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Le Néolibéralisme, ennemi historique de la Démocratie

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Plus qu’un simple ensemble de politiques de libre-échange, le néolibéralisme a toujours cherché à modifier l’équilibre des pouvoirs de la société en faveur des patrons. Son attaque contre la démocratie et son affaiblissement des syndicats font aujourd’hui le jeu de l’extrême droite.

Source : Jacobinmag
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

La première réunion de la Société du Mont Pelerin, en 1947, avec les fondateurs, Friedrich Hayek et Ludwig von Mises. (Société Mont Pelerin)

Le néolibéralisme est présent depuis plus de trois quarts de siècle. Depuis les efforts de la société du Mont-Pèlerin pour réinventer le libéralisme à l’ancienne dans les années 1940, le néolibéralisme a pris diverses formes, qu’il s’agisse de l’école de Chicago et de l’ordolibéralisme allemand, du coup d’État chilien de 1973 dirigé par Pinochet, des révolutions Thatcher et Reagan, des ajustements structurels imposés par le FMI et la Banque mondiale ou de la Troisième voie européenne.

Le thème du néolibéralisme a donné lieu à une véritable industrie artisanale de commentaires, qui n’a fait que croître au cours de la dernière décennie, les experts tentant de donner un sens à un terme de plus en plus contesté et ambigu. Nombre de ceux qui écrivent sur le néolibéralisme vantent aujourd’hui ce qu’ils croient être sa dernière valse sur la scène mondiale : dans le contexte des transformations provoquées par la crise financière de 2008-9, la montée des gouvernements autoritaires protectionnistes et la nécessité de solutions de politique publique à grande échelle à l’ère de la COVID-19, beaucoup ont proclamé que le néolibéralisme était effectivement à bout de souffle.

Mais est-ce vraiment le cas ? Ou bien le néolibéralisme est-il simplement en train de s’installer, sous des formes encore plus virulentes ?

Comme je l’ai soutenu ailleurs, le néolibéralisme n’est pas en train de mourir mais subit au contraire d’importantes transformations qui le rendent particulièrement dangereux pour la démocratie d’aujourd’hui. En fait, c’est cette menace même pour la démocratie qui est la clé pour comprendre la résilience du néolibéralisme : sa capacité à supporter les crises et les systèmes rivaux n’est pas tant une conséquence de l’attrait durable des marchés libres et de la concurrence économique. Au contraire, le néolibéralisme a survécu en altérant les fondements mêmes de nos institutions et organisations démocratiques.

Ce faisant, le néolibéralisme s’est allié à des forces – dictateurs et technocrates – tout aussi méprisantes pour la démocratie. Cet aspect central du projet néolibéral est ce qui prépare le terrain pour une nouvelle race de leaders de la droite radicale à travers le monde. Aujourd’hui, on assiste à l’émergence d’une alliance entre les néolibéraux et le grand capital, qui s’appuie sur le soutien des nationalistes, des conservateurs sociaux et des populistes autoritaires. C’est cette alliance qui pourrait bien constituer l’une des plus grandes menaces pour la politique démocratique.

Le néolibéralisme est un projet politique

Pour beaucoup, le néolibéralisme est un ensemble d’idées économiques qui vante la supériorité des marchés comme forme de coordination sociale entre les individus. Lu de cette façon, le néolibéralisme est capable de séduire, de convaincre et finalement de l’emporter sur des idées rivales comme la planification étatique. Pour ceux qui souscrivent à cette définition du néolibéralisme, les suggestions selon lesquelles l’État fait son retour sont considérées comme la preuve que le pendule revient vers un consensus social qui rejette le néolibéralisme.

C’est un projet politique qui vise non seulement à réduire le pouvoir de l’État mais, plus concrètement, à saper les efforts de tout acteur collectif.

Le néolibéralisme est donc communément compris comme l’idéologie qui place les marchés au-dessus des États et les individus au-dessus des sociétés. Cependant, des décennies de recherche ont prouvé ce que Philip Mirowski appelle la « double vérité » derrière la doctrine néolibérale : tout en offrant la liberté de choix et la libération des réglementations étatiques oppressives, les néolibéraux ont toujours été conscients de la nécessité d’un État fort, très souvent coercitif.

Cela a signifié deux choses. Premièrement, les néolibéraux étaient moins intéressés par les marchés en soi (et encore moins par la concurrence sur les marchés) que par ce qui pouvait être réalisé grâce à eux. Bien que les néolibéraux visent généralement à éliminer toute intervention de l’État qui interfère avec les libres décisions des entreprises privées, ils ne sont pas opposés à toutes les formes d’intervention de l’État. Les néolibéraux sont, bien entendu, moins préoccupés par les formes d’intervention de l’État qui redistribuent aux principaux groupes d’entreprises (par le biais d’exonérations fiscales généreuses ou de renflouements massifs lors de crises financières) que par le type d’intervention qui impose des mesures de redistribution à la classe ouvrière.

De même, les néolibéraux s’engagent à étendre les marchés et les logiques de marché à toutes les formes de la vie sociale et politique, mais ils sont moins préoccupés par le fait que cela conduise à une concurrence déloyale ou à un monopole pur et simple. Deuxièmement, il est désormais bien compris que les néolibéraux ont besoin d’États forts pour imposer – et faire respecter – leurs marchés libres, même si cela prend la forme de mesures étatiques carrément répressives.

Le néolibéralisme est donc bien plus qu’un simple ensemble d’idées sur les marchés libres. C’est un projet politique qui vise non seulement à réduire le pouvoir de l’État mais, plus concrètement, à saper les efforts de tout acteur collectif – qu’il s’agisse d’États, de syndicats, de partis politiques – pour interférer avec les décisions des entreprises privées. Ce projet de modifier l’équilibre des pouvoirs est la clé de sa résilience.Le néolibéralisme face à la démocratie.

Pour comprendre la relation entre le néolibéralisme et la démocratie, nous devons nous pencher sur la crainte séculaire des néolibéraux de la tyrannie de la majorité sans propriété et de la possibilité que leurs ambitions démocratiques empiètent sur la liberté économique. James Buchanan, l’un des représentants les plus vénérés de la tradition néolibérale, l’explique clairement dans son célèbre ouvrage coécrit, Democracy in Deficit.

L’assaut du néolibéralisme contre les organisations syndicales et les droits de négociation collective est bien documenté. Ce qui l’est moins, c’est la manière dont nos institutions politiques ont été conçues pour bloquer toute opposition politique crédible.

