Source : La Tribune, Romaric Godin, 06/11/2015

Lundi, le parlement catalan devrait lancer le processus de “déconnexion” de l’Espagne. (Crédits : Reuters)

Le parlement catalan devrait lundi adopter une déclaration ouvrant le processus d’indépendance. Madrid réagira rapidement. Mais la clé de la crise réside aussi dans la capacité des sécessionnistes à s’unir.

La première session plénière du nouveau parlement catalan élu le 27 septembre prochain aura bien lieu lundi 9 novembre. Et l’on y discutera bien de la motion des deux partis indépendantistes prévoyant le lancement d’un « processus de déconnexion avec l’Espagne » et la désobéissance aux décisions des instances espagnoles. Le recours des partis unionistes catalans auprès du Tribunal constitutionnel espagnol (TC), qui visait à interdire le débat sur cette déclaration a été rejetée jeudi 5 novembre au soir.

Pas d’interdiction des débats

Le TC a jugé qu’il ne pouvait avoir recours à une interdiction préventive des débats. « Le parlement est le siège naturel du débat politique », ont indiqué les juges qui ont précisé que « l’éventuel résultat du débat parlementaire ne doit pas être une condition par anticipation à ce débat. » Bref, les députés régionaux catalans peuvent discuter de la motion indépendantiste. Ils peuvent même voter sur cette motion. Mais ceci n’exclut pas la capacité qu’aura ensuite le TC de juger cette motion illégale, ni celle de l’Etat espagnol ensuite de faire respecter la décision du TC. Or, de ce point de vue, l’illégalité de la motion ne fait aucun doute dans la mesure où elle s’oppose à l’article 2 de la Constitution espagnole qui proclame « l’unité indissoluble de la Nation espagnole, patrie commune et indivisible de tous les Espagnols. »

Une épreuve de force inévitable

Ce vendredi 6 novembre, sur la radio espagnole Cadena Ser, une des membres du TC, Encarnación Roca, a d’ailleurs clairement affirmé que si « le gouvernement catalan (en réalité, le parlement, NDLR) approuvait lundi la résolution, ce que nous ferons, en accord avec notre propre Constitution, sera de la suspendre parce que il ne nous restera pas d’autres solutions. » La messe semble donc dite, car, au même moment, les partis indépendantistes faisaient enregistrer leur motion auprès du bureau du parlement régional où ils disposent de la majorité absolue. Or, si l’exécutif catalan respecte la résolution du parlement et donc décide de désobéir au TC, le gouvernement espagnol n’aura pas d’autres recours que l’article 155 de la constitution qui permet d’avoir tous les moyens pour faire rentrer les pouvoirs régionaux dans le respect de la loi fondamentale. Ce vendredi, le gouvernement de Madrid a indiqué qu’il se réunira dès le vote de la déclaration catalane pour agir.

La faiblesse de Madrid

On se dirige donc logiquement vers une véritable épreuve de force entre Madrid et Barcelone. Dans ce cadre, l’Etat espagnol dispose d’une faiblesse fondamentale : celle de l’application concrète de l’article 155 en cas de désobéissance déterminée du gouvernement catalan. L’usage de la force est une option peu crédible, d’abord parce qu’elle alimenterait l’indépendantisme en mettant à jour la violence de l’Etat espagnol, ensuite parce que les moyens de coercition de l’Etat en Catalogne sont faibles. Il faudrait donc organiser une « conquête » de la région, ce qui n’est pas crédible. Le ministre de l’Intérieur espagnol José Fernández Díaz l’a d’ailleurs reconnu cette semaine en déclarant qu’il « n’enverra pas la garde civile défiler sur la Diagonal (la grande avenue barcelonaise, NDLR). »

Tout acte supplémentaire, comme la suspension des droits et libertés permise par l’article 55 de la constitution espagnole ou l’état d’exception permis par l’article 116, pour appliquer l’article 155 conduirait à la même impasse. Concrètement, l’article 155 pourrait donc n’avoir comme résultat que d’invalider juridiquement aux yeux de l’Espagne les lois catalanes. Cela n’irait pas sans problème pour la Catalogne, notamment dans ses relations internationales, mais cela reviendrait en réalité à réaliser de facto cette « déconnexion » voulue par les indépendantistes catalans. Bref, c’est un casse-tête pour Madrid, quoi qu’en disent les ministres espagnols qui, en cette période de campagne électorale, aiment à se poser en position de force face aux « rebelles » catalans.

La division des indépendantistes autour du « cas » Artur Mas

Mais, en réalité, la principale chance des unionistes résident dans les faiblesses des indépendantistes. Et la principale de leurs faiblesses, c’est leur désunion. Si les deux partis sécessionnistes, Junts Pel Sí (qui regroupe la gauche républicaine, le centre-droit du président catalan Artur Mas et les associations souverainistes) et la gauche radicale indépendantiste de la CUP, se sont mis d’accord sur la motion déjà citée et s’ils disposent de la majorité parlementaire, ils se déchirent encore sur la question centrale de l’élection du président de la Generalitat, le gouvernement régional.

