Source : Jonathan Marshall, Consortium News, 20-05-2017 (Il s’agit du second billet d’une série sur les lobbies étrangers aux USA).

Le lobby chinois est un prototype du lobby étranger moderne à Washington. Il a soudoyé et plié les dirigeants politiques des États-Unis au service de la volonté des Nationalistes qui ont fui à Taïwan et qui contribuèrent au maccarthysme, signale Jonathan Marshall.

Un des premiers grands groupes de pression étrangers à prospérer après le passage du Foreign Agents Registration Act [NDT : loi relative à l’enregistrement des agents étrangers] de 1938 fut le tristement célèbre Lobby chinois, défini par William Safire dans son dictionnaire politique comme « une expression d’attaque utilisée contre ceux qui incitent à soutenir Tchang Kaï-Chek contre Mao Tsé-Toung, puis à aider Tchang à Taïwan. »

Le général Tchang Kaï-Chek qui dirigea les nationalistes chinois et fuit à Taïwan après la victoire communiste en Chine continentale.

Attestant de l’importance du lobby chinois comme précurseur – et qui devrait s’appeler en fait le lobby taïwanais – Safire lui reconnaît d’avoir inspiré l’expression « lobby israélien » pour décrire le réseau de soutien tout aussi puissant d’un autre pays tout aussi petit. [NdT : William Lewis Safire est un auteur américain, journaliste et rédacteur de discours présidentiels]

Le lobby chinois a demandé — avec succès — des milliards de dollars d’aide militaire et économique pour la dictature de Tchang Kaï-Chek, d’abord en Chine continentale puis à Taïwan. Exploitant la vague anticommuniste durant l’ère McCarthy, il aussi réprimé brutalement toute critique sur les défauts de la Chine nationaliste ou toute démarche vers une reconnaissance diplomatique de la République Populaire de Chine.

Parmi ses agents américains figuraient des avocats lobbyistes à l’instar de Thomas Corcoran, un ancien partisan du New Deal qui redirigea ses talents vers les intrigues lucratives. D’autres étaient des militants anticommunistes comme le général Claire Chennault de l’escadrille des Tigres volants, qui fonda une compagnie aérienne contrôlée par la CIA – Civil Air Transport – avec l’aide de Corcoran pour soutenir les armées de Tchang Kaï-chek et conduire des opérations clandestines en Extrême-Orient.

Beaucoup étaient des partisans Républicains qui rejetaient les critiques sur la corruption du régime de Tchang et qui attaquèrent l’administration Truman pour ne pas avoir envoyé suffisamment d’aide financière et militaire afin de prévenir la « chute de la Chine ».

En 1949, deux membres du Congrès demandèrent une enquête sur « la puissance insolente » du lobby. Le député Mike Mansfield, un Démocrate du Montana qui deviendrait plus tard chef de la majorité au Sénat, accusa les représentants de la Chine nationaliste – qui avaient fui cette année-là la Chine continentale vers Taïwan au lendemain de la révolution communiste – de détourner l’aide américaine pour financer de la propagande politique aux États-Unis.

Ironiquement, une dérogation opportune de 800 000 dollars des fonctionnaires de la Chine nationaliste à Taïwan pour leur bureau de New York finança une campagne qui réussit à étouffer l’enquête proposée.

Quelques journalistes intrépides travaillèrent dur pour remédier au manque de renseignements. En avril 1952, le magazine Reporter publia deux numéros successifs dénonçant le lobby chinois.