Là, il ne s’est pas concentré sur la libre concurrence, le bon fonctionnement du marché, ni même sur la critique de l’intervention de l’État. Il s’intéressait plutôt aux « institutions politiques à travers lesquelles la politique économique doit être mise en œuvre. » Appliquant cette logique, Jaime Guzmán, le créateur de l’architecture politique et économique chilienne héritée de Pinochet, a estimé que les institutions politiques devaient être organisées de telle sorte que « si les adversaires devaient gouverner, ils [seraient] contraints de prendre des mesures pas si différentes de celles que l’on souhaiterait » ». Comme l’expliquait Walter Lippmann, le grand-père de la Société Mont-Pèlerin, « le nœud de la question n’est pas de savoir si la majorité doit gouverner, mais quel type de majorité doit gouverner. »

Le néolibéralisme limite la politique démocratique en modifiant l’équilibre des forces entre ses partisans et ses opposants dans le but ultime de restreindre l’espace disponible pour la politique et les politiques. L’étude du néolibéralisme et de la démocratie en Amérique latine et en Europe de l’Est nous permet d’identifier trois mécanismes concrets à l’œuvre.La première consiste à créer une nouvelle classe d’affaires en privatisant les anciens actifs de l’État et en autorisant de nouvelles opportunités commerciales dans les secteurs désormais déréglementés.

On a longtemps pensé que la logique du démantèlement de l’État social consistait à maximiser l’efficacité et la croissance. Cependant, dans les pays où le néolibéralisme a prospéré, la privatisation et la déréglementation ciblées visaient principalement à créer ou à renforcer les entreprises les plus susceptibles de soutenir le projet néolibéral dans son ensemble.Cela a été particulièrement le cas dans le secteur financier, parmi les entreprises exportatrices compétitives et les multinationales. Les entreprises qui ont tout intérêt à ce que le néolibéralisme se perpétue ont utilisé l’avantage structurel qui leur est offert pour repousser les tentatives de réforme, qu’il s’agisse de fiscalité, de politique industrielle, de mesures sociales ou de protection de l’environnement et du travail.

Deuxièmement, le néolibéralisme a survécu en empêchant les forces politiques anti-néolibérales de s’implanter. L’attaque du néolibéralisme contre les organisations syndicales et les droits de négociation collective est bien documentée. Ce qui l’est moins, c’est la manière dont nos institutions politiques ont été conçues pour bloquer toute opposition politique crédible. Il s’agit notamment d’accroître le pouvoir de l’exécutif pour contourner des parlements plus représentatifs, d’institutionnaliser des acteurs non élus capables d’opposer leur veto aux décisions de la majorité, etc. Les tactiques les plus efficaces ont été celles qui ont affecté les modèles de représentation politique, comme l’ingénierie électorale et la redécoupe des circonscriptions.
Ce fut le cas au Chili, où, en 1989, le système électoral et la magnitude des districts (le nombre de représentants élus dans un district donné) ont été conçus de manière à donner à la droite la moitié de tous les représentants au parlement (au lieu du tiers habituel). C’est cette mesure qui a privé la gauche de toute représentation pendant vingt ans, tout en poussant la gauche la plus modérée à conclure une alliance à long terme avec des forces centristes qui ont édulcoré leurs positions autrement réformistes. Conjuguées aux seuils supramajoritaires requis pour modifier les caractéristiques fondamentales des institutions chiliennes conçues par Pinochet, ces actions ont été essentielles pour empêcher toute réforme significative pendant les quatre gouvernements de centre-gauche consécutifs des années 1990 et 2000.

Dans d’autres cas, les efforts visant à limiter la représentation ont consisté à priver purement et simplement de leur droit de vote de larges pans de la population. Ce fut le cas en Estonie, où le néolibéralisme a trouvé une cause commune avec les expressions les plus radicales du mouvement d’indépendance nationaliste contre l’ancienne Union soviétique. Les néolibéraux ont exploité avec succès les craintes du peuple estonien que l’importante population russe du pays (environ 40 % en 1989) ne bloque l’indépendance, ceci afin de laisser les Russes ethniques sans droit de vote.

Et ils l’ont fait tout en faisant passer l’un des projets néolibéraux les plus ambitieux mis en œuvre en Europe de l’Est.En conséquence, les personnes les plus touchées par ces réformes n’avaient pas le droit de vote ou votaient pour des raisons nationalistes et non socio-économiques. En fin de compte, cela a empêché la formation de forces sociales-démocrates capables d’au moins tempérer l’assaut néolibéral, comme ce fut le cas dans la plupart des autres pays d’Europe de l’Est.

Enfin, les néolibéraux ont isolé les décideurs politiques des demandes populaires par ce que l’on appelle parfois le « verrouillage constitutionnalisé », ce qui signifie que les aspects clés de la politique économique d’un pays sont maintenus hors de portée de la délibération démocratique, de peur qu’ils ne soient, selon les mots de Buchanan et Richard E. Wagner, « laissés à la dérive dans la mer de la politique démocratique ». Les banques centrales indépendantes et les règles de politique fiscale, par exemple, sont des instruments clés pour maintenir la politique monétaire et fiscale à l’écart de la délibération démocratique.
L’ancrage de l’inflation comme objectif macroéconomique clé a réduit la capacité des banques centrales à utiliser la politique monétaire pour atténuer les crises économiques et à privilégier les considérations relatives à l’emploi par rapport à celles relatives à la stabilité des prix. À l’inverse, les règles budgétaires telles que les procédures d’équilibre budgétaire ont fortement réduit la capacité de dépense globale du gouvernement. En outre, l’établissement de seuils constitutionnels élevés pour modifier ces dispositions a mis hors de portée des aspects essentiels de la panoplie d’outils de politique économique des gouvernements élus.
En termes néo-gramsciens, un bloc social multipartite enraciné dans des secteurs d’activité spécifiques a défendu avec succès le projet néolibéral grâce à ces ressources économiques et institutionnelles concrètes réduisant l’espace disponible pour la politique et les politiques. Et la conséquence directe de cela a été un déclin brutal du caractère représentatif de nos démocraties.

Néolibéralisme et logique populiste

Compte tenu de la relation hostile du néolibéralisme aux institutions démocratiques de base, il n’est pas difficile de comprendre l’affinité élective entre le néolibéralisme et la droite populiste radicale d’aujourd’hui. Contrairement à ce qu’a affirmé Wendy Brown, la droite radicale n’émerge pas « des ruines » du néolibéralisme, mais des possibilités concrètes qui apparaissent lorsque les principes fondamentaux du néolibéralisme sont « hybridés » avec le populisme.

Dans les années 1970 et 1980, les idéaux néolibéraux ont été alignés sur les doctrines autoritaires pour créer certaines des réformes – et des dictatures – les plus radicales que le monde ait jamais connues.

Comment cet hybride est-il apparu ? Dans les années 1970 et 1980, les idéaux néolibéraux se sont alignés sur les doctrines autoritaires pour créer certaines des réformes – et des dictatures – les plus radicales que le monde ait jamais connues. Plus tard, au cours des années 1990 et 2000, les néolibéraux ont conquis les cœurs et les esprits des élites technocratiques de la « troisième voie » désireuses d’imposer la discipline du marché à des gouvernements irresponsables. De même, aujourd’hui, les principes fondamentaux du néolibéralisme sont enclins à former des alliances avec la droite populiste radicale.

