Les Crises Les Crises
1.septembre.20211.9.2021 // Les Crises

Asie centrale : Les États-Unis souhaitent l’aide de la Russie pour contenir les talibans

Merci 23
J'envoie

Malgré des années de politique et de rhétorique visant à faire des reproches à Moscou, Washington a désormais besoin d’aide pour contenir les talibans.

Source : Responsible Statecraft, Ted Galen Carpenter
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

Le président Joe Biden (photo de la Maison Blanche) et le président russe Vladimir Poutine (Frederic Legrand – COMEO/Shutterstock)

De récents écrits dans les médias indiquent que les États-Unis cherchent à obtenir l’assentiment de la Russie pour l’utilisation de bases militaires en Asie centrale afin d’aider à contenir le pouvoir des talibans après l’achèvement du retrait des troupes américaines d’Afghanistan. Jusqu’à présent, la réponse du Kremlin n’a pas été claire.

Dans un premier temps, le gouvernement de Vladimir Poutine a semblé enclin à s’opposer à une nouvelle présence militaire américaine au Tadjikistan et en Ouzbékistan, pays qui sont sous forte influence russe. Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergei Ryabkov, aurait transmis un message à Washington lors du sommet entre Vladimir Poutine et le président Biden, mettant en garde les États-Unis contre le déploiement de leurs troupes dans les anciennes nations soviétiques d’Asie centrale.

Toutefois, l’attitude de Moscou pourrait être en train de changer. Selon un article de Reuters du 17 juillet, Poutine aurait même proposé aux États-Unis d’utiliser les bases russes au Tadjikistan et au Kirghizstan, mais à des fins limitées de collecte de renseignements. Un article de la publication russe Kommersant, citant des sources confidentielles, a largement confirmé qu’une telle offre était en jeu.

Deux aspects de cet épisode sont remarquables. Le premier est que l’administration Biden a le culot de demander au Kremlin d’accepter une présence militaire américaine en Asie centrale, malgré la position ouvertement hostile à la Russie adoptée par les responsables américains. L’autre élément remarquable est que Poutine n’a pas rejeté sommairement une telle initiative.

Les provocations des États-Unis et de l’OTAN à l’égard de la Russie n’ont pas diminué depuis l’entrée en fonction de Biden. Elles semblent même s’intensifier. Au cours des dernières semaines, plusieurs nouveaux incidents se sont produits. Le 16 juillet, Washington a signé un accord avec la Hongrie donnant spécifiquement aux forces américaines le droit d’utiliser deux bases aériennes.

Le 12 juillet, les États-Unis et 11 alliés de l’OTAN ont lancé une série de jeux de guerre en mer Noire. Cette série a eu lieu juste après les jeux de guerre de 32 nations qui ont duré deux semaines dans les mêmes eaux. Ces manœuvres militaires sont par essence menaçantes pour la Russie, car elles se déroulent à proximité de sa base navale cruciale de Sébastopol. Plus au nord, les forces américaines ont mené des « exercices militaires » conjoints avec des unités d’Ukraine, de Pologne et de Lituanie.

Les jeux de guerre ne sont pas la seule manifestation de l’hostilité des États-Unis et de l’OTAN envers la Russie. À la mi-avril, l’administration Biden a expulsé des diplomates russes et imposé de nouvelles sanctions à Moscou pour son ingérence présumée dans les élections américaines de 2020 et son incapacité supposée à prendre des mesures contre les cyberattaques émanant du sol russe. L’administration a même fait pression sur la chancelière allemande Angela Merkel pour qu’elle accepte d’orchestrer une réponse unie parmi les alliés européens s’il y avait des indications que Moscou cherche à utiliser le gazoduc Nord Stream 2 pour faire pression sur d’autres dossiers.

Biden lui-même n’a guère contribué à apaiser les relations bilatérales déjà glaciales avec le Kremlin lorsqu’il a décrit Poutine comme un tueur sans âme. Le sommet qui a suivi entre les deux dirigeants s’est déroulé de manière ordonnée et professionnelle, mais rien n’indique un rapprochement entre les deux pays.

