Je précise tout d’abord un point en introduction : si on fait une union monétaire en Europe, il est évident qu’il faut arriver à faire converger de plus en plus les économies sous peine de voir l’union monétaire disparaite. Une des questions actuelles est vraiment “Est-ce possible ?” – ou n’a-t-on pas procédé à l’envers en voulant faire converger les économies APRÈS avoir lancé la monnaie unique… Je reviendrai sur ma vision de l’euro dans un prochain billet.

Au cours de mes recherches pour la rédaction de la petite série sur le Mécanisme Européen de Stabilité (à lire ici), je suis tombé sur une intéressante analyse du MES de Romain Rochas, Chef de division honoraire de la Cour des comptes européenne. Après une longue étude, sa conclusion m’a surpris :

Mais ces petites contradictions [du MES] ne sont que peccadilles. Il y a pire. Au moment même où l’Union se livre avec le MES à une étonnante initiative intergouvernementale radicale et sans précédent, la même Union entreprend la discussion d’un vaste programme de gouvernance économique et budgétaire, détaillé dans 6 propositions de la Commission ahurissantes par une volonté d’intégration communautaire extrême et par un technocratisme qui touche au délire. Au même moment donc, on assiste à deux initiatives relevant de systèmes juridiques radicalement opposés. Quos vult perdere Jupiter dementat! {Quand Jupiter veut perdre un homme, il lui ôte la raison. Ce vers est tiré de l’Énéide de Virgile}.

Diable, je ne sais pas vous, mais moi, je n’ai pas du tout compris à quoi il faisait allusion…

Et comme cela semble encore plus grave que le MES, j’ai eu peur.

Et j’ai eu raison, ayant “enquêté”…

Enquête très rapide, notez, je vais me contenter de reprendre le communiqué de presse de l’UE du 29 septembre 2010, avec quelques commentaires. C’est en effet effrayant…

Gouvernance économique de l’UE : la Commission présente un ensemble complet de propositions législatives

La Commission européenne a adopté aujourd’hui [29/09/2010] un ensemble de propositions législatives prévoyant le plus important renforcement de la gouvernance économique de l’UE et de la zone euro depuis le lancement de l’union économique et monétaire. La législation actuelle s’étant révélée insuffisante, l’objectif est d’élargir et d’améliorer la surveillance des politiques budgétaires, mais aussi celle des politiques macroéconomiques et des réformes structurelles. De nouveaux mécanismes de contrainte s’appliqueraient aux États membres qui ne respectent pas les règles. Le «semestre européen», dont le principe a été récemment adopté, intégrera tous les processus de surveillance, nouveaux et modifiés, dans un cadre global de politique économique.

Les propositions législatives que la Commission présente aujourd’hui sont la traduction concrète de ses récentes communications sur la gouvernance économique des 12 mai et 30 juin 2010 (voir IP/10/561 et IP/10/859). Fruit d’intenses travaux préparatoires et d’une large consultation des parties prenantes, notamment la task force sur la gouvernance économique dirigée par M. Van Rompuy, président du Conseil européen, elles témoignent de la volonté de la Commission de faire aboutir rapidement les réformes qui s’imposent.

Toutes les réformes prévues sont compatibles avec les nouveaux traités européens et devraient garantir que l’UE et la zone euro bénéficient d’une coordination plus efficace des politiques économiques. Elles devraient donner à l’UE et à la zone euro les capacités nécessaires pour mener des politiques économiques saines, contribuant ainsi à une croissance durable créatrice d’emplois, conformément à la stratégie Europe 2020.

Le paquet législatif est composé de six textes distincts: quatre propositions portent sur les aspects budgétaires, notamment une réforme en profondeur du pacte de stabilité et de croissance, tandis que deux nouveaux règlements visent à déceler l’apparition de déséquilibres macroéconomiques dans l’UE et dans la zone euro, et à y remédier efficacement.

Pour les États membres de la zone euro, les nouveaux mécanismes permettront de mettre en œuvre des sanctions plus strictes, dont l’application sera moins discrétionnaire. En d’autres termes, le pacte sera davantage «basé sur des règles», et les sanctions seront une conséquence normale et prévisible pour les pays qui ne respectent pas leurs engagements.

Introduction : présentation du dispositif (repris dans tous les règlements)

Extraits :

Le volet préventif du pacte est censé garantir la mise en œuvre, par les États membres, de politiques budgétaires prudentes, afin qu’il ne soit pas nécessaire de recourir à des formes de coordination plus strictes pour prévenir toute atteinte à la viabilité des finances publiques et les conséquences négatives qui pourraient en découler pour l’ensemble de l’UEM. En conséquence, les États membres sont invités à présenter des programmes de stabilité ou de convergence expliquant comment ils entendent atteindre leur objectif budgétaire à moyen terme (OMT), défini en pourcentage du PIB structurel (c’est-à-dire corrigé des variations conjoncturelles et excluant les mesures ponctuelles et temporaires); ces OMT varient d’un pays à l’autre autour d’une position proche de l’équilibre, afin de tenir compte du niveau de la dette publique et des engagements liés au vieillissement démographique. Les États membres n’ayant pas atteint leur OMT sont censés s’en rapprocher à un rythme annuel de 0,5 % du PIB en termes structurels. […]

Pour remédier à ces lacunes, la réforme du volet préventif proposée à présent conserve les OMT actuels et l’exigence de convergence annuelle de 0,5 % du PIB, mais les rend opérationnels en vertu d’un nouveau principe de politique budgétaire prudente. Suivant ce principe, la croissance annuelle des dépenses ne devrait pas dépasser un taux de croissance prudent du PIB sur le moyen terme (et devrait même lui être nettement inférieure, si l’OMT n’a pas été atteint), à moins que l’OMT n’ait été largement dépassé ou que le surcroît de hausse des dépenses par rapport à ce taux de croissance prudent sur le moyen terme ne soit contrebalancé par des mesures discrétionnaires du côté des recettes. Il s’agit essentiellement d’obtenir que les recettes exceptionnelles ne soient pas dépensées, mais consacrées à la réduction de la dette. Ce nouveau principe constituera la référence à l’aune de laquelle seront examinés les plans budgétaires exposés par les pays dans leurs programmes de stabilité ou de convergence. En outre, en ne respectant pas le taux convenu d’accroissement des dépenses et les mesures prescrites en matière de recettes, les États membres s’exposent à recevoir un avertissement de la Commission et, en cas de manquement persistant ou particulièrement grave, une recommandation du Conseil, en vertu de l’article 121 du traité, les invitant à prendre des mesures correctives. Cette recommandation, bien qu’émise dans le cadre du volet préventif, serait étayée, pour la première fois et uniquement pour les pays de la zone euro, par un mécanisme d’exécution créé en vertu de l’article 136 du traité, qui prendrait la forme d’une obligation de constituer un dépôt égal à 0,2% du PIB et portant intérêt. La décision d’imposer cette obligation serait prise selon la règle de la majorité inversée: le dépôt deviendrait exigible sur proposition de la Commission dès que serait adressée la recommandation, à moins que le Conseil, statuant à la majorité qualifiée, ne décide du contraire dans les dix jours. Le Conseil ne pourrait décider d’en réduire le montant qu’à l’unanimité, ou sur proposition de la Commission et demande motivée de l’État membre concerné. Le dépôt, majoré des intérêts acquis, serait restitué une fois que le Conseil aurait acquis la certitude qu’il a été mis fin à la situation qui en a motivé la constitution.

Le volet correctif du pacte est destiné à éviter, en matière de politique budgétaire, des erreurs manifestes susceptibles de compromettre la viabilité des finances publiques et de constituer une menace pour l’UEM. Il se traduit par l’obligation, pour les États membres, d’éviter les déficits publics excessifs, définis en tant que seuils numériques pour le déficit (3 % du PIB) et la dette (60 % du PIB, ou qui s’approche de cette valeur à un rythme satisfaisant). La procédure concernant les déficits excessifs (PDE), qui met œuvre l’interdiction de déficits excessifs, comporte une série d’étapes pouvant éventuellement aboutir, dans le cas des pays de la zone euro, à l’imposition de sanctions financières. […]

L’exécution sera renforcée par l’introduction d’une nouvelle série de sanctions financières pour les États membres de la zone euro, lesquelles s’appliqueraient plus tôt et de manière graduée. Plus précisément, un dépôt ne portant pas intérêt, de 0,2 % du PIB, serait imposé suite à la décision de placer un pays en déficit excessif. Ce dépôt serait converti en amende en cas de non-respect des recommandations initiales de corriger le déficit.