Ces alliances ne sont pas fondées sur un intérêt partagé pour les libertés du marché, mais sur un mépris commun pour la politique démocratique et la nécessité perçue de limiter davantage les institutions démocratiques représentatives (sans parler d’une conception individualisée du social). Ainsi, malgré les affirmations selon lesquelles le populisme et le néolibéralisme sont des tendances antagonistes, les tentatives populistes d’entraver les libertés et les institutions démocratiques de base renforcent en fait le projet antidémocratique du néolibéralisme.

Presque partout, le néolibéralisme a été associé à un renforcement de l’autorité exécutive et à la délégation du pouvoir démocratique à des institutions bureaucratiques non responsables. Souvent, les néolibéraux ont modifié les systèmes électoraux et les modèles de représentation politique pour favoriser la « liberté économique », de la même manière que la droite populiste radicale sape la démocratie aujourd’hui.
La droite populiste radicale a une vision du monde moralisatrice et nationaliste, qui semble être en contradiction avec l’individualisme du néolibéralisme et son attitude incrédule envers la société en général. Chaque fois que les néolibéraux ont fait appel à un large soutien social, c’était généralement sous la forme des avantages potentiels de la consommation individuelle de masse résultant de la libéralisation des marchés. La mobilisation populiste, en revanche, a été considérée comme une repolitisation d’une société de plus en plus apathique et individualisée.

Cependant, comme l’ont montré les recherches de Melinda Cooper, il existe des liens étroits entre le néolibéralisme et le conservatisme social. Et comme nous le rappelle Wendy Brown, le néolibéralisme de style hayekien visait à protéger les hiérarchies traditionnelles autant que les libertés économiques. Au premier rang de ces hiérarchies figurent les valeurs familiales et la division traditionnelle du travail domestique. Cela résonne fortement avec la volonté de la droite populiste de se rallier à la figure de la famille traditionnelle.Si nous regardons au-delà de l’Europe occidentale et des pays fondateurs de l’OCDE, les liens entre le néolibéralisme et une autre caractéristique essentielle de la droite radicale, le nativisme, ne sont pas nouveaux. Le chauvinisme nationaliste était déjà présent chez les dirigeants néolibéraux-cum-populistes des années 1990 en Amérique latine et en Europe de l’Est, les cas paradigmatiques étant Alberto Fujimori au Pérou et Lech Wałęsa en Pologne – ainsi qu’en Estonie.

Derrière ces affinités électives se cache une conception individualisée de la société qui permet de faire facilement appel à une notion vide de « peuple. » Le « peuple », dans le populisme de droite, n’est pas une unité fondatrice de la société et ne repose pas non plus sur un ensemble de liens communs ; il est construit par l’identification interne d’un individu au discours du leader populiste. C’est pourquoi Ernesto Laclau appelle cette construction un « signifiant vide » qui peut être rempli avec une diversité d’appels conservateurs, autoritaires et nativistes non spécifiques. Observant la montée d’un nouveau type de droite radicale dans l’Allemagne des années 1960, le philosophe Theodor Adorno a remarqué précisément que leur attrait ne reposait pas tant sur des idées comme le demos ou la nation que sur les traits de personnalité autoritaires d’un individu et son désir d’autorité et de discipline. Dans ce même sens, si la « repolitisation de la société » populiste peut conduire à des foules en colère, elle ne mène pas au type de pouvoir collectif organisé que la classe des propriétaires craint vraiment.

En fait, les populistes n’ont pas donné de pouvoir aux travailleurs qu’ils jurent de protéger, et ont encore moins réduit le pouvoir de la classe des affaires en général, ni de la finance en particulier. En fait, l’alliance entre les néolibéraux et les populistes semble avoir pour but d’arracher le contrôle du projet néolibéral aux élites technocratiques de la troisième voie : alors que les technocrates de la troisième voie peuvent reconnaître à contrecœur les excès du néolibéralisme, augmenter les protections sociales et permettre une plus grande responsabilité des organes technocratiques, les vrais néolibéraux comprennent que leur projet repose sur la limitation continue des institutions démocratiques représentatives.

L’alliance du néolibéralisme avec la droite populiste radicale accélère le déclin de la politique démocratique et alimente un désir d’autorité, d’ordre et de conservatisme social, tout en libérant la tendance du capital à l’accumulation sans limites. La capacité du néolibéralisme et de la droite populiste radicale à former un hybride stable dépendra de facteurs structurels et institutionnels – c’est-à-dire de la politique. Ce n’est qu’une fois que nous aurons reconnu les mécanismes économiques, politiques et institutionnels concrets qui rendent le néolibéralisme si résistant que nous pourrons commencer à esquisser quelques idées sur la manière de stopper sa marche en avant tout en défendant la démocratie et l’égalité.

Aldo Madariaga est professeur adjoint de sciences politiques à l’Universidad Diego Portales, Santiago du Chili, et chercheur associé du Centre d’études sur les conflits sociaux et la cohésion. Il est l’auteur de Neoliberal Resilience.

Source : Jacobinmag – 02-06-2021
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

Commentaire recommandé

Anfer // 09.07.2021 à 09h07

Le clivage gauche droite existe toujours, et il n’a jamais cessé d’exister.

L’idée qu’on pourrait avoir un mixte gauche et droite, ça s’appelle du confusionnisme, et ca ne profite jamais à la gauche, pire, ça fini très souvent au profit de l’extrême droite.

La liberté c’est vague, tout le monde se revendique de la liberté, même les nazis.

La liberté des liberaux, c’est la liberté du riche/fort/dominant d’écraser le pauvre/faible/dominé.

La liberté à gauche, c’est l’égalité réelle, car sans égalité, la liberté est une oppression.

51 réactions et commentaires

  • calal // 09.07.2021 à 08h44

    L’analyse est pertinente mais les auteurs ne veulent pas franchir le rubicon: les « gauchistes » ne veulent pas faire de compromis avec « la droite populiste »:
    Si les gauchos disent que le communisme en urss n’etait pas un « bon » communisme, ils doivent admettre que le neoliberalisme n’est pas un « bon » capitalisme.
    Turd flinging monkey a une tres bonne analyse politique de la situation : fini la distinction droite/gauche, nous sommes dans un triangle entre les partisans de la « priorite a la liberte » ,ceux qui donnent « priorite a l’egalite » et les derniers groupe de ceux qui donnent la « priorite au respect de l’autorite quelqu’elle soit » ( entre l’injustice et le desordre,je choisis l’injustice).
    De plus il faut toujours distinguer deux phases parmis les politiques: la phase de l’accession au pouvoir puis la phase de l’exercice du pouvoir (on promet une chose pour acceder au pouvoir,on fait autre chose pour s’y maintenir):
    -les partisans de la liberte ( grosso merdo les capitalistes) deviennent des neoliberaux quand ils sont au pouvoir puis des dictateurs (ex pinochet)
    -les partisans de l’egalite peuvent devenir pareillement des dictateurs une fois au pouvoir pour s’y maintenir ( ex l’urss communiste, l’eglise catholique apres l’adoption de la religion catholique comme religion de l’empire romain)
    les gauchos doivent discuter avec la droite populiste (gauche du travail avec droite des valeurs) pour lutter contre les neoliberaux si nous voulons eviter les gros ennuis dans le futur…bon je ne me fais aucune illusion,l’homme ne change que lorsque la douleur est assez forte…

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    • Anfer // 09.07.2021 à 09h07

      Le clivage gauche droite existe toujours, et il n’a jamais cessé d’exister.

