Pour commencer la semaine, pas de graphique, mais un recentrage sur les fondamentaux.

J’ai relu 3 fois ce document tant j’étais stupéfait.

Vous en avez entendu parler il y a quelques semaines, il vient de sortir dans Challenges.

Il s’agit de la lettre “comminatoire” de la BCE à l’Italie.

Elle se passe de longs commentaires…

L’incroyable diktat de Trichet à Berlusconi

Remise en cause de la législation sur les licenciements, privatisation massive, baisse des salaires des fonctionnaires… Dans le courrier jusque-là secret qu’il lui avait envoyé en août, le patron de la BCE se montrait très exigeant avec le gouvernement italien. Découvrez le contenu intégral de ce courrier.

Ce jeudi, elle est enfin sortie. La fameuse lettre envoyée le 5 août par Jean-Claude Trichet (actuel patron de la BCE) et Mario Draghi (son successeur dès le 1er novembre) au gouvernement italien pour l’enjoindre à la rigueur. Le pousser à davantage de réformes et de libéralisme. On était au plus fort des attaques de spéculateurs contre la zone euro, et notamment contre l’Italie et l’Espagne.

Le 24 août, Challenges avait rencontré Jean-Claude Trichet à Francfort. Le grand argentier avait alors reconnu l’existence de deux lettres, une envoyée à Rome, l’autre à Madrid, mais avait refusé le terme d’ultimatum. Il avait alors précisé : “Le cas est exceptionnel. Nous étions en présence de dysfonctionnements importants sur les marchés de la dette publique de certains pays de la zone euro. Nous avons dit à leurs gouvernements ce qui, à notre sens, était nécessaire pour un retour à une crédibilité vis-à-vis des investisseurs. C’était un message, ce n’était pas une négociation”. Et d’ajouter: “Nous continuons de dire les choses fermement, comme nous l’avons toujours fait”.

Jusqu’à présent, le contenu de cette missive était resté archi secret. Ce matin, il est paru dans Corriere della Sera.

Challenges l’a traduite pour ses lecteurs.

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“Cher Premier ministre,

Le conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne a discuté le 4 août de la situation de l’Italie sur les marchés obligataires. Le conseil des gouverneurs considère que les autorités italiennes doivent d’urgence adopter des mesures propres à restaurer la confiance des investisseurs.

Les chefs d’Etat et de gouvernement de la zone euro avaient conclu lors du sommet du 21 juillet 2011 que «tous les pays de la zone euro réaffirment solennellement leur détermination inflexible à honorer pleinement leur signature souveraine, ainsi que tous leurs engagements à mettre en place des conditions fiscales durables et des réformes structurelles». Le Conseil des gouverneurs considère que l’Italie doit d’urgence rétablir la qualité de sa signature souveraine, et réaffirmer son engagement pour une stabilité fiscale et des réformes structurelles.

Le gouvernement italien a décidé d’établir un budget équilibré en 2014 et, à cette fin, a récemment mis en place un paquet fiscal. Ce sont des engagements importants, mais ils ne sont pas suffisants.

Dans les circonstances actuelles, nous considérons les mesures suivantes commeindispensables :

1. Nous estimons qu’il est nécessaire de mettre en place des mesures d’envergure pour stimuler une croissance potentielle. Quelques décisions récentes prises par le gouvernement vont dans ce sens ; d’autres sont en cours de discussion avec les partenaires sociaux. Cependant, il faut faire davantage et il est crucial d’avancer avec détermination. Des défis clés consistent à accroître la compétition, particulièrement dans les services, pour améliorer la qualité des services publics et pour mettre en place une régulation et des systèmes fiscaux mieux adaptés au soutien de la compétitivité des entreprises et à l’efficacité du marché du travail.

a) Une stratégie de réforme globale, profonde et crédible, incluant la libéralisation totale des services publics locaux et des services professionnels est nécessaire. Cela devrait être appliqué en particulier à l’offre de services locaux, via des privatisations de grande ampleur.

b) Il est aussi nécessaire de réformer davantage le mécanisme collectif de négociation salariale permettant des accords d’entreprises, afin d’adapter les salaires et conditions de travail aux besoins spécifiques des firmes et d’améliorer leur pertinence vis-à-vis d’autres niveaux de négociations. L’accord du 28 juin entre les principaux syndicats et les associations patronales industrielles va dans ce sens.

c) Une révision en profondeur des règles régissant le recrutement et le licenciement des salariés devrait être adoptée, conjointement à la création d’un système d’assurance-chômage et d’une série de politiques actives du marché du travail capables de faciliter la réallocation des ressources vers les entreprises et les secteurs les plus compétitifs.

