Source : Joe Lauria, Consortium News, le 26-06-2017

La réponse arrogante du président Trump aux menaces saoudiennes contre le Qatar pourrait être considérée comme le « feu vert » à une invasion saoudienne – et la prochaine étape vers une guerre régionale avec l’Iran, rapporte Joe Lauria.

La scission dans l’administration Trump sur la façon de faire face à la crise du Qatar ouvre une situation dangereuse qui pourrait conduire bientôt à un conflit armé.

Le président Donald Trump touche un globe illuminé en présence du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, et du roi saoudien Salmane à l’ouverture du Centre mondial de lutte contre l’idéologie extrémiste, en Arabie saoudite le 21 mai 2017. (Photo de Saudi TV)

Le département d’État et celui de la Défense se sont largement rangés du côté du Qatar, mais la Maison-Blanche a sapé l’influence que les États-Unis avaient sur l’Arabie saoudite pour freiner le comportement agressif de Riyad envers son voisin. Le président Donald Trump, par exemple, a appelé la semaine dernière le Qatar « un grand commanditaire » du terrorisme, faisant silence sur le fait que l’Arabie saoudite en est également un grand partisan.

La tension entre le Qatar – avec sa politique étrangère indépendante – et l’Arabie saoudite – avec ses alliés les Émirats Arabes Unis, Bahreïn et l’Égypte – se développe depuis des années. Début juin, les quatre nations ont imposé un blocus économique au Qatar et ont suspendu les relations diplomatiques. Ils ont fermé leur espace aérien à Qatar Airways. Les importations alimentaires, dont dépend le Qatar, ont été bloquées à l’unique frontière terrestre du pays, qui est celle avec l’Arabie saoudite.

Après que le secrétaire d’État américain Rex Tillerson a exhorté à mettre fin à l’embargo économique et appelé les Saoudiens à faire des propositions « raisonnables », Riyad a publié vendredi une liste de 13 exigences, qui devrait être rejetée par Doha. L’Arabie saoudite a fixé un délai de réponse au Qatar de 10 jours, soit une réponse avant le 7 juillet. Les Saoudiens n’ont pas dit ce qui se passerait ensuite, mais les signes sont inquiétants.

Le Qatar a déjà rejeté les demandes comme irréalistes. Il y est notamment demandé au Qatar de rompre toutes les relations avec l’Iran, d’arrêter de soutenir les Frères musulmans et de fermer le réseau de télévision Al Jazeera. Les Frères musulmans cherchent à instaurer par les urnes un programme islamiste, une menace pour la monarchie saoudienne et ses clients égyptiens. Les émissions d’Al Jazeera avaient contribué à susciter la révolte populaire pendant le printemps arabe avorté, autre menace pour le gouvernement saoudien.

De plus, si Riyad a l’intention d’entrer en guerre avec son rival régional, l’Iran chiite, il a besoin du soutien des États-Unis. Or la plus grande base militaire des États-Unis au Moyen-Orient, et qui devrait être impliquée dans une attaque, se trouve au Qatar.

Un feu vert

En Syrie et en Afghanistan, Trump a laissé la plupart des décisions à l’armée, ce qui rend non pertinents nombre de ses tweets et déclarations. Mais dans la crise du Golfe, il s’affirme. Il a même essayé de récupérer le crédit de l’embargo après sa visite à Riyad le mois dernier, où il a également rencontré l’émir du Qatar. Alors que le Pentagone et le Département d’État veulent une médiation pour régler la crise, le porte-parole de la Maison-Blanche, Sean Spicer, a déclaré vendredi qu’elle devait être résolue par les seuls pays participants.

Le président Trump serre la main du prince héritier saoudien et du ministre de la Défense, Mohammed ben Salmane, le 20 mai 2017. (Capture d’écran de Whitehouse.gov)

« Les quatre pays impliqués – nous pensons qu’il s’agit d’un problème de famille et que c’est à eux de le résoudre », a déclaré Spicer. « Si nous pouvons aider à faciliter ces discussions, alors très bien », a-t-il dit. « Mais ils veulent, et ils devraient, le résoudre par eux-mêmes ».

