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17.février.202017.2.2020 // Les Crises

Abattre le capitalisme : Mode d’emploi – Par Frédéric Lordon

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Source : Le Média, Youtube, 11-02-2020

Comment sortir du néolibéralisme, et quelle alternative y substituer ? Quelle place pour les partis et les syndicats dans cette révolution ? Quid du recours à la violence ? Faut-il se débarrasser de cette police ?

Économiste et philosophe, Frédéric Lordon était l’invité de l’association de polytechniciens X-Alternative, le 6 février dernier à Paris, pour répondre à ces questions.

Source : Le Média, Youtube, 11-02-2020

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Commentaire recommandé

Daniel // 17.02.2020 à 09h04

« un grand moment a rencontré un petit peuple » dixit Friedrich von Schiller, le poète de la liberté, au moment de la révolution française.
Aujourd’hui, pris dans nos préoccupations quotidiennes, il faut se faire douleur pour essayer de comprendre, réfléchir et agir pour changer sa petite société (amis- famille) et surtout la grande Société (Commune, Nation … Monde).
Le contexte étant celui d’un Krach financier inévitable (les taux négatifs accélèrent l’arrivée de ce moment).
Pour moi, il faut s’inspirer de la méthode F.D.Roosevelt (en temps de paix) que la France a mis en place après guerre :
———
« Que le RIC croque le krach ! »
1 – Enquête judiciaire sur les financiers, (si le Krach est avéré, on se passe de cette étape)
. les banksters en prison
2 – Séparation bancaire immédiate,
. banque de dépôt // banque d’investissement
. banque des gens // casino financier non relié au réel
. => évite la contagion du krach financier vers la société des gens : pas de renflouement
3 – Nettoyage des dettes,
. élimination des dettes non reliées au physique
4 – l’Etat reprend le contrôle de l’émission monétaire (« Crédit national et démocratique » de J.Jaurès)
. la monnaie va à l’investissement et aux gens.
. projet de développement social et environnemental
5 – Nouveau Bretton Woods, (*)
. décolonisation de tous les pays et multilatéralisme
(*) https://www.institutschiller.org/L-appel-de-Vladimir-Poutine-a-un-sommet-des-cinq-puissances-soutenu-par-la.html

38 réactions et commentaires

  • Merlin // 17.02.2020 à 07h45

    Il y a des jeunes femmes assises par terre et des vieux hommes sur des chaises.
    Je trouve que c’est révélateur de la situation.

    Bon moment sur la production et la coordination du nombre pour changer le rapport de force.
    Étude des deux courants, sympathiser ou bien lutter contre les forces de l’ordre. L’alternative peut être que la police cède techniquement mais pas socialement(peu de conscience de classe).
    Étude de la garde nationale en tant que peuple armé sous forme de milice pour se placer en contrepouvoir de l’état.

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    • calal // 17.02.2020 à 14h07

      Il y a des jeunes femmes assises par terre et des vieux hommes sur des chaises.

      juste pour rebondir vite fait
      -les mecs sont venus a l’heure pas les « jeunes femmes »
      -on veille au confort des « vieux » par respect pour le fait qu’ils ont reussi a survivre,a ne pas mourir stupidement jusqu’a leur age, les jeunes peuvent endurer un peu ,ils sont tout neufs pis on sait pas si ce sont des modeles solides ou des qui cassent facilement…

      bon je suis tombre dans le panneau du detournement d’attention de file grace au diviser pour mieux regner…dont feed the troll.

        +15

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    • Bouddha Vert // 17.02.2020 à 17h10

      Bonjour Merlin, vous écrivez « Il y a des jeunes femmes assises par terre et des vieux hommes sur des chaises.
      Je trouve que c’est révélateur de la situation. »
      On ne sait pas trop si vous regrettez le manque de « galanterie » de ces « vieux » ou si vous déplorez une image « machiste » de la situation… c’est dommage d’autant que je vois également de jeunes hommes au sol.