1) Règlement modifiant la base législative du volet préventif du pacte de stabilité et de croissance (règlement (CE) no 1466/97)

Le volet préventif du pacte vise à garantir que les États membres de l’UE conduisent des politiques budgétaires prudentes en période de conjoncture économique favorable afin de disposer d’un matelas de sécurité suffisant lorsque la conjoncture se retourne. Pour rompre avec le laxisme dont les États membres ont pu faire preuve dans le passé en période de conjoncture favorable, le contrôle des finances publiques sera basé sur un nouveau concept de politique budgétaire prudente, qui devrait assurer qu’ils se rapprochent de leur objectif à moyen terme. La Commission pourra adresser un avertissement aux États membres de la zone euro qui s’écartent sensiblement d’une politique budgétaire prudente.

[Lire la proposition ici]

Extraits :

La politique budgétaire est considérée comme prudente et donc propre à assurer la réalisation de l’objectif budgétaire à moyen terme et son respect à plus long terme dès lors que les conditions suivantes sont réunies:
a) pour les États membres qui ont atteint l’objectif budgétaire à moyen terme, l’augmentation annuelle des dépenses ne dépasse pas un taux de croissance prudent de moyen terme du PIB, sauf si ce dépassement est compensé par des augmentations discrétionnaires des recettes;
b) pour les États membres qui n’ont pas encore atteint l’objectif budgétaire à moyen terme, l’augmentation annuelle des dépenses ne dépasse pas un taux inférieur à un taux de croissance prudent de moyen terme du PIB, sauf si ce dépassement est compensé par des augmentations discrétionnaires des recettes. La différence entre le taux de croissance des dépenses publiques et un taux de croissance prudent de moyen terme du PIB est telle qu’elle garantit une progression appropriée vers l’objectif budgétaire à moyen terme;
c) les réductions discrétionnaires des éléments de recettes publiques sont compensées, soit par des réductions des dépenses, soit par des augmentations discrétionnaires d’autres recettes publiques, soit par les deux à la fois.

Le taux de croissance prudent de moyen terme est évalué sur la base de projections à dix ans et il est périodiquement actualisé. […]

Le Conseil tient compte de la mise en œuvre de réformes structurelles majeures qui entraînent des économies directes de coûts à long terme — y compris en renforçant la croissance potentielle — et qui ont donc une incidence vérifiable sur la viabilité à long terme des finances publiques. […]

En période de grave récession économique de nature générale, les États membres peuvent être autorisés à s’écarter provisoirement de la trajectoire d’ajustement que requiert la politique budgétaire prudente. […]

En cas d’écart important par rapport à la politique budgétaire prudente, et afin d’empêcher l’apparition d’un déficit excessif, la Commission peut adresser un avertissement à l’État membre concerné.

2) Règlement modifiant la base législative du volet correctif du pacte de stabilité et de croissance (règlement (CE) no 1467/97)

Le volet correctif du pacte vise à éviter les erreurs manifestes dans la conduite de la politique budgétaire. Le règlement est modifié de telle manière que la décision d’engager la procédure concernant les déficits excessifs accordera une plus grande importance à l’évolution de la dette, qui sera placée sur un pied d’égalité avec l’évolution du déficit. Les États membres dont la dette dépasse 60 % du PIB devront prendre des mesures pour la réduire à un rythme satisfaisant, ce rythme étant défini comme égal à 1/20e de la différence avec le seuil de 60 % au cours des trois années précédentes.

[Lire la proposition ici]

Extraits :

Les États membres n’ayant pas atteint leur OMT sont censés s’en rapprocher à un rythme annuel de 0,5 % du PIB en termes structurels. […]

Pour remédier à ces lacunes, la réforme du volet préventif proposée à présent conserve les OMT actuels et l’exigence de convergence annuelle de 0,5 % du PIB, mais les rend opérationnels en vertu d’un nouveau principe de politique budgétaire prudente. Suivant ce principe, la croissance annuelle des dépenses ne devrait pas dépasser un taux de croissance prudent du PIB sur le moyen terme (et devrait même lui être nettement inférieure, si l’OMT n’a pas été atteint), à moins que l’OMT n’ait été largement dépassé ou que le surcroît de hausse des dépenses par rapport à ce taux de croissance prudent sur le moyen terme ne soit contrebalancé par des mesures discrétionnaires du côté des recettes. Il s’agit essentiellement d’obtenir que les recettes exceptionnelles ne soient pas dépensées, mais consacrées à la réduction de la dette.

Cette recommandation, bien qu’émise dans le cadre du volet préventif, serait étayée, pour la première fois et uniquement pour les pays de la zone euro, par un mécanisme d’exécution créé en vertu de l’article 136 du traité, qui prendrait la forme d’une obligation de constituer un dépôt égal à 0,2% du PIB et portant intérêt. La décision d’imposer cette obligation serait prise selon la règle de la majorité inversée: le dépôt deviendrait exigible sur proposition de la Commission dès que serait adressée la recommandation, à moins que le Conseil, statuant à la majorité qualifiée, ne décide du contraire dans les dix jours. Le Conseil ne pourrait décider d’en réduire le montant qu’à l’unanimité, ou sur proposition de la Commission et demande motivée de l’État membre concerné. Le dépôt, majoré des intérêts acquis, serait restitué une fois que le Conseil aurait acquis la certitude qu’il a été mis fin à la situation qui en a motivé la constitution.

3) Règlement sur la mise en œuvre efficace de la surveillance budgétaire dans la zone euro

Les changements apportés aux volets préventif et correctif du pacte sont complétés par un nouvel ensemble de sanctions financières graduées pour les États membres de la zone euro. En ce qui concerne le volet préventif, l’obligation de constituer un dépôt portant intérêt sera imposée en cas d’écart important par rapport à une politique budgétaire prudente. Concernant le volet correctif, l’obligation de constituer un dépôt ne portant pas intérêt, de 0,2 % du PIB, s’appliquera dès lors qu’il sera décidé qu’un pays est en situation de déficit excessif. Ce dépôt sera converti en amende si les recommandations visant à corriger le déficit excessif ne sont pas respectées.

Pour assurer l’application de ces dispositions, un mécanisme de vote à la « majorité inversée » est envisagé pour l’imposition des sanctions. En d’autres termes, la proposition de sanction de la Commission sera considérée comme adoptée à moins que le Conseil ne la rejette à la majorité qualifiée. Les intérêts produits par les dépôts ainsi que les amendes seront répartis entre les États membres de la zone euro qui ne sont ni en situation de déficit excessif, ni en situation de déséquilibre excessif.

Ces modifications ont été conçues de telle sorte qu’elles facilitent le passage à un système d’exécution lié au budget de l’UE, tel qu’envisagé dans la communication de la Commission du 30 juin.

[Lire la proposition ici]

Extrait :

Le Conseil lui impose également, sur proposition de la Commission, de constituer un dépôt portant intérêt. Cette décision est réputée adoptée par le Conseil, à moins que celui-ci, statuant à la majorité qualifiée, ne rejette la proposition dans un délai de dix jours après son adoption par la Commission.

Le dépôt portant intérêt proposé par la Commission se monte à 0,2 % du produit intérieur brut (PIB) atteint l’année précédente par l’État membre concerné.

4) Nouvelle directive du Conseil sur les exigences applicables aux cadres budgétaires des États membres

La conduite des politiques budgétaires étant décentralisée, il est primordial que les objectifs du pacte soient pris en considération dans les cadres budgétaires nationaux, c’est-à-dire l’ensemble des éléments sur lesquels est basée la gouvernance budgétaire nationale (systèmes comptables, statistiques, pratiques de prévision, règles budgétaires, procédures budgétaires et relations budgétaires avec d’autres entités telles que les autorités locales ou régionales). La directive définit des exigences minimales que les États membres devront respecter.

