Le graphique précédent est double. La partie supérieure représente l’évolution du revenu moyen du Top 0,01 %, exprimé cette fois en multiple du revenu du Bottom 90 %. Par exemple, en 1975, cette tranche gagnait en moyenne 120 fois le revenu de la très vaste majorité de la population, mais 1 100 fois en 2007 (dont 600 fois si on retranche les plus-values).
La partie inférieure représente l’évolution du taux marginal de l’impôt sur le revenu américain – on peut en effet s’attendre à un impact fiscal sur la richesse du Top 0,01. On constate avec surprise que le taux marginal a atteint le record de 94 % durant la guerre, mais qu’il s’est maintenu à plus de 90 % entre 1950 et 1965, en pleine expansion économique. Le trait fin représente le seuil de la tranche marginale, indispensable pour percevoir l’impact du taux (si le taux de 90 % ne s’applique qu’à 3 personnes dans le pays, il sera forcément peu efficace). Lorsque Franklin Roosevelt triple le taux marginal lors de son accession au pouvoir, la tranche marginale est multipliée par 10 et commence à 1 million de dollars, puis plus tard 5 millions, ce qui correspondant à des sommes d’environ 200 et 800 millions de dollars constants 2008 : la tranche reste très limitée, et plutôt symbolique, mais tout le barème ayant été revu et augmenté, la mesure reste très efficace. L’arrivée de la guerre va faire baisser fortement la tranche, jusqu’à 10 millions de dollars constants 2008 lorsque le taux sera de 90 %. Le barème est forcément très efficace pour empêcher la hausse des inégalités. C’est ensuite la baisse tendancielle des taux et de la tranche, jusqu’au maigre taux actuel de 35 % à partir de 350 k$ de revenus.
Bien entendu, la grande compression des inégalités des Trente Glorieuses n’est pas due qu’au barème fiscal, mais on constate qu’il y a joué une part importante – la symétrie des deux courbes étant frappante. Le taux marginal est finalement un bon indicateur de la réglementation du marché du travail et du niveau d’acceptabilité sociale des inégalités et des très hauts salaires.
Le premier graphique ci-dessus représente la structure des revenus du Top 0,1 %, entre ceux issus du travail (salaires), ceux issus du capital (dividendes, coupons, rentes, …) et les revenus mixtes (revenus non salariaux, commerciaux, professions libérales, …). Le second analyse l’évolution de la seule part issue du Capital pour le top 0,5 %.
On constate que la chute de la part des revenus de ce groupe est pratiquement entièrement due à la chute des revenus du capital, et en particulier de la part des dividendes. Pour le Top 0,5 %, ceux-ci ainsi passés de 40 % du revenu dans les années 1920, à 25 % dans les années 1950 et 1960, et à moins de 10 % dans les années 1990.
On observe également que la hausse récente s’est faite sous forme de revenus salariaux. Ainsi, dans les années 20, les plus riches américains étaient surtout des rentiers, vivant des revenus de leurs vastes patrimoines, surtout sous forme de dividendes. Actuellement, ce sont des working rich, « super-salariés » bénéficiant d’énormes rémunérations.
Le graphique suivant, représentant l’évolution de la composition des revenus des sous-groupes du dernier décile en 1929, 2000 et 2007 nous permettra de mieux visualiser l’évolution.

En 1929, la part des revenus du capital est donc majoritaire à partir du Top 0,5 %, et écrasante à partir du Top 0,1 %.
En 2000, la part des revenus du capital est très minoritaire pour tous les sous-groupes ; les revenus sont majoritairement salariaux.
En 2007, seul le Top 0,01 % a constaté une nette hausse de la part de ses revenus issus du capital. Ce sont bien eux qui ont capté les dividendes supplémentaires générés.
On constate bien ainsi la chute des dividendes perçus par ce groupe. Comme on vérifie aisément par ailleurs que la totalité des dividendes versés à l’échelle nationale n’a pas connu de forte modification, on peut donc en conclure que la baisse s’explique par une plus large distribution des revenus du capital, qui se retrouvent moins concentrés entre quelques mains.
Le graphique suivant représente l’évolution de la part des dirigeants américains et de deux fractiles supérieurs dans la masse salariale globale.
Ces trois groupes ont en effet une part identique en 1940. On voit qu’ils suivent une évolution parallèle, mais que la part des dirigeants augmente nettement plus dès 1955, et reste supérieure quasiment pendant 40 ans. L’évolution sur les années 2000 montrerait sans aucun doute un approfondissement de ces écarts.
