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18.juin.202118.6.2021
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Bac 2021 : en économie, un sujet orienté et une épreuve à la dérive – par Frédéric Farah

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Le mois de juin depuis des décennies est marqué par le rituel du bac. Nous gardons tous en mémoire les images de ces candidats quelque peu angoissés par les épreuves de fin d’année, qui sanctionnent leur passage vers les études supérieures.

Depuis la réforme Blanquer du lycée menée au pas de charge et faisant fi des contestations et des avis académiques défavorables, le bac comme on l’a connu appartient au passé. Il est devenu un cocktail assez indigeste et difficile à mettre en œuvre d’épreuves en contrôle continu et finales.

Cette malheureuse réforme a trouvé moyen de s’appliquer au cœur de la pandémie et des confinements successifs, rendant le travail des professeurs et des élèves presque impossible. La machine éducative a été soumise à des embardées régulières, tant la politique du ministère a brillé par sa confusion et ses approximations.

Les épreuves dites de spécialité ont été ramenées à du contrôle continu hormis pour une catégorie de candidats dits libres. Parmi les spécialités se trouvent les Sciences économiques et sociales. La matière a fait l’objet d’une réforme de ses programmes et de ses volumes horaires, dix ans après la réforme Chatel. Au fil du temps, l’instabilité éducative est ainsi devenue la règle du collège au lycée.

Le sujet retenu «Vous montrerez que des politiques de flexibilisation du marché du travail permettent de lutter contre le chômage structurel » a suscité l’émoi de l’association des professeurs de sciences économiques et sociales (APSES). La sénatrice M-N Lienemann a même interpellé le ministre de l’Éducation sur cette question.

Le sujet pose un double problème. Le premier est lié à sa formulation qui ne se prête pas au débat comme celle d’autrefois lorsqu’il était énoncé « Dans quelle mesure peut-on affirmer » ou encore « Peut-on dire que ». Ici l’argumentation devait être unilatérale sinon le hors sujet était inévitable.

Pour s’assurer d’une caporalisation réussie, les documents qui accompagnaient le sujet, car la dissertation dans le secondaire s’appuie sur un corpus documentaire, étaient à charge, hormis l’un d’entre eux plus nuancé relatif au SMIC.

En somme, ce qui était attendu du candidat était assez simple : il leur fallait écrire que le salaire minimum était source de chômage structurel autrement dit insensible à la conjoncture, et que le marché du travail était rigide et qu’il ne permettait pas un ajustement satisfaisant par les prix. En somme, le Code du travail comme ennemi de l’emploi était tout désigné sans hésitation. Il n’y avait donc pas de place au débat.

Et quand bien même le sujet du lendemain «vous montrerez que les politiques de soutien de la demande globale peuvent permettre de lutter contre le chômage » semblait faire contrepoids, le même vice pouvait apparaître à nouveau puisqu’aucun contrepoint n’est possible.

Ce biais est inhérent à la réforme des programmes de Sciences économiques et sociales de mettre fin au débat dans le sujet, rendant dès lors la confrontation des thèses impossible.

Ce choix ne peut surprendre si l’on connaît les vicissitudes que cette matière rencontre depuis presque quarante ans. Le patronat conduit par des figures importantes comme M. Pebereau, appuyé par des relais universitaires n’a eu de cesse de critiquer cette discipline en lui intentant le procès de ne pas faire aimer l’entreprise aux élèves, de livrer un point de vue critique sur le capitalisme. Les réformes Chatel, puis Blanquer ont rendu possible la modification des programmes et de l’esprit même de la discipline. Selon nous, une véritable mise au pas de celle-ci a été organisée[1]. Désormais règnent très largement sur la discipline un encyclopédisme inutile et une orientation très largement orthodoxe en matière économique.

Le second problème que pose le sujet est d’induire un biais épistémologique fort. Entendre comme une évidence que la flexibilité du marché du travail conduirait à une réduction du chômage structurel est plus que contestable.

La science économique n’a établi aucun consensus sur le sujet et même la très libérale OCDE qui recommandait à l’ensemble des nations la mise en œuvre de la flexibilité comme réponse au chômage en 1994 est revenue sur ses préconisations en 2004 en se montrant moins certaine sur le sujet. La flexibilité peut faciliter l’ajustement entre l’offre et la demande, mais n’est pas le principal levier de création d’emplois et de réduction du chômage, ce qui paraît plus robuste comme facteur positif pour l’emploi reste la croissance économique.

D’autre part la séparation entre chômage conjoncturel et structurel est sujette à caution. En effet lors d’une crise, logique conjoncturelle, ce sont les salariés plus jeunes, moins qualifiés qui sont plus grandement exposés à ce risque social. Si le chômage se prolonge, il devient alors structurel, car la perte de compétences, les mois loin de l’emploi peuvent être fatals pour certains. Ce chômage structurel trouve donc son origine dans du conjoncturel qui va se sédimenter. La flexibilité ne changera rien à leur situation si ce n’est de conduire à des emplois dégradés, de courte durée.

Le SMIC comme facteur de chômage est une thèse très largement discutable et les exonérations sur les bas salaires depuis 1993 ont enrayé la destruction d’emplois peu qualifiés et ont au contraire provoqué des effets d’aubaine et des trappes à bas salaire.