Le refus de la CUP

Au centre de cette querelle, il y a la figure d’Artur Mas, le président sortant. Cet homme est à la tête de l’exécutif catalan depuis 2010. Pour la CUP, il est une figure détestée qui incarne l’application des mesures d’austérité qu’il a mises en place à partir de 2011. La CUP, qui a été un des grands vainqueurs des élections du 27 septembre, a fait campagne sur le refus de soutenir Artur Mas et avait précisément refusé d’entrer dans Junts Pel Sí entre autres pour ne pas s’allier avec ce dernier. Cette détermination est encore plus forte depuis qu’a éclatée voici quelques semaines, un nouveau scandale de corruption sur les marchés publics où serait impliqué le parti d’Artur Mas, la CDC. Pour la CUP, Artur Mas, dauphin désigné de Jordi Pujol, l’ancien président de la Generalitat qui avait mis en œuvre un système d’évasion fiscale vers Andorre, est l’incarnation du « vieux monde » dont précisément l’indépendance doit permettre de se débarrasser. Le parti de gauche radicale ne veut donc pas soutenir Artur Mas, même pour ouvrir un processus de sécession, car ce serait donner raison aux critiques unionistes qui estiment que l’indépendance est un moyen pour la « bande à Mas » d’éviter de répondre devant la justice espagnole. Mercredi 4 novembre, la CUP a annoncé officiellement qu’elle ne votera pas pour Artur Mas.

Artur Mas déterminé

Mais, en face, Artur Mas ne veut pas renoncer à la présidence de la Generalitat. Il est, il est vrai, l’artisan de l’élection du 27 septembre et de la conversion d’une grande partie des Catalans à l’indépendantisme. C’est lui qui a fait évoluer la CDC de l’autonomiste Jordi Pujol vers le sécessionnisme. C’est lui qui a œuvré pour le lancement d’élections « plébiscitaires » centrées sur l’indépendance et c’est lui qui est à l’origine de la coalition Junts Pel Sí. Parmi les engagements de cette liste, il y avait le maintien d’Artur Mas à la présidence. Ce dernier se juge d’autant plus légitime qu’il se présente désormais comme un martyr de l’indépendance depuis qu’un tribunal l’a inculpé pour l’organisation de la consultation du 9 novembre 2014 sur l’indépendance. Bref, pas un des deux camps ne veut céder. Et sans la CUP, Artur Mas n’a aucune chance d’être élu.

Deux mois pour trouver un accord, ou de nouvelles élections…

Or, sans accord, il est clair que la situation sera beaucoup plus difficile pour le gouvernement catalan, qui ne sera qu’un gouvernement intérimaire. Comment un tel gouvernement pourrait faire front efficacement à la réaction espagnole ? D’autant que l’article 67.3 du statut d’autonomie catalan prévoit qu’après deux mois à compter du premier vote d’investiture, le président de la Generalitat n’est pas élu, le parlement est dissout et de nouvelles élections doivent être organisées. Dans ce cas, il y a fort à parier que le camp indépendantiste paierait cher sa désunion auprès de la population…

Ceci donne il est vrai deux mois à la CUP et à Junts Pel Sí pour trouver un compromis. Ce ne sera pas aisé, car chacun campe sur ses positions, tout en assurant travailler à un accord. Dans la motion commune déposée vendredi, une annexe nouvelle à ce texte prévoit de nombreuses mesures sociales sur la sécurité de l’accès à l’énergie pour les plus pauvres, la scolarité ou encore l’assurance d’un système de santé de qualité. Ce sont autant de concessions faits par Junts Pel Sí à la CUP. Mais sera-ce suffisant ? Ce qui est certain, c’est qu’on voit mal Artur Mas s’effacer au profit d’un partenaire de consensus. Le déclic pourrait donc venir d’un événement extérieur et de la réaction de l’Etat espagnol.

Dialectique des événements

En cas d’application de l’article 155, la CUP pourrait, face à la menace, oublier ses exigences et faire front au moins temporairement en investissant Artur Mas. Mais, du coup, Madrid appliquera-t-il cet article au risque de souder des Indépendantistes divisés ? S’il y a des actes ouverts de désobéissance, l’article 155 sera incontournable légalement. Et même un gouvernement catalan intérimaire pourrait se considérer comme tenu par la déclaration votée par le parlement et demandant la désobéissance au TC. Dès lors, en appliquant cette désobéissance, Artur Mas pourrait s’attacher la CUP. De même, le résultat des élections espagnole du 20 décembre et la possible arrivée au pouvoir du parti des citoyens, Ciudadanos, farouchement unioniste, dans une coalition à Madrid pourrait ressouder le camp indépendantiste en Catalogne. Bref, la situation est donc très tactique. Elle va évoluer dans cette dialectique entre réponse de l’Espagne et jeu interne à l’indépendantisme catalan.

Absence de soutien international

Reste un autre élément : les indépendantistes, surtout ceux de Junst Pel Sí, espéraient beaucoup de la « communauté internationale » et de l’Europe pour soutenir leur cause face à l’Espagne. Cette solidarité internationale semble ne pas être en mesure de se dessiner pour l’instant. Contrairement à ce que l’on lit parfois en France, l’UE ne défend pas le régionalisme face aux Etats et la version officielle demeure qu’en cas d’indépendance, la Catalogne sortira de l’UE et, de facto, de la zone euro. Aucun pays européen n’a, pour le moment, fait mine de soutenir même la discussion. La crise catalane est vue comme un phénomène interne, ce qui incite naturellement Madrid à « régler » ce problème par les moyens légaux à sa disposition sans faire de concessions. Les indépendantistes ne pourront donc sans doute compter que sur leurs propres forces. Raison de plus, sans doute pour s’unir.

