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18.novembre.201118.11.2011 // Les Crises

Alternatives (?) Économiques – mais pas trop !

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Vous vous doutez bien qu’il n’est jamais évident de publier un premier livre. Et après tous ces efforts, on est toujours un peu anxieux de lire la première critique.

J’ai eu de la chance, les 6 premières ont été très bonnes – à consulter ici.

J’ai eu la première mauvaise – c’est la vie, et bien normal. Je n’ai nullement un égo démesuré, ne pense nullement avoir raison sur tout, je suis toujours ouvert au débat, à la critique constructive, à la remise en cause des certitudes – c’est le B. A. BA d’un esprit scientifique pour moi, et je pratique à haute dose l’autocritique (si, si… 🙂 ).

Mais à la fin de la lecture, franchement, j’ai ri devant tant de mauvaise foi, et même doublement puisque c’est une critique de Christian Chavagneux d’Alternatives Économiques – bonjour l’ouverture aux “alternatives”…

Je la partage donc avec vous dans un premier temps, et j’y réponds en reprenant le texte dans un second temps, pour y répondre comme il se doit.


Christian Chavagneux Alternatives Economiques n° 307 – novembre 2011

Si les films tournés caméra à l’épaule avec des mouvements toutes les dix secondes ne vous donnent pas le tournis, alors vous devriez arriver à vous y retrouvez dans ce livre. Entre le texte, les graphes, les dessins et les encadrés gris de citations (de quelques lignes à plusieurs pages), on ne sait plus où donner de la tête dans cette somme de près de 600 pages sur la crise qui mêle analyses, dénonciations, affirmations et propositions de solutions.

On en comprend que l’auteur dénonce la financiarisation du capitalisme, les bonus extravagants, l’instabilité financière, les coûts sociaux des crises ou la montée des inégalités. Parmi les nombreuses solutions qu’il avance, on trouve une nouvelle gouvernance des entreprises qui ressemble au statut coopératif, une réduction plus forte de la durée du travail, un protectionnisme « raisonné ». Il voudrait bien interdire les déséquilibres des échanges extérieurs (déficits et excédents) et créer une monnaie mondiale.

Il appelle également la France et tous les autres pays à un défaut partiel sur leur dette. Pas étonnant, car la clé de tout le livre se trouve là : dans la haine viscérale de l’auteur pour toute forme de dette. Il répugne au fait que les banques puissent créer de la monnaie en distribuant des crédits : il veut les obliger à ne pas pouvoir distribuer en crédits plus que ce dont elles disposent en ressources. Cela entraînerait-il une contraction du crédit à l’effet récessif ? Pas une ligne là-dessus. De toute façon, peu importe : aux yeux de l’auteur, toute forme d’intérêt payé est une prédation. On comprend déjà pourquoi une grande partie du livre est consacré à dénoncer la dette des Etats, jugés laxistes et surendettés. Le fait qu’ils puissent financer leurs investissements par la dette fait hurler l’auteur qui finit même par juger la dette publique immorale ! Un livre qui, à force de vouloir convaincre qu’il a raison sur tout, ne fait pas toujours dans la nuance.


Ce qui m’agace, ce n’est pas le désaccord, naturel sur ces sujets – la pensée économique s’est toujours construite sur les controverses et polémiques. Et franchement, si j’avais voulu de belles critiques et plein de reprises dans la presse, j’aurais écrit un livre à la Alain Minc, ne dénonçant pas la finance, et disant que tout allait s’améliorer le mois prochain, au lieu de bêtement prédire les ennuis. Peut-être que le critique aurait pu relever ceci (que j’ai écrit dès début 2010) dans la chapitre “En route vers les défauts souverains”

“Percevons bien tout d’abord le danger catastrophique qui menace les États. L’enjeu majeur et imminent n’est nullement un épuisement des économies en raison de la charge de la dette qui induirait des récessions prolongées (même si cela en est un), le danger, comme dans tout mécanisme de Ponzi est une brutale prise de conscience détruisant la confiance des prêteurs : le placement qu’on recommandait à sa famille un jour est à fuir plus que la peste le lendemain. Une fuite des préteurs peut survenir en quelques jours, laissant les États sans le sou du jour au lendemain.” (page 521)

mais c’est toujours gênant quand un “inconnu” montre qu’il prédit mieux que les pseudo-“experts” (je n’ai pas beaucoup de mérite, c’est pour moi du simple bon sens, et bien d’autres l’ont fait avant moi : Maurice Allais, Paul Jorion, Frédéric Lordon, JL. Gréau…]

Ce qui me gêne profondément ici, c’est la désinformation à la limite de la manipulation, l’esprit de censure quasiment, car cette critique ne figure que sur le site web du magazine, mais le livre n’a même pas été retenu dans les critiques de la version papier… Et je trouve surtout plus qu’inélégant de ne pas avoir un mot sur le travail fourni dans la recherche, la collecte et l’analyse de données des centaines de graphiques originaux du livre – il ne s’écrit pas en 3 mois, et très peu d’auteurs font ceci…

Je prends le temps de répondre, car c’est l’occasion (outre de me défouler 🙂 ) de surtout préciser du coup ma pensée, ce qui vous intéressera plus… On démarre :

 

Si les films tournés caméra à l’épaule avec des mouvements toutes les dix secondes ne vous donnent pas le tournis, alors vous devriez arriver à vous y retrouvez [OB : je ne dis rien pour la coquille, cela m’arrive aussi] dans ce livre. : hmmm, ça sent l’ouverture d’esprit au cinéma moderne à plein nez ça. On est resté bloqué aux films des années 1950 sans doute… ? Pas gagné pour les critiques dans Alternatives cinématographiques alors… ?

Entre le texte, les graphes, les dessins et les encadrés gris de citations (de quelques lignes à plusieurs pages), on ne sait plus où donner de la tête dans cette somme de près de 600 pages sur la crise : Cher Christian, tout va bien se passer, je vais t’aider. En fait, ceci est un livre. Il suffit de lire les pages dans l’ordre, les une après les autres. Ceci donnera un sens, vu que je pars des racines de la Crise, pour parler de son déroulement, puis de son futur, puis de solutions. Je reconnais que c’est très original dans la forme, je l’ai voulu ainsi pour ne pas faire juste le 400e livre “de texte” sur la Crise. Et c’est vrai qu’il est dense et survole de nombreux sujets, car j’ai estimé que cela valait le coup de braquer un coup de projecteur sur les différents aspects de l’économie, pour comprendre les enchaînements qui mènent à la Crise. Et surtout, je l’ai conçu pour le grand public, pour les non-économistes qui veulent comprendre ce qui se passe (j’ai abandonné la cible des pseudo-économistes au vu des difficultés à leur faire comprendre ce qui se passe en raison de leur cécité mentale et de leur ouverture d’esprit brejnevienne, contrairement au grand public, plein de bon sens). Bref, j’imagine que vous auriez préféré 300 pages sur le déséquilibre de la balance commerciale du Tajikistan, avec plein de données, mais il faut comprendre que vous n’appartenez pas au coeur de cible… La vraie question n’est pas “est-ce que vous aimez” mais “est-ce que quelqu’un non économiste mais avec du bon sens et l’envie de comprendre va aimer ?”.

qui mêle analyses, dénonciations, affirmations et propositions de solutions. : hmmm, oui, c’est mal ? Moi je lis tout ça dans n’importe quel livre sur la crise, non ?

 

On en comprend que l’auteur dénonce la financiarisation du capitalisme, : YESSSS

les bonus extravagants, : YEESSSSSS

l’instabilité financière, : YEEEEESSSSSSSSS

les coûts sociaux des crises : YEEEESSSSSSSSSSSS

ou la montée des inégalités. : YEEEEESSSSSSSSSSSSSSS

Et bien bravo Christian, c’est bon, vous avez tout compris !

 

“Parmi les nombreuses solutions qu’il avance, on trouve une nouvelle gouvernance des entreprises qui ressemble au statut coopératif,” : j’ai quand même aussi expliqué que c’est une reprise de la participation au capital voulue par le Général de Gaulle, ce n’est pas juste une lubie personnelle.

