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27.novembre.202027.11.2020 // Les Crises

Noam Chomsky : Notre rôle de citoyen va bien au-delà du vote

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Source : Truthout, C.J. Polychroniou
Traduit par les lecteurs du site Les Crises

Joe Biden est le vainqueur de l’élection de 2020. Pourtant, si Trump a perdu, les démocrates n’ont pas réussi à concrétiser la vague bleue que certains attendaient – et Trump s’en est très bien sorti en dépit de la pandémie. Dans cette interview exclusive, Noam Chomsky partage certaines de ses idées quant à la popularité persistante de Trump et ses perspectives sur ce que la gauche doit faire dans les années à venir, en soulignant que le vote n’est jamais une fin en soi – seulement un début.

C. J. Polychroniou : Bien que Biden ait gagné les élections, les Démocrates n’ont pas réussi à concrétiser un déferlement de la vague bleue, et il est clair que nous continuerons à faire face à un trumpisme à grande échelle. Étant donné que vous avez été extrêmement sceptique dès le premier jour, qu’est-ce qui, selon vous, a contribué à la participation massive en faveur de Trump, alors même que Biden a bénéficié d’une mobilisation encore plus massive ? Ou, pour formuler ces questions différemment, pourquoi près de la moitié du pays continue-t-elle à soutenir avec une ardeur aussi frénétique un dangereux leader, véritable charlatan ?

Noam Chomsky : Le fait même qu’une personne puisse être considérée comme un candidat sérieux après avoir tout bonnement provoqué la mort de dizaines, voire de centaines de milliers d’Américains en raison d’une réaction désastreuse à la Covid-19 est une victoire extraordinaire pour Trump – et une défaite pour le pays, pour le monde et pour tout espoir d’un avenir meilleur.

Certaines des victoires de Trump sont très révélatrices. Un reportage sur NPR (NdT : National Public Radio) a parlé de sa victoire dans un comté de forte tradition démocrate à la frontière du Texas et du Mexique avec de nombreux Latinos pauvres qui n’avaient pas voté républicain depuis un siècle, depuis Harding. L’analyste de NPR attribue l’échec de Biden à sa célèbre «gaffe» (NdT : en français dans le texte) lors du dernier débat, dans lequel il a déclaré que nous devons agir pour empêcher la destruction de la civilisation humaine dans un avenir relativement proche.

Ce ne sont pas ses mots, bien sûr, mais c’est là le sens de sa déclaration : nous devons prendre des mesures pour nous affranchir des combustibles fossiles, or ces derniers sont au centre de l’économie régionale. Qu’on trouve là la justification du revirement radical des votes, ou que celui-ci doive être attribué à un autre de ces cuisants échecs organisationnels démocrates, le fait que ce qui en résulte soit attribué à la gaffe est en soi révélateur de la détérioration de la culture dominante. Aux États-Unis, oser laisser entendre que nous devons agir pour éviter un cataclysme est [considéré] comme une sacrée «gaffe».

Les travailleurs pauvres de la zone frontalière ne votent pas en fonction des conséquences prévisibles de la course de Trump vers le désastre. Ils ne peuvent qu’ être sceptiques quant aux prévisions de la science. Soixante pour cent des républicains conservateurs (35 % des républicains modérés) sont convaincus que l’activité humaine ne contribue «pas trop/ pas du tout» au réchauffement climatique. Un sondage publié dans Science a révélé que seulement 20 % des républicains font confiance aux scientifiques «dans une large mesure… pour faire ce qui est bon pour le pays». Pourquoi alors croire aux prédictions alarmistes ? Après tout, voilà les messages que la Maison Blanche et sa chambre d’écho médiatique leur martèlent quotidiennement.

Les travailleurs du sud Texas ne sont peut-être pas prêts à sacrifier aujourd’hui leur vie et leurs communautés sur la base des affirmations des cercles d’élite alors qu’ils ont été formés à ne pas leur faire confiance. Ces tendances ne peuvent être imputées à la seule malignité de Trump. Elles remontent à l’échec du parti démocrate à présenter au public un programme sérieux pour parer à une catastrophe environnementale tout en améliorant la qualité de la vie et l’emploi – non pas que de tels programmes n’existeraient pas, en fait ils existent. Mais parce qu’ils ne sont pas du gré des néolibéraux clintoniens qui dirigent le Parti démocrate et sont motivés par les donateurs.