        +9

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  • TEROUINARD // 17.02.2020 à 08h28

    « le poids des mots » : « Abattre le capitalisme : Mode d’emploi  » !
    Pas besoin d’aller plus loin, tout est dit.
    Là où il est question « d’abattre », c’est le remplacement d’un Calife (ou idéologie) par un autre Calife.
    Et « adoucir » le « néolibéralisme », par je ne sais quels syndicats, polices ou autres, est un leurre.
    Il s’agit de « dépasser » le capitalisme, afin de remettre l’humain au centre de nos préoccupations et que la gestion sociale soit au service des tous les humains.

      +6

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    • ouvrierpcf // 18.02.2020 à 13h17

      le poids ou le sens des mots définition rôle du Calife ? dans quelle société? pourquoi ne pas laisser les califes « califer en paix  » ou laisser décider les « califés » Pour l’humain lequel ? le propriétaire des biens de production ? au centre de nos préoccupation?(enfin des siennes) ou le salarié le prolétaire (gros mot pour terouinard peut être) la gestion sociale heu oui mais l’appropriation des moyens de production c’est trop technique ou grossier ? Rien n’a changé quand cela a été appliqué? ah bon Nombre d’universités en Russie en 1916 en 1930 en 1939 en 1964 nombre de filles d’ouvriers paysans à l’université a ces mêmes repaires par exemple
      changer les mots inventer un monde de bisounours que de faux semblants LHistoire des Hommes des femmes des enfants ne compte plus , mettre au même plan les enfants les classifier en Humain pour permettre de les faire (RE) travailler aussi la nuit peut être ?

        +1

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  • Santerre // 17.02.2020 à 08h46

    « les petites gens se rendent compte de leur force quand le temps d’en user est passé »
    Jan Artevelde

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    • Le Belge // 17.02.2020 à 09h40

      Petite rectification sur le nom : il s’agit de Jacob van Artevelde (1287 -1345), membre de la bourgeoisie (avec une différence sur ce statut à l’époque comparativement à la nôtre) gantoise ayant lutté contre le Royaume de France (suzerain du comté de Flandre) durant les prémisses de la Guerre de Cent ans car Edouard III (petit-fils de Philippe IV, dit le Bel) avait interdit l’exportation de laine anglaise vers les filatures flamandes pour que les villes flamandes se rallient à sa cause pour la revendication de la Couronne de France (Edouard III était le fils de la fille de Philippe IV tandis que Philippe de Valois n’en était que le neveu). Cette interdiction ayant provoqué une hausse terrible du chômage et une chute des bénéfices tirés de cette activité.

        +4

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  • Daniel // 17.02.2020 à 09h04

    « un grand moment a rencontré un petit peuple » dixit Friedrich von Schiller, le poète de la liberté, au moment de la révolution française.
    Aujourd’hui, pris dans nos préoccupations quotidiennes, il faut se faire douleur pour essayer de comprendre, réfléchir et agir pour changer sa petite société (amis- famille) et surtout la grande Société (Commune, Nation … Monde).
    Le contexte étant celui d’un Krach financier inévitable (les taux négatifs accélèrent l’arrivée de ce moment).
    Pour moi, il faut s’inspirer de la méthode F.D.Roosevelt (en temps de paix) que la France a mis en place après guerre :
    ———
    « Que le RIC croque le krach ! »
    1 – Enquête judiciaire sur les financiers, (si le Krach est avéré, on se passe de cette étape)
    . les banksters en prison
    2 – Séparation bancaire immédiate,
    . banque de dépôt // banque d’investissement
    . banque des gens // casino financier non relié au réel
    . => évite la contagion du krach financier vers la société des gens : pas de renflouement
    3 – Nettoyage des dettes,
    . élimination des dettes non reliées au physique
    4 – l’Etat reprend le contrôle de l’émission monétaire (« Crédit national et démocratique » de J.Jaurès)
    . la monnaie va à l’investissement et aux gens.
    . projet de développement social et environnemental
    5 – Nouveau Bretton Woods, (*)
    . décolonisation de tous les pays et multilatéralisme
    (*) https://www.institutschiller.org/L-appel-de-Vladimir-Poutine-a-un-sommet-des-cinq-puissances-soutenu-par-la.html