“Nous ne considérons pas que le salariat, c’est-à-dire l’emploi d’un homme par un autre, doive être la base définitive de l’économie française, ni de la société française. Cela, nous ne l’admettons pas.” [Charles de Gaulle, 31 août 1948]

“une réduction plus forte de la durée du travail, un protectionnisme « raisonné ». Il voudrait bien interdire les déséquilibres des échanges extérieurs (déficits et excédents)” : je récuse le mot interdire, je n’ai jamais écrit ça. Mais “décourager fortement”, oui, bien évidemment. Une partie de nos problèmes vient de là. Attends, il me semble qu’il y a eu un petit économiste de salon qui proposait ça, attendez… Hmmm, ah oui, JM. Keynes…

et créer une monnaie mondiale. : je ne vais pas recommencer, c’est LA proposition de Keynes et de l’Angleterre en 1944 à Bretton Woods. Je reconnais, je ne me suis pas cassé pour celle-là, mais comme ces grands économistes avaient et ont toujours raison, autant rappeler leur vision, et la mettre en place, pour voir, non ?

 

J’ai une question : ce ne sont pas les propositions les plus importantes que vous citez. Pourquoi citer la participation en premier, alors que j’explique que les autres, touchant la finance, sont bien plus importantes et urgentes ? Je citerai par exemple plutôt : la mise en place d’une taxation à 80 % des salaires supérieurs à 1 M€ par an, la création d’un taux usuraire de distribution aux actionnaires pour la plafonner, l’interdiction de la spéculation folle via l’interdiction des paris sur les prix, une règle d’or budgétaire (APRÈS restructuration de notre dette)… Ce n’est pas important ?

 

“Il appelle également la France et tous les autres pays à un défaut partiel sur leur dette.” : Alors là JE RÉCUSE, il faut lire le livre quand même ! Si je veux bien être caricaturé comme cela dans un commentaire rapide sur le blog, ou sur une phrase à la radio, le livre expose clairement que je “n’appelle pas à”, mais que j’explique pourquoi ceci va, selon moi, se passer, et pourquoi, malgré sa violence, c’est la moins pire des solutions. Ce qui est très différent.

Je me trompe peut-être, aucun souci, mais j’essaie d’avoir une démarche la plus scientifique possible. Donc, tel le météorologue, j’annonce un ouragan prochain. Vous conviendrez qu’on peut penser que le météorologue se trompe, mais qu’on ne dit jamais “qu’il appelait à un ouragan”.

 

Pas étonnant, car la clé de tout le livre se trouve là : dans la haine viscérale de l’auteur pour toute forme de dette. : alors déjà, cher ami, je vous remercie de laisser mes viscères tranquille. Secundo, le mot haine est absent de mon vocabulaire, il faut se calmer (arrêtez le café d’urgence…).

Deuxièmement, c’est faire preuve d’une malhonnêteté intellectuelle sans borne que de mentir ainsi. Ma dénonciation portait uniquement sur la DETTE PUBLIQUE, donc de la dette générée par l’État et la Sécurité sociale, qui est une fausse traite sur le futur… Je n’ai guère de problème avec la dette privée, qui génère moins de problèmes, mais qui doit être contrôlée un minimum par l’État pour ne pas générer de bulles dangereuses, type subprime. C’est tout.

Je vais citer un autre “illuminé”, Maurice Allais, notre seul prix Nobel d’économie :

« Ce qui, pour l’essentiel, explique le développement de l’ère de prospérité générale, aux États-Unis et dans le monde, dans les années qui ont précédé le krach de 1929, c’est l’ignorance, une ignorance profonde de toutes les crises du XIXème siècle et de leur signification réelle. En fait, toutes les grandes crises des XIXème et XXème siècles ont résulté du développement excessif des promesses de payer [= de la dette !] et de leur monétisation. Partout et à toute époque, les mêmes causes génèrent les mêmes effets et ce qui doit arriver arrive. » [Maurice Allais]

« Il est fâcheux de légaliser un supplément de déficit. […] Tout le monde doit s’apercevoir qu’un jour, il faut payer. […] Le budget est en équilibre. La stabilisation se fait. Un budget de stabilité, c’est vraiment le premier qu’on voit depuis Poincaré. Et ça ne doit pas être le dernier. Il faut que ça devienne la règle. […] Ce qui fait que, pour les jeunes, c’est-à-dire pour l’avenir, c’est énorme, c’est révolutionnaire ! » [Charles De Gaulle, 1964]

Mais vous avez raison, il vaut sans doute mieux écouter Alain Minc !

Il répugne au fait que les banques puissent créer de la monnaie en distribuant des crédits” : hmmm, je pense en effet qu’à moins d’être un illuminé, il est indispensable de se poser la question, car ce n’est pas très sain… Si tout le monde remboursait ses dettes, il n’y aurait en effet plus de monnaie ! Ou plus réaliste, si on se désendette un peu, il y a moins de monnaie pour l’économie, ce qui ne me semble pas très normal… C’était encore la vision de Maurice Allais :

Christian, c’est quand même ballot : on a un UN prix Nobel d’économie, essayez de prendre quelques heures pour lire ses livres, s’il vous plait !!! Il a pris la peine d’écrire en langage très simple, et il avait juste, LUI, prédit cette crise dès 1998… Il faudra peut être arrêter un jour d’écouter les “experts” qui se trompent tout le temps, non ?

il veut les obliger à ne pas pouvoir distribuer en crédits plus que ce dont elles disposent en ressources.” Rôôôôôô le méchant auteur qui ne fait rien qu’à vouloir être méchant avec les banques… Hmmm, cette phrase est tendancieuse, car vous laissez entendre qu’elles font le contraire aujourd’hui, alors que le cours d’économie de 1ere année de fac explique clairement que les banques monétisent les créances, et donc que, par essence, elles n’ont pas de ressources ! Mais bon, au fond j’aime bien la formulation du “Cet auteur est un grand malade qui ne veut pas que les banques distribuent ce qu’elles n’ont pas” – c’est sûr, c’est même un coup à être raisonnable ça, voire à arrêter le Nimportnawak du financiarisme, brrrrrrr, j’en ai des frissons dans le dos…

Vous semblez faire de moi un ayatollah sur ce thème, alors que j’ai écrit exactement :

2-7/ Organiser des études sur l’opportunité du passage au « 100 % Money », en interdisant aux banques commerciales la création monétaire, par une couverture intégrale des dépôts.

Vous pensez que cette proposition parmi les 60 avancées est vraiment celle qui méritait d’être tant citée ? J’aimerais savoir si une telle démarche rentre selon vous dans des critères de l'”intellectuellement honnête ?”

Cela entraînerait-il une contraction du crédit à l’effet récessif ? Pas une ligne là-dessus.” : normal, je parle de ce sujet par incise, en une demi-page sur les 600, car ce n’est pas pour moi, au vu des problèmes actuels, une priorité. J’ai quand même cité :

“Il est évident qu’un tel système, aux bases fragiles et au sommet imposant, est dangereux. Il est dangereux pour les déposants, pour les banques et avant tout pour les millions d’innocents qui forment le peuple. En particulier, quand la quantité d’argent décroît, le public est privé d’une partie de ses moyens de paiement essentiels grâce auxquels les biens peuvent être échangés.” [Irving Fisher]

Aaaaaaaaaaah, la méchante récession, là, là, j’ai peur…. Encore un témoignage de l’idéologie pervertie sur la croissance, où la non-croissance, la stabilité, sont vues comme un mal… Très classique, preuve d’un esprit resté bloqué sur les années 1970, raisonnement pas très utile au XXIe siècle…

Ah oui, et les subprimes, vous trouvez qu’elles ont assez soutenu la croissance avant 2007 ?

Le fond de votre argument par contre, fait montre d’un manque de connaissance de ce sujet – il n’y a aucun impact sur le crédit, au contraire, on en préserve le volume, contrairement à ce que nous allons vivre. Je vous conseille de lire le livre de référence d’Irving Fisher, un des plus grands économistes du XXe siècle. Son livre est gratuitement disponible ici, traduit en français : www.100money.fr.