2. Le gouvernement doit prendre des mesures immédiates et courageuses pour garantir la pérennité des finances publiques.

a) Des mesures fiscales correctives supplémentaires sont nécessaires. Nous considérons qu’il est essentiel que les autorités italiennes avancent l’application des mesures adoptées en juillet 2011 d’au moins un an. Le but devrait être d’atteindre un déficit budgétaire meilleur que prévu en 2011, un emprunt net de 1% en 2012 et un budget équilibré en 2013, principalement via une réduction des dépenses.

Il est possible d’intervenir davantage dans le système de retraites, en rendant plus contraignants les critères d’éligibilité aux pensions d’ancienneté et en alignant rapidement l’âge de la retraite des femmes ayant travaillé dans le secteur privé sur celui appliqué aux employées du public, permettant ainsi de faire des économies dès 2012. Le gouvernement devrait également envisager de réduire de façon significative le coût des emplois publics, en durcissant les règles de renouvellement du personnel et, si nécessaire, en baissant les salaires.

b) Un mécanisme de réduction automatique du déficit devrait être mise en place, stipulant que tout dérapage par rapport aux objectifs sera automatiquement compensé par des coupes horizontales dans les dépenses discrétionnaires.

c) Les emprunts, y compris la dette commerciale et les dépenses des autorités régionales et locales devraient être placées sous contrôle strict, conformément aux principes de la réforme en cours des relations fiscales intergouvernementales.

Au vu de la gravité de la situation actuelle des marchés financiers, nous considérons qu’il est crucial que toutes les mesures énumérées dans les sections 1 et 2 ci-dessus soient adoptées aussi vite que possible par décret-lois, suivies d’une ratification du Parlement d’ici fin septembre 2011. Une réforme constitutionnelle visant à durcir la législation fiscale serait également appropriée.

3. Nous encourageons aussi le gouvernement à prendre immédiatement des mesures pour assurer une vaste réforme de l’administration publique afin d’améliorer l’efficacité administrative et la bienveillance à l’égard des entreprises. Dans les services publics, l’utilisation d’indicateurs de performance devrait être systématique (en particulier dans la santé, l’éducation et le système judiciaire). Il est nécessaire de s’engager fermement en faveur de l’abolition ou de la consolidation de certains niveaux administratifs intermédiaires (comme les provinces). Les actions visant à réaliser des économies d’échelle dans les services publics locaux devraient être renforcées.

Nous espérons que le gouvernement prendra toutes les mesures appropriées.

Mario Draghi, Jean-Claude Trichet

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Texte et traduction Coralie Schaub et Sabine Syfuss-Arnaud, journalistes au service étranger de Challenges

Cela calme…

Je ne sais pas ce qui est le plus grave : le diktat, ou l’ineptie des mesures proposées. Car bien entendu, réduire fortement les dépenses et les salaires, c’est l’autoroute vers la dépression…

Notez, et pour prendre le contre-pied du discours d’extrême gauche que j’entends déjà, comme le disait Napoléon Bonaparte :

“Lorsqu’un gouvernement est dépendant des banquiers pour l’argent, ce sont ces derniers, et non les dirigeants du gouvernement qui contrôlent la situation, puisque la main qui donne est au dessus de la main qui reçoit. […] L’argent n’a pas de patrie ; les financiers n’ont pas de patriotisme et n’ont pas de décence ; leur unique objectif est le gain.” [Napoléon Bonaparte (1769-1821)]

En clair, vous ne pouvez vivre à crédit et tendre la main toute les semaines, et vous draper dans l’irréfragable indépendance des États et de libre administration de la Démocratie.

D’où ma position très ferme d’interdiction des déficits publics et de la dette publique, hors période de récession : le dette, c’est la limitation de notre indépendance, et donc de la Démocratie.

