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19.octobre.202219.10.2022 // Les Crises

Inégalités : Grande-Bretagne et États-Unis sont des sociétés pauvres avec des milliardaires de plus en plus riches

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En ce qui concerne le revenu moyen des ménages, le Royaume-Uni pourrait bientôt devoir demander aux travailleurs migrants de réduire leur salaire.

Source : Financial Times, John Burn-Murdoch
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

Des bénévoles distribuent de la nourriture dans le centre-ville de Glasgow. Si la tendance actuelle se poursuit, le ménage slovène moyen sera mieux loti que son homologue britannique d’ici 2024 © Bloomberg

Où préféreriez-vous vivre ? Une société où les riches sont extraordinairement riches et les pauvres très pauvres, ou une société où les riches sont simplement très bien lotis, mais où même les personnes aux revenus les plus faibles bénéficient d’un niveau de vie décent ?

Pour tous, sauf les plus ardents libertaires du marché libre, la réponse est la seconde. Les recherches ont toujours montré que si la plupart des gens expriment le désir d’une certaine distance entre le haut et le bas de l’échelle, ils préfèrent vivre dans des sociétés beaucoup plus égalitaires qu’aujourd’hui. Beaucoup opteraient même pour la société la plus égalitaire si le gâteau global était plus petit que dans une société moins égalitaire.

Sur cette base, il s’ensuit qu’une bonne façon d’évaluer quels pays sont les meilleurs endroits pour vivre est de se demander : la vie y est-elle bonne pour tout le monde, ou seulement pour les riches ?

Pour trouver la réponse à cette question, nous pouvons examiner comment les personnes se situant à différents niveaux de la répartition des revenus se comparent à leurs pairs dans d’autres pays. Si vous êtes un fier Britannique ou Américain, vous pouvez regarder ailleurs maintenant.

En commençant par le haut de l’échelle, les Britanniques bénéficient d’un niveau de vie très élevé, quel que soit le critère utilisé. L’année dernière, les 3 % des ménages britanniques qui gagnent le plus ont chacun touché environ 84 000 £ après impôts, soit 125 000 $ après ajustement des différences de prix entre les pays. Cela place les plus hauts revenus britanniques juste derrière les Allemands et les Norvégiens les plus riches et confortablement parmi l’élite mondiale.

Que se passe-t-il alors lorsque l’on descend dans la hiérarchie ? Pour la Norvège, le tableau est toujours aussi rose. Les 10 % les plus riches se classent au deuxième rang en termes de niveau de vie parmi les déciles supérieurs de tous les pays ; le ménage norvégien médian se classe au deuxième rang de toutes les moyennes nationales et, à l’autre extrémité, les 5 % les plus pauvres de Norvège sont les 5 % les plus prospères du monde. La Norvège est un pays où il fait bon vivre, que l’on soit riche ou pauvre.

Il en va tout autrement en Grande-Bretagne. Alors que les personnes gagnant le plus d’argent se classent au cinquième rang, le ménage moyen se classe au 12e rang et les 5 % les plus pauvres au 15e rang. Loin de se contenter de perdre le contact avec leurs homologues d’Europe occidentale, l’année dernière, la tranche de revenus la plus faible des ménages britanniques avait un niveau de vie inférieur de 20 % à celui de leurs homologues slovènes.

Le tableau est similaire dans la tranche intermédiaire. En 2007, le ménage britannique moyen était 8 % moins bien loti que ses homologues du nord-ouest de l’Europe, mais le déficit a depuis explosé pour atteindre le chiffre record de 20 %. Si la tendance actuelle se poursuit, le ménage slovène moyen sera mieux loti que son homologue britannique d’ici 2024, et la famille polonaise moyenne sera en avance avant la fin de la décennie. Un pays qui a désespérément besoin de main-d’œuvre immigrée pourrait bientôt devoir demander aux nouveaux arrivants de réduire leur salaire.

De l’autre côté de l’Atlantique, c’est la même constat, mais en plus extrême. Les riches aux États-Unis sont exceptionnellement riches : les 10 % les plus riches ont le revenu disponible du décile supérieur le plus élevé au monde, soit 50 % de plus que leurs homologues britanniques. Mais le décile inférieur se débat avec un niveau de vie inférieur à celui des plus pauvres de 14 pays européens, dont la Slovénie.

