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CIA : 70 ans de coups d’État

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Les cibles des balles de Washington ont été les dirigeants qui ont tenté d’affirmer la souveraineté économique de leur nation, écrit Jeremy Kuzmarov dans cette critique d’un nouveau livre de Vijay Prashad.

Critique du livre de Vijay Prashad, Washington Bullets : A History of the CIA, Coups, and Assassinations (Les balles de Washington : une histoire des coups d’Etat et des assassinats de la CIA, NdT), avec une préface d’Evo Morales (New York : Monthly Review Press, 2020).

Source : Consortium News, Jeremy Kusmarov
Traduit les lecteurs Les-Crises

Les cibles des balles de Washington. En haut à gauche : le leader congolais Patrice Lumumba ; en haut à droite, le leader cubain Fidel Castro ; Rafael Trujillo de la République dominicaine, en bas à gauche, et en bas à droite, le Premier ministre sud-vietnamien, Ngo Dinh Diem (boingboing.net)

Lors de son audition d’intronisation en février, le dernier directeur en date de la CIA, William J. Burns, a poursuivi la longue tradition de l’Agence consistant à mettre en avant la menace que représentent la Russie et la Chine, ainsi que la Corée du Nord, et a déclaré que l’Iran ne devrait pas être autorisé à se doter de l’arme nucléaire.

Le nouveau livre de Vijay Prashad, Washington Bullets : A History of the CIA, Coups, and Assassinations, détaille comment les menaces étrangères fabriquées ont historiquement été utilisées par l’Agence pour mener une guerre contre le tiers-monde – afin d’étendre la domination des entreprises américaines.

Dans sa préface, Evo Morales Ayma, l’ancien président de la Bolivie qui a été déposé lors d’un coup d’État soutenu par les États-Unis en 2019, écrit que le livre de Prashad est consacré aux « balles qui ont assassiné les processus démocratiques, qui ont assassiné les révolutions et qui ont assassiné l’espoir. »

Jacobo Arbenz (Gobierno de Guatemala, Fotos antiguas de Guatemala. Domaine public.)

Prashad est un éminent analyste politique, auteur d’importantes études sur les interventions impériales, le capitalisme d’entreprise et les mouvements politiques du tiers-monde.

Son dernier livre synthétise la richesse de ses connaissances. On y trouve des révélations personnelles d’anciens agents de la CIA, comme feu Charles Cogan, chef de la division Proche-Orient et Asie du Sud au sein de la direction des opérations de la CIA (1979-1984), qui a confié à Prashad qu’en Afghanistan, la CIA avait « dès le départ financé les pires individus et ce, bien avant la révolution iranienne et bien avant l’invasion soviétique. »

Washington Bullets commence au Guatemala avec le coup d’État de 1954 qui a renversé Jacobo Arbenz, dont le programme modéré de réforme agraire menaçait les intérêts de la United Fruit Company.

Le cabinet d’avocats du secrétaire d’État américain John Foster Dulles, Sullivan & Cromwell, avait représenté la United Fruit, et Dulles et son frère, Allen, le chef de la CIA (1953-1961), étaient de gros actionnaires.

L’ancien directeur de la CIA Walter Bedell Smith est devenu président de la United Fruit après la destitution d’Arbenz, et la secrétaire personnelle du président Dwight Eisenhower, Ann Whitman, était l’épouse du directeur de la publicité de la United Fruit, Edmund Whitman.

Après le coup d’État, le successeur d’Arbenz, Castillo Armas, a déclaré que « s’il est nécessaire de transformer le pays en cimetière afin de le pacifier, je n’hésiterai pas à le faire. »

La CIA a contribué à ce bain de sang en fournissant à Armas des listes de communistes et en lui faisant cadeau de son protocole d’assassinat.

Ce protocole a ensuite été appliqué dans des opérations dirigées contre des nationalistes du tiers-monde tels que Patrice Lumumba au Congo (1961), Mehdi Ben Barka au Maroc (1965), Che Guevara (1967) et Thomas Sankara au Burkina Faso (1987).

Entrée de l’ancien bâtiment de la United Fruit Company, avenue Saint-Charles, Nouvelle-Orléans. Il abrite aujourd’hui une banque (Wikimedia Commons)

Sankara aurait été tué dans le cadre d’un complot mené en étroite coordination entre un agent de la CIA à l’ambassade des États-Unis au Burkina Faso et les services secrets français, le SDECE.