Mais bien entendu, cette règle d’or ne peut être votée qu’après une restructuration des dettes…

A ce sujet, je vous renvoie vers cette intéressante étude de Patrick Artus de Natixis : Quand un pays a une dette publique trop élevée, il doit faire défaut : seule la forme du défaut peut être choisie

Heureusement, nous sommes dans de bonnes mains, ils vont nous sauver :

papandreou rompuy barroso juillet 2011.jpg

Photo: AFP/Georges Gobet
Le premier ministre grec, Georges Papandréou, le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, et le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso

 

Euh, non, peut-être pas finalement…

En tous cas, un autre élément m’a franchement étonné la semaine passée. Avez-vous la une de l’Express du 21 septembre ?

L'Express Les Coupables n°3142

Très juste, mais franchement, inattendu de la part d’un grand magazine.

Je pense que cela montre que les mentalités commencent à évoluer.

Et vous ?

38 réponses à L’incroyable diktat de Trichet à Berlusconi

  1. Daudon Le 03 octobre 2011 à 04h27
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    Quand allons-nous nous décider à porter à la connaissance des élus et citoyens les trois documents : 40 ans d’incuries monétaires, Stop à la Crise, Quand les multinationales gouvernent le monde ? Quand allons-nous nous unir entre Français pour faire comprendre la Crise ? Quand allons-nous contacter C. Korten pour monter une association internationale “Droit de savoir citoyen” ? J’attends vos participations et une réponse d’Olivier. Merci. Mon tél: 04.92.67.05.48.


  2. BA Le 03 octobre 2011 à 06h45
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    Lundi 3 octobre 2011 :
     
    Economie : l’Euro rechute, les Bourses asiatiques plongent avec la Grèce.
     
    Les marchés financiers commencent la semaine en nette baisse, après l’admission par la Grèce qu’elle n’atteindra pas ces objectifs de réduction de dette. Ce matin, l’Euro est retombé à un nouveau plus bas niveau depuis 8 mois, à 1,3325 $ dans la nuit, avant de se reprendre un peu autour de 1,3335 $ (-0,3%) en début de matinée. 
     
    De leur côté, les Bourses asiatiques sont en forte baisse : – 2,3% pour le Nikkei à Tokyo, – 4,9% pour le Hang Seng à Hong Kong, – 2,5% pour l’ASX-200 à Sydney. Le pétrole reperd quant à lui 1,4% à 78,10$ le baril de brut WTI, tandis que l’or rebondit légèrement de 0,6% à 1.632,60$ l’once.
     
    Alors que les ministres des Finances européens se réunissent à nouveau aujourd’hui lundi sur la question grecque, les investisseurs s’inquiètent à nouveau des divisions au sein de l’Europe sur la gestion de cette crise. 
     
    Les rumeurs d’une défaillance de la Grèce sur sa dette sont revenues en force ce week-end, après les dernières informations en provenance d’Athènes, et de nouvelles déclarations du côté de l’Allemagne, où le ministre des Finances Wolfgang Schäuble a exclu toute contribution supplémentaire de Berlin au FESF (Fonds européen de stabilité financière).
     
    De son côté, un membre influent de la coalition au pouvoir en Allemagne, le démocrate-chrétien Michael Fuchs, a aussi déclaré au journal “Rheinische Post” que la Grèce était “en faillite” et qu’il n’y aurait sans doute pas d’autre choix que d’effacer 50 % de sa dette…
     
    http://www.boursier.com/actualites/news/economie-l-euro-rechute-les-bourses-asiatiques-plongent-avec-la-grece-452547.html


  3. JPS1827 Le 03 octobre 2011 à 07h31
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    “Je ne sais pas ce qui est le plus grave : le diktat, ou l’ineptie des mesures proposées.”

    Des inepties proposées sont monnaie courante… en revanche il me paraît plus grave que Monsieur Trichet fasse désormais de la politique en expliquant aux pays que seule une politique néoconservatrice dure est possible.


  4. M.L Le 03 octobre 2011 à 07h33
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    A vous lire, on croirait que c’est la dette publique qui est la source de tous nos maux. Il est pourtant bien établi que c’est l’excès de dette privée qui a provoqué la crise et alourdi en retour la dette publique, au point de la rendre insoutenable. C’est pourquoi la fameuse règle que vous défendez sera parfaitement impuissante à éviter la répétition de la crise que nous connaissons. Pensez à l’Espagne, considérée aujourd’hui comme un danger pour l’Europe, qui jusqu’à 2008 affichait les finances publiques les plus saines des grands pays européens, avec des taux de déficit et d’endettement inférieurs aux critères de Maastricht, contrairement, par exemple, à l’Allemagne…


    • JPS1827 Le 03 octobre 2011 à 08h46
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      Il me semble que vous supposez comme acquis que les états doivent prendre en charge les excès de dettes privées. Or cela est anormal. Comme le dit très bien Olivier Berruyer : dans un capitalisme responsable il est légitime de prendre ses gains, mais il est tout aussi légitime de prendre ses pertes. Les états n’auraient pas dû reverser tout cet argent pour éponger des dettes privées sans aucune garantie pour l’avenir, c’est à dire en continuant à permettre à ce secteur privé de faire n’importe quoi.
      Comme il le dit très bien, le capitalisme ce n’est pas le néolibéralisme pour les populations et le socialisme pour les banques !