Les lois El khomri ou Penicaud censées créer de l’emploi ou bien avant elle la suppression de l’autorisation administrative de licenciement en 1987 n’ont fait l’objet d’aucune évaluation sérieuse. Il est très difficile de dire combien d’emplois ont-elles préservés ou crée.

L’école est un champ essentiel de la bataille idéologique, elle reste le lieu de formation par excellence et c’est là qu’il convient de convaincre et persuader. L’orthodoxie économique l’a bien compris et le gouvernement aussi. La bataille la plus importante est celle des récits que l’on raconte. La construction européenne en est aussi un exemple flagrant de récit lénifiant et édulcoré servi aux élèves depuis tant de décennies.

Les sujets univoques dans un sens ou un autre, l’épuisement de la logique de débat argumenté et non invectivé, illustrent et aussi approfondissent la crise de la démocratie qui secoue nos nations à l’heure de la modernité tardive.

[1] Vie et mort des SES : Pour une lecture Polanyenne de la fin des SES — Nation et République sociale (nation-republique-sociale.fr) / Les sciences économiques et sociales : une discipline normale. Réponse à Frédéric Farah — Nation et République sociale (nation-republique-sociale.fr)

Source : Frédéric Farah – ELM

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Commentaire recommandé

Paul // 18.06.2021 à 08h04

ubérisation générale, y compris de l’enseignement et de la santé, on l’a vu sur un autre fil , la nation toute entière est vendue (quoi que souvent simplement donnée), comme les employés, en pâture.

Et tout ça, avec l’aide de certains biais ou médias, par la COM. tout comme les annonces, à la veille des election.
Manquerait plus que la France gagne l’Euro ( 😉 ) pour une liesse générale et la réelection du vendeur de wall street…

57 réactions et commentaires

  • Paul // 18.06.2021 à 08h04

    ubérisation générale, y compris de l’enseignement et de la santé, on l’a vu sur un autre fil , la nation toute entière est vendue (quoi que souvent simplement donnée), comme les employés, en pâture.

    Et tout ça, avec l’aide de certains biais ou médias, par la COM. tout comme les annonces, à la veille des election.
    Manquerait plus que la France gagne l’Euro ( 😉 ) pour une liesse générale et la réelection du vendeur de wall street…

      +48

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    • Paul // 21.06.2021 à 14h46

      ouahou, bizarre toutes ces réactions

      je voudrais bien sûr rajouter que je vomis cette période (qui dure depuis des dizaines d’années) et tous ces corrompus , (tacitement ou pas.)

        +1

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  • Kiwixar // 18.06.2021 à 08h28

    Pendant ce temps, Yeonmi Park, défectrice nord-coréenne se plaint que les atteintes à la liberté d’expression sont pires à l’Université (woke) de Columbia qu’en Corée du Nord. A quand les camps de rééducation pour les semi-bisexuels…?

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    • Kasper // 18.06.2021 à 09h23

      De qui se moque t’ elle celle la?

      Qu’elle me donne un exemple de personne qui a été foutue en prison pour avoir demandé pourquoi Trump est si gros ou Biden si vieux, et on en reparlera.

        +8

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      • Maximytch // 18.06.2021 à 10h51

        Lisez au moins son témoignage avant de porter un jugement hâtif.

        https://www.dedefensa.org/article/biden-pire-que-kim-certes

        Quand quelqu’un qui a grandi dans un état totalitaire explique que la liberté d’opinion et d’expression est fortement menacée aux états unis et particulièrement dans les universités cela fait réfléchir non?

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        • Justin Cardevin // 18.06.2021 à 11h39

          Elle s’est enfuie de Corée du Nord à l’âge de 13 ans. Je veux bien croire qu’un enfant de cet âge puisse faire preuve d’une très grande lucidité, mais m’est avis que son expérience du « corset » totalitaire coréen n’est certainement pas « totale ».
          Témoignage à prendre avec de bonnes pincettes..

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          • Luc Levieux // 18.06.2021 à 21h50

            Pour conforter votre commentaire, le mensuel « The Diplomat » s’étonnait déjà en 2014 du parcours et des objectifs de cette jeune Nord-Coréenne .
            https://thediplomat.com/2014/12/the-strange-tale-of-yeonmi-park/

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            • Kasper // 19.06.2021 à 13h33

              Voila au moins un article avec du contenu. Elle est rhabillée pour l’hiver, la.

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        • Kasper // 18.06.2021 à 12h57

          Non, ça fait soupçonner qu’elle est fortement subventionnée par un lobby ou par un autre, comme tous les pundits américains. Rien de plus motivant pour dire des énormités.

          De toute façon, les gens qui ont envie d’entendre ce son de cloche sont prêts à tout gober.

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        • Kasper // 18.06.2021 à 13h15

          Typiquement, l’article dedefensa que vous donnez en lien ne comporte aucun fait, aucune donnée. On la cite, « c’est pire qu’en Corée du Nord! » est tout ce qu’elle a à dire, sans expliquer comment ni pourquoi. Un pays ou on risque sa vie pour seulement faire remarquer que le président a l’air mieux nourri que ses concitoyens, ou il est interdit d’adresser la parole à un étranger sans permis du gouvernement… Un pays qu’elle a quitté assez jeune, semble t’il au passage. Donc bon ce qu’elle raconte…

          Évidemment, elle est interviewée par Fox News, un média dont la probité et la déontologie ne sont plus à démontrer…

          La dessus l’auteur brode: « les woke! Le wonenisme! AAH! Pire que la Corée du Nord, ma petite dame! » Mais comme la jeune filles, il n’a rien a dire, il ne peut pas nous expliquer comment c’est pire. Son papier c’est le vide intersidéral.