Source : La Tribune, Romaric Godin, 06/11/2015

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Catalogne : le parlement lance le processus d’indépendance par Romaric Godin

Source : LaTribune, Romaric Godin, 09/11/2015

Un drapeau indépendantiste catalan à une fenêtre barcelonaise. Le parlement catalan a ouvert la voie à l’indépendance. (Crédits : Reuters)

Le parlement catalan a adopté une résolution demandant le lancement d’un procession de “déconnexion” avec l’Espagne. Mais la désunion du camp indépendantiste pourrait faire échouer cette ambition.

Un an jour pour jour après la « consultation » sur l’indépendance de la Catalogne interdite par le Tribunal Constitutionnel, le nouveau parlement élu de Catalogne a engagé le processus de sécession de la région avec l’Etat espagnol. 72 députés sur 135, soit l’intégralité des élus des deux listes indépendantistes, ont en effet voté un texte présenté par ces mêmes listes. Ce document demande au prochain gouvernement catalan d’initier une politique de « déconnexion » avec l’Espagne pour “créer un Etat catalan en forme de république” et d’engager des négociations dans ce sens avec Madrid.

Appel à la désobéissance

Mais l’élément le plus explosif de cette motion est l’appel à la désobéissance du gouvernement catalan. Même si le mot n’est pas écrit dans la motion votée, cette dernière demande à l’exécutif de « remplir seulement les normes et mandats venant de cette Chambre, légitime et démocratique, afin d’assurer les droits fondamentaux qui pourraient être affectées par les décisions des institutions de l’Etat espagnol » (point 8). Le point 5 indique que « le processus de déconnexion démocratique ne se soumettra pas aux décisions des institutions de l’Etat espagnol. »

Un référendum en ligne de mire

Autrement dit, le texte approuvé aujourd’hui par un parlement régional de l’Etat espagnol reconnaît l’illégalité de sa décision dans le cadre espagnol et place sa légitimité au-dessus de la constitution de 1978. Sans être la déclaration unilatérale d’indépendance que demandait initialement le parti de gauche radicale CUP, c’est donc un geste extrêmement fort qui engage un processus de rupture. « Avec cette résolution, nous donnons solennellement un départ à la construction d’un Etat catalan », a indiqué à la tribune du parlement Raul Romeva, la tête de liste de Junts pel Sí, la principale liste indépendantiste.

Pour autant, la nuance n’est pas faible. Si le parlement catalan refuse la légalité espagnole, c’est pour parvenir à imposer ce qui est impossible dans le cadre de cette légalité : un référendum sur l’indépendance. Celui du 9 novembre avait été interdit par le Tribunal Constitutionnel et avait dû se muer en « consultation citoyenne » pour l’organisation de laquelle les dirigeants catalans sont aujourd’hui poursuivis par la justice espagnole. Et si les indépendantistes n’ont pas obtenu la majorité des voix, ils entendent organiser un processus qui puisse déboucher sur un vote clair et définitif par référendum, ce qui est la procédure couramment utilisé dans ces cas dans d’autres pays (ex-Yougoslavie, Canada, Ecosse).

La réaction de Madrid

Que va-t-il se passer à présent ? Vendredi 6 novembre, le gouvernement espagnol avait promis de réagir vite. Il a tenu parole. Mariano Rajoy, le président du gouvernement catalan a lancé dès ce lundi midi la procédure pour promptement porter cette motion devant le Tribunal Constitutionnel (TC) pour que ce dernier en constate l’inconstitutionnalité, ce qui ne fait aucun doute, pas même à ses rédacteurs. Une fois cette illégalité proclamée, le bras de fer entre Madrid et Barcelone sera engagée. Car le gouvernement catalan sera mis au défi de respecter ou l’ordre constitutionnel espagnol ou l’ordre démocratique purement catalan revendiqué par la motion de « son » parlement. S’il fait le second choix. Autrement dit, si le gouvernement régional décide de se considérer comme lié par la motion et engage effectivement la création de structures pour un nouvel Etat, alors la rupture sera consommée. Un nouvel acte s’ouvrira alors.

L’article 155

Madrid peut réagir à cette désobéissance par la mise en place de l’article 155 de la Constitution espagnole qui prévoit que « si une communauté autonome (région) ne remplit pas les obligations que la Constitution lui imposent ou si elle agit de façon à porter gravement atteinte à l’intérêt général de l’Espagne, le gouvernement espagnol, après avoir préalablement mis en demeure le président de la Communauté autonome et si cette mise en demeure n’aboutit pas, pourra, avec l’approbation de la majorité absolue du Sénat, prendre les mesures nécessaires pour la contraindre à respecter ces obligations ou pour protéger l’intérêt général mentionné. »

Cette procédure est souvent comprise comme la possibilité donnée à l’Etat central de suspendre l’autonomie régionale et, donc, le gouvernement et le parlement local. Il présente cependant quelques difficultés concrètes de mise en œuvre. Notamment, la convocation du Sénat, alors que les Cortès, le parlement espagnol, ont été officiellement dissouts fin octobre. Madrid soutient cependant que les Cortès restent légalement en fonction jusqu’à la convocation du nouveau parlement le 14 janvier. Il pourrait donc être possible de convoquer le Sénat.

Cet article avait été rédigé en 1978 en ayant à l’esprit les événements du 6 octobre 1934 où le président de la Generalitat Lluis Companys avait proclamé un « Etat catalan dans la république ibérique » avant que l’intervention de l’armée espagnole mette fin à cette tentative de sécession. C’est donc un article prévu pour les événements comme ceux que l’on vit aujourd’hui.

