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8.avril.20218.4.2021 // Les Crises

Fake State : Quand l’État devient l’esclave du marché

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Source : YouTube – Le Média – Frédéric Farah

En un an de crise sanitaire, nous avons assisté au triste spectacle du délabrement de l’Etat et de notre service public. Si le COVID-19 a révélé au grand jour ces carences, et dernièrement l’immense retard de la France dans la campagne vaccinale, le phénomène n’est pourtant pas nouveau : depuis plus de 40 ans, l’Etat s’est appliqué à organiser sa propre impuissance, en se soumettant aux logiques de marché et non plus des citoyens.

Ces derniers n’ont plus aucune voix au chapitre dans ces politiques néolibérales, que l’État fait appliquer en redoublant de violence, comme l’a montré la répression des gilets jaunes. C’est le sujet de l’ouvrage de Frédéric Farah, auteur de Fake State, l’impuissance organisée de l’Etat en France, avec qui nous revenons sur les événements avant-coureurs d’une catastrophe.

Source : YouTube – Le Média – Frédéric Farah – 13/03/2021

Commentaire recommandé

RGT // 08.04.2021 à 10h19

Monsieur Farah décrit très bien les causes originelles de la déliquescence de l’état actuel et des problèmes auxquels nous devons faire face aujourd’hui :

C’est bien la trahison de la « gôôôche » sous Mitterrand (à partir de 83 – date à laquelle je me suis juré de ne plus JAMAIS participer à cette farce qu’on appelle « élection »).

Je ne prétendrait jamais que la « droite » était plus « vertueuse », loin de là, mais au moins la population savait à quoi s’attendre.

Et bien sûr, ce « cher » Mitterrand a réussi à exploser la seule force politique « sociale » qui pouvait faire barrage à ses aspirations et à l’avènement du néo-libéralisme décomplexé en explosant très habilement le PCF (marxistes que je n’apprécie pas particulièrement mais qui avaient une force de frappe suffisante pour faire reculer tout gouvernement trop « libéral ») et en transférant ses adhérents et sympathisants vers l’étron national, épouvantail utile (et complaisant tant que ses dirigeants s’en mettaient plein les poches) pour permettre d’éviter un retour en arrière de ce coup d’état.

Quand on voit que la seule « opposition de gôôôche » est désormais sous la coupe e Mélenchon, pur produit du système des politicards professionnels et ancien éléphant du PS, il ne faut pas s’étonner qu’il n’y ait aucune alternative réelle à ce système de gouvernance qui défend que les intérêts des ploutocrates et du caca-rente.

Je regrette sincèrement l’époque où Georges Marchais faisait trembler les dirigeants, les énarques et les éditocrates (Elkabach, taisez-vous ! – pour ceux qui s’en rappellent).
Au moins il existait une barrière efficace contre le libéralisme prédateur.

Nota : Pour ceux qui pensent que la chute de l’URSS a causé celle du PCF, ils se trompent totalement.
Le PCF a été « vaporisé » par Mitterrand bien avant que Gorbatchev ne parvienne au pouvoir, et le PCF était déjà enterré quand l’URSS s’est effondrée.

23 réactions et commentaires

  • Jean-Do // 08.04.2021 à 08h34

    Pour ceux qui veulent plus de motivations écrites, en accès libre, avant de regarder la vidéo, il y a :
    – une brève recension du titre au Monde Diplomatique : https://www.monde-diplomatique.fr/2021/01/BARI/62679
    – Un extrait/résumé très significatif sur : https://theworldnews.net/fr-news/fake-state-les-raisons-de-l-impuissance-de-l-etat
    – une interview chez Marianne : https://www.marianne.net/economie/fake-state-la-social-democratie-s-est-retournee-contre-les-travailleurs
    Et enfin, une recension sur Babelio.com, le site des libraires : https://www.babelio.com/livres/Farah-Fake-state/1220890 avec la liste des autres ouvrages de l’auteur

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  • RGT // 08.04.2021 à 10h19

    Monsieur Farah décrit très bien les causes originelles de la déliquescence de l’état actuel et des problèmes auxquels nous devons faire face aujourd’hui :

    C’est bien la trahison de la « gôôôche » sous Mitterrand (à partir de 83 – date à laquelle je me suis juré de ne plus JAMAIS participer à cette farce qu’on appelle « élection »).

    Je ne prétendrait jamais que la « droite » était plus « vertueuse », loin de là, mais au moins la population savait à quoi s’attendre.