          L’important c’est que le gogo aie trouvé ce qu’il est venu chercher: la confirmation de ses propres préjugés.

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      • anarkopsykotik // 23.06.2021 à 19h36

        >foutue en prison pour avoir demandé pourquoi Trump est si gros ou Biden si vieux

        Il faut pas croire toutes les conneries qu’on raconte sur la corée du nord, niveau propagande c’est sans doute la plus grossière et affligeante qui apparaisse dans les gros médias. Surtout quand les seules sources sont des défecteurs grassement payés dont les histoires changent et empirent au fil des émissions télés.

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    • Jeremia // 24.06.2021 à 16h20

      Je lis, je lis, plus j’avance plus je constate qu’elle reste dans les généralités et que rien de concret ne vient étayer ses idées bizarres. C’est aussi profond que « on ne peut plus rien dire ».
      Veut-elle nous faire croire que les universités US, formant les cadres de la plus grande puissance impérialiste, est en réalité en train de former des communistes radicaux? Doit-on perdre son temps avec une thèse aussi débile?

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  • Gribouille // 18.06.2021 à 08h49

    Faut pas être naïf. A ses origines l’enseignement de l’économie à l’Université fut un relai de diffusion des idées libre-échangistes, d’abord dans les facultés de droit, dans la seconde moitié du 19e siècle, avant de s’autonomiser comme discipline à part entière par la suite. L’idée était de répandre ces idées au sein des élites, et l’imposer à l’ensemble de la société. Aujourd’hui, on retourne de nouveau vers une forme obscurantisme, dont l’objet est de formater des citoyens qui auront un biais favorable aux idées issues de la contre révolution libérale de la fin des années 70 avec Thatcher, et Reagan. Quoi de plus malléable, et influençable, que le cerveau d’un adolescent. Devenu adulte, il lui faudra quelques décennies avant de prendre du recul sur ce qu’il a appris en se confrontant à la réalité. Entretemps, il aura aidé le pouvoir à se perpétuer, élection après élection, en apportant les quelques pourcents de voix dont il a besoin pour gagner, et se maintenir.

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  • profdeses // 18.06.2021 à 09h13

    Je suis prof de SES. Ce sujet illustre parfaitement les dérives idéologiques sous Blanquer qui gangrènent l’éducation nationale, puisqu’il reflète parfaitement le contenu du nouveau programme mis en place, malgré le rejet unanime du conseil supérieur de l’éducation (qui représente entre autres les professeurs) il y a 2 ans. Rien sur l’histoire sociale, aucune mention au « capitalisme » (de la seconde à la terminale), des dizaines de mentions au « marché » qui n’est qu’un outil technique (loi de l’offre/demande), la protection sociale n’est plus traitée en tant qu’objet politique mais en tant que méthode de gestion du risque critiquable. Un programme qui n’a plus rien de politique mais qui est uniquement techniciste. Bref, on forme les citoyens républicains de demain. Nombre de collègues sont effarés de constater cela, avec la perte de sens du métier que cela induit.

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    • Anfer // 18.06.2021 à 15h54

      Apolitique de droite (pléonasme), voilà le programme.

      Après on aura, « l’offre crée la demande », le « chômage volontaire », etc…

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    • thecis // 20.06.2021 à 22h34

      En même temps, je suis toujours embêté quand j’entends que cette matière ou domaine soit une science… à décrire des lois toujours révolues, ou complètement imparfaites, car les mentalités ou les conditions de marché ont changé… à pouvoir utiliser les mêmes travaux pour argumenter pile et face.

      Après j’avoue que c’était divertissant en DSCG et complémentaire à ma formation d’ingénieur….mais rien à voir avec la rigueur des matières réellement scientifiques.

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  • RGT // 18.06.2021 à 09h35

    Ça vous étonne ?

    N’oublions jamais que les programmes de l’Éducation Nationale enseignés dans les établissements publics (et AUSSI dans les établissements privés sous contrat) sont rédigés par les gouvernements afin de servir la propagande idéologique de ce gouvernement.

    Certes l’arithmétique ne peut pas être modifiée sans causer certains « soucis » (un gouvernement chrétien ne pourra jamais imposer la multiplication des petits pains en prétendant que 1=100) mais le choix des programmes, même dans les « sciences dures » comme la physique, les mathématiques, la chimie ou la biologie est aussi « filtré » par des biais idéologiques (de même que les financements des recherches associées).

    N’oublions jamais que la vocation première du système éducatif (celle qui n’est pas revendiquée par les gouvernants mais qui est à la base de sa création) est surtout de formater dès l’enfance de futurs citoyens qui rentrent bien dans le moule souhaité par les « élites » bien pensantes.

    Ne nous étonnons donc pas si dans le cas de sciences sociales (« molles » et plus manipulables par l’idéologie) les sujets enseignés soient 100% compatibles avec les idéologies et les souhaits des « guides spirituels de la nation ».

