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20.février.201320.2.2013 // Les Crises

[Reprise] « Quand le riz devient un produit financier », par Jean Ziegler

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Article repris du Monde Diplomatique, écrit par Jean Ziegler en février 2012. N’hésitez pas à soutenir cet excellent journal…

Pour son entrée en fonctions, au début de janvier, le nouveau directeur général de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, M. José Graziano da Silva, a promis d’augmenter les ressources destinées à l’Afrique, la « priorité » de son mandat. Mais au-delà de l’aide ponctuelle — nécessaire —, il faudrait soustraire les matières premières agricoles au système de spéculation, comme le proposent des économistes.

Une route droite, asphaltée, monotone. Les baobabs défilent, la terre est jaune, poussiéreuse, malgré l’heure matinale. Dans la vieille Peugeot noire, l’air est étouffant, irrespirable. En compagnie de l’ingénieur agronome et conseiller en coopération de l’ambassade de Suisse, M. Adama Faye, et de son chauffeur, M. Ibrahima Sar, nous roulons en direction du nord, vers les grands domaines du Sénégal. Pour mesurer l’impact de la spéculation sur les produits alimentaires, nous disposons, étalés sur nos genoux, des derniers tableaux statistiques de la Banque africaine de développement. Mais M. Faye sait qu’une autre démonstration nous attend, plus loin. La voiture pénètre dans la ville de Louga, à 100 kilomètres de Saint-Louis. Puis, soudain, s’arrête :« Viens ! Allons voir ma petite sœur, lance-t-il. Elle n’a pas besoin de tes statistiques pour expliquer ce qui se passe. »

Un marché pauvre, quelques étals au bord de la route. Des monticules de niébé, du manioc, quelques poules qui caquettent derrière leur grillage. Des arachides, quelques tomates ridées, des pommes de terre. Des oranges et des clémentines d’Espagne. Pas une mangue, un fruit pourtant si réputé au Sénégal. Derrière l’un des étals de bois, vêtue d’un ample boubou jaune vif et d’un foulard de tête assorti, une jeune femme bavarde avec ses voisines : Aïcha, la sœur de M. Faye. Elle répond à nos questions avec vivacité, mais, à mesure qu’elle parle, sa colère monte. Bientôt, sur le bord de la route du Nord, un bruyant et joyeux attroupement d’enfants de tous âges, de jeunes, de vieilles femmes, se forme autour de nous.

Le sac de riz importé de 50 kilos coûte 14 000 francs CFA (1). Du coup, la soupe du soir est de plus en plus liquide. Seuls quelques grains sont autorisés à flotter sur l’eau dans la marmite. Chez le marchand, les femmes achètent désormais le riz au gobelet. La petite bouteille de gaz est passée, en quelques années, de 1 300 à 1 600 francs CFA ; le kilo de carottes, de 175 à 245 francs CFA ; la baguette de pain, de 140 à 175 francs CFA. Quant à la barquette de trente œufs, son prix a augmenté en une année de 1 600 à 2 500 francs CFA. Il n’en va pas différemment pour les poissons. Aïcha affecte maintenant de se quereller avec ses voisines, trop timides, à son avis, dans la description qu’elles font de leur situation : « Dis au Toubab ce que tu paies pour un kilo de riz ! Dis-le-lui, n’aie pas peur ! Tout augmente presque tous les jours. »

C’est ainsi que, lentement, la finance affame les populations. Sans que celles-ci comprennent toujours les mécanismes sur lesquels repose la spéculation.

Un dispositif perverti

Tout commence par une singularité, car l’échange des produits agricoles ne fonctionne pas tout à fait comme les autres : sur ce marché, on consomme davantage qu’on ne vend. Ainsi, « le commerce international des céréales représente à peine plus de 10 % de la production, toutes cultures confondues — 7 % pour le riz », estime l’économiste Olivier Pastré (2), avant de conclure : « Un déplacement minime de la production mondiale dans un sens ou dans l’autre peut faire basculer le marché (3). » Face à la demande croissante, l’offre (la production) s’avère non seulement éclatée, mais extrêmement sensible aux aléas climatiques : sécheresse, grands incendies, inondations, etc.

