contrainte, un ennemi qu’il faut combattre pour le développement par le progrès. ”

        Dans le modèle que je présente, le stade 2 d’une civilisation (son expansion) se caractérise par “l’arraisonnement de la nature et son exploitation” c’est une caractéristique formelle : cela exprime un premier aspect avancé de la pulsion de mort où il s’agit d’orienter l’agressivité des hommes vers un but inhibé : l’exploitation de la nature et le début des grandes constructions (la pyramide de Khéops – objet parfaitement inutile voire aberrante s’il en est – en fourni un exemple emblématique); mais déjà se point l’étape suivante : l’exploitation directe des hommes le plus souvent sans leur consentement (aspect plus avancé de la pulsion de mort où il s’agit d’éliminer le “surplus” d’humains en les épuisant à la tâche – ceci est toujours vrai aujourd’hui – Nietzsche écrivait : “Trop de gens viennent au monde, L’Etat est là pour s’occuper du surplus.” cit. Ainsi parlait Zarathoustra).

        “Par contre, vous ne pouvez pas être d’accord avec Orlov. Vous inversez son raisonnement ? ” Quelle inversion de raisonnement? – Le modèle présenté met en perspective un cycle entier de civilisation en 4 phases , Dimitri Orlov met en perspective ce qui correspondrait à la 4ième phase en la détaillant et en la rapportant à notre situation contemporaine. Ce n’est pas contradictoire avec le modèle que je présente – Ce que je mets en perspective c’est l’action croissante et structurante de la pulsion de mort qui dès la troisième phase (apogée avec la mise en place d’une éthique régulatrice instituée sacrée – une religion ou idéologie à caractère obligatoire et prétendue indépassable induisant un totalitarisme) amorce le déclin en prenant le pas sur Eros, la pulsion de vie. Les diverses dissidences qu’engendre le totalitarisme advenu à ce stade indique que c’est Eros dominé par Thanatos qui reprend souterrainement la main (la lutte entre les deux pulsions se traduit typiquement par les névroses individuelles et collectives par exemple) , concrètement l’énergie et la motivation des des hommes commencent à se détourner du modèle d’oppression totalitaire qui leur est imposé à un moment donné, précisément quand celui-ci devient plus pénible à vivre que de lutter en investissant avec la pulsion de vie (douloureuse) dans un autre modèle.

        Actuellement nous vivons justement un rejet de l’idéologie dominante à savoir l’ultra-libéralisme et son “sacré” l’Argent-Roi. Nous avons même un exemple de super-disssident directement sous nos yeux : Olivier Berruyer est un dissident de pointe en prônant le retour de Glass-Steagall, c’est aussi pour cela que son blog est numéro 1, dépassant même en audience n’importe quel économiste. Pourquoi cela? précisément parce qu’il y a beaucoup de contestataires du modèle dominant “sacré” contemporain : l’Argent-Roi tout puissant et de l’”éthique” ou “valeurs” de “liberté” qu’il véhicule, masquant en réalité une oligarchie minoritaire régnante se vautrant dans les privilèges au détriment de la masse. D’ailleurs, je vous cite “L’effondrement sera le résultat d’une culture liée à l’idéologie mais il se manifestera avant tout par un effondrement financier.” Je ne dis pas autre chose, sauf que je présente un paradigme général non spécifique à notre situation contemporaine et où je mets en avant la véritable raison de fond : l’action de la pulsion de mort, qui existe à toutes les époques, et qui finit toujours par instaurer des idéologies aliénantes créant ainsi les conditions de l’effondrement du lien social construite autour d’une idéologie régnante à un moment donné : elles finissent toujours par être rejetées, le Totalitarisme est toujours le père étonné de la Dissidence.

        “Freud se limite à la fonction du miroir comme environnement spatial.” !!!???? Relisez Freud. L’avez-vous lu seulement?

        “Je dirai que les effondrements ne sont pas une réalité scientifique mais le résultat d’une idéologie, une réalité culturelle et sociale. L’approche scientifique objective des effondrements (nous n’avons d’ailleurs pas pu tester) n’existe pas. Ils sont uniquement le résultat d’une approche qui repose sur des croyances formelles.” C’est vous qui l’affirmez péremptoirement . Inscrivez-vous à la Sorbonne dans les cursus concernés (sociologie, anthropologie etc.) ou encore à l’ Ecole Pratique des Hautes Etudes et vous verrez si ce n’est pas scientifique. A partir du moment où on identifie un paradigme rigoureux on peut le valider ou l’invalider scientifiquement, c’est justement l’objet de la science.

        “De même, comparez l’homme a une cellule ou aux autres animaux est plutôt simpliste.” Ce que le pseudo Esope a fait c’est une comparaison, le modèle qu’il sous entend est la Systémique.

        “Aucune étude justifiée et sérieuse peut par exemple évaluer une limite démographique mondiale si ce n’est en fonction de normes.” Il suffit de savoir compter, pour vous les démographes (discipline universitaire rigoureuse s’il en est) ne produiraient selon vous donc aucune “étude justifiée et sérieuse” ?!?!? Vous êtes le seul à le croire!

        “L’évolution vers un nouveau modèle semble inévitable, et le degré de douleurs dépendra de l’anticipation.” Vous confirmez exactement la vision freudienne des pulsions universellement opérantes à savoir : Eros ou pulsion de vie, correspond à un état de tension poussant à s’ouvrir vers l’extérieur et la variété, c’est à dire se confronter au principe de réalité, s’il est prolongé cet état de tension devient douloureux. La pulsion de mort, ou Thanatos, correspond à l’inverse à la réduction de tension, le retour à l’anorganique et en particulier recherche le principe de plaisir. D’après vous ce ne sont que des dogmes, je vous le rappelle.


        • olivier69 Le 17 septembre 2013 à 12h09
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          Questions : ou se situe l’environnement dans le principe d’eros et thanamos ?
          Que croyez-vous que Freud voulait dire par s’ouvrir vers l’extérieur et la variété ?
          Enfin, faut-il nécessairement être inscrit dans une école pour faire des hautes études ?
          Nous avons dans la vie de tous les jours, un exemple remarquable de la compréhension du monde par les sciences sociales. L’interprétation des analyses sert à des fins uniquement politiques.