    Souvenez-vous des combats d’enseignants dans les années 90 aux USA contre l’enseignement du « dessein intelligent », propagande religieuse qui avait remplacé l’évolution darwinienne par la « main de dieu »…

    C’est pareil pour toutes le matières et la sélection des programmes dépend essentiellement de ceux qui détiennent les manettes.

    Et même si l’enseignement n’est pas focalisé sur des théories fumeuses il suffit simplement de faire passer à la trappe les éléments qui choquent les convictions des « décideurs », même si ces éléments sont irréfutables et prouvés par des expériences qui n’ont jamais réussi à les mettre en défaut.

    Donc, l’enseignement de la relativité formulée par Einstein peut donc passer à la trappe si elle déplaît au « bon vouloir » du Prince.

      +28

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    • Patapon // 20.06.2021 à 10h59

      Tristement vrai, ceci illustre que nous nous sommes laissés endormir par le mythe du succès et du progrès perpétuel, dont il reste de très fortes adhérences, nous empêchant de voir à quel point nous pouvons (et sommes en train) de nous égarer. Ce qui semble acquis, y compris dans le domaine des connaissances, peut être défait en étonnamment peu de temps.

        +2

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  • anatole27 // 18.06.2021 à 09h37

    IL est intéressant de voir les autres sujets et les documents mis à disposition des professeurs pour préparer les épreuves .

    https://pedagogie.ac-orleans-tours.fr/ses/ressources_pedagogiques/terminale/comment_lutter_contre_le_chomage/

    Pour la question qui pose problème ie flexibilisation , cf le document 1 :

    https://pedagogie.ac-orleans-tours.fr/fileadmin/user_upload/ses/ressources_pedagogiques/02_terminale/03_lutter_contre_chomage/sujets/Partie_3_EC1_EDS_SES_juin_2021.pdf

    on peut dire que le lien entre Indice de rigidité et chômage est loin d’être assuré (#USA #UK #Allemagne)
    et une réponse simple pour les élèves courageux qui aiment la disruption :

    Je ne répondrais pas tant qu’on ne me dira pas a quels pays correspondent les losanges sans nom !

      +6

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    • VVR // 19.06.2021 à 10h25

      on peut même dire que le « lien » est principalement porté par quelques d’aberrations, la seule nommée est la Grèce (qui a quelques problèmes autre que le droit du travail), et que sans eux il n’y a aucun lien significatif.

        +2

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  • Ch3007 // 18.06.2021 à 09h56

    Ce doit être vrai (flexibilisation du travail = emploi) puisque la première centrale « ouvrière » syndicale en 2021 le dit (dois-je préciser que je parle de la grande cfdt!) donc le collège des amis de Macron qui a préparé les questions a eu raison. 😂

      +6

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  • Brigitte // 18.06.2021 à 09h57

    Encore un constat désastreux. Les forces vitales de notre pays s’affaiblissent d’année en année. La numérisation de la société a accéléré le processus. La covid a été le prétexte pour enfoncer le clou. Le bac, déjà moribond, n’a pas survécu. Certains s’en félicitent car cet examen était jugé moins équitable que le contrôle continu. « rien ne sert de (con)courir, il faut partir à point » .
    Soit. En fait, il ya deux problèmes: la manière de valider les connaissances et celle de les acquérir.
    Or, le niveau des connaissances a considérablement baissé depuis 40 ans de réformes de l’enseignement, du collège unique à aujourd’hui.
    L’économie française s’est tertiarisée, s’est technicisée, agriculture incluse, et on a fabriqué une société d’employés et de vendeurs, de technico-commerciaux et de chômeurs. La dérive de l’enseignement est bien le reflet de la fracture sociale.
    Faut-il regretter le bac? Faut-il regretter la sélection par les examens, avec sa part de chance (ou de malchance)? Oui mais à condition qu’il ait de la valeur. En plus d’être une initiation à la vie réelle, c’est un repère de valeurs.
    Depuis le certificat d’étude jusqu’au bac, l’examen de fin d’études a été le socle du contrôle du niveau d’instruction exigé par la société française.
    On parlait de « bagage » pour le voyage dans la vie active. Autrefois, on partait avec ses armes et bagages. Aujourd’hui, plus besoin de bagages, le kit de survie suffit. Par contre, les armes sont plus que jamais nécessaires.

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  • christian gedeon // 18.06.2021 à 10h43

    Il y a de quoi rire. Donc c’est le sujet perverti qui est le problème! C’est l’éducation nationale qui est le problème.La chute vertigineuse du niveau.Au point où nous en sommes,le bac doit être pûrement et simplement supprimé.Que signifie le taux de réussite record enregistré année après année.? Rien en fait. Les filières dites scientifiques sont à la dérive,les littéraires ont sombré,et la multitude de bac spéciaux à défaut d’autres termes cache une misère noire. Nous sommes à la ramasse dans tous les classements. Et l’avenir de nos jeunes gens et jeunes filles est en péril réel. Tout çà a commencé avec les illusions d’égalité(tarisme) ,de collège unique et de pédagogisme irresponsable. Il faudra rendre des comptes,et ce sont les jeunes générations qui les demanderont,et avec fort peu d’aménité.Mais gardons espoir. Notre président vient de réaliser qu’apprendre à lire était important. Merveilleux,non? Nous voilà rassurés. S’il ajoute écrire et compter,ce sera un programme d’une ambition folle! Ne demandons pas l’impossible!

