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19.juin.201819.6.2018 // Les Crises

La Russie réaffirme sa confiance à Poutine tandis que Washington et Londres le condamnent, une fois de plus. Par Stephen F. Cohen

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Source : The Nation, Stephen F. Cohen, 22-03-2018

Quelques réflexions sur l’élection présidentielle russe et sur l’affaire Serguei Skripal.

Par Stephen F. Cohen

22 mars 2018

Stephen F. Cohen, professeur émérite de civilisation et politique russes à l’Université de New York et de Princeton et John Batchelor continuent leur habituelle discussion hebdomadaire à propos de la nouvelle guerre froide entre les États-Unis et la Russie.

Selon Stephen Cohen, la proximité à la fois temporelle et politique de l’élection présidentielle russe le 18 mars et l’allégation selon laquelle Poutine avait essayé de faire assassiner un ancien officier des renseignements au Royaume Uni peu avant nécessitent un double commentaire. Il développe un certain nombre d’arguments à propos de ces deux événements.

Au sujet de l’élection présidentielle :

Les élites politiques et journalistiques des États-Unis considèrent comme une mascarade et une imposture sans intérêt l’écrasante victoire électorale de Poutine (il a obtenu environ 77 % des votes et le dépouillement n’est pas encore terminé). Ces deux jugements sont faux. Ils sont le fait de prétendues autorités dont les opinions au sujet de la Russie sont fondées non sur la connaissance de faits réels mais sur leurs propres préjugés politiques et idéologiques. Les élections présidentielles et parlementaires russes ne sont, bien sûr, pas tout à fait libres ni régulières. Le Kremlin à des « ressources administratives » impressionnantes, comme les moyens financiers, le contrôle des principales chaînes de télévision et de beaucoup de journaux, et de l’influence sur le choix des candidats. Cependant, le 18 mars, l’élection n’a été ni entravée ni frauduleuse. Les rivaux de Poutine, y compris ceux qui étaient clairement anti Poutine, ont eu le droit de débattre sur la télévision publique, certes sans que Poutine soit présent toutefois, et de mener leur campagne à travers tout le pays avec une relative liberté, en disposant de toutes leurs ressources, comme les journaux indépendants et le net qui n’est quasiment pas contrôlé (les médias sociaux etc.). Cela signifie que les électeurs connaissaient les candidats et savaient ce qu’ils représentaient. Selon de nombreux observateurs qui se trouvaient sur place ; il y a eu aussi peu de fraude. On a beaucoup critiqué le fait que les membres de la campagne de Poutine aient contribué à « faire sortir les électeurs de chez eux » en les amenant en bus aux bureaux de vote, ce qui est avéré, mais ce type de pratique n’est pas rare non plus aux États-Unis.

En bref, il n’y a pas de raison de douter de l’ampleur ni de l’authenticité de la victoire de Poutine. Le Kremlin espérait une participation de 70 % des voix pour Poutine. La participation a été un peu moins élevée, 67 % à opposer, en passant, aux 58 % de l’élection présidentielle américaine en 2016, tandis que la marge de victoire de Poutine avec 77 % des voix a été plus forte que ce le Kremlin visait. En ce qui concerne l’authenticité de cette élection, nous avons l’article du correspondant à Moscou du New York Times, qui est presque tous les jours en compétition avec le Washington Post pour le titre du journal le plus constant dans son opposition à Poutine. Il écrit : « Les électeurs russes ont donné à Poutine une approbation massive » et il a reçu « un mandat du peuple » pour sa future présidence de six ans. « On ne peut pas douter que M. Poutine soit extrêmement populaire en Russie ». Il conclut : « M. Poutine jouissant d’une réelle popularité, il n’y avait pas besoin de truquer les élections ».

