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24.juin.201824.6.2018 // Les Crises

Ce que la politique de domination énergétique de Trump signifie pour le monde, par Alastair Crooke

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Source : Strategic Culture, Alastair Crooke, 05-06-2018

Il y a deux semaines, nous avons écrit sur la façon dont la politique étrangère du président Trump s’était en quelque sorte « repliée sur elle-même » dans un « néo-américanisme ». Nous avons cité Russell-Mead, professeur de politique étrangère américaine, qui suggérait que la métamorphose du 8 mai de Trump (la sortie de la Joint Comprehensive Plan of Action, JCPOA [l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien, NdT]), représentait quelque chose de nouveau, un changement de direction (lui qui était un habile négociateur), vers « une ère néo-américaine de la politique mondiale – plutôt qu’une ère post-américaine [Obama-iste] ». « L’administration veut accroître le pouvoir des États-Unis, plutôt que de s’adapter à son déclin (comme l’aurait fait Obama). Pour l’instant, au moins, le Moyen-Orient est la pièce maîtresse de cette nouvelle affirmation », estime Russell-Mead, expliquant que cette nouvelle impulsion de Trump provient de ses instincts qui lui disent que la plupart des Américains sont tout sauf désireux d’un monde “post-américain”. Les partisans de M. Trump ne veulent pas de longues guerres, mais ils ne se résignent pas non plus au déclin national ».

Il y a là quelque chose de paradoxal : Trump et sa base déplorent le coût et l’engagement de l’immense parapluie défensif américain, disséminé à travers le monde par les internationalistes (sentiments aggravés par l’ingratitude supposée de ses bénéficiaires) – mais le Président veut « élargir le pouvoir américain, plutôt que de s’ajuster au déclin ». C’est-à-dire qu’il veut plus de pouvoir, mais moins d’empire. Comment pourrait-il résoudre la quadrature du cercle ?

En fait, un indice est apparu presque un an plus tôt, lorsque le 29 juin 2017, le Président a utilisé un mot tout à fait inattendu dans un discours lors d’un événement du Département de l’énergie : Libérer l’énergie américaine. Au lieu de parler de l’indépendance énergétique américaine, comme on pouvait s’y attendre, il a plutôt annoncé une nouvelle ère de « domination » de l’énergie américaine.

Dans un discours « qui cherchait à souligner une rupture avec les politiques de Barack Obama », note le Financial Times, M. Trump a lié l’énergie à son programme America First… Il a déclaré « La vérité est que nous avons maintenant des réserves d’énergie presque illimitées dans notre pays. Nous sommes vraiment aux commandes, et vous savez quoi ? Nous ne voulons pas que d’autres pays nous privent de notre souveraineté et nous disent quoi faire et comment le faire. Ça n’arrivera pas. Avec ces ressources incroyables, mon administration visera non seulement la tant attendue indépendance énergétique américaine, mais aussi la domination énergétique américaine ».

Il semble, comme l’explique Chris Cook, que Gary Cohn, qui était alors conseiller économique en chef du Président, ait joué un rôle dans la genèse de cette ambition. Cohn (alors chez Goldman Sachs), avec un collègue de Morgan Stanley, a conçu en 2000 un plan pour prendre le contrôle du marché mondial du pétrole par le biais d’une plateforme de négociation électronique basée à New York. En résumé, les grandes banques ont attiré d’énormes sommes « d’argent géré » des opérateurs financiers (des fonds spéculatifs, par exemple), vers le marché, pour parier sur les prix futurs (sans qu’elles ne prennent jamais réellement livraison de pétrole brut : le commerce du « pétrole papier », plutôt que du pétrole physique). Et, en même temps, ces banques travaillaient en collusion avec les principaux producteurs de pétrole (y compris, plus tard, l’Arabie Saoudite) pour préacheter du pétrole physique de telle manière que, en conservant, ou en déversant du brut physique sur le marché, les grandes banques de New York ont pu « influencer » les prix (en créant une pénurie ou une surabondance).