          • olivier69 Le 17 septembre 2013 à 13h45
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            “Ni Sigmund Freud ni Charles Darwin n’ont été des des dogmatiques “, non, mais on prend pour acquis, l’interprétation. En effet, je n’ai pas lu l’ensemble de l’oeuvre de Freud. Ce qui m’a frappé, c’est le peu de crédit qu’il accorde à l’environnement. Vous ne l’expliquez pas et vous dites : “dans le modèle que je présente….” pour justifier la raison pour laquelle Freud n’en tiens pas compte ?
            Et ce qui m’a déçu chez vous, c’est justement d’avoir pris sur vous des propos qui s’adressaient à la vision de Freud ou d’Esope. C’est pourquoi, je vous ai parlé du surmoi. Je n’avais d’ailleurs pas contesté vos phases ? J’en étais au même conclusion sur la quatrième phase. Par contre, pouvez-vous comprendre que je conçois une partie de votre commentaire comme hors sujet ? Nous ne sommes pas infaillibles (mon lapsus : Thanatos). Enfin, l’objet de la science n’est malheureusement pas toujours clair……
            La systémique n’a-t-elle pas des failles ?
            ps : une chose est certaine, c’est que vous êtes aussi passionnés que je le suis. Pas dans les mêmes domaines….Et nous ne pratiquons pas de la même façon.


    • yvan Le 17 septembre 2013 à 14h25
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      Très bien vu, Esope.

      Sauf que… Avez-vous vu le niveau culturel qu’atteint actuellement l’ensemble de l’humanité..??
      Bientôt, nous passerons en négatif car l’important est de “faire de l’argent”…
      Religion dominante actuelle, me direz-vous. But de toute religion aussi.

      Sinon, d’une manière générale, il est clair que l’humain n’a aucunement besoin de théorie, lorsqu’il doit juste… vivre.


      • olivier69 Le 17 septembre 2013 à 15h28
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        Bonjour Yvan,
        merci pour votre intervention. J’aurai peut-être du commencer également comme vous par remercier Esope qui pose une question fondamentale. J’espère qu’il ne tiens pas compte de cette maladresse. Si je suis vraiment un esprit si critique alors il aura compris que je l’en remercie naturellement. J’ai d’ailleurs déjà oublié ma querelle avec patrice…..
        questions : N’y aurait-il pas un lien entre culture et esprit critique ? Et est-ce que l’argent ne nous limite pas justement dans ce sens lorsque vous mettez l’accent sur : ce qui est important ?
        ps : Un récent billet sur BJ concernant les intellectuels faisait remarquer une évolution. Pourtant, nous avons plus que jamais besoin d’eux pendant cette période sombre que nous traversons.


        • yvan Le 17 septembre 2013 à 16h41
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          Olivier69.
          “N’y aurait-il pas un lien entre culture et esprit critique ?”
          Non. Bien au contraire.
          Et tout dépend ce que VOUS considérez sous le terme “culture” (savoir)vs(domination) et capacité à utiliser de larges domaines de connaissance.
          (faites attention, chaque mot a son sens tant en singulier qu’en propre)
          Ainsi, la critique fait grandir lorsqu’elle est constructive. Détruit lorsqu’elle est destructive.
          Un gamin de 3 ans le sait déjà.

          “Et est-ce que l’argent ne nous limite pas justement dans ce sens lorsque vous mettez l’accent sur : ce qui est important ?”
          Certes.
          Tout comme chaque religion nous soumet car il faut nous soumettre.
          Mais il faut nous diviser pour mieux régner.


          • olivier69 Le 17 septembre 2013 à 18h22
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            Je vous rejoint Yvan,
            c’est pour cela que je mettais l’accent sur les interactions en terme d’évolution et non de tension. Et que je posais la question du lien (pas innocent). La culture a un caractère structurant, certes mais….. On connait la suite (savoir vs domination) !
            Par contre, l’environnement en interaction (évolution) nous conduit à développer un esprit critique (dangereux pour la structure mais nécessaire d’après moi car moins risqué dans la temporalité). Les résistances sont normales. On retrouve ce mouvement. Celui qui nous a permis d’être toujours justement à la pointe de l’échelle évolutive (existentielle). Les excès (proche des limites du cadre) sont facteurs de bouleversement (changement d’échelle ou df) et parfois de disparition.
            Ce que je définis comme excès bien évidemment : Trop structurant (taille, forme, densité, ..), c’est l’inadéquation avec l’environnement (chaos probable). L’organisation devient inadaptée. Et pas assez, c’est l’inadéquation en terme de gravité nécessaire au développement (la structure elle-même). Le mouvement est nécessaire (vital) ! Un balancement ? La construction….
            ps : le surmoi (je suis autant concerné que quiconque) peut malheureusement prendre la fonction de l’environnement. C’est d’ailleurs ce que je reproche à Freud (le miroir). Celui-ci se trouve pourtant dans un environnement que l’on ne maitrise pas (puisqu’en constante évolution et interaction). Comme pour la cellule, le facteur épigénétique…..
            L’analogie est nécessaire pour la compréhension (systémique) mais elle n’est pas Le gage de l’entendement. Juste une forme de compréhension, un angle !
            Enfin, j’ai apprécié le lien plus bas.


  2. Dan Le 15 septembre 2013 à 11h23
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    Par rapport au texte il manque :

    -1°) effondrement financier :spoliation des avoirs du citoyen pour renflouer les banques en faillites
    Recapitalisation des banques avec l’impôts des citoyens
    Lois sur la spéculation bancaire totalement bidon
    Paradis fiscaux en pleine essor libre circulation des capitaux grâce à
    Bruxelles
    Quantitative Easing à l’infini : solution de débiles mentaux

    -2°)effondrement commercial : Récession
    Chômage à deux chiffres
    concurrence déloyale instituée par Bruxelles
    Charges sociales , impôts en accroissement
    Défaillances des entreprises par dépôt de bilan

    -3°) effondrement politique : mensonge permanent
    Informations polluées, la presse de propagande = merdia
    soumission du gouvernement à des puissances étrangères
    destruction du tissu industriel

    -4°) Effondrement social : précarisation de l’emploi
    salaire réduit
    destruction de la protection sociale
    prolétairisation de la classement moyenne
    Syndicats ouvriers vendus

    -5°) Effondrement culturel : Absence de réaction des citoyens face à sa mis en esclavage


    • yoananda Le 15 septembre 2013 à 12h03
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      Il ne manque rien au texte, qui date de 2008, qui concerne les USA, et qui n’est pas coloré “marxiste” (lutte des classes) mais simplement société en bout de course.
      La lutte des classes (méchants financiers contre gentilles populations ahuries) n’est qu’une modalité de l’effondrement.
      Il n’est pas établi que la cause de la crise soit les abus des élites (financière/politiques/industrielles).


