Billet publié sur le site du NouvelObs

Nous vivons depuis 48 heures un rêve éveillé. Nous assistons à un invraisemblable torrent d’injures contre le Premier ministre grec, qui en dit long sur l’état de coma dépassé de notre Démocratie – remplacée en fait depuis les années 1990 par une véritable ploutocratie. Petit verbatim.

Georges Papandreou au Parlement grec, le 01/11/11 (LOUISA GOULIAMAKI/AFP)

Georges Papandreou au Parlement grec, le 01/11/11 (LOUISA GOULIAMAKI/AFP)

“L’Europe en finira-t-elle un jour avec le poison grec ?- […] Georges Papandréou, avec une incroyable désinvolture a décidé de jouer l’avenir de son pays et de la zone euro sur un coup de Poker […] L’austérité imposée aux grecs laisse planer peu de doute sur le résultat d’une telle consultation. [La Grèce est] entrée par effraction dans la monnaie unique avec des comptes publics falsifiés, réputée pour son laxisme fiscal et son inefficacité administrative- [Le Figaro]

Georges Papandréou “fait un pari fou”. [Le Monde]

“La Grèce, ça suffit ! Il n’y a qu’un mot pour qualifier la décision de Georges Papandréou […] : irresponsable. [C’est une] réponse au défi de la rue par le défi des urnes. [Cela donne] un sentiment de lassitude pour ne pas dire de ras-le-bol. La Grèce s’est d’abord appuyée pendant dix ans sur l’euro et des taux d’intérêt faibles pour doper son économie par l’emprunt ; elle a ensuite triché sur ses comptes ; puis s’est montrée incapable de construire un minimum de consensus national sur les mesures de redressement à prendre”. [Les Échos]

“Le comportement de la Grèce est un comportement anormal, qui n’est pas loyal, à l’égard des chefs d’État européens, à l’égard des peuples européens.” [Laurence Parisot]

“Je crois que ce qu’il faudra bien dire au peuple grec, c’est que ce référendum, ça n’est pas “est-ce que vous êtes d’accord avec l’accord qui a été passé ?” mais “est-ce que vous voulez rester dans la zone euro ou non ?”. Ca, c’est une question acceptable.” [Jean Leonetti, ministre français des Affaires européennes]

“Le Premier ministre grec a ouvert une boîte de Pandore qui est dangereuse pour son peuple, dangereuse pour la Grèce et dangereuse pour l’ensemble de la zone euro” [Bruno Le Maire, ministre de l’Agriculture]

Que répondre à ça ?

 

Le bourrage de crâne est décidément sans limites – même s’il a l’heureux avantage de nous permettre de discerner les démocrates des autres pour qui les décisions sont “loyales” et les questions “acceptables” seulement quand elles sont largement refusées par la population.

Que répondre devant tant de haine, d’incompétence, de mauvaise foi et de mensonges ?

D’abord, que la décision de Georges Papandréou n’a tout simplement pas à être critiquée, car on ne peut jamais critiquer le recours au peuple, stade ultime de la Démocratie. Rappelons qu’elle a d’ailleurs été inventée à Athènes – et que nous ferions mieux de plus nous inspirer de ce pays que de “l’exemple chinois”, magnifique dictature communiste à qui nous sommes prêts à vendre notre avenir.

Bien entendu, quand on pratique le piétinement des peuples depuis le début de la Crise, il est certain que laisser le peuple s’exprimer est une terrifiante “boîte de Pandore”. Je préfère pour ma part ceci plutôt que le peuple en soit réduit à devoir voter pour les extrêmes afin qu’on l’écoute. Bien sûr, cela ne plait pas à nos “géniales élites” – qui ont réussi l’exploit de mettre le système bancaire en faillite, puis les États en faillite, et se préparent à mettre la Banque centrale en faillite…

Rappelons aussi l’exemple slovaque : quand le parlement slovaque refuse le plan d’aide à la Grèce, on lui tord le bras et on le fait revoter – les socialistes sachant alors s’allier aux conservateurs pour faire plus de dette. Détail insignifiant, le revenu moyen d’un Slovaque est la moitié de celui d’un Grec, mais peu importe, c’est cela la nouvelle “solidarité” du financiarisme : les pauvres doivent aider les riches…

La situation des Grecs aujourd’hui

Le manque d’information objective sur la Grèce empêche de comprendre ce qui se passe.

La Grèce a déjà augmenté la TVA, fortement diminué le salaire des fonctionnaires, puis toutes les retraites. Le seuil d’imposition sur le revenu est passé à 420 € mensuels (étonnez-vous qu’ils fraudent…). Mais la Troïka vient de demander de baisser le SMIC grec (actuellement de 750 €) et de toucher aux conventions collectives.

Manifestation devant le Parlement grec, le 20/10/11 (LOUISA GOULIAMAKI/AFP)

Manifestation devant le Parlement grec, le 20/10/11 (LOUISA GOULIAMAKI/AFP)

Alors la réaction est féroce, et les manifestations et les émeutes se multiplient. Ce week-end, le président de la République a été pris à partie par la foule, et pour la première fois n’a pas pu participer aux célébrations nationales (imaginez Nicolas Sarkozy chassé le 14 juillet). 25 % des Grecs ne peuvent plus répondre à tous leurs besoins de première nécessité (logement, nourriture, …). Des hôpitaux ne sont plus livrés en certains médicaments par les laboratoires pharmaceutiques. Certaines écoles sont privées d’électricité et de chauffage, et il arrive que des élèves tombent d’inanition en raison de la sous-nutrition. . Les centres grecs de Médecins du Monde soignent désormais des Grecs et non plus des réfugiés irakiens.