      L’idée qu’on pourrait avoir un mixte gauche et droite, ça s’appelle du confusionnisme, et ca ne profite jamais à la gauche, pire, ça fini très souvent au profit de l’extrême droite.

      La liberté c’est vague, tout le monde se revendique de la liberté, même les nazis.

      La liberté des liberaux, c’est la liberté du riche/fort/dominant d’écraser le pauvre/faible/dominé.

      La liberté à gauche, c’est l’égalité réelle, car sans égalité, la liberté est une oppression.

        +31

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      • Patoche // 09.07.2021 à 11h40

        A propos du clivage gauche/droite l’avis au milieu du siècle dernier du philosophe Alain (de mémoire): « Je ne sais pas si les notions de droite et de gauche ne veulent plus rien dire mais je sais que ceux qui l’affirme ne sont pas de gauche. »

          +19

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        • Patoche // 09.07.2021 à 11h57

          Correction: ceux qui l’affirment. .

            +2

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        • Anfer // 09.07.2021 à 16h57

          Oui, c’est exactement ça, le ni de droite ni de gauche, c’est toujours ni de gauche, ni de gauche.

          On l’a vu avec Macron, mais ça n’a rien d’une nouveauté, on retrouve cette entourloupe dès Bonaparte.

          Ni royauté ni république, ça donne un empire…

            +8

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    • douarn // 09.07.2021 à 09h50

      Bonjour Calal
      OK, si ce n’est qu’il vaut mieux parler d’un stalinisme, victorieux après les purges, quand on parle d’URSS.

      Dans votre post vous évoquez une masse critique (gauchos+droite popu) pour lutter contre les néolibéraux. Il me semble que ce cas de figure est rare. Dans les années 90, 3 semaines de grève des camionneurs faisaient plier la volonté néolibérale. La réforme Devaquet a été brisée par les étudiants en 1986. Des succès remportés par des catégories particulières de la population.
      Qu’est il donc arrivé pour que dans les années 20, un an de quasi insurrection GJ regroupant des catégories nombreuses et disparâtres (ouvriers, commerçants, étudiants, gauchos, frontistes, …) n’infléchisse aucunement la marche néolibérale?

      Les idiots disent parfois des trucs intéressants : Sarkozy « Désormais, quand il y a une grève en France, personne ne s’en aperçoit » : https://www.ina.fr/video/I09082530/
      Ma petite théorie c’est que nos élites ont transférés leurs avoirs dans la sphère financière numérique. Avant la numérisation de l’éco, tout arrêt économique touchait leurs intérêts, maintenant tout arrêt ne lèse que ceux qui ont encore leurs intérêts dans l’économie réelle… « personne (les élites) ne s’en aperçoit ».

      La marche néolib reprend (réforme des retraites, …), étendre le champ de la lutte sociale à la sphère numérique, nouvel eldorado de nos élites, pourrait inverser la tendance sans atteindre de seuil critique : https://onestla.tech/

        +13

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    • LibEgaFra // 09.07.2021 à 11h34

       » franchir le rubicon: les « gauchistes » ne veulent pas faire de compromis avec « la droite populiste »: »

      Quand le Rubicon est franchi, nous savons ce que cela donne: le nationalisme-socialisme, qui n’a rien du socialisme et tout du capitalisme et de l’impérialisme le plus agressif et le plus mortifère.

        +12

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  • Nadji // 09.07.2021 à 09h08

    Aussi bien cet article que le 1er commentaire sont utiles et judicieux.

      +4

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  • Anfer // 09.07.2021 à 09h28

    Intéressant.

    Cependant, il reste toujours cette idée que le neoliberalisme, serait à opposer au liberalisme (paleoliberalisme ?), dont il serait une sorte de perversion.

    Sauf que non, le libéralisme du 19ème siècle, est aussi violent, antidémocratique, autoritaire et etatiste que le neoliberalisme.

    Le problème, ce n’est pas le « néo », le problème c’est le libéralisme.

    Le problème, c’est ce que Karl Polanyi avait décrit en 1944 dans son livre « la grande transformation ».
    Cette volonté (très étatique d’ailleurs) d’imposer une utopie (dystopie plutôt), celle d’un grand marché autoregulateur, de créer une société de marché, ou tout est marchandise, y compris le travail, la nature, et la monnaie.

    Cette « utopie » est la même que celle des néo-liberaux, la seule différence, c’est que le rôle de l’état est plus assumé, moins hypocrite que dans le cas des paleo-liberaux.

    Mais ce monde dystopique, qui rappelle les œuvres de cyberpunk (qui en sont une critique), est irréalisable, ce type de société est tellement affreuse et insupportable, qu’elle entraîne des réactions d’autodéfense de la société, réactions désordonnées et improvisés face à un liberalisme étatique et planifié.

    Et pour contrer ces réactions, le libéralisme devient de plus en plus violent et antidémocratique, pour mener au fascisme.

    Ce que Polanyi avait décrit, se reproduit.

      +18

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  • RGT // 09.07.2021 à 10h05

    « idées économiques qui vante la supériorité des marchés comme forme de coordination sociale entre les individus ».
    Et aussi qui prône les « transactions libres et non faussées » qui permettent à tous de profiter de l’aubaine.

    Sauf que ce que ne chantent pas sur les toits les ayatollahs du néo-libéralisme, c’est que le jeu est totalement perverti car les dés sont pipés et que les seuls qui tirent leur épingle du jeu sont ceux qui possèdent le plus et qui vont pouvoir gagner encore plus en allant tondre sans scrupules tous ceux qui sont moins bien lotis.

    N’en déplaise à tous les « défenseurs de la liberté (d’entreprendre) », ce système n’a rien à envier au féodalisme du moyen-âge ni aux monarchies absolues pourtant tant décriés.

    L’objectif final étant bien sûr l’installation d’un « nouvel ordre mondial » dans lequel les « seigneurs » auraient droit de vie et de mort sur les « serfs » qui n’auraient droit qu’à travailler jusqu’à leur mort pour nourrir ces parasites.

    De toutes façons, c’est dans la nature profonde de l’espèce humaine de mettre les autres en esclavage pour ensuite vivre confortablement sans avoir à se fatiguer.