  3. yoananda Le 15 septembre 2013 à 12h08
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    La France est toujours en retard d’effondrement, mais le gouvernement a l’air bien décider à nous faire combler ce retard.
    Les USA sont partiellement effondrés et adoucissent la crise locale en l’exportant.
    Il serait intéressant de faire un parallèle avec les pays véritablement effondrés tels que la Grèce, le Portugal ou d’autres en cours : Italie Espagne.
    Il serait aussi intéressant de compare avec l’Irak, la Syrie, l’Égypte, la Libye (j’en oublie peut-être) qui se sont écroulés.

    Si on considère que cette crise mondiale est le résultat de la surexploitation de la planète (pic pétrolier, surpopulation) alors la crise ne fait que commencer.


    • michel lambotte Le 15 septembre 2013 à 18h21
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      Vous avez raison, elle ne fait que commencer
      link to lavie.fr
      A mes yeux, il ne s’agit pas d’effondrement mais de bifurcation, et comme vous, je pense que nous en sommes tous responsable et avons tous quelque chose à faire.


    • WhereIsMyMind Le 16 septembre 2013 à 11h28
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      Je suis d’accord avec ces collègues “rien ne s’est encore passé”… mais dans le sens, ce qui s’est passé n’est rien comparé à ce qui ce produira durant les 10prochaines années.
      Je vois large, mais je suis de plus en plus persuadé que l’effondrement sera “lent”. Mais une lenteur qui tue, car la précarisation progressive de la population pousse ceux qui n’ont pas encore été atteind à s’isoler des précarisés. Cela est possible si la transition est lente. La création de communautée basée justement sur le partage de ce vécu traumatisant ne sera que plus difficile.

      Cet article est le meilleur article de l’auteur que j’ai lu sur ce blog.


      • step Le 16 septembre 2013 à 14h06
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        je suis d’accord avec toi en particulier sur les US :

        “Et si ces étrangers décident de ne plus nous confier davantage de leurs économies”. Là est un biais (peut être le seul) de son analyse. Les étrangers (vis à vis des US) ne décident pas de confier leurs économies, les 30 dernières années de politique américaine ont clairement indiquée que si l’on ne prête pas aux US ce qu’ils veulent, les US viennent à toi, avec leurs gros flingues. La question n’est donc pas une question de confiance mais de possibilité, pour les prêteurs de ne pas préter. Or cette possibilité est concommitante avec la fin d’une large domination militaire des US sur le monde, qui peut encore actuellement faire leur loi dans le pays de leur choix (pas tous en même temps, mais un exemple suffit en général).
        La fin de cette possibilité pour les US n’a pas sonné (cf syrie) malgré des résistances renouvellées d’une puissance non négligeable, et elle ne sonnera quand quand les armées américaines n’auront plus la capacité de se progeter (cf le parti de l’effondrement). Je ne pense pas que ce sera pour l’année prochaine. C’est en tout cas, pour moi un indicateur avancé très fiable. Les Us peuvent fonctionner encore un certain temps à utiliser l’argent prêté pour braquer les donnateurs suivants. Il se produira avant un mouvement social interne ou un tarissement progressif, qui réaffectera l’argent vers un rôle social au détriment du militaire. Là, l’effondrement se produira.


  4. Dan Le 15 septembre 2013 à 13h03
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    yoananda , il est clair que nous ne sommes pas dupe , le conflit actuel au moyen orient n’a pas pour une cause humanitaire ,c’est le prolongement d’un conflit qui est né en 1973 avec l’embargo
    pétrolier , ensuite la dernière guerre en Irak avait pour but que les USA mettent la main sur les énormes gisements pétroliers et non pour instituer une démocratie….. hélas les irakiens ne se montrent pas coopératif pour se faire piller. Donc actuellement mettre le bordel au moyen orient a pour objectif pour les USA de mettre un coup final pour s’approprier du pétrole et du gaz et tenir le reste du monde par les couilles !


  5. BA Le 15 septembre 2013 à 14h48
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    “Effondrement politique”

    A propos de l’effondrement politique en France :

    Dimanche 15 septembre 2013 :

    Question du sondage de l’institut BVA : “Pourriez-vous voter pour Marine Le Pen lors de la prochaine élection présidentielle ?”

    Total des réponses “Oui, certainement” et “Oui, probablement” : 31 %.

    Vous avez bien lu : 31 %.

    En mai 2011, ce n’était que 23 %.

    En deux ans, Marine Le Pen a donc gagné 8 % de potentiel de vote.

    En France, ça commence à puer.

    link to bva.fr

    La montée Le Pen.

    1) Certes, Marine le Pen reste globalement très impopulaire..,

    Les Français sont 65% à avoir une mauvaise opinion d’elle. Ils sont 67% à dire qu’ils ne pourraient en aucun cas voter pour elle lors de la prochaine élection présidentielle. Une large majorité d’entre eux pense aussi que si elle était au pouvoir, elle ne mènerait pas une meilleure politique économique et sociale que l’UMP ou le Parti socialiste et, plus largement, les trois-quarts des Français ne lui feraient pas confiance pour gouverner le pays.

    Par ailleurs, son image personnelle reste très mauvaise : si les Français la trouvent majoritairement « courageuse » (68%) et « convaincante » (57%), ils sont aussi une large majorité à la trouver « d’extrême droite » (77%), « agressive » (71%), « démagogique » (62%) et « raciste » (58%) et ils ne sont qu’une minorité à la trouver « visionnaire » (29%), « sympathique » (34%), « honnête » (37%), « ayant la stature d’une femme d’état » (39%), « compétente » (41%) et « proche des gens (46%).

    Enfin, malgré sa stratégie de changement d’image du Front national, plus des trois-quarts des Français (78%) ont le sentiment que ses idées sont proches de celles de son père.

    2) … mais sa popularité augmente nettement.

    Avec 34% de « bonnes opinions », sa popularité personnelle est en hausse de 5 points par rapport à février 2011.

    Avec 31% de Français pouvant « certainement » ou « probablement » voter pour elle lors de la prochaine élection présidentielle, son potentiel de vote augmente de 8 points par rapport à il y a 2 ans (attention toutefois à ne pas confondre « intention de vote » et « potentiel de vote », les scores de « potentiel de vote » étant toujours plus élevés que ceux des «intentions de vote », chacun pouvant « potentiellement » voter pour plusieurs candidats).

    Les Français sont aussi 5 points de plus qu’il y a 2 ans et demi à faire confiance à Marine Le Pen pour gouverner le pays (25%, contre 20%) et ils sont 13 points de plus qu’il y a 3 ans à trouver ses idées éloignées de celles de son père (21%, contre 8%).