Pour donner une idée de la capacité de ces banquiers à « influer » sur les prix, mi-2008, on estimait que quelque 260 milliards de dollars d’investissements (spéculatifs) d’argent « géré » étaient en jeu sur les marchés de l’énergie, éclipsant complètement la valeur du pétrole qui est effectivement extrait en mer du Nord chaque mois, entre 4 et 5 milliards de dollars au plus. Ces jeux d’options pétrolières « papier » l’emporteraient donc souvent sur les « fondamentaux » de l’offre réelle et de la demande réelle de l’utilisateur final.

Pour Cohn, la « première étape » consistait donc, pour les États-Unis, à gérer le marché du négoce, à la fois en termes de prix et d’accès, les concurrents des américains, tels que l’Iran ou la Russie, pouvant accéder au marché à des conditions moins avantageuses, voire pas du tout. La « deuxième étape » présumée a été de soutenir la production américaine de pétrole de schiste, de construire de nouveaux terminaux américains d’exportation de GPL [Gaz de Pétrole Liquéfié, NdT] et de développer la prospection pétrolière et gazière américaine, tout en forçant le reste du monde, de l’Allemagne à la Corée du Sud et à la Chine, à acheter des exportations américaines de gaz. « Troisièmement », avec les exportations de pétrole du Golfe déjà sous l’égide des États-Unis, il y avait alors deux grands producteurs d’énergie du Moyen-Orient hors de la zone « d’influence » du cartel (tombant davantage dans le « cœur » stratégique de production d’énergie de la Russie) : L’Iran – qui est maintenant visé par une opération de changement de régime et dont les exportations de pétrole font l’objet d’un blocus, et l’Irak, qui fait l’objet d’intenses pressions politiques (douces, comme la menace de sanctions en vertu de la loi Countering America’s Adversaries Through Sanctions Act) pour forcer son adhésion à la sphère occidentale.

Comment reformuler simplement, cette notion de domination énergétique ? Les États-Unis – si la domination de l’énergie réussissait – contrôleraient simplement le robinet du développement économique – ou son absence – pour ses concurrents que sont la Chine et l’Asie. De cette manière, les États-Unis auraient également le pouvoir de réduire les revenus de la Russie. En bref, les États-Unis pourraient étrangler les plans de développement économique de la Chine et de la Russie. Est-ce la raison pour laquelle le JCPOA a été révoqué par le Président Trump ?

Voici donc la quadrature du cercle (plus de puissance américaine, mais moins d’empire) : Les objectifs américains de Trump pour « dominer », non pas par le biais de l’infrastructure permanente des mondialistes du parapluie de défense américain, mais en utilisant intelligemment le dollar américain et le monopole de la compensation financière, en protégeant et en contrôlant étroitement la technologie américaine et en dominant le marché de l’énergie, qui, à son tour, constitue pour les concurrents des USA un interrupteur marche/arrêt de la croissance économique. De cette façon, Trump pourra ‘ramener les soldats à la maison’, sans pour autant que l’Amérique perde sa position hégémonique. Le conflit militaire deviendrait un dernier recours.

Le conseiller principal Peter Navarro a déclaré sur NPR [la radio publique aux USA, NdT] cette semaine : « nous sommes en mesure de les empêcher [les Chinois] de mettre nos entreprises de haute technologie en faillite » et « d’acheter nos joyaux technologiques… Chaque fois que nous produisons une innovation, la Chine vient l’acheter ou la voler ».

Le plan de Trump serait-il le suivant : La domination du marché et la guerre commerciale pour prolonger la « suprématie » de l’Amérique en matière de technologie, de finance et d’énergie, au lieu d’être réduits à s’adapter au déclin ? Et, en agissant de la sorte, réduire – ou du moins retarder – l’émergence de rivaux ? Dans ce contexte, deux questions se profilent immédiatement : Cette formule est-elle l’adoption, par l’administration américaine, du néo-conservatisme tant haï par la base électorale de Trump ? Et, deuxièmement, l’approche peut-elle fonctionner ?

Il ne s’agit peut-être pas de néo-conservatisme, mais plutôt de retravailler un thème. Les néo-conservateurs américains voulaient, en majorité, porter des coups aux parties du monde qu’ils n’aimaient pas, pour y substituer quelque chose qui leur convenait. La méthode Trump est plus machiavélique.