Bien évidemment, si les écarts se creusent, c’est en raison de la progression des salaires moyens des groupes. On voit sur le graphique précédent à quel point l’évolution des rémunérations des PDG est sans commune mesure avec celle du salaire moyen de l’ensemble de la population (les 2 échelles sont logarithmiques, et calées de 1 à 100 pour pouvoir être comparées).






Série très intéressante, merci Olivier. Il est quand même dingue de réaliser comment on en est arrivé là.
) qui croit dur comme fer à la “théorie du ruissellement”, qui croit que ce sont les riches qui font tourner l’économie, qu’il est légitime qu’ils paient très peu d’impôts, etc. etc. Bien souvent lors de conversation en société, dès que l’on remet en cause ce dogme, on se fait taxer de “communiste” (ou “socialiste” aux USA).
Il existe encore de nos jours, tant aux US qu’en Europe d’ailleurs, une bonne partie de la population (je ne dit pas “une certaine génération”
Aux US spécialement, l’idée est très ancrée qu’il ne faut pas jalouser les riches, car “chacun peut faire pareil”, faire fortune est accessible à tout le monde (mythe du self-made man, and so on).
Le dernier graphique, logarithimique (!!!), est juste incroyable…
Super travail de synthèse Olivier.
Tout est dit dans cette série, sur le “modèle” américain que l’on nous impose depuis 60 ans.
“le “modèle” américain que l’on nous impose depuis 60 ans.”
Une large fraction des Européens se l’est laissé “imposer” avec beaucoup de bonne volonté: même si les riches y étaient plus riches, les classes moyennes y étaient aussi plus prospères et les pauvres pas évidemment plus pauvres.
Il me semble clair que – sans qu’on ose le dire – les Etats-Unis ont servi de modèle implicite à l’Europe. Je ne serait pas surpris que l’attachement de beaucoup d’Européens à l’Euro et à l’UE s’explique par l’espoir qu’ils ont eu de se rapprocher du niveau de vie US (d’autant plus que les faiblesses n’en sont pas tellement visible à la télé!)
Si on compare les réalités géographiques, économiques, historiques, politiques (et j’en oublie surement) il n’est pas surprenant que d’une part ça n’ait pas bien fonctionné et que d’autre part ça ne nous empêche pas d’hériter d’une partie des problèmes qu’ils ont actuellement…
Si ce modèle avait été imposé par la manière forte il serait plus facile de s’en débarrasser, d’où l’intérêt de le montrer qu’il est réellement.
Entre les riches qui participent à l’économie et vouloir leur disparition à tout prix comme certain, il y a une différence non ? J’imagine que dans vosdîners,votre verbe anti riche doit faire peur à plus d’un…et vous croyez encore naïvement que leur disparition arrangera vos problèmes, pouvez-vous le prouver ?
Le problème n’est pas de savoir si « il y a bien une différence », mais plus prosaïquement celui-ci : entre la première partie de votre assertion (« les riches qui participent à l’économie ») et la seconde (leur disparition), j’ai du mal à saisir le rapport…
D’autre part, la question n’est pas de savoir s’il convient, oui ou non, d’éliminer les riches ; mais d’analyser d’une façon visuelle l’importance d’un écart de revenus devenu intolérable, sinon dangereux, entre les individus riches et d’autres, l’écrasante majorité, d’apparence plus mal lotis.
Au vu de la situation actuelle, je me demande quelquefois, à l’instar de Krugman, s’il y a encore un brin de jugeote dans la boîte crânienne d’un crésus modèle standard ; mais bon, ce n’est là qu’une interrogation plaisante sans aucune portée didactique…
Vous répondez à mon message ? Je ne comprends pas votre ton agressif, et puis je n’ai pas de problème d’argent, merci. Mais je pense simplement qu’il n’est pas sain pour l’organisation de la société d’avoir ainsi une caste de “super riches” (rentiers ou super-employés PDG “working rich”). La théorie du ruissellement la considère comme une bienfaitrice de l’économie (ce qui justifie le fait de payer proportionnellement peu d’impôts) et la montre en exemple; je pense au contraire qu’il n’est pas sain qu’une infime minorité s’accapare de l’essentiel de la richesse produite.