    Et les combats du XIXè siècle qui ont permis l’instauration de lois protégeant les plus démunis ont permis de (légèrement) ré-équilibrer la balance mais heureusement pour les néo-libéraux le marxisme de l’URSS est passé par là et a donné un ennemi crédible à combattre pour restaurer les traditions défuntes.

    Dans les « grandes démocrassies libérales » on se rend bien compte que tout part en vrille car TOUS les « idéaux » ont été corrompus par cette chienlit.

      +12

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  • Dominique Gagnot // 09.07.2021 à 10h06

    Aujourd’hui nous en sommes là :

    « La mission suprême des Banques centrales est de soutenir le système capitaliste : elles injecteront toujours de la monnaie fraîche dans les seuls circuits financiers et spéculatifs, pour retarder son inéluctable effondrement…
    … le temps de mettre en place un autre système, dans lequel les hyper-fortunés conserveraient le pouvoir absolu, par l’intermédiaire d’États policiers.
    La lutte contre une épidémie permettrait de le justifier.»

    Extrait (p. 42) de « Comprendre l’arnaque capitaliste – Imaginer le système d’après »
    http://bit.ly/capitalisme

      +4

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    • Saint Maurice // 09.07.2021 à 12h27

      Non la mission suprême des banques centrales est de soutenir le système tout court (que ce système soit capitaliste en France on peut en discuter)

        +0

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      • RGT // 10.07.2021 à 12h14

        « que ce système soit capitaliste en France on peut en discuter »…

        En France, nous vivons sous un système capitaliste totalement protégé par l’état qui agit réellement en totale contradiction de la pub mensongère affichée sur les frontons des bâtiments officiels : « Liberté, égalité, fraternité ».

        Sauf que certains sont plus libres (de se soustraire à l’impôt), plus fraternels (en se faisant renflouer par l’état) et plus égaux (dans leur concours qui leur permet « d’avoir la plus grosse » – fortune personnelle bien sûr) que l’immense majorité des autres.

        Les autres sont libres de fermer leurs gueules (sinon flash-ball et grenades de désencerclement), sont fraternels (dans leur statut d’esclaves corvéables jusqu’à leur mort) et bien sûr égaux pour crever dans la misère quand ils ne sont plus d’aucune utilité pour les « élites ».

        Relisez Plutarque, il dénonçait déjà au 1er siècle après J.C. les « bienfaits » du proto-libéralo-capitalisme et la servitude des humains les plus démunis (esclaves ou non) qui étaient ensuite jetés comme des détritus quand ils devenaient inutiles.

        Le profit avant tout.

        Les seuls qui mentionnent encore ce philosophe antique sont les défenseurs des animaux (qui subissent le même sort) en oubliant systématiquement que le « coup de gueule » de cet homme concernaint d’abord les humains les plus démunis et « l’optimisation des profits » dont ils sont victimes.

        Ça ne s’est pas arrangé depuis.

          +4

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  • christian gedeon // 09.07.2021 à 10h19

    Quelle découverte! On a enfin trouvé le secret de l’eau chaude. Ce que ne dit pas ce texte,c’est que le neolibéralisme fait feu de tout bois. Et notamment depuis bientôt 50 ans,de l’incroyable naÏveté des amateurs de « libertés » aux pluriels.les communautarismes de tous poils pris au sens large sont devenus une arme de destruction massive de ce qui reste d’Etat et de démocratie.Pas d’Etat,pas de démocratie. Donc je détruis l’Etat,la Nation,et dunque je détruis la démocratie.Le tout en faisant croire aux benêts qu’ils conquiérent de nouvelles « libertés ». Et ça passe. Plus c’est gros,plus çà passe. Ce n’est pas nouveau,mais quand même être aveugles à ce point me laisse pantois.

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    • nanann // 10.07.2021 à 09h18

      Tout simplement  » bravo « . On voit en effet les avantages de ces combats pour de nouvelles  » libertés  » dans ces mouvements initiés par nos libéraux-libertaires qui transforment les libertés en nouveaux interdits, tel le woke.

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  • Robert Hue Jr // 09.07.2021 à 10h22

    Quelle bouillie. L’auteur se crée des fantasmes et se fait peur avec.
    Il est significatif qu’aucun nom ne soit cité dans les premiers paragraphes, qu’aucune citation n’étaye le propos.
    Le néolibéralisme veut que l’Etat intervienne pour redistribuer aux gros et pas aux ouvriers. Ah. QUI dit ça ? Personne. Ni Hayek, ni Lippmann, ni aucun auteur cité après.
    Il voudrait « étendre les marchés et les logiques de marché à toutes les formes de la vie sociale et politique ». QUI dit ça ? Personne. Les « néo » ont dit précisément le contraire (voir Röpke, « Au-delà de l’offre et de la demande »).
    Pour mémoire, Hayek était favorable à un Etat étendu, pourvoyeur de nombreux services y compris marchands, financés par des impôts élevésn ainsi qu’à des programmes étatiques de lutte contre la pauvreté. Lippmann était favorable à des interventions pour empêcher les gros opérateurs d’abuser de leur position, à la redistribution des fortunes, à la formation et à l’indemnisation des chômeurs, etc. Il suffit de lire les textes.
    Quant à la critique du néolibéralisme « de style hayekien »… En clair, comme Hayek n’a pas écrit ce dont on l’accuse, on va affirmer qu’il l’a pensé, et appeller ça son « style ». C’est génial.
    Sur le rapport à la démocratie, ces auteurs ne disent rien d’autre que tous les libéraux depuis le 18e siècle : vive la démocratie, mais la liberté doit primer.
    L’auteur a le droit de n’être pas libéral et de rejeter la liberté, mais il pourrait le dire franchement.

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    • christian gedeon // 09.07.2021 à 10h36

      Bravo. Très belle contribution.En effet on fait dire à Hayek ce qu’il n’ a jamais dit…doxa,doxa,doxa quand tu nous tiens.Il est en fait nettement interventionniste,parce qu’il croit fermement que le vrai libéralisme ne peut fonctionner que s’il y a un état fort et régulateur. Et aussi que la paiuvreté est un frein au libéralisme,par essence.

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    • Anfer // 09.07.2021 à 11h20

      Le problème, c’est que les idées des liberaux étaient censé s’appliquer toute seules, le libéralisme n’étant que la volonté de respecter l’ordre naturel, les lois scientifiques de l’économie.

      Sauf que, l’ordre naturel des lois économiques, ça n’existe pas, le commerce n’est pas naturel, les marchés ne sont pas naturels.

      Donc, il a fallu que l’état se conforme à ces lois naturelles, en adoptant des législations favorable au liberalisme.
      Ce qui est en réalité une politique interventionniste de l’état dans l’économie.

      Dès le début, le libéralisme est un contresens.

      Le neoliberalisme, c’est l’acceptation (contrainte et forcé par la réalité), que l’avènement du marché autoregulateur, n’est peut-être pas si naturel que ça, et que contrôler la coercition physique de l’état, est nécessaire.