La remarque de Spicer rappelle à Ali al-Ahmed, directeur de l’Institut pour les Affaires du Golfe de Washington, comment l’ambassadrice de l’administration de George H. W. Bush en Irak, April Glaspie, avait déclaré à Saddam Hussein en 1990 que les États-Unis n’avaient « pas d’opinion sur les différends inter-arabes, comme votre désaccord frontalier avec le Koweït ». Huit jours plus tard, Saddam Hussein envahissait le Koweït.

Al-Ahmed pense que la remarque de Spicer est également le signe que Trump a donné à Riyad son feu vert pour envahir le Qatar. Un autre signe inquiétant, m’a-t-il déclaré, est l’élévation de Mohammed ben Salmane au rang de prince héritier saoudien, la semaine dernière. Ben Salmane, qui en tant que ministre de la Défense a montré son agressivité dans l’attaque désastreuse lancée depuis deux ans, sans fin en vue, contre le Yémen voisin, a ainsi remplacé Mohammed ben Nayef, « considéré comme trop proche du Qatar et qui devait être éjecté », m’a dit Al-Ahmed.

Ben Salmane va vouloir consolider son pouvoir dans son nouveau poste en lançant une guerre, comme il l’a fait quand il a été nommé ministre de la Défense, a déclaré Al-Ahmed. Il a tracé un autre parallèle avec Saddam Hussein qui avait envahi l’Iran un an après son arrivée au pouvoir pour renforcer son autorité, avec le soutien des États-Unis à ce moment-là aussi.

L’impasse de la guerre au Yémen a épuisé le trésor saoudien. Il y a aussi la question de la prise de contrôle des ressources en gaz naturel du Qatar, les troisièmes plus grandes au monde, à travers un régime de marionnettes que Riyad chercherait à installer à Doha, déclare M. Al-Ahmed.

La peur d’un conflit plus large

Compte tenu des dangers encourus, au lieu de rester extérieure, la Maison-Blanche devrait envoyer un message sans équivoque, ajoute Al-Ahmed.

Le secrétaire à la Défense, Jim Mattis, rencontre des troupes stationnées à la base aérienne d’Al Udeid, au Qatar, le 21 avril 2017. (photo du département de la Défense par le Sergent technicien Brigitte N. Brantley de la Force aérienne)

« Les États-Unis devraient expliquer que l’utilisation de la violence contre un autre pays n’est pas acceptable et aura des conséquences », dit-il. Avec l’influence de Washington, « je pense que si les États-Unis veulent vraiment résoudre cela, ils peuvent y arriver facilement ».

Giorgio Cafiero, directeur général de Gulf State Analytics à Washington, m’a dit que si les États-Unis résolvent la crise du Golfe, ils devraient en tirer des bénéfices.

« Il est incontestable que l’intérêt de Washington est de voir ses alliés arabes sunnites maintenir un semblant d’unité et de cohésion, cette querelle constitue donc un problème majeur pour les États-Unis et sa politique étrangère dans la région du Golfe », selon Cafiero.

Tandis que les États-Unis bottaient largement en touche, le Koweït a mené une tentative auprès du Conseil de coopération du Golfe pour résoudre la crise sans aide extérieure. Avec ses « messages contradictoires » sur la crise, Washington « semble être dans une position relativement faible pour faciliter la restauration des relations diplomatiques et économiques entre les États impliqués », déclare M. Cafiero.

Et cela ne peut être que dangereux. « Plus cette impasse s’installe, plus il sera politiquement coûteux pour toutes les parties de revenir en arrière », affirme Cafiero. « Dans le cas où la pression de l’Arabie saoudite et des EAU sur le Qatar ne parviendrait pas à atteindre les objectifs de Riyad et d’Abu Dhabi, il y a un risque d’escalade des tensions ».

« On ne peut écarter la confrontation militaire comme résultat possible de l’échec diplomatique à résoudre l’affaire », précise M. Cafiero. Mais c’est peut-être ce que Trump veut réellement, et ce pourquoi il ne semble pas vouloir participer à la résolution de la crise.

Si Trump veut que les États-Unis agissent comme une grande puissance, il ferait un pas de plus pour que le levier américain impose un arrangement entre les Saoudiens et les Iraniens. Leur rivalité a des répercussions sur les conflits en Syrie, au Liban, au Yémen, au Bahreïn, en Afghanistan et maintenant au Qatar.