Ce système que vous raillez a simplement été soutenu par : Irving Fisher, David Ricardo, Léon Walras, Hyman Minsky, Ludwig Von Mises, Friedrich Von Hayek (Prix Nobel 1974), Milton Friedman (prix Nobel 1976), James Tobin (Prix Nobel 1981), George Stiegler (Prix Nobel 1982) ou Maurice Allais (Prix Nobel 1988). À ce jour, aucun économiste n’a jamais osé produire une réfutation en règle et globale du 100 % Money. Mais bon, n’en discutons pas, c’est sûr, ça fait de la peine aux banques…

De toute façon, peu importe : aux yeux de l’auteur, toute forme d’intérêt payé est une prédation.” : oui, car je pense que cela l’est. Vous avez juste omis de citer le graphique original que j’ai créé après beaucoup de calculs. J’en profite pour le partager avec tous, c’est un de ceux dont je suis le plus fier dans le livre – même si cela ne reste qu’une estimation. Il part de ce constat :

  • nous payons tous des impôts, dont une partie importante (plus de 20 %) paye des intérêts à nos créanciers ;
  • les intérêts sont perçus par les créanciers au prorata de leur épargne, qui est très concentrée : 10 % des français possèdent 70 % de la dette publique, et donc perçoivent 70 % des intérêts.

On comprend donc, l’impôt étant assez peu redistributif (nettement moins que l’écart de patrimoine), que le système de la dette publique enrichit les plus riches au détriment des plus pauvres, qui payent des impôts sans avoir de patrimoine financier. Voici mon estimation :

charge de la dette nette

charge de la dette nette

Ainsi, les intérêts pompent de 2 à 4 % des revenus des 90 % les plus pauvres de la population, pour enrichir les 5 % les plus riches à hauteur de 4 % de leur revenu.

La dette publique, c’est ainsi un impôt à l’envers : le contribuable (donc tous les Français) rémunère grassement l’épargne garantie sans risque des plus aisés de la population !

Si ce n’est pas de la prédation, c’est quoi ? Avez-vous une opinion là-dessus ? Car dans la vie, ne rêvons pas : ou on défend les intérêts des 90 % ou ceux des 5 %… Et encore, je pense qu’en défendant les 90 %, on finit aussi par défendre l’intérêt des 5 % à long terme…

Vous avez omis également de parler de l’étude que j’ai faite sur l’interdiction des intérêts qui a duré 3000 ans. On l’a supprimée, et en moins d’un siècle le système a failli s’effondrer totalement en 1929 (suivi d’une petite guerre mondiale), et va ressauter plus fortement en 2012. Cela ne t’incite donc pas à sortir d’un cadre de pensée figé pour essayer de trouver des “alternatives” ? Et au fond, ne pourrait-on pas parler de MORALE ou d’ETHIQUE ? Est-ce MORAL de gagner 5% d’intérêt par an, “sans risque”, en dormant – au détriment des gens qui travaillent ? Pas facile comme question, mais cruciale : je suis le premier à préférer que mon épargne me rapporte 5 % que 2 %, c’est juste humain, mais quid si cela entraîne la destruction de l’économie au final ?

Je ne suis pas utopiste, je ne dis pas qu’on va revenir à l’interdiction de l’usure, mais enfin, on pourrait vraiment se poser des questions sur cette rapacité des épargnants (dont je fais partie !) qui mettent trop de pression sur l’économie…

Puis-je avancer quelques soutiens (page 195 du livre) :

« Tu ne prêteras point à ton frère ton argent à intérêt. » [Bible, Ancien testament, Lévitique, 25.37]

« Dieu a rendu licite le commerce et illicite l’intérêt. » [Coran, sourate Albakara, verset 275]

« Personne ne devrait prêter d’argent à intérêt. » [Platon, Les lois, -330 av. J.C.]

« On a surtout raison d’exécrer l’usure, parce l’argent ne devait servir qu’à l’échange ; et l’intérêt qu’on en tire le multiplie lui-même […] L’intérêt est de l’argent issu d’argent, et c’est de toutes les acquisitions celle qui est la plus contraire à la nature. » [Aristote, La Politique, Livre I, chap. 3, 23, -330 av. J.C.]

« Il est absolument défendu a quiconque de prêter à intérêt quoi que ce soit. » [Capitulaire de Charlemagne, Aix la Chapelle, 789]

« Toute législation permettant le prélèvement d’intérêts est nulle et non avenue. » [Pape Alexandre II, 1152]

« Nous défendons à tous nos sujets de prêter argent pour avoir gain certain. » [Ordonnance de Charles Quint, 1541]

« Une usure dévorante est venue ajouter encore au mal. Condamnée à plusieurs reprises par le jugement de l’Eglise, elle n’a cessé d’être pratiquée sous une autre forme par des hommes avides de gain, et d’une insatiable cupidité. » [Pape Léon XIII, Rerum Novarum, 1891]

« L’argent ne coûte rien à sa création ! Les intérêts sur les prêts bancaires ne sont pas justifiés ! » [Maurice Allais, 1998]

Ok, ils ont sûrement tous tort, et vous raison, mais bon, j’aime bien le débat d’idées… D’ailleurs, vous avez beaucoup de chance, on a changé la loi ce qui va vous éviter des désagréments :

« Ceux qui oseront affirmer obstinément que la pratique de l’usure n’est pas un péché devront être traités comme des hérétiques par les inquisiteurs. » [Pape Clément V, Concile de Vienne, Canon 29, 1311]

On comprend déjà pourquoi une grande partie du livre est consacré [re sic.] à dénoncer la dette des Etats, jugés laxistes et surendettés.” : oui, vous avez raison, il faut vraiment être abruti pour penser que les États sont laxistes et surendettés !!! Flûûûûûûûûûûte, comment j’ai pu écrire ça – pardon, ô public ! Les États sont très prudents et rigoureux. LA DETTE PUBLIQUE N’EXISTE PAS !!! NOUS NE SOMMES PAS EN CRISE !!! TOUT VA BIEN !!! CONSOMMEZ !!!! VOUS DORMEZ SUR UN MATELAS TRECA, TRECA, TRECA….

taux grec 10 ans

Taux grec à 10 ans

taux italien 10 ans

Taux italien à 10 ans

 

Sérieusement, bravo, celle-là je l’encadre au dessus de mon bureau…

Le fait qu’ils puissent financer leurs investissements par la dette fait hurler l’auteur qui finit même par juger la dette publique immorale !” : QUEL DINGUE CET AUTEUR en effet. Parler de morale au XXIe siècle semble en effet non seulement stupide, mais je dirais impoli, voire grossier. C’est dommage, je trouve ça important, et je ne suis pas le seul.

« Aucune génération n’a le droit de contracter des dettes qui ne pourront pas être remboursées durant sa propre existence. » [George Washington, 1789]

Ces mécanismes ont joué un rôle majeur dans la Crise de 1929, qui a joué un rôle majeur dans la seconde guerre mondiale. Alors oui, je ne porte pas ça dans mon coeur, ça finit toujours mal, on a déjà donné, merci…

Sur le fond, comme à l’évidence “le fonctionnement d’un État est d’investir tous les ans”, un gosse de 10 ans peut comprendre qu’il ne faut pas s’endetter pour ça, on ne peut jamais rembourser sinon.

D’ailleurs, pour vous permettre de juger, je vous offre cet extrait du livre qui parle des défauts d’États : vous pouvez le lire en cliquant ici.

J’ai du mal à comprendre comment les “penseurs de gôôôche” en viennent à privilégier la dette plutôt que le truc magique qu’on a inventé pour ça il y a 3000 ans : l’impôt… Cela témoigne pour moi de l’emprise intellectuelle d’une plaie absolue pour nos sociétés : l’individualisme et l’irresponsabilité forcenés – tout pour ne pas payer d’impôts et garder son argent jusque dans la tombe…

Bon, allez, un dernier allié :

« La dette publique, en d’autres termes l’aliénation de l’État, qu’il soit despotique, constitutionnel ou républicain, marque de son empreinte l’ère capitaliste. La seule partie de la soi-disant richesse nationale qui entre réellement dans la possession collective des peuples modernes, c’est leur dette publique. […]. Le crédit public, voilà le credo du capital. » [Karl Marx, Le capital, Livre 1, Huitième section]

Cela donne à réfléchir, non ? Car là, vous semblez faire preuve “d’une haine viscérale” envers d’autres alternatives que celle (sans s) que vous défendez…

Oups, c’est vrai, “TINA”, IL N’Y A PAS D’ALTERNATIVE !