C’est pour cette raison qu’au début du XXe siècle, à Chicago, apparaissent les produits dérivés. Ces instruments financiers dont la valeur est « dérivée » du prix d’un autre produit, appelé « sous-jacent » — tel que des actions, obligations, instruments monétaires —, étaient initialement destinés à permettre aux agriculteurs du Middle West de vendre leur production à un prix fixé préalablement à la récolte — d’où le nom de « contrat à terme ». En cas de chute des cours au moment de la moisson, l’agriculteur était protégé ; en cas de flambée, les investisseurs enregistraient un profit.

Mais, au début des années 1990, ces produits à vocation prudentielle se transforment en produits de spéculation. Heiner Flassbeck, économiste en chef de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), a ainsi établi qu’entre 2003 et 2008 la spéculation sur les matières premières au moyen de fonds indexés (4) avait augmenté de 2 300 % (5). Au terme de cette période, la flambée des prix des aliments de base a provoqué les fameuses « émeutes de la faim » qui ont secoué trente-sept pays. Les images des femmes du bidonville haïtien de Cité Soleil préparant des galettes de boue pour leurs enfants tournaient alors en boucle sur les écrans de télévision. Violences urbaines, pillages, manifestations rassemblant des centaines de milliers de personnes dans les rues du Caire, de Dakar, de Bombay, de Port-au-Prince, de Tunis, réclamant du pain pour assurer leur survie, ont fait la « une » des journaux pendant plusieurs semaines.

L’indice 2008 des prix de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) s’établissait en moyenne à 24 % au-dessus de celui de 2007, et à 57 % au-dessus de celui de 2006. Dans le cas du maïs, la production de bio-éthanol américain — dopée par quelque 6 milliards de dollars (4,7 milliards d’euros) de subventions annuelles distribués aux producteurs d’« or vert » — a considérablement réduit l’offre des Etats-Unis sur le marché mondial du maïs. Or, le maïs servant en partie à l’alimentation animale, sa rareté sur les marchés, alors que la demande en viande progresse, a aussi contribué à augmenter les prix dès 2006. « L’autre grande céréale vivrière, le riz, connut à peu près la même évolution, relève l’économiste Philippe Chalmin (6), avec des prix qui, à Bangkok, passèrent de 250 à plus de 1 000 dollars la tonne (7). » Le monde prit soudainement conscience qu’au XXIe siècle des hommes mouraient de faim par dizaines de millions. Puis le silence recouvrit de nouveau la tragédie.

Mais, depuis l’éclatement de la crise financière, la spéculation sur les matières premières alimentaires n’a fait qu’accélérer : fuyant la débâcle qu’ils avaient provoquée, les spéculateurs — notamment les plus importants, les hedge funds, ou « fonds spéculatifs » — se sont reportés sur les marchés agroalimentaires. Pour eux, tous les biens de la planète peuvent faire l’objet de paris sur l’avenir. Alors pourquoi pas les aliments dits « de base » — le riz, le maïs et le blé —, qui, ensemble, couvrent 75 % de la consommation mondiale (50 % pour le riz) ? Selon le rapport 2011 de la FAO, seuls 2 % des contrats à terme portant sur des matières premières aboutissent désormais effectivement à la livraison d’une marchandise. Les 98 % restants sont revendus par les spéculateurs avant leur date d’expiration.

Ce phénomène a pris une telle ampleur que le Sénat américain s’en est inquiété. En juillet 2009, il a dénoncé une « spéculation excessive » sur les marchés du blé, critiquant notamment le fait que certains traders détiennent jusqu’à cinquante-trois mille contrats en même temps ! Il a également dénoncé le fait que « six fonds indexés soient actuellement autorisés à tenir cent trente mille contrats sur le blé au même moment, soit un montant de vingt fois supérieur à la limite autorisée pour les opérateurs financiers standard (8) ».

