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2.décembre.20202.12.2020 // Les Crises

Les anciens chefs du Renseignement britannique ont ignoré les menaces sanitaires et climatiques

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Source : Consortium News, Matt Kennard, Mark Curtis
Traduit par les lecteurs du site Les Crises

Passant allègrement du secteur public au secteur privé, des anciens chefs du Renseignement britannique ont mis en danger la population en négligeant des menaces de sécurité plus importantes, comme le coronavirus et le changement climatique, écrivent Matt Kennard et Mark Curtis.

Presque tous les anciens chefs du Renseignement britannique profitent personnellement de leur emploi dans les sociétés de cybersécurité et d’énergie après avoir pris leur retraite des principales agences de renseignement britanniques.

En mai, Declassified UK a révélé que depuis 2000, neuf sur dix des anciens chefs du MI6, du MI5 et du GCHQ ont pris des emplois dans l’industrie de la cyber-sécurité, un secteur qu’ils ont promu pendant leur mandat comme étant essentiel pour défendre le Royaume-Uni face à la « menace russe. »

Le gouvernement britannique a été informé pendant plus d’une décennie que le « risque le plus grave » pour le pays est une pandémie de grippe, que sa stratégie de sécurité nationale identifie comme un « risque prioritaire de niveau 1. » Pourtant, les services de sécurité ont largement ignoré les menaces sanitaires, bien qu’ils prétendent être guidés par la stratégie de sécurité du Royaume-Uni.

La cyber-industrie, florissante et rentable au Royaume-Uni, où d’anciens chefs espions trouvent un emploi, vaut aujourd’hui plus de 8 milliards de livres sterling. Sir Iain Lobban, qui a dirigé le GCHQ de 2008 à 2014, est devenu directeur ou conseiller de 10 sociétés privées de cyber-sécurité ou de sécurité des données depuis qu’il a quitté ses fonctions. Sa propre société de conseil, Cyberswift Limited, avait plus d’un million de livres sterling d’actifs à la fin de 2018, quatre ans après avoir quitté le GCHQ.

La « porte tournante » entre le gouvernement et l’industrie est censée être réglementée pour les conflits d’intérêts par le Comité consultatif sur les nominations des entreprises (ACOBA). Cependant, Declassified n’a trouvé aucune preuve qu’un chef de renseignement ait jamais vu sa demande d’adhésion à l’ACOBA rejetée. Cela leur permet de faire pression sur leurs anciennes agences au nom de leurs intérêts privés après avoir quitté leurs fonctions.

Un ancien chef du MI6, Sir John Scarlett, a reçu une « approbation inconditionnelle » de l’ACOBA lorsqu’il est devenu conseiller d’une grande compagnie pétrolière en 2011, ce qui signifie qu’il était immédiatement libre de faire pression sur ses anciens collègues des services de renseignement et du Parlement au nom de la société.

Les trois derniers dirigeants du MI6 ont tous rejoint des sociétés productrices de pétrole ou de gaz, qui sont parmi les plus grands contributeurs au changement climatique, après avoir quitté le service. Declassified peut révéler que l’ancien chef du MI6, Sir Richard Dearlove, a gagné plus de 2 millions de livres sterling grâce à son rôle au sein du conseil d’administration de la compagnie pétrolière et gazière américaine Kosmos Energy, qui était jusqu’en 2018 enregistrée dans un paradis fiscal aux Bermudes.

Un autre ancien chef du MI6, Sir John Sawers, a gagné 699 000 £ depuis 2015 en tant que membre du conseil d’administration du géant pétrolier BP, en plus de posséder des actions de la société d’une valeur de 91 300 £.

Le changement climatique a également été largement ignoré par les agences de sécurité, comme le suggèrent les faits, bien que le gouvernement britannique l’ait reconnu l’année dernière comme un « risque de sécurité », ajoutant : « Il ne fait aucun doute que les défis de sécurité liés au climat sont réels. Ils sont là. Ils le sont maintenant. »

La Russie et les cyberattaques ont été évoquées comme les principales menaces pour le public britannique, aux côtés du terrorisme, dans d’innombrables interventions publiques des chefs des services de renseignement. La Russie s’engage dans des cyber-opérations offensives, comme le font la Grande-Bretagne et ses alliés, mais l’évocation constante d’une menace russe, souvent sans preuves réelles et amplifiée dans les médias, a aidé les agences de sécurité britanniques à accroître leurs pouvoirs d’investigation permissifs et leurs budgets plus importants, ce qui profite directement à l’industrie privée de l’armement et des cyber-attaques.

Un commandant militaire britannique de haut rang, le contre-amiral Neil Morisetti, a déclaré en 2013 que la menace posée à la sécurité du Royaume-Uni par le changement climatique est tout aussi grave que celle posée par les cyberattaques et le terrorisme.

Sir John Scarlett, ancien chef du MI6, reçoit « l’approbation inconditionnelle » du gouvernement britannique pour faire pression sur ses anciens employeurs au nom du géant pétrolier Statoil. (Douzième rapport annuel 2010-2011 : Comité consultatif sur les nominations des entreprises).

Mal préparé pour le coronavirus

Les révélations de UK Declassified en mai dernier ont eu lieu alors que la colère du public s’intensifiait, car il était évident que le Royaume-Uni était mal préparé pour faire face à l’épidémie de coronavirus.