[Lire la proposition ici]

5) Nouveau règlement sur la prévention et la correction des déséquilibres macroéconomiques

La procédure concernant les déséquilibres excessifs est un élément nouveau du cadre de surveillance économique de l’UE. Elle prévoit une évaluation régulière des risques de déséquilibres, fondée sur un tableau de bord d’indicateurs économiques. Sur cette base, la Commission pourra lancer des analyses approfondies portant sur les États membres présentant des risques, afin d’identifier les problèmes sous-jacents. Pour les États membres présentant des déséquilibres macroéconomiques graves ou qui menacent le bon fonctionnement de l’UEM, le Conseil pourra adopter des recommandations et lancer une «procédure concernant les déséquilibres excessifs».

Un État membre faisant l’objet d’une telle procédure devra soumettre un plan de mesures correctives au Conseil, lequel fixera des délais pour sa mise en œuvre.Un État membre de la zone euro qui persisterait à ne pas prendre de mesures correctives s’exposerait à des sanctions (voir point suivant).

[Lire la proposition ici]

La coordination des politiques économiques des États membres au sein de l’Union européenne, telle que prévue par le traité, devrait impliquer le respect des principes directeurs suivants: prix stables, finances publiques et conditions monétaires saines et balance des paiements stables. […]

Cette procédure devrait recourir à un mécanisme d’alerte permettant la détection rapide de déséquilibres macroéconomiques émergents. Elle devrait se fonder sur l’utilisation d’un tableau de bord indicatif et transparent combiné à une analyse économique critique.

6) Règlement établissant des mesures d’exécution en vue de remédier aux déséquilibres macroéconomiques excessifs dans la zone euro

Comme dans le domaine budgétaire, si un État membre de la zone euro persistait à ne pas donner suite aux recommandations que lui a adressées le Conseil dans le cadre de la procédure de déséquilibre excessif, il devrait payer une amende annuelle de 0,1 % de son PIB. Cette amende ne pourra être évitée que par un vote à la majorité qualifiée (vote à la «majorité inversée»; voir plus haut), seuls les pays de la zone euro participant au vote.

[Lire la proposition ici]

Extrait :

Le produit des amendes infligées conformément à l’article 3 du présent règlement constitue une autre catégorie de recettes, au sens de l’article 311 du traité, et est réparti entre les États membres dont la monnaie est l’euro et qui ne font pas l’objet d’une procédure concernant les déséquilibres excessifs ni ne présentent un déficit excessif proportionnellement à leur part dans le revenu national brut (RNB) total des États membres admissibles. […]

Pour les mesures visées à l’article 3, seuls votent les membres du Conseil représentant les États membres dont la monnaie est l’euro, et le Conseil statue sans tenir compte du vote du membre du Conseil représentant l’État membre concerné.

Étapes suivantes

“Ces propositions seront examinées par le Conseil, le Parlement européen et le Comité économique et social européen. La Commission demande à toutes les parties d’assurer leur adoption rapide.”

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Que d’horreurs !

On pouvait espérer que la raison allait revenir aux technocrates… Mais non, en fait, le Parlement a adopté ces mesures le 28 septembre 2011 comme indiqué ici.

Et encore, c’était AVANT la seconde couche que prépare les gouvernements…

Personnellement, je suis effaré devant tant de mépris des Nations européennes.

Non pas que je considère qu’il faille se renfermer, bien au contraire. Il est logique, si on fait une monnaie commune, d’arriver à des contrôles communs, et même à un budget commun.

Mais premier problème : les dettes sont telles qu’il est quasi-impossible de revenir à l’équilibre – et donc de respecter ces mesures ! Ou alors, cela va faire exploser nos sociétés européennes devant la somme d’austérité et de misère nécessaire…

Ce genre de mesure ne peut se prendre qu’APRES une restructuration des dettes, pas avant…

Mais que penser de ceci : projections de PIB à 10 ans (!!!), avertissements par une Commission non élue (considérés comme adoptés par défaut !!! Vote inversé !!), dépôts, amendes – infligés à des pays en déficit, et donc forcément en situation difficile.

C’est tellement méprisant et bête que c’est de nature à priver le projet européen de ses derniers soutiens… Maurice Allais avait bien raison d’appeler l’UE “L’organisation de Bruxelles”, pour bien la séparer du si beau projet d’Intégration Européenne – mais qui ne se fera jamais CONTRE les Nations…

Enfin, les peuples ne veulent pas de plus de fédéralisme, donc on gagnerait du temps à leur demander clairement leur avis avant de sortir les forceps, cela évitera de sévères déconvenues…

À suivre, donc…

64 réponses à Gouvernance économique de l’UE : Cessez le fou !

  1. Marcus Le 08 décembre 2011 à 03h57
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    Merci Olivier pour tout ce travail !
    Je me suis fait la même réflexion que toi Olivier.
    Et j’ajouterais que ça me fait penser au Gosplan de l’ex-URSS…
    On n’a déjà pas appliqué les règles du traité de Maastricht, ils veulent des règles plus strictes alors que la situation s’est considérablement dégradée.
    On a atteint un point de non retour avec la dette de nombreux Etats, et par un texte politico-juridique ils pensent qu’on va résoudre Le problème…
    En lisant le texte je me suis dit qu’on était chez les fous… absence totale du principe de réalité…comme s’ils vivaient dans leur monde…
    Ou alors ils sont complètement paniqués et dépassés par les événements et pondent un traité encore plus contraignant que celui de Maastricht, espérant ramener les calme chez les marchés financiers !
    C’est plutôt ça !
    Mais cette nouvelle construction bruxelloise ne tiendra pas plus que la précédente avec une situation financière et économique pour le moins très dégradée.
    Certains diront, et ils sont partout dans les médias, que ça va vers plus de fédéralisme, que c’est la seule solution avec un gouvernement européen qui se construira.
    Mais les Etats continueront à s’enfoncer dans la crise et ce n’est pas un traité de plus qui y changera quelque chose.
    Par contre ça peut faire monter la bourse…
    Pour finir je me souviens que les plus libéraux voulaient en 1992 (date à vérifier) plus d’Europe avec le traité de Maastricht pour introduire plus de libéralisme dans des Etats qui, comme la France, étaient plus ou moins réfractaires.
    Et maintenant où en est-on presque 20 ans après ???
    Elle est belle l’Europe libérale. C’est le retour au Gosplan…
    Je ne vois pas vraiment d’issue à tout cela car ça ressemble à un train lancé à grande vitesse.
    Qui va l’arrêter ? Les peuples ??
    Possible, mais j’en doute au regard de l’état d’apathie et de sidération de ces mêmes peuples à qui on serine continuellement sur les antennes télé et radio que pour réduire la dette il faut plus d’Europe, c’est-à-dire plus de contrainte avec un nouveau traité… le précédent n’ayant pas été appliqué (ça ils se gardent bien de le dire) …
    Ils prennent prétexte de la dette pour faire avancer l’Europe fédérale au pas cadencé !
    Pas vraiment libéral, au sens politique du terme, tout ça.
    Comme dirait un autre Olivier, Delamarche, on va dans le mur !!!
    Amicalement.
    Bonne journée à toutes et à tous.
    Marc


    • Pana Le 08 décembre 2011 à 08h34
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      Bonjour Marc,
      C’est un véritable délire !
      A mon humble point de vue, nous oublions encore un autre facteur : le poids des fonctionnaires et leurs avantages. Un peu comme la Cité Interdite en Chine !
      Plus il y en a, plus ils ont du poids et peuvent augmenter leurs budgets, leurs salaires, leurs retraites dont les montants étaient déjà extrêmement choquants avant la crise.
      Vont-ils les baisser maintenant que l’Europe est en crise ?
      Personnellement, je n’ai rien entendu de tel !
      Quant à l’apathie des peuples :
      Existe-t-il seulement un politicien qui s’oppose à la Communauté Européenne, dans la forme actuelle ?
      Il serait plutôt suicidaire !
      En Suisse, jusqu’au moment des crises de la CE, il était mal vu d’en être opposé – plutôt politiquement incorrect ou membre d’un parti d’extrême droite….  que je ne suis pas, mais simplement réaliste
      Cordiales salutations
       
       
       
       


    • Patrick-Louis Vincent Le 08 décembre 2011 à 11h24
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      Jean Monet disait que l’Europe n’avance que par crises et selon les décisions prises au moment des crises. Nous y sommes.