Pour un contrôle mondial des prix

Le Sénat américain n’est pas le seul à s’alarmer. En janvier 2011, une autre institution a classé la hausse des prix des matières premières, notamment alimentaires, comme l’une des cinq grandes menaces pesant sur le bien-être des nations, au même titre que la guerre cybernétique ou la détention d’armes de destruction massive par des terroristes : le Forum économique mondial de Davos…

Une condamnation qui avait de quoi surprendre, étant donné le mode de recrutement de ce cénacle. Le fondateur du Forum économique mondial, l’économiste suisse Klaus Schwab, n’a pas laissé au hasard la question des admissions à son Club des 1 000 (le nom officiel du rassemblement) : seuls sont invités les dirigeants de sociétés dont le bilan dépasse le milliard de dollars. Chacun des membres paie 10 000 dollars l’entrée. Eux seuls peuvent avoir accès à toutes les réunions. Parmi eux, évidemment, les spéculateurs sont nombreux.

Les discours d’ouverture tenus en 2011 dans le bunker du centre des congrès ont pourtant clairement désigné le problème. Ils condamnèrent avec la dernière énergie les « spéculateurs irresponsables » qui, par pur appât du gain, ruinent les marchés alimentaires et aggravent la faim dans le monde. Puis, pendant six jours, une kyrielle de séminaires, de conférences, de cocktails, de rencontres, de réunions confidentielles dans les grands hôtels de la petite ville enneigée, commentèrent la question… Mais est-ce vraiment dans les salles à manger des restaurants, les bars, les bistrots à raclette de Davos que le problème de la faim dans le monde trouvera les oreilles les plus attentives ?

Pour vaincre une fois pour toutes les spéculateurs et préserver les marchés des matières premières agricoles de leurs attaques à répétition, Flassbeck propose une solution radicale : « Arracher aux spéculateurs les matières premières, notamment alimentaires (9). » Il réclame un mandat spécifique de l’Organisation des Nations unies (ONU). Celui-ci, explique-t-il, confierait à la Cnuced le contrôle mondial de la formation des prix boursiers agricoles. A partir de ce moment, seuls les producteurs, les marchands ou les utilisateurs de matières premières agricoles pourront intervenir sur les marchés à terme. Quiconque négociera un lot de blé ou de riz, des hectolitres d’huile, etc., devra être contraint de livrer le bien négocié. Il conviendra également d’instaurer — pour les opérateurs — un plancher d’autofinancement élevé. Quiconque ne ferait pas usage du bien négocié serait exclu de la Bourse.

Si elle était appliquée, la « méthode Flassbeck » éloignerait les spéculateurs des moyens de survie des damnés de la Terre et ferait radicalement obstacle à la financiarisation des marchés agroalimentaires. La proposition de Flassbeck et de la Cnuced est vigoureusement soutenue par une coalition d’organisations non gouvernementales (ONG) et de recherche (10).

Ce qui manque, pour l’instant, c’est la volonté des Etats.

Jean Ziegler

Vice-président du comité consultatif du Conseil des droits de l’homme de l’Organisation des Nations unies. Auteur de Destruction massive. Géopolitique de la faim, Seuil, Paris, 2011.

(1) Les chiffres datent de mai 2009, 1 euro = 655,96 francs CFA. Le smic s’établit à 40 000 francs CFA.

(2) NDLR. Egalement président d’IMBank (Tunisie), depuis 2001, administrateur de l’Association des directeurs de banque (depuis 1998) et de CMP-Banque (depuis 2004).

(3) Olivier Pastré, « La crise alimentaire mondiale n’est pas une fatalité », dans Pierre Jacquet et Jean-Hervé Lorenzi (sous la dir. de), Les Nouveaux Equilibres agroalimentaires mondiaux, Presses universitaires de France (PUF), Paris, 2011.

(4) Se dit de fonds d’investissement dont le rendement est supposé épouser celui d’un indice de référence (portefeuille de valeurs, CAC 40, etc.).

(5) Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement, « Rapport sur le commerce et le développement », Genève, 2008.

(6) NDLR. Par ailleurs ancien conseiller à la Société française d’assurance (Euler-SFAC), entre 1991 et 2003, et président d’Objectif Alpha Obligataire (groupe Lazard) depuis 2005.