L’Accord de la semaine dernière – qui n’a en fait effacé qu’environ 10 % de la dette grecque – a prévu la mise sous tutelle permanente du pays : “Il y aura un régime de surveillance renforcée relatif à la mise en œuvre des engagements de la Grèce. Ce sera inscrit dans un protocole d’accord. Il y aura une présence permanente.” [Angela Merkel]. Remplacez Grèce par France, et réfléchissez pour voir ce que cela donnerait…

Étonnez-vous qu’on veuille égorger la Grèce et qu’elle ne se laisse pas faire… Alors merci pour ce référendum, M. Papandréou. Puissiez-vous garder le pouvoir vendredi, car de nombreuses forces sont à l’œuvre pour l’empêcher.

Aider les Grecs ou aider les banques ?

Dernier point. Ne nous laissons pas enfumer. Chaque euro que nous donnons (pardon, prêtons) à la Grèce est un euro qui n’aide nullement le peuple grec, mais qui est utilisé par le gouvernement pour rembourser ses créanciers, donc un euro qui finit dans les banques et les poches des plus riches possesseurs d’épargne. Ce n’est nullement illégitime, mais ce qui l’est, c’est de faire croire qu’on aide les Grecs quand on aide les banques.

Ce qui est illégitime c’est de faire croire que le défaut de la Grèce, inéluctable car elle est totalement insolvable, comme nous, entraînera la mort de l’euro. Qui peut croire que le défaut de la Californie entraînerait la mort du dollar ? Le propre “père de l’euro”, le prix Nobel d’économie Robert Mundell ne dit pas le contraire à propos de la Grèce :

“La restructuration de la dette pourrait être inévitable. Cela ne signifie pas la fin de l’euro, cela signifie la restructuration de la dette” [Robert Mundell, mai 2010]

Si l’euro était mis en danger par un simple référendum en Grèce, il serait un petit colosse aux pieds d’argile…

Non, ce qui risque fort de détruire l’euro, c’est la volonté acharnée d’empêcher les prêteurs obligataires qui ont follement prêté à des pays insolvables de prendre leurs pertes. Ils ont joué, ils ont encaissé les primes de risque, ils ont perdu – c’est la règle du jeu, la vie continue, comme aurait dit Thomas Sankara.

Ce qui risque fort de détruire l’euro, c’est le non-respect des Traités européens qui ont toujours expressément prévu que:

1/ la BCE n’avait pas à acheter de la dette publique

2/ les Etats ne devaient pas se renflouer mutuellement

Nous n’avons respecté ni l’esprit ni la lettre de nos propres Traités, et avons bafoué ces règles de prudence élémentaire – car le financiarisme c’est aussi un autre PIG : le Principe d’Imprudence Généralisé. Nous avons voulu combattre des problèmes de dette avec plus de dette encore, ce qui revient à vouloir éteindre un incendie avec de l’essence.

Tous les pays occidentaux ont dépensé depuis 30 ans plus qu’ils ne gagnaient, et on veut nous faire croire qu’il n’y aura pas de conséquences…

Ces commentateurs se permettent de donner de grandes leçons à la Grèce, alors que nous sommes dans des situations financières pires que celles d’États africains en faillite dans les années 1980 – ironie de l’Histoire, c’est nous qui les tancions alors,

D’ici quelques semaines, l’Histoire nous remettra sur la voie de la Raison – probablement violemment, comme elle sait le faire…

“On ne va pas se transformer en Inde !” [Georges Papandréou, octobre 2011]

P.S. Merci à Okéanos

51 réponses à Grèce : et si nous choisissions plutôt la Démocratie ?

  1. Achille Tendon Le 03 novembre 2011 à 06h00
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    On ne peut comparer la Californie à la Grèce, l’Europe n’étant PAS DU TOUT une entité fédéraliste !


  2. Pol Petrus Le 03 novembre 2011 à 06h26
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    Merci pour cette analyse limpide et pleine de bon sens…
     


  3. cultive ton jardin Le 03 novembre 2011 à 06h43
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    Où sont-ils, les glorieux capitaines d’industrie qui magnifiaient le goût du risque? On dirait que les Grecs les ont pris au mot, et ont décidé de se risquer à dire NON. Et du coup, voilà que “prendre des risques” cesse d’être admiratif pour devenir une vilenie et une menace.


  4. Michael Le 03 novembre 2011 à 06h55
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    Il clair que faire passer les Grecs pour des irresponsables alors que le pays est en déconfiture totale est évidemment le point de vue du prêteur. Ces prêteurs doivent encaisser leurs pertes. Cela étant dit, la fraude du pays lors de l’entrée dans l’euro est avérée et c’est l’Europe qui aurait dû réagir à ce moment là.
    Et la raison pour laquelle nous pouvons nous permettre de donner des leçons aux Grecques malgré notre gestion désastreuse est simple : l’euro c’est nous (et un peu l’Allemagne !).