En mai, Ben Salmane a menacé d’attaquer directement l’Iran, et l’Iran a retourné la menace. Les Saoudiens et les Iraniens se reprochent mutuellement d’être l’agresseur. Mais aucun ne va nulle part. L’équilibre de leur puissance est nécessaire pour assurer la stabilité dans la région.

Au lieu de faciliter cela, Trump rabaisse les États-Unis au niveau de combattants sectaires, se plaçant ouvertement aux côtés du Riyad sunnite et menaçant l’Iran, au risque d’une guerre régionale encore plus grande : le feu vert des États-Unis pour envahir le Qatar pourrait bien être le prélude à une attaque contre l’Iran.

Le président iranien, Hassan Rouhani, a déclaré à l’émir du Qatar au téléphone dimanche que « Téhéran sera[it] aux côtés du gouvernement du Qatar » et le site web du bureau de Rouhani a annoncé que « le siège du Qatar n'[étai]t pas acceptable pour nous ». « L’espace aérien, le sol et la mer de l’Iran seront toujours ouverts au Qatar en tant que […] nation amie », a déclaré Rouhani, ajoutant que « la pression, les menaces et les sanctions » ne sont pas une manière de résoudre la crise.

Si les Saoudiens envahissent effectivement le Qatar, al-Ahmed pense que les troupes américaines stationnées au Qatar sécuriseraient leur infrastructure à Doha, mais qu’elles ne s’y opposeraient pas. Doha pourrait ne pas être en mesure de compter sur le contingent de forces turques qui a été dépêché au Qatar, m’a-t-il dit, parce que les troupes turques déployées n’ont pas les armes lourdes nécessaires pour repousser une invasion. L’armée du Qatar peut réussir à défendre son pays seulement si la population lutte avec elle, a déclaré al-Ahmed.

« Les Qataris devraient commencer à armer chaque homme dès maintenant », a-t-il dit.

Joe Lauria est un ancien journaliste spécialisé dans les Affaires étrangères. Il a écrit pour le Boston Globe, le Sunday Times de Londres et le Wall Street Journal, entre autres journaux.

Source : Joe Lauria, Consortium News, le 26-06-2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

16 réponses à Comment Trump prend le risque d’une guerre Arabie saoudite-Qatar, par Joe Lauria

Commentaires recommandés

Kiwixar Le 30 juillet 2017 à 02h07

Ca me fait penser à la guerre Irak-Koweit. Les US avaient indiqué à Saddam qu’ils n’interviendraient pas s’il envahissait le Koweit. Visages pâles à la langue fourchue. Les saoudiens devraient se méfier.

  1. Kiwixar Le 30 juillet 2017 à 02h07
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    Ca me fait penser à la guerre Irak-Koweit. Les US avaient indiqué à Saddam qu’ils n’interviendraient pas s’il envahissait le Koweit. Visages pâles à la langue fourchue. Les saoudiens devraient se méfier.


    • sassy2 Le 30 juillet 2017 à 14h47
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      Oui et d’autres devraient se méfier aussi.

      Je ne commente humblement pas l’article de R Parry car:
      1/ je pense qu’il est à côté de la plaque (sauf si son but réel est de fourvoyer)
      2/ Netanyahou a une vision courageuse (je ne peux préciser à cause de lois françaises) & Trump
      Poutine tiennent par les kouilles tous les protagonistes
      les Chinois étant occupés avec leurs contradictions jusqu’ à maximum 2018 en Corée: ils ne pourront rien faire au MO

      La dynamique semble clair, les hostilités /rééquilibrage ont commencé avant l’élection effective de Trump.
      Ce qui prouve que les acteurs locaux sont dépendants et vulnérables (y compris donc Israel)
      En effet, il y a presqu’un un an j pour j erdogan a failli y passer , d’aucuns ont voulu consolider leurs positions AVANT Trump. => echec total

      La russie + us ont fort logiquement la main au MO et l’allemagne france vont perdre leurs positions.
      Un acteur ou groupes de dirigeants vont être rayés politiquement de la carte et ce n’est peut être pas le qatar, certainement pas la Perse.