La désunion indépendantiste bloque l’application de la motion

Selon le quotidien madrilène El Mundo, le gouvernement de Mariano Rajoy prévoit cependant d’avancer progressivement. Il y a tout intérêt, car la motion votée au parlement catalan pourrait, dans un premier temps, rester lettre morte. En effet, pour l’appliquer, il faut un gouvernement catalan issu du parlement qui l’a votée. Or, pour le moment, il n’y a pas d’accord entre les deux listes constitutionnels : Junts Pel Sí et la CUP, sur le nom du futur président de la Generalitat, autrement dit du président catalan. Junts Pel Sí est une alliance électorale qui a été construite par le centriste Artur Mas, président sortant, autour de sa candidature. Mais la CUP rejette cette candidature en raison des soupçons de corruption qui l’entourent et de l’application par son gouvernement de sévères mesures d’austérité qui répercutaient en Catalogne la politique de Mariano Rajoy. « Il faut laisser derrière nous la Catalogne des coupes budgétaires, des privatisations et de la corruption », a déclaré la numéro 2 de la CUP Ana Gabriel devant le parlement ce lundi.

Pour le moment, la situation est bloquée. La CUP a refusé de voter pour Artur Mas et propose un candidat de compromis, Neus Munté, la vice-présidente du gouvernement et membre du même parti qu’Artur Mas. Mais cette dernière a refusé, se disant « à 100 % à côté d’Artur Mas. » Le vote présidentiel aura lieu mardi 10 novembre. S’il débouche sur un échec (Junts Pel Sí ne dispose pas de la majorité absolue sans la CUP), les négociations continueront, mais il n’y aura en Catalogne qu’un gouvernement intérimaire. Et si le 10 janvier, il n’y a pas de nouveau président, il y aura de nouvelles élections en mars en Catalogne.

Réaction progressive de Madrid

Selon des titres de presse catalane, c’est le scénario voulu par Artur Mas. Mais, selon El Mundo, ce serait aussi celui de Mariano Rajoy. Le gouvernement catalan provisoire ne pourrait en effet pas se lancer dans la « désobéissance » dans une telle situation. Dans ce cas, il suffirait d’attendre mars et de vaincre les indépendantistes dans les urnes pour refermer la page sécessionniste et enterrer la déclaration de ce 9 novembre. Le gouvernement de Madrid a donc tout intérêt à ne pas engager de provocations pour le moment, notamment à user de l’article 155. Tout acte de ce type conduirait en effet à unifier le camp indépendantiste.

Les plans de Madrid pour contrôler la police catalane

Cependant, El Mundo indique qu’en cas d’élection d’un président et de lancement concret du processus indépendantiste, le gouvernement envisage d’agir progressivement pour faire céder l’exécutif catalan. D’abord, en coupant les transferts financiers vers la Catalogne. Mais il s’expose alors à la prise de contrôle de l’administration fiscale par la Generalitat pour empêcher les impôts catalans de remonter à Madrid. Ensuite, en portant plainte contre le président régional et contre la présidente du parlement catalan.

Ce n’est qu’ensuite, si rien ne change, que Madrid entend utiliser l’article 155 avec un geste fort : la prise de contrôle de la police catalane, les Mossos D’Esquadra. Selon les données de Madrid révélées par El Mundo, seuls 300 des 17.000 Mossos seraient prêts à refuser cette prise de contrôle par le ministère espagnol de l’intérieur, la masse restera fidèle à l’Espagne. Un chiffre qui semble sans doute exagéré, mais qui fera son effet certainement sur une partie de la population catalane. Une fois les forces de l’ordre contrôlées, la suspension des institutions catalanes pourrait paraître aisée. Si, évidemment, les Catalans ne descendent pas dans les rues pour défendre leurs institutions…

En tout cas, le journal conservateur madrilène assure que la Commission européenne et les Etats de l’UE soutiendront Madrid et « les moyens employés pour soutenir la légalité. » L’Europe a donc fait son choix et les indépendantistes catalans ne pourront compter pour avancer que sur leur propre détermination.

Le 20 décembre changera-t-il la donne ?

Reste une inconnue : le résultat des élections espagnoles du 20 décembre. Mais ces plans ne devraient guère être remis en cause par une nouvelle majorité. Pour le moment, le Parti populaire de Mariano Rajoy et le parti des Citoyens (Ciudadanos) d’Albert Rivera, farouchement unioniste, semblent en mesure de gouverner ensemble. Or, le programme de ce dernier parti, révélé dimanche, va dans le sens d’une réduction de l’autonomie régionale. Sans doute sera-t-il même partisan d’une méthode plus directe contre l’indépendantisme. Quoi qu’il arrive, le PSOE, le parti socialiste espagnol, semble s’aligner sur le PP et Ciudadanos. Le 20 décembre, à moins d’une poussée aujourd’hui improbable de la gauche radicale, ne changera rien. Reste une hypothèse: si Ciudadanos lance la surenchère sur l’article 155 en critiquant la prudence de Mariano Rajoy, il pourrait décider ce dernier à agir plus rapidement. Et donc à changer la donner. Car le cas catalan est devenu un enjeu majeur de la campagne espagnole.