    Plus populaire, non seulement chez les CSP-, mais aussi dans le monde rural et périurbain.

    Nous l’avions déjà observé lors de la dernière élection présidentielle : si, comme son père, Marine le Pen est beaucoup plus populaire chez les CSP- (48% de bonnes opinions) que chez les CSP+ (28%), elle est aussi aujourd’hui nettement plus appréciée dans le monde rural et périurbain des communes de moins de 20 000 habitants (41%, contre 28% à 30% dans les autres communes).

    3) Cette hausse de popularité ne vient pas de la gauche, mais de la droite.

    Alors que la popularité de Marine Le Pen a plutôt tendance à baisser parmi les sympathisants de gauche (11% de bonnes opinions cette année, contre 19% en 2011), elle augmente en revanche très fortement parmi les sympathisants de droite (de 34% à 56% : + 22 points).
    De la même manière, le potentiel de vote pour Marine Le Pen baisse de 7 points parmi les sympathisants de gauche (de 14% en 2011, à 7% aujourd’hui), mais il augmente de 13 points parmi les sympathisants de droite (de 40% à 53%) et de 15 points parmi les seuls sympathisants UMP (de 25% à 40%).
    Enfin, si les sympathisants de gauche sont très peu nombreux à penser que Marine Le Pen au pouvoir mènerait une politique économique et sociale meilleure que l’UMP (13%), les sympathisants UMP, en revanche, sont une nette majorité à penser qu’elle ferait mieux que le Parti socialiste (55%).
    Cela s’explique, bien sûr, par le très fort mécontentement des sympathisants de droite à l’égard de François Hollande et du gouvernement, mais cela s’explique aussi par l’attraction de plus en plus forte exercée à droite par Marine Le Pen.
    A l’approche des élections municipales et européennes, cela n’est pas sans risque pour le parti de Jean-François Copé, alors même que la « banalisation-dédiabolisation » du vote FN (de plus en plus souvent mis sur le même plan que le vote PS) le rend « psychologiquement » de plus en plus facile pour les sympathisants UMP tentés par l’expérience FN.

    Eric Bonnet, directeur d’études BVA Opinion.


    • Arnould Le 16 septembre 2013 à 13h52
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      Promesse: la première décision de MLP au pouvoir, dès lundi matin, sera de sortir de l’Euro. Les promesses n’engagent que ceux qui les croient, mais comme, au point où nous en sommes, je ne mets rien au dessus de la sortie de l’Euro, j’ai bien envie de voter pour elle. Puis j’espère que le FN au pouvoir fera tellement de conneries que les Français dans la rue l’enverront aux oubliettes de l’histoire. Mais je sais bien que ce pari est très (très!) risqué. C’est pourquoi je n’ai pas pris ma décision.


      • yvan Le 17 septembre 2013 à 16h55
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        BA.
        Salut. C’est moi.

        Bon, d’accord. Quand je lis cela : “En France, ça commence à puer.”
        Je te dois des excuses.

        Clair que tu n’es pas anti-Europe, mais anti-mondialiste. Soit, ce que je craignais n’existe plus et fais que je peux te proposer de t’offrir la choucroute que j’ai gardé au cas où tu gagnerais notre pari.
        Quand tu veux.

        Ceci écrit, tu AURAIS pu l’écrire AVANT aussi…


  6. tchoo Le 15 septembre 2013 à 16h29
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    Je partage aussi à peu près cette analyse.
    Mais il me semble qu’il y a un aspect peu exploré, c’est la résistance des pouvoirs politiques, financiers à accepter l’effondrement et le changement, donc à s’arcbouter sur ces privilèges.
    Il est donc probable que l’exacerbation des antagonismes quel qu’ils soient va être un moyen de mettre en place un pouvoir de plus en plus policier (il en vient à presque préféré la loi martiale) de plus en plus répressifs, qui visera à maintenir les privilèges d’une certaine caste. Chose que l’on commence à voir, avec la désignations à la vindicte populaire de boucs émissaires en mal de défense pour mieux cachés les vrais profiteurs.
    La montée des idées fascisante sont là comme témoin


    • yvan Le 17 septembre 2013 à 17h06
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      Tchoo.

      J’ai pas mal ECOUTE ce que nos anciens avaient raconté de la guerre, et j’ai constaté que la durée de vie des dictateurs étaient vachement courte.

      Donc, là, les dictateurs peuvent s’éclater, ce sera tellement bref qu’ils ne pourront même pas en profiter. Pauv’marine…
      Et, regarde bien aussi toutes les avancées sociales qui ont été crées après-guerres… Dans là à dire qu’une guerre est bonne, y’a nuance.
      Mais ces fous amènent aussi des réactions salutaires.


  7. Marcus Le 15 septembre 2013 à 17h29
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    Bonjour tout le monde.
    Un petit, tout petit commentaire sur la Syrie, posté ici :
    link to unmondeencrise.com

    “Alice au pays des merveilles dans un Moyen-Orient complexe :

    La négociation entre américains et russes à Genève s’est soldée par un accord. Il paraît même que Kerry et Lavrov en sont venus à se parler par leur prénom …

    Une conférence de paix est en préparation si et seulement si le régime d’Assad livre la totalité de ses armes chimiques d’ici … 8 jours … On peut toujours y croire … de toute façon on n’a pas les moyens de vérifier, seuls les américains qui savent toujours tout parlent de 1000 tonnes d’armes chimiques réparties dans 45 sites.

    Sinon les frappes seront à nouveau à l’ordre du jour d’ici 8 jours … !

    C’est une vaste partie géopolitique qui se met en place dans un Moyen-Orient très complexe, et nous n’en sommes qu’au début.

    Je ne crie pas victoire et je reste sur mes gardes, je pense qu’on n’est pas au bout de nos surprises.”

    Amitiés à tous.
    Marc


    • Marcus Le 15 septembre 2013 à 17h43
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      PS : à noter qu’il n’y a qu’un seul vrai moyen d’être sûr du décompte des armes chimique, ce sont les livres de comptes.


    • caroline porteu Le 15 septembre 2013 à 19h02
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      Bonjour Marcus …
      Le pire n’est jamais sûr ..