« Pendant que ce qui reste de l’armée de Tchang Kaï-Chek rouille à Formose [autre nom de Taïwan], les lobbyistes emploient toutes leurs ressources intellectuelles et financières aux États-Unis », a fait remarquer le rédacteur Max Ascoli. « Ces deux dernières années, ils ont rencontré un succès remarquable. Une fois de plus il est démontré qu’on ne peut ni répondre ni s’opposer aux gros mensonges. »

Dans ses commentaires sur les méthodes brutales du lobby chinois – utiliser une démagogie maccarthyste et évincer du gouvernement les experts libéraux sur la Chine – le magazine l’a décrit comme « la chose la plus proche d’un véritable parti communiste que notre pays ait pu avoir. Il n’y a aucune autre organisation à laquelle le lobby chinois puisse être comparé, avec son noyau dur d’agents fanatiques travaillant à plein temps, ses légions souterraines de sympathisants égarés, ses organismes paravents, et ses fonctionnaires étrangers bénéficiant à Washington de l’immunité parlementaire et rendant consciencieusement compte au siège central. »

Le soutien de la CIA

La série du Reporter avait vraisemblablement le soutien de fonctionnaires de l’administration Truman, et fut substantiellement rendue publique par un ancien officier du renseignement américain, qui s’était fait embaucher par le Time magazine après avoir été le premier chef du bureau de la CIA à Paris.

Le sceau de la CIA dans un bureau du siège de l’agence d’espionnage (Photo du gouvernement des Etats-Unis)

Son coauteur eut une réunion préparatoire avec l’assistant du directeur de la CIA en mars 1952, lui donnant un détail explosif non mentionné dans la version publiée : « le gouvernement nationaliste avait versé plus de 2 000 000 de dollars à la campagne républicaine en 1948. »

Le succès des Républicains lors des élections de 1952 a cependant forcé la CIA à se rapprocher du lobby chinois. Les organisations pro-Taïwan comme le « Comité pour la Défense de l’Amérique en aidant la Chine anticommuniste » et le « Comité des affaires nationales » ont compté parmi leurs dirigeants ou administrateurs des prête-noms connus pour des opérations de propagande de la CIA, comme William Donovan, ancien chef du Bureau des services stratégiques, Jay Lovestone, un organisateur de projets financés par la CIA, et Cord Meyer, qui a pris en charge la Division des organisations internationales de l’Agence en 1954.

La CIA a également financé clandestinement des organisations anticommunistes, comme le « Comité de l’Asie libre », et « l’Aide aux intellectuels chinois réfugiés (ARCI) », qui ont renforcé les messages du lobby chinois.

Le président exécutif de l’ARCI, Christopher Emmet, a salué ainsi son rôle : « sensibiliser les Américains à la cause anticommuniste chinoise… La raison en est que l’appel humanitaire pour les secours permet incidemment de donner tous les faits politiques concernant la persécution, etc. Il ne suscite pas de contestations et d’attaques, comme c’est le cas dans la propagande politique directe. »

La première étude théorique sur cette campagne de pression a finalement paru – brièvement – en 1960. Dans son introduction à « The China Lobby in American Policy », le politologue Ross Koen a fait sensation en affirmant « qu’il existe… de fortes preuves selon lesquelles un certain nombre de fonctionnaires chinois [nationalistes] ont participé à la contrebande illégale de stupéfiants aux États-Unis, au su du gouvernement nationaliste chinois et avec sa connivence. Les preuves indiquent que plusieurs Américains éminents ont participé à ces transactions, et en ont bénéficié. Elles indiquent en outre que le business des stupéfiants a été un facteur important dans les activités et les transformations du lobby chinois ».

Un énergique publicitaire du lobby chinois a obtenu des épreuves préliminaires du livre et les a partagées avec des alliés dans l’administration Eisenhower. Ensemble, ils ont exercé de lourdes pressions juridiques et politiques sur l’éditeur, Macmillan, pour retirer le livre. Le livre n’a été réédité qu’en 1974, par Harper & Row.

Richard Nixon et le lobby chinois

Grâce à ses campagnes de propagande percutantes, le lobby chinois a empêché la reconnaissance diplomatique par les États-Unis de la République populaire de Chine – le pays le plus peuplé de la Terre – pendant plus de deux décennies. Son influence sur la politique étrangère des États-Unis n’a été rompue qu’en 1972, lorsque le président Nixon a finalement ouvert des pourparlers avec Pékin pour aider à mettre fin à la guerre du Vietnam.