Source : LaTribune, Romaric Godin, 09/11/2015

 

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26 réponses à Catalogne : le parlement lance le processus d’indépendance, par Romaric Godin

Commentaires recommandés

crapounet Le 10 novembre 2015 à 09h00

Vouloir quitter l’Espagne, territoire avec lequel ils sont liés depuis 300 ans au nom d un “racket fiscal” supposé qui sert leurs frères iberique; pour ensuite rester dans l’UE et l’euro et contribuer financierement pour les Bulgares ou les Estoniens.

Sans oublier le faite que parler de souveraineté dans un 1er temps pour se mettre des chaînes aux pieds ensuite, ça reste un contresens malheureux.

Mais j’imagine que cela a plus à voir avec l’ambition electoraliste de quelques politiques qu’avec le soucis de l’interêt national.

  1. Dono Le 10 novembre 2015 à 06h32
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    Quelle surprise?!!
    Cela fait des décennies que le découpage de l’Europe et du “middle east” est engagé…Et quand il le faut l’Otan utilise le droit humanitaire et massacre à tour de bras des arabes…
    Hélas, P. Hiliard a raison et n’est pas si confus….Les séparatismes et redécoupages sont aidés, fomentés sur la longue durée (celui de l’Ecosse, de la Syrie, de L’Irak, Iran? Arabie Saoudite….) par le système (lisez les mémoires de Rockfeller…il le dit texto). Rien de complotiste la-dedans, juste de la détermination et des gros moyens (corruption des élites nationales, manipulation mentale à grande échelle…)….Il n’y a qu’à constater le bourrage de crâne sur l'”Europe”….
    Soyez curieux visualiser les cartes officielles (issues des milieux géopoliticiens néo-conservateurs U.S ou israeliens dans les (très) longues entrevues de P. Hiliard!


  2. crapounet Le 10 novembre 2015 à 09h00
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    Vouloir quitter l’Espagne, territoire avec lequel ils sont liés depuis 300 ans au nom d un “racket fiscal” supposé qui sert leurs frères iberique; pour ensuite rester dans l’UE et l’euro et contribuer financierement pour les Bulgares ou les Estoniens.

    Sans oublier le faite que parler de souveraineté dans un 1er temps pour se mettre des chaînes aux pieds ensuite, ça reste un contresens malheureux.

    Mais j’imagine que cela a plus à voir avec l’ambition electoraliste de quelques politiques qu’avec le soucis de l’interêt national.


    • Pavlo Le 10 novembre 2015 à 12h16
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      Certes la Catalogne fait partie depuis 300 ans de l’Espagne; mais aussi depuis 300 ans les catalans regrettent ce fait et le considèrent comme une occupation.
      Cela est occulté par les medias, bien sûr, mais il suffit de parler avec des catalans pour sentir leur irredentisme.

      Et ce n’est pa nouveau de maintenant; informez vous sur l’histoire de la guerre d’Espagne par exemple. Ou demandez-vous pourquoi le drapeau de combat catalan (celui avec l’étoile) est si semblable au drapeau cubain (car les independentistes avaient voulu, fin du 19e siècle, s’inspirer de la lutte d’independence de Cuba; elle aussi pourtant partie integrante “depuis des siècles” de l’empire espagnol).

      La seule possibilité pour la Catalogne de rester au sein de l’Espagne serait que l’Espagne se reforme, devienne une république réellement democratique et respectueuse de sa diversité interieure (comme ce fut le cas lors de la tentative de la 2e republique espagnole, vous savez, celle du drapeau tricolore officiellement interdit par le pouvoir espagnol mais qu’on voit partout lors des manifs).

      Les catalans veulent rester catalans, Madrid veut les faire devenir espagnols. Ca ne peut que peter.
      Les similitudes avec le Donbass sont grandes en fait.
      Et le volet fiscal n’est qu’un écran de fumée.


      • yann Le 10 novembre 2015 à 13h04
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        Cela ne répond pas aux propos précédents. Pourquoi vouloir être “indépendant” de l’Espagne si c’est pour rester dans l’euro et l’UE? Au cas où vous ne le sauriez pas, ni l’Espagne ni la France ne sont aujourd’hui des états nation. Nous avons transféré pratiquement tous les pouvoirs décisionnels à l’UE et à Francfort. Une nation sans indépendance monétaire, militaire et budgétaire ce n’est pas vraiment une nation, un vassal tout au plus. Si les Catalans restent dans l’UE ils ne feront que changer de suzerain.


        • Georges Le 11 novembre 2015 à 00h28
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          @yann

          C’est un combat entre la démocratie et la légalité.

          Notez que les gens qui étaient envoyés au goulag l’étaient “en toute légalité”. Activité contre-révolutionnaire, il y avait une loi explicite pour ça.

          Pour quelles raisons vous vous offusquez du désir des catalans (désir exprimé par un système démocratique, celui que nous reconnaissons) ? En quoi cela vous gêne-t-il ? En quoi cela vous regarde même ?

          Votre argument pourrait être retourné. Pourquoi les espagnols s’inquiètent de la volonté des catalans puisque le gouvernement est à Bruxelles ? Tout continuera comme avant, passages de frontières libres…….ordres de Bruxelles…..

          Ne pourrait-on pas un jour arrêter de vouloir décider pour les autres ? Ou bien y-a-t-il toujours un petit colon qui sommeille en nous.