Washington a cherché à convaincre ses partenaires de l’OTAN d’adopter une politique de confrontation à l’égard de Moscou, et le communiqué publié à l’issue du sommet de l’alliance en juin a confirmé que cet effort avait été couronné de succès. Le texte de ce document indique clairement que les États-Unis et leurs alliés considèrent la Russie comme un adversaire dangereux et autoritaire, déterminé à saper la sécurité et la liberté des démocraties occidentales.

Un premier passage affirmait sans ambages que « les actions agressives de la Russie constituent une menace pour la sécurité euro-atlantique ». Un passage ultérieur rendait la plainte plus explicite : « Tant que la Russie n’aura pas démontré qu’elle respecte le droit international ainsi que ses obligations et responsabilités internationales, il ne pourra y avoir de retour au business as usual.

Nous continuerons à répondre à la détérioration de l’environnement de sécurité en renforçant notre posture de dissuasion et de défense, notamment par une présence avancée dans la partie orientale de l’Alliance. » Les délégués ont toutefois insisté sur le fait que « l’OTAN ne cherche pas la confrontation et ne constitue pas une menace pour la Russie » – une assurance démentie par les multiples actions de l’Alliance depuis le milieu des années 1990.

S’ensuivit une longue litanie de griefs sans discernement. « En plus de ses activités militaires, la Russie a également intensifié ses actions hybrides contre les Alliés et les partenaires de l’OTAN, y compris par le biais de mandataires.

Il s’agit notamment de tentatives d’ingérence dans les élections et les processus démocratiques des Alliés, de pressions et d’intimidations politiques et économiques, de campagnes de désinformation à grande échelle, de cyberactivités malveillantes et du fait de fermer les yeux sur les cybercriminels opérant depuis son territoire, y compris ceux qui ciblent et perturbent les infrastructures critiques des pays de l’OTAN. » L’Ukraine figurait en bonne place sur la liste des plaintes et des demandes de l’Alliance, de même que pratiquement tous les aspects de la politique russe à l’égard de la Géorgie, de la Moldavie et d’autres États voisins.

Certes, la Russie n’est pas innocente en ce qui concerne la détérioration des relations avec l’Occident. Le comportement de Moscou à l’égard de ses petits voisins d’Europe de l’Est a parfois été autoritaire et abrasif. L’annexion de la Crimée par le Kremlin et son soutien aux séparatistes dans l’est de l’Ukraine – même si ces mesures étaient une réaction à l’ingérence antérieure des États-Unis et de l’Union européenne dans la politique intérieure de l’Ukraine – ont violé le droit international et exacerbé une situation déjà explosive. L’accumulation de missiles et d’autres matériels militaires dans son enclave de Kaliningrad a également accru les tensions. Néanmoins, la majeure partie des provocations et des actions déstabilisatrices sont le fait des États-Unis et de leurs alliés.

La politique américaine à l’égard de la Russie avant et après le sommet de l’OTAN incarne ce que j’ai décrit ailleurs comme le penchant de Washington pour la « diplomatie de la capitulation ». L’essence de cette approche consiste à adopter une rhétorique belliqueuse, des actions militaires provocatrices et une longue liste d’exigences tout en offrant peu, voire aucune, concession significative à l’autre partie. Toutefois, l’administration Biden se trouve aujourd’hui dans la position délicate d’avoir besoin de la coopération de Moscou pour faire avancer les objectifs stratégiques des États-Unis en Asie centrale.

On pourrait facilement comprendre que Poutine réponde aux ouvertures des États-Unis en disant à Biden d’aller se faire voir. S’il ne le fait pas, cela suggère que Washington est prêt (même discrètement) à faire quelques concessions sur des questions importantes pour la Russie, ou que le Kremlin craint la menace de l’islam radical et l’influence croissante de la Chine en Asie centrale encore plus que la présence militaire américaine. Une chose est sûre, cependant : si la Russie coopère sur cette question, cette coopération se fera en dépit, et non à cause, de l’approche peu diplomatique de l’administration Biden jusqu’à présent.