Je comprends mieux pourquoi vous n’avez pas aimé le livre du coup…

Un livre qui, à force de vouloir convaincre qu’il a raison sur tout, ne fait pas toujours dans la nuance.” Je concède. Notez, vous m’indiquerez un livre où l’auteur explique qu’il a tort, cela m’intéresse (à part “Autocritique dans le Goulag”, ça ne compte pas…). De même, quand je regarde les médias, le mot “nuance” n’est pas le premier qui me vient à l’esprit…

Sur un certain nombre de points, en effet, j’assume ma radicalité totale – car je ne veux pas la laisser aux extrêmes, il n’y a aucune raison que les gens modérés se départissent de la bannière du bon sens. Oui, je suis un intégriste de la prudence et de l’évaluation des risques – c’est aussi cela mon métier d’actuaire.

Oui, je souhaite qu’on applique les mêmes règles de sécurité à la finance que celles qu’on applique à l’industrie nucléaire.

La première a tué, tue et tuera toujours beaucoup plus que la seconde…

P.S. Vous qui avez lu le livre, je suis preneur de vos critiques en commentaires, même négatives, et n’hésitez pas à faire un peu de publicité au livre si, au contraire, il vous a, sinon convaincu (ce n’est pas son but), mais au moins informé et intéressé, ce serait bienvenu…

P.P.S. Christian, dans la série “on se dit tout”, je me permettrai de critiquer dans un prochain billet vos articles dans le numéro de novembre d’Alternatives (pourquoi diable le pluriel ?) Économiques : “Crise de l’euro : les solutions au banc d’essai”, dont “Faut-il nationaliser les banques ? Non, mais l’État peut jouer un rôle financier plus actif” (sic.) ou votre grandiôôôôse article dont le seul titre éclaire tout “Faut-il interdire la spéculation ? Mieux la contrôler, certainement.“, qui doit faire trembler Wall Street et la City devant tant d’audace…

Car finalement, nos désaccords sont là : pour moi, le cancer ou la peste, ça ne se “contrôle” pas, ça s’éradique, question de prophylaxie élémentaire…

« De l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace » [Danton, 2/9/1792]

Edit : il va de soi que je parlais surtout du critique, et du manque de souffle général des propositions de ce journal sur la crise économique. Ceci étant dit, il n’en reste pas moins que je garde une grande estime pour Alternatives Économiques, qui regorge d’informations pertinentes, de données détaillées, d’éclairages sur plein de sujets sociétaux – je conserverai donc bien évidemment mon abonnement 😉

70 réactions et commentaires

  • BobyNight // 18.11.2011 à 15h25

    J’ai adoré ce post ! (Cela aurai été dommage de s’en priver)
    J’espere qu’il usera de son droit de réponse …
    PS :  Continue comme cela olivier ! Et merci pour ton dévouement !

      +1

    Alerter
  • Coma81 // 18.11.2011 à 15h32

    Tu fais un excellent travail Olivier, bien plus sérieux que ces journalistes d’Alternatives Economiques.
    J’ai découverts, avec le crise, à quel point cette revue était un soutien inconditionnel du néolibéralisme finissant, le tout sur le mode scolaire, ultra dogmatique.
    Le dernier numéro est une blague. Comment, sur un sujet si complexe, ils arrivent à produire une norme de pensée, avec des réponses toutes faites, sans que cela suscite de débat au sein de la rédaction ?
    CES GENS SONT FORMATES. Probablement tous agrégés, ils ne sont que des machines à produire de l’idéologie consensuelle pour prof de lycée socialiste.
     

      +0

    Alerter
    • step // 18.11.2011 à 17h21

      paul a fait une petite vidéo sur le sujet “les experts” ce vendredi, pour te remonter le moral.
       

        +0

      Alerter
  • indigné // 18.11.2011 à 15h57

    Excellent… C’est à mourir de rire!
    Mais c’est aussi dramatique de penser que cet aveuglement idéologique et cette incompétence représente encore la majorité des paroles des “experts” économiques aujourd’hui…

      +0

    Alerter
  • Olivierlgp // 18.11.2011 à 16h14

    bon,…
    juste une petite remarque fort dérisoire mais qui me soulage :
    l’économie est une discipline passionnante, MAIS…
    je ne connais aucune “science” puisqu’on l’appelle ainsi, qui ai autant de surdiplomés, nobélisés & médiatisés et qui ai produit autant de travaux aussi inefficaces et stupidement théoriques (et donc parfaitement inutiles). 
    Dans des sciences dures, beaucoup auraient du se convertir dans la pizza.
    Ce n’est pas non plus en assénant un annuaire d’icônes du crû et en faisant référence à des travaux jamais appliqués au monde réel, qu’on dit la messe.
    Cela ne nous empêche pas de réfléchir, mais avec un zeste de modestie.
    Continue Olivier, on est avec toi et avec le pape Clément…

      +0

    Alerter
  • ERDE // 18.11.2011 à 16h22

    Mille fois merci Olivier pour votre excellent travail qui permet même aux non-initiés dont je fais partie, de comprendre peu à peu les tenants de notre société. 

      +0

    Alerter
  • CLAUDE // 18.11.2011 à 16h46

     
    Bravo pour votre réponse dûment argumentée et étayée.
    Cependant le tutoiement et certains mots familiers auraient mérité d’être exclus sauf si vous connaissez personnellement M Chavagneux, termes liés à l’irritation bien compréhensible face à tant d’aveuglement et de commentaires à l’emporte-pièce mais qui nuisent à la qualité de votre réaction,
     
    Je suis abonné à Alternatives économiques depuis une dizaine d’années et j’ai apprécié la qualité de leurs articles jusqu’à l’arrivée de la crise actuelle en 2008 avec un intérêt déclinant au fur et à mesure de l’évidence de cette crise systémique.
     
    Pourtant la revue ne semble pas à la recherche de profits juteux à l’aide d’articles clinquants qui pourraient laisser penser à un opportunisme affairiste, de même étant de statut coopératif on ne peut la soupçonner de rouler pour untel.
     
    Non je crois qu’ils sont restés figés dans leur mission première, c’est à dire de proposer des mesures correctrices pour atténuer les abus du système et le rendre plus efficace socialement. Ce sont des réformateurs de l’économie sans oublier que leurs articles sont aussi tournés vers les étudiants avec un souci de pédagogie et de rappel de l’économie dans l’histoire souvent de bon niveau,
     
    Du coup ils n’arrivent pas à réaliser que ce système est mort car pourri et perverti jusqu’à la moelle.
     
    Que deviendrait Alternatives économiques si elle prenait le chemin de la lucidité ?
     
    Quelles seraient leurs plus-values par rapport aux blogs des économistes lucides, enrichis quotidiennement, de plus gratuits ?
     
    N’est-ce pas là le souci latent de cette revue et la question existentielle qu’elle refuse de se poser ?
     
    Et comme on refuse de se remettre en question, on accuse les autres d’errements.
     
    Réaction humaine mais qui au niveau d’une équipe de journalistes devient incompréhensible.
     
    Pourtant, je suis persuadé qu’il ne s’agit pas de mauvaise foi mais tout simplement d’aveuglement et leur garde une certaine sympathie.
     
    Proposez leur un débat.
     
    Bien cordialement.

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    Alerter
  • william // 18.11.2011 à 17h12

    Bonjour,

    je vais encore faire une remarque auquelle personne ne va répondre (c’est pour dire leurs pertinences !). Attention que ce blog ne devienne pas trop “BERRUYER” même si il l’est de par son Auteur. Imaginons, qu’à chaque intervention de Canal, les personnes brocardées par les Guignols interviennent ..

    Je trouvais super son récent appel à compétences, pour améliorer et répondre à la demande intensive des lecteurs, auquel je n’ai pas répondu, fort logiquement ; et c’est avec plaisir que je vois que des intervenants nombreux et de qualité viennent échanger avec Olivier.