          Le statut de 2006 semblait accepté par tous. Il y a eu une régression imposée par l’état espagnol en 2010. Le gouvernement catalan a fait un recours devant le tribunal constitutionnel. Celui-ci n’a pas répondu pendant quatre ans, misant sur le pourrissement de la situation. Les catalans ont alors lancé le référendum, modifié en consultation. Le tribunal constitutionnel a condamné cette consultation dans la même journée que son annonce (à comparer avec les quatre ans pour fournir une réponse à la requête catalane, réponse alambiquée et dure à formuler, car les catalans avaient raison dans leur requête, mais le tribunal, après les quatre ans, a donné raison au gouvernement espagnol).

          Et j’apprends par cet article qu’un parti veut encore faire régresser le statut d’autonomie. Si ces statuts peuvent changer tous les deux ou trois ans sans qu’on y puisse rien, où se trouve la confiance ?

          Le gouvernement espagnol, depuis la régression de 2010, a recréé la volonté d’indépendance de la Catalogne.


          • DUCHENE JEAN Le 11 novembre 2015 à 07h08
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            parce que la “démocratie” bourgeoise catalane n’est pas meilleure que la démocratie bourgeoise espagnole. Ce combat nationaliste d’arrière garde tourne le dos au intérêts des travailleurs espagnols et catalans. C’est effectivement l’intérêt de politiciens et d’une partie des classes moyennes qu’il y a derrière cette indépendance. Un travailleur catalan a plus d’intérêts en commun avec un travailleur espagnol qu’avec un bourgeois catalan. Les travailleurs n’ont rien à y gagner. Vive la lutte des classes.


            • Boubanka46 Le 11 novembre 2015 à 23h11
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              Il ne faut pas réduire les indépendantistes à la droite catalane qui gouverne la généralitat la plus part du temps depuis 40 ans, et dont les affaires de corruptions sont exploitées par le camp unioniste. L’ERC et CPU sont des partis de gauche. La CPU ne veut pas de Mas comme président car il incarne cette droite corrompu même si à ma connaissance il n’est incriminé dans aucune affaire


          • yann Le 11 novembre 2015 à 11h18
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            Vous ne répondez toujours pas à la question. La Catalogne ne sera pas plus indépendante en quittant l’Espagne si elle reste dans l’UE et l’euro. Je parle en français non? Vous comprenez bien que pour être une nation il faut maitriser les instruments qui font une nation. Si la Catalogne ou l’Écosse quittent leurs nations actuelles pour devenir des eurorégions, ils ne seront pas plus libres. Ils auront juste changé de suzerain. Ce n’est pas ce que j’appelle l’indépendance. L’indépendance c’est ce que je souhaite pour la France en quittant ce merdier moyenâgeux qu’est l’UE. Si vous êtes pour la souveraineté de la Catalogne, il faut être cohérent et quitter aussi l’UE et l’OTAN.


            • pavlo Le 12 novembre 2015 à 14h57
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              Ce que je veux dire c’est qu’il existe un courant indépendantiste très fort, très ancien.
              Et je suis persuadé que, si une dynamique d’indépendance se mets en place, et si à un moment donné il faille choisir entre l’indépendance et l’UE ou l’euro, alors il y aura un fort courant qui dira “tant pis pour l’UE et l’euro alors!”

              Et la beauté de la chose c’est que semble-t-il ce sera l’UE elle-même qui créera les conditions, en imposant un tel choix; en s’imaginant que les catalans auront peur et diront “oulala non, on veut rester dans l’UE”.
              Je pense que si la Catalogne s’engage fermement dans le processus d’indépendance, et si l’UE menace d’exclusion, alors cela pourrait bien arriver, et montrer à tous qu’on peut effectivement quitter l’UE.

              Je pense aussi que l’armée espagnole interviendra ou menacera d’intervenir; et qu’on pourrait voir des scènes comme au Donbass (pour mémoire, le mouvement autonomiste du Donbass, y compris les drapeaux et les noms de DNR et LNR, furent des emanations d’oligarques locaux, pour accroitre leur pouvoir personnel, et ça datait d’avant le maidan. Mais une fois la boite de pandoire ouverte… la situation est bien differente aujourd’hui des plans de départ).


      • languedoc30 Le 10 novembre 2015 à 16h42
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        “Les catalans veulent rester catalans, Madrid veut les faire devenir espagnols,” tu parles ! En attendant, les Catalans jouissent d’une grande autonomie, la langue du pays est le catalan et malgré l’exaspération qu’ils infligent au reste de l’Espagne avec leurs velléités indépendantistes, leur arrogance et leur égoïsme, force est de constater que la Catalogne est indemne, florissante et prospère et que les habitants du Donbass, dont le pays n’est qu’un champ de ruines, 8000 morts, auraient hurlé de joie si on leur avait proposé le sort de la Catalogne. Réfléchissez un peu quand vous faites des comparaisons.


      • Catalane et espagnole Le 10 novembre 2015 à 18h22
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        La Catalogne fait partie de l’Espagne depuis plus de 500 ans. La Catalogne n’a jamais existé comme tel, c’était simplement le comté de Barcelone sous la domination de la couronne de Aragon qui s’est unifié a Castille lors du mariage de Isabel de Castiile et Ferdinand de Aragon (Les Rois Catholiques).
        Il est vrai que les habitants de cette région ont toujours été des rebelles, déjà ils participèrent à la guerre de succession, lors de la mort de Charles II en soutenant Charles de Habsbourg le candidat autrichien au trône de de Espagne au détriment de Philippe d’Anjou auquel appuyaient le reste des espagnols.
        En 1934, Louis Companys, homme de gauche, donna également un coup d’état en proclamant la République catalane. Condamné à 30 de prison s’exila en France mais il fut livré par la police nazi a la dictature franquiste. Il fut de nouveau jugé et condamné et mourut fusillé au chateau de Montjuic.