  5. hébé Le 03 octobre 2011 à 07h53
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    http://www.youtube.com/watch?v=ZE8xBzcLYRs&feature=player_embedded
    Moi qui suis tellement inculte en économie, j’ai trouvé ce petit film très pédagogique.


  6. Moi Le 03 octobre 2011 à 09h08
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    Concernant les dettes publiques, le statut de la banque centrale y joue un rôle prépondérant. Certes, les dettes publiques ont explosé récemment pour sauver des institutions privées, mais la tendance était tout de même à la hausse depuis quelques décennies. La mauvaise gestion des finances publiques n’explique pas tout, il y a là un problème structurel qui vient de l’obligation faite aux Etats de passer par les marchés pour se financer (ce qui est déjà contraire au droit régalien de battre monnaie). Ce qui implique une raréfaction de la monnaie et un endettement mécanique aussi bien pour le public que pour une large partie du privé (cette raréfaction bénéficiant à ceux qui détiennent les capitaux).

    Voir cet article sur la question:
    http://www.lacrisedesannees2010.com/article-la-construction-politique-du-marche-de-la-dette-publique-85707447.html


  7. step Le 03 octobre 2011 à 09h29
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    la photo qui tue ! (avant qu’elle nous tue…). Je pense que vous avez constaté que les ptis loups de l’express étaient en train de changer de pied (cf votre (avant) dernier BFM) pour éviter de marcher dans la M…


  8. Fabrice Le 03 octobre 2011 à 12h45
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    Pour en revenir au courrier demonsieur Trichet, cela me fait penser que si on doit passer à  une gestion européenne de l’économie il ne faudra pas oublier de renforcer la démocratie.

    Le parlement européen devrait s’affirmer et prendre en main le contrôle de la banque européenne, de la commission européenne ainsi du conseil des ministres européens sinon nous risquons d’avoir un gros problème.


  9. Sinistra Le 03 octobre 2011 à 13h13
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    Il faut interdire la spéculation et tous ces systèmes boursiers qui font de l’argent avec de l’argent. Que les Etats retrouvent leur indépendance bancaire et qu’ils ne soient plus sous le contrôle des banques privées dont les intérêts ne sont pas de gouverner mais de s’enrichir au delà du raisonnable et du nécessaire en détruisant les nations, les familles et les Hommes.
     


  10. Np237 Le 03 octobre 2011 à 13h24
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    Il y a un intrus sur la couverture de l’Express : il a fait baisser la dette là où les 4 autres l’ont faite augmenter. Saurez-vous le retrouver ?


  11. jymlibéral Le 03 octobre 2011 à 13h42
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    c’est lumineux 🙁 mais je fais partie des contrariens et suis déjà persuadé que c’est la Haute Finance qui gouverne le monde…faites l’exercice suivant, remplacez autorités italiennes par…autorités françaises…le reste du texte est valable 🙂 