    Alors j’ai juste un message :”les autres sont un peu comme Nous, ils ne disent pas tout le temps la vérité, ils se trompent, ils commettent des erreurs.”

    Quoi qu’est écrit Alternatives économiques avec des réserves bonnes ou mauvaises ;
    la position du Blog d’Olivier, la qualité que nous pouvons lire des interventions, la transparence et la diversité, l’actualisation des situations avec un correspondant en Grèce ; tout cela donne du crédit à Olivier, sans qu’il soit besoin d’en douter.

    Alors Olivier, lisez les critiques mais ne les prenez pas trop à coeur. Elles sont d’origine humaine et par essence même, ni exactes, ni précises, ni justes.

    Je me permets :”tu fais un super boulot”. Respect. Continue, continuez, toi et les lecteurs et animateurs du blog, les autres suivront, nous suivront.

    Cordialement. William.

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    Alerter
  • Laurent // 18.11.2011 à 17h21

    Bien envoyé Olivier. Tes réponses sont claires et très clairement aussi tu assumes tes positions, bravo. Perso ça m’étonnerait qu’il réponde point par point, ou alors il va falloir qu’il bosse dur car ses critiques laisse percevoir le travail bâclé de quelqu’un qui s’attache plus à attaquer la personne plutôt que l’œuvre.
    Si je ne suis pas toujours d’accord avec toi sur quelques points ici ou là(pas tant que cela finalement) je respecte énormément le travail que tu fais et qui rend clair et compréhensible ce que beaucoup s’évertuent semble-t-il à rendre obscur.
    Merci.

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    Alerter
  • Nihil // 18.11.2011 à 18h27

    Je connais peu l’oeuvre magistrale de C. Chavagneux. Les termes qu’il emploie dans sa critique me semblent tout à fait déplacés et son semblant d’argumentation pour le moins faiblard. De plus un prof qui ne reconnait même pas la qualité pédagogique (ou au moins la volonté de pédagogie) du livre…
    J’ai un peu l’impression qu’un actuaire (ça rime avec vulgaire, non ?), étranger à La Filière d’appellation contrôlée, n’est pas le bienvenu dans son cénacle d’économistes, même prétendus alternatifs.
    M. Chavagneux, j’ai beaucoup plus appris, et j’apprends encore, en un seul livre (qui de surcroît indique les bonnes adresses pour le perfectionnement) que dans toute la production régurgitée par vos collègues et vous-même ces derniers temps. Ce “Guide du crisard” n’est pas de vous ? C’est fort dommage, M. le Professeur.
    P.S.: pour votre revue je vous suggère “Variantes économiques”, ce serait plus pertinent.  

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    Alerter
    • Bruno L // 26.11.2011 à 09h17

      Cher Nihil obstat
       
      Humm, tous les professeurs ne sont pas sans mérites, quoique … 😉
       
      Bruno L, professeur Emérite 😉 HEC
       
       
      Pour le reste, encore un grand bravo à Olivier.
       
      comme le disait Joan Robinson, prof à Cambridge et jeune collègue de Keynes, on bourre le crâne des étudiants en économie, et lorsqu’ils se réveillent, il est trop tard. Ils sont devenus professeurs: et il faut parfois attendre qu’ils aient le prix nobel pour qu’ils osent enfin dire la vérité. Je pense en particulier à stiglitz.
       
      Maurice Allais est une exception. Il a toujours dit “sa” vérité, sans attendre pour cela d’être nobélisé.

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  • t2lt // 18.11.2011 à 18h46

    Je me joins au bon peuple, oui, oui ça existe encore 😉 pour féliciter le rédacteur de ce blog, j’aimerai y lire plus de joyeusetés mais… on vit une époque formidaaaable !!! j’espère pouvoir dire un jour à mes petits enfants “j’y étais”, à moins que d’ici là, l’ouragan à venir nous ait transformé en barbares…
    oups je sors 

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  • Nihil // 18.11.2011 à 19h15

    Ca faisait un moment que je n’étais pas allé sur le site des alternateurs de l’éco. Ben…, j’ai eu pour une fois raison: rien de bien nouveau sous l’éclipse…Sauf que j’ai découvert (le terme est trop fort, je sais) que le professeur Chavagneux (mes respects) a commis “Une brève histoire des crises financières; de la crise des Tulipes au subprimes”, et en 236 pages pour 16 € (à rapprocher des 600 pages pour 22 € – par les temps qui courent plus vite que moi, j’achète au kg). Donc ce n’est pas le professeur (mes respects) qui critique, c’est le concurrent (sourires dans la salle)!
    Mais je préfère garder mon baril d’Ariel anti-crises, même contre trois barils de Chavagneux (mes respects).

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  • Strategix // 18.11.2011 à 19h15

    Merci pour ce beau moment de détente. Je pars maintenant assister à un spectacle de chansonniers, sans être certain qu’ils me feront autant sourire.

    En plus, je vais conserver et réutiliser quelques passages comme « Tu ne prêteras point à ton frère ton argent à intérêt. » [Bible, Ancien testament, Lévitique, 25.37] « Dieu a rendu licite le commerce et illicite l’intérêt. » [Coran, sourate Albakara, verset 275] « Personne ne devrait prêter d’argent à intérêt. » [Platon, Les lois, -330 av. J.C.]…

    Un avenir prometteur pour ce jeune scarabé.  

       

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  • JPS1827 // 18.11.2011 à 19h16

    J’arrive un peu tard pour me joindre à l’approbation générale sur cette réponse. J’aurais (encore) une petite question à poser sur les intérêts des dettes. Est-ce qu’en plus de redistribuer l’argent à contrario vers les plus riches, on peut dire que les intérêts enlèvent de l’argent de l’économie réelle pour le stocker dans le financiarisme spéculatif ? (si quelqu’un d’autre qu’Olivier peut répondre, qu’il n’hésite pas, Olivier ne peut plus répondre à toutes les questions, et je pense que nous pouvons nous informer entre nous également)

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  • t2lt // 18.11.2011 à 19h43

    J’étais hier soir à une conférence d’Anne Lauvergeon (ex patronne d’Areva), et bien je vais vous dire, dormez brave gens vous n’avez rien à craindre en haut on s’occupe de tout, la poudrière sur laquelle vous êtes assis qui va vous “ventiler façon puzzle” et bien on s’en mox….

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  • Christian // 18.11.2011 à 20h15

    Formidable ce billet, à plus d’un titre. Ah, ces édits et citations de condamnation de l’usure sur le blog d’un économiste, c’est un vrai bonheur. 

    Magnifique désintégration en règle de cette pauvre critique, vous démontrez que son auteur n’est pas équipé pour vous comprendre, si on est gentil on dira qu’il est de mauvaise foi. 
    Je pense que cette année c’est un livre que je vais trouver sous le sapin.
    Il faudra que je lise Allais aussi. 

     

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  • Moi // 18.11.2011 à 20h40

    L’un: “il veut les obliger à ne pas pouvoir distribuer en crédits plus que ce dont elles disposent en ressources.”
     
    L’autre: “le cours d’économie de 1ere année de fac explique clairement que les banques monétisent les créances, et donc que, par essence, elles n’ont pas de ressources !”
     
    Débat de Shadocks (c’est-à-dire d’économistes). Ce qui est sûr c’est qu’aussi bien l’un que l’autre ne connaît de la banque que le guichet de son banquier. J’insiste pas, je vais me faire censurer.

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  • Piouche // 18.11.2011 à 20h52

    “Cela témoigne pour moi de l’emprise intellectuelle d’une plaie absolue pour nos sociétés : l’individualisme et l’irresponsabilité forcené”
    L’irresponsabilité, je vois, mais on peut m’expliquer ce que l’individualisme peut bien venir faire là ?
     
     

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  • marie // 18.11.2011 à 21h20

    un internaute au dessus a écrit “”Mille fois merci Olivier pour votre excellent travail qui permet même aux non-initiés dont je fais partie, de comprendre peu à peu les tenants de notre société. ” A part Olivier, je ne me permettrai pas, cet internaute a tout dit. Merci pour tout ce travail, moi aussi j’ai commandé pour Noël ….j’espère que mon époux sera magnanime car il n’adhère pas totalement à ce que vous écrivez ! …..les discussions entre nous vont se poursuivre !!!