La victoire de Poutine a été si large et si éclatante qu’il a obtenu 70 % des voix à Moscou même où les candidats d’opposition ont, en général, de bons résultats, et il est significatif qu’en 2012, il n’avait eu, dans la capitale, que 50 % des voix. En outre, d’après des sondages et des témoignages, contrairement aux impressions des Occidentaux, Poutine est extrêmement populaire chez les très jeunes électeurs qui, pour la plupart, sont mieux disposés à son égard que les gens d’âge moyen ou plus âgés. Cela signifie que « la génération Poutine », comme on l’appelle, va probablement jouer un rôle important, même après le départ de celui-ci de la scène. Plus généralement, les candidats nationalistes, anti-occidentaux, ont obtenu environ 20 % des voix et les candidats pro-occidentaux, « libéraux », soutenus par les élites politiques et journalistiques états-uniennes, ont fait moins de 5 %. Si peu de « libéraux », mais beaucoup d’antilibéraux ont voté pour Poutine, cela en dit long sur la politique russe actuelle et future et sur la couverture extrêmement sélective, pour ne pas dire pleine de fantasmes, des médias des États-Unis. On a souvent, et c’est exact, rapporté qu’Alexei Navalni, opposant radical à Poutine et militant anti-corruption, avait été empêché de se présenter. Cependant il est vrai aussi que d’après les sondages, il n’aurait pu compter que sur environ 2 % de voix, ce qui n’aurait guère influencé les résultats. Et, il ne faut pas l’oublier, beaucoup d’Américains se sont rendus aux urnes, au fil des années, alors qu’ils ne pouvaient pas voter pour les candidats qu’ils auraient préférés.

Les commentaires états-uniens attribuent aussi la popularité de Poutine à sa « politique étrangère agressivement anti-occidentale ». Ils partent ainsi du principe que la plupart des Russes sont en faveur d’une politique hostile, voire agressive, vis-à-vis de l’Occident et que Poutine compte sur de telles prises de position pour asseoir encore davantage son pouvoir. Ces suppositions sont aussi totalement fausses ou, du moins, profondément inexactes. Jusqu’à la guerre par alliés interposés en Géorgie en 2008 et même avant la crise ukrainienne de 2014, Poutine a poursuivi sa coopération avec à la fois l’Europe et les États-Unis, ce qui n’a pas empêché sa popularité, ce qui n’est pas difficile à comprendre. La plupart des Russes sont reconnaissants à Poutine « d’avoir sauvé la Russie » – et leur propre famille – des réformes économiques et sociales des années Eltsine, administrées sous forme de traitement de choc. Cette reconnaissance demeure le fondement de la,popularité du président russe, en dépit des difficultés économiques plus récentes. Et quand les russes voient leur pays attaqué par des puissances étrangères, la plupart d’entre aux considérant, en effet, la politique de l’OTAN et des États-Unis, y compris en Ukraine, comme une attaque, ils se rassemblent autour d’un « dirigeant fort », ce qui est une réaction qui n’est pas étrangère aux états-uniens. Décrier l’intégrité et les valeurs des électeurs russes, c’est les calomnier et cette calomnie a le vent en poupe aux États-Unis, à cause, en partie du Russiegate, mais pas seulement cependant. Ainsi quand le sénateur John McCain et d’autres déclarent que la victoire de Poutine est « une imposture » et « qu’on a refusé à tous les citoyens russes de voter dans une élection libre et régulière », il est en train de dénigrer et d’insulter publiquement ces citoyens, une fois de plus, sans le moindre information factuelle à propos de ce qu’il dénonce.

Ces résultats électoraux devraient inciter les valeureux militants de la Guerre Froide de Washington à réfléchir un peu. Ces adeptes du changement de régime qui espèrent que la politique des États-Unis comme les sanctions économiques va conduire les oligarques et même le peuple à se rebeller contre Poutine et à le destituer, devraient maintenant qu’ils se rendent compte que ce type de politique est contre-productive. Le peuple russe s’est rassemblé autour de Poutine. Et l’ampleur de sa victoire électorale lui donne encore plus d’autorité sur les oligarques de la finance qui craignent le peuple : ils sont, en effet, haïs de très nombreux citoyens qui les voient comme des pillards qui ont ravagé le pays dans les années 1990. Beaucoup d’oligarques incroyablement riches, leurs biens et leurs familles à l’abri offshore et leurs jets privés toujours prêts à décoller, comprennent cette réalité qui ne change pas et ils attendent Poutine qu’il les protège maintenant et à l’avenir. Les résultats de l’élection confirment qu’il peut continuer sur cette voie, s’il le souhaite. Depuis des années, Poutine leur demande instamment de rapatrier leurs richesses, leur offrant, sans grand succès, amnisties pénales et fiscales. Comme les sanctions de Washington contre les « oligarques russes » et leurs biens s’aggravent, il se pourrait bien qu’ils entendent maintenant les appels de Poutine.