Il n’est pas évident de prouver qu’au contraire, cette caste de “super riches” est néfaste à l’économie.
Mais Olivier (et d’autres) a montré à plusieurs reprises qu’on pouvait presque mettre en parallèle l’endettement croissant des Etats avec l’enrichissement “privé”, les billets de cette série montrent que cet enrichissement “privé” s’est fait pour une partie tjs plus réduite de la population.
Or, l’endettement des Etats atteint son niveau critique, et de là deux solutions : ou la population trinque par des mesures d’austérité aveugles, ou la caste des super riches “trinque” pour rembourser les dettes de l’Etat. La voie choisie pour l’instant est plutôt la première, d’ailleurs…même si Olivier est plus optimiste sur le sujet (voir ses interventions dans les medias).
Autre étude sur lien entre inégalités et dette :
link to earth.columbia.edu
Bonjour Olivier,
Je te conseille ce charts TRES large et complet sur la répartition des revenus aux USA. Je conseille de commencer par la zone “billions” en jaune, et notamment la partie “US household income”. Le gateau est cette fois découpé en 5 tranches
Le travail fait sur ce charts est remarquable …
link to xkcd.com
Et en plus, à présent les super riches, piquent les postes de travail des pauvres….
Reste à savoir s’il s’agit de vrais boulots ou de synécures…
J’ai voulu un peu creuser la méthodologie de Saez et Piketty.
Il semblerait que leurs travaux reposent sur les déclarations de revenus à l’IRS.
Si c’est exact, c’est très drôle, parce que ça implique qu’il s’agit d’inégalités de revenu AVANT impôts, sur lesquelles le niveau de taxation n’a pas d’effet. La baisse de l’impôt sur le revenu des ultra-riches ne peut pas être la cause de l’explosion des inégalités de revenus avant impôts !
Encore que…
En 1958 est apparu dans la législation américaine le statut de S-Corporation, qui paie des impôts sur les bénéfices directement au niveau des revenus des actionnaires. Les autres entreprises, les C-Corporation, paient un impôt sur leurs profits avant versement de dividendes.
En 1986, la tranche marginale de l’IR passe de 70% à 28%, alors que l’impôt sur les entreprises reste à 46%. Conséquence logique : les entreprises, qui auparavant payaient leur top-management en stock-options (et autres outils bénéficiant d’une fiscalité avantageuse, voire n’apparaissant PAS sur la déclaration de l’IRS – et donc pas non plus dans les chiffres de Saez), se mettent à les rémunérer massivement en salaires.
Si les données de Saez et Piketty reposent effectivement sur les déclarations de l’IRS, l’erreur méthodologique est assez monumentale.
Parce qu’une large partie des aides sociales ne sont pas fiscalisées, et qu’une grande partie des revenus de l’épargne de l’”américain moyen” vient d’outils défiscalisés – donc pas dans la déclaration à l’IRS.
Bref, il faut d’autres études pour être sûr.
Par exemple celles du Census Bureau ou du US Bureau of Labor Statistics.
“La baisse de l’impôt sur le revenu des ultra-riches ne peut pas être la cause de l’explosion des inégalités de revenus avant impôts !”
Ben si, l’année suivante !
Ben non, si c’était le cas, la part des revenus du capital augmenterait, celle des revenus du travail baisserait. Or c’est l’inverse.
Sauf quand on peut décider soi-même de son revenu.
“Comment je me me paye cette année, tiens l’impôts sur les revenus salariaux a baissé. Je vais m’augmenter de 120%.”
C’est EXACTEMENT ce qui s’est passé. Le problème est : est-ce que les autres types de revenus qui n’apparaissent PAS sur la déclaration IRS ont baissé en compensation ? Et la réponse à cette question n’est PAS dans les données de Saez et Piketty.
Le problème fiscal impacte surtout les inégalités de patrimoine, peu les revenus avant impôt.
Les hauts revenus aux USA n’ont nullement augmenté à cause des impôts (pourquoi toujours tout ramener à ce sujet ?
), mais à cause du néo féodalisme, bref des rémunérations délirantes du système.
Saez et Piketty ont bien pointé le sujet
La règlementation fiscale a un effet considérable sur la façon dont on se rémunère.
Si la taxation des stock options est plus favorable que la taxation des revenus directs, les hauts revenus se rémunèreront en stock options.
Si le taux marginal de l’impôt sur le revenu baisse suffisamment, les rémunérations basculeront des stock options aux salaires.