      Par contre je pense que des bouleversements majeurs vont être issus de ce “dossier Syrien” et pour faire un lien avec l’article ci-dessus .. l’effondrement financier , culturel et le manque de confiance sont sans doute beaucoup plus proches que ce que l’on croit , surtout aux USA .
      Par ricochet l’Europe sera touchée aussi

      Si ce point de vue vous intéresse , il est plus développé et sourcé ici :

      link to bit.ly


      • Marcus Le 15 septembre 2013 à 20h54
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        Pour ma part j’écoute et je crois Vladimir Vladimirovitch Poutine lorsqu’il dit :

        “La plus grande tragédie du XXème siècle a été la fin de l’Union Soviétique !!!”.

        C’est cette partie-là que joue Poutine et aucune autre.

        Bonne semaine.
        Marc


        • jacqueline Le 15 septembre 2013 à 21h34
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          “C’est cette partie-là que joue Poutine et aucune autre. ”

          Je pense qu’il joue celle de la Russie et non celle de l’ URSS.

          Mais il a du boulot pour rattraper les dégats d’ Eltsine Smirnoff


          • Marcus Le 15 septembre 2013 à 22h05
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            Absolument Jacqueline,mais une Grande Russie.


        • caroline porteu Le 15 septembre 2013 à 23h15
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          Je viens de rajouter ceci dans les commentaires de l’article que je vous ai signalé : Vous trouverez les liens sur les commentaires en question .

          Article du 4 Aout 2013 Sur blog Finances d’Elisabeth Studer

          DSK au sein de la banque de Rosneft, face à FMI et BCE, le gaz de Chypre en ligne de mire ?

          Le gaz de Tamar et Leviathan : un enjeu stratégique pour Chypre, Israël … Etats-Unis et Russie

          Rappelons qu’en décembre 2010 un accord a été signé entre Israël et Chypre en vue de faciliter et de poursuivre les recherches off-shore d’hydrocarbures – de part et d’autre – dans la partie orientale de la Méditerranée … de gigantesques réserves de gaz ayant été alors découvertes dans la zone. Désormais, selon les contrôles de la commission gouvernementale israélienne mise en place pour gérer un fonds d’exploitation des ventes, les recettes prévues des gisements « Léviathan », « Tamar » et « Dalit » se monteraient à 100 voire à 130 milliards de dollars jusqu’en 2040.
          Le groupe américain Noble Energy, alors principal opérateur du site indiquait alors pour sa part que les réserves du gisement offshore de gaz naturel au large d’Israël baptisé Léviathan étaient estimées à 450 milliards de m3.

          « Cette découverte fait potentiellement d’Israël un pays exportateur de gaz naturel », avait alors souligné David Stover, haut dirigeant de Noble Energy, société basé à Houston, Texas. Confirmant ainsi les propos du le ministre israélien des Infrastructures nationales Uzi Landau. Lequel avait affirmé qu’ Israël pourrait devenir un exportateur de gaz … vers l’Europe … au grand dam de la Russie. « Nous sommes d’ailleurs prêts à collaborer à un tel projet avec des investisseurs étrangers, mais aussi avec la Grèce et Chypre« , avait-t-il même précisé.

          DSK : un ancien du FMI pour contrer troïka et Etats-Unis ?

          De là à ce que la Russie et qui plus est Rosneft ait choisi expressément DSK pour affronter BCE et FMI, en tant que fin connaisseur des arcanes du milieu, il n’y a qu’un pas …
          D’autant plus que l’ancien patron du FMI est proche d’Israël, pays partenaire de Chypre au sein de l’accord conclu en décembre 2010 pour délimiter leurs zones économiques exclusives voisines afin de faciliter la prospection.
          L’ancien patron du FMI pourrait avoir également quelques comptes à régler, alors que – ne l’oublions pas – sa chute est intervenue le 16 mai 2011, soit le jour même où le déficit US atteignait un seuil pour le moins stratégique.

          Quand DSK voulait s’affranchir du dollar

          Rappelons enfin qu’en février 2010, Dominique Strauss-Kahn, alors directeur général du Fonds monétaire international, avait indiqué qu’il envisageait la création à long terme d’un nouvel actif de réserve mondial, différent des Droits de tirage spéciaux. Le FMI renouvelant alors son intention de tenter de s’affranchir du dollar et de ses « faiblesses », alors que la valeur des DTS, l’unité de compte du FMI , est déterminée chaque jour par un panier composé des quatre grandes monnaies de réserve internationales (dollar, euro, yen, livre).
          Cette annonce de DSK avait de quoi inquiéter Washington, d’autant plus qu’elle intervenait alors que le patron du Fonds Monétaire venait d’affirmer son intention de nommer comme « conseiller spécial » le vice-président de la banque centrale chinoise , Zhu Min .
          Déjà, en janvier 2010, le directeur général du Fonds monétaire international avait affirmé qu’il n’était pas impossible à long terme d’avoir un système monétaire international où le dollar domine moins. De multiples devises de réserve pouvant parallèlement voir le jour.

          Des propos loin d’être totalement innocents qui ont pu attirer les foudres des Etats-Unis sur DSK. Un éventuel affranchissement du Dieu dollar pouvant sérieusement déranger outre-Atlantique …

          En mars 2009, déjà, Pékin avait proposé de donner aux DTS un rôle accru au sein du système monétaire international, jugeant ce dernier trop centré sur le dollar. Quelques jours avant la réunion du G20, Zhou Xiaochuan, le gouverneur de la Banque Centrale de Chine avait ainsi publié un essai dans lequel il accusait indirectement les Etats-Unis d’être responsables de la propagation de la crise à l’échelle mondiale; pointant du doigt les méfaits du dollar et réclamant l’adoption d’une nouvelle monnaie de réserve internationale pour remplacer le billet vert et l’instauration d’un système placé sous les auspices du Fonds monétaire international (FMI).

          Article du 12 Septembre 2013 :
          Chypre : la Russie assouplit le crédit … pour le gaz de Tamar et Leviathan ?
          Chypre a obtenu son prêt !!!


          • Hajik Le 15 septembre 2013 à 23h47
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            Les USA ont un droit de véto sur les décisions du FMI, donc le fameux mythe sur le sauveur DSK victime d’un complot…hhhmmm…


          • caroline porteu Le 16 septembre 2013 à 10h33
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            Hajik
            Entre un droit de veto qui aurait mis en lumière de manière publique une politique monétaire totalement hégémonique et qui aurait braqué les projecteurs sur un mode d’organisation et la solution :”utiliser un état psychotique pour bloquer un processus” .. a votre avis , les gens choisissent quoi ?