Le gouvernement britannique a été largement critiqué pour sa lenteur à réagir et son incapacité à avertir le public à temps du niveau de risque posé par le coronavirus, ce qui a suscité des appels à une reconsidération de ce qui constitue la sécurité.

L’incapacité à faire face aux principales menaces pesant sur le public était frappante compte tenu des dépenses substantielles consacrées aux services de sécurité. Le gouvernement prévoit que les dépenses sur le compte unique de renseignement – qui couvre le MI5, le MI6 et le GCHQ – s’élèveront à 2,48 milliards de livres sterling en 2020-2021. Cela représente environ 400 livres sterling par Britannique.

Il semble qu’aucun chef des services de renseignement n’ait jamais gagné d’argent en travaillant sur les menaces à la sécurité posées par le changement climatique ou les pandémies. Aucun d’entre eux ne semble avoir mentionné ces menaces pendant ou après son mandat. Les avertissements publics des chefs des services de renseignement qui mettent en avant la menace que représente le changement climatique pour la sécurité seraient susceptibles d’avoir un impact négatif sur la rentabilité des entreprises de combustibles fossiles.

Paul Rogers, professeur émérite d’études sur la paix à l’université de Bradford, a déclaré à Declassified : « La porte tournante et son impact dans le secteur de la défense sont assez bien connus, mais cette nouvelle enquête sur son étendue dans l’industrie du renseignement est une véritable révélation. » Rogers, qui est également membre honoraire du Collège de commandement et d’état-major des services conjoints de l’armée britannique, a ajouté : « Cela explique en grande partie pourquoi les menaces de pandémie et de changement climatique ont été si largement écartées dans les services de sécurité britanniques. »

Le MI5 (Ndt : Military Intelligence section 5) est l’agence de sécurité intérieure de la Grande-Bretagne, tandis que le MI6 (Ndt : Military Intelligence section 6) collecte des renseignements à l’extérieur. Le GCHQ (NdT : Government Communiations Head-Quarters), la plus grande des agences d’espionnage du Royaume-Uni, recueille des renseignements sur les signaux.

Où sont-ils maintenant ?

Neuf des dix anciens chefs du MI5, du MI6 et du GCHQ depuis 2000 ont travaillé pour des entreprises du secteur de la sécurité informatique et des données. Depuis 1992 – la première année après la fin de la Guerre froide – 13 des 16 chefs d’agences ont fait de même. Le terme « cybersécurité » est souvent utilisé comme un euphémisme pour désigner les produits offensifs et de surveillance.

Sir Jonathan Evans a dirigé le MI5 de 2007 à 2013 et, dans les cinq mois qui ont suivi la fin de son mandat, il est devenu membre du conseil consultatif de Darktrace, une société de cybersécurité créée par les services de renseignement britanniques. Il est également devenu conseiller en matière de sécurité numérique auprès de Luminance Technologies, une plateforme d’intelligence artificielle, et président du conseil consultatif de Blackdot Solutions, une société de renseignement sur Internet. La rémunération d’Evans dans ces fonctions n’est pas connue.

En 2012, l’année précédant son départ du MI5, M. Evans a fait son premier discours public en deux ans dans lequel il a affirmé qu’il existait « des processus à l’échelle industrielle impliquant plusieurs milliers de personnes se trouvant derrière le cyber-espionnage parrainé par l’État et le cyber-crime organisé. Il a ajouté : « Les vulnérabilités d’Internet sont exploitées de manière agressive non seulement par les criminels mais aussi par les États », avant de conclure : « L’ampleur de ce qui se passe est étonnant. »

À la stupéfaction même du Times, Jonathan Evans a été nommé en 2018 à la présidence de la commission gouvernementale sur les normes dans la vie publique. Il avait alors six autres emplois rémunérés.

En juillet 2015, Evans a rejoint le conseil d’administration d’Ark Data Centres, une société qui propose des centres de stockage de données « hautement sécurisés » au Royaume-Uni. Dans ce rôle, Evans a remplacé son prédécesseur au MI5, Dame Eliza Manningham-Buller.

Manningham-Buller, qui a dirigé le MI5 de 2002 à 2007, est devenu en 2012 directeur d’Ark, dont le personnel comprend également d’anciens militaires britanniques et est basé à Corsham dans le Wiltshire, où le ministère de la Défense (MOD) gère le nouveau centre d’opérations de cybersécurité du gouvernement britannique, doté de 40 millions de livres sterling.

En mars 2015, Ark a remporté un contrat d’externalisation de 700 millions de livres sterling avec le Cabinet Office pour fournir l’ensemble du parc de centres de données du gouvernement. Deux mois plus tard, Manningham-Buller a quitté son poste de directeur de la société.

L’année suivant son arrivée chez Ark, Manningham-Buller a déclaré lors d’une conférence : « Il me semble que beaucoup de gens ne veulent pas reconnaître la menace d’éventuelles cyber-attaques. » Elle a ajouté : « Ils veulent des systèmes informatiques, ils veulent de la connectivité, ils veulent un accès facile, ils veulent de l’efficacité commerciale, et ils choisissent assez souvent d’ignorer les menaces importantes. »

Sir Stephen Lander, qui a dirigé le MI5 de 1996 à 2002, est devenu directeur de deux sociétés en 2004 : Streamshield Networks, qui fabrique des produits de cybersécurité, et Northgate Information Solutions, qui développe des logiciels informatiques pour les services de police et le gouvernement.