Source : Responsible Statecraft, Ted Galen Carpenter – 26-07-2021
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

Commentaire recommandé

Davout // 01.09.2021 à 07h59

Pour info, l’auteur de l’article est le vice président de la division politique étrangère US du CATO Institute.
Allez voir ce qu’est le CATO, ça vaut le coup.
Fondé par les frères Koch… avec des gens comme Friedman et Von Hayek…

24 réactions et commentaires

  • Davout // 01.09.2021 à 07h57

    Cet article spécule, spécule.
    J’en retiens une seule chose, à propos d’une éventuelle présence MILITAIRE ou même LOGISTIQUE des USA dans la région, les Russes restent fermement ancrés sur le NIET!!!
    Franchement, vous croyez vraiment qu’à l’heure des satellites, des drones et d’internet, les USA ont besoin d’avoir des bureaux de renseignement dans des « Stans » où ils ont déjà ambassades et consulats?
    Les Anglo-saxons sont hyper balaise en soft power. Ils ont plusieurs types de propagandes anti-russe:
    La frontale bête et méchante.
    Le dénigrement permanent sur tout.
    Et la plus fine qui consiste à sembler parler d’un côté favorable aux Russes tout en distillant des doutes. On a eu par exemple droit à « l’alliance » de Poutine et Israël et aussi la méfiance grandissante avec la Chine. Tout pour mettre le doute dans l’esprit des potentiels sympathisant d’une pauvre Russie victime d’un harcèlement total depuis qu’elle a clairement refusé de faire là où on lui disait de faire.

      +19

    Alerter
    • LibEgaFra // 01.09.2021 à 14h07

      « le Kremlin craint la menace de l’islam radical et l’influence croissante de la Chine en Asie centrale encore plus que la présence militaire américaine. »

      1) L’islam radical est manipulé par les yankees pour foutre le bordel partout où les yankees y voient un intérêt, depuis l’Afghanistan de 1979 avec al quaida jusqu’à la Syrie avec daech et le Xinjiang avec les terroristes ouïghours en passant par la Yougoslavie et la Tchéchénie.

      2) La Russie craint tellement la Chine que ces deux pays sont membres de l’OCS, font des exercices militaires conjoints et que la Russie exporte massivement du gaz en Chine et participe d’autant plus au projet chinois des nouvelles routes de la soie qu’elle est sous sanctions otanesques.

      otan = organisation terroriste d’annihilation des nations

      3) Conséquence: les yankees sont toujours autant à l’ouest.

      Et en attendant en Afghanistan, c’est la fête:

      https://fr.sputniknews.com/moyen-orient/202109011046076299-afghanistan-fausses-funerailles-avec-de-faux-cercueils-recouverts-des-drapeaux-us-francais-et/

        +8

      Alerter
      • moshedayan // 02.09.2021 à 09h07

        C’est fort exact, l’histoire de la présence américaine en Kirghizie, s’est traduite par un « apport économique nul » et pas plus de stabilité entre les ethnies ouzbek et kirghize…. Bref, les Kirghizs en ont tiré un enseignement – plus de base américaine, même insignifiante en effectifs… Les Russes ont la conviction que les Américains jouent un jeu encore étrange avec les Talibans… ils visent à déstabiliser l’Asie centrale, on parle du Tadjikistan… on oublie sous les radars le Turkménistan et l’Azerbaïdjan -avec d’importantes réserves énergétiques. En clair, les conseillers russes sont vigilants et ont des contacts réguliers avec ces pays aussi…
        Mon avis – rien ne dit… les Talibans valent autant que les « khmers rouges »…tôt ou tard…Et corriger la signature britannique des frontières au nord avec « l’impensable corridor de Wakhan », pour que ce soit en faveur du Tadjikistan évidemment et logiquement…

          +0

        Alerter
  • Davout // 01.09.2021 à 07h59

    Pour info, l’auteur de l’article est le vice président de la division politique étrangère US du CATO Institute.
    Allez voir ce qu’est le CATO, ça vaut le coup.
    Fondé par les frères Koch… avec des gens comme Friedman et Von Hayek…

      +27

    Alerter
  • Fabrice // 01.09.2021 à 08h02

    Il est clair que ce comportement schizophrène est assez inquiétant. Un jour dire que Poutine est un criminel, astreindre la Russie à des sanctions (hors ONU) et dès que les USA ont un problème de leur demander de nous aider (je nous inclus dans le lots vu que nous sommes les supplétifs des USA) c’est un peu comme vouloir le beurre et l’argent du beurre.