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    • Bats0 // 17.02.2020 à 14h39

      En fait toutes les réponses à notre devenir son décrite dans «  »Le Dernier Mitterrand » qui est un récit témoignage écrit par le journaliste, scénariste et écrivain Georges-Marc Benamou » :
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Dernier_Mitterrand
      Avec cette phrase si importante par rapport au comportement de nos sociétés :
      « La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l’Amérique. Oui, une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre économique, une guerre sans mort apparemment. Oui, ils sont très durs les Américains, ils sont voraces, ils veulent un pouvoir sans partage sur le monde. C’est une guerre inconnue, une guerre permanente, sans mort apparemment et pourtant une guerre à mort. »
      En sachant que les US sont la première puissance militaire mondiale (et de loin), et qu’ils ont déjà utilisé l’arme nucléaire, que pouvons-nous faire réellement ? C’est la question qui me tourmente à chaque fois que j’entends « il faudrait que… ».

        +5

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    • Bouddha Vert // 17.02.2020 à 17h44

      @Daniel
      « Nettoyage des dettes non reliées au physique », je ne sais si vous mesurez les conséquences de cette disposition mais elle implique la fin des créances censées nourrir livret A, assurances vies etc, je n’y suis pas foncièrement défavorable car c’est le sort de toute société entrant en déplétion, mais nous entrons alors dans un autre monde!

      « l’Etat reprend le contrôle de l’émission monétaire », ici la dichotomie atteint son comble parce que sans croissance structurelle, s’en est fini des politiques d’investissements.
      En effet, comment assurer la stabilité d’une monnaie si son émission n’est plus corrélée aux richesses produites (?) et comment investir pour ne serait-ce qu’entretenir l’existant si l’on produit moins.
      Prendre pour exemple l’époque de Jaurès, structurellement en croissance, est le point aveugle qui nous interdit de trouver des solutions viables aux problèmes innombrables auxquels nous sommes désormais confrontés, en premier lieu desquels la déplétion des ressources (les mitrailleuses de 1914 étaient chargées avec cartouche et culot en laiton et balle en cuivre!!).
      Ne pas oublier que les créanciers d’avant la croissance se rémunéraient par le servage ou le pillage des richesses gagnées par l’armée victorieuse.
      Sans machines nourries par des énergies croissantes en volume, point d’investissement pour Jacques sans déshabiller Paul.

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  • Rond // 17.02.2020 à 09h10

    « Ce n’est que l’adhésion passionnelle de la multitude qui fait l’autorité des institutions ». On ne saurait dire mieux. Alors arrêtons de chipoter sur les détails qui nous séparent et rejoignons-nous sur ce qui nous rassemble. Une autre ? « Regardons les choses en face, avant, pour ne pas être surpris pendant » … Très bien ce garçon ! Ajoutons : et n’être dupes de rien, après.
    Tenons bon !

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    • Thierry Dechambre // 17.02.2020 à 12h08

      Tout à fait d’accord avec vous. Le problème principal c’est l’obéissance. Notre soumission à l’autorité et à ses symboles. Soumission inconsciente mais non moins réelle que l’expérience de Milgram a su mettre en évidence.