Enfin, l’élection devrait discréditer le nombre croissant de commentateurs américains qui assimilent la Russie de Poutine au « totalitarisme » de Staline. Les tenants de cette équation ridicule révèlent qu’ils savent peu de choses (ou ne s’y intéressent pas) à propos des réalités politiques de la Russie d’aujourd’hui et rien à propos du long régime terrifiant qui a détruit des millions de familles soviétiques. En réalité, le système politique russe d’aujourd’hui est un régime à la fois autoritaire et démocratique, que certains appellent « autoritarisme modéré ». Ne serait-ce que pour la politique étrangère des États-Unis, la vraie discussion devrait porter sur le poids relatif de chacun des deux éléments et ce que cela peut laisser présager de l’avenir de la Russie et des relations États-Unis/Russie. Une chose est certaine et corroborée par l’Histoire : les réformateurs démocrates ont très peu de chances d’arriver au pouvoir lors d’une guerre froide et pas le moindre chance si la nouvelle guerre froide actuelle mène à une véritable guerre, comme il n’est pas impossible.

Au sujet de la tentative de meurtre contre Serguei Skripal et sa fille au Royaume-Uni.

Quatre parallèles avec les allégations de Russiegate sont immédiatement perceptibles. Les deux sont, selon de hauts responsables, « un acte de guerre » contre l’Amérique et maintenant contre le Royaume-Uni. Les deux on été selon les mêmes responsables, ordonnés par Poutine en personne. Dans les deux cas, aucun fait n’a été confirmé, du moins pas encore. Néanmoins ces deux présumés « actes de guerre » rendent la nouvelle Guerre Froide avec la Russie encore plus dangereuse.

En ce qui concerne l’acte abominable commis dans l’affaire Skripal, non seulement n’y a-t-il pas de faits, mais c’est un défi au bon sens. Poutine n’avait aucun motif plausible, certainement pas à la veille de l’élection présidentielle, avec la prochaine Coupe du Monde en Russie et le caractère toxique du Russiegate qui empoisonne les relations avec l’Occident. En outre, Skripal n’était plus un « espion russe ». C’était un espion qui avait espionné secrètement pour les services de renseignement britanniques dans les années 1990, il avait été arrêté et condamné en 2004, il avait été échangé en 2010 avec des espions occidentaux contre d’autres espions russes qui avaient été capturés, et il était venu s’établir en Grande Bretagne. Si Poutine souhaitait sa mort, pourquoi ne pas le tuer en Russie ou pourquoi le laisser aller vivre à lOuest ? Et si quelqu’un souhaitait la mort de Skripal, pourquoi le tuer avec un neurotoxique mortel, traçable et capable de faire du mal à de nombreuses autres personnes ? Pourquoi pas un fusil, un couteau ou un « accident » de voiture ? En outre, même si le neurotoxique « Novitchok » a peut-être été élaboré par l’Union soviétique il y a des dizaines d’années, l’Organization for the Prohibition of Chemical Weapons (ou OIAC Organisation pour l’Interdiction des Armes Chimiques, NdT) a certifié avec enthousiasme en 2017 que la Russie avait complètement détruit tous ses stocks et ses installations permettant de fabriquer des armes de ce type. De plus, la formule pour le « Novitchok » a été publié il y a des années et il aurait pu avoir été fabriqué par des États ou des particuliers, ce qui donne d’autant plus d’importance à la question de savoir pourquoi le Royaume-Uni n’a pas donné à la Russie, comme l’exige la réglementation de l’OIAC, un échantillon du neurotoxique mortel censé avoir été utilisé contre les Skripal. Et pourquoi les Skripal et beaucoup d’autres personnes, présumées avoir été atteintes par le neurotoxique, sont-ils encore vivants ?