Piketty et Saez ont utilisé les chiffres des déclarations à l’IRS. Or sur ces déclarations, un nombre considérable de sources de revenus n’apparaissent pas car plus ou moins défiscalisées (link to en.wikipedia.org). Alors que les revenus salariaux apparaissent dans leur intégralité. Ce phénomène conduit à sous-estimer les revenus de tous les américains avant 1986, et les revenus des 99% après cette date.
DONC si ça se trouve, les inégalités de revenus n’ont juste pas ou très peu bougé. Les revenus des ultra-riches ont juste basculé d’un domaine invisible à l’outil de Saez et Piketty à un domaine visible.
Ca ne veut pas forcément dire que les ultra-riches sont plus légitimes pour autant, ou que la situation est saine. Ca veut dire que les chiffres fournis sont insuffisants pour décrire la réalité des inégalités de revenus aux USA.
J’ai regardé le lien wiki. Il y est écrit que le type d’options dont vous parlez bénéficie d’avantages fiscaux étant considérées comme investissements à long terme moins imposés. Imposés, ils sont donc déclarés et apparaissent sur les chiffres de l’IRS que Piketty et Saez ont utilisés. Pourquoi dites vous qu’ils leurs sont invisibles ?
Quels sont les revenus qui n’apparaissent pas sur les déclarations à l’IRS ?
Effectivement, l’exemple est mal choisi en termes de revenus non taxés. Ce genre de différence de taxation justifie un transfert des revenus des salaires vers les stock options.
Par contre, il semblerait que de 1934 à 1986, les contribuables américains pouvaient exclure de leur revenu imposable une fraction consistante des revenus de plus-value (entre 20 et 70% selon les périodes et les durées de détention).
link to en.wikipedia.org
Ce genre de réglementation encourage clairement les stock options.
Est-ce que Piketty a inclu les plus-values non taxées dans les revenus disponibles sur la période 1934-1986 ?
Ensuite, l’introduction des S-Corporations en 1958 a eu un autre effet : les compagnies “normales” paient une “corporate tax” sur leurs bénéfices, puis ces bénéfices nets apparaissent dans les revenus des actionnaires.
Dans les S-Corporations, les entreprises ne paient pas de corporate tax, l’impôt est prélevé au niveau du revenu de l’actionnaire.
Pour un même revenu net final, le revenu avant “income tax” de l’actionnaire de S-Corporation est donc significativement plus élevé que celui de l’actionnaire de C-Corporation (entreprise classique).
Les S-Corporations étant de plus en plus nombreuses par rapport aux C-Corporations, surtout depuis 1986, c’est logique que les revenus avant impôts des actionnaires croissent rapidement.
A la question piketty et saez ont ils pris en compte les revenus des capitaux à long terme exonérés, je peux m’aventurer à une réponse. Ou plutôt deux : “Oui” ou “non mais leur part dans les revenus du capital est peut importante”.
Si on suit l’hypothèse de revenus invisibles avant 1986, visibles ensuite (en supposant une déclaration de leurs détenteurs conforme à la loi) on verrait une augmentation brutale des revenus du capital sous la forme d’un échelon d’amplitude égale à la part des revenus jusqu’alors invisibles. En regardant ce qui se passe en 1986, date à laquelle la fiscalité a été modifiée on observe une stabilité relative des revenus du capital mésurés par Piketty et Saez (voire une baisse). Soit l’hypothèse est juste mais la part des invisibles est tellement petite qu’une fois déclarés les revenus à long terme sont masqués par les fluctuations du marché, soit l’hypothèse est fausse et les revenus du capital à long terme éxonérés d’impôts sont estimés par les outils de mesures de P&S même avant 1986.
C’est une réponse aventureuse.et il faudrait regarder de très près, et la fiscalité (qui a beaucouo évolué entre 69 et 86) et l’économie de l’époque. On voit à cette époque une rupture de la corrélation revenus salariaux revenus du capital. (vers 70 les revenus salariaux augmentent alors que les revenus du capital baissent. Avant cette date ils augmentaient ou diminuaient de manière synchrone). On peut supposer un basculement progressif des revenus des pétés de tunes du capital vers les salaires. Les causes étant fiscales ET économiques. Peut être les actifs et options sont devenus moins rentables en brut.
En tout cas vos commentaires sont très pertinents et enrichissent ce billet déja très intéressant.