Les racines de ces deux courants de pensée résident cependant – plus qu’en partie – dans l’influence de Carl Schmitt sur la pensée conservatrice américaine par l’intermédiaire de son ami Leo Strauss, à Chicago (que Trump ait, ou non, lu ces deux hommes, les idées circulent toujours dans la sphère américaine). Schmitt a soutenu que la politique (contrairement aux idées libérales et humanistes) n’a rien à voir avec la justice ou l’équité dans le monde – qui sont du ressort des moralistes et des théologiens. La politique, pour Schmitt, est une question de pouvoir et de survie politique, rien de plus.

Les progressistes (et les internationalistes), a suggéré Schmitt, ont du mal à utiliser le pouvoir pour écraser les forces alternatives qui émergent : leur vision optimiste de la nature humaine les amène à croire en la possibilité de médiations et de compromis. L’optique de Schmitt, se moquant bien de telles positions humanistes, privilégie le rôle du pouvoir, pur et simple, basé sur la compréhension de la nature véritable des « autres » et des rivaux. Ce point semble toucher aux fondamentaux du raisonnement de Trump : Obama et les « progressistes » étaient prêts à sacrifier les « joyaux de la couronne » de « notre culture » (expertise financière, technologique et énergétique) dans le cadre d’une « action positive » multilatérale qui aurait aidé les États moins développés (comme le rival Chinois, tout en en haut de l’échelle). C’est peut-être la raison pour laquelle Trump s’est retiré de l’accord sur le climat : Pourquoi aider des rivaux potentiels, tout en imposant des handicaps volontaires à sa propre civilisation ?

C’est sur cette base très étroite (l’impératif de garder le pouvoir américain intact), que les néo-conservateurs et les partisans de Trump se retrouvent. Ils partagent aussi le mépris pour les humanistes utopiques prêts à brader les joyaux de la civilisation occidentale pour d’autres idéaux humanistes afin d’aider les rivaux de l’Amérique à se développer et à dépasser l’Amérique et sa civilisation (dans cette optique).

Le terrain d’entente entre les deux courants s’exprime avec une candeur remarquable à travers le commentaire de Berlusconi selon lequel « nous devons être conscients de la supériorité de notre civilisation [occidentale] ». Steve Bannon dit à peu près la même chose, bien qu’exprimée en termes de bien-fondé de la sauvegarde d’une civilisation judéo-chrétienne occidentale (qui serait menacée).

Ce sens de l’avantage civilisationnel, qui doit à tout prix être recouvré et préservé, contribue peut-être en partie (mais pas entièrement) à expliquer le soutien inconditionnel que Trump apporte à Israël : S’adressant à Channel Two d’Israël, Richard Spencer, un des principaux dirigeants de l’Alt-Right américaine (qui est une des composantes de la base électorale de Trump), a souligné le sentiment profond de spoliation ressenti par les Blancs, dans leur propre pays [les États-Unis] :

« … un citoyen israélien, quelqu’un qui comprend votre identité, qui a le sentiment de l’appartenance à une nation et à un peuple, qui est marqué par l’histoire et l’expérience du peuple juif, vous devriez le respecter comme moi, qui ai des sentiments analogues à l’égard des Blancs. Vous pourriez dire que je suis un sioniste blanc – dans le sens où je me soucie de mon peuple, où je veux une patrie sûre pour nous et pour nos proches. Tout comme vous voulez une patrie sûre en Israël. »

En fait, la tentative de tirer parti de la culture des élites américaines, en leur fournissant les armes que sont le dollar et l’hégémonie énergétique supposée avec son emprise sur les transferts de technologie, peut-elle réussir à s’accrocher à la « culture » américaine (dans la conception réductionniste de la base de Trump) ? C’est la question à soixante-quatre mille dollars [Sorte de jeu des mille francs américain NdT], comme on dit. Cela pourrait aussi provoquer une réaction inverse, tout aussi puissante ; et beaucoup de choses peuvent se produire au niveau national aux États-Unis, d’ici aux élections de mi-mandat de novembre, qui pourront soit confirmer le président au pouvoir – soit le déstabiliser. Il serait risqué de tenter des analyses au-delà de cet échéance.