  12. DELVALEE Le 03 octobre 2011 à 13h50
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    Cher Olivier
    Avec tous le plaisir de vous lire (et je vous ai dit tout l’intérêt que j’ai porté à votre livre dont je n’ai pas encore terminé la lecture), je ne suis pas d’accord avec votre condamnation a priori de tout endettement public (ou même privé).
    Je prends un exemple : quand une commune construit une infrastructure dont la durée prévue de fonctionnement est de l’ordre de 40 ans, par exemple un tramway (dont l’objectif est de diminuer le trafic automobile et les pollutions afférentes), je ne vois pas au nom de quoi il serait interdit de financer sinon la totalité du moins une partie importante de cette infrastructure par de la dette (par exemple des obligations émises par la commune et souscrite par des particuliers ou des banques). Les revenus issus de l’exploitation du tramway serviront à couvrir les remboursements des emprunts et les intérêts afférents (qui devraient être des intérêts à taux modérés, évidemment).
    Ce qui n’est pas sain, du point de vue économique, c’est de financer des dépenses de fonctionnement par de la dette (sauf mesures conjoncturelles comme vous le soulignez). Et il est exact que les Etats, un peu partout dans le monde se sont livrés à cet exercice de manière non justifiée (par idéologie néolibérale du trop d’impôt tue l’impôt de l’ineffable Laffer !)
    Normalement d’ailleurs les communes ne peuvent pas se livrer à ce type de financement et doivent avoir un taux d’endettement qui ne dépasse pas 15 ans d’épargne (différence entre leurs recettes de fonctionnement et leurs dépenses de fonctionnement).
    Je rappelle que les collectivités locales représentent en France presque 75% des investissements publics en infrastructure. Certes, je suis d’accord avec un point que vous soulevez dans votre livre, les dépenses d’investissement ne doivent pas être uniquement considérées comme des dépenses d’infrastructure et investir dans la connaissance et la formation devrait en faire partie. Mais cela dit, on ne peut pas supprimer totalement le recours à l’épargne via la dette, ou alors êtes-vous partisan de PPP (partenariat public privé généralisé ?). C’est en fait pour moi une forme de crédit-bail et le CB est une dette comme une autre. Comment faire autrement pour investir ?
    Bien cordialement.
    Philippe Delvalée 


  13. jymlibéral Le 03 octobre 2011 à 14h43
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    les collectivités ont remplacé l’héroïne (les emprunts) par du Crack (le PPP), l’emprunt que va faire le privé pour l’infrastructure est garanti par le public, il faut donc consolider les deux entités. D’ailleurs c’est ce disent les deux gouverneurs en demandant à contrôler les dettes publiques et privées ! 

    si on pousse le raisonnement, nous l’état ?! oui l’état c’est nous 🙂 sommes comptables de nos dettes privées, des dettes de nos communes, départements, régions, société d’économie mixte, entreprises d’état, et l’état….bref on est déjà très loin des fameux 100 % du PIB mais probablement plus loin encore des 500 % ?! et “nous” n’avons pas la capacité à faire face, hier, aujourd’hui et demain 🙂 


  14. Grégory Le 03 octobre 2011 à 18h08
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    Je pense que les boucs émissaires, c’est toujours la fausse route. C’est Chirac, c’est Jospin, c’est Sarkozy, ce sont les français qui ne votaient pas pour les politiques parlant de la dette (Bayrou à la dernière), c’est Alain Minc, ce sont les chomeurs qui ont emprunté pour être propriétaire et les banquier qui leur on prêté, c’est Bettencourt. Et quand bien même on mettrait quelques têtes sur quelques pics, on serait bien avancé : les problèmes en serait au même point, voir pire, car qui voudrait alors s’avancer pour engager sa propre tête sur un scenario de sortie ?
    Bon je dis ça mais faire dégager les équipes qui ont échoué n’est pas une option, donc jusqu’à un certain point on peut faire cette couverture. Mais ce qu’il faut, c’est parler solution. 
     


    • Np237 Le 03 octobre 2011 à 18h11
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      Vous avez parfaitement raison. Mais on peut commencer par dégager les équipes qui ont doublé la dette et envisager de donner une seconde chance à ceux qui l’ont déjà réduite, même si insuffisamment (par exemple un dénommé Lionel secondé par une certaine Martine).


  15. Le Yéti Le 03 octobre 2011 à 20h00
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    “D’où ma position très ferme d’interdiction des déficits publics et de la dette publique, hors période de récession : le dette, c’est la limitation de notre indépendance, et donc de la Démocratie.
    Mais bien entendu, cette règle d’or ne peut être votée qu’après une restructuration des dettes…
    […] Quand un pays a une dette publique trop élevée, il doit faire défaut : seule la forme du défaut peut être choisie

    A partir de là, je crois que nous sommes à peu près d’accord, Olivier. Je préconise pour ma part un moratoire urgent de la dette publique de tous les pays de la zone euro. Ceci pour deux raisons :
    1/ La dette publique n’est finalement qu’un détournement de l’argent public vers les poches privées avec la complicité actives des autorités politiques. La cause : non pas l’augmentation des dépenses publiques, mais la limitation artificielle et intéressée (qui finance les autorités politiques ?) des recettes publiques (paquets et niches fiscales en tout genre).
    2/ Plus aucun pays de l’UE (France et Allemagne comprises) ne sera en mesure de rembourser un jour l’énormité de sa dette publique, ni même (et c’est nouveau) le paiement de ses intérêts.
    Aujourd’hui tous les pays de l’UE se trouvent en réalité en défaut flagrant de paiement (oui, oui, France et Allemagne comprise). La Grèce n’est que la partie émergée de l’iceberg.
    Pire, les pays de l’UE ne sont pas les seuls dans la mouise : cf. le cas des USA et du Japon ; se pencher aussi sur le cas des pays émergents comme la Chine surfant sur des bulles de plus en plus incertaines.