(7) Philippe Chalmin, Le monde a faim, Bourin Editeur, Paris, 2009.

(8) Paul-Florent Montfort, « Le Sénat américain dénonce la spéculation excessive sur les marchés à terme agricoles », rapport du sous-comité permanent du Sénat des Etats-Unis chargé des enquêtes, Momagri, 7 septembre 2009.

(9) Heiner Flassbeck, « Rohstoffe den Spekulanten entreissen », Handelsblatt,Düsseldorf, 11 février 2010.

(10) Leur argumentation est résumée dans l’essai de Joachim von Braun, Miguel Robles et Maximo Torero, « When Speculation Matters », International Food Policy Research Institute (Ifpri), Washington, 2009.


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DESTRUCTION MASSIVE – Jean ZIEGLER par bressetv

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32 réactions et commentaires

  • Seb // 20.02.2013 à 02h50

    Pour faire suite à mes critiques de la campagne contre les banques dans ‘article précèdent;

    “Seuls les producteurs, les marchands ou les utilisateurs de matières premières agricoles pourront intervenir sur les marchés à terme. Quiconque négociera un lot de blé ou de riz, des hectolitres d’huile, etc., devra être contraint de livrer le bien négocié”

    C’est clairement une très bonne idée et probablement facile à implémenter; seuls les producteurs peuvent créer de nouveaux contrats et on ne peut vendre qu’un contrat qu’on possède. Ca devrait etre le cas pour tous les futures, pas que l’alimentaire. Il y a des fois ou on se demande ce qui retiens les politiques comme pour la réforme bancaire ou le HFT.

    Par contre si la production ne suit pas (investissements?) la situation ne s’arrangera pas toute seule non plus. Avec ou sans spéculateurs, si il n’y a qu’un bol de riz pour deux les prix monteront et ce sera le plus riche (Japonais ou Chinois) qui l’aura, pas le pauvre Africain.

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  • Letaulier // 20.02.2013 à 05h55

    Encore du grand n’importe quoi.

    Le plus grand spéculateur au monde sur le marché du riz est le Royaume de Thaïlande. Ce pays rachète aux paysans de son pays des millions de tonnes de riz pour soutenir les cours et ainsi sauver leurs revenus.

    Par ailleurs si on dit que “seuls les producteurs, les marchands ou les utilisateurs de matières premières agricoles pourront intervenir sur les marchés à terme”. Alors la politique agricole de l’UE se retrouve dans l’illégalité puisque Bruxelles n’hésite pas à racheter des produits agricoles pour soutenir leurs cours. Est-ce que la Commission bouffent les millions de tonne de beurre qu’elle a acheté? Non.

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    • Celimen // 20.02.2013 à 08h32

      Vous avez peut etre raison en disant que la Thailande occupe une place importante dans la speculation du riz, mais plutot que de décrédibiliser sur une simple question de hierarchisation des speculateurs (et encore, sur le riz uniquement!), attaquons nous à (toute) spéculation et sur (toute) matieres premieres…
      Des moyens doivent en outre pouvoir etre mis en place pour ne pas empecher les producteurs ou consommateurs de se couvrir contre les “vraies” fluctuations (il y’ a des pistes dans cet article, ou bien on peut imaginer du declaratif à une autorité de marché basé sur du vrai flux physique passé ou projeté, etc…)

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      • LeTaulier // 20.02.2013 à 09h28

        Pourquoi s’attaquer à la spéculation? Le problème de la faim n’est pas lié aux activités spéculatives mais à d’autres facteurs: insolvabilité d’une partie de la population, incitation à la monoculture, subventions des pays riches pour leurs agriculteurs ou des bio-carburants qui détournent les paysans des pays pauvres à produire des produits destinés au marché locale des produits alimentaires etc…

        Si on fait la mauvaise analyse, comme le fait Ziegler, on s’attaque aux mauvaises causes et finalement le malade n’est pas guéri.