        +3

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      • Catalina // 17.02.2020 à 19h28

        Bonjour;
        Je ne sais pas si l’expérience de Milgram peut expliquer cela, en revanche, coté psy, l’état est considéré comme le grand tout, le peuple est l’enfant qui lui tient la main (dans sa grande majorité) pour être guidé, à tort, comme nous le constatons. Faire grandir le peuple est compliqué parce qu’il avait totalement confiance en l’état, l’élection et la justice. Le peuple a autant de mal à marcher seul qu’on l’a privé de toute décision, initiative, réflexion, et même on le manipule en permanence et il est cadré avec les médias. Surtout la sacro-sainte télévision qui sévit dans les foyers, cet outil qui aurait pu justement faire tant pour élever le peuple ne sert qu’à l’abêtir. Il faudra beaucoup de temps et maintes luttes pour que le peuple lâche la main de son guide qui l’a trompé, mutilé, et le méprise. Un grand pas a été fait avec les gj car le dévoiement de l’état a été mis à nu – même s’ils reste « des résistants » – tellement il est dur d’accepter que la croyance, la confiance en l’état n’est plus possible.

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        • SanKuKaï // 17.02.2020 à 20h50

          Non seulement il faudra du temps, mais j’ajouterais que malheureusement, à la prochaine génération… il faudra tout recommencer…

            +6

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  • Dominique Gagnot // 17.02.2020 à 09h28

    A supposer que nous, les citoyens, prenions enfin le pouvoir volé par les grands propriétaires il y a 230 ans, il s’agirait de remettre le monde à l’endroit.
    Cela suppose une administration et une mobilisation de guerre : l’ennemi, c’est le modèle économique actuel !

    Le contrôle de la monnaie et la gestion collective des ressources à toutes les échelles possible (communes, nations, planète,) sont LA condition nécessaire (et non suffisante) de notre survie.
    (Extrait de http://bit.ly/tragédiecapitaliste )

      +13

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  • christian gedeon // 17.02.2020 à 10h27

    Abattre le capitalisme,rien que çà. Ben voyons! M. Lordon confond capitalisme et ultralibéralisme(sic!). le capitalisme est théoriquement une association du capital et du travail. Aujourd’hui,le schéma général est l’association du capital…et du capital. La financiarisation corrollaire inévitable des libertés(dont la liberté de transfert en un clic de capitaux gigantesques),a créé un modèle économique qui n’a plus rien à voir avec le capitalisme des origines,si j’ose dire,qui existe depuis la nuit des temps. la variable « travail  » est devenue transportable, »délocalisable « ,sans freins et sans limites. Quantité négligeable. Et la robotisation qui n’en est qu’à ses débuts ne va pas arranger les choses.Comme beaucoup,M. Lordon pense encore XIXiéme et XXiéme siècle,et internationaliste convaincu,ne veut pas voir à quel point les ouvertures,jadis chantées comme la solution ultime,ont modifié le monde,et pas en bien. Ce n’est pas le capitalisme qu’il faut abattre,mais l’incroyable arrogance de ceux qui se prétendent partout « chez eux ».

      +19

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    • Anfer // 17.02.2020 à 17h51

      En fait il faut d’abord avoir un regard d’efficacité sur le système économique.

      On fixe les buts, et ensuite on voit les méthodes, le capitalisme ou le communisme, ou tout autre système économique est un moyen, une méthode, pas un but en soit. (Par exemple c’est le vrai problème de l’EU, qui se croit un but en elle même, ce qui explique pourquoi elle va nul part)

      Or le capitalisme est un but en lui même pour ceux qui le défendent, désirent, souhaitent.
      Pars que si l’on regarde objectivement le capitalisme comme méthode ou moyen, on est forcé de constater son inefficacité, son coût astronomique, ses résultats médiocre.

      Au XIXe siècle, quelques pays ont asservis économiquement des centaines d’autres, avec des résultats plutôt mauvais vu la quantité de ressources alors à leur disposition.

      Enlevez l’énergie bon marché et les ressources quasi gratuites, et vous constaterez que ce système gaspille incroyablement les ressources et la capacité de travail des humains.