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  • Seb // 18.11.2011 à 21h27

    Merci à Christian, je connaissais le blog, je le consulte régulièrement et là arrivé à 40% de la lecture de ce post –> je viens de commander le livre.
    Si c’est pas de l’aide marketing gratuite ça ! Une critique négative qui déclenche l’acte d’achat 😉
    Félicitation Olivier pour avoir décortiqué / dynamité cette critique pour la transformer en argumentaire imparable et super intelligent en faveur de ton livre.
    Merci pour tout ce travail
     

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    Alerter
  • Laurent // 18.11.2011 à 22h13

    Bonjour Olivier,
    eh bien, moi, j’ai lu votre livre et j’ai adoré. Je le dis d’autant plus tranquillement que je suis électeur du Front de Gauche (et je continuerai à l’être après la lecture de ce livre) et que votre livre m’a ouvert les yeux sur la bombe à retardement que constitue la question de la dette. J’avais des certitudes là dessus qui ont été ébranlées par votre bouquin…
    En fait , j’ai trouvé que c’était le livre d’un Républicain, qui ne veut pas que son pays aille dans le mur. Salutaire.

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    Alerter
  • henry38 // 18.11.2011 à 22h55

    Ce commentaire m’amuse pour une fois, je viens de m’énerver sur le blog de Jorion à propos du nucléaire en fumant une cigarette ! Il y a une dizaine d’années je bavardais avec un vieux médecin colonial australien qui avait sévi aux Célèbes et en Papouasie (j’habitais à l’époque à Port-Vila) et je lui racontais mon passé, disons médical, alors que je grillais deux paquets de Camel par jour (je fume toujours deux paquets de Camel par jour, mais j’habite à Lanzarote, ce n’est pas trop couteux ! Ouf). Après un descriptif détaillé (entre scientifiques on peut se permettre des amabilités) de mes antécédents infectieux (malaria, herpès, hépatites, dengue, amibiases, tuberculose, et je dois encore en oublier …) il me déclara, alors que nous étions en train de déguster avec admiration un Lanson Black Label millésimé au bord du lagon de Port-Vila :
    – tu as eu tellement de maladies que tu peux continuer à fumer, tu es immunisé !
    Je fume depuis 52 ans et je ne ressens pas encore de gène respiratoire, mais que les dieux me gardent, quand cela arrivera, je saurai me traiter ! 

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  • Grégory // 19.11.2011 à 00h23

    Le ton n’est pas si léger, on sent bien que vous êtes agacé. Il y a de quoi, mais je suis sûr que plus tard en relisant ce billet vous vous direz que vous auriez été plus percutant avec un style plus minimaliste. Il ne faut pas donner trop d’importance à une critique aussi baclée, ça trahit surtout vos incertitudes. Hors à mon avis les faits sont avec vous, pas avec lui. Ce qui explique d’ailleurs son ton en premier lieu : je pense qu’il le sent bien et que votre livre le lui rappelle douloureusement. “C’est humain”, comme l’épargne à 5 plutôt qu’à 2. 😉

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    Alerter
  • aurel // 19.11.2011 à 09h20

    question…
    si la dette va dans la poche des plus riches et que ce sont les plus riches qui commandent, a moins d’un changement radical dans la société, on va se la fader la dette.
    et les riches possèdent la force financière et militaire, donc on est un peu grillé pour le coup non ?
    car le seul truc qui a plus de force que l’or, c’est le plomb (ou l’acier). mais si quelqu’un possède l’or et l’acier, alors nos petit bras musculeux ne peuvent pas grand chose, me trompe-je ?
    donc que nous reste t’il ? croyez-vous sincèrement que les nantis puissent raisonnablement se laisser faire pour aller vers plus de démocratie, ce qui in fine, réduirait leur pouvoir ?
    pourquoi croyez-vous que les pouvoirs successifs en france n’ont eu de cesse de désarmer le peuple et de criminaliser l’auto défense ? pour éviter les drames ? point du tout ! ils sont traumatisés par la révolution de 1789 puis celle de la commune.
    ils ont donc fait croire que la seule violence légitime fût celle de l’état et ont confisqué toutes les bases d’auto défense du peuple sous prétexte de démocratie, nous privant de notre dernier recours face à une force économico-militaire qui deviendrait implacable.
    ils peuvent donc désormais agir sans crainte. puisqu’ils ont ce que n’ont pas eu les nobles du 18e siècle et qui les perdit, à savoir, l’argent et la force physique puisque l’argent commande à la force politique qui elle même commande aux forces de police et aux militaires.
    so we’re screwed…

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    Alerter
    • t2lt // 19.11.2011 à 10h37

      Puisque nous n’avons plus que nos yeux pour pleurer, puisque la démocratie, dont certains se gaussent, est une vaste blague, puisque aucun d’entre nous n’a même pas l’ombre d’un fusil à bouchon…l’arme fatale ne serait elle pas de limiter notre consommation plaisir à une consommation nécessaire…adieux veaux, vaches, cochons et autres ipad, iphone, itruc et tutti quanti, bon ce que j’en dis, va falloir que je ferme ce pc, est il bien nécessaire ?? 

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      • Laurent // 19.11.2011 à 12h44

        Se limiter au strict nécessaire. Un ordi est-il nécessaire? Oui non pas pour se distraire mais pour chercher les vrais infos autant que faire se peut(par exemple le blog d’Olivier ici même, les vidéos de O. Delamarche etc), pour orienter notre réflexion…
        Ensuite ne laisser en banque que le strict nécessaire(les retraits automatiques en général) et le reste on le retire. Tous les mois je le fais.
        Et alors là le jour où nous y arrivons (mais pas de souci je ne rêve pas il y n’a aucune chance que cela arrive) les 90% se donnent une date, aller disons 01012012…à partir de cette date personne PERSONNE ne va au boulot. Chiche qu’on le fasse pour voir ce qu'”ils” vont faire!
        “Ils” le savent que nous avons le pouvoir quoiqu’ils semblent dire leur plus grande peur (quand ils font des cauchemars) c’est que nous le réalisions et que en plus de cela nous l’utilisions. Bon mais en général ils dorment tranquille, ils savent bien que nous sommes lâches que nous avons encore plus peur qu’eux…

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        Alerter
    • aurel // 19.11.2011 à 11h37