        +7

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      • JBB // 09.07.2021 à 13h41

        Le droit naturel c’est juste le droit à votre intégrité physique et le droit de profiter du fruit de votre travail. Autrement dit on n’a pas le droit de vous blesser/tuer/voler. Les marchés libres ne sont qu’une conséquence. Naturel correspond à la nature de l’homme et non pas à la Nature (ou aucun de ces droits n’est respecté)

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        • Logique // 09.07.2021 à 14h46

          « Autrement dit on n’a pas le droit de vous blesser/tuer/voler. »

          Ca dépend. Si vous êtes Afghan, Irakien, Libyen, Syrien, Yéménite, « on » a le droit de vous tuer. Si vous êtes journaliste saoudien, aussi.

          Pour ce qui est de voler, c’est tout le temps: plus-value récupérée par les capitalistes au détriment des salariés.

          « Naturel correspond à la nature de l’homme »

          Qu’est-ce que la « nature de l’homme »? Je n’en ai aucune idée.

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        • Anfer // 09.07.2021 à 17h09

          Le droit naturel est un concept archaïque issus de la croyance religieuse.

          Le seul droit existant est le droit positif.

          Il n’existe pas de nature ou de barbu dans les nuages qui viendra punir les gens qui auraient l’audace de violer la propriété privée sacralisé chère aux liberaux.

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        • kasper // 10.07.2021 à 06h40

          Le droit naturel ca n’existe pas.

          C’est quoi « la nature de l’Homme » ? Bien malin celui qui sait ce qu’une telle soupe veut dire.

          De plus le droit de profiter du fruit de son travail est antithétique du salariat, base du capitalisme, qui veut justement que le salaire d’un travailleur soit inférieur a la valeur de son travail, pour permettre de dégager un profit destiné a des actionnaires qui, eux, n’ont pas a travailler.

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          • JBB // 10.07.2021 à 23h41

            Une part du revenu va au capital. Pas de rémunération du capital, pas de capital.

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            • Anfer // 11.07.2021 à 11h45

              Vous confondez capital et investissement.

              Le surplus créer permet la reproduction et l’investissement, pas besoin d’intermédiaire parasite.

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      • Robert Hue Jr // 09.07.2021 à 15h33

        Le libéralisme se contente de dire que l’Etat n’a pas besoin de diriger les producteurs pour qu’ils satisfassent les besoins des consommateurs, les producteurs le font tout seuls par intérêt. Rien à voir avec je ne sais quel ordre naturel.
        Il constate que toute intervention type droits de douane diminue la richesse nationale. Après, libre à l’Etat de fixer de tels droits au nom d’objectifs politiques supérieurs (ne pas dépendre de l’étranger pour les armes, les céréales, les masques FFP2, que sais-je). Le libéralisme n’a rien à dire là-dessus.
        Il souligne que la compétition sur le marché doit être loyale, donc que l’Etat doit réprimer les ententes entre producteurs installés pour empêcher les nouveaux venus de se développer, etc., comme un arbitre doit empêcher les joueurs de se tabasser sur le terrain.
        Donc oui, le libéralisme est pour des interventions de l’Etat, depuis toujours. Les ravis de la crèche qui théorisent « l’interventionnisme » des « néolibéraux » signalent simplement leur méconnaissance totale du libéralisme classique.
        Le libéralisme, c’est le moulin à vent des intellos de gauche. Ils lui prêtent les traits les plus sataniques, et ils partent en guerre contre lui.

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        • Anfer // 09.07.2021 à 17h17

          En effet, le libéralisme est un contresens dès le début, vu qu’il met en avant un principe qu’il n’applique pas.

          Et le « constat », n’en est pas un.
          Que ça soit, les États-Unis, l’Allemagne, le Japon, la Corée du Sud, la Chine, ces pays ont émergé comme puissance industrielle en appliquant un protectionnisme très fort.

          En revanche, il n’existe pas d’exemple de pays ayant complètement ouvert son économie qui aient réussi à se développer. (Sauf l’Angleterre, parce qu’elle était la première).

          Et la période dite des 30 glorieuses, est caractérisée par un protectionnisme important, une faible circulation des capitaux, des marchés financiers quasi inexistants, une inflation élevée, et pourtant le développement a été sans équivalent dans l’histoire humaine.

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  • Saint Maurice // 09.07.2021 à 12h36

    Nous sommes en France dans un système plutôt mixte que purement capitaliste (il existe quand même pas mal de moyens de productions ou d’assurance publics);
    reste à débattre
    1. ce qu’on met dans la sphère publique et pour cela on pourrait bosser encore les constituantes populaires
    2. du financement de ce que l’on met dans la sphère publique et pour cela on pourrait bosser encore le post keynesianisme et le chartalisme (par exemple en lisant ou relisant : « questions d’argent, un parfum de révolution »)

    Et hop le tour est joué…ne restera plus qu’à s’occuper de la planète… Mais la compréhension du post keynesianisme y aidera aussi

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    • Anfer // 09.07.2021 à 13h23

      Il n’existe jamais vraiment de système « pur ».

      L’important c’est de sortir de cette idée issue du liberalisme, que l’économie est une science dure, qui se contente de décrire le réel.
      Qu’il y a des « lois naturelles » de l’économie, ou autre sottises.

      L’économie est une science sociale, qui devrait se conformer aux travaux des autres sciences sociales, l’histoire, la sociologie, l’anthropologie.
      Au lieu d’être une pseudo science avec ses oracles et ses gourous qui se trompent systématiquement, mais avaient raison quand même.

        +5

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      • Saint Maurice // 09.07.2021 à 13h54

        « L’important c’est de sortir de cette idée issue du liberalisme, que l’économie est une science dure, qui se contente de décrire le réel. »
        Je crois qu’on en est quand même déjà sorti, faut arrêter de débattre de cela pour se concentrer sur comment financer le système souhaité

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        • Anfer // 09.07.2021 à 17h23

          Non, on en est pas sortie, et c’est très important de se débarrasser de ces fariboles.

          Sinon il n’y aurait pas autant de personnes en position d’influence, politique, journaliste, éditorialiste, pour nous saouler avec leur « bon sens », les « riches qui créent de l’emploi », les « chomeurs feignants » et autres imbécilités.

          Tout ça découle du liberalisme.

            +6

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          • Saint Maurice // 11.07.2021 à 08h03

            Oui c’est vrai il y en a encore mais globalement au détour de débats mille fois bien fait, en conclusion on en est sorti, on critique le système et on dit que certains choses sont bien gérées par le marché (je pense à l’information que délivre les marchés sur la disponibilité de la monnaie, sa circulation par exemple bien que le shadow banking soit énorme…) et d’autres par l’état (le soutien en pleine épidémie…)

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            • Anfer // 11.07.2021 à 11h22

              Le « marché » ne gère rien, ce n’est pas une entité magique.

              C’est un choix politique d’organisation, qui est planifié.