Selon Prashad, si « beaucoup des balles des assassins ont été tirées par des gens qui avaient leurs propres intérêts de clochers, des rivalités dérisoires et des gains insignifiants, le plus souvent, il s’agissait de balles signées Washington. »

Leur principal objectif, dit-il, était de « freiner le raz-de-marée qui déferlait depuis la Révolution d’octobre 1917 et les nombreuses vagues qui ont balayé le monde pour former le mouvement anticolonialiste. »

Prashad, comme ces commentaires l’indiquent, enracine les crimes de la CIA dans l’histoire plus vaste du colonialisme et de l’hostilité des élites capitalistes mondiales vis à vis de l’émancipation de la classe ouvrière engendrée par la révolution russe.

L’impérialisme, nous rappelle-t-il, est la tentative de « soumettre les gens pour maximiser le vol des ressources, du travail et des richesses. »

Les cibles des balles de Washington, à leur tour, ont été ceux qui, comme Sankara et bien d’autres, ont essayé d’affirmer la souveraineté économique de leur nation.

Le modèle du comportement de la CIA a été établi au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, lorsqu’elle a soutenu des factions politiques qui en Europe avaient collaboré avec les nazis contre les communistes, qui eux avaient mené la résistance contre le nazisme.

Le travail de l’Agence, comme l’écrit Prashad, a contribué à « ramener à la vie le cadavre du bloc politique réactionnaire européen. »

Au Japon, cela a signifié la création d’un nouveau parti (le Parti libéral démocrate – LDP) pour vaincre les socialistes, parti qui a absorbé de vieux fascistes (Ichiro Hatoyama et Nobusuke Kishi) et développé des liens durables avec les grandes entreprises et le crime organisé (Yoshio Kodama).

En 1953, la CIA a réussi à renverser le Premier ministre démocratiquement élu d’Iran, Mohammed Mossadegh, qui avait entrepris de nationaliser l’industrie pétrolière du pays.

De 1960 à 1965, l’agence a tenté d’assassiner le leader révolutionnaire cubain Fidel Castro à au moins huit reprises en envoyant des gangsters de la mafia qui ont tenté d’utiliser des pilules empoisonnées, des stylos empoisonnés, un cigare empoisonné, un scaphandre contenant de la tuberculose, de la toxine botulique et d’autres poudres bactériennes mortelles. Au total, il y a eu 638 tentatives d’assassinat – toutes ont échoué.

La CIA a également orchestré un coup d’État au Sud-Vietnam en 1963 contre les frères Diem lorsque ceux-ci ont cherché à se rapprocher du Front de libération nationale (FLN), un parti de gauche.

Avril 1959 : L’agent spécial Leo Crampsey du Bureau de la sécurité (SY), à gauche, escorte le nouveau Premier ministre cubain Fidel Castro (au centre) lors d’une visite à Washington, DC, peu après la révolution de janvier à Cuba (Département d’État américain).

Un autre coup d’État a été perpétré contre le gouvernement socialiste indonésien d’Achmed Sukarno, dont l’éviction en 1965 a déclenché un bain de sang anticommuniste.

Le coup d’État indonésien de 1965 – comme ses prédécesseurs au Guatemala et en Iran et celui qui l’a suivi au Chili – a suivi un modus operandi comportant neuf étapes différentes :

  1. faire pression sur l’opinion publique
  2. nommer l’homme idoine sur le terrain
  3. s’assurer que les généraux sont prêts
  4. faire hurler l’économie [référence à l’ordre donné par Nixon à la CIA concernant le Chili « Make the economy scream » voulant dire ainsi  » faire tout ce qui est en notre pouvoir pour condamner le Chili et les Chiliens au plus grand dénuement et à la pauvreté. »,NdT]
  5. isoler diplomatiquement
  6. organiser des manifestations de masse
  7. donner le feu vert
  8. assassiner
  9. tout nier

Détruire la souveraineté économique

Perfectionnées et affinées au fil des ans, presque toutes ces étapes ont été appliquées tout récemment lors du coup d’État de Maidan en 2014 en Ukraine, et du coup d’État de la droite contre Evo Morales en Bolivie en 2019.

Le mémorandum qui décrit l’organisation par la CIA de la déposition du président Jacobo Árbenz en juin 1954 par les paramilitaires. (US Central Intelligence Agency Domaine public)

En ce qui concerne l’économie, Prashad a mis au jour une étude de la CIA datant du début des années 1950 sur la manière de mettre en péril l’industrie du café au Guatemala afin de saper le gouvernement d’Arbenz.