Sir Jonathan Evans, directeur du MI5 de 2007-2013, livre ses réflexions sur le « paysage de la cybermenace » à Darktrace, une société privée de cybersécurité dont il a rejoint le conseil consultatif en 2013, l’année même où il a quitté son poste. Darktrace était évaluée à 1,65 milliard de livres sterling en 2018.

Le MI6 a également vu ses anciens dirigeants gagner d’importantes sommes dans des entreprises privées liées à la cybersécurité.

Sir John Sawers, à la tête du MI6 de 2009 à 2014, a créé sa propre société de conseil en « risque politique » en 2018, Newbridge Advisory, pour aider les entreprises et les investisseurs à « comprendre » la menace des «cyberattaques, du terrorisme, des bouleversements politiques », entre autres. Sawers se fait payer jusqu’à 75 000 dollars (65 000 livres sterling) pour parler de « cyber-sécurité ». « Il examine les cyber-menaces actuelles, la politique de cybersécurité, la probabilité d’une attaque à grande échelle, et ce que les organisations peuvent faire pour se protéger », note le site web de l’agence Sawers.

Le prédécesseur de M. Sawers, Sir John Scarlett – qui a dirigé le MI6 de 2004 à 2009 – a rejoint le conseil d’administration du Chertoff Group, une société américaine qui « assure la gestion des risques en matière de sécurité et de cybersécurité », et ce peu après son départ. Le général Michael Hayden, ancien directeur de l’Agence nationale de sécurité et de la CIA, est actuellement l’un des directeurs de cette entreprise. Scarlett se fait également payer jusqu’à 55 000 dollars (48 000 livres sterling) pour parler des « cyber-menaces », plus précisément de la question : « Quelle est la vulnérabilité de notre infrastructure aux cyberattaques et que devrions-nous faire pour y remédier ? »

Sir Richard Dearlove, qui a dirigé le MI6 de 1999 à 2004 – supervisant les controverses sur le renseignement qui ont conduit à l’invasion de l’Irak par les États-Unis et le Royaume-Uni en 2003 – est devenu par la suite directeur de Crossword Cybersecurity, une entreprise technologique qui se concentre exclusivement sur le secteur de la cybersécurité. Il travaille dans cette entreprise aux côtés de Lord Nick Houghton, ancien chef d’état-major de l’armée britannique, qui fait partie de son conseil consultatif.

Les chefs du MI6 ont tous évoqué le spectre de la menace cybernétique russe en prenant des emplois dans le secteur de la cybersécurité. En 2015, l’année suivant son départ du MI6, M. Sawers a publiquement signalé le risque de cyberattaques russes. Dearlove a déclaré en 2019 que « c’est profondément ancré dans l’ADN de la Russie d’utiliser les capacités dont elle dispose pour perturber nos nations. »

De même, en 2018, Scarlett a publiquement a parlé de « pratique normale » pour « l’ingérence » russe dans les élections avant la cyber-attaque de 2016 contre le Comité national démocratique.

La page personnelle de l’ancien chef du MI6, Sir Richard Dearlove, sur le site de Crossword Cybersecurity, où il a été nommé directeur en 2016.

Les dirigeants du GCHQ, l’agence de renseignement sur les signaux du gouvernement britannique, ont également trouvé des postes lucratifs dans le secteur privé de la cybernétique après avoir quitté le service.

Robert Hannigan a été le directeur du GCHQ de 2014 à 2017, établissant le Centre national de cybersécurité dans le cadre du GCHQ en 2016, tout en étant responsable de la première cyberstratégie du Royaume-Uni en 2009. Trois mois après son départ du GCHQ, en juillet 2017, Hannigan a publiquement averti qu’une « quantité disproportionnée de destruction dans le cyber-espace » provenait de Russie, et a appelé à un « retour en arrière ».

Le mois suivant, Hannigan est devenu président du conseil consultatif européen de BlueVoyant, une entreprise de cybersécurité qui fabrique des produits pour protéger les entreprises contre les « cyberattaquants sophistiqués », y compris les acteurs des États-nations. En 2018, Hannigan est devenu président de BlueVoyant International.

Hannigan a également créé sa propre société de conseil, Tunny Associates, dont on sait peu de choses, bien que Tunny soit le nom donné par des espions britanniques à une machine à chiffrer nazie craquée à Bletchley Park, le centre de déchiffrage du Royaume-Uni durant la guerre.

Le prédécesseur de Hannigan, Sir Iain Lobban, qui a dirigé le GCHQ de 2008 à 2014, a rejoint ou conseillé pas moins de dix sociétés de sécurité informatique ou de données depuis qu’il a quitté ses fonctions, dont Hakluyt Cyber, Prevalent AI et C5 Capital.

Une biographie sur le site web de C5 indique que Lobban « a donné une nouvelle orientation à la cybersécurité pour des partenariats innovants au niveau international, avec le secteur privé et le monde universitaire »,ajoutant que « Sir Iain se concentre maintenant sur la défense et la démystification de la cybersécurité, en fournissant des conseils stratégiques et une perspective personnelle, au niveau national et international, aux gouvernements et aux entreprises. » La biographie se termine par la phrase suivante : « Il est également actif dans l’entreprenariat, au sens le plus large du terme. »

Dans un article paru en 2011 dans le Times, Lobban a affirmé que « le volume de la criminalité électronique et des attaques contre les systèmes gouvernementaux et industriels continue d’être inquiétant et a conclu que le bien-être économique continu du Royaume-Uni » était menacé par les cyberattaques.