Mais il y a un point plus important. Tandis que Trump est obnubilé par la civilisation et l’hégémonie américaines, les dirigeants non-occidentaux d’aujourd’hui pensent de manière tout aussi passionnée qu’il est temps pour « le siècle américain » de céder le pas. Tout comme, après la Seconde Guerre mondiale, les anciens États coloniaux voulaient l’indépendance. Désormais, ces dirigeants veulent mettre fin au monopole du dollar, ils veulent se retirer de l’ordre mondial dirigé par les États-Unis avec leurs institutions dites « internationales » ; ils veulent « exister » à leur manière, avec leur culture propre – et ils veulent retrouver leur souveraineté. Il ne s’agit pas seulement d’un nationalisme culturel et économique, mais d’un point d’inflexion significatif – loin de l’économie néolibérale, de l’individualisme et du mercantilisme brut – vers une expérience humaine plus épanouie.

Le raz-de-marée, après la Seconde Guerre mondiale, était certainement irréversible. Je me souviens même que les anciennes puissances coloniales européennes ont par la suite déploré leur retrait forcé : « Ils vont [les anciennes colonies] le regretter », ont-elles prédit avec assurance. (En fait non, ils ne l’ont jamais fait.) La marée monte en force aujourd’hui et s’est même étendue à l’Europe, où, qui sait, les Européens auront peut-être le courage de repousser les manœuvres financières et commerciales de Trump : il s’agira là d’un test déterminant pour la suite des événements.

Mais ce qui est différent aujourd’hui (par rapport à l’époque), c’est que l’hégémonie monétaire, l’avance technologique et la « domination » énergétique ne sont pas du tout garanties pour les occidentaux. Elles ne leur appartiennent plus. Elles ont commencé à migrer, il y a quelque temps.

Source : Strategic Culture, Alastair Crooke, 05-06-2018

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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Commentaire recommandé

Kiwixar // 24.06.2018 à 12h09

Ce qui est bizarre, c’est que les Russes soutiennent Poutine à 80% (Medvedev beaucoup moins) et les Chinois (que je connais plutôt bien) sont content de leur direction à au moins (à vue de nez) les 2/3. Les deux pays ont vécu une hausse du niveau de vie phénoménale depuis 16 ans.

Je vous laisse comparer avec la « hausse » du niveau de vie des occidentaux ces dernières décennies, et le niveau de satisfaction des populations.

20 réactions et commentaires

  • Fabrice // 24.06.2018 à 07h17

    Je pense que ce genre d’illusion de prédominance ne marche qu’avec les inféodés aux États-Unis.

    La Russie et la Chine se sont récemment débarrassés de leurs titres américains pour se composer un important stock d’or pour les deux et de pétrole pour le second (le 1er ayant de larges réserves) le pétrole papier ou or ne trompe que ceux qui ce sont soumis.

    Un youtubeur en fait une analyse intéressante, le garçon est un peu volubile mais bon : https://youtu.be/tC2S71A59Es

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  • Louis // 24.06.2018 à 09h09

    ” La vérité est que nous avons maintenant des réserves d’énergie presque illimitées dans notre pays.” Il fait bien de dire “presque”, mais il faudrait que le mot soit écrit en plus gros. Des réserves constituées par des dizaines de millions d’années de transformation des forêts du quaternaire (si mes souvenirs sont bons) sont par nature même limitées. Les Américains ont déjà transformé en gruyère l’état de Pennsylvanie, s’ils ont l’intention de démolir leur pays tout entier, grand bien leur fasse. Mais qu’ils ne viennent pas, par la suite, pleurnicher qu’il est devenu invivable.

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  • Jiojio // 24.06.2018 à 09h51

    “ils veulent retrouver leur souveraineté. Il ne s’agit pas seulement d’un nationalisme culturel et économique, mais d’un point d’inflexion significatif – loin de l’économie néolibérale, de l’individualisme et du mercantilisme brut – vers une expérience humaine plus épanouie”
    Ce n’est absolument pas mon avis, Chine et Russie sont des modèles autoritaires qui etouffent l’individu et ses possibilités de développement. Le peuple Russe compte les pennies toute sa vie, les dirigeants raflent tout.