              Ça semble aller de soit parce qu’on y a été habitué, mais quand on passe d’une organisation autre, à un marché, on remarque que ce n’est pas autre chose qu’un choix politique appliqué par l’état.

              On le voir par exemple pour l’électricité ou le ferroviaire, qui ont déjà été organisés en marché dans le passé, et qui ont été passés en une autre organisation, justement parce que l’organisation en marché n’était pas du tout efficace.

              On revient par idéologie au marché, pour constater, quelle surprise, que c’est plus cher, avec un service dégradé, et un manque d’investissement.

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  • Savonarole // 09.07.2021 à 14h15

    Un état ça tient sur le monopole du pognon et de la violence. Pour la violence, la physique fait qu’on arrive toujours à s’arranger, par contre pour le pognon il y aura toujours des fâcheux pour venir contester la nécessité d’en faire une chose publique.
    C’est pas une révolution qu’il faut faire, juste rééduquer ceux qui en veulent plus qu’ils n’en ont décemment besoin.

      +3

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    • Logique // 09.07.2021 à 14h49

      « juste rééduquer ceux qui en veulent plus qu’ils n’en ont décemment besoin. »

      Et vous croyez qu’ils vont accepter cette « rééducation »? C’est pas la Chine ici. (Hélas pour certains!?)

        +2

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      • Savonarole // 09.07.2021 à 20h38

        C’est pas une question de Chine ou pas … c’est une question de disponibilité des ressources. Les animaux sociaux ça devient plus ou moins sociaux quand frappe la disette. Vu l’ampleur de la catastrophe annoncée, il vaudrait mieux pour la survie de l’espèce que ça soit plus que moins.

          +1

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  • Raskolnikov // 09.07.2021 à 17h27

    Lire Jacobinmag sur le néolibéralisme, c’est un peu comme lire Valeurs Actuelles sur le marxisme.

      +3

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  • Anatole // 09.07.2021 à 19h12

    Malgré des passages intéressants, l’article avance une hypothèse qui est déjà démentie par les faits, en Europe du moins. Les leaders populistes (Orban, Poutine, Jansa,…) sont systématiquement écartés et ostracisés par les euro-libéraux orthodoxes (les autres). Ils le sont parce qu’ils ont à un moment ou un autre défié l’Empire en faisant passer leur population avant la doxa. C’est le cas de Orban par exemple qui a refuser de faire payer aux Hongrois les délires du système financier global en 2009-2010. C’est à partir de là que la campagne de dénigrement contre lui a commencé à battre son plein, bien avant ses positions anti-migratoires donc. La Russie est de de même diabolisée parce qu’elle a refusé de se dissoudre dans le l’Empire néolibéral qui s’est mis en place après la chute du Mur, parce que son leader a tout simplement décidé de faire passer son peuple avant la doxa.
    Il y a un automatisme , un réflexe quasiment pavlovien du système néolibéral et de sa machine médiatique qui va dans le sens d’une guerre ouverte contre tout populisme, qu’il soit de droite ou de gauche, à peine pointe-il son nez.
    Après cela n’empêche pas qu’il y ait des tentatives de rapprochement grand capital/ populisme comme cela semble être le cas en France avec le duo Bolloré-Zemmour. Mais il reste à savoir si Zemmour n’est pas finalement un néolibéral qui s’est aventuré un moment dans la rhétorique populiste, pour finalement revenir au bercail.

      +6

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    • Logique // 10.07.2021 à 02h38

       » Les leaders populistes (Orban, Poutine, Jansa,…) »

      En ce qui concerne Poutine, vous confondez « populiste » avec populaire, ce que Macron ne sera jamais.

        +5

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  • Christian Gedeon // 10.07.2021 à 01h12

    Je vous le dis. Quand je commence à lire des mots comme purs et rééducation, j’ai le poil qui se hérisse. Le wokisme se déchaîne sans plus se dissimuler. Aux armes intellectuelles citoyens. Les rachitiques du bulbe se multiplient.

      +3

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    • Dieselito // 10.07.2021 à 11h57

      Les méduses vivent depuis 480 millions d’années sans cerveau… le libéralisme a de l’espoir pour durer….

        +4

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  • Jean Bachélerie // 10.07.2021 à 14h42

    La dérive autoritaire est inscrite dans cette idéologie, qui ne fait confiance qu’ aux experts, experts agréés, exemple les économistes, les économistes néolibéraux sont reconnus comme experts, les économistes hétérodoxes se voient dénier le qualificatif d’économistes par les orthodoxes, être juge et partis cela rappelle les systèmes totalitaires.
    il n’y a pas de parti unique mais c’est pire la pensée unique, il n’y a pas de censure officielle , la censure est privatisée : Google, Twitter, chaque media dominant censurent les commentaires, les journalistes,
    le droit de manifester existe, mais les manifestations sont de plus en plus interdites et réprimés violemment. les droits de l’homme sans cesse invoqués sont piétinés ou manipulés ;
    le droit au travail n’existe plus, le droit au logement non plus, le droit à la santé et le droit à l’éducation gratuite sont aussi remis en question par le marché! le marché où règnent les oligopoles mondiaux! le travail forcé est sous-traité par les oligopoles aux pays où les salaires sont les plus bas et la protection sociale et les syndicats inexistants .
    l’égalité homme femmes est formelle.
    un pays peut faire assassiner un journaliste, détruire un voisin le Yémen,, Israël pratique l’apartheid, érige un mur, colonise des régions entière.
    Le néolibéralisme n’est pas ni libéral ,ni démocrate, il est au libéralisme ce que la canada dry est au Whisky. Il est un système de plus en plus autoritaire,

      +8

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    • Anfer // 10.07.2021 à 18h42

      Non…

      Le neoliberalisme est libéral, le problème c’est le libéralisme, pas le néo devant.

      Il n’y a pas de whisky…

        +1

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  • Saint Maurice // 11.07.2021 à 14h53

    « Le « marché » ne gère rien, ce n’est pas une entité magique. C’est un choix politique d’organisation, qui est planifié ».

    Cela ne va pas ensemble, c’est même antinomique….

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    • Anfer // 12.07.2021 à 11h18

      On le croit, sauf que c’est pourtant ainsi que ça se passe, je précise que je parle de la mise en place du marché.

      Quand au marché lui-même, c’est une suite d’ajustement en fonction de pleins de facteurs, qui ne sont quasiment jamais ceux d’un homo-economicus egoiste et rationnels.