Il s’agissait d’un précurseur de la campagne mieux connue de l’administration Nixon visant à « faire hurler l’économie du Chili » après que les Chiliens aient eu l’audace d’élire un socialiste, Salvador Allende, qui a nationalisé l’industrie du cuivre (cette industrie a été contrôlée par deux sociétés américaines, Kennecott et Anaconda, qui ont fait pression en faveur d’un coup d’État).

Le chef de la station de la CIA au moment du coup d’État de 1973 au Chili, qui a porté au pouvoir le général fasciste Augusto Pinochet, était Henry Hecksher.

Il avait travaillé sous couverture comme acheteur de café au Guatemala au moment du coup d’État d’Arbenz et avait soudoyé le colonel Hernán Monzon Aguirre qui devint le chef de la junte qui remplaça Arbenz.

Après avoir obtenu une promotion, Hecksher a continué à diriger les opérations de subversion de la CIA au Laos et en Indonésie à la fin des années 1950 et au début des années 1960, avant de diriger un projet contre la révolution cubaine au Mexique.

Hecksher était le pendant de sinistres personnages tels que Lincoln Gordon – un anticommuniste impitoyable qui a contribué à orchestrer le coup d’État de 1964 au Brésil –, Marshall Green, qui a aidé à déclencher le coup d’État de 1965 en Indonésie, ainsi que l’agent de la CIA Kermit Roosevelt et l’agent du département d’État Loy Henderson, qui ont contribué à faire aboutir le coup d’État contre Mossadegh.

L’ambassade des États-Unis a joué un rôle si direct dans les coups d’État dans un si grand nombre de pays qu’une blague populaire pendant la Guerre froide avait cours : « Pourquoi n’y a-t-il jamais de coup d’État aux États-Unis ? Parce que là bas, il n’y a pas d’ambassade américaine. »

L’une des astuces du métier consistait à recruter des militants syndicaux capables de débusquer les communistes pour s’en débarrasser et d’organiser des grèves contre les gouvernements de gauche afin de faciliter leur chute.

« Tout était acceptable, écrit Prashad, pour saper la lutte des classes, tant en Europe que dans les États qui se libéraient de la domination coloniale. »

L’attention portée par Prashad aux divisions de classe offre un antidote rafraîchissant aux histoires libérales de la CIA – comme le livre de Tim Weiner, Legacy of Ashes – qui présentent de bonnes informations mais ne parviennent pas à analyser ce qui a motivé l’activité dévoyée de l’Agence.

Le cadavre de Che Guevara avant d’être attaché aux patins d’atterrissage d’un hélicoptère et d’être transporté de La Higuera à Vallegrande, en Bolivie. Image prise par Gustavo Villoldo, agent secret de la CIA.(Wikimedia Commons)

D’anciens nazis comme alliés

Prashad écrit : « Que ce soit au Guatemala ou en Indonésie, ou par le programme Phoenix (ou Chien dich Phung Hong) de 1967 au Sud-Vietnam, le gouvernement américain et ses alliés ont incité les oligarques locaux et leurs amis des forces armées à décimer complètement la gauche. »

En Amérique du Sud, l’opération Condor menée par la CIA a tué environ 100 000 personnes et en a emprisonné environ un demi-million.

La CIA s’est associée à d’anciens tortionnaires nazis comme Klaus Barbie, agent de renseignement du général Hugo Banzer, président de la Bolivie de 1971 à 1978, et personnage clé de Condor.

De nombreuses victimes de Condor étaient des partisans de la théologie de la libération, qui cherchait à appliquer l’évangile chrétien pour soutenir des causes de justice sociale.

La CIA a contribué à tuer le progrès en Afrique en soutenant des actions tels que le coup d’État du colonel Gafar Nimiery au Soudan en 1971, qui a déposé le major communiste Hashem al-Atta et entraîné l’exécution du fondateur du parti communiste soudanais, Abdel Khaliq Mahjub.

Lorsqu’un projet du tiers-monde a émergé dans les années 1970 pour faire avancer l’idée d’un Nouvel ordre économique international (NOEI) s’appuyant sur le principe du nationalisme économique, Washington s’est efforcé de saper son avancement en délégitimant l’Assemblée générale des Nations Unies, qui avait approuvé le NOEI en 1974.

C’est à cette époque que les États-Unis ont commencé à faire pression sur le Fonds monétaire international (FMI) afin de lier les prêts à des programmes d’ajustement structurel qui réduisaient les services publics et profitaient aux multinationales.