    Et bien sûr, ce « cher » Mitterrand a réussi à exploser la seule force politique « sociale » qui pouvait faire barrage à ses aspirations et à l’avènement du néo-libéralisme décomplexé en explosant très habilement le PCF (marxistes que je n’apprécie pas particulièrement mais qui avaient une force de frappe suffisante pour faire reculer tout gouvernement trop « libéral ») et en transférant ses adhérents et sympathisants vers l’étron national, épouvantail utile (et complaisant tant que ses dirigeants s’en mettaient plein les poches) pour permettre d’éviter un retour en arrière de ce coup d’état.

    Quand on voit que la seule « opposition de gôôôche » est désormais sous la coupe e Mélenchon, pur produit du système des politicards professionnels et ancien éléphant du PS, il ne faut pas s’étonner qu’il n’y ait aucune alternative réelle à ce système de gouvernance qui défend que les intérêts des ploutocrates et du caca-rente.

    Je regrette sincèrement l’époque où Georges Marchais faisait trembler les dirigeants, les énarques et les éditocrates (Elkabach, taisez-vous ! – pour ceux qui s’en rappellent).
    Au moins il existait une barrière efficace contre le libéralisme prédateur.

    Nota : Pour ceux qui pensent que la chute de l’URSS a causé celle du PCF, ils se trompent totalement.
    Le PCF a été « vaporisé » par Mitterrand bien avant que Gorbatchev ne parvienne au pouvoir, et le PCF était déjà enterré quand l’URSS s’est effondrée.

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    • Micmac // 08.04.2021 à 11h21

      Votre poste est révélateur : les abstentionnistes se trouvent plutôt à gauche. Ils ont été découragés, le coup de grâce ayant été donné par Hollande, qui n’a même pas fait semblant d’essayer d’appliquer son programme. Contrairement à Mitterrand, qui au moins a fait semblant d’essayer.

      Les électeurs de droite, eux, ont toutes les raisons d’être satisfaits, et ne s’abstiennent pas. Ils ont même l’embarras du choix.

      Pour ma part, je ne m’abstient pas (aux premiers tours) pour les raisons que je viens d’évoquer. Et je vote pour un programme, pas pour un homme (ou une femme). La seule qualité effective de cette personne est sa capacité (et son courage) à mettre en œuvre son programme. Le reste, c’est du vent, ça n’a pas d’importance.

      D’ailleurs vous voulez vraiment votez pour quelqu’un qui n’est pas issu du sérail politique, Macron est votre homme.
      Et puis, quelle serait la capacité d’agir de quelqu’un élu à la présidence, qui n’aurait aucune expérience politique? Quelle serait sa capacité à mobiliser les hauts fonctionnaires, avoir un majorité à l’assemblée, etc?

      Il faut voté pour ses idées et pour leur mise en œuvre, pas pour récompenser une personne qui serait plus vertueuse que les autres.

      Pour finir, il est surprenant que vous regrettiez Marchais qui faisait trembler les petits marquis, et que vous vous en preniez à Mélenchon, qui semble leur faire bien plus peur. On n’a jamais perquisitionné chez Marchais, par exemple.

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    • Christian // 08.04.2021 à 13h09

      @RGT,
      Bonjour,
      Vous dites;
      « Au moins il existait une barrière efficace contre le libéralisme prédateur. »

      Preuve que cette barrière n’était pas très efficace, elle n’a strictement rien pût faire pour empêcher le virage neoliberal de 1983.

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      • BOURDEAUX // 10.04.2021 à 14h42

        « le virage neoliberal de 1983. » Si, selon vous, la France vit le jour en 83 dans les braises de l’enfer neolibéral, je vous recommande vivement de faire un petit point rapide sur les caractéristiques d’un pays dit « neolibéral ». je ne sais pas quel âge vous avez mais vous êtes probablement assez jeune pour porter un jugement aussi placidement burlesque sur l’année 83, année où le gouvernement socialo-communiste s’est résigné à tirer les leçons de la dégradation fulgurante de l’économie nationale depuis 81, qui créa 1M de chômeurs.

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    • tchoo // 08.04.2021 à 19h47

      Et vlan C’est la faute à Mitterand
      Cette réthorique permet s’exonérer tous les suivants d’une quelconque responsabilité dans la déliquescence de l’état.
      Avec un petit effort vous auriez pu même remonter à Pompidou le pdt banquier bien avant Micron. Mais que probablement cela n’aurait pas bien servi vos desseins

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    • Patrick // 09.04.2021 à 10h32

      Marchais était un phénomène médiatique, un as des médias, même les plus anticommunistes étaient devant leurs postes de TV.