Et ce n’est pas tout. Trump a fait preuve de génie politique en exploitant les courants toxiques qui coulent sous la surface de la société américaine. Il a habilement nourri et amplifié les courants de la suprématie blanche, du racisme et de la xénophobie qui ont des racines profondes dans l’histoire et la culture américaines, et sont aujourd’hui exacerbés par la peur «qu’ils» ne s’emparent de «notre» pays dont la majorité blanche est de plus en plus réduite.

Et les inquiétudes sont profondes. Une étude minutieuse du politologue Larry Bartels révèle que les républicains estiment que «le mode de vie traditionnel américain est en voie d’une disparition si rapide qu’il se pourrait que nous devions recourir à la force pour le protéger», et plus de 40 % d’entre eux s’accordent à dire «qu’un temps viendra où les Américains patriotes devront se faire justice eux-mêmes ».

Trump a aussi habilement exploité les réservoirs de colère et de ressentiment économique des classes ouvrières et moyennes qui ont été soumises à l’assaut néolibéral bipartite de ces 40 dernières années. S’ils ont le sentiment d’avoir été spoliés, c’est à juste raison. La Rand Corporation a récemment estimé le transfert de richesse depuis les 90 % inférieurs vers les très riches au cours des quatre décennies néolibérales : 47000 milliards de dollars, ce qui n’est pas rien. En y regardant de plus près, le transfert s’est fait principalement au profit d’une petite fraction des très riches. Depuis Reagan, les 0,1 % les plus riches ont doublé leur part de la richesse du pays pour atteindre le chiffre incroyable de 20 %.

Ces conséquences ne sont pas le fruit de principes économiques ou de lois de l’histoire, mais de décisions politiques délibérées. Si ce n’est plus le gouvernement qui prend les décisions («le gouvernement est le problème», comme l’a affirmé Reagan), elles ne disparaissent pas pour autant. Elles sont placées entre les mains du secteur des grandes entreprises, seulement guidées par la cupidité (selon le gourou économique néolibéral Milton Friedman). Avec de telles orientations, les résultats ne sont pas difficiles à anticiper.

En plus du vol de près de 50 000 milliards de dollars, l’économie internationale («mondialisation») a été structurée de manière à mettre les travailleurs américains en concurrence avec ceux des pays à bas salaires qui ne bénéficient d’aucun droit du travail, tandis que les très riches se voient protégés des lois du marché, par exemple par des droits de brevet exorbitants. Là encore, les effets de cette approche bipartite ne sont pas une surprise.

Il se peut que les travailleurs les moins instruits ne soient pas au courant des détails ou ne comprennent pas les mécanismes qui ont été conçus pour dégrader leur vie, mais ils en voient les résultats. Les démocrates ne leur offrent rien. Il y a longtemps qu’ils ont abandonné la classe ouvrière et ont été des complices à plein titre du racket. En fait, Trump fait encore plus de mal aux travailleurs qu’à l’opposition, mais il critique les «élites» – tout en servant servilement le secteur des super-riches et des entreprises, c’est ce que démontrent amplement son programme législatif et ses décrets.

Outre les mesures prises presque quotidiennement visant à dégrader l’environnement pourtant indispensable à la vie et à recruter de jeunes avocats d’extrême droite pour remplir la magistrature, le principal succès de l’administration Trump-McConnell a été l’escroquerie fiscale de 2017 : «Une augmentation fiscale différée déguisée en réduction d’impôts, explique l’économiste Joseph Stiglitz. L’administration Trump a un sale petit secret : elle ne prévoit pas seulement d’augmenter les impôts de la plupart des Américains.