Au XXIe siècle, Washington a effrontément utilisé les sanctions pour tenter de saper les gouvernements qui se rebellent. Il a également contribué à fabriquer [ou exploiter] des scandales de corruption, comme ceux qui ont fait tomber les gauchistes Lula et Dilma Rousseff au Brésil, dont les politiques avaient permis à près de 30 millions de Brésiliens de sortir de la pauvreté.

L’attentat à la bombe contre le parlement chilien lors du coup d’État de 1973 contre Salvador Allende, qui avait nationalisé l’industrie du cuivre au Chili (Wikipedia)

Prashad termine son livre par une citation d’Otto René Castillo (1936-1967), un poète qui avait amené avec lui ses carnets lorsqu’il s’est rendu dans la jungle du Guatemala dans les années 1960 pour lutter contre la dictature imposée par les États-Unis. Castillo a écrit :

« La plus belle chose

Pour ceux qui se sont battus toute leur vie

C’est d’arriver à la fin et de se dire ;

Nous avons eu foi dans les gens et la vie,

Et la vie et les gens

Ne nous ont jamais laissés tomber. »

Ces mots devraient hanter toute personne ayant travaillé pour la CIA, une agence qui se trouve du mauvais côté de l’humanité depuis sa création.

Dans le paysage politique actuel, de plus en plus autoritaire, les critiques contre la CIA sont rares. De nombreux libéraux ont cru à la désinformation de la CIA concernant la Russie – en particulier lorsque Donald Trump a été accusé d’être un agent russe – et portent aux nues un président, Barack Obama, qui était un grand partisan de l’agence.

Le livre de Prashad est particulièrement important à ce titre. On peut espérer qu’il provoquera la réémergence d’un mouvement visant à abolir la CIA et ses ramifications comme la National Endowment for Democracy (NED), ce qui n’a que trop tardé.

Jeremy Kuzmarov est directeur de la rédaction de CovertAction Magazine. Il est l’auteur de quatre livres sur la politique étrangère américaine, dont Obama’s Unending Wars (Clarity Press, 2019) et The Russians Are Coming, Again, avec John Marciano (Monthly Review Press, 2018).

Source : Consortium News, Jeremy Kusmarov – 24-05-2021
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Commentaire recommandé

SanKuKaï // 03.09.2021 à 13h53

Poutine est un calculateur et un stratège. Il faut surtout se demander ce qu’il aurait à gagner à ces assassinats. à moins qu’il y ait des intérêts cachés, ce n’est pas vraiment à Poutine que l’opération Skipral profite. Il faut toujours aller chercher un peu plus loin que ce que les MSN suggèrent (ie: il tue pour le plaisir, et pour faire peur parce qu’il est méchant).
Car si on écoute uniquement les MSN, on se demande bien pourquoi la CIA se casse le q à faire des changements de régime si compliqués alors que Poutine arrive à retourner une élection (Américaine de surcroît) avec 10000$ de pubs sur Facebook…

29 réactions et commentaires

  • Vercoquin // 03.09.2021 à 08h46

    « De 1960 à 1965, l’agence a tenté d’assassiner le leader révolutionnaire cubain Fidel Castro à au moins huit reprises en envoyant des gangsters de la mafia qui ont tenté d’utiliser des pilules empoisonnées, des stylos empoisonnés, un cigare empoisonné, un scaphandre contenant de la tuberculose, de la toxine botulique et d’autres poudres bactériennes mortelles. Au total, il y a eu 638 tentatives d’assassinat – toutes ont échoué. »

    Une étrange convergence de suspicions émerge dans mon esprit.
    Les aventures de la famille Skripal en GB et le malaise aérien du fameux Navalny seraient ils dus à des manigances liées aux services secrets russes ou bien faut-il suggérer une agence étazunienne ?

    Le doute m’habite.

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    • LibEgaFra // 03.09.2021 à 11h22

      Ni l’un ni l’autre mon capitaine!

      Pour Skripal et Navalny je n’ai guère de doute que c’est le MI6 qui était et est toujours à la manœuvre.

      J’attends toujours d’OB qu’il nous en dise un peu plus quand il avance que ce sont des éléments incontrôlés du GRU qui auraient fait le coup contre les Skripal.