      +8

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  • Kay // 18.06.2021 à 11h47

    Ça me rapelle l’épeuve du code du permis de conduire, où il y avait des questions du genre
    > Quelle est la 1ère cause de mortalité ?
    – L’alcool
    – La vitesse
    – La fatigue
    – Inattention

    Et la bonne réponse était évidement l’alcool, ce qui était faux. Et l’est toujours apparement.
    https://www.securite-routiere.gouv.fr/actualites/bilan-definitif-de-laccidentalite-routiere-2018

      +4

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    • Patapon // 20.06.2021 à 11h07

      C’est effectivement la vitesse, mais on ne dira jamais que c’est la puissance. La vitesse pointe la faute du conducteur, la puissance est celle de l’industrie. Nos cerveaux ne sont pas équipés, les centaines de kilowatts dans les pieds ont des effets inattendus.

        +2

      Alerter
  • Anatole // 18.06.2021 à 11h58

    Selon moi, plutôt un résultat d’un épuisement ontologique de l’éduc-nat qu’un véritable désir d’embrigader les
    gamins, qui savent d’ailleurs de plus en plus tôt de quoi il en retourne à l’extérieur. Une nullité absolue, une obscénité et mise à nue de l’état d’esprit d’un système d’enseignement qui a force d’essayer de se mettre au niveau de la société libérale a réussi à tomber plus bas qu’elle.
    Plus le niveau baisse et plus se resserre la tenaille libérale.

      +5

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    • Christian Gedeon // 18.06.2021 à 13h14

      Exactement. Les ultra-libéraux de tous horizons recherchent l’abêtissement des jeunes générations et même des plus anciennes, partant du principe qu’il n’est jamais trop tard pour « bien » faire. C’est vrai à gauche, à droite, au centre et ailleurs. Ils ont des pions partout à tous les niveaux. Me v’là complotiste dis donc ! Mais il n’y a pas de complot. Ça se passe sous notre nez. Plus c’est gros, plus ça passe !

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    • VVR // 19.06.2021 à 11h09

      Une société a l’éducation nationale qu’elle mérite. Il fut un temps ou devenir prof était une chance: la sélection était dure, mais la formation (réénumérée) était sérieuse et la paye plutôt bonne. Le prof était respecté, et disposait d’une bonne autonomie au sein d’un programme simple.

      Puis, des décennies de baisse d’impôts et d’austérité se sont traduites par un gel du point d’indice: Les fonctionnaires on perdu 20% de leur pouvoir d’achat en 20 ans.

      S’y rajoute une absence totale d’autorité sur les élèves, qui a commencé par les décisions de redoublements et d’orientation systématiquement cassées en appel (de toute façon il n’y a pas la place pour faire redoubler les élèves), et qui aujourd’hui s’étend a toute forme de sanction.

      Et bien sur, on leur balance presque tous les ans de petites nouveautés, comme des cours d’algorithmique il y a quelques temps, en mode démerdez-vous sans la moindre formation associée. De toute façon il n’y pas de prof pour assurer les formations, et pas de remplaçants pour assurer les cours pendant que les prof se forment.

      La conséquence c’est qu’il faut être extrêmement motivé pour encore vouloir faire carrière. Dans les matières scientifiques, les seules exigences du concours sont aujourd’hui de ne pas être éliminé, en caricaturant un peu avoir plus de 5 aux épreuves et avoir un casier judiciaire vierge. Et encore cela ne suffit pas a remplir tous les postes.

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  • Justin Cardevin // 18.06.2021 à 12h14

    Qui se souvient que le reptilien Bertrand Lemennicier et le très libéral Pascal Salin avaient été nommés au jury de l’agrégation d’économie en 2004 par cet Étron (la majuscule s’impose) bourgeois qu’est Luc Ferry, alors ministre de l’éducation.
    Ce n’est donc pas la première fois que l’État met en place une stratégie agressive dans le domaine de l’économie sous l’influence du premier syndicat de France (Le comité des forges 2.0), sans aucun doute permis.

    https://www.lemonde.fr/archives/article/2004/02/25/des-universitaires-jugent-le-jury-de-l-agregation-2004-d-economie-trop-liberal-et-peu-competent_354341_1819218.html
    « Sur 107 candidats, 40 ont été admis à poursuivre le concours (15 places sont proposées). Parmi les candidats élus, au moins 6 ont un profil très proche de celui du courant majoritaire du jury et un dossier scientifique moins étoffé que certains candidats exclus. »

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  • Rémi // 18.06.2021 à 14h29

    On peu savoir qui a rédigé et validé ce sujet?
    Parce que bon il faudrait s’assurer qu’avec une telle vision il obtienne un diplome d’idéologie et pasde science politique. Depuis quand fait-on des sujets de SES en donnant le résultat?
    On analyse, on évalue…

      +4

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    • vert-de-taire // 19.06.2021 à 11h46

      Idéologie signifie ensemble cohérent (autant que faire se peut) d’idées.
      Cela n’est pas a priori une stupidité de penser avant d’agir. Enfin il me semble.
      Une idéologie pense un fonctionnement, il faut donc des régulations et des mécanismes pour ce faire
      avec beaucoup de besoins et beaucoup de contraintes. C’est dans le respect de ces besoins-contraintes que l’on peut qualifier un régime et non pas en dénigrant a priori une pensée …

      Vous voulez probablement parler d’un genre de diplôme en larbinité au pouvoir de l’argent, lequel est très remarquablement représenté par une caste en France tant dans les grandes entreprises qu’au gouvernement de l’entreprise France – cette absurdité, voire cette escroquerie.