        +11

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      • christian gedeon // 18.02.2020 à 10h04

        Grand sourire…revenir aux plans quinquennaux ou triennaux,comme vous voudrez,et redonner aux états les moyens d’un capitalisme monopolistique dans les domaines essentiels. Du Gaullisme quoi! ma&is çà suppose une nation indépendante et des citoyens conscients et volontaires pour leur apprtenance à cette nation. Ce que j’appelle de tous mes voeux. ERt sans vouloir vous offenser,et jusqu’à preuve du contraire,le levier capitaliste,d’éata ou privé pour les domaines non essentiels est put être le plus mauvais. Mais comme dirait Churchill,on n’en a pas encore trouvé de meilleur.

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  • pucciarelli // 17.02.2020 à 10h44

    M Lordon est très intelligent. « Trop »? Comment espérer « abattre le capitalisme » dans le contexte actuel? Qu’est-ce donc que cette nouvelle utopie bien faite pour ruiner toute lutte réelle contre les méfaits du capitalisme néolibéral? M. Lordon oublie sans soute le concret au profit d’une idéologie messianique. Tenant un discours apparemment matérialiste, il trébuche dans les errements de l’idéalisme. C’est son droit. C’est dommage. Nous n’avons pas besoin de rêves, mais d’outils. Le magasin de M. Lordon en est apparemment dépourvu. Puisse le dieu de la lutte des classes les lui fournir.

      +10

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    • politzer // 17.02.2020 à 11h46

      des outils ? certes mais d abord un Parti cf « Que faire? » de Lénine, des militants expérimentés prêts à prendre la tête de l insurrection ou des soulèvements. On en a vu l absence lors du mouvement des gilets jaunes ! Le drame du « programme commun » c est qu il a conduit à la disparition du PCF par la double trahison du PS et de la fraction droitière de ce même pcf . Plus de parti pour conduire un soulèvement dont l absence risque de conduire vite fait au désastre cf La Commune . Marx qui au loin dispensait des conseils avait essayé de convaincre les dirigeants de ne pas s engager dans l insurrection ayant évalué ses chances de réussir à zero. La suite lui a donné raison. Il faut s organiser bien avant en groupes de militants chacun sachant ce qu il a à faire , etc, et aux niveaux local et national.

        +10

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  • politzer // 17.02.2020 à 11h27

    Lordon est comme l enfer pavé de bonnes intentions mais hélas pas au niveau qu exige ce genre de débat. Dans ceux des années 70 il y avait une autre tenue , il devrait les consulter. Il ne connaît pas la police ni l armée mais il peut s informer ici et maintenant et se nourrir des leçons de l histoire : 1789/1870/1936/1968 1917 CHILI ARGENTINE ESPAGNE PORTUGAL ETC autant de situations diverses avec des configurations différentes .
    En 68 qu il n a pas vécu comme moi les flics se terraient chez eux . Quand vs avez dix millions de personnes dans les rues ou même un million mais déterminées et une grève générale , aucune force armée ne fait le poids . La cgt gérait le pays en 68 et nous , le PCF, on tenait la rue . On montait la garde à la fédé de Paris les fusils de chasse au râtelier ouvert !Là où Lordon a raison d insister c est sur le caractère hyper formateur des mouvements sociaux. Lénine en parle abondamment et moi je l ai vécu personnellement. Entre mars et juillet 68 j étais devenu un autre homme ! Quoi qu on pense du mouvement des gilets jaunes, qui se poursuit en ligne il faut le souligner même s il y a moins de monde dans la rue, le peuple a changé ! c est une donnée définitive et qui doit bien faire enrager le pouvoir profond.