  16. THIERRY Georges Le 03 octobre 2011 à 20h37
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    il ne faut pas séparer la dette publique de la dette privée : les 2 participent à la financiarisation de l’ensemble de l’économie mondiale et donc à sa dérive actuelle : tout le monde politique , tous les intervenants disposant d’un pouvoir quelconque depuis 25 ans ont cautionné l’idée qu’une Europe de la monnaie unique réconcilierait le peuple et les dirigeants dans un progrès matériel continu et général
    Dés lors si l’économie ne pouvait assurer par elle même ce progrès (et pourquoi ce progrès aurait il existé dans un monde de  + en + concurrentiel), il suffisait d’injecter dans la tuyauterie communautaire des quantités invraisemblables de monnaie permettant de satisfaire la boulimie de consommation des Etats ou des particuliers (riches ou pauvres chacun s’est abandonné aux délices du crédit quasi gratuit  dans un monde idéal où tout ce qui avait été acheté devait de façon mécanique se valoriser  )
    Tout le monde a été complice et partie prenante de cette escroquerie intellectuelle et de l’équation selon laquelle le capitalisme et le libéralisme = progrès matériel individuel et collectif
     Il ne faut pas s’illusionner : en dernier recours, lorsque l’édifice va menacer de s’écrouler, le système politique et financier  en place inventera un moyen sophistiqué de recapitaliser  Etats et  banques pour éviter que ce soit les prêteurs privés qui  prennent le bouillon (sinon, si ce pas était franchi,  on entrerait dans un monde incontrôlable où tout deviendrait possible)
     


  17. Rataxes Le 03 octobre 2011 à 20h43
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    « Si les démoc­rates exi­gent la régu­lation de la dette publi­que, les ouvriers doi­vent exiger la ban­que­route de l’Etat. » (Karl Marx, 1re Adresse du comité de la Ligue des com­mu­nis­tes, 1850.)

    un article plus approfondi ici:http://www.tantquil.net/2011/09/13/crise-krach-bancaire-le-capitalisme-est-au-bord-du-gouffre-a-quand-le-grand-bond-en-avant/

    Une donnée essentielle de l’équation est mise de coté: la lutte des classes. Si il y a eu   (depuis les années 70, et cela s’accélère , comme le préconise la BCE ) des coupes massives dans les « services publics », baisse des salaires, “flexibilisation”, etc , c’est dans la perspective de la remontée du taux de profit, et pour cela on a rogné sur les salaires, mais aussi sur la partie indirecte du salaire, c’est à dire, (en résumé), les prestations sociales.
    La classe capitaliste a attaqué massivement les capacités de résistance du prolétariat, via le développement en cascade de la sous-traitance, la délocalisation d’une partie du tissu industriel dans les pays ou les frais de production (en partie les salaires ) sont plus bas, créant du chômage… Bon, expliquer la restructuration dans un commentaire, c’est un peu long: en tout cas pour continuer à consommer, pour bouffer, pour vivre, quoi, la seule solution pour le prolétariat, en particulier américain, c’est l’endettement.
    Par exemple, rien de bien compliqué dans la crise des subprimes, c’est juste un moment ou les prolos ne peuvent plus payer les dettes qu’ils étaient bien obligés de contracter.
      Ainsi, le systeme capitaliste est assis sur un paquet énorme de dette, et la seule solution pour qu’il fonctionne sans krash encore un peu, c’est une attaque encore plus massive contre les prolos dans le monde entier. Attaque massive qui crée, comme en Grèce, encore plus les conditions du Krash.
    On peut toujours parler de régulation, etc.
    En attendant, cette crise n’a que deux issue:
    1) Une restructuration encore plus massive, du système, ( ou, selon l’expression, il faudra bien casser des œufs pour faire une omelette, sauf que les œufs en questions, c’est l’immense majorité de la population, ce qui n’ont pas de réserves, et doivent bosser pour vivre)
    2) La sortie révolutionnaire. Il est grand temps de sortir du rapport monétaire. Nous produisons assez pour tous. Tant qu’il y a aura de l’argent, il n’y en aura pas pour tout le monde.
     