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  • BC // 18.06.2021 à 19h31

    Les sciences écos au lycee étaient à mon époque très idéologiques mais dans l’autre sens. Était ce mieux? La réponse dépendra de vos opinions politiques.
    En revanche, je partage mon expérience ayant fait des études d’eco jusqu au Dea :
    Cette matière au lycée est creuse et ne prépare pas à l’étude de celle-ci à la fac.
    Bref les sciences ecos sont simplement à proscrire au lycée entre les problèmes idéologiques et de la qualité de ce qui y est enseigné

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  • Mooney // 19.06.2021 à 07h01

    L’economie est à la science ce que l’astrologie est à l’astronomie…
    Baptiser de « science » cet ensemble de choix politiques est tout simplement un non sens.

    Un bon ouvrage pour s’en convaincre (préfacé par Gael Giraud) : Debunking Economics de Steve Keen. Attention, un certain niveau en maths est nécessaire si vous voulez en savourer toutes les nuances. Ou l’on voit que dès que l’on confronte les théories « néolibérales » a une vraie analyse scientifique, en l’occurrence mathématique, tout s’effondre 😁

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    • Loransea // 19.06.2021 à 10h31

      Je recommande même aux non matheux car les passages de démonstration peuvent être sautés: Steve fait un énorme travail de vulgarisation scientifique et avec humour en plus !

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    • vert-de-taire // 19.06.2021 à 11h52

      Dans la même veine, je recommande : Lettre ouverte aux gourous de l’économie qui nous prennent pour des imbéciles de Bernard Maris (assassiné en 2015), 142 pages, Points-Seuil edition 2003, ISBN 9782020 591065,
      c’est incisif, drôle, informatif, bref indispensable et régalant.

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      • Loransea // 19.06.2021 à 13h47

        Tout à fait. La lecture de Bernard Maris est stimulante, de son « Anti-manuel d’économie » à « Dieu que la guerre économique est jolie ». Une voix qui manque ! Il y a aussi « Les trous noirs de la science économique » de Jacques Sapir et « la Déconomie » de Jacques Génereux… tous viennent confirmer l’incroyable aveuglement de l’économie dominante qui si elle pouvait encore il y a un siècle prétendre ses dogmes recevables, aujourd’hui elle ne le peut plus tant les démonstrations sont nombreuses de l’incongruité des postulats. De l’equilibre au concept d’offre-demande dont les courbes croisées servent d’alpha et d’omega de cette religion mortifère !
        Il ne reste plus qu’à imposer cette religion pour obtenir des bourses, des emplois, des postes et des publications.

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    • Patrick // 19.06.2021 à 16h27

      C’est la même chose pour l’ensemble des sciences dites sociales, les mathématiques ne sont applicables que sur des problèmes très limités et ne peuvent pas prendre en compte l’ensemble des données non chiffrables , c’est bien pour cela qu’il est illusoire de vouloir gérer l’économie de manière »scientifique »

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      • Loransea // 19.06.2021 à 19h11

        C’est juste. Cependant, les maths utilisés à bon escient peuvent aider à formuler des modèles réalistes pourvu que les hypothèses de départ le soient ! Ce que la pseudo-science économique ne fait pas !
        La météo est par nature imprévisible comme l’économie, cependant avec les bonnes hypothèses de départ les météorologues arrivent malgré tout à donner des prévisions « correctes » à la taille de la maille près ! Ce que l’économie dominante est incapable de faire. Rappelez-vous le premier semestre 2008, il allait faire beau temps pour toujours ou presque ! Évidemment, le mauvais temps n’existe pas dans les modèles mathématiques de l’économie dominante.
        Une science construit ses modèles à partir de la réalité observée tandis que l’économie dominante part de présupposés erronés pour construire ses modèles. Et quand le réel contredit ses modèles, elle cherche à changer le réel pour qu’il se conforme à ses dogmes. Le dernier en date, l’usage du « nudge » puisque les agents économiques ne sont pas de froids calculateurs parfaitement informés et raisonnables…

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    • ellilou // 19.06.2021 à 22h26

      Egalement le court et excellent « Nos mythologie économiques » d’Eloi Laurent 🙂

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  • Hamourabi // 19.06.2021 à 09h00

    Bonjour,
    Ca me rappelle un peu l’interviù du Directeur ƒinancier du groupe Daimler-Benz dans la Frankfurter Allgemeine Zeitung en 1997 :

    « Mon banquier me réclame mon Plan de trésorerie sur 3 ans ; mais, ni moi, ni aucun de mes concurrents, n’est capable de dire comment nous allons ƒinir l’année ».