      Les peuples sont indignés, dit-on. Ils sont indignés/résignés.

      Les choses ne bougeront vraiment que quand les gens se batteront pour une baguette de pain.


      • Nihil Le 08 décembre 2011 à 11h32
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        …ou de la brioche.
        🙂


    • burgf Le 08 décembre 2011 à 12h06
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      • Patrick-Louis Vincent Le 08 décembre 2011 à 13h15
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        Lire aussi le très bon libre d’Alexandre Zinoviev “La Grande Rupture”. Tout y était dit : c’était en 1999.


    • Alain34 Le 08 décembre 2011 à 12h53
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      Je dirai plutôt qu’on y est déjà dans le mur.
      Et ce que l’on vit maintenant, c’est comme quand on a un accident, qu’on a l’impression de vivre les choses au ralentit sans avoir la moindre prise sur ce qui se passe, attendant que ça s’arrête pour constater l’étendu des dégâts… en espérant que ça ne soit pas trop grave.


  2. L'Amarée Seretire Le 08 décembre 2011 à 06h04
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    Bonjour,
     
    Je suis un fervent partisan du rasoir d’Ockham, la bêtise et l’avarice doivent suffire à tout expliquer. 
     
    Mais j’en arrive à me demander parfois si il n’y a pas une volonté concertée de quelques uns de transformer l’Europe en une espèce d’URSS au service des multinationales, bref une volonté de détruire les nations européennes. 
     
    Je reste encore sur l’hypothèse d’une technocratie, certes très largement influencée par divers lobbys mais surtout complètement déconnectée de tout, qu’en pensez-vous ? Le système qui s’emballe ou la volonté d’une poignée ?
     
    Merci


    • Marcus Le 08 décembre 2011 à 09h00
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      Les deux !


    • Nihil Le 08 décembre 2011 à 11h38
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      Rasoir d’Ockam dans une main, couteau de Lichtenberg dans l’autre, nous vaincrons !
      Euh…pas sûr…
      😉  


  3. raph Le 08 décembre 2011 à 07h31
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    Cher monsieur Berruyer,
    Pour une fois je vais intervenir en tant que “expert” puisque mon travail est d’être lobbyiste auprès de l’Union Européenne.
    Ce que ce texte montre c’est ce dont rêvent les fonctionnaires de la Commission mais il ne faut pas oublier que la Commission discute régulièrement avec les fontionnaires des autres Etats et comme beaucoup d’autres textes, ce texte a été pré-rédigé en sous-main pas les fonctionnaires du trésor allemand et français.
    Il faut savoir que le vrai pouvoir est entre les mains du Conseil, c’est à dire entre les mains des plus gros Etats membres. Dès lors ce qu’il convient de regarder avec attention est comment  va évoluer la répartition des pouvoirs entre l’oligarchie au pouvoir c’est à dire: l’Allemagne, la France, le Royaume Uni, l’Italie, l’Espagne  principalement. L’Italie et l’Espagne sont hors-jeux, le Royaume-Uni aussi. La France décline. L’Allemagne l’emporte.  Nous aurons donc une domination allemande sur l’UE qui utilisera l’outil technocratique pour implémenter les décisions politiques dans son intérêt.
    Quels sont les intérêts de l’Allemagne? Comme partout, ceux de ses élites. A l’inverse de la France  elles ne sont pas technocratiques, a l’inverse du royaume uni ne sont pas financières mais elles sont industrielles. Voilà, la boucle est bouclée vous comprenez pourquoi l’euro est si important pour l’Allemagne. Cela lui permet de vendre chez les autres membres. Le problème s’ils ne se réforment pas leurs déficits structurels vont devenir trop importants et ils vont faire faillite.
    Dès lors ce que veut l’Allemagne c’est que les autres soufrent pour qu’elle continue à vendre. Argument de taille : nous, nous avons déjà fait des efforts. Cet argument est d’ailleurs hypocrite il vient des conséquences de la réunification et de la Bundesbank qui outrée de voir qu’un ostmark allait valoir un deutschmark a volontairement mis les taux d’intérêts au-dessus du taux de croissance structurel du pays afin de diminuer la masse monétaire. Ca a pris 10 ans, 10 ans pendant lesquels la seule variable d’ajustement a été les salaires en Allemagne. Voilà pourquoi ils ont stagné pendant 10 ans, voilà  notamment pourquoi l’Allemagne est compétitive (en plus  du fait que ses élites ne tuent pas leurs sous-traitant ayant dans leur sang la compréhension de ce qu’est une politique industrielle à l’inverse des technocrates français)… Il est probable qu’en tant que telle la proposition de la Commission sera retoquée et révisées mais pour savoir de combien, ça dépendra si entre temps la France a fait faillite comme l’Italie.


    • Marcus Le 08 décembre 2011 à 08h58
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      L’Allemagne exporte beaucoup en Europe dans les pays en difficultés financières. Ces pays subissent ou vont subir des plans d’austérité drastiques qui va plomber complètement leur consommation.
      Dans ce cas la boucle sera bouclée et l’Allemagne sera elle-même en grande difficulté puisque ses exportations s’écrouleront.
      ça sera la rançon d’une politique mercantiliste…


      • Marcus Le 08 décembre 2011 à 09h09
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        “qui vont plomber”, pardon pour cette faute.


      • Patrick-Louis Vincent Le 08 décembre 2011 à 11h34
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        Oui, la récession sera mondiale. Ce que l’Allemagne ne vendra plus en Europe, elle ne pourra le vendre davantage aux pays émergeants, qui, eux aussi, vont connaître la récession.
        La cure d’austérité sera donc pour tout le monde. Est-ce un mal ?


        • Marcus Le 08 décembre 2011 à 11h57
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          Ce que je voulais dire Patrick-Louis Vincent c’est que le modèle allemand (et chinois d’ailleurs), basé uniquement sur l’exportation crée les déficits des pays acheteurs, notamment en Europe, que l’Allemagne dénonce par la suite alors qu’elle en est responsable et en a profité.
          L’Allemagne va se retrouver en grande difficulté si les pays qui importent ses produits voient leur consommation chuter, ce qui va être le cas en Europe. Si la France voit sa consommation chuter ça va être un drame pour la France mais aussi pour l’Allemagne qui exportera beaucoup moins vers notre pays.
          Tout est lié et le modèle mercantiliste allemand n’est à mon sens pas un bon modèle car il crée de profonds et dangereux déséquilibres financiers.
          Olivier en parle dans sa première proposition dans son livre.
          A++
          Marc


          • Patrick-Louis Vincent Le 08 décembre 2011 à 13h39
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            Mais tous les pays du monde sont en concurrence. Il est impossible que tous les pays soient en excédents ; c’est une évidence. Et c’est vrai aussi pour les pays de la zone euro, puisque la zone euro n’est pas un état. les euro-fédéralistes disent que ce n’est pas grave, puisque les excédents des uns compensent les déficits des autres. C’est vrai dans la balance des paiements de la zone euro, mais cela ne compense en rien les différences de compétitivité de chacun des états. La France, déficitaire, exporte de moins en moins, ce qui est mauvais pour sa croissance, et fait grimper le taux de chômage. L’on peut mutualiser les dettes, mais l’on ne peut pas mutualiser le chômage, et encore moins ses conséquences. S’il y a des émeutes en Grèce, c’est le gouvernement grec qui en plein la figure, pas le gouvernement allemand.

            C’est pourquoi, il est urgentissime de reconnaître que :
            1 – la zone euro n’est pas un état
            2 – qu’elle ne le sera jamais du fait des différences culturelles et linguistiques
            3 – que tous les états de la zone euro sont en concurrence
            4 – qu’il faut redonner sa souveraineté à chaque état et donc tout son pouvoir aux gouvernements nationaux, puisque ce sont eux, en dernier ressort, qui auront à faire face aux mouvements sociaux. S’il y a des émeutes en banlieue, ce n’est pas JC Juncker qui pourra rétablir la paix sociale, ni la majorité inversée.