        +11

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      • Pollix // 03.09.2021 à 13h28

        Skripal : quel intérêt de l’éliminer après plusieurs années d’exil ?
        Navalny: quel intérêt, sans nier la difficulté d’être opposant en Russie, d’éliminer un opposant à 2% avant promotion occidentale, un opposant pas très blanc comme neige par ailleurs ?
        Les services russes ont à apprendre en efficacité d’élimination chez la CIA…

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        • herve cruchant // 03.09.2021 à 17h51

          « Les services russes ont à apprendre en efficacité d’élimination chez la CIA… ». Ridicule! On va bientôt comparer les Services de certains pays. DGSE, Mossad, Canadiens, Allemands ? Tiens, il y a longtemps qu’on n’a pas parlé des vilains chinois ….

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          • Pollix // 03.09.2021 à 18h38

            C’était de l’humour … noir.
            On peut en effet faire confiance à n’importe quel service secret de n’importe quel pays pour éliminer des acteurs ou des témoins gênants.

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      • Hamourabi // 05.09.2021 à 03h00

        Oui, L.E.F., oui. Bonjour, il me semble à moi aussi, très-naïvement, que les « Services » russes se sont montrés proƒondément humbles et discrets dans cette affaire…… bien loin d’une réputation « établie de longue date » (depuis l’ère stalinienne). Or, une des premières choses que tout le monde apprend, chez Sun Tzu comme au jeu du ßridge, est qu’il ne ƒaut JAMAIS « jouer sous son Roi ».

        Il eût été ƒacile (car très-plausible), en effet, de retourner la situation devant « l’Opinion internationale » en accusant l’intelligence Service ((M I 6)) d’avoir monté elle-même un coup tordu ((encore un)) contre « l’Agent double » Cergei Skripal, considéré comme coupable d’avoir livré aux Russes un secret bien gardé. Pour cela, il suffisait de « lâcher » quelque chose que les Russes avaient appris, ƒorcément ; et qui, de toutes ƒaçons, ne tarderait à s’ébruiter : Peu importe, ici, qu’ils aient été inƒormés par l’Agent double ou autrement… Par exemple, la nouvelle accélération des constructions de sous-marins nucléaires destinés à la Royal navy n’est plus un secret pour personne (toutes les « puissances nucléaires » en ƒont d’ailleurs autant, maintenant).

        Comment expliquer ce genre de conciliation ? £e pouvoir à Moscou ne cesse de ƒaire des ouvertures à « l’Occident », qui les juge ƒourbes et vicieuses et veut « mater » l’Ours russe à coup de sanctions, sans trop réƒléchir à ce qui arrivera ((NOUS arrivera)), si acculés, nos voisins russes ƒusionnent complètement avec les intérêts chinois non dissimulés.

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      • Pollix // 05.09.2021 à 18h10

        Des doutes « complotistes » quand aux prélèvements sanguins effectués en UK et en Allemagne…
        http://www.defenddemocracy.press/uk-defense-ministry-document-reveals-skripals-blood-samples-could-have-been-manipulated/

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    • Koui // 03.09.2021 à 13h15

      Beaucoup d’opposants a poutine meurent de façon violente et précoce. Bien que je n’ai pas d’avis définitif sur les affaires skripal et navalny, il me semble que la théorie du faux assassinat orchestré par la CIA n’est pas la plus plausible. Poutine n’aime pas du tout les traîtres a leur patrie payés par l’étranger et c’est bien ce qu’il dit des skripal et navalny. Qu’il les fasse exécuter ne serait guère surprenant.

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      • SanKuKaï // 03.09.2021 à 13h53

        Poutine est un calculateur et un stratège. Il faut surtout se demander ce qu’il aurait à gagner à ces assassinats. à moins qu’il y ait des intérêts cachés, ce n’est pas vraiment à Poutine que l’opération Skipral profite. Il faut toujours aller chercher un peu plus loin que ce que les MSN suggèrent (ie: il tue pour le plaisir, et pour faire peur parce qu’il est méchant).
        Car si on écoute uniquement les MSN, on se demande bien pourquoi la CIA se casse le q à faire des changements de régime si compliqués alors que Poutine arrive à retourner une élection (Américaine de surcroît) avec 10000$ de pubs sur Facebook…

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        • Ribouldingue // 05.09.2021 à 00h40

          Je ne crois pas que Poutine et sa clique soient meilleurs que les dirigeants de la CIA à travers les ages.
          Ce sont exactement la même engeance.
          Cette opposition Russie États Unis est un contre feu bien utile à tous ces opposants de la démocratie.