      mais on y va tout droit… mais croyez vous que cela les arrêtera ? nos ancêtres ne consommaient que le strict nécessaire et ils étaient encore et encore pressurés. ce n’est que parce qu’ils se sont rassemblés et disposaient d’une force de frappe quelconque que les aristos ne les ont pas réduits en poudre d’esclave…
      dans les villes, les guildes étaient des associations de bourgeois puissantes, disposant souvent de milices. d’ailleurs beaucoup de villes étaient indépendantes et disposaient de leurs forces propres, capables de rivaliser avec certaines régions/états. chez les paysans, les régions propices à la jacqueries étaient soit craintes, soit combattues et réprimées férocement. tout dépendait du rapport de force.
      faut pas oublier que dès le milieu du 16e siècle, le pouvoir bourgeois dépassait celui des nobles et c’est seulement parce que la noblesse tenait l’armée que le basculement n’a pas eu lieu plus tôt. dès que la bourgeoisie a pu s’assurer d’une force civile assez puissante (le petit peuple et les milices parisiennes notamment), ils se sont soulevés. et c’est parce que les nobles étaient complètement ruinés qu’ils se sont fait laminer en deux deux… les militaires sont allés du côté de ceux qui pouvaient les payer (c toujours le cas aujourd’hui, cf egypte où non non rien n’a changé, tout tout a continué).
      et quand bien même, la consommation ne serait plus la carotte pour faire avancer la bourrique populaire, il reste toute la panoplie d’armes léthales et non léthales, mais la plus puissante c’est :
      si on vous coupe l’assistance publique, comment allez vous survivre dans l’enfer de béton que sont les villes d’aujourd’hui ? sachant qu’un humain tient 1 mois sans manger et 3 jours sans boire et que les stocks des supermarchés sont calibrés pour 1 jour ou 2 et qu’en moins de 2-3h de pillage, tout sera vide.
      coupez l’électricité et vous tuez dans l’oeuf toute rebellion en moins d’une semaine. plus d’eau, plus de chauffage (à part ceux qui aurait des poêles à bois), plus de transport, plus de communication, plus d’essence, plus de bouffe (à part les conserves pour ceux qui ont des ouvre boite manuels).
      LA VRAIE REVOLUTION, ça serait de permettre aux gens d’être autonomes, affranchis de l’état. que chacun puisse accéder à la terre et a une eau propre à l’arrosage. que chacun ait le droit de faire ses propres semences et de les partager gratuitement avec ses voisins. que chacun ait accès à l’élevage et à la traite des animaux pour produire ses propres vêtements, sa propre matière organique, que chacun ait un droit inaliénable d’accès au sol, à la terre pour son logement de plein pied et une parcelle cultivable.
      AUCUN programme politique, de la droite à la gauche n’a dans son objectif de permettre aux gens d’être autonomes, AUCUN. AUCUN ne prévoit d’affranchir les armées de chômeurs, exclus d’un système qui n’a plus besoin d’eux, de la logique du capitalisme financier. Les plus à gauche demandent leur réinsertion de force dans le système ou une pension d’invalidité (puisque ce sont, en sorte des handicapés du capitalisme). C’est absurde.
      Même chez les écolos, il n’est jamais fait mention, à aucun moment de garantir a tous le droit de cultiver sa propre nourriture, d’être indépendant énergétiquement (par exemple en socialisant les parcelles de bois privées ou de l’état et en favorisant une gestion autonome et non lucrative des forêts, des champs, des zones constructibles mais fertiles) ou de supporter une production autonome pour les matériaux de construction, la médecine et les vêtements.
      Donc quelque soit le gouvernement nous ne pouvons aller qu’à l’échec car les esprits sont formatés par le confort moderne et l’uniformisation, là où nous devrions injecter du hasard et favoriser la diversité.

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      Alerter
  • Christian // 19.11.2011 à 10h46

    Aurel, nous sommes d’accord. 
    Je vous invite à regarder cette vidéo d’un échange fort intéressant d’une personne qui défend ses droits constitutionnels qui prévoient qu’il puisse se défendre aussi bien des ennemies extérieurs qu’intérieurs de son pays. 
    http://www.dailymotion.com/video/xm1a23_occupy-arizona-avec-des-armes-s-t_news
    C’est un peu long et il faut conserver le fond, la forme de l’échange fait un peu songer par moment à un spot publicitaire, mais des gens gavés de télé depuis l’enfance semblent victime d’un certain mimétisme, on leur pardonnera. On y parle aussi de vrais et de faux dollars.
    Nous pouvons leur envier cette magnifique constitution, il me semble que la notre ne nous autorise plus à nous rebeller. Eux aussi ont désormais un super congrès qui outrepasse tout. Mais la bas, nombre de gens sont plus éveillés que chez nous.
    Quoi qu’il en soit, je préfère que la dictature montre son visage car curieusement je vois que mes contemporains se croient libres. 
    Et l’histoire nous montre que pour rassembler des forces, il faut souvent qu’une voie s’élève. Et aussi, pour vaincre d’autres empires, la France a eue besoin d’alliés.
    J’aurais aimé développer plus longuement mais je suis pris par le temps.
    Je dirais seulement que je suis moi aussi fort optimiste pour la suite. 
    Je voudrais dire aussi que dans l’histoire de ce monde, si on la met à une échelle de 24h, l’homme n’occupe que le dernier quart d’heure. 
    Peut être le réchauffement climatique nous ramènera à plus d’humilité car avec d’autres catastrophes dont certaines seront ses conséquences, il n’y aura plus ni vainqueur ni vaincus. Mais c’est pour le prochain quart d’heure.
    Mon optimisme s’arrête avant qu’il ne commence.
     

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  • Didier // 19.11.2011 à 10h53

    Bravo pour cette réponse très argumentée !
    C’est décidé, je vais acheter votre livre, autant pour moi que pour mes proches.

    POUR VOUS AVERTIR :
    Le lien vers les 6 bonnes critiques à consulter ici. pointe vers une page où il faut s’identifier…

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    • Didier // 19.11.2011 à 12h34

      C’est fait !
      J’ai acheté votre livre. En fait, j’en ai même acheté 2 pour le faire lire à des proches…

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  • VAN BECELAERE // 19.11.2011 à 11h10

    Bonjour Olivier,

    J’ai été surpris moi-même de la critique provenant d’Alternatives économiques qui a une  mission éducative depuis si longtemps. Errare, humanum est…
    Quand à votre réponse, elle est très précise et circonstanciée, mais comme vous en aurez de plus plus, à l’avenir, gardez votre objectif d’explications factuelles et objectives.
    Il est certain, qu’aujourd’hui, nombreux sont ceux qui dénient la situation par peur du lendemain et de la perte d’acquis confortables. Cette réaction est “normale” dans un premier temps après l’avoir contesté avec colère.
    L’acceptation sera malheureusement prise en compte, quand l’évidence s’imposera à eux avec fracas et obligation.
    En observant l’histoire, nous ne pouvons que constater ce phénomène :les changements se provoquent très souvent quand les crises imposent une déstabilisation organique et une révolte des peuples.Les témoins qui alertent ou prévoient des situations, des scénarios  évidents de cataclysmes, n’ont jamais été écouté ou pris en compte par les pouvoirs politiques ou économiques.
    Cela ne doit pas nous empêcher de continuer à colporter vos constats pédagogiques et de trouver de nouveaux relais de communication.Car, quand  l’inimaginable se produira,les solutions équitables et censées devront être mises en place afin de ne pas subir de nouvelles dictatures de tout ordre.
    Encore bravo pour votre travail et votre engagement universel. 

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  • aurel // 19.11.2011 à 11h58

    le code du travail chinois… mais bien sur…  eh bien, faites pour vous même ce que vous souhaitez aux autres en premier… le jour où votre gamin sera écrasé par un livreur car ce dernier aura trop peur de perdre de l’argent et d’être viré en cas de retard, je ne pleurerai pas pour vous.

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    Alerter
  • Jacques Coeur // 19.11.2011 à 14h08

    Quelques corrections à apporter :
    – car cette critique ne figure que le site web du magazine
    – car c’est l’occasion (outre de défouler
    – mais il faut comprendre que vous n’appartienez pas au coeur de cible
    – Une partie de nos problèmes viennent (vient) de là
     
    “Ainsi, les intérêts pompent de 2 à 4 % des revenus des 80 % les plus pauvres de la population, pour enrichir les 10 % les plus riches à hauteur de 4 % de leur revenu. La dette publique, c’est ainsi un impôt à l’envers : le contribuable (donc tous les Français) rémunère grassement l’épargne garantie sans risque des plus aisés de la population ! Si ce n’est pas de la prédation, c’est quoi ? Avez-vous une opinion là-dessus ? Car dans la vie, ne rêvons pas : où on défend les intérêts des 80 % ou ceux des 10 %… Et encore, je pense qu’en défendant les 80 %, on finit aussi par défendre l’intérêt des 10 % à long terme…”
    80 ou 90 ?
     
    “Fluuuuuuuuute” : pas bon.
    “Flûûûûûûûûûûte” : bon.  😉  

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  • Jacques Coeur // 20.11.2011 à 09h48

    Concernant le fond, j’ai toujours autant d’estime pour votre travail et vos points de vue, cependant les soutiens que vous appelez sont sujets à caution :

    a)
    « Tu ne prêteras point à ton frère ton argent à intérêt. » [Bible, Ancien testament, Lévitique, 25.37]

    « Dieu a rendu licite le commerce et illicite l’intérêt. » [Coran, sourate Albakara, verset 275]

    « Personne ne devrait prêter d’argent à intérêt. » [Platon, Les lois, -330 av. J.C.]