    Par contre, Jacques calvet……………………

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  • Ribouldingue // 19.06.2021 à 09h46

    C’est quand même assez saisissant ce dogme de fanatiques qui montre concrètement son inefficacité tous les jours par les chiffres du chômage qui est imposé comme une vérité. J’aurais jamais cru que la France devienne un pays ou l’on impose la pensée comme pouvait l’être l’URSS de ma jeunesse. Comme quoi rien n’est jamais figé.

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  • Loransea // 19.06.2021 à 10h28

    Merci pour cet article:
    Malheureusement, comme le démontre fort bien Steve Keen dans son excellent livre « L’Imposture économique », l’économie dominante s’est imposée non seulement dans toutes les universités du monde mais également dans toutes les revues économiques ; à tel point que la relecture par les « pairs » n’a plus aucun sens ! La France faisait figure de village d’irréductibles Gaulois, nos réformistes éclairés ne font que la mettre au pas de la religion dominante…

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    • Loransea // 19.06.2021 à 10h36

      Sans oublier évidemment, l’imposture du Prix de la Banque de Suède dont on nous laisse accroire que l’absence d’un prix Nobel d’économie serait la faute de la jalousie ! Il n’en est rien ! S’il y a eu jalousie c’est concernant les Mathématiques ; pour les Nobel, l’économie n’était qu’une « science » sociale et ne pouvait donc être primée !
      Ce qui est intéressant c’est la façon violente avec laquelle les économistes dominants s’attaquent à toute démarche tentant de faire un vrai travail scientifique concernant l’économie comme par exemple les travaux de l’ingénieur des systèmes Jay Forrester qui a permis avec les Meadows de produire l’une des plus brillantes simulation d’un système complexe.
      Car le fond du problème avec l’économie dominante ce sont les postulats de départ qui ont tous été démontrés faux (cf le livre de Steve Keen qui est de surcroit un excellent livre de vulgarisation scientifique.)
      Steve Keen développe actuellement un logiciel de simulation économique basé sur les travaux d’Hyman Minsky dont la version bêta est en accès open source.
      https://www.babelio.com/livres/Keen-Limposture-economique/984144
      Préntation de Ravel le programme qui sert de structure au programme Minsky
      https://www.youtube.com/watch?v=4lKNEaQidQA
      Le programme Minsky sur sourceforge
      https://sourceforge.net/projects/minsky/
      Steve avec Janco à l’OCDE en 2019
      https://www.youtube.com/watch?v=vwwvZ8g5eHE

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  • Patrick // 19.06.2021 à 16h30

    Par contre le deuxième sujet à propos du soutien à la demande ne semble choquer personne.
    Il est pourtant à traiter de la même manière, sans remise en cause du principe.

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    • Loransea // 19.06.2021 à 19h34

      « vous montrerez que les politiques de soutien de la demande globale peuvent permettre de lutter contre le chômage »
      En effet, la formulation de l’énoncé pose également problème. Il me semble que la « science » économique comme matière d’enseignement pose un sérieux problème en général.
      vous montrerez que les politiques de quantitative easing (what ever it costs) ont permis de lutter contre le chômage…
      Il me semble que seule devrait être enseignée l’histoire des idées économiques et leur validation/invalidation par d’autres sciences. Car étonnamment, l’économie dominante ne s’actualise pas. La lecture de Steve Keen, L’Imposture économique ou de Jacques Sapir, les Trous noirs de la science économique ou de Jacques Généreux, La Déconomie est édifiante à ce titre !

        +2

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    • Anfer // 20.06.2021 à 20h37

      C’est beaucoup plus vague que le premier sujet.

      La demande de qui ?

      Des ménages les plus riches en baissant leurs impôts ?

      Ou en faisant de l’investissement publique ?

      C’est complètement différent.

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      • Patrick // 21.06.2021 à 08h18

        « Vous montrerez que des politiques de flexibilisation du marché du travail permettent de lutter contre le chômage structurel »
        « Vous montrerez que les politiques de soutien de la demande globale peuvent permettre de lutter contre le chômage »

        Beaucoup plus vague ? ouais , bof !!!
        Dans un cas comme dans l’autre on ne se pose pas la question du bien fondé du truc voire même si c’est juste une partie de la solution ou un truc inutile ou nuisible …

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  • Mathemos // 20.06.2021 à 13h27

    Toujours aussi juste dans ses analyses. Merci à Frédéric Farah pour cet article.

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  • Savonarole // 21.06.2021 à 13h26

    J’aurais eut ce sujet , j’aurais démontré que le présupposé de base est faux simplement car il élimine la question monétaire , même pas besoin d’aller plus loin…
    Monsieur M a flexibilisé son marché du travail comme un cochon , ses ouvriers bossent 16 heures par jours ,tous les jours, dès huit ans , mais comme la monnaie de monsieur M est surévaluée de 30% et que la monnaie de son concurrent Monsieur X est sous côté de 30% , tout les gains de compétitivité de M ont été annulés par l’avantage monétaire de X qui est toujours moins chez que M au final …
    Voila voila … pas besoin d’avoir fait l’ENA , question de merde ; réponse à l’avenant 🙂

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    • Patrick // 21.06.2021 à 14h25

      le niveau de la monnaie est effectivement un des points clefs de toute compétitivité, ce niveau doit permettre de s’adapter naturellement au marché.
      Dans le cas où la monnaie est intouchable ( ex : l’euro ) , la question monétaire est résolue par l’option inverse , on diminue les salaires et tous les autres coûts de 30%. C’est ce qu’il va falloir faire en France.