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      • RGT // 04.09.2021 à 13h48

        Concernant Skripal, surtout connaissant l’efficacité des barbouzes russes, ce n’est certainement pas une action commanditée par les dirigeants russes qui ne se couvriraient de ridicule en se faisant prendre ouvertement les doigts dans le pot de confiture en ayant laissé des « preuves » si évidentes qu’un enfant de 3 ans pourraient les trouver.
        De plus, le dénommé Skripal n’avait plus aucun intérêt pour la Russie et de plus il avait été échangé contre une autre barbouze, ce qui le mettait automatiquement sur la liste des personnes à ne plus rechercher. Les russes n’en avaient plus rien à faire de Skripal et ne seraient jamais allé « remuer la merde ».

        Quant au « Saint plus grand opposant politique » Navalny, nous avons droit à un nouvel « assassinat ignoble raté » exécuté par des branquignols devant tous les médias du « monde libre »…
        Là aussi, si Poutine avait réellement voulu l’éliminer, il n’aurait pas fait appel à des guignols et « l’idole de l’occident » serait mort dans un « accident de la vie » tout à fait « naturel » (accident de voiture, une tuile tombant d’un toit, percuté par une météorite, ou s’étouffant en public en se goinfrant de caviar)…
        Avec moins de 2% de résultats aux élections il faisait trembler Poutine… de rire.
        Loin derrière le PC russe qui fait plus de 10 fois son score mais dont personne ne parle…
        Son « problème » semble plutôt être une manœuvre de pub’ destinée à tenter de monter désespérément dans les sondages de popularité sans risquer de se mettre en danger (façon attentat de l’observatoire de Mitterrand en 1959)…

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  • DVA // 03.09.2021 à 09h40

    Bah..la CIA n’est plus ce qu’elle était…ainsi les terroristes de la CIA qui combattaient les terroristes du Pentagone en Syrie. C’était vraiment gênant et difficile à cacher.Heureusement…les russes ont bombardé les deux…

      +7

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    • herve cruchant // 03.09.2021 à 17h55

      CIA, CIA … parmi les quelque 12 ou 14 Services secrets US, officiels, officieux, CDD, CDI, intermittents… La CIA vit de sa réputation et de cache-misère à pas mal d’actions ‘clandestines’ (glauques et pourries) perpétrées par d’autres.

        +1

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  • Patapon // 03.09.2021 à 09h54

    C’est quand-même dingue que l’image des USA dans le monde soit si peu reflétée dans les analyses géopolitiques des médias. La dissonance entre les médias et l’opinion est préoccupante.

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    • LibEgaFra // 03.09.2021 à 11h26

      Propagande, propagande… « démocratie », « droits humains », « liberté »… toutça toutça…

      Un mensonge répété suffisamment de fois devient une vérité pour les foules qui ne sont pas en mode d’autodéfense intellectuelle.

        +17

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    • Orhan // 03.09.2021 à 15h46

      Toujours rappeler que les Etats-Unis ont assassiné des dizaines (centaines selon les comptages) de milliers de civils innocents en larguant deux bombes atomiques sur des villes densément peuplés. Rappeler la guerre de Corée, qui est la même chose.
      En terme de crime contre l’humanité, c’est le même niveau d’horreur et « d’immoralité » que la Shoah.
      C’est quand même effrayant quand on y pense sérieusement ne serait-ce que deux minutes.

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    • herve cruchant // 03.09.2021 à 18h18

      C’est qu’on nous apprend dès la naissance (d’abord par imprégnation parentale) que la société est évidement-basalement élitiste. De la hiérarchie déiste à « Ein Volk, ein Fürher ». Et les préceptes duaux qui vont avec : le bien et le mal, le péché et la vertu, etc. Dès l’instant où il est admis que certains sont les plus forts naturellement en raison d’une légitimité morale autoproclamée, tout est permis. Le meurtre ou l’assassinat une punition méritée ou un redressement de tort. Les analyses géopolitiques n’ont pas à développer des arguments évidents et devenus banals. Et puis, extrapoler en mettant au même rang les méfaits des USA et ceux d’une vulgaire mafia est du rôle des groupes et partis d’opposition. Chacun son champ clos. En attendant, le citoyen de n’importe quel pays est manipulé, tenu dans l’ignorance, bourré de propagande et de fausses nouvelles. Au fait : quel est l’effet d’un exposé clair et net d’une mauvaise action, fut-elle reconnue et avouée ? rien. même pas de la honte. Le retrait d’Afghanistan est exemplaire, on vous dit. Et vingt ans de guerre étaient nécessaire. Après le Viet-Nam aussi, oui. Ultime main mise des salopiauds : nous faire croire que nous ne saurions pas quoi faire des manettes si nous avions le pouvoir à leur place. Du grand art : nous faire croire à une prétendue stupidité fondamentale et aux bienfaits du refuge dans l’apathie généralisée. « Dormez braves gens, je veille… ». Il faut s’habituer aux révoltes. Pour commencer.