        Ziegler utilise les malheurs réels des populations des pays pauvres pour régler ses comptes avec le capitalisme ou avec le milieu social bourgeois dont il est lui-même issu. Il a aussi compris que pour passer dans les médias il faut être outrancier, faire dans le catastrophisme et taper sur la finance.

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        • step // 20.02.2013 à 10h02

          c’est vrai, salops de pauvres, pauvres en plus !

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          • Benjamin Franklin // 20.02.2013 à 11h28

            Un peu cliché comme argument là.
            On peut aussi dire que les pov’tits africains se seraient développés depuis un moment, comme les asiatiques, si on nous autres occidentaux avions cessé notre protectionnisme agricole pour leur permettre d’exporter, qu’on leur foutait la paix et qu’on arrêtait de les endetter en prêtant du pognon à leurs gouvernements en sachant pertinemment que ce pognon ne sert qu’à acheter des armes et des villas en Suisse.

            Donc la rhétorique de Ziegler, on peut aussi dire que c’est de la condescendance bien-pensante, bobo et néocolonialiste, limite raciste. Les bons sauvages noirs sont pas fichus de s’en sortir sans les gentils blancs bien pensants de Genève. Faut arrêter les clichés. Les pauvres ont une dignité et de l’énergie.

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          • step // 20.02.2013 à 13h53

            ah et le mythe du self made man c’est pas un peu cliché aussi ^^

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        • celimen // 20.02.2013 à 10h38

          @Letaullier
          Comme je le disais dans un autre post où je n’ai pas eu de réponse…c’est un raisonnement de riche…
          Comme il est écrit dans le document d’Oxfam, et que peu de personnes contestent, la spéculation amplifie la volatilité des prix.
          Que des traders gagnent ou perdent de l’argent sur ces mouvements on s’en ficherait à la limite si c’était sur des actions du CAC40, mais là derrière il y’ a des populations qui n’ont même pas les moyens de stocker en cas de hausse rapide, et ne parlons même pas de se couvrir avec des dérivés…
          […] ok sur le signal fort du prix en tendance (mais surtout pas en volatilité, qui est assassin, n’ayons pas peur des mots…) pour réaliser des investissements productifs pour le plus grand bénéfice de chacun, mais même là j’ai des doutes: il serait sans doute hautement préférable de réaliser des vrais investissements productifs dans des “fermes” ou des machines agraires etc… plutôt que des investissements sur telle ou telle quantité de blé, non?
          En tout cas il y’a nécessité de réguler, vous le contestez?

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          • LeTaulier // 20.02.2013 à 11h15

            Le document d’Oxfam ne démontre rien. Ils défendent une idée qui est dans l’air du temps, taper sur traders,

            Cela ne mène à rien “de réaliser des vrais investissements productifs dans des “fermes” ou des machines agraires etc… ” tant que les marchés des pays riches sont protégés si ce n’est de produire à perte pour les paysans des pays pauvres.

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          • celimen // 20.02.2013 à 11h22

            (blé, riz, etc…)

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          • Celimen // 20.02.2013 à 16h03

            @letaullier
            La plupart de vos arguments sont contestables…
            Il est evident que les populations pauvres deviennent moins solvables si le poids dans leur budget de l’alimentation explose…vous inversez un peu facilement la cause et la consequence.
            Les données fournies par la Commodity Futures Trading Commission (CFTC) américaine permettent de situer le poids bien trop important sur ces marchés pris par les hedge funds et les fonds indiciels depuis 2007 pour justifier un besoin inexistant de plus de liquidité (je ne dis pas qu’ils n’ont pas besoin de liquidité, juste que la hausse des prix et de la volatilité entrainee par ces mastodontes excèdent largement le petit bénéfice du surplus de liquidité).
            Les américains ont une grosse régulation de ces marchés, pourquoi en europe n’en n’aurions nous aucune?
            Vous soulignez le probleme des subventions europeennes et us, mais ce n’est pas une raison pour s’en servir comme préalable avant de reguler cette speculation…

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        • Seb // 20.02.2013 à 10h46

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          Si le diagnostic n’est pas bon et que les solutions sont idéologiques (et ne règlent donc rien) ça n’aidera pas ceux qui n’ont pas à manger.