    La crédibilité du « camp » occidentale n’était déjà pas très crédible mais clairement là Biden dynamite le reste, et que si Poutine accepte c’est qu’il y trouvera son compte, mais ne prendra pas le risque de tirer les marrons du feu à notre place.

    Ce qui m’étonne c’est que le retrait de l’Afghanistan à suscité si peu de compréhension que notre grand allié n’était pas si fiable que cela et qu’au contraire s’allier aussi aveuglément à ses décisions pouvait avoir de fâcheuses conséquences pour la sauvegarde, la sécurité de nos pays, et que ses aventures hasardeuses entraînent à chaque fois des conséquences de plus en plus ingérable pour nous pays européens qui payons souvent à sa place.

      +11

    Alerter
    • Jean-Do // 01.09.2021 à 08h19

      Le « retrait » de l’Afghanistan est autant un retrait que celui des Israéliens de Gaza : il est politiquement plus facile de terroriser un pays ou un espace en n’y étant pas. Pas ou très peu de risque de morts, bombardements terroristes à volonté sans risque politique, aucune responsabilité apparente de la misère qu’on y fait régner par le blocus, création de désordres internes en subventionnant l’un ET l’autre chef de guerre terroriste, rigidification du gouvernement du pays via tous les moyens pré-cités.

      Bref tout bénéfice. En prime, l’appareil militaro-industriel est content car plein d’argent est consacré aux armes & bombes, sans devoir payer des salaires aux soldats. J’allais oublié la justification de la surveillance permanente des citoyens pour prévenir le terrorisme ici suscité par le bombardement des civils là-bas. Ça, c’était cadeau.

        +13

      Alerter
      • Philou // 01.09.2021 à 13h29

        Oui, c’est ce qu’ils appellent une capacité d’intervention (pardon, de « riposte » dans leur jargon) « over the horizon » (capacité de projection rapide à distance)… « Bye-then » a assuré fermement de sa voix blanche et chevrotante qu’elle serait intacte sinon renforcée… on peut donc raisonnablement espérer qu’il n’en sera rien, tant l’effondrement états-unien sur TOUS les plans, y compris technologique et militaire (ex. entre mille : le F35, ha ha !), est patent maintenant…

          +4

        Alerter
  • antoniob // 01.09.2021 à 08h43

    La Crimée n »a pas été annexée et il n »existe pas de droit international, et pour ce qui est de l’ONU elle a explosée depuis la guerre en Irak en 2003 et encore plus avec la Syrie, où les euroméricains se sont assis sur les souverainetés.
    Celà disqualifie l’auteur de l’article.

    Sinon la Russie est familière du terrorisme islamique et n’a pas besoin d’américains pour cela, cf. par exemple la Tchétchénie. Ensuite en Asie Centrale ce sont les gouvernements eux-mêmes qui jugulent au niveau domestique le fondamentalisme musulman. Au niveau trans-frontaliers, ouzbèques et tadjikes étaient une part notable de l’alliance anti-talibans autour de Massoud, mais les Etats-Unis avaient laissé faire le Pakistan. Conférer les déclarations de Massoud lors de sa visite en Europe en avril 2001.

    La proposition américaine porte un nom simple et gros comme le nez au milieu du visage: cheval de Troie. C’est tellement gros que c’en est comique.

      +25

    Alerter
  • Manuuk // 01.09.2021 à 08h51

    Les russes, les américains, mais surtout ce serait intéressant de savoir ce que les Chinois fabriquent là dedans. Ils sont sur la route de la soie, ce serait étonnant de leur part qu’ils laissent un pays comme L’Afghanistan déstabiliser autant la région.
    Cela n’a aucun intérêt pour eux, au contraire…

    Aucune idée ?