        • boubanka46 Le 11 novembre 2015 à 10h15
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          catalane et espagnole mais pas historienne pour 2 sous
          Je suis surpris que la Generalitat qui prone un nationalisme catalan extrême, n ait pas enseigné l histoire.
          Suite a un mariage, la couronne d Aragon est passé dans le giron des comtes de Barcelone. Cette Confederation avait pour capitale Barcelone et les rois d Aragon etaient catalans. l importance de la Catalogne dans le royaume d Aragon est encore visible. Les Baleares et Valence conquises sur les mulsulmans par l Aragon, parlent le catalans ( des variantes) encore de nos jours


      • boubanka Le 11 novembre 2015 à 21h42
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        Ce qui explique les faibles du pp en catalogne et par consequent l existence de l ex ciu. Meme les unionistes catalans ont eu le besoin de creer leur propre parti de centre droit ciudadans


  3. Crapaud Rouge Le 10 novembre 2015 à 13h03
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    Et malgré ça, il se trouve toujours des gens pour prétendre qu’on ne peut pas sortir des traités européens ! Chaque reprise de cette antienne participe de la propagande de l’UE.


  4. Alain Le 10 novembre 2015 à 15h18
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    On peut être dans l’euro sans être enchaîné par ses traités: le Monténégro a adopté l’euro comme unique monnaie ayant cours légal et n’a aucun compte à rendre à l’Eurogroup ! Il n’est même pas membre de l’UE


    • Dono Le 10 novembre 2015 à 15h36
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      Le “projet européen” dépasse largement les seuls européens et les scissions de régions comme la catalogne ou l’Ecosse sont déjà dans les cartons….Le “projet européen” veut des euro-régions sûrement pas des états-nations!!!
      Je le redis en tant que géographe, cette cartographie des redécoupages territoriaux est programmée, accompagnée, préparée par les plus réactionnaires des conservateurs…REGARDER LES CARTES REDESSINEES DES GEOPOLITICIENS NEO-CONSERVATEURS!
      Cordialement.


      • georges glise Le 11 novembre 2015 à 16h44
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        c’est n’importe quoi: ce sont les conservateurs français et britanniques qui ont empêché la naissance d’un vaste kurdistan uni, dans les années 20, et le moyen-orient subit encore les conséquences néfastes de ce refus. que vous le vouliez ou non, les états nations existent, et généralement sur une base linguistique, comme l’ont montré au dix-neuvième siècle l’allemagne et plus encore l’italie.


    • Georges Le 11 novembre 2015 à 00h31
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      @Alain

      Le Monténégro n’est pas dans l’euro (c’est à dire qu’il ne participe à aucune décision relative à la monnaie européenne).

      Le Monténégro a pour monnaie l’euro mais n’est pas dans l’euro.

      Le Monténégro a accepté que l’euro puisse être utilisé sur son territoire et ne propose pas une autre monnaie.


      • vudesirius Le 12 novembre 2015 à 16h12
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        encore une aberration de la “construction européenne”. Le Kosovo du reste est dans le même cas, ainsi que les paradis fiscaux que sont Andorre, Monaco, St Marin, le Vatican (oui, vous avez bien lu; le Vatican), le Liechtenstein, St Barth et St Martin/ St Maarten.
        On nage dans le n’importe quoi!


  5. Andrae Le 10 novembre 2015 à 17h49
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    L’UE est divisée dans sa stratégie.

    Sa dynamique pricincipale, c’est l’expansion, faute de mieux.

    Voir l’ex. USSR, ou d’autres, l’UE suivant au fait un même modèle avec idéologie différente, pour, a) former un bloc plus puissant, b) exploiter les nouveaux adhérents, ressources, travailleurs, corporations, lobbies, pouvant profiter (voir buts Ukraine p. ex), un seul Gouvernement pan-Européen, etc. Soumis, également aux USA …c’est un autre angle.. Sans parler des salaires et avantages des Eurocrates qui sert l’immobilité et des profiteurs temporaires..

    Pour consolider son pouvoir, L’UE cherche donc confusément à diminuer le rôle des Etats-Nations, ce qui manifestement ne marche pas bien comme voulu (Allemagne domine la France, pas de fedération fiscale, etc.) cela reste un jeu de pouvoir entre Nations. Cata!

    L’idéal c’est une Europe des Régions -toutes soumises à Bruxelles- avec leur charmantes spécificités locales (producteur de confiture / fantastique pour le folklore des paniers ou BD, etc.) mais des difficultés surgissent.

    Que faire, p. ex. d’un Brexit ou de la Catalogne? C’est trop compliqué! Aiie! Il ya a des gros risques pour l’Union! On veut des Régions, mais pas comme ca! 🙂


  6. John V. Doe Le 10 novembre 2015 à 17h50
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    Le nationalisme a souvent une solide odeur d’argent.

    C’est bizarrement les régions les plus riches veulent toujours se séparer des plus pauvres en les traitant d’assistés, de paresseux, de prédateurs et autres noms d’oiseaux.