  5. cultive ton jardin Le 03 novembre 2011 à 07h00
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    Par contre, on comprend que lorsque les mêmes glorieux capitaines d’industrie de flibusterie prenaient “des risques”, ils les prenaient avec l’argent des autres, bien décidés à gagner (gros) tant que ça marcherait, puis à refuser de perdre et à se défausser sur les peuples quand ça cesserait de marcher. 


  6. René Le 03 novembre 2011 à 07h49
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    Et oui, on donne des leçons (encore) et on ne regarde pas dans notre pays.
    On trouve que c’est bien d’avoir plus d’impôts? surtout sur les sociétés ? C’est eux qui me donne mon emploie et non l’administration française. 
    Comment expliquer qu’en France on à plus de 5 000 000 (environ) car on connait pas les chiffres exacte  (incroyable) pour 64 000 000 d’habitants et 4 000 000  de  fonctionnaires en Allemagne pour 85 000 000 , n’a t’il pas un problème? 

    Mes questions:

    A quand un audite de nos comptes?
    A quand un audite dans nos ministères?
    A quand un contrôle des heures réalisé par nos fonctionnaires?  
    A quand une remise en cause que le System doit être totalement réformé?  

    Je suis dans la logistique et tout les jours je cherche à gagné en productivité et en baissant les frais (carton mal utilisé, Casse, Trop de Scotche utilisé pour un gain minime.

    Monsieur Sarko, je ne voterai plus pour vous car je suis deçu sur d’autre point de votre programme , Car vous été bon à l’international mais nul pour nous comprendre comme la classe politique. Alors prennait votre courage et faite des reformes impopulaire mais juste pour notre pays.

    Regardé cette video sur l’europe et le gouffre financier.

      http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=DsDd-uP7yl0


    • Vincent Le 03 novembre 2011 à 08h03
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      “Monsieur Sarko, je ne voterai plus pour vous car je suis deçu sur d’autre point de votre programme , Car vous été bon à l’international”

      Sarko, “bon à l’internationnal” ? Mdr … On parle bien de celui qui a invité Kadhafi sur les Champs Elysées, on parle bien de celui qui a réintégré le commandement de l’OTAN (et dire qu’il se dit gaulliste…), on parle bien de celui qui envoie nos troupes en Afghanistan (sans débat parlementaire), etc… ???


    • René Le 03 novembre 2011 à 08h24
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      Kadhafi était un homme à ce moment fréquentable Oui Fréquentable….. et un pays avec des moyens financier et tout le monde etait avec les (dictateurs) qui sont tombé
      Pour L’otan, je suis content qu’on soit dedans car avec les Chinois, les russes complémente hors de contrôle oui c’est une bonne chose et faut evolué .
      En Afghanistan, aussi on a renversé les talibans et on donne le pouvoir à une aile plus modéré !!  mais islamiste oui
      je ne dis pas que ils parfaits!!!!!! Mais il fait son travail. a l’interieux il est 


    • JPS1827 Le 03 novembre 2011 à 09h12
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      Olivier montre bien dans son livre que supprimer des fonctionnaires ne résout aucun problème. Que les prestations qu’ils assurent soient couvertes par le public ou le privé ne change pas grand chose sur le plan macro-économique. Quant à leur oisiveté présumée, c’est un mythe tenace (je ne suis nullement fonctionnaire, j’exerce une profession libérale).


  7. Le Yéti Le 03 novembre 2011 à 08h07
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  8. André Le 03 novembre 2011 à 08h24
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    En fait, je verrais plutôt les mêmes conditions imposés à la France non pas par l’Allemagne, mas par la Chine, d’ici quelques années, une fois qu’elle rentrera bien dans le rôle de sauveur de l’Euro…


  9. Patrick-Louis Vincent Le 03 novembre 2011 à 08h33
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    Je ne suis pas toujours d’accord avec vous, mais, là, je vous apporte mon soutien.

     Papandréou n’agit peut-être pas en bon mouton gardé par la Troïka, mais il agit en bon politique.

    Non seulement il fait oeuvre de démocratie, mais il oblige le peuple de la rue à se prononcer sur l’avenir de la Grèce. Si le peuple venait à voter non, alors la Grèce n’aura d’autre choix que de quitter la zone euro. Cependant, les traités ne prévoient pas la sortie d’un état de la zone euro. Pour en sortir, la Grèce devrait quitter l’Union Européenne. Or, nous dit-on, les Grecs sont attachés à l’Europe. Le référendum, s’il a lieu, aura le mérite de clarifier la situation.

    Mais la situation la plus probable est que le référendum n’ait pas lieu. Nous le saurons vendredi. Papandréou n’a que deux voix de majorité, Dans le pays de la corruption, il ne devrait pas être trop difficile, pour l’opposition et l’Union Européeene, de faire basculer 3 ou 4 députés socialistes.