            En tout cas , Chypre n’a plus besoin du FMI ni de la Troika pour survivre ..
            Et çà c’est juste factuel

            Dans ces conditions , son maintien dans zone euro ou encore l’UE devient assez problématique .. Les Chypriotes n’ont aucun intérêt à rester dans l’UE


  8. Patrick Luder Le 15 septembre 2013 à 21h21
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    Nous sommes déjà sur une voie sans issue, depuis 1975 nous avons dépassé la biocapacité de notre bonne vieille terre => Nous détruisons notre patrimoine terrestre à une vitesse sans précédents, en l’espace de quelques générations nous aurons à peu près exploité et détruit tout ce qui est possible sur les terres, mers, airs … Les crises financières, commerciales, politiques, sociales et culturelles ne sont que des symptômes obligatoires pour retrouver, à l’échelle *temps” de quelques générations, une humanité plus ou moins supportable pour cette unique planète.
    link to fr.wikipedia.org
    link to footprintnetwork.org


    • Marcus Le 15 septembre 2013 à 22h48
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      Pas faux non plus !


    • yoananda Le 15 septembre 2013 à 23h29
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      C’est ce que je me tue à expliquer …
      La crise financière n’est que l’arbre qui cache la forêt.
      Notre capacité de nuisance croit a un rythme exponentiel …
      link to yoananda.wordpress.com
      Et les ressources primaires viennent à manquer. Les crises géopolitiques sont l’expression de la lutte qui s’amplifie pour le contrôle de ce qui reste.
      Même si on repousse les limites la techno chaque année, ce n’est pas suffisant pour compenser.


      • Britt Le 16 septembre 2013 à 00h33
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        exact, ne pas confondre un symptome et la maladie.
        Exemple l’Egypte, elle n’assure plus son auto suffisance alimentaire depuis 2004-2005, elle n’a quasi rien à vendre et elle doit acheter(tres cher) des denrées alimentaires.
        on peut transposer à pas mal de pays dont la France ce n’est qu’une question de temps.


    • Patrick Luder Le 16 septembre 2013 à 00h33
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      QUESTION : Mais comment pouvons-nous continuer à vivre depuis 40 ans en ayant dépassé la capacité physique de notre terre à nous supporter ?

      RÉPONSE : Simplement, en plus de consommer tous les produits de la planète, nous en consommons le patrimoine … dit en termes que les économistes et les financiers puissent comprendre : En plus de consommer l’intégralité des intérêts nous grignotons le capital à vitesse accélérée !
      Energies fossiles // nappes phréatiques fossiles // stock de poissons // forêts // terres fertiles // espèces animales & végétales // rupture des chaînes alimentaire naturelles (plancton, insectes, champignons) // gaz à effet de serre // etc. etc. etc.

      N’est-ce pas là la théorie principale de l’effondrement de toutes les grandes civilisations (Egyptiens, incas, Mayas), les civilisations plus modestes (Amérindiens, Amazoniens, Tribus d’Afrique, Paysans de Chine) étant juste “absorbées” par les civilisations dites “modernes”.

      Jusqu’à maintenant, il y avait les civilisations “naturelles” qui vivaient juste en harmonie, en symbiose avec leur habitat naturel et les civilisations “techniques” autoproclamées “modernes” qui ont détruit quand pas massacré ou absorbé les civilisations naturelles. Dorénavent il faudrait inventer la civilisation “DURABLE” qui puisse volontairement préserver-sauvegarder-fructifier notre patrimoine terrestre, au risque de simplement disparaître, comme les autres civilisations.

      Je me demande bien que vont penser ceux qui vont nous survivre, de nos buildings si hauts (et si vides) … voir link to tdg.ch


  9. epapel Le 16 septembre 2013 à 00h06
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    Les gaz et pétroles de schistes s’étant développés massivement aux USA depuis la rédaction de cet article dont la thèse repose principalement sur l’abondance énergétique, ne doit-on pas conclure que les USA sont en train d’échapper in extremis à l’effrondrement ou à tout le moins le repousser de quelques lustres ?

    De fait, un lustre plus tard, l’effondrement ne s’est toujours pas produit et la quasi totalité des analystes est plutôt confiante sur le devenir des USA à moyen terme. En revanche la situation énergétique de l’UE correspond bien mieux à ce scénario avec le déclin rapide des gisements de gaz et de pétrole de la mer du Nord, l’abandon généralisé du nucléaire et le refus des gaz de schistes.


    • Magyare Le 16 septembre 2013 à 11h35
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      Bonjour,
      Il n’y aura pas d’abandon du nucléaire, la voiture de demain est électrique…..


      • epapel Le 16 septembre 2013 à 22h44
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        Y compris en Allemagne et en Grande Bretagne ?


      • Jacques Coeur Le 17 septembre 2013 à 13h00
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        La voiture de demain est électrique ? Peut-être…

        Mais il faut bien avoir en tête les données suivantes, en France :
        – en 2004, 53 Mt de pétrole consommés dans les transports, soit 616,279 TWh
        – production nucléaire 428,7 TWh.

        Pour alimenter le parc automobile il faudra donc multiplier par 2,5 notre production nucléaire.
        Ce n’est pas gagné !

        Et au niveau mondial c’est difficilement imaginable.


        • Magyare Le 17 septembre 2013 à 19h01
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          Bonjour,
          Alors, comment vont-ils produire de l’électricité?en multipliant par deux les centrales et par un chiffre incommensurable le risque nucléaire.Une fois de plus, c’est l’argent qui décide et pas le risque pour la survie de l’espèce.


          • Jacques Coeur Le 17 septembre 2013 à 20h17
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            Comment produire de l’électricité ? Divers moyens existent, mais sont-ils seulement rentables énergétiquement … Et sommes-nous en mesure d’en produire suffisamment pour notre parc automobile ?

            Si le nombre de centrales est multiplié par 2 alors le risque est multiplié par 2 aussi.

            L’argent qui décide, oui vous avez raison, parce que tous autant que nous sommes nous désirons la voiture, nous en servir selon notre bon vouloir et surtout ne pas en payer le prix. Au risque d’être caricatural, nous sommes les premiers responsables de la mise en péril de notre survie par notre facheuse tendance à l’égoïsme et à l’ignorance volontaire.


    • WhereIsMyMind Le 16 septembre 2013 à 11h43
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      les produits non conventionnels ne permettront que d’étaler un peu le problème.
      link to manicore.com

      On aura bien un second pic de production de pétrole/gaz, mais comme les USA consomme 20-25% de la production mondiale, il faut regarder les courbes mondiales. Il est certain que l’approvisionnement énergétique diminuera. Et il n’est pas évident (pas impossible?) d’attapter la société pour suivre la courbe de diminution des ressources énergétiques. Cela demande une réorganisation globale et profonde de la société. Et malgré la crise, en 5ans, presque rien ne va dans ce sens. Donc, c’est une réorganisation naturelle qui risque de se produire, et ces réorganisations sont des crises.
      Et les analystes ne sont pas d’accord entre eux…. alors vous parlez de quelles spécialistes? Ceux qui ont raison et qui basent leur analyse sur les chiffres officielles sans aller voir ce que représentent ces chiffres sur le terrain?