L’augmentation a déjà été signée, scellée et mise en oeuvre, camouflée dans les pages du Tax Cuts and Jobs Act de 2017». [La loi sur la réduction des impôts et l’emploi a été la plus grande révision du code des impôts en trois décennies. La loi crée un taux unique d’imposition des sociétés à 21 %. De nombreux avantages fiscaux mis en place pour aider les particuliers et les familles arriveront à expiration en 2025, NdT]

La loi a été minutieusement élaborée pour réduire les impôts au départ afin de  » berner  » les Américains en leur faisant croire que leurs impôts étaient en baisse, tout en mettant en place des mécanismes garantissant que les augmentations d’impôts «toucheraient presque tout le monde, sauf les personnes au sommet de la hiérarchie économique. Tous les groupes de contribuables ayant des revenus de 75 000 dollars et moins – soit environ 65 % des contribuables – feront face en 2021 à un taux d’imposition plus élevé qu’en 2019». C’est ce même dispositif que les républicains de George W. Bush ont utilisé pour vendre leur «réduction d’impôts» de 2001 – pour les riches.

Que se passe-t-il si Trump refuse d’accepter une victoire de Biden et cherche à obtenir un arbitrage devant la Cour suprême ? Et lorsque les avocats d’entreprise et les milices se mettent à faire leur truc, est-il possible, ne serait-ce que dans une faible mesure, que le pays se retrouve sous la loi martiale ?

Selon mon hypothèse non éclairée, je pense que nous n’en arriverons pas là, mais c’est une spéculation peu fondée et peu crédible. Trump a de bonnes raisons – et peut-être même son avenir personnel – de s’accrocher à sa fonction par tous les moyens possibles. Nous ne sommes pas à l’époque de Richard Nixon, qui, lui, avait de très bonnes raisons de mettre en doute la légitimité du vote lorsqu’il a perdu en 1960, mais qui a eu la bienséance de faire passer l’intérêt du pays avant ses ambitions personnelles. Ce n’est pas le cas de Donald Trump. Et l’organisation qui rampe à ses pieds n’est pas le parti politique d’il y a 60 ans.

Trump a encore deux mois devant lui pour lancer la boule de démolition qui a déjà affaibli les États-Unis, mis le monde à mal et gravement hypothéqué l’avenir. Sa tendance à détruire à tout prix tout ce qu’il n’a pas créé, quelque en soit le coût, est indéniable. Il pourrait tenter le tout pour le tout.

Quelles sont les prochaines étapes pour la gauche ?

Pour la gauche, les élections sont un bref intermède dans une vie de vraie politique, un moment où on peut se demander si prendre du temps pour voter vaut le coup – le plus souvent en contre. En 2020, le choix a été transparent, pour des raisons sur lesquelles il est inutile de revenir. Puis retour au travail. Une fois que Trump aura été complètement mis de côté, le travail consistera à aller de l’avant pour construire le monde meilleur qui est à portée de main.

Cette interview a été légèrement modifiée pour plus de clarté. Elle a été également mise à jour pour prendre en compte la victoire de Joe Biden sur Donald Trump lors des élections de 2020.

C. J. Polychroniou est politologue/économiste, il a enseigné et travaillé dans des universités et des centres de recherche en Europe et aux États-Unis. Ses principaux intérêts de recherche portent sur l’intégration économique européenne, la mondialisation, l’économie politique des États-Unis et la déconstruction du projet politico-économique du néolibéralisme. Il contribue régulièrement à Truthout et est membre du Projet Intellectuel Public de Truthout. Il a publié plusieurs livres et ses articles ont été publiés dans divers journaux, magazines, revues et sites web d’information populaires. Nombre de ses publications ont été traduites dans plusieurs langues étrangères, notamment en croate, français, grec, italien, portugais, espagnol et turc. Il est l’auteur de «Optimism Over Despair : Noam Chomsky On Capitalism, Empire, and Social Change», une anthologie d’entretiens avec Chomsky publiée à l’origine chez Truthout et rassemblée par Haymarket Books.