  10. prb Le 03 novembre 2011 à 08h47
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    Je viens de découvrir cet excellent blog.
    Sur la Grèce, il me semble que ce qui rend les grecs fous de rage, ce n’est pas le principe de l’austérité, c’est l’inéquité extrême des efforts demandés, qui pèsent trop cruellement sur les plus modestes et épargnent les catégories sociales qui peuvent dissimuler une partie de leurs revenus ou les localiser à l’étranger.
    Sur l’Europe: à quelque chose malheur est bon, réjouissons nous qu’elle montre à  tous son vrai visage: non pas la paix promise mais la guerre civile et  l’hostilité entre les peuples, non pas la démocratie mais la dictature des prétendus sachants qui nous mènent à la ruine, et ne parvienne même pas à respecter les traités qu’ils ont imposés en violation du vote populaire (Traité de Lisbonne, adopté malgré le vote des français contre la constitution  européenne, dont il est la copie conforme); qui se prévalent de leurs propres échecs pour nous imposer d’encore plus grandes folies; qui courent de crise en crise comme des canards sans tête en prétendant organiser des évènements qu’ils sont même incapables de prévoir.
    Malheureusement il est probable que les Français vont élire F. Hollande qui plus encore que Sarkozy est la caricature de cette classe politique soumise au lobby euro-financier, imprégnée de la culture keynésienne de la dette, incapable de prendre des décisions et s’en cachant dans la fuite en avant fédéraliste qui lui évite de prendre ses responsabilités.        
     


    • Achille Tendon Le 03 novembre 2011 à 09h10
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      Pas tout à fait d’accord: si l’Europe était fédéraliste, cela se saurait. Tout comme le vote des Européens associés aux décisions importantes. En fait, il n’y a pas de démocratie dans tout cela. Et ce ne sont plus des indignés que vous trouverez dans les rues prochainement, mais bien des insurgés qui n’ont plus rien à perdre !!!


  11. Britton Le 03 novembre 2011 à 08h48
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    Bravo pour cet article. C’est clair la démocratie et les peuples sont pris en otage par la nouvelle ploutocratie. On en avait eu un doute avec Maastrich et on a palpé cette réalité avec le non au projet de traité constitutionnel transformé en oui à Lisbonne. Maintenant je crains que même si le peuple grec dit non au plan d’austérité “on” saura bien le lui imposer.
     
     


  12. Fan Le 03 novembre 2011 à 08h49
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    Je connais la main invisible de Smith.
    A quand le grand coup de pied au c** invisible ?! Mai 2012 ?
     
     


  13. xav Le 03 novembre 2011 à 09h16
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    “Attention si vous partez vous aurez la pire crise économique”
     1/ et alors ? si c’est leur choix ? ce sera leur sort : ça ne nous regarde pas !
     2/ ah pourquoi ? c’est pas déjà la pire crise pour les grecs depuis 2 ans ?
     3/ En cas de sortie, l’ajustement sera dur mais la Grèce fera défaut et ne sera plus tenue par sa dette, c’est tout le sens des déclaration du patron de la BNP “C’est la dernière offre volontaire de la BNP” = Si prochaine “offre”, elle sera subie par la BNP et autres…


    • step Le 03 novembre 2011 à 09h59
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      c’est là qu’on va rigoler avec l’application des pipocds


  14. Lili Le 03 novembre 2011 à 09h33
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    Bonjour Olivier et merci pour cet excellent blog.
    Une question me taraude : vous dites que c’est normal qu’un état fasse défaut tous les 50 ans, et en même temps que vous êtes pour interdire la dette des états.
    Ca me semble paradoxal. Quelle est selon vous la situation “normale” ? Un état qui ne s’endette jamais, ou un état qui s’endette jusqu’à faire défaut de temps en temps, et recommence ?
    Cordialement


  15. step Le 03 novembre 2011 à 09h59
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    qui n’a en fait effacé qu’environ 10 %

    on était pas à 22% olivier ? Sinon rien à dire sur le fond.


  16. Nihil Le 03 novembre 2011 à 10h14
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    Le poids de l’histoire, le poids de la dette et le poids de la dette dans l’histoire, et inversement:

    http://leblogalupus.com/2011/11/02/la-grece-endettee-de-naissance/

    Endettés de tous les pays, libérez-vous ! 


  17. RPG Le 03 novembre 2011 à 10h54
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    Merci Olivier pour vos interventions et commentaires dans et hors la blogosphère. Sans aller jusqu’à souscrire aux thèse de Naomi Klein, en particulier “la stratégie du choc”, il est triste de constater que “le capitalisme du désastre” tourne l’aventure européenne en sinistre farce : nous tous européens valons mieux que cela.
    Que les prêteurs prennent leurs pertes et il nous restera des populations éduquées, des infrastructures, des brevets, des cultures et des arts de vivre qui composent une civilisation menacée certes, mais exceptionnelle à vivre et à partager. Comme beaucoup, je refuse de nous voir imposer comme seule issue chaos, guerres et régressions sociales de toutes sortes.
    Comme beaucoup, je pense que l’économie reste l’art de gérer sa maison selon une échelle de valeurs comprise de tous. Les CDS et autres billevesées cachées sous les hedges funds sans fond ne sont qu’une spéculation sur un état gazeux dans un temps fictif.
    Il est temps que la chose publique, Res Publica, redevienne la priorité, l’objet de toutes les attentions des peuples européens et de leurs élus enfin redevenus responsables. Personne ne doit nous exproprier de NOTRE Europe commune.


  18. Le bubar Le 03 novembre 2011 à 10h55
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    bah.. pour paraphraser un personnage de je ne sais plus quel film :
    “La démocratie, c’est comme la sainte vierge, il faut qu’elle apparaisse quelque fois pour que l’on continue à y croire.”
    du coup mon commentaire personnel,
    “et forcement, les apparitions miraculeuses, cela fait causer.
     