Anna Chennault, du lobby chinois, avec Richard Nixon et Henry Kissinger.

Ironiquement, Nixon était depuis longtemps l’un des partisans les plus ardents défenseurs du lobby de la Chine. Il a remporté l’élection de sénateur de Californie en 1950 en partie en exploitant l’insatisfaction populaire à l’égard de la « perte » de la Chine par l’administration Truman et de la guerre sanglante qui a suivi en Corée.

Le chroniqueur de Washington, Drew Pearson, a publié plus tard le fait que Nixon avait obtenu un grand versement en espèces de l’un des neveux de Tchang pour aider à financer sa campagne réussie de 1950 contre Helen Gahagan Douglas, titulaire démocrate libérale. Pearson a également appris – mais n’a pas publié – le fait qu’un agent nationaliste chinois avait fourni 500 000 dollars en espèces pour financer les dépenses de campagne d’autres sénateurs républicains à l’échelle nationale.

Des années plus tard, lors de la campagne électorale présidentielle de 1968, Nixon a utilisé les services d’une éminente personnalité du lobby chinois, Anna Chennault – veuve de l’ancien général américain Claire Chennault et, à part entière, prodigieuse collectrice de fonds pour les républicains – comme son émissaire privé auprès du président du Vietnam du Sud.

Grâce à elle, Nixon a secrètement bloqué la proposition du président Johnson pour des pourparlers de paix entre le Vietnam du Nord et du Sud, afin de ralentir l’essor de la campagne de Hubert Humphrey. Johnson, apprenant par des sources de renseignements top secrètes l’intervention de Nixon/Chennault , n’a rien dit publiquement, mais s’est plaint amèrement au leader républicain du Sénat, Everett Dirksen : « C’est une trahison ».

L’héritage du Lobby chinois

La même année, le lobby chinois a suscité un lobby parallèle soutenant la dictature militaire de Corée du Sud, un allié anticommuniste proche de Taïwan. En 1968, Richard Hanna, partisan de Taïwan et député démocrate du comté d’Orange – le fief de Nixon – « a chargé » le Premier ministre de la Corée du Sud « de faire pression sur le Congrès des États-Unis en imitant la réussite des modèles établis par Israël et Taïwan ».

Les îles au centre du conflit territorial entre la Chine et le Japon. (Crédit image : Jackopoid)

À la suite de ses conseils, un homme d’affaires sud-coréen, travaillant avec l’Agence centrale coréenne de renseignement, a commencé à recycler les commissions des ventes de riz des États-Unis à la Corée afin de payer des divertissements somptueux et des pots-de-vin généreux à des membres du Congrès, à des membres du cabinet et à d’autres personnes influentes de Washington, y compris au secrétaire à la Défense Melvin Laird, pendant les années Nixon.

À la fin des années 70, un « micro » de la CIA dans le bureau du président de la Corée du Sud l’a impliqué dans un projet visant à dépenser jusqu’à un million de dollars par an pour acheter des dizaines de fonctionnaires américains, mais l’administration Nixon n’a pris aucune mesure.

En 1973, un membre du Congrès qui échapperait plus tard, à cause de la prescription, à une poursuite pour corruption, a écrit au président de la Corée du Sud une lettre d’appréciation, avec pour commentaire : « vous avez une équipe extrêmement compétente qui travaille en votre faveur et obtient de bons résultats pour votre pays. Rien, comme vous le savez, ne se passe sans beaucoup de travail et de soutien ».

L’homme d’affaires sud-coréen qui a payé les pots de vin a finalement témoigné devant le Congrès en 1978, une décennie après le début du scandale du « Corée-gate », contre l’octroi d’une immunité totale. Bien qu’il ait impliqué quelque 30 membres du Congrès, seulement 10 ont démissionné ou ont fait face à des accusations criminelles.