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    • Kiwixar // 24.06.2018 à 12h09

      Ce qui est bizarre, c’est que les Russes soutiennent Poutine à 80% (Medvedev beaucoup moins) et les Chinois (que je connais plutôt bien) sont content de leur direction à au moins (à vue de nez) les 2/3. Les deux pays ont vécu une hausse du niveau de vie phénoménale depuis 16 ans.

      Je vous laisse comparer avec la « hausse » du niveau de vie des occidentaux ces dernières décennies, et le niveau de satisfaction des populations.

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  • Amora // 24.06.2018 à 09h55

    Au fond ils veulent faire avec le pétrole ce qu’ils ont fait avec l’or papier.

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    • Chris // 24.06.2018 à 11h56

      Wall Street fait déjà ça avec les céréales et les matières premières minières !
      Les “investisseurs” ont construit des kilomètres d’entrepôts pour stocker les marchandises pour avoir la main-mise sur les flux et prix.
      Là, il y aurait dématérialisation comme avec l’or papier : Rien de nouveau.
      Une goinfrerie obscène et répugnante.
      Le communisme le faisait pour répartir, le capitalisme pour enrichir quelques-uns.

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  • Daniel // 24.06.2018 à 10h51

    « Chine et Russie sont des modèles autoritaires qui etouffent l’individu ».

    A ce moment de l’histoire quand les jeux qui se font sur l’échiquier politique mondial arrivent à une maturation qui impliquera des changements profonds, je n’oserai pas dire que les élites russes et chinoises sont plus cruelles, bêtes, illogiques et finalement odieuses que les occidentales.

    Les nôtres ont fait leurs preuves depuis 30 ans. On les a vues aller et on a supporté les conséquences depuis 30 ans!

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    • Jiojio // 24.06.2018 à 11h59

      Je suis d’accord, je n’en pense pas moins de nos régimes occidentaux. Ce que je veux dire c’est que je ne partage l’avis de l’auteur d’une expérience humaine plus épanouie dans les autres pays, et il pense à la Chine et Russie par exemple. Même si les Russes sont vraiment défenseurs d’un multilatéralisme respectueux et de relations plus apaisées, sur le plan intérieur il y a de gros problèmes la vie n’est pas facile matériellement, et la corruption et la coercition sont généralisées.

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  • RGT // 24.06.2018 à 10h56

    A mon avis, les seuls qui se feront essorer par les USA sont les pays qui s’accrochent désespérément aux accords de Bretton Woods et qui refusent de commercer avec des monnaies autre que le dollar.

    La dédollarisation est en route et il est désormais impossible de l’arrêter.
    Et si les USA veulent empêcher les échanges entre la Chine et la Russie (pétrole=>RMB=>or) ou d’autres échanges qui échappent totalement à leur contrôle ils peuvent se brosser car ils n’ont plus aucun moyen de pression sur ces pays qu’ils tentent sans succès de “punir” pour leurs “offenses”.

    Bien sûr, les €uroïnomanes feront tout pour que leur zone d’influence reste amarrée aux “traités équitables” mais comme le système se fissure de plus en plus ils ne peuvent que constater la lente déchéance de leur “idéal de paix”.
    De plus, le pays qui tient les commandes souhaite devenir le principal intermédiaire entre la Russie tant honnie et l’€urope de l’Ouest…
    C’est mal parti pour les €urocrates car les allemands ne céderont jamais devant les injonctions de Bruxelles ni celles de Washington, ne pensant qu’à leur propre intérêt.
    Et j’ai dans l’idée que le gaz russe sera payé, oh horreur, en €uromarks.

    Quand notre “Guide Suprême” Zupiter 1er se décidera-t-il à commercer avec les autres pays, en particulier l’Iran, en €urofrancs (et de virer l’Otan par la même occasion) ?

    Ce serait une décision réellement stratégique mais sans doute a-t-il peur de se faire “degaulliser” par une “révolution de couleur” comme tous ceux qui, au sein des vassaux de l’Empire, ont tenté de se rebeller contre leur souverain.
    De toutes façons, cette idée “stupide” ne lui viendrait jamais à l’esprit… N’oublions pas son parcours “scolaire”, particulièrement au sein de la French-American Foundation…

    Finalement, en €urope, le seul dirigeant qui porte un slip kangourou et défend réellement les intérêts de son pays (mais pas forcément ceux de son peuple) est bien la mère Merkel. Les autres préfèrent les porte-jarretelles en dentelle et les petits strings en froufrou.