     


  19. Arnaud Le 03 novembre 2011 à 12h10
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    Je souscris complètement à votre avis. Je suis atterré par les positions anti-démocratiques des éditorialistes français et des politiciens de Bruxelles. Ce qui est grave c’est d’oublier que le pouvoir politique puise sa légitimité par le peuple. S’il s’en éloigne par ses positions et ses agissements, il n’est plus le représentant de ce dernier. Je suis très inquiet par l’ingérence des politiciens dans la souveraineté grecque. Je pense qu’il faut poser une question à Merkel et Sarkozy : voulez-vous un régime militaire et totalitaire à votre frontière ?


  20. nicolas_v Le 03 novembre 2011 à 12h32
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    Meme si je suis parfaitement d’accord avec Olivier que sur le principe, faire defaut n’entrainera aucunement la sortie automatique de la Grece de la zone Euro (il n’y a aucun lien direct entre les deux, je le concede), je ne vois tout de meme pas d’autre situation a court/moyen terme pour la Grece afin de retrouver de la competitivite et assurer sa capacite d’auto-financement (car lorsqu’elle fera defaut, elle sera bien obligee de s’auto-financer).

    Si cela arrive, par contre, je ne vois egalement pas comment eviter la fuite des capitaux et le bank run dans le cadre du marche commun actuel.


    • Patrick-Louis Vincent Le 03 novembre 2011 à 12h54
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      La fuite des capitaux est déjà un fait en Grèce. Les plus riches ont déjà placé leurs avoirs en Allemagne ou en Suisse.


  21. AlexHanin Le 03 novembre 2011 à 13h25
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    Je me demande ce qu’Olivier penserait des vertus de la démocratie si Draghi, peut-être un peu moins obsédé par le spectre de l’inflation que Trichet et certainement désemparé face à l’impossibilité  de la mission qui lui est assignée, proposait (soyons fous) un référendum ainsi intitulé : “BCE, pour ou contre une monétisation massive des dettes publiques ?”


  22. Neguentropia Le 03 novembre 2011 à 14h54
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    Bonjour,

    J’aime toujours autant venir ici, bien que les nouvelles soient habituellement plutôt mauvaises et que je préférerais y lire les bienfaits de cercles vertueux mais c’est ainsi et ça ne va pas changer avant un moment il me semble.

    Une question de néophyte.
    Vous semblez accablé que la Chine investisse dans la dette de pays de l’UE.
    Mais passer d’un investissement en Bond US à des Eurobonds implique un changement complet de stratégie pour la Chine et une fragilité supplémentaire pour les US (déjà que le Japon à autre chose à faire que d’acheter des US$).
    C’est aussi une opportunité pour la Chine de se débarrasser des ses US$.
    Bien que d’un point de vu moral je comprends votre réticence je ne vois pas d’un point de vu strictement économique le danger.
    J’ai bien plus peur de la réaction des USA et du peuple US quand le dollar va s’effondrer que de la réaction Chinoise si les européens ne peuvent pas les rembourser.

    Vous êtes aussi le roi des graphiques qui rendent intelligent ! et je cherche un graphe simple où on aurait une représentation au niveau mondial de chaque pays « majeurs » de qui doit combien à qui (rien de péjoratif pour les pays « mineurs » bien au contraire, j’admire l’Islande… ).
    J’essaie toujours d’activer mon BSP (bon sens paysan…) mais je ne pige pas qu’un pays qui n’a pas d’argent prête à un pays qui n’en a pas non plus sauf bien sûr si les banques qui ne recouvreront pas leurs créances prêtent l’argent qu’elles n’ont pas. J’ai juste peur qu’un jour ces banques ne puissent plus me rendre l’argent que je n’ai plus et qui n’aura de toute façon plus de valeur.

    No comprendo non plus quand d’autres nous expliquent que l’euro et mort etc.. alors qu’il est à 1,40$ ce qui n’est pas mal pour une monnaie moribonde !
    Surtout ne me dites pas que l’euro est au bord du gouffre car à 1,40$ ca voudrait dire que c’est le $ la variable qui sert d’ajustement et que c’est le dollar qui est déjà dedans.

    Dernière incompréhension de ma part: mais quand avez-vous le temps de produire cette masse d’information ? Je suis sur que vous sous-traitez en douce (joke…)

    Courage on va y arriver !