Il y a aussi cette considération cruciale. Quand les Russie et les États-Unis recrutent des espions dans l’autre pays ou les y envoient, ils leur promettent expressément : « Si vous êtes pris, on essaiera de vous faire sortir, de vous ramener à la maison ». Pendant des dizaines d’années, cette façon de faire s’est traduite par le type d’échanges d’espions auxquels a participé Skripal en 2010. Si l’une ou l’autre partie nuit gravement à un espion échangé, l’efficacité de tels échanges et le caractère quasiment sacré de ce type de promesses émanant d’une agence de renseignements sont décrédibilisés, s’ils ne se trouvent pas réduits à néant. En tant qu’ancien responsable du renseignement, Poutine, plus que quiconque, aurait compris cela et lui donne donc encore moins de motifs.

Un autre parallèle encore avec le Russiegate. Comme les quelques Américains qui ont affiché leur scepticisme devant ces allégations, le dirigeant du Parti travailliste britannique, Jeremy Corbyn, est en ce moment accusé d’être « une marionnette du Kremlin » pour avoir soulevé des questions au sujet du rapport officiel britannique sur l’affaire Skripal. Les Américains ne devraient jamais se laisser entraîner à de telles calomnies, ce qui n’empêche pas beaucoup de le faire.

Finalement il y a une bonne nouvelle, même si elle est toute relative. Dans son commentaire du 7 mars pour The Nation sur le discours de Poutine au sujet des nouvelles armes nucléaires de la Russie qui peuvent rendre inutile le système de missiles de défense des États-Unis avec ses si nombreuses installations déployées un peu partout, Stephen Cohen s’est concentré sur ma remarque de Poutine qui a affirmé avoir essayé pendant des années de discuter de la sécurité nucléaire avec Washington. « Ils n’écoutaient pas ». Maintenant, espérait-il « ils vont écouter ». Quelques jours plus trad, plusieurs sénateurs démocrates ont envoyé une lettre à l’ancien secrétaire d’État, Rex Tillerson, pour demander la réouverture des négociations sur les armes nucléaires avec Moscou. Le 20 mars, lors d’un conversation téléphonique avec Poutine où il félicitait ce dernier de sa victoire électorale – un appel auquel ses conseillers les plus importants se seraient fortement opposés, mais qui était tout à fait légitime et raisonnable – le président Trump a aussi proposé de reprendre ces négociations pour éviter « la course aux armements ». Ce n’est qu’une relativement bonne nouvelle parce que les hommes politiques et les médias en faveur de Russiegate ont immédiatement laissé entendre que l’appel de Trump n’était qu’une preuve de plus de sa « collusion » avec le Kremlin. Évidemment, ils ne sont pas opposés à une nouvelle course aux armements nucléaires, en dépit des dangers grandement exacerbés qu’elle comporterait. Cependant c’est une nouvelle relativement bonne parce que pendant de nombreuses années, Poutine s’est conduit avec Washington de façon accommodante, conciliante, attitude pour laquelle il était, d’ailleurs, parfois critique à Moscou. Par la suite, de son propre aveu, il a perdu cette « illusion ». Maintenant, équipé d’une nouvelle génération d’armes nucléaires, peut-être invincibles, Poutine a sans doute adopté ce vieil adage de la politique des États-Unis : « Ils ne comprennent que la force ». Si c’est le cas, c’est un renversement de la philosophie de sécurité réciproque partagée par les présidents Reagan et Gorbatchev à la fin des Années 1980, quand ils pensaient en avoir fini à jamais avec la guerre froide et la course aux armements.