        +7

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  • Polo // 03.09.2021 à 10h24

    Concernant l’assassinat de 1963 contre les frères Diem, je ne suis pas sûr que cela soit dû à leur rapprochement avec un hypothétique « Front de libération nationale (FLN), un parti de gauche » ; leur assassinat coïncidait avec le refus de Ngo Dinh Diem d’être entièrement sous la tutelle américaine, voyant le désastre annoncé de la guerre du Vietnam se profiler : héros de l’indépendance nationale de l’après-guerre, il ne recherchait que l’indépendance de son pays face aux Américains (au sud) et aux Communistes (au nord).

      +8

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  • Myrkur34 // 03.09.2021 à 11h17
    • LibEgaFra // 03.09.2021 à 11h32

      Bien sûr! Il est toujours bon de rappeler que le capitalisme c’est faire du pognon pour la bourgeoisie sur le dos des autres et peu importe les moyens. Si massacrer un millions de personnes rapporte gros, ce ne sont pas les bourgeois qui vont se gêner.

        +14

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      • Myrkur34 // 03.09.2021 à 12h12

        https://fr.wikipedia.org/wiki/Lloyd_Austin

        Quand on lit sa fiche, c’est la parfaite illustration du carriériste bien sous tout rapport participant au fiasco américain du moyen orient et qui bouffe à tous les râteliers sans se cacher le moins du monde et qui n’est jamais responsable de quoi que ce soit. Un apparatchik américain, mais ouf la morale est sauve , c’est le 1ere noir nommé à ce poste, applaudissements général.

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        • RémyB // 03.09.2021 à 12h18

          ouaip,
          et en même temps juge et partie, comme feu Dassault en France…
          on n’est jamais mieux servi que par soi-même …o)

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        • Pollix // 03.09.2021 à 13h32

          500 000 000 de $ pour 5 rebelles estampillés CIA, elle n’est pas belle la vie ?

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  • Grd-mère Michelle // 03.09.2021 à 15h16

    Il faut s’interroger sur la permissivité douteuse des États auto-proclamés « démocratiques » à l’égard de leurs forces armées, ainsi que de leurs corollaires, les « services secrets ».
    Les populations laborieuses, essentiellement préoccupées de leurs difficultés quotidiennes et soutenues par les divers syndicats généralement inféodés aux partis politiques, si elles ont gagné de nombreuses batailles indispensables, n’ont malheureusement jamais pris la mesure de la duplicité de leurs représentant-e-s et de la féroce compétition (nationale et internationale) qui perdure dans les milieux « dirigeants ».
    Or, cette compétition est une véritable guerre continuelle (pour l’obtention de territoires gorgés de « richesses » et, de plus en plus, pour des « parts de Marché »-guerre commerciale).
    Sans les forces armées menaçantes et les services secrets qui les protègent en semant une confusion désarçonnante, déboussolante, cette compétition apparaîtrait sous son vrai jour: sordide, abominable, destructrice et nuisible au plus haut point(comme désormais établi et prouvé par des études scientifiques précises et sensées).
    Seule la coopération solidaire entre les peuples, leur refus de soumission et leurs exigences légitimes pourront mettre un frein à la précipitation absurde et rétrograde vers l’horreur de la barbarie qui nous guette.

    https://lareleveetlapeste.fr/tangping-en-chine-la-jeunesse-sallonge-en-rebellion-a-lhyper-productivisme-detat/

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    • Grd-mère Michelle // 03.09.2021 à 16h28

      Oups… Je viens de découvrir que la revue « La relève et la peste » est désignée par certains (sans doute de gauche) comme une revue d’extrême-droite…
      N’empêche, le lien ci-dessus révèle une info encourageante que je n’ai vue nulle part ailleurs…

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    • herve cruchant // 03.09.2021 à 18h36

      Le Capitalisme a pour raison de faire augmenter le capital, principalement en s’appropriant la plus-value apportée par le travail. Les uns possédant la richesse, les autres fournissant le travail. Plus de richesse égale plus de travail et inversement. Ce système est fondamentalement un mécanisme de conflit et de lutte. Donc, une relation de pouvoir. Ce dernier est quantifié à l’aide de valeurs dont la représentation est l’argent; dans les mains des riches. Il est donc exact que la compétition apparaisse comme décrit ci-dessus. Mais abuse-t-on vraiment le peuple ? Je ne crois pas: les premiers concernés, esclaves du système, ne sont pas abusés par la condition qu’ils subissent. Simplement, pour sortir de cet enfer, ils ont, comme nous, conscience qu’il faut casser le système capitaliste. Ce qui devient de plus en plus évident et urgent : je ne crois pas que nous allons « vers l’horreur de la barbarie qui nous guette ». Je crois que nous sommes à patauger dans l’horreur de la barbarie qui nous phagocyte.

