28
mai
2012

Suite du billet sur les concours nets de la BCE.

Comme nous allons aborder aujourd’hui les fameux “soldes TARGET2″ qui font le buzz sur les blogs économiques – bien souvent sans être bien compris, malheureusement -, je vous renvoie sur ce billet traitant des paiements interbancaires internationaux, qu’il convient d’avoir lu pour bien comprendre ce sujet.

Les soldes TARGET2 sont simplement les dettes générées entre Banques centrales de l’EuroSystème, et que se matérialisent par une seule dette ou créance de chaque banque centrale envers la BCE. Quand un espagnol transfère 100 de monnaie en Allemagne ou achète 100 de produits, sa banque transfère 100 de liquidités en Allemagne, et la Banque Centrale d’Espagne génère en contrepartie une dette de 100 envers la Bundesbank, d’où une dette TARGET2 pour la Banque centrale d’Espagne envers la BCE et une créance TARGET2 de 100 sur la BCE pour celle d’Allemagne.

Alors, grave ou pas grave ? État des lieux – vous allez constater comme un air de déjà-vu dans les formes des graphiques…

solde target2 bce

On voit donc que beaucoup de liquidités ont quitté l’Espagne et l’Italie.

solde target2 bce

Et on constate bien leur destination : l’Allemagne surtout (ces soldes monteront-ils jusqu’au ciel ?) et les Pays-Bas…

Petite synthèse :

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On observe mieux en cumulant les soldes :

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Et sur une longue période :

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On peut ainsi regrouper quelques pays pour mieux voir :

solde target2 bce

La fantastique divergence saute aux yeux ! Mais ATTENTION à l’interprétation

Enfin, cette synthèse montre mieux la situation actuelle (pour information la somme des soldes n’est pas exactement nulle, car ils tracent aussi de petites opérations que la BCE a effectué au bénéfice des banques) :

solde target2 bce

Après cette longue étude, nous ferons une première synthèse générale dans le prochain billet pour expliquer ce qui se passe, afin de ne pas tomber dans les erreurs d’interprétation habituelles de ces phénomènes…

19 réponses à 0110 Les soldes TARGET2

  1. Patsux Le 28 mai 2012 à 05h16
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    « Après cette longue étude, nous ferons une première synthèse générale dans le prochain billet pour expliquer ce qui se passe, afin de ne pas tomber dans les erreurs d’interprétation habituelles de ces phénomènes… »

    Vous n’êtes pas très gentil avec nous (les lecteurs), vous allez nous rendre fou. Perso, j’ai limite la bave aux lèvres là. J’ai déjà repris tous les billets pour recoller les morceaux et comprendre le piège. Quel stress…

    Vive le prochain épisode – demain j’espère :)


  2. Patrick Luder Le 28 mai 2012 à 05h52
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    Le système n’est pas finalisé, on à assemblé sans rassembler, ce qui crée des dispartés croissantes.

    Quand on ajoute notre confiance dans la partie la plus confiante, on augmente la confiance déjà forte.

    De même quand la fontaine est trop vide et qu’on se dépêche d’en prendre encore un seau, on ne fait que la vider encore plus.


  3. askarine Le 28 mai 2012 à 08h56
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    De toute façon, pas besoin d’être einstein pour comprendre que l’euro (commes les autres monnaies fiduciaires, du moins la plupart) ne valent pas grand chose, du fait de leur process de création. derrière chaque monnaie créee, il devrait y avoir une richesse. Or, actuellement, il n’en est rien (je zappe les collateraux qui sont ridicules, juste un élément du process de création monétaire). La richesse, elle est anticipée (on espère que l’agent éco va rembourser en créant donc de la richesse). L’endettement n’est donc qu’un amas de richesse promis mais jamais créé (or, c’est justement dans cette promesse future de richesse où se situe concretement le véritable collateral de la monnaie scripturale). Quant on voit la masse de l’endettement privé et public, on comprend la masse de création de richesse anticipée qui manque finalement à l’appel : la monnaie n’a en l’occurence plus bcp de valeur, et plus l’endettement augmente et moins elle en aura. quand je vois par ailleurs que l’état a remboursé plus de 1400 milliards d’interets et tres peu de capital (ob, si t’es pas d’accord avec ces chiffres qui circulent bcp sur le net, dis-le ;) ), on voit la part de l’interet dans la déconfiture de notre monnaie….


    • Patrick Luder Le 28 mai 2012 à 09h54
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      “L’endettement n’est donc qu’un amas de richesse promis mais jamais créé”
      Excellent Askarine, cela rejoint mon post:
      ° La gestion des flux, des profits et des risques ne sert à rien, contre-productif et parasitaire, financé par des dettes et au détriment des quelques restes de l’économie réelle!
      ° La période de la productivité (je ne trouve pas d’autre mot pour assembler énergie & industrie) est terminée, elle à créé une explosion du pillage des ressources et à mis l’humanité en péril !