      • epapel Le 16 septembre 2013 à 22h43
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        D”après la thèse d’Orlov on devrait déjà constater l’effondrement économique des USA puisque 5 ans se sont écoulés depuis l’”effondrement financier” de 2008, or c’est en Europe qu’il est en train de se produire ce qu’Orlov n’a pas prévu.

        Je ne dis pas que ça n’arrivera pas un jour mais il faut bien admettre qu’Orlov est totalement décalé par rapport à la réalité.


        • yoananda Le 17 septembre 2013 à 14h20
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          Non, les USA s’effondrent vraiment, il ne faut pas confondre l’image et la réalité. Cf les foodstamps. Les USA ne sont pas 1 pays, mais 2.

          Ensuite, les gaz de schistes, c’est 5 ans de répit en gros (à quel coût !) ça ne va pas changer grand chose au déclin du conventionnel. Car on parle de courbes exponentielles dans tout ça.
          Le besoin énergétique est exponentiel. Le déclin du pétrole facile l’est aussi. Les nouvelles ressources coûtent un bras à exploiter.


    • Crapaud Rouge Le 16 septembre 2013 à 20h07
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      la quasi totalité des analystes est plutôt confiante sur le devenir des USA à moyen terme” : ben oui, évidemment, c’est comme chez Madame Irma, la diseuse de bonne aventure. Si elle ne vous annonce que des malheurs, ou que vous allez mourir bientôt, vous n’y remettez plus les pieds. Aux US, ces gaz des schistes ne seront qu’un feu de paille, lequel sera d’autant plus rapide et intense que la concurrence du pétrole conventionnel oblige à produire le plus possible et à vendre le moins cher possible. Ils en ont pour 20 ans tout au plus. Après, les “analystes” seront un tantinet moins “confiants”…


      • epapel Le 16 septembre 2013 à 22h39
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        20 ans c’est 4 lustres comme je l’ai indiqué plus haut, en fait ce que je consteste c’est que l’effondrement des USA soit actuellement en cours, mieux depuis 2008 il aurait déjà du se produire ce qui n’est pas le cas.


  10. BA Le 16 septembre 2013 à 07h45
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    Lundi 16 septembre 2013 :

    Typhon au Japon : alerte spéciale en plusieurs régions, centrale de Fukushima menacée.

    Le puissant typhon Man-yi traversait lundi matin le sud et l’est du Japon, déversant des pluies sans précédent en plusieurs régions placées sous alerte spéciale tandis que la centrale de Fukushima se préparait à être balayée par ces violentes intempéries.

    La côte est du pays doit aussi s’attendre à des trombes d’eau dans l’après-midi pour la région de Fukushima où se trouve la centrale ravagée par le tsunami du 11 mars 2011 et de ce fait très vulnérable. Là aussi, des précipitations exceptionnelles sont redoutées.

    La compagnie exploitante, Tokyo Electric Power (Tepco), a indiqué avoir renforcé les fixations des équipements cruciaux comme les conduites d’eau pour le refroidissement des réacteurs ou les pompes. Les grues ont aussi été arrimées et les patrouilles de surveillance renforcées.

    Il est cependant à craindre que l’intensification des pluies n’augmente d’autant les quantités déjà très importantes d’eau radioactive qui se sont infiltrées dans les sous-sols du complexe atomique en péril.

    De l’eau de pluie qui s’est accumulée autour de réservoirs de liquide chargé de césium, tritium et strontium, et qui, selon les mesures effectuées sur plusieurs prélèvements dans les diverses zones concernées, est déjà contaminée, parfois à des degrés très élevés.

    Le niveau d’eau de pluie est monté très vite dans plusieurs zones et il est possible qu’elle déborde au-delà des petits murets qui entourent les réservoirs, a prévenu Tepco dans un e-mail à la presse.

    link to romandie.com


  11. BA Le 16 septembre 2013 à 20h12
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    Lundi 16 septembre 2013 :

    La dette française va exploser tous les records en 2014.

    INFO LE FIGARO – Le taux d’endettement du pays grimpera jusqu’à 95,1% du PIB fin 2014, selon nos informations. Soit environ 1950 milliards qui équivaudront, en théorie, à une ardoise de plus de 30.000 euros par Français.

    En présentant la semaine dernière les grandes lignes du projet de loi de finances pour 2014, les ministres de Bercy, Pierre Moscovici et Bernard Cazeneuve, se sont montrés particulièrement discrets sur un sujet : l’endettement. Et pour cause, la dette va crever tous les plafonds l’année prochaine.

    Selon nos informations, le texte qui sera présenté dans huit jours montrera qu’après avoir atteint 90,2% du PIB en 2012, la dette de la France en représentera 93,4% en 2013, et grimpera jusqu’à 95,1% fin 2014 ! Un record, bien supérieur au taux de 94,3% envoyé au printemps par Paris à Bruxelles dans le programme de stabilité.

    link to lefigaro.fr

    La Grèce, l’Italie, le Portugal, l’Irlande, la Belgique, la France, l’Espagne, le Royaume-Uni, Chypre vont se déclarer en défaut de paiement.

    La question est donc :

    « QUAND vont avoir lieu ces défauts de paiement ? »


  12. BA Le 16 septembre 2013 à 22h51
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    Espagne, France, Italie : c’est toute l’Europe du sud qui est en train de faire naufrage.

    Ces quatre derniers jours, Espagne, France et Italie ont vu leurs derniers chiffres de dette publique pulvériser les prévisions de leur gouvernement.

    Vendredi 13 septembre 2013 :

    Espagne : nouveau record de la dette publique. 92,2 % du PIB en juin 2013.

    La dette publique de l’Espagne a atteint fin juin un nouveau record à 92,2% du PIB, dépassant l’objectif annuel fixé par le gouvernement, ce dernier expliquant cette hausse par la récession et la plus forte activité du Trésor public.

    Lundi 16 septembre 2013 :

    France : la dette publique explose : 95,1 % du PIB en 2014.