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  • vert-de-taire // 06.09.2021 à 19h52

    Ce qui me surprend c’est pourquoi ce bouquin maintenant ?

    Car enfin NOUS SAVONS tout cela. Nous sommes au courant que depuis le début du 20ème siècle, les États-Unis pillent tuent, exterminent le monde sans état d’âme (sur le modèle plus ancien des colons européens). Et que jamais cela n’a cessé. Nous le savons.
    Qu’il faut le dire, « nos » « démocraties » en sont.
    Donc dit autrement, les élites dirigeantes occidentales (sauf peut-être des exceptions à rappeler ?) ont toujours pillé, tué, exterminé pour le plus grand profit des ultra-riches sans l’aval, en secret, des populations.

    Mais pourquoi cette piqûre, ce rappel quasi covidien [modéré] (pas pu résister), maintenant ?

    Nous voyons en ce moment le sort du monde occidental devenir brumeux voire orageux.
    La déstabilisation des élites états-uniennes (facile à observer pour les lecteurs des Crises), ce cœur du pouvoir capitaliste occidental, met en péril, en incertitude, tout l’occident. Mon impression de crétin bouseux, le n’importe-quoi que nous, les gueux, observons, reflète l’absence de ligne politique de nos dominants. Il y a évidement toujours eu des luttes intestines, des mafias, des lobbies, mais on dirait pas à ce point déstabilisantes.

    Pourquoi cette urgence à quitter l’Afghanistan ?
    Pourquoi rappeler maintenant l’histoire des pirates états-uniens envers le reste de la planète ?
    Pourquoi continuer la fuite en avant financière sachant parfaitement qu’elle se terminera en catastrophe ?
    Pourquoi terroriser les populations avec une grosse grippe ?
    Pourquoi cette énonciation exclusive des exploits de la CIA ?

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    • vert-de-taire // 06.09.2021 à 19h52

      Il y a un vrai problème civilisationnel.
      Le rendement du capital est préempté par l’élite qui profite de manière obscène alors que le reste de la population, donc les États sont en décroissance / récession.
      Simultanément : fin de l’augmentation constante du niveau de vie, fin de l’augmentation de l’espérance de vie à la naissance, explosion des pollutions planétaires, des destructions de la nature, bref c’est un cataclysme civilisationnel (note: je n’ai pas eu besoin d’évoquer l’hypothèse du changement climatique pour paraphraser un grand).

      Pourtant il y a comme une dispersion devant la falaise.

      La nécessité d’agir exacerbe les tensions d’où ce chaos politico-financier. Mais force est de constater que le Système est incapable d’agir, c’est à dire de se réformer, de se transformer.
      Et il semble que le Système commence à s’en rendre compte.
      Comme une prise de conscience (tardive pour ceux d’entre-nous ayant assez de loisirs pour nous en préoccuper ..) que c’est foutu.
      Qu’un truc ingérable, inexorable, va redistribuer les rôles, qu’il faut donc trouver des « amis » dans les possibles niches de survie (armée, îlots de sûreté, terres nourricières, … bref repenser la société primitive .. mais au 21ème siècle et ses capacités, potentialités tant délétères que connaissances techno-scientifiques).
      L’élite semble indécise, son Système perdu, en mode sauve-qui-peut-non-dit-pour-ne-pas-affoler-les-foules (ce qui déclencherait une catastrophe dans la catastrophe), le temps de se trouver des niches de survie.

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    • Grd-mère Michelle // 09.09.2021 à 12h30

      « Nous le savons. »
      C-a-d que VOUS le savez, que JE le sais…

      L’édition d’un livre entraîne une « promotion », avec des rencontres, des interviews, des témoignages sur les médias, et donc une propagation de la connaissance.
      Tout qui est sûr-e de connaître des faits avérés qui concernent ses « frères humains qui après nous vivrez »(F. Villon- « La ballade du pendu ») se doit de les diffuser.

      Toute vérité est bonne à dire.

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