      • Patrick Luder Le 28 mai 2012 à 09h59
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        Encore pour “L’endettement n’est donc qu’un amas de richesse promis mais jamais créé”, j’ai oublié le plus probant …
        Nos sociétés s’appauvrissent de ces déviances, (gestion parasitaire citée plus haut) nos bras et nos cerveaux seraient plus utiles à mettre en place l’économie et la vie du future, plutôt que d’essayer de maximiser les profits actuels sur le dos des quelques imbéciles qui essaient encore de trimer dans l’économie réelle pour s’en sortir


      • askarine Le 28 mai 2012 à 15h17
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        tout à fait d’accord, les écolos devraient davantage s’intéresser aux conséquences de notre systeme de création monetaire et à la productivité à tout prix qui en découle, au lieu de nous parler de sujets souvent secondaires quant à leurs conséquences écologiques….


        • Patrick Luder Le 28 mai 2012 à 16h16
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          Le terme “écolos” est devenus péjoratif … je préfère parler de développement durable qui traite de toutes ces données => clique sur mon nom pour en voir plus …


  4. BA Le 28 mai 2012 à 09h01
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    Lundi 28 mai 2012 :
     
    L’Espagne pourrait demander l’aide du fonds de secours européen.
     
    Le gouvernement espagnol pourrait demander l’aide du fonds de secours européen, si la tension sur les marchés persiste, afin d’injecter 30 milliards d’euros dans son secteur bancaire, en plus des 19 milliards demandés par Bankia, affirme lundi le journal El Mundo.
     
    “Si la crise grecque continue et si la prime de risque espagnole (surcoût que doit payer l’Espagne pour emprunter à dix ans, par rapport à l’Allemagne, considérée comme référence du marché) reste autour du niveau élevé des 500 points, l’Espagne pourrait demander de l’aide au Fonds européen de stabilité financière (FESF). C’est une possibilité, même si maintenant toutes les hypothèses sont possibles”, a expliqué une source gouvernementale au quotidien de centre-droit.
     
    Une autre possibilité envisagée par le gouvernement est de demander l’aide du FMI, écrit le journal.
     
    Contactée par l’AFP, une porte-parole du ministère de l’Economie a elle assuré que la position du gouvernement, de ne demander aucune aide extérieure, n’avait pas changé.
     
    Selon El Mundo, l’Etat espagnol devra injecter 30 milliards d’euros de fonds publics dans les trois établissements bancaires placés sous tutelle en raison de leurs grandes difficultés: CatalunyaCaixa, NovacaixaGalicia et Banco de Valencia.
     
    Cette somme s’ajoute à l’aide record de 19 milliards d’euros sollicitée vendredi par Bankia, troisième banque du pays par le nombre d’actifs et la plus exposée au secteur immobilier, avec plus de 30 milliards d’euros d’actifs problématiques, car à la valeur incertaine (crédits risquant de ne pas être remboursés, logements saisis…).
     
    En comptant l’aide de 4,5 milliards d’euros déjà apportée par l’Etat, le sauvetage public de Bankia atteint 23,5 milliards d’euros, un record historique pour le secteur financier espagnol.
     
    Ce qui ferait donc un total de plus de 50 milliards d’euros que l’Espagne devra réunir pour renflouer son secteur bancaire, de quoi susciter des doutes sur sa capacité à apporter seule ces fonds, à un moment où sa discipline budgétaire est étroitement surveillée par les marchés et l’Union européenne.
     
    Signe des inquiétudes provoquées par cette situation, la prime de risque espagnole a atteint lundi matin un nouveau record historique, à 509 points de base.
     
    link to romandie.com


  5. BA Le 28 mai 2012 à 10h29
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    Lundi 28 mai 2012 :
     
    L’Italie emprunte 4,25 milliards d’euros à des taux en hausse.
     
    L’Italie a emprunté lundi 4,25 milliards d’euros sur le marché, atteignant ainsi son objectif maximum, à des taux en nette hausse dans un marché tendu, dominé par les inquiétudes des investisseurs sur l’état de santé du secteur bancaire espagnol, a annoncé la Banque d’Italie.
     
    Le Trésor italien a levé 3,5 milliards d’euros de certificats du Trésor zéro coupon à échéance 2014 à un taux de 4,037%, contre 3,355% le 24 avril.
     
    Il a émis en outre 418 millions d’euros de bons du Trésor indexés sur l’inflation à échéance 2016 à un taux de 4,39%, contre 2,71% le 24 février.
     
    Il a aussi levé 333 millions d’euros de bons du Trésor indexés sur l’inflation à échéance 2017 à un taux de 4,6%, contre 3,88% le 24 avril.
     
    Lundi matin, le marché obligataire était dominé par les vives inquiétudes des investisseurs à l’égard de l’état de santé du secteur bancaire espagnol.
     