Source : Truthout, C.J. Polychroniou, 07-11-2020
Traduit par les lecteurs du site Les Crises

Commentaire recommandé

florian lebaroudeur // 27.11.2020 à 08h06

« Quelles sont les prochaines étapes pour la gauche ? le travail consistera à aller de l’avant pour construire le monde meilleur qui est à portée de main. »
Le même refrain depuis 50 ans de tous les gouvernements étiquetés à gauche qui se sont succèdes dans les pays Occidentaux, alors même que les démocrates aux Etats-Unis ne sont guère plus à gauche que le centre droit. En 2020, les quelques groupuscules de gauche ont juste reçu un blanc seing temporaire pour faire le sale boulot qu’on exige d’eux tels des idiots utiles croyant combattre ce qu’ils contribuent à perpétuer.

10 réactions et commentaires

  • florian lebaroudeur // 27.11.2020 à 08h06

    « Quelles sont les prochaines étapes pour la gauche ? le travail consistera à aller de l’avant pour construire le monde meilleur qui est à portée de main. »
    Le même refrain depuis 50 ans de tous les gouvernements étiquetés à gauche qui se sont succèdes dans les pays Occidentaux, alors même que les démocrates aux Etats-Unis ne sont guère plus à gauche que le centre droit. En 2020, les quelques groupuscules de gauche ont juste reçu un blanc seing temporaire pour faire le sale boulot qu’on exige d’eux tels des idiots utiles croyant combattre ce qu’ils contribuent à perpétuer.

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    • utopiste // 28.11.2020 à 14h18

      Toute la sphère médiatique continue bien à prétendre que le PS est de gauche, avec l’intention d’en faire un Parti « Démocrate ». L’échec probable de Macron en 2022 et l’arrivée au pouvoir des droites rassemblées en mouvance « Républicaine » pourront relancer le projet.

        +2

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  • LibEgaFra // 27.11.2020 à 10h04

    « Nous ne sommes pas à l’époque de Richard Nixon, qui, lui, avait de très bonnes raisons de mettre en doute la légitimité du vote lorsqu’il a perdu en 1960, »

    Et quelles sont ces raisons?

      +3

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  • Sisyphe // 27.11.2020 à 10h05

    « Pourquoi les hommes politiques prennent-ils les gens pour des imbéciles ?
    Peut-être parce que les gens votent pour eux ! »
    (Agatha Christie, Hercule Poirot)

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  • RGT // 27.11.2020 à 10h20

    « ce que la gauche doit faire dans les années à venir ».

    J’admire beaucoup Chomsky mais je le trouve un peu trop « fleur bleue » comme dirait ma mère…

    Il faudrait qu’il cesse de soutenir de manière aveugle les « démocrates » (en France il y avait les « fauxcialistes » et dans le monde les « sociaux-démocrates ») qui ne sont que des PARTIS dont le seul objectif est de préserver le gagne-pain de leurs « élites ».
    Quand la politique se professionnalise, il ne faut plus rien attendre de ces « pros » qui, comme tous les autres professionnels, se contentent de préserver leur « business model » comme le ferait n’importe quel vendeur d’électroménager de chez Darty.

    Des arguments mensongers pour vous fourguer le produit sur lequel ils récupéreront la plus grosse commission.

    Cette position de Chomsky est d’autant plus étrange qu’il défend aussi d’un autre côté l’Anarchie, système politique dans lequel chaque citoyen peut défendre son point de vue et surtout dans lequel tous les avis de tous les humains ont strictement le même poids.

    Ce qui est bien sûr totalement en contradiction avec le système des partis, des élections aristocratiques dans lesquelles les humains cèdent leur droit de s’exprimer et de décider à des « élites » sans avoir le moindre moyen de pouvoir les contrôler, hormis de les virer à la fin de leur mandat (avec un parachute doré bien sûr) pour les remplacer par des types encore pires.

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    • Grd-mère Michelle // 27.11.2020 à 13h01

      Heu, RGT, vous ne semblez pas avoir lu attentivement l’interview: Chomsky ne soutient pas du tout les « démocrates », ni d’ailleurs le système électoral de son pays.
      « …fleur bleue… »? Son analyse est terrifiante! Même s’il l’expose posément.
      D’accord, il ne répond que très vaguement à la question des « prochaines étapes pour la gauche », il faudrait l’interroger d’urgence sur ce sujet(si ce n’est déjà fait?)
      Difficile, en effet, dans un système particratique, d’éviter la corruption des élu-e-s…de toute sorte.