      Une guerre au MO est aussi un levier pour provoquer des troubles (financiers & ethniques) en europe.

      bon courage à Macrel


      • sassy2 Le 30 juillet 2017 à 14h48
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        notes
        « Le stupide prince @Alwaleed_Talal veut contrôler nos hommes politiques américains avec l’argent de son papa. ***********Il ne pourra pas faire cela quand je serai élu »**********, a écrit Donald Trump sur le réseau social.
        Un communiqué, envoyé samedi matin par le bureau du prince Al-Walid, a précisé que son tweet était une réponse à la « déclaration anti-islam » de Donald Trump. La compagnie Kingdom Holding Co du prince saoudien détient des parts dans des activités aussi diverses que le parc d’attractions Euro Disney, la chaîne hôtelière Four Seasons, Citigroup et le géant des médias News Corporation. Le milliardaire saoudien est en outre devenu le *******deuxième actionnaire de Twitter.**********


  2. Catalina Le 30 juillet 2017 à 05h26
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    ” pour lutter contre l’idéologie extrémiste”, laquelle ? parce qu’on peut écarter d’office l’extrémisme islamiste wahhabite vu que l”Arabie Saoudite est un de ses grands financeur, et que les usa est un de ses grand souteneur. L’extrémisme guerrier, idem. Alors ? cette “idéologie extrémiste” serait-elle tout simplement le refus d’un monde unipolaire où seuls les usa et ses alliés s’arrogeraient tous les droits ? Toutes les matières premières? Toutes les richesses terrestres ? les voir comme ça les mains sur un globe illuminé me fait penser surtout à des fous ou à Hitler jouant avec le ballon monde.


  3. NICOLE DE NICOMAQUE Le 30 juillet 2017 à 05h49
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    Lire Robert Bauer : ” Or Noir et Maison Blanche – Comment l’Amérique a vendu son âme pour le pétrole saoudien ” Editions Lattès 2003. Un livre d’actualité puisque quasi-prophétique sur la future chute de la maison Saoud car la Kleptocratie à ce niveau là ne peut durer éternellement…qu’elle habite Riyad ou Washington….y sommes-nous ? Nous verrons bien…mais visiblement, M.Trump semble vouloir déclencher la Troisième guerre mondiale dans la poudrière du Moyen-Orient…verrons-nous demain comme à leur accoutumé BHL et les éditocrates stipendiés applaudir à nouveau l’Oncle Sam ? Le Qatar dans le soutien au terrorisme fondamentaliste paiera la note pour l’Arabie Saoudite plus largement compromise que le petit état et derrière l’Iran se profile la Russie…aïe, aïe, aïe ! Donald est-il devenu fou ? Lire Robert Bauer, cet ancien agent de la CIA, renseigne bien sur les enjeux présents.


  4. Dva Le 30 juillet 2017 à 08h27
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    2 pays pour le prix d’un …pétrole à profusion avec toute l’infrastructure sur place pour l’Arabie…et gaz pour le Qatar…2 robinets pour soutenir les cours …et les transactions en dollars futures…Joli coup tordu US possible..Oui !


  5. TC Le 30 juillet 2017 à 08h53
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    Que sait on de la suite de cette affaire outre le fait que fait que le qatar et les usa auraient signé un accord pour la lutte contre le terrorisme ? Information à confirmer car je n’ai rien trouvé d’autre qu’un article en cache du temps.ch à ce sujet.


    • Charles Michael Le 30 juillet 2017 à 09h51
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      TC,

      la suite :
      – flip flop et aller retour des sommités US en mode controle des dégats
      – obstination du Quatar soutenu par la Turquie qui envoie plus d’hommes sur sa base et par l’Iran
      – bisbille avec le Koweit du GCC qui du coup renonce à son rôle de conciliation, puis se range avec eux
      – palabres entre émirats aux pieds froids
      – refus de l’ultimatum du Quatar
      – reculade des Emirats et réecriture des 13 demandes qui mutent en acceptation de 6 principes

      Trump, pas forcément en lien avec cette crise, annonce la fin du soutien US aux terroristes modérés aussi légendaires et à l’existence douteuse que les Licornes.


  6. RGT Le 30 juillet 2017 à 09h57
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    Si TOUTES les pétrothéocraties pouvaient se “mettre sur la gueule” une bonne fois pour toutes, mais sans que ce conflit ne s’étende cette fois chez leurs voisins qui n’y sont pour rien ce serait un bienfait.