    « Il est absolument défendu a quiconque de prêter à intérêt quoi que ce soit. » [Capitulaire de Charlemagne, Aix la Chapelle, 789]

    « Toute législation permettant le prélèvement d’intérêts est nulle et non avenue. » [Pape Alexandre II, 1152]

    « Nous défendons à tous nos sujets de prêter argent pour avoir gain certain. » [Ordonnance de Charles Quint, 1541]

    « Une usure dévorante est venue ajouter encore au mal. Condamnée à plusieurs reprises par le jugement de l’Eglise, elle n’a cessé d’être pratiquée sous une  autre forme par des hommes avides de gain, et d’une insatiable cupidité. » [Pape Léon XIII, Rerum Novarum, 1891]

    Tous ces témoignages tiennent pour moi du religieux : c’est écrit dans le livre de Dieu, donc c’est forcément vrai. Je ne dis pas que c’est bien ou mal, mais que  ces témoignages sont issus d’une même source et que celle-ci, d’essence divine, ne peut être remise en cause.

    b)
    « On a surtout raison d’exécrer l’usure, parce l’argent ne devait servir qu’à l’échange ; et l’intérêt qu’on en tire le multiplie lui-même […] L’intérêt est de l’argent issu d’argent, et c’est de toutes les acquisitions celle qui est la plus contraire à la nature. » [Aristote, La Politique, Livre I, chap. 3, 23, -330 av. J.C.]

    « L’argent ne coûte rien à sa création ! Les intérêts sur les prêts bancaires ne sont pas justifiés ! » [Maurice Allais, 1998]

    Ceux-là par contre, sont plus crédibles puisqu’ils ressortent d’une réflexion sur la valeur de l’argent et sa place dans l’économie.

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  • Maryse // 21.11.2011 à 05h13

    Bravo Olivier, bien répondu et ce pauvre Mr Chavagneux a montré sa capacité a nous sortir du pétrin dans lequel nous sommes.
    Je me permets de vous dire que vous avez raison sur toute la ligne car contrairement a Mr Chavagneux je suis une vraie technicienne, je suis expert comptable et vos théories sont celles que je défends aussi.
    Continuez, c’est un vrai plaisir de vous lire.
     

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  • Gautier // 21.11.2011 à 09h26

    Bonjour,
    Félicitation encore.
    Je ne comprends pas ce que tu veux dire par “je pense qu’en défendant les 90 %, on finit aussi par défendre l’intérêt des 5 % à long terme…”

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  • Bruno L // 25.11.2011 à 15h50

    Cher Olivier, chers tous,
     
    excellent livre, excellente défense (avec humour) contre la ‘revue’ d’Alternatives Economiques, dont les auteurs, effectivement, semblent rester scotchés à une réforme éventuelle du système actuel, alors qu’il est irréformable.
     
    Je ne suis pas d’accord avec tout ce qui est dit dans ce livre – heureusement 😉 – mais je l’ai déjà conseillé en tant que livre de chevet (et pas uniquement pour mettre une lampe par dessus).
     
    Bravo Olivier, continue(z) (je ne sais pas s’il faut que je m’adresse à tes tripes ou à votre cerveau …
     
    Très cordialement, Bruno L.

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  • A-J Holbecq // 25.11.2011 à 18h58

    Bon, j’arrive un peu en retard sur ce billet, mais je n’arrive pas à tout lire, partout..
    Bravo Olivier, excellente réponse à cet “inutile” de Chavagneux… ca fait quelques années maintenant que je ne suis plus abonné à cette revue qui ne mérite pas son nom.
    Bon, je ne suis pas d’accord avec toi sur “nous payons tous des impôts, dont une partie importante (plus de 20 %) paye des intérêts à nos créanciers ;
    Nous ne payons rien, nous empruntons pour payer en augmentant le stock de dette, c’est un peu différent.
    Mais c’est un détail par rapport à l’énorme boulot que tu as fait.

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  • A-J Holbecq // 26.11.2011 à 08h14

    Je plussoie le message de RST, et même si je ne suis pas toujours totalement d’accord avec toi, Olivier, je me sens à des années lumières d’un Chavagneux et d’un Duval.
    Par contre, pour une fois ,  j’ai lu une analyse intéressante de Delaigue dans “éconoclaste”
     ” Le jeu dangereux de la BCE
    En fait je vois une porte de sortie à cette crise. C’est un immense plan européen de relance financé sans dette par la BCE; une création monétaire directe sans intérêts de 200 milliards par an pendant 10 ans réservée aux investissements de transition énergétique et écologique européens.
    Mais je sais qu’elle ne le fera pas …

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    • RST // 26.11.2011 à 08h43

      Andr-Jacques
       
      D’accord avec toi, pour une fois, Delaigue a publié un papier tout à fait intéressant.
      Il doit être malade 😉

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  • Bruno L // 26.11.2011 à 08h43

    Cher Olivier, vous écrivez:
     
    “les intérêts sont perçus par les créanciers au prorata de leur épargne, qui est très concentrée : 10 % des français possèdent 70 % de la dette publique, et donc perçoivent 70 % des intérêts.”
     
    Voulez vous parler des dettes en général, ou des dettes publiques. Je croyais que les dettes publiques étaient détenues aux 2/3 par des “estrangers” ?
     
     
    Le raisonnement reste juste, bien sûr, mais peut être pas le résultat.
     
    Bien à vous, (le “bien à toi” sonnerait bizarrement 😉 )
     
    Bruno L.

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  • Bruno L // 26.11.2011 à 09h02

    Cher Olivier, je ne suis ni contre les impôts, ni contre la participation de la nation à son propre développement.
     
    Mais je suis en léger désaccord avec votre phrase:

    “J’ai du mal à comprendre comment les “penseurs de gôôôche” en viennent à privilégier la dette plutôt que le truc magique qu’on a inventé pour ça il y a 3000 ans : l’impôt… Cela témoigne pour moi de l’emprise intellectuelle d’une plaie absolue pour nos sociétés : l’individualisme et l’irresponsabilité forcenés – tout pour ne pas payer d’impôts et garder son argent jusque dans la tombe… ”

    On peut très bien ne pas avoir de déficit, et ne pas nécessairement être irresponsable.
    1) le remboursement des dettes peut être inscrit dans un budget en équilibre
    2) ces dettes, par ailleurs, peuvent être financées par une création monétaire raisonnable
    3) il peut être plus efficace de supprimer tous les impôts, et de financer, là encore, par création monétaire ad’hoc, pour un montant équivalent voté par la représentation nationale
    Les mêmes montants peuvent être dépensés par l’etat, la taxation peut donc prendre plusieurs aspects (y compris l’impôt sur le capital à la Maurice Allais)
     
    Mais, bien entendu, cela ne résoud pas la question des dettes publiques actuelles, que l’on ne pourra jamais rembourser en restant dans le système actuel.
    Bien à vous
     
    Bruno L.

     

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  • Jacques Coeur // 05.12.2011 à 15h42

    Nous sommes d’accord. 😉
    Pour ce qui est de l’islam :
    “Ceux qui se nourrissent de l’usure ne se dresseront, au Jour du Jugement, que comme se dresse celui que le Démon a violemment frappé.” Sourate II – 275

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  • Olivier // 28.06.2013 à 15h10

    Juste pour revenir sur les intérêts : ne pourrait-on pas analyser le différenciel entre produits d’épargne courants (livret A, PEL …) face aux taux commerciaux des banques quand ils prêtent pour des crédits courants (voiture, maison …). L’intérêt est compréhensible : c’est la prise de risque du temps et de la liquidité. Ce qui est contre-productif à mon sens, serait un différentiel trop grand différence entre la rémunération de l’épargne collecté et la rémunération des prêts, en défaveur de la première. Et ce surtout depuis que proche de 70% des résultats des banques (en retirant les actifs d’investissements) sont liés au coût des services bancaires.

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  • DUCHENE JEAN // 23.04.2014 à 13h40

    l’ennui dans vos “propositions économiques” de bon sens c’est que jamais vous n’entrevoyez l’intervention du “peuple”. A qui confiez vous le soin de mettre en application vos propositions “éclairées” ? Aux “élites éclairées ” ? Où sont elles ? Comme “Alternatives éco..” vous ne parlez que de technique économique, jamais de politique. Doit-on vous rappeler que votre domaine s’appelle “économie politique” dont le second terme donne sens au premier. C’est le mouvement réel qui compte.

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