    Sous l’effet de ces craintes, les taux à dix ans de l’Espagne s’approchaient de 6,5%, tandis que sa prime de risque, c’est-à-dire le surcoût que le pays doit payer pour emprunter à dix ans par rapport à l’Allemagne, s’inscrivait à un niveau record de 509 points de base.
     
    link to romandie.com


    • Patrick Luder Le 28 mai 2012 à 12h12
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      BA, trop d’informations tue l’information … dans tes intéressants posts, y en a t’il qui sortent du lot ? Ou est-ce que tous sont au même niveau ? Il faudrait un temps complet pour analyser tous ces chiffres :-) Merci quand même pour ces infos spontannées …


  6. BA Le 28 mai 2012 à 12h26
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    Les infos qui sont importantes pour moi, ce sont les infos qui concernent :
    - le Portugal
    - l’Irlande
    - l’Italie
    - la Grèce
    - l’Espagne.

    Ces cinq Etats sont en train de s’effondrer, en ce moment, sous nos yeux.

    L’année 2012 sera une année historique : ce sera l’année la plus importante depuis 1991 dans l’histoire du continent européen.

    Ce qui est train de se passer en Europe est ahurissant. 


    • Patrick Luder Le 28 mai 2012 à 12h37
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      Oui, mais le marché à transformé une grosse baffe en quelque chose de plus insidieux (sournois) … Ca fait mal, mais on ne sait pas d’où, par qui et pourquoi le coup est parti … Une vraie, grosse et bonne baffe, aurait été plus éducative!


      • BA Le 28 mai 2012 à 13h04
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        A mon humble avis, je sais d’où le coup est parti, par qui, et pourquoi le coup est parti.

        Le coup est parti le 20 septembre 1992.

        Référendum sur le traité de Maastricht :
         
        Non : 12 626 700 votes.
         
        Oui : 13 165 475 votes.
         
        En pourcentage des suffrages exprimés :
         
        Non : 48,96 % .
         
        Oui : 51,04 %.
         
        link to fr.wikipedia.org
         
        13 165 475 Français ont dit “oui” au traité de Maastricht.
         
        13 165 475 Français ont dit “oui” à la monnaie unique. 

        13 165 475 bisounours ont cru les merveilleuses promesses que leur ont dit les partisans du “oui”.

        Dans les mois qui viennent, comme prévu, la zone euro va exploser.

        Et ce sont les 13 165 475 bisounours qui ont fait le coup. 


        • Strategix Le 28 mai 2012 à 14h38
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          C’est la vérité. Même pas déviée par la victoire du non au traité de Lisbonne.

          Nous allons finalement avoir raison.
          Mais ce sera une victoire à la Pyrrhus.    


        • askarine Le 28 mai 2012 à 15h10
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          maastricht a été clairement une grosse erreur, permise par l’inculture éco de nos concitoyens (belle idée mais économiquement illusoire d’autant plus qu’on a élargi l’europe et donc des écos notamment de plus en plus éloignées….). Seulement, pour ma part, je pense que le coeur du problème ne se situe pas là, que c’est un évènement qui va empirer les choses pour nombre de pays (grece, espagne, france…). Pour moi, le coeur du probleme, c’est notre systeme de creation monetaire (distribution de la monnaie avec interet notamment) qui pousse à la croissance à tout prix, et donc à l’endettement puisque croissance ne eput être éternelle et que cette expansion de la masse monetaire arrange tout ce petit monde (banque et politiques notamment). Jusqu’au moment où ce n’est plus tenable, et je pense qu’on y est. La fuite en avant risque de durer encore un petit peu (il ne faut pas sous-estimer l’imagination de l’être humain ;) ), mais quand ça va exploser, ça va être énormissime. Sans maastricht (qui va aggraver nettement les choses pour nombre de pays c’est clair), on courrait quand même à la catastrophe, il suffit de voir l’état du monde (presque tout le monde est endetté, y compris la chine, ce qui est logique avec notre merveilleux systeme).


          • Patrick Luder Le 28 mai 2012 à 16h01
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            Askarine, pas d’accord avec “l’inculture éco de nos concitoyens ” … n’importe quel péquenot aurait fait mieux avec une économie de ménage …


        • Patrick Luder Le 28 mai 2012 à 15h56
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          BA, tu as raison, mais je voulais surtout souligner qu’une révolution en douce sera moins porteuse en enseignements qu’une grosse baffe… Vouloir atténuer les crises est contre-productif, mieux vaudrait mettre tout le monde en face de ses responsabilités !


  7. Robert Le 28 mai 2012 à 19h53
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    Le débat complet sur TARGET2: link to robertmwuner.de


  8. tchoo Le 30 mai 2012 à 10h01
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    Ramener tout à Maastrich est un peu facile, surtout par certains qui doivent avoir voter non.
    Comme si tous les maux venaient de l’Europe (la crise est mondiale doit-on vous le rappeller)
    Qui plus est l’Europe de Maastrich n’est pas celle d’aujourd’hui.
    C’était plus surement une belle idée, mais qui a mal tournée parce que mise au service uniquement des finances et du profit pour certains.
    Le capitalisme et le néo-libéralisme est destructeur et à trouver là un formidable hors-bord pour fendre les flots.
    Que nous nous soyons fait abuser est une évidence, mais cela n’a pas commencer à Maastrich ni ne c’est fini là.


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