  23. indigné Le 03 novembre 2011 à 15h07
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    Olivier,
    Des analyses utilisant des faits similaires (défaut de l’argentine) et aboutissants à des conclusions différentes:
    http://lexpansion.lexpress.fr/economie/si-les-grecs-disaient-non-a-l-euro_268516.html
    Extrait choisit: Réponses à “Si les grecs disaient non à l’euro”
    “En outre, la dette contractée en euros par l’Etat, les entreprises et les ménages grecs devrait être remboursée dans une monnaie dévalorisée, ce qui ferait exploser le prix de la dette grecque en euros. “L’un des intérêts pour la Grèce de sortir de la zone euro, c’est de faire défaut sur 100% de sa dette, mais les besoins de financement resteraient toujours très importants”, analyse Jésus Castillo, économiste chez Natixis. En effet, si elle fait défaut sur sa dette de façon unilatérale et non coordonnées avec ses créanciers, la Grèce sera bannie pour longtemps des marchés financiers. Or le déficit public grec, hors charge de la dette, atteint encore 2,5% de son PIB. Pour pourvoir faire tourner la machine, l’Etat grec devra donc réduire ses dépenses de 3 milliards d’euros.
    Par ailleurs, les premiers perdants d’un défaut total ne seraient pas les banques françaises ou allemandes, mais les banques hellènes, qui détiennent au total 52 milliards d’obligations grecques, soit 15% de la dette du pays. Or la marge des banques grecques est très limitée, sinon inexistante. L’Etat grec devra donc les recapitaliser, s’il ne veut pas que le système bancaire s’effondre. Et comme ses caisses sont vides, la banque centrale grecque n’aura d’autre choix que de faire tourner la planche à billets. Ce qui accentuera la flambée de l’inflation.
    La viabilité de la zone euro menacée
    Ce scénario catastrophe n’est pas sans rappeler le précédent argentin: quant l’Argentine a fait défaut sur sa dette, il y a dix ans, son PIB a chuté de 10%, le chômage a bondi à 25% et l’inflation a atteint 40%. Le pays a mis dix ans pour relever la tête, grâce à sa capacité d’exporter des produits manufacturés, et surtout grâce au boom des matières premières agricoles, notamment du soja. La Grèce, elle, ne possède pas de matières premières stratégiques (blé, soja, pétrole, etc.) et fabrique peu de produits industriels. Elle ne peut donc pas s’inspirer de l’Argentine. “D’autant que le défaut de l’Argentine est intervenu en fin de cycle et donc de redémarrage de l’économie mondiale, rappelle Jésus Castillo. Aujourd’hui, l’économie mondiale ralentit fortement et les perspectives de croissance des pays développés sont très faibles.”
    Cela diffère pas mal du point de vue de ce blog, il me semble. Et ce sont des arguments qui reviennent souvent dans les discussions. Qu’y répondriez vous?
     


  24. Patrick-Louis Vincent Le 03 novembre 2011 à 16h52
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    Flash du Figaro : “Le premier ministre grec Georges Papandréou s’est dit prêt jeudi à retirer son projet de referendum sur l’euro”

    L’idée démocratique de Papandreou n’aura duré que 48 h.


  25. Luc Cioni Le 03 novembre 2011 à 18h29
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    « l’Allemagne paiera »
    Au sortir du premier conflit mondial, on le disait volontiers. On sait ce qu’il advint d’un orgueil national bafoué puisant ses troupes dans un peuple ruiné : après quelques spartakistes, une République de Weimar, un très vieux Maréchal, puis Hitler élu démocratiquement, un système à 60millions de morts qui débouche sur 45 ans de guerre froide lors de laquelle nous sommes passés tout prés de jolis champignons atomiques en forme de solution finale collective. Madame Merkel qui perd toutes les élections qu’elle affronte, devrait pourtant y être sensible. Mais bon, il y a la Chancellerie … Monsieur Sarkozy qui marche durablement au fond des piscines sondagières, devrait pourtant songer que le 21 avril n’arrive pas qu’aux autres. Mais bon, il y a l’Elysée … Pour l’une comme pour l’autre, la Roche Tarpéienne est proche du Capitole mais qu’importe.
     
    Certes, la Grèce de 2012 n’est pas l’Allemagne de 1919 et les bâtiments de guerre de Monsieur Papandreou sont durablement à quai. De toutes manières, les Chinois ont déjà les clefs du port, ce ne sont ni d’incurables optimistes, ni d’illuminés philanthropes, ni des démocrates patentés.
     
    Certes, les Grecs et leurs Gouvernements ont fait montre de beaucoup de légèreté dans la gestion de finances publiques et le pillage des ressources communautaires mais la chose était connue (dixit le Patron de l’OMC) de nos Actuels Serveurs de Mercuriales qui aujourd’hui font mine de la condamner. Nous ne pouvons qu’être subjugués par l’audace d’une telle tentative d’humour.
     
    Mais a-t-on les cuisses plus propres du coté de l’Italie (dirigeants politiques improbables & activités mafieuses à tous les étages : chantiers « européens » à jamais inachevés mais toujours subventionnés, juteux trafic de « points carbone » …) alors même que c’est le prochain candidat sur la liste ?
     
    Quand on a collectivement cassé la bouteille est-il décent de la réclamer à la consigne ?
     
    Ezechiel 25 –Verset 10
     
    Depuis quelques temps, l’intimité politique de ce pauvre Monsieur Papandreou est devenue celle du poisson rouge dans son bocal : chacun le regarde comme on examine une poule dans un comice agricole et lui, le pauvre, ne sait même pas quel œuf référendaire il va parvenir à leur pondre.
     
    Quant au recours populaire, jusqu’à plus ample informé, pierre angulaire de la Démocratie, il semble que l’on cultive pour lui l’affection que portent les chiens, aux réverbères. On l’a vu en France avec le traité de Maastricht puis revu plus récemment en Slovaquie. Il est bien connu que si la tartine ne tombe pas du coté du beurre, c’est que l’on a beurré le mauvais coté. Par un curieux prêt à penser mimétique, protéger le citoyen contre toute tentation d’expression démocratique devient une tache urgente à laquelle doit s’employer diligemment tout Politique « responsable ». Malraux avait partiellement tord : oui, le mépris des hommes est fréquent chez le politique mais il n’est plus confidentiel.
     