Taïwan, de son côté, a continué à maintenir un formidable lobby à Washington dans les années 70, malgré la trahison du président Nixon reconnaissant la Chine continentale. Le lobby a continué à gagner les cœurs et les esprits des républicains conservateurs, dont Ronald Reagan. Entre autres moyens, il utilisait les services du cabinet de relations publiques Deaver et Hannaford, qui représentait également les dictatures militaires de l’Argentine et du Guatemala.

Le partenaire du cabinet Michael Deaver, ancien adjoint du gouverneur Reagan, est devenu le chef d’état-major adjoint du président Reagan en 1981. Au grand désagrément de Pékin, les ventes d’armes américaines à Taïwan ont progressé, passant de 312 millions de dollars en 1981 à un maximum de 709 millions de dollars en 1985. Un Taïwan reconnaissant, en compagnie de la Corée du Sud, a fourni un soutien secret aux « Contras » anticommunistes qui luttaient dans ces années-là contre le gouvernement sandiniste du Nicaragua.

En 1987, Deaver a été reconnu coupable de parjure devant le Congrès et devant un grand jury fédéral, concernant son utilisation de la Maison-Blanche pour des activités de lobbying.

Le lobby de Chine vit toujours, avec une influence diminuée, dans le Parti républicain d’aujourd’hui. Sa plate-forme 2016 a appelé à une augmentation des ventes d’armes à Taïwan, à réintégrer le pays dans les organisations internationales et à s’engager pour sa défense en cas de confrontation militaire avec la Chine.

Au cours de la campagne présidentielle, le candidat Donald Trump a nommé dans son équipe de transition plusieurs solides partisans de l’île. En décembre 2016, il y a eu son coup de fil bien connu au chef de Taïwan pour célébrer leurs élections respectives et se féliciter des « liens économiques, politiques et de sécurité étroits » entre les États-Unis et Taïwan.

Depuis lors, bien sûr, le président Trump s’est contredit sur cela comme sur bien d’autres politiques, coupant les ponts avec Taïwan pour cultiver le président de la Chine, Xi Jinping. Mais ne pariez pas que Taïwan est fini. Si Xi ne parvient pas à agir sur la Corée du Nord, ou si les affrontements militaires américano-chinois augmentent de nouveau en mer de Chine méridionale, la petite île qui, autrefois, a actionné une armée de supporters américains, pourrait encore rugir à Washington.

Jonathan Marshall est un contributeur régulier de Consortiumnews.com.

Source : Jonathan Marshall, Consortium News, 20-05-2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

19 réponses à Comment le lobby chinois a façonné l’Amérique, par Jonathan Marshall

Commentaires recommandés

Duracuir Le 24 juin 2017 à 08h38

Aujourd’hui, il semblerait que le nouveau lobby à la mode, fort ressemblant avec celui décrit, soit le lobby ukrainien.

  1. Fritz Le 24 juin 2017 à 01h17
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    En 1990, une URSS épuisée n’a pas empêché la réunification imprévue de l’Allemagne, alors qu’elle signifiait l’annexion de la RDA par la RFA (la “kohlonisation”), et l’intégration du tout à l’OTAN, contrairement à la promesse faite à Gorbatchev par James Baker le 9 février (“l’OTAN ne s’étendra pas d’un pouce vers l’Est”).

    En 2017, les Etats-Unis d’Amérique s’opposent toujours à la réunification de la Chine, en soutenant les “indépendantistes” de Taïwan. Mais aucun État ne s’appelle Taïwan ; ce nom est celui d’une île où le pouvoir de fait s’intitule “République de Chine” et revendique son ascendance continentale (le Double Dix). Cette république a été remplacée à l’ONU par la République populaire de Chine depuis plus de quarante-cinq ans.


    • DocteurGrosDois Le 24 juin 2017 à 07h24
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      Personnellement, je ne connais aucun Taïwanais qui souhaiterait être réunifié à la Chine, ça serait bien de leur demander leur avis.