Source : The Nation, Stephen F. Cohen, 22-03-2018

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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nulnestpropheteensonpays // 19.06.2018 à 07h35

tant que Poutine empêchera les épiciers , d’être les maitres du jeu en Russie, qu’il placera un état au dessus d’eux contrairement , a nos guignols, il aura mauvaise presse chez nous . Mine de rien la Russie représente toujours une alternative en 2018 , comme en 1917,d’un autre ordre social , le mauvais exemple!

20 réactions et commentaires

  • Seraphim // 19.06.2018 à 05h16

    Se battre contre les déclarations des Mc Cain ou autres Boris Johnson, est-ce vraiment utile? Qui ignore quels sont les imposteurs, entre eux et Poutine?
    Margarita Simonyan explique plus crûment que Stephen Cohen les sentiments actuels des Russes:
    https://rusreinfo.ru/fr/2018/06/pourquoi-nous-ne-respectons-plus-loccident/
    Mais c’est au terme de tant de patience et d’espoirs déçus! Les Russes aiment et apprécient l’étranger, les produits importés aussi. Ils rechignaient à les fabriquer eux-mêmes, mais désormais ils font du fromage français et exportent plus de blé que les US. Cela ne changera plus.

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  • DUGUESCLIN // 19.06.2018 à 05h55

    ” Nous pas avoir eu les armes pour nous défendre des visages pales à la langue fourchue, mais grand chef Poutine, lui, avoir beaucoup moyens pour sauver son peuple, Hugh ! Les visages pales à la langue fourchue pas pouvoir massacrer le peuple russe, même si eux croire que le seul bon russe est un russe mort” Hugh! Grand chef a parlé.

      +25

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  • Nerouiev // 19.06.2018 à 07h18

    Ce qu’il y a de bien chez les Anglo-Saxons c’est que dans l’erreur ils gardent le cap. Je me demande si ce n’est pas le revers de l’écran médiatique entre le pouvoir et le peuple qui finit par imposer à son tour cette ligne de conduite. Le problème c’est que ça pourrait très mal finir.

      +9

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  • nulnestpropheteensonpays // 19.06.2018 à 07h35

    tant que Poutine empêchera les épiciers , d’être les maitres du jeu en Russie, qu’il placera un état au dessus d’eux contrairement , a nos guignols, il aura mauvaise presse chez nous . Mine de rien la Russie représente toujours une alternative en 2018 , comme en 1917,d’un autre ordre social , le mauvais exemple!

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  • Weilan // 19.06.2018 à 07h44

    Je ne me souviens plus de son nom, mais garde en mémoire la déclaration d’un ministre russe: ” ce que l’on reproche à la Russie est le fait d’exister”.
    Ce monsieur avait résumé en fort peu de mots le sentiment profond des USA et de leurs vassaux !

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    • patrickv // 19.06.2018 à 08h42

      je ne suis pas sûr que ce soit le fait “d’exister”, mais plutôt de ne pas vouloir vivre comme les Américains, et d’adopter les mêmes “règles, lois, coutumes” que ces Ricains.
      les Américains sont sûrs de détenir LA vérité, et veulent l’imposer à tout le globe !
      les Américains veulent que toute la Terre soit “Heureuse”, comme eux, et ils sont prêts à l’imposer par la force, si nécessaire !
      oubliant que certains Pays ont une Histoire de plusieurs siècles, voire de plusieurs millénaires, contrairement à eux !
      bon, quand je dis “Américains”, je parle des politiques. je ne suis pas sûr que le Peuple Américain soit comme cela .

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      • John V. Doe // 19.06.2018 à 10h12

        Il y a longtemps que les étatsuniens ne veulent plus imposer leur vision du bonheur, si cela a jamais été le cas. Ils ont une mentalité de pilleurs, de dominants violents. Ce qu’ils cherchent n’est plus de conquérir les cœurs, ils s’en fichent, c’est d’acquérir les biens des autres pays par tous les moyens. Ce qui a changé, c’est qu’ils ne se préoccupent même plus de légalité. Seul compte leur intérêt.