Biographie de Sir Iain Lobban, qui a été directeur du GCHQ de 2008 à 2014, sur le site de C5 Capital, une société d’investissement spécialisée dans la cybersécurité, qu’il a rejoint en 2015, année où il a quitté le GCHQ. Il dit être « actif dans l’entrepreneuriat, au sens large du terme. »

Avant Lobban, le directeur du GCHQ était Sir David Pepper, qui a dirigé l’agence de 2003 à 2008. Après avoir quitté le GCHQ, Pepper a rejoint le conseil consultatif de Thales, une société d’armement et de cybersécurité, et est devenu conseiller stratégique de Defence Strategy and Solutions, qui aide les sociétés d’armement à obtenir des contrats gouvernementaux.

Le prédécesseur de Pepper était Sir Francis Richards qui a dirigé le GCHQ de 1998 à 2003. En 2007, Richards est devenu président du National Security Inspectorate, un organisme de certification qui approuve les fournisseurs de services de sécurité. Richards est le seul responsable du MI5, MI6 ou du GCHQ depuis 1992 qui ne semble pas avoir bénéficié personnellement de son travail dans le secteur privé de la cybernétique ou de l’énergie après avoir quitté son poste. (L’ancien chef du MI6, Sir David Spedding, est mort deux ans après avoir pris sa retraite en 1999).

Les trois prédécesseurs immédiats de Richards ont tous rejoint des sociétés de sécurité informatique ou de sécurité des données. Sir Kevin Tebbitt et Sir David Omand sont devenus membres du conseil d’administration de Leonardo, le fabricant d’armes italien spécialisé dans la cybersécurité. Omand a également rejoint le conseil d’administration de Babcock International, une autre société d’armement qui possède une longue expérience en matière de produits de cybersécurité, tandis que Sir John Adye, directeur du GCHQ de 1989 à 1996, a rejoint le conseil d’administration de deux sociétés – Identity Assurance Systems et Opera Limited – spécialisées dans la sécurité des données et la cybersécurité.

Gains des sociétés de combustibles fossiles

Les trois anciens dirigeants du MI6 depuis 2000 ont tous accepté un emploi dans des entreprises énergétiques après avoir quitté leurs fonctions – bien que le changement climatique soit reconnu comme une menace majeure pour le Royaume-Uni.

Sir Richard Dearlove est membre du conseil d’administration de Kosmos Energy – une société d’exploration pétrolière et gazière basée au Texas – depuis 2012, où il siège également au comité de rémunération. Au cours des sept années allant de 2013 à 2019, M. Dearlove a perçu plus de 2,5 millions de dollars (2 millions de livres sterling) en honoraires de la société, ayant assisté à une moyenne de 12 réunions par an. En 2018, Dearlove a été le directeur le mieux rémunéré de Kosmos. Les dossiers américains montrent que lors de sa nomination, Dearlove a également reçu des actions restreintes d’une valeur de 140 000 dollars (113 400 livres sterling).

Dearlove a également été conseiller auprès de divers cabinets de consultants qui donnent des conseils sur l’énergie et les industries extractives, tandis qu’il perçoit jusqu’à 20 000 livres sterling en honoraires en tant que conférencier lorsque « les invasions de l’Irak et de l’Afghanistan » sont les sujets de conversation.

Dearlove a fait des interventions publiques largement couvertes pendant les campagnes électorales de 2017 et 2019 au Royaume-Uni, avertissant que le leader travailliste Jeremy Corbyn était un danger et une menace pour la sécurité nationale de la Grande-Bretagne. Le manifeste travailliste de 2017 promettait « des normes strictes de transparence pour les dépendances de la Couronne et les territoires d’outre-mer, y compris un registre public des propriétaires, des directeurs, des principaux actionnaires et des propriétaires bénéficiaires pour toutes les sociétés et les trusts. »

Jusqu’en 2018, Kosmos Energy était enregistrée dans le territoire britannique d’outre-mer et le paradis fiscal des Bermudes. Depuis 2006, Dearlove est également le président non exécutif du groupe Ascot – une entreprise d’assurance domiciliée aux Bermudes.

En 2011, Sir John Scarlett est devenu président du comité consultatif stratégique du géant pétrolier norvégien Statoil (aujourd’hui Equinor). Le nom de Scarlett n’apparaît pas dans les rapports annuels de la société ni sur son site web et on ignore combien il a été payé à ce titre.

Il existe également deux cabinets de conseil – SC Strategy et J&G Consulting – que Scarlett a lancés et dont les activités et les clients sont si secrets qu’il est impossible de savoir s’ils impliquent la cybersécurité ou l’énergie. Il a été rapporté qu’il a gagné 400 000 livres sterling sur trois ans grâce à l’une d’entre elles.