            Revenons sur terre. Cessons d’idéaliser l’Europe. L’Allemagne regarde ses intérêts ; regardons les nôtres. Ce n’est pas de l’égoïsme, c’est de la lucidité.

            Si nous ne faisons pas preuve de courage politique, en quittant rapidement la zone euro, alors, nous resterons le vassal de l’Allemagne, nos exportations continueront à baisser jusqu’à la fermeture complète de nos usines, les capitaux étrangers continueront de fuir notre pays (200 milliards de capitaux étrangers ont quitté les banques françaises en novembre). Il ne nous restera plus que le tourisme, à condition qu’il y ait encore des clients.


    • Patrick-Louis Vincent Le 08 décembre 2011 à 11h31
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      L’Allemagne l’emporte, dîtes-vous ! Oui, puisque le Conseil fonctionne à la majorité qualifiée, l’Allemagne est obligée de composer avec les autres. Elle ne peut se permettre une opposition au Conseil de la Pologne, de l’Italie, de l’Espagne ou du RU.


  4. raph Le 08 décembre 2011 à 07h32
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    “ont été les salaires”, désolé je ne suis pas bien réveillé.


  5. BA Le 08 décembre 2011 à 07h50
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    L’agence de notation chinoise Dagong a annoncé jeudi qu’elle abaissait la note de la dette souveraine de la France de “AA-” à “A+”, en raison de la faiblesse de la croissance et d’un endettement public de plus en plus élevé.
     
    “En raison de problèmes structurels sur le plan intérieur, l’économie française fait preuve d’une moindre vitalité et sa compétitivité internationale continue à se dégrader. A moyen terme, la croissance restera faible”, estime l’agence de notation chinoise, qui clame son indépendance vis-à-vis du gouvernement.
     
    Dagong se démarque aussi des grandes agences de notation internationales, telle l’américaine Standard & Poor’s, qui a menacé la France de voir sa note “AAA” être abaissée de “deux crans”.
     
    La compétitivité déclinante de la France est illustrée par la réduction de sa part dans les exportations mondiales, y compris dans les hautes technologies, “l’augmentation progressive de son déficit des comptes courants, une croissance économique lente et un niveau élevé du chômage”, selon Dagong.
     
    L’agence chinoise voit trois raisons à ce déclin: “les salaires augmentent plus vite que la productivité”, “des impôts élevés et des avantages sociaux nombreux réduisent les performances du marché du travail”, et “le vieillissement manifeste de la population restreint le potentiel de croissance économique”.
     
    Sur le plan budgétaire, “les mesures d’austérité existantes ne permettront pas d’atteindre l’objectif” d’un retour à l’équilibre des finances publiques en 2016, estime Dagong.
     
    Mais, “si des mesures d’austérité additionnelles sont prises, la croissance intérieure sera encore plus faible, et le risque de grèves et d’agitation sociale de grande ampleur provoquées par le chômage s’aggravera”.
     
    Dagong relève enfin que “le secteur bancaire français est devenu plus vulnérable” et “qu’avec le ralentissement économique de la zone euro dans son ensemble et de la France en particulier, la qualité des actifs bancaires va souffrir”.
     
    Agence de notation créée en 1994 au moment de la restructuration des entreprises d’Etat chinoises, Dagong Global Credit Rating s’est lancée ces dernières années dans l’évaluation des dettes souveraines, estimant que Moody’s, Fitch et Standard & Poor’s font la part trop belle à des critères comme la privatisation et la libéralisation des marchés au détriment de la capacité d’un pays à créer de la valeur.
     
    http://www.romandie.com/news/n/France_l_agence_de_notation_Dagong_degrade_la_dette_souveraine081220110712.asp


  6. Fabrice Le 08 décembre 2011 à 08h33
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    Moi qui suis un Européen convaincu, je suis de plus en plus attéré de voir une idée formidable devant promouvoir la liberté, la culture, la démocratie, l’amitié entre les peuples transformé en cauchemar technochratique. Un idéal bafoué et soumis au pire des financiarisme et d’une ploutocratie cherchant à préserver leurs acquis au depend de la majorité.

    J’en pleurerais presque, ils basculent dans un chemin qui soit nous asservira soit nous plongera dans une guerre civile, tout ce que j’espère c’est que ce ne sera pas entre peuple mais bien contre ces fous dangereux.

    Je n’ai pas d’enfant, mais la nouvelle génération va nous haïr pour le monde qui se prépare à leur insu.


    • Bruno L Le 08 décembre 2011 à 09h03
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      Cher Fabrice,
       
      j’ai pour ma part des enfants, – et des petits enfants – mais ce bonheur risque de virer au cauchemar, si ces “forceps fédéralistes” continuent à être appliqués de cette façon, opaque et antidémocratique.
      Espérons que l’intelligence – une fois informée – pourra sauver du désastre les générations futures.
       
      De façon plus constructive, Gabriel Galand dit des choses fort intéressantes dans son billet sur la monnaie commune, en reprenant plus particulièrement les attendus de la charte de la Havane concernant les déficits et excédents commerciaux.
      (cf.
      http://postjorion.wordpress.com/2011/06/12/187-la-monnaie-commune/ alineas 6, 7 et 8)
       
      Ce qui me permet de poser à Olivier, et à tous bien sûr, la question suivante:
      comment peut-on déclarer que l’on vit au dessus de ses moyens, avec 4 ou 5 millions de chômeurs, et des usines qui sont délocalisées au fur et à mesure des décisions de leurs actionnaires. J’avais d’ailleurs écrit un papier dans le Figaro, en 1977 – quand j’étais au PS – sur la question (papier qui avait été refusé par le Monde, déjà la preuve de leur grande ouverture d’esprit).
       
      Bruno L.


  7. sns Le 08 décembre 2011 à 09h02
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    Oui, l’union européenne est technocratique mais c’est dans ses gènes: il suffit de constater la date à laquelle le parlement européen a cessé d’avoir un rôle consultatif.
    Le déni de démocratie, pour la France, vient simplement de l’hypocrisie généralisée sur la diffusion du programme de la commission européenne.
    La commission a l’initiative des lois mais ne sont mis en discussion que celles validées par le conseil donc c’est à nos propres gouvernants qu’il faut s’en prendre.
    Quant au soi disant modèle allemand, il m’impressionne autant que lorsqu’on me vantait la réingénierie par processus pour moderniser l’Etat. C’est un modèle qui renonce au nucléaire sur son sol mais importe de l’électricité de centrale d’autres pays, qui prône la protection de l’environnement mais achète du charbon et du gaz; qui vante sa prospérité mais qui propose des emplois subventionnés; qui ne veut pas d’armée de projection mais qui veut bien participer à la reconstruction; qui a développé son économie mais qui a appauvri sa population.
    Ce n’est pas un modèle mais un Etat avec ses propres contradictions, et sa propre stratégie.
    Se réfugier derrière un modèle est surtout un moyen pour ne pas assumer ses décisions.
    L’Europe ne restera pas “allemande” bien longtemps notamment parce que l’Allemagne de la CDU n’est pas celle de la CSU mais le mal sera fait vis à vis des populations.
    L’union européenne est une belle idée mais elle manque de défenseurs: notre époque est celle des boutiquiers de la politique!
     
     


    • Nihil Le 08 décembre 2011 à 09h38
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      “l’Allemagne de la CDU n’est pas celle de la CSU”….
      Je ne comprends pas. Vouliez-vous dire SPD, ou autre chose (car CDU/CSU sont assez proches, me semble-t-il ) ? 


  8. Sov7Sek Le 08 décembre 2011 à 09h25
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    Pour ma part, je parie à moyen terme sur la sortie de l’Allemagne de la zone euro pour plusieurs raisons :

    – Elle en a assez de payer pour ses cancres.
    – Sa future sortie est moins douloureuse que prévue. Le consensus dit que cela coûte très chère à cause d’un deutschmark fort par rapport à l’euro mais on oublie qu’elle peut rembourser sa dette en euros faibles.
    – Elle n’a aucune intention de monétiser la dette car cela entraînera à moyen terme une hausse de l’inflation voir une hyperinflation et d’un point de vue historique les allemands ont en mémoire la conséquence de cette action à la fin des années 30, l’arrivée du nazisme.
    – Dernier point, l’Allemagne pourra contrôler sa devise d’origine.