          Je suis toujours perturbé d’entendre que les producteurs n’arrivent pas a gagner leur vie si ils ne cultivent pas 500ha en intensif, le besoin de subventionner/soutenir mondialement la production et dans le meme temps les discussion sur les prix trop élevés et la pénurie.

          C’est peut-être pas un problème de trader et de banque pour le coup.

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        • stephp // 20.02.2013 à 11h02

          @LeTaulier
          Non monsieur, la spéculation n’est pas un jeu à somme nulle, qui pourrait se résumer à dire que ce que l’argent gagné par les uns est celui perdu par les autres.
          La spéculation entraîne des distorsions de prix qui affectent inutilement :
          – les producteurs quand le prix est entraîné vers le bas,
          – les consommateurs quand le prix est entraîné vers le haut.

          Maintenant les autres causes que vous évoquez existent également.
          Mais Il n’en reste pas moins qu’interdire l’accès aux marchés aux acteurs qui n’ont rien à y faire (i.e. qui font juste des paris sur des variations de prix) est nécessaire, même si cela n’est pas suffisant.

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        • Dulahan // 20.02.2013 à 16h45

          Vous connaissez le Cobweb model ?

          Dans l’agriculture, la demande s’ajuste beaucoup plus rapidement aux variations de prix que l’offre. Si le prix du kilo de bœuf augmente, on voudra planter plus de soja pour nourrir plus de bétail. Mais une fois le soja supplémentaire planté, la décision est irrémédiable pour la récolte en cours, et quelles que soient les variations de prix que connaîtra par la suite le soja, il faudra à tout prix l’écouler d’une manière ou d’une autre une fois récolté. L’offre est donc bien plus rigide dans le temps que la demande, et le meilleur moyen de la réguler est par le volume et non par le prix.

          C’est du coup complètement aberrant de laisser au marché le soin de déterminer le prix des matières agricoles.

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          • Le taulier // 20.02.2013 à 17h45

            Qui donc dorit fixer les prix ? Le chef du bureau 23 de la Commission européenne?

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          • Dulahan // 20.02.2013 à 20h46

            Ceux qui sont le plus légitimes à le faire : producteurs et consommateurs.

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  • fabien775 // 20.02.2013 à 10h40

    @Letaulier
    Tu as raison, il ne faut pas taper sur la finance, c’est vraiment une déesse qu’il faut remercier tout les matins pour son immense générosité qui fait que nous vivons dans un monde vraiment meilleur ou nous sommes tous très heureux…

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    • LeTaulier // 20.02.2013 à 11h19

      Les spéculateurs sont utiles sinon il n’existeraient pas. Ils permettent d’animer les marchés même sur des produits ou des échéance où il n’y a pas de demande physique suffisante. Et les agriculteurs et les consommateur (industriels) qui veulent se couvrir sont bien contents d’avoir une contrepartie qui leur propose un prix même si c’est pas toujours celui qu’ils rêvent.

      Le spéculateur est l’huile qui permet de faire tourner le capitalisme qui sans lui serait gripper.

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      • toutouadi // 20.02.2013 à 11h36

        “Les spéculateurs sont utiles sinon il n’existeraient pas”

        Dois-je comprendre que la misère, la guerre, le vol, le viol, les femmes et enfants battues et maltraités, c’est utile ou alors que cela n’existe pas?
        Ou plutôt que notre ami Letaullier est un âne?

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        • LeTaulier // 20.02.2013 à 11h41

          Je parle des spéculateurs en tant qu’agent économique dans le système capitaliste. Sans eux les marchés seraient beaucoup moins fluides.

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          • toutouadi // 20.02.2013 à 11h54

            Mais moi zosi je parlais des voleurs, violeurs et personnes maltraités comme composante de notre société mais sans eux notre société serait bien plus fluide.