      A priori le libre échange et chacun maître chez soi leur convient très bien, surtout qu’ils disposent, eux, d’une démocratie.


      • Fritz Le 24 juin 2017 à 09h19
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        Eux les dictateurs, nous les démocrates : comme c’est simple et rassurant.
        Comme le PCC en Chine pop, le Kuomintang est resté parti unique à Taiwan, jusqu’en 1986.

        Pour éviter un malentendu : je ne veux pas d’une réunification forcée. Je rappelais seulement qu’en droit international, Taiwan c’est la Chine : la fête nationale commémore toujours le 10 octobre 1911 (Double Dix), début du soulèvement républicain en Chine continentale. On ne souligne pas assez que la Chine reste avec la Corée le seul pays divisé par la Guerre froide, alors que le Vietnam, le Yémen et l’Allemagne ont été réunifiés.


      • williamoff Le 24 juin 2017 à 10h44
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        “Personnellement, je ne connais aucun Taïwanais qui souhaiterait être réunifié à la Chine” : en bref cela signifie que vous n’en savez donc rien, alors pourquoi donnez-vous votre avis ? Souvenez-vous que votre point de vue subjectif sur Taïwan était exactement celui que propageait partout le gouvernement britannique avant la fin de sa concession sur Hong-Kong. Aujourd’hui nous savons que la très grande majorité des Hongkongais sont “satisfait ou plutôt satisfait” (sondages à l’appui) d’avoir rejoint la “mère patrie”.


        • DocteurGrosDois Le 24 juin 2017 à 12h51
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          @Fritz & Williamoff

          J’ai vécu à Taïwan, à HK, et en Chine.

          HK s’est développé dans la sphère Britannique, et Taïwan plutôt dans la sphère Japonaise et US, tout en restant culturellement Chinois.

          HK et Taïwan sont des démocraties où la liberté d’expression est protégée, et ont un niveau de vie relativement élevé.

          La Chine est une république socialiste à parti unique, où les syndicats sont interdits, et où l’ouvrir un peu trop va vous valoir de la taule.

          D’où une certaine réticence de rejoindre la mère-patrie à HK et Taiwan, et une très forte envie de beaucoup de Chinois de la quitter.

          HK veut simplement préserver son autonomie, et Taïwan son indépendance. Les histoires de double-dix machin c’est une posture, comme les rois d’Angleterre qui se sont dits rois de France et d’Angleterre jusqu’en 1820.


        • Fritz Le 24 juin 2017 à 13h36
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          La mainmise britannique sur Hong Kong, en 1842, fut éminemment démocratique.
          Le modèle “un pays, deux systèmes” appliqué à Hong Kong a été proposé pour une éventuelle réunification des deux Chine. Comme le souligne @DocteurGrosDoit, les relations commerciales se sont intensifiées entre les deux rives du détroit de Taïwan.

          Taïwan n’a pas vocation à être une sentinelle américaine en face de la Chine. Comment réagiraient les Américains si les Russes faisaient de Cuba une sentinelle en face de la Floride ? On le sait depuis 1962.


          • DocteurGrosDois Le 24 juin 2017 à 15h40
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            @Fritz
            Votre comparaison avec Cuba est pertinente. Et les tensions sont exploitées de la même manière des deux cotés dès qu’une des deux marines de guerre bouge une oreille. C’est du théâtre depuis longtemps.

            Pour HK, l’arrangement “un pays, deux systèmes” va expirer en 2047, ce qui va signifier la perte de leur monnaie, de leurs institutions, etc. Ça grince deja beaucoup, car les gens de HK sont très attachés à leurs libertés.

            Suivez la manif annuelle du 1er Juillet prochain. La participation monte a 500 000 des que Pékin essaie de s’incruster dans leurs affaires.


  2. DocteurGrosDois Le 24 juin 2017 à 06h52
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    Dans le contexte de l’époque le camps nationaliste Chinois cochait toutes les bonnes cases: nationaliste, anti-communiste, militariste, et de plus l’île de Taiwan fournit un porte-avions fixe au large de la Chine.