      +3

    Alerter
    • antoniob // 01.09.2021 à 12h33

      Un volet important du phénomène taliban est le Pakistan. Les anglais ayant coupé le pays patchoune en deux avec leur tracé de frontière nord-est de leur grande Inde impériale, le sud des zones patchounes s’est trouvé au Pakistan et le nord en Afghanistan. Soutenir les patchounes talibans peut pour le Pakistan être une manière de vouloir opposer un glacis contre la Chine.

        +0

      Alerter
    • RV // 02.09.2021 à 21h03

      Je vous conseille la lecture du blog « Chroniques du Grand jeu » qui a souvent des analyses fort pertinentes sur cette région du globe et aussi la série d’articles à propos de l’Afghanistan sur le site d’information InvestigAction.

        +1

      Alerter
  • Mickael Jackunin // 01.09.2021 à 13h26

    Poutine est pas con non plus , il sait que la méthode ‘méricaine (feuque yay) pour se débarrasser du terrorisme consiste à filer plein de dollars et des armes … aux terroristes.
    Partant de là , essayer de détourner un peu de dollars pour proposer la sous-traitance du problème par les « Stan » et régler ça « à la russe » c’est presque du gagnant-gagnant. La jurisprudence des cas Biélorusses et Arménien devrait calmer un peu les velléités de l’agence à tenter des trucs colorés ou fleuris dans le coin et rappeler aux locaux qu’on peut décidément pas vraiment faire confiance aux ricains.
    Les chinois ont un marché à prendre et des pipe-line vers l’Iran à faire passer, ils jouent leurs propres cartes. A la place des Talibans j’aurais plus peur d’un chinois qui développe un pays que d’un ricain qui le rase ; c’est compliqué de prêcher le retours au moyen-âge quand on a internet à haut débit dans tous les foyers (et Baidu qui surveille tout le monde).

      +3

    Alerter
    • Ouvrier pcf // 01.09.2021 à 20h06

      Les chinois ont un pipe Line a faire traverser et les allemands ? Les Italiens ? Les Suisses ? Enfin une contribution qui nous rappelle pourquoi tout ce raffus tout ce tintamarre Depuis 1914 les conflits incriminant les puissances occidentales ont pour but l’intérêt énergétique en attendant 2040 où les drones les chars les missiles les Mirages fonctionneront a a quoi ? Ben a rien plus de gaz de pétrole de charbon plus de guerres mais aussi plus de vacances de congés de sécurité sociale de journaux de télé publique des mosquées des Temples des synagogues des églises mais le vendredi le dimanche le reste tout le monde au champs derrière la charrue les boeufs où les voisins que nous aiderons l’été prochain attention l’usage des chevaux est proscrit par eelv les verts

        +4

      Alerter
  • DVA // 01.09.2021 à 13h27

    Bof…plus facile pour moi d’imaginer le futur afghan en admettant que l’EI-K est le nouveau nid de vipères ( financé par la CIA and co ) qui ouvre de multiples boîtes de Pandore qui pourraient conduire à la nouvelle incarnation des guerres éternelles là-bas!
    Avec en prime la reprise de la ‘manière Obama’…Des drones qui détruisent et amènent le chaos…Bonne chance aux talibans et autres futurs alliés…fussent – ils chinois, russes ou (et) iraniens pour essayer de reconstruire ou d’exploiter quelque chose là-bas!!

      +4

    Alerter
  • Davout // 01.09.2021 à 13h54

    Question sincére:
    Considérant qu’on sait maintenant qui finançait les talibans et qui les équipaient( j’ai découvert que les talibans avaient des bataillons spéciaux à l’équipement impressionnant et bien avant la recup du matos US) et que le principal ennemi des talibans est maintenant Daesh, qui finance et équipe Daesh?
    Qui fait passer les recrues de Daesh du Xinjiang ou du Daguestan à la Syrie ou l’Irak puis à l’Afghanistan ?
    Les mêmes que ceux qui les font passer d’Irak en Ukraine ou de Syrie au Haut Karabah?
    Ce serait tordu non?
    Erdogan serait à ce point tordu?
    Son jeu sur tous les tableaux va finir comment?