  18. swokedav Le 03 octobre 2011 à 22h08
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    Rien de surprenant dans le contenu de cette lettre envoyé au gouvernement Berlusconi. Ces mesures d’austérité ont pour unique but de prouver, et par la même occasion de rassurer, sur la capacité de l’Italie a mener des réformes structurelles. Elles sont évidemment contre productive dans un contexte d’austérité généralisée mais tendent à rassurent investisseurs et détenteurs de dettes sur le courage supposé retrouvé des politiques.

    Si cette crise qui dure depuis 3 années maintenant a pour face visible un endettement privé et public abyssal, la face immergée est bel et bien l’incompétence, la lacheté dont on fait preuve nos classes politiques depuis des décennies. 
    Cette crise signe l’arrêt définitif d’un modèle économique basé sur le surrendettement, l’achat de croissance à crédit.
    Ces politiques coupables de ne pas avoir eu le courage de réformer structurellement face au défi de la mondialisation, d’affirmer au peuple qu’il devenait insoutenable de continuer à financer à perte notre modèle économique et qu’il était temps de comprendre qu’il faudrait s’assoir définitivement sur certains privilèges d’une autre époque …
    Ces politiques qui ont émis de la dette pour financer leurs déficits chroniques, rendant les obligations fatalement pourries. Il est évidemment plus facile de fustiger les mauvaises banques, incitées par les normes prudentielles à se gaver et les vilains spéculateurs .. encore une histoire de courage …

    Pour rebondir sur votre affirmation Olivier, que je partage totalement, quels genres de responsables politiques sont ils pour passer leur temps à blâmer les marchés alors que simultanément, ils leurs confient notre avenir en émettant tant de dettes ? Drôle de schizophrénie ..  

    @swokedav 


  19. rvtpanet Le 04 octobre 2011 à 05h54
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    Certes, nous avons tous mangé dans “la gamelle du crédit” au grand profit des banques et d’une élite financière. D’ailleurs, je ne vois aucun procès en cours… ni même d’enquête sérieuse pour chatier les responsables.
    Certes, il faut réguler les déficits de nos états, mais quid de l’évasion fiscale?
    Car nos problèmes sont ne sont-ils pas plus un défaut de rentrées fiscales?

    Je m’oppose fermement à ce que soit inscrit dans la Constitution la modération des déficits publics, je préférerais qu’on y promeut un minimum vital pour chacun et le droit à se loger décemment. L’économie, la finance, l’Etat sont au service de la population et non le contraire !

    De plus, les avancées technologiques ont permis de faire des gains de productivité faramineux, et cela risque de continuer avec la révolution numérique et le développement de la robotique.
    Pourquoi faut-il donc travailler plus? Alors qu’il y a de moins en moins d’emplois disponibles…

    Pourquoi les salariés des 4 coins du monde doivent-ils être en concurrence? Le rôle de l’Europe n’était-il pas de nous protéger de ces disparités, en améliorant le sort des plus pauvres?

    Quant au droit régalien de battre monnaie, cela reste pour ma part la meilleure solution, plutôt qu’une oligarchie mondiale ou européenne non élue et déconnectée des réalités vécues par le plus grand nombre. Les USA sont bien fédérés non? Les déficits publics ou privés ne sont-ils pas pire que chez nous? Small is beautiful! pensons local!
    Comme vous le dites, la prochaine révolution est celle des énergies, relocalisons et modérons notre consommation!

    Cette Europe était une belle idée, mais elle devient une soft dictature, dont le peuple aura raison!

    Nous assitons à la fin du libéralisme dérégulé, et comme le communisme n’a pas fait ses preuves, il nous faudra inventer autre chose… Le problème étant que nos politiques ont toujours un retard à l’allumage par rapport à l’économie, surtout lorsque les décisions sont prises dans ces assemblées supra-nationales…

    Alors, les décisions, seront prises par le peuple lui-même… dans les urnes, puis dans la rue!