      +15

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    • Politzer // 17.02.2020 à 23h33

      Ce n est pas une « information » c est un témoignage vécu d un acteur de mai 68 qui militait ds la rue H24. De 6h du mat à distribuer l Huma , à organiser les manifs, à faire débrayer les ouvriers qui bossaient encore, à discuter de la suite des évènement, à convaincre, à affronter gauchistes et fascistes, et celà tte la journèe ds des rues sans flics ! Soirs et nuits garde armee des locaux du Parti

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  • NulH // 17.02.2020 à 13h05

    … « Économiste et philosophe, Frédéric Lordon était l’invité de l’association de polytechniciens X-Alternative, le 6 février dernier à Paris, pour répondre à ces questions. »

    A noter, il donne l’ensemble de la méthode, conceptuelle comprise, et surtout la notion de risque associée. Sa propre prudence ; applaudie d’ailleurs.

    Cependant, qu’ailleurs, il perd son temps à s’étriller avec Thomas Piketty, alors même, que l’un et l’autre travaillent sur, et font émerger, de nouvelles paradigmatiques.

    Lordon dénonce un manque de fondement de Piketty sur la notion d’idéologie (que le lecteur attentif, avait bien vu aussi, mais ne s’en est pas arrêté à ceci), alors même que le propos de Piketty est centré sur une vue historique de la possession tri et quadri, fonctionnelle et une recherche pour un mieux collégial (mais là, pas abordé durant le débat).

    Puis l’un et l’autre de finir sur quelques propos des travaux de B. Friot, mais avouent ne pas en connaître suffisamment.

    L’affaire est donc très sérieuse… au sens de changement de paradigme…

      +1

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    • Dissonance // 18.02.2020 à 01h55

      Le problème majeur de Piketty est en même temps sa capacité prodigieuse à collecter et décrire une quantité impressionnante de données et sa non moins prodigieuse incapacité à en fait quelque chose de consistant, tare grossièrement illustrée dans une conférence relative à son dernier ouvrage, je résume: « L’impôt sur le revenu a atteint un taux de 80% notamment sous Roosevelt sans que cela remette en cause le capitalisme ». Tout est dit là dedans, sauf la conclusion: L’impôt n’est pas un moyen adéquat de lutter contre le capitalisme.

      Quand il essaie de se faire rassurant vis-à-vis d’un Lordon certes trop vindicatif « nos positions ne sont pas si éloignées que ça », c’est un peu la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf, tant la distance est grande qui sépare ce keynésien tout ce qu’il y a de plus classique (partisan en somme d’un « capitalisme à visage humain » illusoire) du quasi anarcho-marxiste Lordon (qui désigne pratiquement par définition le capitalisme comme adversaire irréductible).

      Nous sommes ainsi d’accord sur au moins une chose, le second ne devrait probablement pas perdre son temps avec le premier. Concernant Friot, il semble évident que Piketty n’y connait pas grand chose (certains contresens dans ses propos ne trompent pas) tandis que Lordon semble de plus en plus connaisseur, et de plus en plus « acquis à la cause ». L’un et l’autre s’affairent peut-être à faire émerger de nouvelles paradigmatiques, mais manifestement pas les mêmes. Je classerais personnellement volontiers la démarche de Piketty dans la case « tout changer pour que rien ne change » favorable à la classe dominante.

        +8

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  • Pinouille // 17.02.2020 à 16h18

    Je plussoie votre commentaire auquel j’adhère entièrement.
    A noter qu’Arte a récemment diffusé un documentaire très instructif sur l’incapacité de l’URSS à nourrir son peuple: https://www.youtube.com/watch?v=so8p9UMG-8s
    L’idée n’est pas d’essentialiser le communisme à ce qu’il a pu être de pire dans le passé. Cependant, je vous rejoins sur la nécessaire démonstration qu’il peut être autre chose que ce qu’il a été. Or rien ne vient. Les incessantes critiques, parfois justifiées et pertinentes, du système actuel et les multiples références aux écrits de K Marx ne peuvent suffire.
    Selon moi, la principale faiblesse du communisme est qu’il ne parvient pas à remplacer le désir de prospérité individuel (ou d’enrichissement égoïste), qui a fait ses preuves avec le capitalisme, par un autre puissant levier de motivation individuel. La particularité du régime chinois actuel est qu’il essaye, avec un certain succès mais peut-être éphémère, de mixer les 2. Avec dommages collatéraux…
    Il m’est d’avis que le jour où une intelligence artificielle parviendra à rationaliser et organiser le travail de chacun, une nouvelle aire pourrait survenir où la propriété des moyens de production serait périmée. Et cela génèrera bien évidemment d’autres problèmes.