      Le seul moyen d’en sortir, c’est de révoquer le pouvoir de l’argent… ce qui est à la portée de chacun-e: il suffit d’arrêter de consommer à outrance, de se contenter de peu, de vivre de bouts de ficelles et de solidarité, de s’activer avec ses goûts et ses capacités en fonction des nécessités, sans oublier de garder les oreilles et les yeux grand ouverts pour pouvoir s’engager sur la route de la coopération et abandonner la compétition qui règne dans les paniers de crabes que constituent actuellement nos sociétés « développées ».
      Ambition démesurée, certes, mais que l’instinct de survie universel tend à développer.
      De toute façon, l’argent ne vaudra bientôt plus rien, n’étant déjà quasiment plus « palpable ».
      STOP à la tyrannie des choses, des objets, même si on nous fait croire qu’ils deviennent « intelligents », et À LA NUMÉRISATION GÉNÉRALISÉE!
      JE NE SUIS PAS UN NUMÉRO!

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      • florian lebaroudeur // 27.11.2020 à 13h29

        « il suffit d’arrêter de consommer à outrance, de se contenter de peu, de vivre de bouts de ficelles et de solidarité, de s’activer avec ses goûts et ses capacités en fonction des nécessités ».
        100% D’accord
        Malheureusement je constate que ceux qui prônent ces initiatives ( les bobos ) sont ceux qui vivent à l’abri du besoin et qui cherchent à se donner bonne conscience pour se déculpabiliser, faute de courage.
        Et ceux qui vivent avec très peu ( les beaufs ) font tout ce qui leur est possible pour accéder à un maximum de confort quitte à s’endetter et donc à consommer.

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      • Grd-mère Michelle // 27.11.2020 à 15h02

        @florian lebaroudeur À noter que je ne suis ni « bobo », ni « beauf ».
        Plutôt « marginale », en fait.
        J’ai toujours vécu avec un minimum vital et je ne possède RIEN sauf ma citoyenneté et mes droits à une petite pension(qui me permet de m’offrir une connexion internet pour m’entretenir avec vous et continuer de tenter de « refaire le monde » grâce à une tablette de recup).
        Je m’en suis néanmoins accomodée, tout en devant compter CHAQUE JOUR mes quelques sous pour maintenir mon confort minimum(étant célibataire) et celui de mes enfants (d’où la nécessité d’enseigner à l’école les règles et les calculs, relativement simples, pour maintenir un budget en équilibre); et en devant affronter mille difficultés(notamment concernant le logement), mais la facilité de la vie est la principale illusion qu’on nous vend pour nous soumettre.
        Dans les années 60, j’étais déjà engagée contre « la société de consommation » (ceci pour expliquer cela).
        Et je sais que ma pauvreté est une richesse en regard de la misère de milliards d’autres êtres humains, et de la liberté de penser qu’elle m’a permis de conserver.
        « Vous n’aurez pas ma fleur, celle qui me pousse à l’intérieur », a chanté François Béranger.

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  • Alfred // 27.11.2020 à 17h39

    Décidément personne ne peut avoir raison sur tout tout le temps. Les positions de Chomsky me déçoivent et me rendent triste. Je pense tout au contraire de lui que ce qui se joue aujourd’hui dépasse Trump bien plus que Nixon n’était dépassé par des enjeux plus larges que lui. Dans le grand mouvement de la lutte globale entre « mondialistes » et « localistes » la bataille des élections américaine est primordiale et l’enjeu de la fraude dépasse la carcasse du grossier milliardaire rusé mais inculte.

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  • clauzip12 // 01.12.2020 à 23h30

    Une étude réalisée par l’université de Princeton USA sur qui detient le pouvoir aux USA.
    Le résultat,51% aux élites diverses de l’administration,de l’armée ,de l’industrie et de la finance.
    Le reste au peuple.
    Les premiers sont quelquess dizaine de milliers,les deuxième sont 170 millions.
    Qu’attendre de cette analyse?
    La France doit être, si ce n’est pire, dans la même situation!

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