      +5

    Alerter
    • Logique // 02.09.2021 à 00h03

      « qui finance et équipe Daesh? »

      L’Arabie et les Emirats Unis.

      « Erdogan serait à ce point tordu? »

      Oui. Peu de doute à ce sujet.

      « Son jeu sur tous les tableaux va finir comment? »

      Personne ne le sait. Il joue sur tous les tableaux et vise un nouvel empire ottoman.

        +3

      Alerter
  • alexander samygin // 01.09.2021 à 15h25

    La réponse du Kremlin n’a pas été claire parce que les agendas entre Moscou et Washington ne coïncident pas déjà bien avant le sommet de Genève… (Cfr Ryabkov). Les lignes rouges imposées par Washington et Bruxelles ne font pas plier la Russie. Nous le voyons bien, pour le Kremlin, le Business as usual avec l’occident peut attendre ainsi que le piège à ours du Donbass et autres dossiers de même nature.
    Les renseignements US en Afghanistan recueillent déjà ce dont ils ont besoin, principalement par le canal du renseignement pakistanais ainsi qu’une ruche d’agents afghans disséminés un peu partout sur le territoire et formés depuis 20 ans par la CIA – Vraisemblablement jusqu’aux plus hautes structures du pouvoir.
    Dans la perception du Kremlin, la présence actuelle de l’EI dans le chaos afghan représente l’outil géopolitique des États-Unis. La principale préoccupation de la Russie est d’empêcher une nouvelle série d’actions hostiles en Asie centrale qui pourraient reproduire le scénario syrien.
    En ce moment, Moscou encourage la formation le plus rapidement possible d’un gouvernement intérimaire à Kaboul. Si un consensus de partage du pouvoir pouvait être élaboré, cela contribuerait à la légitimité internationale du nouveau gouvernement et par conséquent la reconnaissance diplomatique par la Russie, la Chine, l’Iran et les États d’Asie centrale du nouveau pouvoir à Kaboul. Quelle sera alors l’utilité d’une présence militaire US supplémentaire en Asie centrale ?

      +4

    Alerter
    • Davout // 01.09.2021 à 20h21

      La réponse de Moscou est très claire:base militaire US: NIET!!!

        +1

      Alerter
      • Logique // 02.09.2021 à 00h06

         » qu’une ruche d’agents afghans disséminés un peu partout sur le territoire et formés depuis 20 ans par la CIA – »

        Les Talibans les cherchent et vont leur faire leur fête à n’en pas douter.

        « Les Talibans ont trouvé la liste complète des Collaborateurs de la CIA, les fonctionnaires de la Khost Protection Force (KPF) et de la Direction nationale de la Sécurité (NDS). Ils ont établi des barrages devant tous les points d’accès aux deux aéroports et tentent d’arrêter les fuyards. »

        Les Talibans ont une longue pratique des Américains et ils ne vont pas se laisser berner une seconde fois.

        « Vraisemblablement jusqu’aux plus hautes structures du pouvoir. »

        Les hautes structures du pouvoir seront occupées par les Talibans.

        US go home. Et basta.

          +3

        Alerter
  • 78 ans +1 // 01.09.2021 à 16h32

    Ceci est un piège qui ne trompe même pas les petits enfants…Moins encore un Vladimir Poutine!

    L’obsession de « contenir » tout le monde et n’importe qui est étrangère à la Russie.

    Après ce que nous avons tous vu en Syrie notamment, mieux vaut que la Russie agisse seule là-dessus et poursuive ses rencontres et négociations avec les Talibans, bientôt, avec le gouvernement afghan. La Russie peut en cela faire œuvre très utile dans la reconstruction et le développement de l’Afghanistan, là où l’Empire, pour le bien du monde entier, est désormais hors jeu. C’est avec la Chine et l’Iran que la Russie doit se concerter sur la montée prochaine de l’Afghanistan, pays d’une si grande importance stratégique.

    Or puisque depuis longtemps il n’y a plus rien de bon à en attendre, il ne reste désormais qu’à laisser l’Empire sombrer et se faire oublier. Il doit mettre de l’ordre chez lui urgemment, tâche qui l’occupera jusqu’à la fin de ce siècle.