    Et si l’Iran, qui depuis sa révolution de 1979 n’a JAMAIS attaqué ses voisins ni foutu le bordel dans le coin pouvait enfin s’imposer comme la puissance régionale incontestée ça calmerait le jeu une bonne fois pour toutes et les civils pourraient ENFIN vivre en paix et en sécurité.

    l’Iran intervient pour défendre son territoire ou pour défendre les chiites (et aussi les chrétiens, les yézidis et même les juifs on l’oublie souvent) attaqués par les wahhabites (EI, Al Qaïda et autres “modérés”).

    Mais il ne faut pas rêver, comme d’habitude les “grands hommes” seront bien à l’abri et ce sont les “gueux” qui s’en prendront plein la gueule.

    Certains prétendent que je suis “pro-iranien”…
    Je me contente simplement d’examiner les FAITS et les ACTES, et là il n’y a pas photo quand on compare avec ses “bienveillants” voisins.


    • Arcousan09 Le 30 juillet 2017 à 13h17
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      Effectivement: “la guerre est faite par des gens qui ne se connaissent pas et qui s’entretuent pour des gens qui se connaissent très bien mais qui ne se feront jamais de mal”


    • J Le 30 juillet 2017 à 14h07
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      Pour l’Iran, le problème est qu’il est majoritairement et officiellement chiite, et que jamais les sunnites, largement majoritaires, n’accepteront un leadership chiite. http://bouquinsblog.blog4ever.com/sunnites-chiites-pourquoi-ils-s-entretuent-martine-gozlan


      • jessim Le 31 juillet 2017 à 09h36
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        Les sunnites n’accepteront pas un leadership chiites mais beaucoup de pays arabes ne diraient pas non à une chute des Saoud.

        Parce que ces gens là ont de l’argent ils se croient donc tout permis et cela a tendance à agacer beaucoup de pays arabes. Dans la même lignée, les pays où les frères musulmans sont majoritaires (turquie, égypte même s’ils ne sont pas au pouvoir, qatar et j’en passe), ce mouvement prône une coopération avec les chiites plutôt que la confrontation armée ce qui à mon sens est beaucoup plus intelligent.


  7. Homère d'Allore Le 30 juillet 2017 à 10h04
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    On peut penser que cet article était un peu alarmiste.

    Trump a fait sa tournée au Moyen-Orient pour obliger les Séoudiens à acheter encore plus d’armes américaines, c’est tout.
    Et, parallèlement, Tillerson obtenait des contrats de la part du Qatar.

    Bien sûr, il a sans doute été question du partage du gâteau syrien et comme la part réservée à ”la coalition internationale” s’est réduite au profit de l’arc chiite, il a fallu arbitrer entre ceux qui perdraient un peu et ceux qui perdraient beaucoup.

    Le rôle de ceux qui vont perdre beaucoup est désormais tenu par le Qatar et les Frères Musulmans. Quant à la France, elle disparaît des écrans radar et ne doit plus escompter un seul contrat dans le Golfe.

    Tout pour les USA. Celui qui fait une incartade risque de se retrouver accusé de soutenir le djihadisme. Celui qui achète américain est protégé.


    • Kiwixar Le 30 juillet 2017 à 13h20
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      « Celui qui achète américain est protégé. »

      C’est la définition du racket.


  8. Mr K. Le 30 juillet 2017 à 18h58
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    Le fond souverain du Qatar est entré en décembre 2016 au capital de Rosneft, société d’État russe spécialisée dans l’extraction, la transformation et la distribution de pétrole.

    Une des raisons du soutien du Qatar à la guerre par procuration contre la Syrie était sa volonté de pouvoir exporter son gaz vers l’Europe par gazoduc.

    Peut-être ont-ils trouvé un arrangement satisfaisant avec la Russie sur ce point, entraînant leur désaffection en Syrie et la fureur que l’on sait des psychopathes de la région.

    De l’autre côté par rapport à l’Iran, on a peut-être actuellement un changement de régime au Pakistan qui était en rapprochement avec la Chine et la Russie. Souhaitons que n’émerge pas un pouvoir trop hostile à l’Iran, nous rapprochant plus de la guerre.


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