Sir John Sawers a été nommé directeur de la compagnie pétrolière BP en 2015, l’année suivant son départ du MI6. « Sa gestion de la réforme au MI6, écrit BP dans son rapport annuel de 2015, complète l’accent mis par BP sur la valeur et la simplification. »

Il semble que lors de sa nomination, Sawers ait reçu des actions restreintes d’une valeur de plus de 90 000 £. La déclaration peut également révéler qu’en quatre ans et demi, jusqu’en 2019, Sawers a gagné 699 000 £ en honoraires et avantages de BP.

« BP bénéficiera de sa vaste expérience des points chauds du Moyen-Orient en tant que diplomate de carrière, et de ses rôles influents dans la formulation de la politique étrangère », a écrit le Financial Times. Sawers a été conseiller en politique étrangère auprès du Premier ministre Tony Blair et a été nommé représentant spécial de la Grande-Bretagne en Irak en 2003. BP est retourné en Irak en 2009 après 35 ans d’absence. Les rapports annuels de BP font souvent référence à l’expérience de Sawers au Moyen-Orient comme une aubaine particulière pour la société et notent qu’il a participé à des réunions qui traitent des « développements au Moyen-Orient. »

En février 2015, M. Sawers est également devenu directeur de Macro Advisory Partners, une société de conseil dont les clients sont notamment les principales institutions énergétiques mondiales. Michael Daly, l’ancien chef de l’exploration mondiale de BP, a également rejoint le conseil d’administration quatre mois avant Sawers.

L’ampleur réelle des bénéfices que les services de sécurité tirent de leurs services est incertaine, car les noms de presque tous les membres du personnel des services de renseignement sont hautement confidentiels. Mais il a été révélé que l’ancien chef de la lutte antiterroriste du MI6, Sir Mark Allen, a également rejoint BP après avoir quitté son service, aidant la société à négocier un contrat de forage pétrolier de 15 milliards de livres sterling avec Mouammar Kadhafi, le dictateur libyen de l’époque. Allen avait développé une relation avec le régime Kadhafi alors qu’il était au MI6 et a fait l’objet d’une enquête pour son rôle dans l’enlèvement et le transfert d’un couple libyen dans ce pays d’Afrique du Nord en 2004.

Les chefs du MI5 et du GCHQ ont également profité des compagnies pétrolières et gazières. L’ancien directeur du GCHQ, Sir Iain Lobban, est devenu conseiller de Shell. Dame Stella Rimington, qui a été directrice générale du MI5 de 1992 à 1996, a rejoint le conseil d’administration de BG Group – la multinationale pétrolière et gazière – en 1997, l’année suivant son départ.

Elle s’est retirée du conseil en 2005 lorsque la société a été rachetée par Shell pour 47 milliards de livres sterling. Mme Rimington était actionnaire de la société et touchait 57 500 £ en honoraires de BG Group en 2004, sa dernière année complète au conseil d’administration.

Profil de Sir John Sawers, directeur du MI6 de 2009 à 2014, sur le site web du géant pétrolier BP, qu’il a rejoint en tant que directeur non exécutif en 2015, l’année suivant sa cessation de fonction. Au cours des quatre années et demie suivantes, il a gagné 699 000 livres sterling en honoraires pour ce rôle au sein du conseil d’administration.

Ajuster les cadrans ?

Bien que le Royaume-Uni dépense des sommes importantes pour ses services de sécurité, rien ne prouve qu’aucune des agences de renseignement britanniques se soit préparée de manière significative aux pandémies sanitaires ou qu’elles disposent d’une expertise substantielle pour travailler sur la question, comme l’a révélé Declassified UK. Les récents chefs du MI5 et du MI6 ont été promus après avoir travaillé dans la lutte contre le terrorisme.

Le nouveau chef du MI5, Ken McCallum, travaille pour le service de renseignement depuis 25 ans, mais semble être spécialisé dans la cybersécurité et n’a aucune expertise en matière de santé ou de climat. À un moment donné, il semble avoir été détaché au département des Entreprises, de l’innovation et des compétences et est devenu le chef de la sécurité cybernétique du département. McCallum aurait également dirigé les activités cybernétiques du MI5 il y a environ dix ans.

Selon certaines sources, M. McCallum souhaite « travailler plus étroitement avec le secteur privé pour exploiter l’intelligence artificielle et être plus clair sur la menace posée par la Chine – notamment en termes d’espionnage industriel et de cyberguerre. »

Le MI5 affirme que la menace « cybernétique » est l’un de ses quatre principaux domaines d’intervention, mais il ne mentionne pas les questions de sécurité sanitaire, bien qu’il prétende être guidé par la stratégie de sécurité nationale du Royaume-Uni qui met en avant une pandémie de grippe comme menace de premier niveau.

Contrairement au Royaume-Uni, la CIA dispose d’une unité spécialisée dans les questions de santé, tandis que l’Agence de renseignement de la Défense américaine dispose d’un Centre national de renseignement médical qui entreprend « la collecte, l’évaluation et l’analyse de toutes les sources des menaces et des problèmes de santé dans le monde. »

Le chef sortant du MI5, Andrew Parker, a récemment laissé entendre que le gouvernement devait recalibrer ses priorités en matière de sécurité. Il a déclaré au début de ce mois : « Il ne fait aucun doute qu’après avoir vécu la pire pandémie du siècle, le gouvernement doit réfléchir différemment à la manière de se configurer contre ce risque et ajuster les cadrans en conséquence dans les dépenses publiques, j’en suis sûr. Mais toutes ces décisions n’ont pas encore été prises. »

Selon Parker, certains médecins et infirmières qui travaillent habituellement au MI5 ont été renvoyés au NHS afin de pouvoir servir en première ligne, tandis que le MI5 a également assuré la sécurité de la conception et de la construction des nouveaux hôpitaux de soins temporaires « Nightingale », mais qui se sont révélés si mal dotés en personnel qu’ils ont refusé des patients.