      +2

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    • Pinouille // 17.02.2020 à 16h59

      Je ne vous donne pas tort. J’aurais dû écrire « qui a fait le succès du capitalisme ».
      A noter toutefois que la dernière fois que j’avais attribué sur ce site cette caractéristique à la nature humaine, on m’a répondu que la nature humaine était un fantasme de possédants aisés. Aussi, je suis surpris de ne pas lire sur cette page un écrit de cette nature. Les vacances peut-être… 🙂

        +1

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      • Anfer // 17.02.2020 à 20h40

        « pas sûr que le homo neanderthalensis acceptait de partager sa massue ou ses outils »
        Justement si, toutes les sociétés primitives étaient communautaires, le fruit de la journée était partagé à la fin de la journée.

        Ensuite même en Urss, votre frigos ou votre voiture était à vous, c’est la propriété du fruit du travail collectif qui ne pouvait pas appartenir qu’a une seule personne (en théorie au moins)

        Historiquement, les échanges commerciaux ont toujours été soumis à des obligations sociales et politiques, jusqu’au Capitalisme.

          +3

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  • Pinouille // 17.02.2020 à 16h52

    « le pays ou les inégalités de richesse sont les plus larges »
    Vous noterez que cela génère considérablement moins de troubles que chez nous. Certains scientifiques l’expliquent par le constat que le bonheur individuel est plus liés à l’augmentation du niveau de vie dudit individu que la diminution des inégalités. Dit autrement: le chinois moyen se soucie moins de l’écart qui le sépare des plus riches que de l’augmentation de ses propres revenus.
    C’est sur cette base que le reaganisme/tatcherisme s’était imposé: on dérégularise à tout crin –> augmentation des inégalités mais augmentation de la croissance donc la majorité prospère.
    Le cerveau des français n’est pas différent de celui des chinois/américains/anglais. Sauf qu’E Todd a montré que 99% des français s’appauvrissent. Donc l’existence des riches est moins bien tolérée…

      +1

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    • Anouchka // 17.02.2020 à 18h06

      « Cela génère considérablement moins de troubles que chez nous »
      Il ne vous aura pas échappé que la Chine est une dictature considérablement plus répressive que les oligarchies de chez nous.

        +2

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    • Anfer // 17.02.2020 à 20h44

      Même si la majorité se fait très souvent berner, la simple constatation que la fortune des uns se fait sur le dos dès autres, suffit à rendre méfiant.
      Il faut avoir sérieusement intériorisé les idées de ceux qui vous tondent pour en faire abstraction.

        +0

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  • Suzanne // 17.02.2020 à 19h03

    Sur les inégalités, Olivier juste maintenant sur RT, avec Taddéi :
    https://www.youtube.com/watch?v=Gxv3XQpAHCM

      +1

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  • Glycogène // 17.02.2020 à 23h34

    « Pour employer un ton aussi péremptoire et recommander des méthodes aussi radicales, il faut avoir la certitude inébranlable que le système que l’on propose de substituer au capitalisme actuel lui sera supérieur, c’est à dire plus efficace, plus juste, plus écologique. Or, sur ces aspects là, Lordon évacue bien vite le propos, se montrant tout d’un coup fort pudique._ »
    —————————————–

    Si vous attendez qu’une personne seule vous apporte LA solution parfaite ultra détaillée qui vous indiquerait quoi faire, où et à quelle heure pour changer les choses, vous pouvez attendre longtemps.
    Votre remarque est le signe que vous n’avez rien compris à la démarche de Lordon, et de tout universitaire en général.
    Au contraire, lorsqu’une personne seule prétend détenir LA solution, il vaut mieux la fuir.