    Au demeurant, il est clair que ce peuple démérite sournoisement, il convient donc de le canaliser sans attendre et de créer un vaste mouvement écopraxique, où une foule d’imbéciles se mettra à marcher au pas de l’oie du marché.
     
    Mais lui le bougre, aveuglé par l’ingratitude, n’a pas saisi son infortune, il persévère dans la déraison : faute d’avoir inventé la Roue de la Fortune de la finance casino, il a décidé de se rattraper en inventant les bâtons pour mettre dedans car il commence à comprendre que donner raison à ses bourreaux est bien la forme de suicide la plus saugrenue que l’on puisse imaginer.
     
    Quoiqu’il en soit, un point de détail demeure d’évidence : on ne tond pas un œuf (l’Argentine l’a montré), surtout s’il ne veut pas se laisser tondre (comme l’Islande). Il n’échappera donc à personne que pour la Finance mondiale, un point singulier est atteint :
     
    ·         ou bien elle et ses portes-flingues politico-médiatiques réussissent à casser les reins du peuple grec et démonstration sera faite de son inendiguable pouvoir – avis aux amateurs –

     
    ·         ou bien l’expression populaire directe l’emporte sur la Nemesis financière et les créances douteuses pourraient croître à mesure que les exemples de refus populaires feraient florès. Que pèsera alors une France durablement bloquée de la République à la Bastille ou une Allemagne privée de la moitié de ses Clients ?
     
    Au fond, qui peut juger dans un monde sans coupable où personne n’est innocent ?
     
    Au-delà des effets de manche visant à capter les bulletins de vote français et allemand, il faudrait revenir à l’âge de faire mais la victoire ne pourrait passer que par la qualité d’un collectif transnational qui admettrait qu’être roi est idiot et que ce qui compte c’est de faire un royaume.
     
    Et là, ce n’est pas gagné car on dit souvent que les Etats manquent de moyens.
    Ce n’est visiblement pas ce que démontre l’actualité.


    • gasp Le 04 novembre 2011 à 12h11
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      Très belle prose mais douce rêverie que sa chute:
      “il faudrait revenir à l’âge de faire mais la victoire ne pourrait passer que par la qualité d’un collectif transnational qui admettrait qu’être roi est idiot et que ce qui compte c’est de faire un royaume.”
      Donnez un exemple, un seul, ou cette “victoire” se soit profilée dans l’histoire… à l’échelle d’un collectif de 10 personne ou de 7MM, cela n’arrive jamais, parce que l’homo sapiens est faible et saura tjrs passer outre les lois qu’il construit. Mm 7MM de Mandela ne suffiraient pas à de pareils utopies.


  26. Crise de la Grèce – réponse au défi de la rue par le défi des urnes : le recours au peuple, stade ultime de la Démocratie | Résistance Inventerre Le 03 novembre 2011 à 23h15
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    […] Grèce : et si nous choisissions plutôt la Démocratie ? […]


  27. Patrick-Louis Vincent Le 04 novembre 2011 à 10h18
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    Une chose est sure. L’état-providence apparaît comme une gangrène, et le premier pays qui en mourra est la Grèce. Non en tant que peuple, bien sûr, mais en tant que système politique. L’état-providence grec va donc mourrir. Deux solutions s’offrent à lui. Où il meurt, suite à un acharnement thérapeutique, sous perfusion alimentée par des médecins venus de l’étranger, ou il meurt chez lui, entouré de sa famille, en préparant sagement sa succession.

    La mort de l’état-providence grec va nous servir à tous d’exemple, à suivre ou ne pas suivre, sachant que nous sommes tous sur la liste.


  28. Guillaume Le 04 novembre 2011 à 17h14
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    Pourquoi tant de débats sur la Grèce, vallons nous guère mieux, notre situation peut elle perdurer ainsi ? 
    1. votre revenu est x
    2. vos dépenses sont y
    3. y > x donc vous faites le bridge avec un crédit revolving
    4. avant, vous vous défendiez avec croissance de x > à croissance de y; votre banquier faisait mine de vous croire; mais il se disait, de toute façon si j’ai un problème je saisirai sa maison…
    5.  aujourd’hui, votre banquier s’inquiète et il veut voir y baisser car l’augmentation de x, il n’y croyait déjà pas alors maintenant… “qu’on connaît la crise la plus grave depuis 29…”
    6. qui sommes nous les Français pour aller aider des Grecs ? nous sommes en déficit primaire… les marchés ne nous prêtent que parce que les Français sont riches (et non l’Etat) et que les dettes ne seront remboursées qu’en augmentant les prélèvements
    7. mais après ? c’est bien de taper dans le bilan des français mais c’est ultra récessif, baisser y aussi est récessif (cf la Grèce, mais de toute façon on aura pas le choix), il ne reste donc que x
    8. or comment fait-on pour lutter dans ce monde devenu ultra compétitif ? avec une Chine et son peg, avec ces Brics, leurs matières premières, leur protectionnisme, leur population jeune et pleine de vie, très très bien formée… et bien il n’y a pas d’autre choix que 1 de restructurer les services publics (oui au service public recentrer sur ses missions et productif) 2 de se recentrer sur une zone euro qui joue le jeu (donc les Grecs à vous de voir), 3 de se protéger pour permettre l’émergence de TPE/PME viables dans cette zone et qui partiront (ou pas) à l’assaut du reste du monde mais solides en bénéficiant d’une position forte sur leur marché intérieur 4 une fois ces entreprises sorties de “la crèche” alors elles généreront l’activité permettant l’emploi, les taxes et les impôts nécessaires au maintien de notre Etat providence (et non d’une jungle dont cette pauvre petite chinoise a été la victime… quelle horreur) et de notre contrat social 