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        • Téji // 20.02.2013 à 12h03

          Oui, quel raisonnement, n’est-ce pas !
          Sur ce modèle, je préfère l’existence et l’utilité des Colibris…
          Que Letaullier soit un âne, je ne sais pas : ce qui me paraît plus évident, c’est qu’il a simplement la chance d’être riche d’un pays riche, et quelque soit le prix du riz ou du blé, sa gamelle est pleine.
          Quant à appeler les spéculateurs des huiles, je trouve ça assez réaliste 😀
          Quand le capitalisme sera enfin fini, on pourra utiliser toute cette huile à bon compte 😉

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          • celimen // 20.02.2013 à 13h11

            😉 plutôt drôle, mais in fine ce n’est pas en s’envoyant des noms d’oiseaux ou en appeler à la fin mondiale du capitalisme tout seul dans son village France qu’on va arriver à un consensus pour lutter contre ce problème…
            ça va juste un peu servir à renvoyer chacun dans son camp et faire rêver certains à des révolutions sanglantes…
            en attendant le nombre de victimes s’aggrave…

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          • LeTaulier // 20.02.2013 à 13h47

            Tu peux aussi ajouter que j’ai une belle femme.

            Si tu rêves d’un monde avec un système économique non-capitaliste, tu as le choix entre la Corée du nord et Cuba…mais dépêche toi car cela ne va pas durer,

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          • Téji // 20.02.2013 à 18h14

            Il faut être bien réducteur pour ne voir d’alternative que dans la Corée du Nord ou Cuba ! Nous sommes au XXIème siècle, tout de même…

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          • Téji // 20.02.2013 à 18h26

            @Celimen
            Je ne prône pas la fin du capitalisme à proprement parler, mais je fais le constat des incroyables limites qu’il montre de plus en plus, et à ce titre je ne crois pas qu’il puisse perdurer bien longtemps dans une humanité qui en souffre, tout simplement.
            Je n’ai rien d’un gauchiste, d’autant que j’ai créé, dirigé, participé à des entreprises qui répondent à la définition du capitalisme. Je n’en pense pas moins qu’une économie planifiée de type socialiste peut être bénéfique pour des pays émergents, pour peu que ses potentats (comme les nôtres, au passage) ne s’accrochent pas à leurs prérogatives et que le système ne soit pas dogmatique, afin d’évoluer ensuite vers plus de liberté.
            “Je hais les haies qui sont des murs…” disait Raymond Devos.

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      • step // 20.02.2013 à 13h57

        Les spéculateurs sont utiles sinon il n’existeraient pas. les sangsues aussi. Par contre pour les secondes je suis certain de penser au moins à une application médicale. question de fond : Quelle utilité la liquidité à prix spéculatif ?

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      • stephp // 20.02.2013 à 14h45

        Les parasites sont utiles sinon il n’existeraient pas.
        La connerie est utile sinon elle n’existerait pas.
        Les raz de marée sont utiles sinon ils n’existeraient pas.
        Les assassins et les violeurs sont utiles sinon ils n’existeraient pas.
        ….

        Raisonnement puissant n’est-ce pas ?

        En quoi les acheteurs ne pourraient rencontrer les vendeurs sans le parasitage des spéculateurs.
        Votre sacro-sainte liquidité des marché, on s’en tape. Si on fait le bilan des avantages/inconvénients de la spéculation, l’expérience récente montre qu’il est préférable de s’en passer, définitivement.
        Et tant pis pour ceux qui en profitaient.

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        • step // 20.02.2013 à 17h57

          je tiens à préciser que stephp n’est pas step, même si pour l’instant on pourrait en douter 🙂

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  • fabien775 // 20.02.2013 à 13h42

    Je ne vais pas polémiquer, je vais juste dire que certains discours sont adapté à une situation personnelle qui ne s’est pas dégradée à cause de cette oligarchie financière qui ne voit que sont intérêt particulier face à l’ intérêt général.

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  • fabien775 // 20.02.2013 à 13h58

    Ce n’est pas le capitalisme qu’il faut remettre en question, ce sont ses excès qui font que les 1% les plus riches détiennent 90% des richesses, comme en Corée du Nord, ou a Cuba.

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