    D’ailleurs, le lobby de Taiwan a pu maintenir son influence sans problème car la Chine Populaire a continué de s’enfoncer dans une spirale de famines et de répressions jusqu’au début des années 80.

    Aujourd’hui Taïwan est pris entre deux feux. D’une part les Taiwanais craignent de se faire lentement envahir au travers des liens commerciaux qu’ils ont tissés avec la Chine, et d’autre part de se faire complètement arnaquer par le TPP avec le risque de perdre la protection US en cas de refus.


  3. Duracuir Le 24 juin 2017 à 08h38
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    Aujourd’hui, il semblerait que le nouveau lobby à la mode, fort ressemblant avec celui décrit, soit le lobby ukrainien.


    • francois Marquet Le 24 juin 2017 à 11h13
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      Lobby Ukrainien surtout actif au Canada, mais pas que là
      Entretemps, aux US, il y a eu bien sur le lobby Israélien, au fait, ou en est la libération de Pollard?


  4. Christian Gedeon' liv Le 24 juin 2017 à 09h26
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    Pour la dictature de Tchang donc…mais que suis bête ! Maozedong c’était la démocratie et les droits de l homme bien sûr !


    • Fritz Le 24 juin 2017 à 10h19
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      Personne n’a proféré une telle sottise, pas même Mao qui se moquait des “démocrates” (“Je m’adresse aux démocrates et je leur dis : Vous croyez nous vexer en nous comparant avec Tsin [Qin Shi Huang, premier empereur de Chine], mais votre Tsin, qu’a-t-il fait ? Il a mis à mort 460 lettrés, mais nous, nous en avons tué 46 000 ! Ah ça ! Pourquoi êtes-vous si en-dessous de la réalité que nous devons la rétablir nous-mêmes ?”). Je cite de mémoire, d’après le livre monumental de Guikovaty (Mao, réalités d’une légende).

      Quant aux maoïstes français des années 1960, on sait comment ils ont évolué : le défunt Glucksmann en est un bon exemple.


  5. Fritz Le 24 juin 2017 à 09h36
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    Il est curieux que cet article ne parle pas du très influent Soong Tzu-wen (Song Ziwen en pinyin), beau-frère de Sun Yat-sen et de Chiang Kaï-shek, alors qu’une photo montre la veuve du général Chennault entre Nixon et Kissinger.
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Song_Ziwen


  6. Max Le 24 juin 2017 à 10h41
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    Article intéressant sur les exemples donnés mais je suis beaucoup plus réservé sur les conclusions.
    Parmi beaucoup de règles, les USA ont une dont ils ne dérogent pas, ils sont pour des alliances sans aucune contrainte pour eux, ils peuvent vous trahir, vous ne pouvez pas les trahir sans en payer le prix.
    Ainsi, lors de sa visite récente en Australie, Mc Cain parmi beaucoup de menaces a dit aux australiens tenté par l’Asie : Ceux qui trahissent les USA le paient un jour ou l’autre et que l’alliance entre les Usa et l’Australie était incassable et eternel.
    Que ce soit Taiwan, Israël, les rois du pétrole et d’autres encore, ce sont les USA qui définissent les termes du contrat
    Le sort de ces alliances/contrats liant les USA à d’autres pays dépend uniquement des USA.
    Y a-t-il d’autres choix ?
    Sapant lentement la puissance monétaire des USA, chacune a leurs manières, Russie et Chine ont prit la tète de cette alternative et année après années d’autres pays les suivent, cela n’ira pas sans douleurs.


    • Deejay Le 24 juin 2017 à 12h51
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      Bonjour à tous,
      Max,vous dites:
      «Que ce soit Taiwan, Israël, les rois du pétrole et d’autres encore, ce sont les USA qui définissent les termes du contrat
      Le sort de ces alliances/contrats liant les USA à d’autres pays dépend uniquement des USA.»