Peut-être serait-il intéressant de mettre une telle étude en parallèle avec le phénomène de concentration économique qui a vu grossir considérablement la taille des multinationales. Cela permettrait, à condition d’un examen davantage micro-économique en analysant l’historique bilanciel de ces boites, d’avoir une vision plus affinée de l’accroissement (ou non) de la rapacité des dirigeants en proportion des résultats des groupes qu’ils président. Bref, un gros gros boulot de recherche…
Comment ces riches ont il pu oublier que dans l’Histoire, de telle inégalités ont toujours mené à leur fin?
L’histoire ne fait que se répéter…
De jolis graphiques mais :
> Les PDG du top 100 sont des patrons de multinationales
> Ces multinationales réalisent une grande partie de leurs bénéfices à l’étranger avec des produits qui ne sont, bien souvent, plus fabriqués sur leur territoire d’origine
> La plupart des employés du pays d’origine ne contribuent donc pas ou peu à cette hausse très importante du CA
> Les actionnaires et l’équipe dirigeante sont par contre les acteurs clefs de cette progression, il est donc tout à fait logique qu’ils en récoltent les bénéfices
Je suis sûr que le salaire de l’ouvrir chinois qualifié employé par la filiale chinoise de la multinationale suivrait une pente plus proche du patron que de celle de l’ouvrir américain.
Plus globalement, j’ai beaucoup de mal avec cette vision des choses qui voudrait que les prélèvements de l’etat soient une bonne chose.
En plus d’être illégitimes, ces prélèvements sont totalement inefficaces et ne réduisent en rien les inégalités, la France en est le parfait exemple…
En se plaçant au centre du jeu, l’état déresponsabilise totalement les individus, que ce soit dans le monde de l’entreprise ou dans la vie de tous les jours. Il retire également une grande partie de nos libertés.
Qui plus est, le rapport de force entre la “classe qui serait flouée” et la “classe des ultra-riches” est plus que clairement en faveur de la “classe flouée”, les riches n’étant que des hommes.
Si demain les salariés de Total décident de faire grève et exigent une augmentation de salaire, les actionnaires et la direction ne pourront pas faire autrement que d’honorer leur requête.
Mais la majeure partie de la population est égoïste et est tout à fait prête à écraser ses voisins pour être mieux lotie.
Pourquoi donc demander à un riche d’être altruiste alors que la majorité de la population ne l’est pas ? enfin on ne lui demande pas au riche, on l’exige grâce aux élections !
C’est un système très pervers et vouloir que l’état intervienne encore plus, dans toutes les parcelles de vie d’un citoyen, c’est ouvrir la boîte de pandore…
“En plus d’être illégitimes, ces prélèvements sont totalement inefficaces et ne réduisent en rien les inégalités, la France en est le parfait exemple…”
Vous plaisantez, la France est justement l’exemple contraire… ? A suivre dans les prochains billets…
“Pourquoi donc demander à un riche d’être altruiste alors que la majorité de la population ne l’est pas ? enfin on ne lui demande pas au riche, on l’exige grâce aux élections !”
Si la majorité n’est pas altruiste, c’est peut-être parce qu’elle imite les riches, justement.
Une société qui propose comme modèle ultime d’accomplissement l’accumulation monétaire et matérielle d’individus atomisés a peut de chance de produire quelque chose qui ait à voir avec le collectif, le bien commun ou l’altruisme. Il me semble difficile de déplorer la disparition de ce dernier en invoquant les bienfaits d’une telle société.
J’attends avec grande impatience vos données sur la France Mr Berruyer car j’avais vraiment l’impression, peut être faussée, que la situation de nos patrons du CAC 40 suivant la même pente que celle de leurs homologues américains sans pour autant atteindre la même somme.
” Si la majorité n’est pas altruiste, c’est peut-être parce qu’elle imite les riches, justement. ”
La société est faite par les gens qui la composent et le niveau d’altruisme n’a rien à voir avec la richesse, c’est une question de personnalité et de choix de vie.
A mon sens, le fait que l’état se place au centre du jeu, empêche le développement de l’altruisme puisque les relations ne se font pas d’individus à individus mais entre classes qui se battent pour préserver leurs privilèges en faisant du lobbying au niveau des élus.
On se retrouve donc avec des électeurs qui exigent que les riches payent toujours plus mais qui, dans le même temps, se battent bec et ongles pour conserver leurs privilèges.