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  • Pierre D // 24.06.2018 à 12h24

    Quand je vois les actions plutôt désordonnées et hystériquement anti-Obama de Trump, et le foutoir de son administration, j’ai du mal à adhérer à l’idée qu’une pensée aussi subtile et machiavélique puisse émaner d’un bateleur TV aussi grossier, que sens plus proche d’une certaine animalité… et peut-être même, acculé.

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  • florian lebaroudeur // 24.06.2018 à 12h33

    “La vérité est que nous avons maintenant des réserves d’énergie presque illimitées dans notre pays”
    En effet..avec une production de 9-10 millions de barils par jour pour une consommation de 19 millions de barils, l’indépendance et la domination énergétique leur tend les bras…
    On voie bien à quel point cet grande nation s’est spécialisée dans la communication et les apparences pour asseoir sa suprématie. Il n’a plus aucun secret du fait qu’Hollywood et Disney ont fortement influencé la planète sur la notion de bien et de mal.
    Le problème est que tout voile est destiné à se déchirer un jour…

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  • Theoltd // 24.06.2018 à 13h16

    « La vérité est que nous avons maintenant des réserves d’énergie presque illimitées dans notre pays.
    Quand je lis ce genre de citations, j’ai réellement froid dans le dos.
    D’une part, parce que les presidents ne disent jamais la vérité. Et quand ils utilisent des mots comme vérité, cela veut dire en fait, que c’est encore plus faux que d’habitude.
    D’autre part, car le fait d’annoncer avoir des reserves d’énergie illimitées, est une façon d’annoncer les prochaines grandes guerres. On ne pourra plus des lors plus accuser l’Amérique de lancer des guerres pour l’énergie, puisqu’elle a des reserves illimitées. (Pour être clair: ce n’est pas moi qui vole les lingots de ma voisine, car j’ai des lingots en nombre illimité a la maison).
    En gros, ce que veut dire Trump, c’est qu’on aura des guerres illimitées.
    Et ce qu’il ne dit pas, c’est que les Etats Unis mèneront ces guerres pour l’énergie, qui elle, est forcement limitée.

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    • Philippe, le belge // 24.06.2018 à 22h31

      Je suis assez d’accord avec votre analyse et c’est bien le danger de notre époque!

      Lors de la période de crise économique qui a suivi le crach de 1929, l’Occident capitaliste a pu/dû sortir de celle-ci en poussant l’Allemagne à s’attaquer à l’URSS naissante qui représentait un danger pour le système en place mais aussi un marché économique à conquérir. La capacité de réaction de l’URSS a été sous-estimée et celle-ci a survecu tant bien que mal mais le principal était acquis, la machine était relancée sous un leaderchip US renforcé.
      S’en est suivie une période de relative prospérité pour l’Occident pendant laquelle celui-ci a patiemment créé, entre autres par l’imposition d’une course aux armements et de différents conflits mineurs (Corée, Vietnam, Afghanistan), mais aussi par une propagande féroce, les conditions de la chûte d’une URSS déjà affaiblie et qui ne se remettra jamais de la contre-révolution interne qui prendra place à la mort de Staline. En parrallèle, il continue d’épuiser ses ressources avec voracité et inéxorablement.
      A la chûte du Bloc de l’Est, alors que l’ensemble des médias et des soi-disant intellectuels occidentaux se réjouit de la “libération du monde”, du “début d’une nouvelle ère de paix et de prospérité” le capital occidental, aveuglé par son arrogance et sous leaderchip US, se lance dans la curée et saccage, sans ménagement et au mépris des populations, les nouveaux territoires conquis.
      Mais les bonnes choses ont toujours une fin! Les marchés s’amenuisent à nouveau, la machine s’enraye, l’économie ralentit et la Chine, qui a commençé à jouer le jeu du marché mais avec ses propres règles, reprend, avec accessoirement la Russie revigorée de Poutine, l’ancien rôle alors dévolu à l’URSS de “menace” pour le système et de marché à conquérir!
      Alors? Qui va t’on pousser cette fois ci? Les Ukrainiens? Les Coréens? (peu probable) Les Emiratis? Les Israéliens? Va t’on se remonter les manches soi-même?
      Faites vos jeux, rien ne va plus!