      Pour ma part, «l’incident» de l’USS LIBERTY(j’adore l’euphémisme), navire américain coulé sciemment par l’aviation Israélienne sans aucune représailles (je ne vois pas d’équivalent), tend à me faire penser que non tous les alliés des USA ne se valent pas. Ils sont tous égaux,mais certains sont plus égaux que les autres. Pour mémoire:

      https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Incident_de_l%27USS_Liberty


      • Fritz Le 24 juin 2017 à 15h11
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        Concernant l’attaque délibérée des Israéliens contre l’USS Liberty, le 8 juin 1967, trois hypothèses sont énumérées par Pierre Razoux (La guerre des Six Jours, Economica, 2e édition, 2006, pp. 218-227) :

        1) Les Israéliens voulaient neutraliser ce navire d’écoute électronique à la veille de leur offensive contre le plateau du Golan.
        2) Ils entendaient montrer à leur nouvel allié qu’ils ne seraient jamais les satellites des USA.

        La troisième hypothèse, formulée par Peter Hounam en 2003, me semble aventureuse mais cohérente, et elle explique l’absence de représailles américaines : l’attaque du Liberty devait être imputée aux Égyptiens (le navire croisait au large du Sinaï) pour permettre une attaque de “décapitation” de l’aviation américaine contre le régime du colonel Nasser. La mise en garde de Kossyguine à Lyndon Johnson fit avorter cette opération “Cyanure” qui aurait pu déclencher la Troisième Guerre mondiale.


  7. RGT Le 24 juin 2017 à 14h13
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    Si on est favorable à l’indépendance de Taïwan, pourquoi ne l’est-on pas vis à vis de l’indépendance de la Corse vis à ou Tahiti vis de la France ou de Porto-Rico ou Hawaï vis à vis des USA ?

    Surtout quand, du point de vue historique pur, “l’intégration” de ces deux îles est très récente, sans compter les distances vis à vis de la “mère patrie”…

    Et les exemples ne manquent pas concernant des îles voire des régions qui pourraient acquérir leur indépendance mais que l’on intègre de force et sans complexe dans des “communautés nationales” sans que ça ne gène personne…


    • René Fabri Le 25 juin 2017 à 05h26
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      La question est difficile car il s’agit de mesures, de nuances. Non seulement, on peut se tromper quand on n’est pas sur place, ou seulement dans une ou deux villes, mais en plus, elles sont changeantes.

      En clair, actuellement, même s’il y a un nombre important d’indépendantistes en Corse, ils ne sont pas majoritaires. Aux élections, ils font entre 15 et 35%. C’est très différent de Taiwan ou de la Crimée, ou la proportion d’indépendantistes est nettement supérieure, entre 70 et 95%. Cela dit, si Taiwan ou la Crimée devenaient plus pauvres que la Chine continentale ou que l’Ukraine, alors ces chiffres pourraient changer.


  8. SARTON Bernard Le 24 juin 2017 à 14h27
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    Je crois que les Etats-Unis vont s’effondrer dans peu de temps comme l’Union Soviétique en 1991 .
    Pourquoi? leur complexe militaro-industriel coûte de plus en plus cher à l’état américain, plus de 30% du budget (l’armée rouge coûtait du temps de Gorbatchev 40% du budget soviétique). Cette situation se fait au détriment du niveau de vie des américains(plus de 100 millions d’américains sans emploi et d’infrastructures vétustes :ponts-routes-chemins de fer-usines-villes en friche etc …). Cela ne peut durer , d’où l’élection de Trump , et les guerres développées et perdues par l’armée américaine au Moyen-Orient (tout comme l’Afghanistan pour l’URSS) vont entraîner une révolte d’une partie de l’élite (tout comme en URSS) pour changer le cours de cette stratégie perdante du système étatique américain . Est-ce que l’équipe Trump sera la victime comme l’équipe Gorbatchev l’a été en son temps ? nous le verrons prochainement ….


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