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  • Politzer // 17.02.2020 à 23h59

    Pas péremptoire de debiter des prejugés aussi éculés [modéré]
    1 j ai vecu moi à l Est et je n ai pas du tout cette perception negative. Ça depend du pt de vue ouvrier ou bourgeois
    2 je voyage ds les ex pays « socialistes » et je rencontre bcp de « nostalgiques » du passé soviétiques chez les ouvriers
    3 je vis entre les Philippines et le Vietnam cad ds pays capitaliste qui depend du marche ricain et un pays à direction « communiste ».
    Le 1er ressemble à un paysage d apres guerre sous dictature terroriste ouverte : armee, police, milices privées . Dictature où l on peut tuer impunément ds la rue de soi disant dealers et où la religion omni présente garantie la passivité d un peuple martyrisé comme aucun au monde et réduit à l état de semis clochards par dizaines de millions. Des enfants qui naissent et meurent ds les rues par dizaines de milliers.
    D un autre côté le Vietnam où j observe le changement en permanence. Un taux de croissance qu on a oublié. La propreté des rues,
    Une activité economique fébrile, la bonne santé de la population sans clochards ni gosses ds les rues, l accroissement regulier du niveau de vie. Le soin porté aux enfants et le plein emploi. Etc etc….il n y a pas photo!
    Quant à la Chine voir l analyse de Guigue …

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    • Politzer // 18.02.2020 à 00h24

      « Petit oubli » : aux Philippines 100 millions d habitants 50 millions de chômeurs même avec des salaires 5 fois inferieurs aux nôtres ce qui en passant constitue un démenti à la thèse libérale selon laquelle les bas salaires favorisent l emploi! LOL
      Au Vietnam = plein emploi voire manque de travailleurs……100 millions là aussi d habitants.
      Tout le monde de 14 à 80 posséde un scooter ou une moto (40 millions de 2 roues motorisees) et son portable ds un pays qui a démarré ravagé par l imperialisme ricain comme aucun au monde.

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  • maurizio // 18.02.2020 à 03h56
  • Pinouille // 18.02.2020 à 11h46

    La question qu’il est pertinent de se poser est: quelle qualité de vie ont les plus pauvres dans notre pays riche?
    Pas facile d’y répondre, mais si l’on analyse les choses sous l’angle des dépenses contraintes, cela s’éclaire un peu:
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2018/11/22/gilets-jaunes-la-grande-defiance-des-francais-face-a-l-impot_5387052_823448.html

    Concrètement, après avoir payé toutes ses factures, un français pauvre dispose dispose de 180 € par mois. Il m’est d’avis que sa vie n’est pas très enviable, même comparée à celle de pays plus pauvres.

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  • Larousse // 19.02.2020 à 22h21

    Le constat de Frédéric Lordon sur la Police est cruellement, extraordinairement juste. C’est même tellement vrai, que l’on en vient à se dire qu’en cas de grand changement, la Police française sera traversée par des convulsions sans précédent, et peut-être même des formes de guerres civiles internes… « L’institution ne finit pas de prendre des mauvais plis »… dit-il

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  • Ernesto // 20.02.2020 à 00h56

    Accord avec les propos de Dissonance (18.02.2020 à 01h55): Piketty propose en guise de « propriété temporaire » d’octroyer à chaque jeune de 25 ans (et pour faire « tourner le capital »), un patrimoine de départ de 120 000 euros (financés par un prélèvement fiscal sur les hauts revenus). Curieuse façon de prétendre « dépasser » le capitalisme en rendant tous les jeunes capitalistes au démarrage de leur vie active!

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