    Alors, oui, je sais que ce message n’a rien d’original mais ce que je n’arrive pas à comprendre est pourquoi nous n’y allons pas… j’en conclue que 1 malheureusement que nos élites ont donc eu intérêt à maintenir ce système qui ronge peu à peu les fondements de notre société et qu’ils sont tombés dans un individualisme forcené “après moi le déluge…” 2 que nous sommes au point d’inflexion et que cette crise est une formidable occasion de changement (le statu quo étant devenu impossible). 
    Bonne soirée à tous 


  29. Guillaume Le 07 novembre 2011 à 09h33
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    vous avez raison sur le diagnostic; mais qu’en tirez vous pour l’avenir ?
    1. oui les Grecs ont triché en ne respectant pas les critères de Maastricht; mais nous les avons mis sous l’oreiller après Lehman;  on ne nous  a rien dit car notre poids est différent
    2. oui, les Grecs ont triché et vous dîtes qu’on aurait du réagir : or nous n’avons rien fait; incompétence ou malhonnêteté ?
    3. dans mon petit commentaire plus bas auquel vous avez eu la gentillesse de répondre, j’essais moins de m’indigner (oups mot à la mode) sur cette triche  que de vous interroger sur ce défaitisme de la zone euro qui mine tous nos acquis;
    4. Il est très intéressant de lire dans ce blog que c’est L’Etat providence qui mine nos pays : pour moi c’est un complet aveuglement sur les causes et conséquences
    L’Etat providence est la résultante d’un contrat social, d’un vivre ensemble avec  une mutualisation de certaines dépenses jugées comme prioritaires; éduquer nos enfants, soigner nos malades, défendre notre pays, rendre la justice… accepter de payer pour cela est le signe d’une société développée mais
    1. accepter en même temps de commercer avec des pays qui ne respectent pas les règles et se faire laminer année après année, c’est du masochisme et plus vraisemblablement une formidable dérive de l’individualisme de nos élites
    2. mais AUSSI, tendre la sébile pour financer notre paresse nous rend tout aussi responsable que le tandem Brics, Elites occidentales et leur alliance de fait pour faire perdurer le système 
    3. je pense avec Olivier que l’absence de réaction des démocraties n’est qu’apparente et que ce sont les mécanismes de représentativité politiques qui sont malades : qd on fait passer les traités en force ou en douce contre le résultat d’un referendum, quand on ne consulte pas le Peuple de peur de ce qu’il pourrait faire… alors on s’expose à des réactions violentes (vote Lepen, radicalisation, …)
    donc
     


  30. Luc Cioni Le 22 décembre 2011 à 13h07
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    Cher Guillaume, je vous trouve assez optimiste quant au potentiel réactif des démocraties,ne voit-on pas dans l’indifférence générale, les naufrageurs attitrés de Goldman Sachs et de Lehmann Brother au plus grand mépris des règles démocratiques, reprendre directement en main les affaires de cinq ou six Etats européens après en avoir chassé les dirigeants politiques supposés incompétents.
    Ne sous-estimez vous pas le rôle chloroformant de l’information journalistique, théodicée du système libéral ?
    Un exemple : l’affaire dite « DSK »,
    Que DSK soit partie prenante de la galaxie financière est une évidence. Dire qu’il touche, comme la plupart de ses semblables, des pactoles pour disserter dans des conférences internationales, c’est enfoncer des portes ouvertes. Qu’il ne révère pas au-delà du minimum requis par la vie communautaire un gouvernement français étrangement silencieux lors de ses déboires newyorkais, ne surprendra personne.
     Si “l’événement planétaire » du retour chinois relève du degré zéro de l’information, un mystère reste grand :

    Comment un fait divers de violences sexuelles non judiciairement avérées à l’époque et pénalement éteintes aujourd’hui a-t-il fait jeu égal avec l’assassinat de 3000 personnes dans deux grattes-ciels newyorkais ? Les faits seraient-ils avérés que l’interrogation ne perdait rien de sa force.
    Comment a-t-il généré plus de battage médiatique que la guerre en Irak bâtie sur un mensonge d’Etat qui a coûté des milliards de dollars et assassiné des centaines de milliers de personnes, qui a couvert d’hallucinantes malversations financières au plan haut niveau de l’Etat (Halliburton & Dick Cheney)  et d’invraisemblables exactions physiques (Guantanamo) ; plus à l’avenant : un mépris du droit international et des conventions de Genève, une guerre préventive sans fondements réels (un dictateur renversé pour combien d’autres révérés ?), invasion et occupation illégales d’un pays souverain, politique de la terreur et de domination absolue (“choc et effroi”), assassinat de journalistes, arrestations arbitraires, camp de concentration, pratique systématique de la torture… D’autres ont été convaincus de crimes de guerre ou contre l’humanité pour moins que cela.
    Or la presse occidentale n’a parlé que d’une seule voix de l’ignominie du premier ?
    et ratiociné à perte de vue sur la seconde ?
     
    Pourquoi ?
     
     
     
     
     


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