Le GCHQ a fait plusieurs interventions publiques depuis le début de la crise du coronavirus – toutes sur la menace cybernétique entraînée par la pandémie, comme l’avertissement que les criminels utilisent l’épidémie de coronavirus pour lancer des attaques en ligne.

Ken McCallum, le nouveau chef du MI5, témoigne devant la commission des Comptes publics de la Chambre des communes sur les « cyber-menaces » en mars 2013. À l’époque, il semble avoir été détaché au département des Entreprises, de l’Innovation et des Compétences, où il était responsable de la cybersécurité. Il a également été signalé qu’il avait dirigé les cyber-opérations du MI5 il y a environ dix ans.

La cyber-industrie britannique

Un récent rapport gouvernemental indique que le secteur de la cybersécurité au Royaume-Uni représente 8,3 milliards de livres sterling et comprend plus de 1 200 entreprises, un nombre qui a augmenté de 44 % entre 2017 et 2019. Cette croissance est l’équivalent d’une nouvelle entreprise de cybersécurité s’installant chaque semaine au Royaume-Uni.

Le gouvernement alloue des sommes importantes à la cybersécurité. En 2016, il a annoncé une stratégie nationale de cybersécurité impliquant des dépenses de 1,9 milliard de livres sterling. Un montant supplémentaire de 250 millions de livres sterling devrait être consacré à une nouvelle cyber-force conjointe MOD-GCHQ pour combattre « la cyber-menace croissante de nations telles que la Russie et l’Iran, ainsi que de groupes terroristes comme ISIS. (NdT : Etat islamique). Avec un effectif de 2 000 personnes, cette force sera composée d’experts de l’armée, des services de sécurité et de l’industrie de la cybersécurité.

Le gouvernement a également alloué 23 millions de livres sterling à la construction d’un « cyber parc d’affaires » près du siège du GCHQ à Cheltenham, dans le sud-ouest de l’Angleterre, et a créé un fonds d’investissement stratégique pour la sécurité nationale de 135 millions de livres sterling afin que les agences de renseignement britanniques puissent soutenir les jeunes pousses développant des technologies considérées comme soutenant les priorités du pays en matière de sécurité nationale.

Alex Chalk, le député conservateur de Cheltenham, a été un grand partisan de la cyber stratégie du gouvernement britannique dans sa circonscription. « Ce qui m’a frappé, c’est que nous avions un atout dans le GCHQ, qui absorbait une quantité croissante de fonds publics, des milliards de livres, et pourtant son impact… était assez limité », a-t-il déclaré à Declassified. « Je me suis renseigné sur le sujet et j’ai vu ce que les Israéliens avaient fait dans un endroit appelé Beersheba en Israël, où ils ont leur équivalent du GCHQ. » En 2014, le gouvernement israélien a adopté une résolution désignant la ville de Beersheba comme la cyber-capitale du pays, et elle est maintenant considérée comme une « oasis cybernétique. »

Il n’y a pas que les chefs des agences de renseignement qui sont passés dans le monde lucratif de la cybertechnologie. La société britannique de cybersécurité la plus prospère est Darktrace, qui travaille sur la cybersécurité basée sur l’intelligence artificielle et qui a été créée quatre jours après la publication par le Guardian, en juin 2013, de la première des révélations du lanceur d’alertes américain Edward Snowden.

Darktrace a été évalué à 1,65 milliard de livres sterling. Les documents de la société mentionnent ouvertement « les agents des services de renseignement britanniques qui ont fondé Darktrace. Parmi son équipe figurent des membres de haut niveau des agences de renseignement britanniques et américaines, notamment le Government Communications Headquarters (GCHQ), le Security Service (MI5) et la NSA. »

L’un des co-fondateurs est Stephen Huxter, un haut responsable de l’équipe de cyberdéfense du MI5, qui est devenu le directeur général de Darktrace. Huxter a ensuite engagé Andrew France, vétéran du GCHQ depuis 30 ans, comme directeur général de la société. France, tout comme Huxter, avait été impliqué dans la lutte contre les « cyber-menaces », s’élevant au poste de directeur adjoint des opérations de cyber-défense au GCHQ, où il était chargé de « protéger les données du gouvernement » contre les cyber-menaces.

Darktrace a ensuite nommé Dave Palmer, qui avait travaillé au MI5 et au GCHQ, au poste de directeur de la technologie, tandis que John Richardson OBE, son directeur de la sécurité, a eu une longue carrière dans la « sécurité et le renseignement du gouvernement britannique », travaillant sur la cyberdéfense. Le personnel de Darktrace a également inclus d’anciens fonctionnaires du MI6. Poppy Gustafsson, co-fondatrice, a déclaré que son travail lui donnait l’impression de « vivre dans un roman de John le Carré ».

Declassified a contacté Sir Richard Dearlove et Sir John Sawers pour obtenir des commentaires, mais aucun des deux n’a répondu. Sir Iain Lobban a refusé de commenter.