L’état n’a plus comme mission de donner “droit de” mais de donner “droit à” des privilèges divers et variés et ce même quand ces privilèges coulent la nation par l’endettement et sacrifient la jeune génération.
L’impôt sur le revenu en est le parfait exemple, les électeurs exigent que les “riches” (et ce n’est pas seulement madame Bettencourt dans l’esprit de la majorité de la population mais simplement des personnes qui gagnent plus d’argent qu’eux) payent énormément d’impôt alors que dans le même temps ils trouvent normal de ne pas payer d’impôt et d’avoir droit à de nombreux privilèges versés par l’état.
On se retrouve ainsi avec des personnes qui donnent X mois de rémunération à l’état pendant que d’autres (et c’est souvent leurs voisins) ne donnent rien ou presque rien et bénéficient des largesses de l’état.
L’imposition doit suivre le niveau de revenu en valeur absolue mais pas en pourcentage, exactement comme pour les cotisations sociales : le riche apportera bien plus d’argent à la nation que le pauvre mais ils seront sur un même pied d’égalité, ce qui permet de développer le sentiment de destiné commune.
D’ailleurs on voit bien toute l’absurdité du système progressif puisque pour éviter que l’argent ne parte à l’étranger on met en place des tonnes de niches fiscales pour contenter les différents lobbys (immobilier, énergie renouvelable etc…), en plus de l’injustice du système progressiste on se retrouve donc avec une injustice au sein même de ce système, entre ceux qui peuvent se payer les services de cabinets fiscaux et ceux qui ne le peuvent pas.
Je sais que mon avis nest peu partagé en France et qu’on se dirige plus vers une imposition à 100% des riches que vers une flat tax.
Mais il n’en demeure pas moins que même en prenant 100% de l’argent aux “riches”, l’état sera à un moment ou à un autre obligé de couper dans les dépenses exponentielles.
On verra alors toute la fraternité du pays quand papy et mamy défileront dans la rue pour que leurs retraites ne baissent pas et que le système de couverture santé soit toujours aussi généreux alors même que ces deux dépenses pèsent de plus en plus sur les salariés et sacrifient purement et simplement la jeune génération.
“Si demain les salariés de Total décident de faire grève et exigent une augmentation de salaire, les actionnaires et la direction ne pourront pas faire autrement que d’honorer leur requête.”
Vous rigolez, là ???
Vous trouvez que le rapport de force est en faveur des salariés par rapport aux actionnaires, actuellement ???
Quand on parle de taux d’imposition de 90% aux USA on oublie toujours de mentionner les déductions possibles, qui étaient très nombreuses.
Ce qui est le cas (même si cela devrait se réduire avec la chasse aux niches) en France où les cris sur l’horreur fiscale et les taux prohibitifs dissimulaient en fait des pratiques permettant de réduire considérablement la facture.
J’ai connu quelqu’un, qu’on peut qualifier de riche, travaillant dans la finance, qui se vantait de payer 0 € d’IR tout à fait légalement grâce à un très bon conseiller fiscal. Je suis sûr qu’Olivier, connaît des cas similaires dans les milieux où ils travaille. Bien sûr tout ce manque à gagner lié à l’évasion se répercute sur ceux qui n’ont pas les mêmes possibilité d’échapper à l’impôt : classes moyennes (y compris supérieure) PME (y compris les grosses). Elles se plaignent donc logiquement de la hausse de la pression fiscale, mais se trompent de cible lorsqu’elles croient que l’Etat est la source de tous leurs maux.C’est le mécanisme de la stratégie du choc.
Que les Etats remettent la main sur les Mds € qui leur échappent et nous verrons dans ce cas dans quelle mesure nous dépensons effectivement trop (et je pense vraiment qu’on peut vraiment dépenser moins avec le même niveau de service public).
Je suis d’accord avec vous. Les classes moyennes (revenus annuels bruts compris entre 70k et 150k) sont matraqués par toutes sortes de taxes et d’impôts, si ils sont salariés pas beaucoup de déductions possibles. A la fin, ils se retrouvent avec moins de net en poche que les classes moyennes inf, qui bénéficient de toutes sortes d’aides (déduction, bourses scolaires, aide au logement, etc…). Perso je ne trouve pas cela normal.
Vous devez surement plaisanter. Au delà de 70k€ en France on tombe dans le top 1%. Et si on n’est pas salarié, on est de la petite bourgeoisie.