On retrouve sur le graphique suivant comparant l’évolution des revenus du Top 0,01 % des ménages avec celle de la tranche marginale de l’impôt sur le revenu.

Inégalités de revenus en France

Comme pour les États-Unis, on remarque le net parallélisme entre les deux courbes. Plus encore, on observe les résultats de politiques fiscales divergentes :

  • en 1981, la taxation marginale augmente en France
    (« effet Mitterrand ») : la part du Top 0,1 % baisse de 20 % en deux ans.
  • en 1982, la taxation marginale chute aux États-Unis
    (« effet Reagan ») : la part du Top 0,1 % augmente de 30 % en deux ans. Et elle a quadruplé depuis lors.

Toutefois, la taxation marginale a continument baissé depuis 1995, ce qui a immédiatement entrainé une hausse de la part des très hauts-revenus. Le lien entre les deux actions semble donc robuste.

Les graphiques suivants sont les même que ceux étudiés pour les États-Unis (je vous conseille de comparer en cliquant ici). Ils présentent la typologie des sources de revenu.

Inégalités de revenus en France

Inégalités de revenus en France

Inégalités de revenus en France

Les deux premiers montrent que la part des revenus du capital a connu une sévère chute au moment de la Crise de 1929 et au moment de la Seconde guerre mondiale. La part des revenus du capital du Top 0,1 % est ainsi passée de 3 % du total des revenus du pays à 0,5 % où elle est restée stable durant 40 ans. Par contre depuis 1985, cette part a augmenté continûment, pour arriver à 1 %. L’évolution américaine est assez proche.

La différence tient au fait que la part des salaires est elle aussi restée stable en France, alors qu’elle a quadruplé aux États-Unis.

Inégalités de revenus en France

Cela se comprend, face à la démesure des très hauts salaires américains, les français font « pale figure ». C’est cette explosion des très hauts salaires américains qui explique principalement la hausse des inégalités aux États-Unis depuis 1980.

A suivre…

3 réponses à 0254 Les inégalités de revenus en France (3/5)

  1. ril Le 13 septembre 2013 à 13h01
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    Taux de pauvreté français 2011 : 14,3

    En bref, le gouvernement a fait sien le plus détestable des préceptes fiscaux : « Pourquoi faire payer les riches ? Faisons payer les pauvres ; ils sont beaucoup plus nombreux. »

    Et c’est en cela que cette étude de l’Insee n’éclaire pas que le passé récent. Même si elle porte sur l’année 2011, elle fait office aussi de miroir pour les années 2012 et 2013. En bref, elle suggère que les niveaux de vie, pourtant très faibles, de 2011 se sont encore tassés, que les inégalités se sont encore creusées, et que l’on est allègrement en route vers les 10 millions de pauvres. Et tout cela sous les effets de la politique économique de François Hollande…

    http://www.mediapart.fr/journal/economie/120913/pourquoi-les-inegalites-et-la-pauvrete-explosent


  2. ril Le 13 septembre 2013 à 14h08
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    Autre observation qu’il vaut la peine de souligner : parmi les adultes d’âge actif (18-60 ans) en situation de pauvreté, la grande majorité travaillent (2 millions) ou sont au chômage (1million), et seuls 1,4 million (étudiants non compris) sont inactifs. La progression de travailleurs pauvres est continue depuis 2005, et ce sont ainsi 200 000 travailleurs supplémentaires qui, depuis cette date, sont tombée en-dessous du seuil de pauvreté. Ceux qui parlent d’« assistanat » pour dénoncer l’aide sociale savent-ils seulement que les pauvres d’âge actif sont des travailleurs en emploi dans près d’un cas sur deux ? Quant aux enfants et jeunes de 15 ans ou moins, 300 000 d’entre eux sont venus grossir les chiffres de la pauvreté depuis la même date.

    http://alternatives-economiques.fr/blogs/clerc/2013/09/13/des-pauvres-plus-pauvres-des-riches-plus-riches/


  3. Christophe Vieren Le 13 septembre 2013 à 20h29
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    Aux inégalités de revenus disponibles, s’ajoute une inflation différentielle selon ceux-ci.
    L’insee vient de mettre en ligne l’indice des prix 1998-2012 selon les déciles. C’est analysé ici pr Denis Clerc : http://alternatives-economiques.fr/blogs/clerc/2013/09/12/chiffres-et-decence/

    Entre 98 et 2012, l’inflation a été de 4,3 point plus forte pour le premier décile que pour le dernier 28,05 % contre 23,07 %. Cela s’explique en particulier par la hausse des prix de l’énergie bien au-delà de l’inflation du panier de la “ménagère moyenne”. Ainsi que par la hausse des loyers (les propriétaires, donc les plus riches, ne sont pas affectés par l’évolution de ceux-ci. Et si il sont loueurs ils sont d’ailleurs encore plus gagnants).

    Le pouvoir d’achat s’est donc dégradé/amélioré relativement plus/moins pour les pauvres que pour les riches. Ce qui accentue encore les inégalités.


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