Matt Kennard est responsable des enquêtes et Mark Curtis est rédacteur en chef de Declassified UK (@DeclassifiedUK), une organisation de journalisme d’investigation qui se concentre sur la politique étrangère, militaire et de renseignement du Royaume-Uni. Ils tweetent à @DCKennard et @MarkCurtis30.

Source : Consortium News, Matt Kennard, Mark Curtis, 29-10-2020
Traduit par les lecteurs du site Les Crises

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Commentaire recommandé

Fabrice // 02.12.2020 à 09h05

Franchement ce qui serait intéressant c’est chez nous c’est de voir le niveau de compromission de nos hauts fonctionnaires qui sont toujours invoqués comme frein à tout changement, ce considérant parfois et probablement à raison plus pérennes que les politiques, comme l’évoque Arnaud Montebourg :

https://youtu.be/6a81Ddzq-V8

mais formaté par le même moule incapables de sortir de celui-ci, je crois que notre continent ont le voit n’est plus dirigé que pour la forme par les politiques qui étaient trop heureux de se décharger de la corvée de la gestion sur l’administration (comme on le voit avec la commission européenne) et de garder juste le bling bling.

donc est-ce étonnant que notre voisin soit aussi contaminé par ce moule ou chape de plomb qui verrouille notre société par une haute technocratie qui ne se considère plus au même niveau que le simple citoyen.

Alors en plus leur demander d’anticiper les défis de l’avenir pour eux et nous je crois que cela leur échappe totalement que ce soit ici ou au Royaume-Uni du moment qu’il puisse tirer avantages et profit, après eux le déluge.

12 réactions et commentaires

  • Fabrice // 02.12.2020 à 09h05

    Franchement ce qui serait intéressant c’est chez nous c’est de voir le niveau de compromission de nos hauts fonctionnaires qui sont toujours invoqués comme frein à tout changement, ce considérant parfois et probablement à raison plus pérennes que les politiques, comme l’évoque Arnaud Montebourg :

    https://youtu.be/6a81Ddzq-V8

    mais formaté par le même moule incapables de sortir de celui-ci, je crois que notre continent ont le voit n’est plus dirigé que pour la forme par les politiques qui étaient trop heureux de se décharger de la corvée de la gestion sur l’administration (comme on le voit avec la commission européenne) et de garder juste le bling bling.

    donc est-ce étonnant que notre voisin soit aussi contaminé par ce moule ou chape de plomb qui verrouille notre société par une haute technocratie qui ne se considère plus au même niveau que le simple citoyen.

    Alors en plus leur demander d’anticiper les défis de l’avenir pour eux et nous je crois que cela leur échappe totalement que ce soit ici ou au Royaume-Uni du moment qu’il puisse tirer avantages et profit, après eux le déluge.

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  • X // 02.12.2020 à 10h12

    Merci pour cet article de fond et original.
    Donc d’après ce que j’ai compris après une lecture (trop) rapide, les officiers de traitements britanniques forme une sorte de caste liée à certains secteurs de l’industrie britannique par des intérêts financier (ils sont employés par eux), en particulier l’industrie pétrolière et les nouvelles technologies de l’information. Cela les rend aveugle aux véritables intérêts de l’ensemble du peuple britannique que sont la nécessité de se protéger des menaces liées au climat et aux virus/bactéries émergents;
    Là, je repense à ce qu’a écrit hier un lecteur des Crises hier à propos d’une interview de Gael Giraud (il a d’ailleurs mentionné une référence que je n’ai pas eu le temps de noter mais qui avait l’air intéressante) : beaucoup de membre des classes dirigeantes françaises sont parfaitement conscientes du danger du réchauffement climatique mais ils ont décidé de ne rien faire pour ne pas mettre en péril leur situation dominante actuelle en matière économique et financière. Leur moto est en quelque sorte « après moi le déluge »

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  • D.R. // 02.12.2020 à 14h01

    Incroyable ! On découvre que l’Etat est au service du capital ! Mais c’est en Grande Bretagne ! En France c’est pas pareil ! Si ?

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  • EugenieGrandet // 02.12.2020 à 17h59

    En France, est-ce qu’on appellerait ça du pantouflage. Oui mais non.

    C’est juste l’exercice du droit de pouvoir continuer à travailler après avoir quitté ses fonctions de haut fonctionnaire/militaire de haut rang.

    Pareil en France, en Russie et aux Etats-Unis. Et ailleurs.

    Je trouve cela sain. De la même manière lorsque l’Etat recrute des très bons du secteur privé. C’est de la cross fertilisation.

    En plus, ils sont drôlement bons dans leur domaine, ces brits (passés dans le privé)…

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    • Fabrice // 02.12.2020 à 19h15

      C’est sain quand vous ne favorisez pas des intérêts privés quand vous êtes en poste pour l’état et que cette activité vous permet d’obtenir en remerciement des postes grassement payés que vous n’auriez pas obtenu autrement.

      Pire que vous fassiez des allez et retour pour vous assurer que vous obtiendrez les meilleures décisions de l’état pour favoriser des intérêts privés cela s’appelle du capitalisme de connivence, cela n’est jamais bon pour un pays.