    L’Écosse soudain enrichie par le pétrole qui critique l’Angleterre “de droite” (la droite a 35% des voix et le pouvoir car le système est structurellement truqué en sa faveur), le nord de l’Italie plus central que le sud et donc plus riche considère que les autres sont des mafiosi paresseux, la Flandre dont la prospérité n’existe que liée au port d’Anvers mais qui prétend que les Wallons sont des assistés, le nord de la CEE qui ne rêve que d’exclure le sud, Catalogne inclue, la Californie riche qui rêve d’indépendance par rapport aux zones plus pauvres. La Croatie chérie des Allemands depuis l’époque nazie qui voulait larguer la Serbie plus pauvre. Même notre Québec si gentil dont la richesse est intimement liée à Hydro-Québec et oublie que sans cet énergie quasi-gratuite le Québec serait aussi pauvre que le reste du Canada. Etc….


    • theo Le 10 novembre 2015 à 20h17
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      N’importe quoi votre truc.

      Le Québec serait beaucoup plus riche sans le reste du Canada ainsi que le reste du Canada d’ailleurs. La fédéralisation canadienne est peu être mieux fichue que L’EU, mais le problème reste le même: à cause de notre monnaie commune, les provinces se nuisent entre elles. lorsque certaines vont bien, cela emplifie les problèmes économiques des autres. C’est d’ailleurs les économistes Québecois qui furent parmi les premiers à découvrir les problèmes des monnaies uniques/communes et l’appellèrent “mal hollandais”.

      De plus, Hydro Québec ne fut pas financé par le ROC (Rest of Canada), mais par des banques américaines, alors pour la gratitude envers le ROC, vous pouvez revenir!

      Si les Catalans veulent partir, c’est leur choix et cela sera probablement aussi bénéfique pour eux que pour l’Espagne; leur gouvernement sera plus local et donc plus adaptés et les Élites plus proches de leur peuple et donc moins enclin à déconner.


  7. Caliban Le 10 novembre 2015 à 20h01
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    Jadis il s’agissait des Basques. Comment on en est arrivé à la Catalogne ?

    J’imagine un cas de figure similaire en France. Un espèce de bonnet rouge du cru qui promettrait de faire le ménage dans la classe politique UMP / PS : je pense qu’il aurait ses chances tant la comédie de l’alternance droite / gauche est devenue grossière.

    Si un Etat se fissure, je crois qu’il faut regarder au sommet de la pyramide pour en trouver les causes : l’irresponsabilité de nos dirigeants (= entendre, il ne rendent jamais de compte pour ce qu’ils font / promettent) et leurs politiques blanc-bonnet / bonnet-blanc.

    La mise en concurrence économique des “super-régions”, leur endettement, la promotion des langues régionales, le désengagement financier de l’Etat ne feront qu’aggraver le phénomène. Ce n’est pas à prendre à la légère 🙁


  8. Boubanka46 Le 11 novembre 2015 à 18h43
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    Je vois que sur ce forum il est interdit de rappeler que l”UE, les états unis et même l’ONU s’opposent à l’indépendance de la catalogne.
    Les nombreux amis de la Russie, présent sur ce site, devraient savoir que les média russe dénoncent le 2 poids 2 mesures des “démocratie occidentales” sur le droit des peuples à disposer d’eux meme. Le contraste avec les media français “main stream” clairement pro-madrid donne l’impression, à tort, que les média russes sont pour l’indépendance.
    Je regrette que ce forum censure cet avis, surement parce que la positions réelles des EU et de USA sont opposés aux intentions que leur prêtent de nombreux articles et commentaires de ce site. Cela me rappelle en négatif la censure de libé… et surtout de l’express à l’égard de tous ceux qui critique l’otan, le gouvernement ukrainien…

    —————————–
    MESSAGE DE MODERATION
    ———————
    Sur ce blog il est surtout interdit de poster des messages sans intérêt.
    Vos deux messages supprimés :

    “Vive la Catalogne libre même si l eu, les USA et l ONU sont contre!”
    Et
    “Vive la Catalogne libre!
    Sans ue, sans OTAN et hors de l ONU qui s opposent a son Independance”

    C’est votre position, respectable, mais cela n’apporte rien au débat – rassurez-vous tout le monde ici sait à quoi s’en tenir concernant UE, USA ….
    Je rappelle que la charte n’accepte pas les propos de type “bistrot” – inutile d’hurler à la censure sans chercher à comprendre.


  9. HELLEBORA Le 12 novembre 2015 à 00h01
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    Une séance plénière de la Cour constitutionnelle à Madrid a voté la suspension de la résolution du Parlement catalan marquant le début du processus de son indépendance. Plusieurs responsables catalans pourraient faire face à des enquêtes pénales. L’examen du document adopté ce lundi à Barcelone a eu lieu suite à la demande de l’exécutif espagnol, fortement opposé à la sécession d’une région du pays.
    http://lesmoutonsenrages.fr/2015/11/11/la-cour-constitutionnelle-suspend-a-lunanimite-la-resolution-sur-lindependance-de-la-catalogne/


    • Boubanka46 Le 12 novembre 2015 à 09h15
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      Comme prévu, quel dommage que Rajoy n’est pas l’ouverture d’esprit pour autoriser un referendum sur l’indépendance. La démocratie espagnole en sortirait surement renforcée car Je pense, comme les unionistes, que le camp du “non” est majoritaire en catalogne.


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