    • Marcus Le 08 décembre 2011 à 12h06
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      L’Allemagne est en réalité bien coincée car tout son modèle économique est basé sur l’exportation.
      La chute de ses partenaires importateurs serait une catastrophe pour elle. Plus de clients… c’est embêtant… idem pour la Chine…
      C’est pour cela qu’elle hésite à mon avis à sortir de l’euro.
      Pas simple pour elle, elle a créé les déficits de ses clients qui sont désignés comme les mauvais élèves !
      C’est pour cela que Charles Gave a prédit sur BFM la faillite de l’Allemagne. Sans aller jusque là ça mérite d’y réfléchir…
      Amicalement.
      Marc


      • Pana Le 08 décembre 2011 à 12h32
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        Si l’économie allemande est basée sur l’exportation, est-ce à dire que l’économie française, pour citer cette économie, est uniquement basée sur l’importation ?
        Et au surplus, de ce fait, elle est à la base des déficits de ses clients !
        Qui sont donc se clients déficitaires ? Des personnes physiques ou morales qui ne trouvent pas les produits dont ils ont besoin dans leur propre pays ?
        ou dont la qualité des produits , les délais de livraison, la TVA, par exemple, inciteraient leurs propres entreprises nationales à se tourner vers les entreprises allemandes ?
        A qui donc la faute ?
        De plus, étant donné la libre concurrence… non seulement européenne mais aussi mondiale… y compris la Chine, il serait vraiment surprenant que l’Allemagne imposât des prix surévalués à ses propres voisins.


        • Marcus Le 08 décembre 2011 à 13h03
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          Le déficit commercial de la France vis-à-vis de l’Allemagne est très important. Il n’y a pas photo !
          L’Allemagne a choisi ce business model mercantiliste et il va falloir qu’elle en assume les conséquences.
          Quant les médias officiels disent et nous répètent à qui mieux mieux que l’Allemagne paie pour les mauvais élèves. En réalité elle paie pour se faire payer en retour… et sauvegarder son modèle économique….
          Comme dirait Christopher, c’est con le réel…
          A++
          Marc


          • Pana Le 08 décembre 2011 à 13h35
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            Marc,
            je croyais la France fière de son indépendance, de sa Liberté, et je la retrouve vassale et servile vis-à-vis de l’Allemagne en s’autorisant un énorme déficit commercial.
            Décidément, je ne comprends pas pourquoi la gauche et les syndicats n’ont pas réagi plus rapidement.
            AH Oui ! j’oubliais le fameux droit de grève… qu’ils n’ont pas su démontrer pour s’opposer face à ce fameux déficit commercial ?
            N’est-ce pas là montrer un manque de patriotisme ?


  9. Nihil Le 08 décembre 2011 à 10h56
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    Extrait d’Europa.forum.lu (lien dans le corps du billet d’Olivier)

    Robert Goebbels s’est expliqué par voie de communiqué sur son vote {…}. “La discipline budgétaire est tout simplement nécessaire”, déclare-t-il, ajoutant que “les Etats doivent accepter d’être contrôlés et, en cas de dérapage, être rappelés à l’ordre”. Mais il se dit “contre des sanctions dites automatiques prises au niveau de hauts fonctionnaires, fussent-ils des Commissaires”. Selon Robert Goebbels, “les élus du peuple, les députés, les Ministres doivent prendre leurs responsabilités”.
    L’eurodéputé socialiste luxembourgeois fait preuve d’une touche d’un cynisme qu’on lui connaît parfois en déclarant ne pas croire que les marchés vont être “impressionnés” par le “six-pack” : “L’horizon de la plupart des traders est tellement limité par l’appât du gain, qu’un “six pack” économique leur évoque au mieux 6 cannettes de bière”, lance-t-il en effet avant d’appeler l’UE à mettre les marchés sous pression “en leur imposant des restrictions sur les opérations spéculatives et la transparence sur toutes les opérations financières”.


    • step Le 08 décembre 2011 à 12h58
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      pression ? bière ? j’arrive.


      • Bahut02 Le 09 décembre 2011 à 09h13
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        J’avais pas osé 🙂


  10. Nihil Le 08 décembre 2011 à 11h30
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    VGE, le remords ? (- boutade)

    http://www.athensnews.gr/portal/1/51172


    • step Le 08 décembre 2011 à 12h48
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      ne jamais reconnaitre d’erreur, ne jamais s’excuser. C’est le mantra de la politique actuelle.


  11. Pana Le 08 décembre 2011 à 13h54
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    Patrick-Louis Vincent, Vous avez tout à fait raison..
    La grande illusion….
    Jules César, Charles Quint, Napoléan, etc… s’y sont cassé les dents.
    L’Europe est ce qu’elle est !
    Et la France est aussi ce qu’elle est, pas du tout allemande… plutôt du Sud…


    • Patrick-Louis Vincent Le 08 décembre 2011 à 14h38
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      Oui, c’est une donnée qui est trop rarement mise en avant.
      Le développement géopolitique et géoéconomique des pays suit, généralement, le cours de ses fleuves.
      La majorité des fleuves qui traversent la  France se dirigent vers l’Atlantique à l’Ouest (Loire, Seine, Garonne) ou vers la Méditerranée au Sud (Rhône).
      Les fleuves qui traversent l’Allemagne se dirigent vers la Mer du Nord (Rhin, Weser, Elbe), la mer Baltique (Oder) ou la Mer Noire (Danube), donc vers le nord et vers l’est.
      Ce sont des directions opposées. Si la France avait suivi cette règle élémentaire de développement, elle aurait pratiqué une politique de développement portuaire sur ses côtes atlantiques et méditerranéennes. Or, elle a fait l’inverse. Cédant aux diktats des syndicats, destructeurs de richesses, les gouvernements successifs ont laissé le commerce atlantique se diriger vers Amsterdam, Rotterdam et Anvers, au lieu de faire du Havre, de Bordeaux et de Nantes, des grands ports  internationaux. Même chose en Méditerranée où Marseille a perdu sa position de leader, au profit de Barcelone, alors que sa position géographique est meilleure.
      Pire encore, la France a capitulé devant l’Allemagne qui a exigé d’être partie prenante dans le projet Euromed  (Union pour la Méditerranée) alors qu’elle n’a aucune frontière avec cette mer intérieure. En revanche, la France n’est jamais sollicitée quand l’Allemagne traite avec la Russie.
      Ces abandons de souveraineté et d’autorité politique pèsent lourds aujourd’hui dans leurs conséquences économiques. Il est grand temps de nous reprendre en mains, sinon, je ne vois pas ce que ferions encore au Conseil de Sécurité de l’ONU.  Une république bananière n’y a pas sa place.


      • Pana Le 08 décembre 2011 à 15h51
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        Patrick-Louis Vincent,
        Votre réponse est non seulement intéressante mais extraordinairement pertinente.
        Effectivement, la France a abandonné bien des places stratégiques et suivi les diktats des syndicats sans réfléchir du tout aux conséquences.
        C’est la raison pour laquelle je n’ai jamais compris comment la France peut développer des Ecoles et des Etudes sur la Veille Stratégique et l’Intelligence Econonique (Ecole de Guerre Economique – http://www.ege.fr par exemple) sans réellement tenir compte de leurs études et conseils. Alors que l’on sait comment fonctionne la Chine et l’Art de la Guerre de Sun Tzu…
        Les Allemands ont très vite compris qu’ils pouvaient très bien se positionner et prendre les avantages nécessaires grâce au vide laissé par la France.
        Peut-être s’agit-il là d’une entente voulue entre tous les socialistes des différents pays pour créer la Grande Europe Socialiste, tant rêvée ?
         


  12. BA Le 08 décembre 2011 à 14h07
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    Jeudi 8 décembre 2011 :

    Sarkozy : jamais le risque d’explosion de l’Europe n’a été aussi grand.