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  • Emmanuel // 24.06.2018 à 18h21

    Cette vision du monde est très inquiétante et baser l’action uniquement sur les rapports de forces, en niant les possibilités de coopération, n’augure rien de bon pour l’avenir. Personnellement je n’y croit pas comme solution à moyen-long terme, sauf à accepter l’idée par exemple d’un retour à l’esclavage, ou, comme une variante, celle de l’exterminisme. Face aux enjeux des ressources énergétiques et environnementaux, il vaudrait bien mieux réfléchir comment mieux coopérer, car la planète est une et indivisible, et croire que certains pourront mieux survivre au dépend des autres , sur le moyen-long terme cela paraît être une utopie très dangereuse. Embarquer une grande partie du peuple américains dans de telles illusions est criminel – car ils risqueront d’etre les premières victimes, car cela suppose une conception de l’être humain très très dégradée….et une société de plus en plus invivable….

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  • RV // 24.06.2018 à 18h25

    Cet article confirme que le prix du pétrole est décorrélé de la production et de la consommation et que ça va empirer.
    Cette notion de la décorrélation fait partie de l’argumentaire de Jean-Marc Jancovici qui soutient que ce sont les chiffres de la production et de la consommation et pas ceux du prix qui sont pertinents dans une analyse économique.

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    • Seraphim // 26.06.2018 à 00h49

      Non, ce n’est pas ce que dit Jancovici, qui ne l’a pas inventé d’ailleurs mais piqué à droite et à gauche comme chez Gaël Tverberg. La décorrélation en question est celle de l’évolution des prix du pétrole qui ne suivent pas la loi de l’offre et la demande. Jancovici souligne en revanche la corrélation entre croissance du PIB et croissance de la production de pétrole, celle-ci anticipant celle-là.

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      • RV // 26.06.2018 à 18h41

        Jancovici nous dit qu’il serait pertinent de prendre en considération les flux et non les prix.
        Il nous dit que quel que soit le prix du pétrole, ce sont les flux réels que l’on retrouve dans le PIB, ceux-ci déterminant ce dernier.
        Vous nous rappelez qu’il nous dit aussi que cela infirme le dogme de la construction du prix par l’offre et la demande.
        Je ne vois pas bien sur quoi porte la contradiction.

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  • Myrkur349 // 24.06.2018 à 18h25

    Article très intéressant sur le basculement de la pensée stratégique US entre Obama et Trump, entre accompagner un déclin somme toute encore très relatif et repartir sur un contrôle sous-jacent de la ressource pétrolière pas si déclinante que çà et de celle en devenir du gaz et de ses multiples avatars schisteux et bitumineux.Quant “à l’expérience humaine plus épanouie” les données récentes concernant les nouveaux sangliers me laissent dubitatif car la base du problème est le capitalisme sous n’importe quelle forme que ce soit . Car le tsunami environnemental emportera tout sur son passage, même les fameux 1% qui possèdent 99% de la richesse planétaire. J’imagine qu’un certain décile pense encore sauver sa peau à la dernière minute, mais pour paraphraser un androïde un peu machiavélique, limite chafouin ” Vous avez droit à toute ma sympathie” :o)
    https://www.youtube.com/watch?time_continue=138&v=rrf0cH4o_g4

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  • charles-de // 25.06.2018 à 02h39

    Amusant, ou tragique, de voir que certains aux Etats Unis finissent par se rendre compte qu’ils ont, depuis 40 ans, CONTRIBUé GRANDEMENT A LA CRéATION D’UN MONSTRE qui vient maintenant les CONCURRENCER ET LEUR TENIR TÊTE !

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  • Christian Gedeon // 25.06.2018 à 14h35

    Ben voilà…en fait on revient aux basiques. Les Us sont prems et Trump ne voit aucune raison valable pour qu’ils ne le restent pas. C’est ballot et simple comme Colomb. Et de surcroît,il a en mains la possibilité matérielle de le faire. Ce que tout le monde avait oublié un peu trop vite. Je me borne à constater .

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