      +4

    Alerter
  • Castor // 01.09.2021 à 20h04

    Pourquoi les Etats-Unis devraient-ils contenir les Talibans ?
    Tant que ceux-ci restent en Afghanistan, les Etats-Unis n’ont aucun argument à faire valoir. Quant à la contagion idéologique, ce n’est pas avec des bases militaires qu’on la combat.

    Et je rejoins un commentaire précédent sur la très probable présence d’informateurs « made in CIA » dans le pays. Sans doute bien plus efficaces que des moyens aériens. La Russie n’a aucun intérêt à favoriser le renseignement US, fer de lance de possibles agissements. Tout oppose la Russie aux Etats-Unis dans la région.

    Pour mémoire, l’intérêt des Etats-Unis pour l’Afghanistan tient (tenait ?) à la possibilité d’y faire passer des pipelines joignant les ex-républiques soviétiques d’Asie Centrale à des ports sur la mer, au Pakistan. Cela pour aider à détacher les dites républiques de la Russie. Source :
    http://rendezvousavecmrx.free.fr/audio/mr_x_2001_12_29.mp3

      +4

    Alerter
    • Haricophile // 08.09.2021 à 15h53

      @Castor Hormis le pipeline, la guerre en Afghanistan et «le terrorisme islamique» ont été conçu au départ pour tendre un piège mortel à l’URSS, ce qui a très bien marché, et c’est la dernière chose qui ait bien marché. Depuis ce temps, l’empire US tente régulièrement de foutre le bordel dans la région pour isoler la Russie et la Chine (ce qui est une obsession plus ou moins aiguë mais constante depuis la 2e guerre mondiale). il faut quand même regarder sur une carte où est situé l’Afghanistan pour comprendre pourquoi «le tombeau des empires» est l’objet de convoitises géopolitique. Le problème est que les US savent très bien foutre le bordel, c’est après que ça se gâte! En tout cas cette lecture permet de bien mieux comprendre ce qui s’est réellement passé depuis la chute de l’URSS (en décomposition déjà avancée), en passant par la désinformation de guerre passée dans nos journaux sur la Roumanie, la Yougoslavie, l’Ukraine et d’autres. A l’époque de la chute de Nicolae Ceaușescu j’étais encore un grand naïf, ça a changé depuis. Depuis la seconde guerre, les US sont le pays le plus agressif et toxique au monde, mais pour un pays né sur ce qui est peut-être le plus grand génocide de l’histoire humaine passé au «Hollywood-washing» pour en être fier… Il y a le récit, et puis il y a les faits.

        +1

      Alerter
  • christian gedeon // 02.09.2021 à 09h49

    En attendant,ce bordel va très bien s’exporter. Bien sûr le rôle des us et nato ont été une faute et une erreur comme dirait Monsieur de Talleyrand. néanmoins,et prenant mon courage à deux mains,je rappelle aux contempteurs monoculaires des us et alliés que la déstabilisation de l’Afghanistan a pour origine la volonté de….l’URSS d’accéder à l’époque au terminal pakistanais. Que l’Afghanistan était un royaume plutôt paisible(à l’afghane) quand les russes se sont mis en tête de remplacer le dit royaume par un gouvernement à leur solde dont le représentant le plus connu ( et le plus sanglant) a été Babrak Karmal. C’était la guerre froide,me direz vous. Oui,en effet.Donc voilà la famille royale proprement liquidée façon assassinat de la famille du Tsar,et le régime communiste afghan installé. C’éatit une connerie. Qu’on peut expliquer,mais une connerie quand même.La suite est connue.

      +0

    Alerter
  • Luc // 04.09.2021 à 21h21

    the great game revisited ? l’empire britannique avait aussi une diplomatie active avec les russes en asie centrale malgre la guerre de crimée (guerre menée avec les francais qui etaient les caniches de l’empire britannique, entente cordiale )

      +0

    Alerter
  • Afficher tous les commentaires

Les commentaires sont fermés.

Et recevez nos publications