    Le président français Nicolas Sarkozy a estimé jeudi que jamais le risque d’explosion de l’Europe n’a été aussi grand, et que les Européens n’avaient que quelques semaines pour prendre les décisions nécessaires pour sortir de la crise.

    “Jamais l’Europe n’a été aussi nécessaire, jamais elle n’a été aussi en danger. Jamais autant de pays n’ont voulu adhérer à l’Europe, jamais le risque d’explosion de l’Europe n’a été aussi grand”, a déclaré M. Sarkozy lors d’un discours à Marseille à quelques heures d’un sommet européen crucial à Bruxelles. Il a ajouté que les Européens n’avaient que quelques semaines pour prendre des décisions.

    http://www.romandie.com/news/n/_ALERTE___Sarkozy_jamais_le_risque_d_explosion_de_l_Europe_n_a_ete_aussi_grand081220111412.asp


    • Marcus Le 08 décembre 2011 à 14h27
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      Sarkozy nous fait le coup à chaque fois. ça fait partie de sa stratégie de campagne électorale. Dramatiser avant et apparaître le sauveur ensuite.
      Cela dit BA, je connais bien tes positions et nous sommes bien d’accord sur l’euro. Sa fin approche.
      Amicalement.
      Marc


    • Joanna Le 08 décembre 2011 à 14h30
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      La dernier referendum a montré qu’une majorité ne voulait pas de cette Europe là.
      Et le refus serait sans doute encore plus grand aujourd’hui si on daignait consulter le peuple français. Dire que l’Europe risque d’exploser est une forme de chantage pour tenter d’imposer d’aller encore plus loin dans l’abandon de notre souveraineté.
      Alors il faut peut-être que cette Europe là explose pour la reconstruire sur des bases nouvelles qui respectent leurs peuples.


      • Marcus Le 08 décembre 2011 à 14h40
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        Bien d’accord avec toi Joanna comme avec les 4 points énoncés par Patrick-Louis Vincent quelques messages plus haut !
        Bonne fin de journée !
        Marc


  13. Gus Le 08 décembre 2011 à 14h18
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    Et si un pays désobéit (ou ne parvient pas à atteindre ses objectifs) et refuse de payer une amende ou de se faire imposer un budget, que se passe-t-il : Bruxelles envoie l’armée ?
    En fait le pouvoir de Bruxelles ne tient qu’aux choix idéologiques, la lâcheté ou l’ignorance (ou tout ceci à la fois) des dirigeants nationaux. Un chef d’Etat ayant la majorité de son pays derrière lui pourrait tout à fait tenir tête aux ces technos.
    Aux USA, quand le sud a voulu faire sécession et vivre selon ses propres règles, le Nord l’a fait plier par la force des armes. L’Allemagne et l’Autriche vont-ils déclarer la guerre à l’Espagne et L’Italie, avec la France comme exécuteur zélé des basses œuvres
    Ce juridisme autoritaire en serait risible si tout ceci n’était pas tragique. Le pire quand je vois le comportement du gvt français, c’est qu’on sent qu’ils sont pas loin d’être dans cet état d’esprit. Après la démocratie, le titre du bouquin de Todd était prémonitoire.


    • Patrick-Louis Vincent Le 08 décembre 2011 à 17h06
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      Oui, la démocratie est en grand danger. Ceci dit, tout est imparmanent, disait Bouddha. C’est vrai de l’homme, des civilisations, donc aussi de la démocratie. Peut-être sommes-nous à un tournant.

      Avez-vous remarqué que Sarkozy parle souvent, dans ses discours, de gouvernance mondiale. Cette gouvernance mondiale ne peut pas s’exercer par de la démocratie représentative. Est-ce que les peuples ont à dire quant au fonctionnement de l’ONU, de l’OMS, de l’OMC, de l’UNESCO, du FMI, de la Banque Mondiale, etc…
      Non, évidemment !
      Et pourtant, ce sont bien ces organisations non élues qui prennent des décisions que les états doivent appliquer.

      Souvenez-vous du vaccin H1N1 que l’OMS a voulu nous administrer et que Bachelot, en bon soldat, a failli nous imposer, selon une organisation quasi-militaire. Plan heureusement déjoué, grâce à Internet d’ailleurs, mais qui aura coûté aux contribuables 800 millions d’euros, sans que cela ait eu la moindre conséquence sur la carrière de ce ministre.


  14. Brainbug Le 08 décembre 2011 à 14h28
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    Effectivement la voie suivi par l’Europe est dorénavant désastreuse. Comme le dit ce proverbe : On ne construit pas une pyramide par le haut.
    Syndrome 6ème sens, l’europe est morte mais on le saura qu’à la fin.
    Et comme le dit Fabrice, je suis moi aussi un européen convaincu, mais c’était loin d’être celle actuelle que je m’imaginais. Étant adepte de la théorie de la pomme de Platon, vivement que celle ci meurt et pourrisse afin de faire germer les graines d’un nouvel idéal européen.
    Et pour ceux qui ont du temps, voici la conférence de François Asselineau pour la présentation de son projet pour les présidentielles.
    Même pour une raison apolitique, ses recherches historiques à ellles seules valent le coup d’oeil. Pour ceux qui le connaissent pas, il souhaite sortir de l’euro et de l’europe actuelle.
    http://www.agoravox.tv/actualites/politique/article/presidentielle-2012-le-programme-32818
    Bravo Olivier pour ce superbe travail.


    • Patrick-Louis Vincent Le 08 décembre 2011 à 14h43
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      François Asselineau est le seul à avoir une conscience large de la question qu’il connaît bien, puisqu’il l’a connue de l’intérieur.

      Malheureusement, dans un système politico-médiatique bien verrouillé, il a peu de chance de pouvoir se faire entendre.


  15. tchoo Le 08 décembre 2011 à 14h28
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    Je vous signale que jean Luc Mélenchon l’a dénoncé en son temps, qu’il l’a écrit sur son blog consacré au parlement européen (c’est là que je l’ai lu bien avant ici) et que si vous semblez tous le découvrir ici,
    certains font leur boulot.
    Je ne saurais trop vous conseiller de lire ce blog, quelle que soit l’opinion que vous avez de JLM, au moins vous ne pourrez pas dire “je ne savais pas”


    • Patrick-Louis Vincent Le 08 décembre 2011 à 14h45
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      Mélanchon est un partisan de l’euro. Il n’y a donc pas de différence avec les autres.


      • tchoo Le 08 décembre 2011 à 15h05
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        Raccourci trop facile
        le problème n’est pas l’Euro, mais ce que l’on en fait et ce que l’on fait avec


        • Patrick-Louis Vincent Le 08 décembre 2011 à 16h49
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          Bah si ! le problème c’est l’euro puisque les états ne peuvent pas en faire ce qu’ils veulent. La France aurait besoin de dévaluer de 20% sa monnaie pour retrouver sa compétitivité. Elle ne le peut pas. Donc, elle continuera à s’enfoncer.


          • Chazam Le 09 décembre 2011 à 23h32
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            Dévaluer n’est pas réformer. Et si vous permettez à un politicien de dévaluer, il s’en contentera, condamnant le pays à la dévaluation périodique, vu qu’aucun problème de fond n’aura été réglé.
            A vous entendre, on dirait qu’il n’y a aucun problème à dévaluer…


  16. ab Le 08 décembre 2011 à 19h50
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    L’agende de notation chinoise dagong abaisse la note de la france de AA- à A+ et la note italienne de A- à BBB
     
    http://www.dagongcredit.com/dagongweb/english/pr/index.php


  17. BA Le 08 décembre 2011 à 19h52
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    Crise : Draghi douche les espoirs d’une intervention massive de la BCE.
     
    Le président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi a douché jeudi les espoirs d’une intervention massive de son institution face à la crise, appelant plutôt les gouvernements à “faire le maximum”.
     
    A l’adresse des dirigeants européens réunis à partir de la soirée à Bruxelles, il a appelé de ses voeux un nouveau “pacte budgétaire” en zone euro, pour enrayer l’envol de la dette des Etats.
     
    “La responsabilité ultime d’enrayer la crise appartient aux responsables politiques”, a-t-il répété.
     