    INFO LE FIGARO. Selon nos informations, le texte qui sera présenté dans huit jours montrera qu’après avoir atteint 90,2% du PIB en 2012, la dette de la France en représentera 93,4% en 2013, et grimpera jusqu’à 95,1% fin 2014 ! Un record, bien supérieur au taux de 94,3% envoyé au printemps par Paris à Bruxelles dans le programme de stabilité.

    Enfin, l’Italie :

    Italie : la dette publique explose : 132,2 % du PIB en 2014.

    Italy’s public debt will rise next year to a new record of 132.2 percent of output, up from a previous forecast of 129.0 percent, according to a draft Treasury document obtained by Reuters.

    link to reuters.com


    • Patrick Luder Le 17 septembre 2013 à 00h12
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      Il n’y a pas de limite à la dette Étatique, si les marchés ne suivent plus, la BCE à déjà promis de prendre le relais. Sans limite de la dette, les Etats ne feront pas défaut. Les recommandations de l’Europe situaient la dette à 60%, mais ce ne sont que des recommandations …

      J’avais lu quelque part, que la totalité des impôts des personnes physiques en France ne suffisent déjà plus à payer le service de la dette. A quoi bon payer des impôts? A quoi bon se soucier de la dette?

      Enfin le mot dette n’est plus approprié link to fr.wikipedia.org le mot dette signifie *devoir” (quelque chose à quelqu’un) … or il est bien clair que les dettes ne pourront pas être remboursées, elles seront juste annulées par un simple jeu d’écriture.

      Les dettes publiques sont une arnaque de la finance, comme la monnaie d’ailleurs … ne vous souciez donc ni de la dette, ni de la monnaie.

      Ah là là, je m’amuse bien au milieu de la nuit, mais je n’arrive pas à me rassurer, les Etats sont insolvables depuis longtemps … et pourtant, les affaires continuent !!!!!!!!!!!!


      • BA Le 17 septembre 2013 à 07h08
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        Après tout, les épargnants français verront leur épargne se volatiliser : bien fait pour eux.

        Ils n’avaient qu’à pas voter “oui” en septembre 1992.

        Ils n’avaient qu’à pas voter pour des ouistes depuis mai 1974.

        Maintenant, ils vont voir les conséquences de leur vote.


  13. samuel Le 17 septembre 2013 à 00h09
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    C’est bizarre le point de vue très énergétique de Dmitry Orlov, comme si l’industrialisation était le point d’entré et de sortie de l’humanité (bon c’est un physicien, mais le problème manque de solution par ce point de vue).
    Alors qu’on peut trouver en ce territoire, une continuité de ce type:
    link to youtube.com
    Évidement cela n’enlève pas la pertinence de son point de vue, mais y à un truc qui manque.


  14. yvan Le 17 septembre 2013 à 15h05
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    Sinon, je fais du presque hors sujet en parlant de vie vu que les conditions actuelles annoncent clairement une réduction de ce que la religion de l’argent appelle “croissance”, soit, leur dieu et une réduction des humains, en manque de puissance argentifère.
    Jetez un oeil à ceci : link to academie-sciences.fr
    Et recherchez Bouchiat.

    Pour ceux qui connaissent la relativité générale, les moments d’inertie, ainsi que Coriolis, n’importe qui peut en déduire que nous avons été créé par le mouvement, et qu’il serait judicieux de le conserver…
    Notes, c’est toi qui vois, camarade…


  15. BA Le 17 septembre 2013 à 18h02
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    Pour aider les pays européens en faillite, la France devra payer 68,7 milliards d’euros en 2014.

    Premier problème : la France n’a pas cet argent, et donc la France devra l’emprunter.

    Deuxième problème : les pays européens en faillite ne rembourseront jamais leur dette. Ce sont donc 68,7 milliards d’euros que les contribuables français vont perdre.

    Troisième problème : les pays européens en faillite sont en train d’entraîner tous les autres pays européens vers le fond de l’océan (même la Finlande est en train d’être entraînée vers le fond).

    Mardi 17 septembre 2013 :

    Pour rembourser la dette qui pèsera sur la France fin 2014, il faudrait que chaque Français débourse 30.000 euros, croit savoir le quotidien Le Figaro mardi matin. Selon les informations du journal, la dette publique du pays sera plus importante que ne l’espérait le gouvernement : 95,1% du PIB, soit environ 1.950 milliards d’euros.

    Si le déficit public constitue l’écrasante majorité de cette dette publique – qui n’est pas la plus importante d’Europe, l’Italie, par exemple, est à 132 % de son PIB – les programmes de soutien à la zone euro lui ont infligé quelques milliards supplémentaires.

    Pour la France, le coût de ces plans a atteint 48 milliards d’euros en 2012 et devrait atteindre 62,5 milliards fin 2013, puis 68,7 milliards fin 2014.

    link to franceinfo.fr


  16. amorgos Le 18 septembre 2013 à 13h07
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    l’EFFONDREMENT tant annoncé depuis 5 ans maintenant …. et le CAC qui monte qui monte, 4164 à cette heure. Les prêcheurs de l’apocalypse sont d’ailleurs beaucoup plus discret en cette rentrée …!

    Oui la crise est toujours là, mais il va falloir apprendre à relire 1984 et surtout la dernière ligne du roman de Big Brother : ” il avait appris à aimer BIG BROTHER” sous entendu, la fiance a gagné la guerre, il nous faudra nous y faire. C ‘est comme çà !


  17. amorgos Le 18 septembre 2013 à 13h16
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    Cette DETTE, ce formidable outil maléfique inventé pour faire payer les vacances du richissime rentier par les pauvres contribuables essorés et asservis. Cruel système mais managé de mains de Maitres !

    Nous n’avons qu’à nous révolter véritablement au lieu de rejeter notre frustration derrière nos écrans. Mais nous n’en avons pas le courage ni l’envi, nos frigos sont encore trop bien remplis pour une majorité d’entre nous.

    C’est de notre faute, nous les faux pauvres et manipulés ….. tant que nous les laisserons faire, ils se serviront, et ils ont bien raison après tout.


  18. Patrick-Louis Vincent Le 10 octobre 2013 à 18h00
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    Si l’on veut parler d’effondrement, n’oublions pas Fukushima. Voici un lien dont le contenu fait frémir.
    link to egotusum.wordpress.com

    L’effondrement peut venir de la monnaie, de la dette ; il y a peut-être plus de risque à ce qu’il vienne du Japon.

    L’auteur propose une pétition pour que l’ensemble des Nations Unies s’attèle à la tâche de sauvegarde de notre planète. Je ne sais pas si cela aura la moindre efficacité, mais plutôt que de ne rien faire…


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