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    • utopiste // 09.04.2021 à 13h54

      Et vous comptez mourir déçu ? Ou fomenter une révolution « à l’ancienne » ?
      La vérité est que chat échaudé craint l’eau froide.
      Ne pas bouger. Ne rien faire. Que demandent de plus les « libéraux ».

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    • Garibaldi2 // 09.04.2021 à 16h44

       »Taisez-vous Elkabbach » n’est pas une phrase prononcée par Georges Marchais. Elle faisait partie d’un sketch de Pierre Douglas/Thierry Le Luron :

      https://www.bfmtv.com/politique/les-republicains/taisez-vous-elkabbach-plus-de-40-ans-d-interviews-politiques-houleuses_AN-201611180123.html

      Pour votre gouverne : on ne sauve pas les gens contre eux-mêmes. Nous nous dirigeons depuis longtemps vers un néo-fascisme. Puisque vous en êtes conscient, n’oubliez pas que ceux qui ont résisté en France entre 1940 et 1944, souvent les armes à la main, l’ont fait au risque d’y perdre leur peau, tandis que ceux qui ont résisté à Londres sont devenus  »La Résistance » ! Fort de cette connaissance, pensez à vous et à ceux que vous aimez, et laissez le troupeau suivre son chemin, car si vous vous y opposez, il vous piétinera.

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  • Maguy // 08.04.2021 à 12h20

    D’un autre côté si on ne vote pas au moins au premier tour pour désigner un vrai opposant au système en examinant un peu mieux ce qui est proposé de vraiment différent, on laisse systématiquement la place à ceux qui sont complices du système et qui savent manipuler médias et citoyens inconscients de la réalité ou qui se fourvoient politiquement.
    Pour ma part c’est au second tour que je n’ai pas voté entre la peste et le choléra. Là ça avait du sens. Le FN est utilisé comme épouvantail par les partisans du système libéral ultra financiarise qui a kidnappé l’Etat à ses propres intérêts des marchés triomphants, de privatisations forcenées, et de destruction totale des services publics et de notre vertueux système de sécurité sociale depuis 1945 qui permettaient au moins un minimum de répartition équitable et de conditions de vie vivables.

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    • Savonarole // 08.04.2021 à 13h04

      Ha la démocratie « représentative », plus les gens y croient et plus on les encu… moi je veux qu’on sorte de l’Euro , je vote pour qui ?
      Les politiques , les « grand médias » et les tenants de l’ordre établis , j’ai pas envie de voter pour eux. Si c’est pour avoir encore un putain de bourge gâté-pourri pétri aux belles lettre et incapable de résoudre une équation à deux inconnus ou de comprendre un système dynamique complexe autant faire comme les Belges quand ils n’arrivent pas à se mettre d’accord ; un petit paquet de fonctionnaires avec un pouvoir limité à la gestion de l’existant. Bon, nos hauts fonctionnaires sont pas des flèches … faudra sans doute revoir ce point.

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  • Maguy // 08.04.2021 à 13h05

    Suite – c’est ainsi d’ailleurs qu’ils peuvent se faire élire avec un semblant de majorité sur le nombre de votants alors qu’il y a une forte proportion d’abstention et d’opposants au premier tour sur la totalité des inscrits. Un système électoral certes de plus en plus élaboré pour en arriver là.
    Mais justement, en attendant de pouvoir imposer un système électoral plus démocratique, le seul moyen de s’en sortir est de frapper un grand coup au premier tour, en étudiant les programmes électoraux (quand il y en a un vrai, structure pour permettre, travail, santé et sécurité sociale, services publics, études et débouches notamment grâce au développement de l’écologie et autres, ) bref qui tourne le dos à la main mise des marchés de la spéculation boursière sur la destruction sociale et toute la misère du monde, comme aux privatisations, pour une politique pour le bien de tous les citoyens, l’immense majorité des couches populaires comme des couches moyennes et petites et moyennes entreprises.
    Éviter de croire à la litanie issue des manipulations médiatiques démobilisatrices issues de l’idéologie libérale hypocrite qui consiste à répéter ils sont tous pareil ceux qui se présentent aux élections.
    Donnons nous la peine de chercher a comprendre et de réfléchir et comparer en s’informant à d’autres sources et directement par nous mêmes et pas par médias complices interposés qui font bien leur travail de brouillage des esprits, et de paresse ou défaitisme citoyen.