        Donc, oui, je pense que “ce que l’on reproche à la Russie c’est d’exister”. Mais aussi à tous les autres pays. L’idéal américain c’est l’anomie, c’est l’absence de structure étatique qui leur permet… tout. C’était Eltsine, c’est la Somalie, la Libye, l’Irak. Leur soutien au terrorisme en Syrie comme ailleurs est dans la droite logique de leur mentalité prédatrice.

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        • patrickv // 19.06.2018 à 10h38

          vous êtes plus pessimiste que moi, et probablement que vous avez raison ! :))

            +2

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      • chokk // 19.06.2018 à 12h04

        Pierre Conesa avait une image intéressante pour parler de la vision internationale qu’a le peuple états-unien : il considère qu’en chaque individu du monde, il y a un américain qui sommeille, et que s’il ne s’est pas révélé, c’est que forcément quelque chose l’en empêche, comme un dirigeant dictateur ou des structures étatiques trop fortes.
        C’est l’idée que sans contrainte, tout Homme se ressemble. Et comme les américains sont déjà libres, alors les Hommes tendent à ressembler aux américains. Cqfd, croient-ils…

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        • Myrkur349 // 19.06.2018 à 14h03

          Dans le genre de fadaise auto-persuadante, il y a le fameux point godwin. Or trituré dans tous les sens, celui ci peut servir à bien des combats ou écrans de fumée. En effet, passée l’hypothèse de l’idée novatrice et séduisante en herbe, on en arrive à une possible équivalence entre tous les grands crimes contre l’humanité avec les sempiternelles discussions sans fin sur, ma souffrance, ta souffrance, leurs souffrances. En sous-jacent un passage énergique dans la machine à laver médiatique ou tout ressort ….mélangé…. à la base. Cela pourrait être aussi une tentative pour banaliser la Shoah ou la faire passer par perte et profits de l’histoire en interdisant d’en parler car si vous en parlez c’est que vous n’êtes pas très fu-fute, ou du moins très original. Or des fois il faut appeler un chat un chat. Donc nous en revenons toujours à la personne à qui on montre doctement la lune et qui regarde le doigt. L’esprit comme la masse doivent rester critiques.

            +2

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      • moshedayan // 20.06.2018 à 07h38

        patrickv, beaucoup de Russes ont compris que les Occidentaux se foutent de voir les Russes vivre “comme les Ricains”, ils pensent (et je pense qu’ils ont raison) que les Occidentaux n’ont qu’une idée en tête , se servir en Russie comme ils veulent en pillant allègrement les richesses naturelles, certes au bénéfice d’oligarques pourris, mais en appauvrissant la masse de la population. Bref, les Occidentaux posent un cierge tous les soirs pour retrouver un pourri peut-être ivrogne à la “Yeltsine”. Tant qu’au Kremlin, il y aura une équipe pour tenir cette minorité d’oligarques dans un “minimum acceptable” la Russie s’en sortira mieux. Mais il faut veiller constamment d’où un système autoritaire (et loin d’être parfait évidemment)

          +3

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  • Catherine // 19.06.2018 à 11h44

    Il ne faut pas sous-estimer néanmoins les difficultés qui se présentent devant la Russie.

    D’abord le remplacement de Poutine, et on y sera vite par une personnalité qui n’aura pas son envergure et sa lucidité inégalables.

    L’immensité du territoire sur onze fuseaux horaires avec seulement 145 millions d’habitants pour défendre des frontières presque partout plus ou moins hostiles ou qui peuvent le devenir.

    L’obligation de maintenir un niveau de défense militaire très élevé.

    L’extinction à moyen terme des ressources fossiles.

    La présence de près de 20 millions de musulmans dont un petit pourcentage suffirait à semer le chaos.

    La pression du modèle occidental qui grignote petit à petit l’identité russe.

    le jeu à venir de la chine, un voisin directe avec un besoin non dissimulé d’espace vital.