  20. sur jean Le 04 octobre 2011 à 11h07
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    bonjour,
    vous êtes stupéfait à juste titre: Trichet s’autoproclame empereur (Kayser?) d’Europe…et ça marche! on croit rêver, mais je crois qu’on n’a encore rien vu! Martin Wolf dans le FT (reproduit dans le Monde du 4 octobre) nous indique la suite du film qui sera à n’en pas douter,  un film d’horreur; c’est  la stratégie “Shock and Awe”* -Choc et effroi- : les gouvernements attendent ( souhaitent?)  la Grande Catastrophe (faillite de grande banque ou d’Etat, krach généralisé etc) pour tenter de faire passer  des plans inacceptables pour les peuples: recapitalisation des banques par fons publics, budget européen, ministre des finances européen etc
    *stratégie expérimentée pour la première fois par la CIA en 1973 au Chili, et divulguée au grand public par l’Américaine Naomie Klein dans “La Stratégie du Choc”

    bravo pour votre intervention sur BFM; j’ai bien aimé”la sécurité financière =sécurité nucléaire”


  21. rvtpanet Le 04 octobre 2011 à 18h21
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    Je viens de voir l’intervention de M. Berruyer à BFM, et je l’ai trouvée tout simplement géniale! Les autres intervenants étaient aussi très intéressants.
    J’épluche tout ce que je peux trouver à propos de l’économie sur le net, mais ce débat était réellement passionnant, nos politiques feraient bien de s’en inspirer!

    http://www.dailymotion.com/video/xlgifr_les-experts-bfm-business-3-octobre-2011-nicolas-doze_news?start=32#from=embed


  22. manuHmanu Le 04 octobre 2011 à 21h18
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    journal officiel de la Commune de Paris du 20 mars au 24 mai 1871. (1871) 96

    On se préoccupe beaucoup d’arracher la France à l’occupation prussienne en payant à nos vainqueurs l’énorme indemnité qu’ils réclament, et on propose l’énorme indemnité qu’ils réclament, et on propose plusieurs expédients, tous plus insuffisants les uns que les autres.
    Permettez-moi de vous exposer la seule mesure qui soit vraiment équitable et vraiment rationnelle.
    En étudiant le jeu de nos institutions économiques, on constate que les diver- ses fortunes se forment et se développent dans la proportion suivante : 1, 2, 3, 4, 8, 16 ; et inversement que les ménages, possédant ces diverses fortunes, sont dans le rapport dans le rapport de 16, 8, 4, 2, 1. Il ne peut pas en être autrement, sans quoi la misère ou l’opulence serait générale.

    Journal officiel de la Commune de Paris du 20 mars au 24 mai 1871. (1871) 96

     

    L’ensemble de ces deux progressions constitue la loi qui préside à la réparti- tion de la richesse publique entre les cinq groupes de population, dont la situation est : misérable, tolérante, aisée, riche et opulente.
    La richesse mobilière et immobilière de la France étant d’environ 310 mil- liards, et le nombre des ménages de 13 950 000, une simple proportion arithméti- que donne les résultats suivants :
    Premier groupe, 7 200 000 ménages. Indigents de toute espèce, travailleurs au salaire minime, possédant des hardes, instruments de travail : 10 milliards.
    2e groupe, 3 600 000. Ouvriers possédant la terre ou le métier qui leur permet de travailler à leur compte : 20 milliards.
    3e groupe, 1 800 000. Petite bourgeoisie, commerce de détail : 40 milliards 4e groupe, 900 000. Moyenne bourgeoisie, commerce de gros : 80 milliards. 5e groupe, 450 000. Grands propriétaires, gros capitalistes : 160 milliards.
    Eh bien ! que les fortunes de ce dernier groupe composé en grande partie des organisateurs ou des favoris du banditisme soient taxées d’une remise de 3 à 4 %, et on réalisera immédiatement la somme nécessaire à la rapacité allemande.
    Les statistiques des économistes des économies sont d’accord avec moi dans cette répartition de la richesse publique. 


  23. Fourminus Le 05 octobre 2011 à 10h24
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    D’où ma position très ferme d’interdiction des déficits publics et de la dette publique, hors période de récession : le dette, c’est la limitation de notre indépendance, et donc de la Démocratie.
    Mais bien entendu, cette règle d’or ne peut être votée qu’après une restructuration des dettes…
     
    Il existe une alternative : http://www.lacrisedesannees2010.com/article-la-construction-politique-du-marche-de-la-dette-publique-85707447.html


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