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    • Ovni de Mars // 08.04.2021 à 20h17

      « Éviter de croire à la litanie issue des manipulations médiatiques démobilisatrices issues de l’idéologie libérale hypocrite qui consiste à répéter ils sont tous pareil ceux qui se présentent aux élections. »

      Bien d’accord avec vous mais quand on lit certains des commentaires ici, on voit bien que certains esprits peu futés se font bêtement avoir par cette manipulation qui rappelle le fameux « tous pourris » du FN ou du poujadisme

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      • Patrick // 08.04.2021 à 20h50

        « tous pourris » !!
        il faut quand même se dire qu’une bonne partie de nos très chers politiciens font tout pour 🙂

        La question à se poser est  » avons-nous besoin de toute cette classe politique professionnelle ?

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  • Dominique Gagnot // 08.04.2021 à 15h18

    L’Etat est au service des dominants qui selon les époques peuvent préférer le développement industriel (ce qui profite aussi aux citoyens) à celui des marchés, mais ça ne dure qu’un temps. Dans une société capitaliste il ne peut en être autrement.

    Pour s’en convaincre c’est ici : « Comprendre l’Arnaque capitaliste, Imaginer le système d’Après ! »
    http://bit.ly/capitalisme

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  • Macarel // 08.04.2021 à 17h46

    Tout le monde convient qu’il n’existe pas de « peuple européen », mais après plus de quatre décennies de politiques néo-libérales appliquées à la France. Avec comme conséquences l’individualisme forcené et l’atomisation de la société qui en ont résulté, existe-t-il encore un « peuple français » ?
    Et donc, comment refaire société, à un moment où le séparatisme, la sécession des « zélites » deviennent flagrant ?

    Ces questions sont abordées dans la vidéo suivante :

    https://qg.media/emission/face-a-lautoritarisme-quartier-constituant-avec-daniele-sallenave/

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    • Patrick // 08.04.2021 à 20h43

      l,individualisme est le résultat de l’état-nounou qui s’occupe de tout, réglemente tout et distribue du pognon.
      Nous n’avons plus besoin des autres , plus besoin de la famille , il suffit de remplir des cerfa et de se plaindre et ensuite de profiter du système… y’a pas plus égoiste qu’un système collectiviste, tout le monde croit pouvoir vivre aux crochets des autres.

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  • Patrick // 08.04.2021 à 19h27

    L’état stratège ?
    C’est une fable , on a vu les résultats dans les décennies passées , le plan calcul , Bull, la Régie Renault .
    En ce moment tous nos politiciens sont en train de s’exciter sur les relocalisations alors qu’ils ont fait tout ce qu’il fallait pour tuer l’industrie. Comme ces maires qui pleurent parce que les centres villes perdent leurs commerces alors qu’ils ont fait tout ce qu’il fallait pour que ça se passe comme ça.
    Et vous voulez rajouter encore une couche d’état, de bureaucratie et de politique ??

    Que l’état remplisse correctement ses missions régaliennes, ce sera déjà un grand pas en avant.

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  • Cornélius // 09.04.2021 à 16h29

    Voir aussi l’entretien fait par Punch en février 2020, sur le sujet.
    https://www.youtube.com/watch?v=5LAyropXykY

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  • Ernesto // 09.04.2021 à 18h43

    [modéré]
    On ne fait pas de politique pour se faire plaisir (à moins d’être irresponsable) mais pour être utile et efficace. La lucidité oblige à reconnaître que le rapport des forces actuel est très défavorable à la gauche : au niveau des votants (50%), extrême droite + droite + extrême centre + centre droit = 70% ; gauche (toutes tendances confondues y compris la fausse) = 30% ; abstentionnistes = 50% .

    Conclusion : ce sont ces derniers qu’il faut convaincre que « tout n’est pas foutu » et que ça vaut le coup d’y croire encore. Une seule condition, être acteur et non plus spectateur, renvoyer aux oubliettes la délégation de pouvoir (je vote pour vous, vous vous occupez du reste).

    Si dans l’année qui reste, une dynamique populaire de volonté de changement ne se manifeste pas dans des luttes pour gagner des avancées dans tous les domaines et pousser à l’union les forces progressistes (politiques,syndicales, associatives), pour assurer le débouché politique, le pire risque fort d’être la réalité de demain.

    Rappelons-nous aussi ce constat de François Ceyrac, ex président du patronat français : « On ne fait pas la même politique avec un PCF à 20% et un à 10% (à fortiori avec un à moins de 2%!).

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