      +4

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    • moshedayan // 20.06.2018 à 09h18

      La Chine, la Chine, la Chine…
      On la redoute et il ne faut pas être naïf évidemment, … mais ça arrangerait bien, vraiment que la Chine ait des ambitions vers la Sibérie, Ah un bon conflit sino-soviétique, oh pardon sino-russe… pour le bien de l’Occident . Ah tiens, je me rappelle : Staline avait dit “L’URSS… n’a nullement l’intention de tirer les marrons du feu” pour le compte des Anglais et des Français, donc les Occidentaux et c’était à la veille du Pacte germano-soviétique.
      Bref, si les Occidentaux, vous comptez là-dessus, c’est à voir … ce jeu bien dangereux § !

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  • Arcousan09 // 19.06.2018 à 11h54

    Moi, je tire la conclusion, depuis longtemps, heureusement qu’il y a Poutine …
    Poutine a une cervelle avec bien plus de circonvolutions que le pois chiche d’un Trump …
    Si Poutine avait le même comportement que Trump la planète serait déjà vitrifiée … j’ai conscience que ce n’est pas un saint mais c’est vraiment un moindre mal à coté du comportement des plus puérils de nos guignols politiques à nous qui ne savent que faire de la figuration et des postures comme Don Quichotte ….

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    • Usamaandco // 19.06.2018 à 14h05

      Je vous trouve injuste, à la fois pour Vladimir Vladimirovich et pour el Quijote.
      Pour ce qui est de la Russie, je ne suis pas certain qu’un saint serait préférable pour conduire ce pays, avec tous ses problèmes internes et ses ennemis externes, dont certains manifestent une agressivité pathologique. Imaginez-vous l’abbé Pierre ou mère Thérésa à la tête de la Fédération de Russie ?
      Quant à el ingenioso hidalgo, il est peu charitable de lui reprocher ses postures, alors qu’il n’a jamais hésité à affronter l’adversaire les armes à la main, ce qui est loin d’être le cas de nos guerriers d’opérette.

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  • Arcousan09 // 19.06.2018 à 13h23

    Kishore Mahbubani (Singapour) a écrit: : « L’ère de la domination occidentale touche à sa fin ». « Les élites occidentales, ajoute-t-il, devraient se détourner de leurs guerres civiles intérieures et se concentrer sur les grands défis mondiaux. Au lieu de cela, elles accélèrent, de diverses manières, leur insignifiance et leur désintégration. »

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  • Chris // 19.06.2018 à 14h03

    A propos de la démographie insuffisante par rapport à l’immensité de la Fédération de Russie, durant la rencontre annuelle des questions-réponses avec Poutine, la question a été posée sur comment pallier au déficit induit par la décennie Yeltsine, alors que la diaspora russe est gigantesque – entre 20 et 40 millions de personnes :
    La réponse de Poutine a été la suivante :
    “Nous allons ouvrir la voie à la libéralisation de tout ce qui touche à la citoyenneté russe ». Il a mentionné qu’il existe déjà de nouvelles propositions législatives. Il a parlé de l’écho du faible taux de natalité au cours des années 1990 et a précisé que l’attraction de compatriotes est une priorité. Il a demandé le ministre de l’Intérieur en visioconférence et lui a dit : « Vous êtes tenu d’entamer ces processus ». Le vieux flic avait l’air décontenancé, mais je suis sûr qu’il sait ce qui est bon pour lui. Pour être sûr, Poutine a ajouté que le Service fédéral des migrations était placé sous la responsabilité du ministère de l’Intérieur parce qu’on pensait que ce ministère était capable de faire plus que simplement assurer la sécurité. (C’est-à-dire, faites-le ou vous le perdrez.) Il a également dit : « L’octroi de la citoyenneté russe relève de l’autorité du président de la Fédération de Russie ». Ainsi, si le processus n’est pas rapidement mis en place, Poutine pourrait commencer à distribuer lui-même des passeports.”
    Extrait tiré de : http://cluborlov.blogspot.com/2018/06/keeping-up-with-putin.html
    Traduction française sur le site commençant par S…r

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  • Chris // 19.06.2018 à 14h26

    Lu aussi quelque part, que les élections russes s’étaient déroulées sans heurts par le fait que les ONG et autres institutions financées par l’étranger avaient été interdites 2 ans auparavant…

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