        +0

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  • Saint Maurice // 11.07.2021 à 14h57

    « Le marché est une machine à collecter et à digérer des informations fournies par tous les individus en vue d’ajuster la production à leurs besoins de la manière la plus efficace compte tenu des contraintes de ressources. » écrivait Christian Gomez

    « Le rôle des banques et des marchés financiers de façon plus générale est de lever les obstacles à la circulation financière. Les obstacles sont les risques que prennent les prêteurs en prêtant, de ne pas être remboursés (problème de solvabilité), ou d’avoir besoin de l’argent avant la date du remboursement, (problème de liquidité).
    Pour que les échanges puissent se faire, il faut un système capable d’assumer les risques de solvabilité et de liquidité. La bourse, le marché obligataire (où s’échangent les obligations d’État ou d’entreprises), la titrisation, le shadow banquing (toutes les transactions opaques et non déclarées) ont permis d’élargir la capacité de prise de risque du système financier. Mais il faut sans cesse inventer de nouveaux canaux qui permettent la circulation des capitaux afin toujours d’augmenter la croissance des échanges et de l’emploi.
    Pour tirer parti de l’épargne dégagée aujourd’hui dans l’économie et faire croître son potentiel de production, sans risquer de provoquer des tensions inflationnistes, il faut en permanence avoir une certaine idée de l’épargne qui sera dégagée demain. Les moyens d’information mis en œuvre par les institutions qui reçoivent les placements des agents non financiers, (les collecteurs d’épargne) y contribuent précisément.
    Le crédit bancaire et le marché obligataire apportent à cette mobilisation d’information une contribution appréciable. Il permet à l’information dont disposent épargnants ou collecteurs d’épargne d’être transmise à ceux qui mettent en œuvre des projets d’investissements ou aux banques qui les financent. Ils aident à décider de la « longueur » des prêts accordés et donc aussi de celle des projets financés »
    ajoutait Bender…

      +0

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    • Anfer // 12.07.2021 à 18h37

      C’est beau… mais ça repose sur un présupposé faux, que l’épargne est très importante pour l’économie, et que l’inflation est par essence mauvaise vu qu’elle fait fondre l’épargne.

      En réalité l’épargne est quasiment inutile dans l’économie, et l’inflation est un moyen très efficace de se débarrasser de ses dettes, l’euthanasie des rentiers comme le disait Keynes.

      Le liberalisme est juste une idéologie de rentiers.

        +1

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      • Saint Maurice // 13.07.2021 à 11h27

        je ne sais pas ce que vous appelez « épargne » mais disons que l’argent qui circule (y compris le shadow banking) est très important pour l’économie…What else ?

        Quant à l’inflation elle fait fondre l’épargne de l’épargnant mais pas l’argent (qui va chez un autre…)

        Non le libéralisme tend à dire que le privé fait mieux pas mal de chose et soulage le public…
        le contraire c’est la planification qui pourrait peut être marcher mais on n’a pas encore réussi… et la plupart des essais pâtissent de la direction dictatoriale qu’ont prise bien des élites antilibérales.
        Cela j’espère pourra fonctionner sans dictature dans un monde antilibéral mais encore une fois nous n’y parvenons pas.
        Et en dehors de quelques blogs où nous nous retrouvons, l’envie antilibérale n’est pas si présente….

          +1

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        • Anfer // 13.07.2021 à 19h52

          L’épargne, c’est ce qui n’est pas consommé.
          Ce qui n’a rien à voir avec l’investissement.

          La monnaie n’a pas de valeur en elle-même, c’est juste une reconnaissance de dette.
          C’est une convention sociale, si tu me donne des bouts de papiers colorés, en échange tu auras des trucs utiles.

          Le liberalisme ne dit pas que le privé fait mieux sans « raisons », il postule que l’être humain est un individu rationnel égoïste et calculateur, un « homo economicus », et que ce n’est que mue par son intérêt personnel égoïste qu’il agit.

          L’état n’étant pas un individu, il n’a pas cet intérêt personnel égoïste, et ne fera donc jamais mieux.

          Ce postulat est essentiel pour la théorie classique et neoclassique, car il justifie l’efficience du marché.

          Mais bon… si ça pouvait se défendre au 18 et début 19ème siècle, après 150 ans de science sociale, il faudrait un peu se mettre à jour.

          Le problème, c’est que si on enleve l’homo economicus, le reste s’effondre.

          La planification, il y en a partout et tout le temps, même les liberaux en font, tout comme le cultivateur du néolithique.

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  • yannos // 12.07.2021 à 09h25

    Il y a dans les appellations gauche droite extrême centre quelque chose qui pousse au préjugé qui rend la discussion politique impossible.
    Droite : (de méchant à réaliste)
    Gauche (de gentil à naif)
    centre (de incapable à modéré)
    extrême (de interdit à interdisant)
    Bref, avec de tels préjugés les discussions ne sont plus pratiques ni pragmatiques, elles virent au mélodrame et aux épanchements d’émotions ce qui donne dans un débat « vous n’avez pas le monopole du coeur » par exemple

    Peut on considérer macron de gauche ? de mon point de vue macron est un extrémiste libéral car pousse à la destruction de l’état au profit du marché, qu’il participe à la libération des mouvements de capitaux et de la main d’oeuvre au profit des entreprises. certains pourront répondre que non il est de gauche car il est pour la migration et pour le mariage pour tous.

    Peut on être de gauche et de droite sans pour autant être centriste ? une personne totalement opposée aux mariages pour tous et à l’accueil des migrants et en même temps pour un impôt fort sur le capital, la taxe tobin, et un salaire minimum fort se situe dans quel segment ?

    Je ne crois plus à ces segmentations qui mélangent tout.

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    • Anfer // 13.07.2021 à 20h26

      Personne à gauche n’est « favorable » à la migration.

      Migrer sous la contrainte de la guerre ou de la misère n’est jamais agréable, et trouver ça bien ça signifierait se réjouir de la guerre et de la misère.

      Par contre, traiter ces gens comme des parias, les humilier, les déshumaniser, non.

      La meilleure manière de lutter contre les flux migratoires forcés, c’est de lutter non pas contre les migrant, qui sont la conséquence, mais de s’attaquer aux causes.

      Libre échange
      Libre circulation des capitaux
      Néo colonialisme

      En gros le capitalisme.

      Quant au mariage pour tous.
      Qu’est ce qui vous dérange ?

      Pour rappel, les moralisateurs conservateurs nous annonçait la fin de la civilisation et le retour de L’antéchrist si le divorce était légalisé…
      Si les juifs et les protestants avaient accès à l’état civil.
      Etc…

      Les paniques morales de ce type sont juste risibles.

        +2

      Alerter
  • xavier37 // 13.07.2021 à 13h14

    La domination d’une oligarchie est réalisée par:
    – la propagande poussant les « masses » à l’individualisme forcené, et au consumérisme égotique,
    – l’imposition de normes comptables,
    – le rattachement des dirigeants d’entreprises aux intérêts des actionnaires via les stocks options,
    – le lobbying intensif auprès des institutions de régulation supra-nationales (OCDE, UE, FMI…)
    – la corruption des systèmes politiques via le financement des campagnes électorales,
    – la main mise sur les médias,
    Après, on peut l’appeler néo-liberalisme, ou néo-maoisme, ou néo-tsarisme, les mécanismes sont identiques.

      +1

    Alerter
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