    M. Draghi a estimé que si ce pacte budgétaire devait être doté d’un “cadre légal crédible”, il était “tout aussi important qu’il soit mis en place rapidement”, une manière de s’opposer à des procédures trop longues de ratification en cas de modification des traités européens.
     
    Le président de la BCE s’est par ailleurs dit “surpris de l’interprétation de ses propos” après un discours devant le Parlement européen la semaine dernière.
     
    Certains médias et économistes avaient alors affirmé que M. Draghi serait disposé à intervenir massivement en soutien des Etats, une fois mises en place les réformes institutionnelles.
     
    Loin de nourrir ces espoirs, le président de la BCE a dit qu’en matière de soutien aux pays en détresse, sa “préférence allait au FESF et au MES”, soit au mécanisme déjà mis en place et à celui qui doit le relayer. M. Draghi les a jugés “parfaitement équipés” pour faire face à la crise de la dette.
     
    Le président de la BCE a aussi exclu la possibilité d’intervenir davantage sur le marché de la dette publique comme le réclament certains Etats, notamment la France, soulignant une nouvelle fois que les achats d’obligations publiques qu’effectue déjà la BCE sont “limités” et “temporaires”.
     
    “Les traités interdisent un financement monétaire des Etats”, a dit M. Draghi.
     
    Il a aussi balayé la possibilité d’un financement des Etats par la BCE, mais via le Fonds monétaire international : “c’est incompatible avec les traités”.
     
    http://www.boursorama.com/actualites/crise-draghi-douche-les-espoirs-d-une-intervention-massive-de-la-bce-986ab51fdd7e167f8ec16caab6c4c10f


    • Marcus Le 08 décembre 2011 à 20h16
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      Il y a ce que dit Draghi et ce qu’il fait, à savoir le rachat massif des obligations d’Etat des pays en difficulté comme l’Italie et autres…
      D’autre part il est plus prudent pour lui de laisser le sommet se faire. Il lui sera toujours temps de revoir sa position en fonction des résultats du sommet.


  18. François78 Le 08 décembre 2011 à 22h34
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    Cessez le fou ?

    Je dirai plutôt “Arrêtez ce carrelage” 

    et c’est mieux que “Ouarzazate et mourir”

      


  19. jerome Le 08 décembre 2011 à 22h47
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    Apres les 17 de la zone Euro, S&P nous a fait la surprise de l’annonce FESF et aujourd’hui ce fut le tour des 27 et de toutes les banques.
    S&P va surement nous faire la surprise pour vendredi 16h de mettre en surveillance négative TOUS LES FOYERS des 27 .
    En effet , ou est donc passée cette inquiétude déjà exprimée sur l’endettement des ménages ? les fameux endettements que l’on regarde rarement quand on nous rabache le niveau des dépenses publiques.
    A priori on pourrait imaginer que l’endettement des ménages trouve sa source dans l’immobilier de chaque foyer propriétaire .
    Eurostat réserve des surprises quand on aligne dettes publiques , dettes des menages et taux de la population avec un pret immobilier en cours ….
    UK : public : 80%  menages : 150% propriétaire avec pret : 45%
    Suede: 40%  –  150%   – 57 %
    Danemark : 44% – 275% – 53%
    Pays-bas : 63% – 249% – 59%
    Irlande : 93%  – 203% – 33%
    Allemagne : 83%  – 89% – 29%
    France : 82% – 78% – 27%
     
    les pays nordiques sont pas chauds pour l’assouplissement ? un bon krack menager en perspective , cela les rafraichiraient peut etre davantage en cas de réduction mécanique des debouchés à l’export ?
     
     


    • jerome Le 09 décembre 2011 à 11h09
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      Comme l’a dit M. GAVE lui meme dans cette émission . il s’est souvent trompé, précisant que c’etait alors la faute des prévisions des autres (ou comment jouer a qui perd gagne) :))


    • belsha Le 10 décembre 2011 à 21h27
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      Il y a une autre corrélation intéressante dans cette statistique – a l’exception de l’irlande, ce sont les pays au plus faible endettement public qui ont l’endettement des ménages le plus élevé (Suède, Denmark, Pays-Bas). C’est à dire les Etats se sont désendettés sur le dos de leurs citoyens, qui ont dû se surendetter pour combler le trou laissé par l’Etat. Il y a un effet de vases-communicantes entre la dette publique et privée. Il me semble avoir entendu dire (à vérifier) que le niveau d’épargne est extrêmement élevé en Italie, – ce qui affirmerait cette thèse.


  20. Patrick-Louis Vincent Le 09 décembre 2011 à 09h20
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    Que ceux, qui croient encore que l’euro doit et peut survivre, écoutent le récent entretien de Charles Gave par Nicolas Doze sur BFM Business.

    http://leblogalupus.com/2011/12/09/la-crise-les-experts-charles-gavebfm-6-decembre-2011/

    Si vous voulez allez plus loin, lisez “l’Etat est mort, vive l’état”, également de Charles Gave. Ce livre est truffé de grahiques qui illustrent son propos.


  21. Geoff Le 09 décembre 2011 à 10h59
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    On peut faire exactement le même genre d’article sur chacun des textes européens.
    Dès qu’on lit leur proposition genre UE 2020, semestre européen, lignes directrices intégrées, pacte de stabilité et de croissance… c’est toujours pareil. anti-sociale, deni de démocratie et de réalité.


  22. FrédéricLN Le 09 décembre 2011 à 19h14
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    Merci et bravo Olivier pour ce travail et pour la conclusion très très nette.

    Ce genre d’hydre textuelle, de réglementation proliférante, est le bouquet final de pouvoirs sans pouvoir. La multiplication de règles est censée contrôler les infractions multiples de l’Adversaire — en réalité, ce maquis juridique lui offre mille leviers pour échapper au législateur.

    Et le plus drôle, ce sont ces amendes de 0,2% et 0,1% du PIB (contre 0,5% dans Maastricht): un Nicolas Sarkozy hésiterait-il un instant à sortir 2 ou 4 milliards rien que pour montrer à l’électorat comme il défie les “technocrates bruxellois” ? La France a bien sorti, sous sa présidence, 400 millions rien que pour un seul de ses électeurs. Il n’est pas à ça près.

    Je retiens deux choses positives de tout ça :

    1) La Commission prend au sérieux le rôle que lui confiait la traité de Maastricht, celui de contrôler les budgets. Personne ne pourrait le faire à sa place, et certainement pas la Cour de Justice.

    2) La Commission et le Parlement pondent des textes si délirants qu’ils n’iront pas loin. Malgré son flou et son inconséquence, la suite de sommets-de-la-dernière-chance a au moins abouti à une idée juste : c’est à chaque pays de s’engager à l’équilibre budgétaire par un engagement sur le long terme.

    A mon avis cet engagement devrait être constitutionnel, évocable devant la Cour constitutionnelle nationale (ou européenne ?) par tout parlementaire (ou citoyen ?), et tenir en quatre iignes, genre :

    “Le budget des administrations publiques est voté en équilibre. Cet équilibre s’apprécie en estimant les recettes et les dépenses que produirait le taux de croissance observé, en moyenne, sur les dix dernières années. Le budget présenté au vote est préalablement audité par la juridiction nationale des Comptes et par la Commission européenne.”.


  23. Nihil Le 10 décembre 2011 à 16h23
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    Marie-France Garaud: résumé d’histoire pour les Nuls…

    http://www.dailymotion.com/video/xmsj6k_marie-france-garaud-dans-mots-croises_webcam


  24. Lagnose Le 11 décembre 2011 à 07h13
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    Merci, Burgt pour le lien avec l’interview  de Vladimir BUKOVSKI, A VOIR DE TOUTE URGENCE.


  25. Magali Le 13 décembre 2011 à 20h08
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    Bonjour,
    Merci pour cet article.
    Je me suis moi aussi plongée dans le “Six Pack” (les 6 textes dont il est question ici). Voici mes trouvailles: http://contrelacour.over-blog.fr/article-six-pack-une-synthese-de-la-reforme-de-la-gouvernance-economique-91241940.html

    A noter la mise en place d’une nouvelle forme de décision: “la majorité inversée”, réaffirmée et durcie encore dernièrement lors du dernier Conseil du 9 décembre.

    Amicalement


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