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      • Loransea // 21.06.2021 à 16h12

        bonjour Patrick, je suis assez d’accord avec Savonarole et avec vos prémices ; en revanche votre conclusion me laisse perplexe… l’Euro intouchable ? A voir. La question monétaire est insoluble ou irrésolue sans la question fiscale… L’U.E. et l’Eurozone cherchent à gagner du temps mais le bateau ivre ne pourra continuer à éviter les écueils pendant bien longtemps…
        Soit il y a une sortie démocratique par le haut avec un véritable parlement européen qui a le pouvoir de décider de la politique fiscale donc budgétaire et monétaire comme aux USA soit la sortie se fera par le bas avec un Etat de la zone qui reprendra sa souveraineté monétaire. Le premier à le faire pouvant très bien être l’Allemagne si elle ne trouve plus son compte dans l’Euro…
        C’est en lisant le livre de Stéphanie Kelton, le Mythe du Déficit que j’ai compris la problématique de la zone Euro. L’Euro va peut-être durer encore 10 ans mais guère plus longtemps à mon humble avis et nous pourrions être surpris plus tôt, les crises ayant tendances à s’empiler dans la zone.

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        • Patrick // 21.06.2021 à 18h28

          Je suis tout à fait d’accord avec vous.
          L’Euro ne sera pas éternel, la bonne solution sera d’en sortir.

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          • Savonarole // 23.06.2021 à 13h46

            Moi à la base , j’avais juste pris l’argument monétaire comme exemple , ça fonctionne avec plein de trucs en fait…
            L’erreur que je pointait c’était surtout celle qui consiste à considérer le facteur humain comme seule solution. Une autre erreur serait de faire pareil avec la monnaie. L’économie qu’on veut enseigner aux gosses, ça n’est jamais qu’une modélisation qui se veut réaliste des échanges de biens et de services entre humains … en l’espèce c’est la composante « réaliste » qui manquait au sujet proposé. Honnêtement , c’est la première année que je vois un sujet digne de faire partie des « perles du Bac ».

            PS : le salaire n’est pas un coût, un salarié qui coûte du pognon à une boite, il lourde… Le salaire c’est un partage (pas forcement librement consenti) de la valeur ajoutée créée au cours d’un process de production d’un objet concret ou abstrait. Je m’énerve à chaque fois que j’entends parler de coût du travail…

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            • Loransea // 23.06.2021 à 14h11

              Bonjour Savonarole, ma réponse est à comprendre avec humour: je crains que vous ne deveniez marxiste en parlant du travail de cette façon 😉
              La modélisation de l’économie n’est absolument pas réaliste dans le modèle dominant quelque soit le nom qu’on lui donne, ordo-libéral, néo-libéral, ultra-libéral… et ceci a été démontré par des économistes du courant dominant ! C’est l’objet du livre de Steve Keen, L’imposture économique. https://www.babelio.com/auteur/Steve-Keen/327003
              Par ailleurs, Stephanie Kelton vient de publier en 2020 un livre, Le Mythe du Déficit, sous entendu public bien sûr, dans lequel un état souverain avec une monnaie souveraine ne peut pas faire défaut sur sa dette si elle est libellée dans sa propre monnaie souveraine: Il découle en creux que la zone Euro ne pourra pas durer bien longtemps puisque les États membres sont endettés dans une monnaie dont ils ne sont pas souverains comme si les États de la zone étaient des pays en développement endettés en dollars par exemple. S: Kelton démontre que jamais dans l’histoire récente un État souverain n’a fait défaut sur une dette libellée dans sa propre monnaie.
              Pour revenir au travail, je mets quiconque au défit de produire de la valeur sans travail ! Même les ressources naturelles, comme des fèves de cacao ou des gousses de caroubes nécessitent un minimum de travail humain (et donc de l’énergie qui est inexistante dans le modèle dominant) ! Seul le travail produit de la valeur, même le capital ne peut se constituer sans travail.

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  • astap66 // 23.06.2021 à 07h10

    J’aimerais savoir une chose: qui est responsable de ce choix de sujet ?
    Ne pourrait-on pas mettre en cause la responsabilité politique de ceux qui ont choisi un tel sujet, en leur demandant de s’expliquer et de justifier une telle violation de leur obligation de neutralité en qualité de fonctionnaires ?
    D’autant qu’ils ont pris un biais qui est contesté par des chercheurs du FMI qui étaient parvenus à des conclusions contraires.
    https://www.humanite.fr/sites/default/files/files/documents/fmi.pdf
    Il faudrait que de telles actions ne soient pas sans conséquence pour la carrière des fonctionnaires en question.

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  • bellini // 24.06.2021 à 15h29

    Prochain sujet du bac:« vous montrerez que les annonces d’un temps splendide pour l’été peuvent permettre de lutter contre le chômage »

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    • Hamourabi // 24.06.2021 à 16h39

      Bonjour,

      £a preuve, par Jules Romains : « Donogoo Tonka » (1920).

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