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      • Anfer // 02.12.2020 à 19h43

        Ça s’appelle du capitalisme tout cours…

        Un seul mot s’écrit en majuscule, c’est PROFITS.

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      • eugeniegrandet // 02.12.2020 à 20h45

        Absolument d’accord sur le côté favoritisme (conflits d’intérêt) et je ne suis pas naïve au point de penser que c’est parfaitement bien géré. Pourtant il « suffit » de ne pas affecter tel ou telle transfuge sur les mêmes sujets que ceux dont il.elle avait la charge. Vous étiez responsable du Moyen Orient, et bien vous prendrez en charge l’Amérique Latine.

        Oui aussi pour les allers-retours (même si c’est standard aux États Unis y compris pour des postes subalternes.) Autrement dit, à chaque fois, ce devrait être un aller sans retour.

        Quant aux arguments de ces recrutements par le privé, évidemment ce n’est pas de la charité.
        Effectivement une entreprise a comme objectif de « faire aujourd’hui des profits qui permettront les investissements de demain qui donneront les emplois d’après demain. »

        Ce que j’aime bien chez les britanniques, c’est leur côté donneur de leçons de morale (sur corruption, conflits d’intérêt, droits humains…) tout en le faisant contraire sans le faire prendre.

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        • RGT // 05.12.2020 à 10h09

          « ce devrait être un aller sans retour »

          J’ajouterais même que cet aller sans retour devrait être assorti d’une interdiction STRICTE pendant au moins une dizaine d’années (le temps qu’il y ait des changements suffisants) d’entrer en contact, voire même indirect, avec leurs anciens « amis » qui sont encore au « service de l’état » ou toute autre personne plus ou moins liée à leur carnet d’adresse.

          Et bien sûr interdiction stricte de bosser dans une entreprise qui pratique activement le lobbying sous peine de sanctions dissuasives.

          Quand on se contente de constater le statut si particulier des énarques en France qui participent à des « gang-bang » décomplexés on ne peut qu’être énervé par le statut de ces « grands hommes » qui peuvent sans problème aller pantoufler dans l’administration le temps que leurs méfaits soient oubliés par le commun des mortels.

          Connaissez-vous un seul énarque qui ait réellement connu les geôles de la république vous ?
          Et qui ait été rayé des listes des « hauts fonctionnaires » à vie ?

          Je ne parle pas de l’exception Juppé qui a été « sacrifié » (bien qu’il soit loin d’être innocent) pour protéger son « mentor » et condamné à 14 moins de prison AVEC SURSIS alors qu’un simple gueux aurait fini ses jours à Cayenne.

          Désormais il termine sa peine en siègeant au « conseil constitutionnel ».

          Après les « élites » s’étonnent que les gilets jaunes soient si remontés contre cette engeance toxique.

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  • Tarski et hutch en Core pop // 02.12.2020 à 19h18

    tiens c’est curieux moi aussi je dois être intelligence service , à moins que ce soit ni pour les mêmes raisons ni par la même rationalité…

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  • christian gedeon // 04.12.2020 à 18h09

    Inventaire à la Prevert si j’ose dire. D’anciens hauts responsables reconvertis dans leur domaine de compétence. Ça alors quelle info! Juste comme ça Vladimir Poutine s’est reconverti en président dans son domaine de compétence aussi. Ici le MI mène au privé, là bas au sommet de l’Etat. Chacun son truc quoi!

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  • Fernet Branca // 05.12.2020 à 22h16

    Il n’y a rien de pire que les gouvernants britanniques sur la planète. Rien de plus antisocial. Même les casques à pointe prussiens comme Bismarck étaient plus sociaux
    Il suffit de regarder un samedi soir sur la chaîne de télé chéri 25 qui diffuse des séries UK et qui fait croire que les Anglais du 18ème siècle à nos jours vivaient comme des aristocrates.
    Chez nous nous avons eu un équivalent de Margaret Tatcher, Valéry Giscard d’Estaing qui a détruit toute l’industrie française..
    Depuis la révolution française la chasse au gueux est devenu le sport favori des élites . Le plus grand adversaire de la révolution française a été William Pitt le jeune.
    Un des derniers avatars chez nous est Emmanuel Macron
    Depuis toujours les seuls qui pèsent là-bas sont les grands propriétaires fonciers, les Landlords.
    Chez nous le grand vendeur de la chasse aux geux est Emmanuel Macron .
    La cyber-securite est incompatible avec la technologie actuelle . Mais la cyber-intoxication des populations est une spécialité britannique.

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  • SebMayoux // 09.12.2020 à 13h55

    Je vais me faire l’avocat du diable mais ce n’est pas parce qu’ils vont travailler dans les entreprises de cyber-securité qu’ils sont corrompus par cette industrie. Peut être qu’ils ne savent rien faire d’autres. Leurs œillères sur le risque sanitaire et climatique est peut être juste lié à leur manque de raisonnement et d’esprit critique (le renseignement est issu des serails de l’armée et de l’administration, deux milieux ou le QI et l’esprit critique ne sont pas très présents).
    Ceci dit, c’est possible. Le livre « De quoi Total est-elle la somme » d’Alain Deneault montre bien que Big Oil est capable de tout… Mais comme disait Rocard: « Entre le complotisme et la connerie, il faut toujours privilégier la connerie. Parce qu’elaborer un complot demande une certaine intelligence »

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