Pour être clair, les données américaines montrent que le bien-être dépend à la fois d’une croissance généralisée et d’une répartition égale de ses résultats. Cinq années de croissance saine, avant la pandémie, du niveau de vie aux États-Unis, toutes catégories confondues, ont permis de relever tous les niveaux, une tendance qui a brillé par son absence au Royaume-Uni.

Mais une redistribution plus uniforme des gains aurait un impact bien plus transformateur sur la qualité de vie de millions de personnes. La poussée de croissance a augmenté les revenus du décile inférieur des ménages américains d’environ 10 % supplémentaires. Mais si l’on transpose le gradient d’inégalité de la Norvège aux États-Unis, le décile le plus pauvre des Américains serait encore 40 % mieux loti, tandis que le décile supérieur resterait plus riche que celui de presque tous les autres pays de la planète.

Faire fi des préoccupations relatives à la répartition d’un niveau de vie décent – ce que mesure essentiellement l’inégalité des revenus – revient à se désintéresser de la vie de millions de personnes. Tant que ces gradients ne seront pas réduits, le Royaume-Uni et les États-Unis resteront des sociétés pauvres avec des îlots de riches.

Source : Financial Times, John Burn-Murdoch, 16-09-2022

Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

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Urko // 19.10.2022 à 08h46

Vouloir la mondialisation – c’est à dire la recherche de travailleurs à bas coûts à qui on a envoyé l’outil de production (les délocalisations) ou qu’on a importés (l’immigration) – revenait à vouloir l’accroissement mécanique des inégalités de revenus puis de patrimoines en Occident. Imparable.

Or, ceux qui dénoncent les inégalités, avec sincérité le plus souvent, se confondent avec ceux qui célébraient la mondialisation, laquelle consistait pour l’Europe à i) y détruire les emplois industriels bien rémunérés et ii) y élargir le vivier de main d’oeuvre, pour les boulots non delocalisables, à des travailleurs en provenance d’aires peu développées économiquement, le tout déguisé en « ouverture sur le monde » et autres slogans creux alors qu’il ne s’agissait que de pouvoir mettre en concurrence les travailleurs à une plus grande échelle, pour accroître les marges, ce qui supposait la libre circulation des capitaux (pour investir sur les usines bâties ailleurs) et des biens (pour vendre ici les produits fabriqués dans les usines bâties là bas). Il ne faut pas s’étonner qu’en important de la paupérisation et en exportant les outils de la prospérité on ait engendré une polarisation des revenus et des inégalités croissantes. Le crédit conso, ou les subventions diverses, au logement notamment, ont pu permettre de compenser les effets délétères de la mondialisation des années durant. La hausse des taux, fille de l’inflation elle même fille de l’expansion sans fin du crédit et de l’étirement, donc de la fragilisation, des chaînes logistiques, met fin à ces expédients.

20 réactions et commentaires

  • JFG // 19.10.2022 à 07h50

    Un pauvre a un bilan carbone négligeable. Plonger 80% de la population planétaire dans la pauvreté
    est un geste écologique. Nos milliardaires pourront continuer à faire du tourisme spatiale, passer le
    weekend à Marrakech en jet privé, profiter de leur yacht pendant les vacances….et les réserves de
    matières premières ne sont pas infinies.

    Remarque: Les Crise n’ont pas rejoint le collectif de soutien à la revue Reflets?

      +14

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    • Candide // 19.10.2022 à 11h54

      Et surtout, les riches pourront se payer facilement leurs propre bilan carbone
      alors que le pauvre ne pourra plus se le permettre.

        +2

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    • Jeremia // 19.10.2022 à 16h09

      Ne riez pas, c’est un argument que j’ai déjà entendu contre l’amélioration de la condition des pauvres. Que s’ils sont moins pauvres ils prendront l’avion partout comme les plus riches et ce sera une cata pour l’environnement.

        +9

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  • Urko // 19.10.2022 à 08h46

    Vouloir la mondialisation – c’est à dire la recherche de travailleurs à bas coûts à qui on a envoyé l’outil de production (les délocalisations) ou qu’on a importés (l’immigration) – revenait à vouloir l’accroissement mécanique des inégalités de revenus puis de patrimoines en Occident. Imparable.

    Or, ceux qui dénoncent les inégalités, avec sincérité le plus souvent, se confondent avec ceux qui célébraient la mondialisation, laquelle consistait pour l’Europe à i) y détruire les emplois industriels bien rémunérés et ii) y élargir le vivier de main d’oeuvre, pour les boulots non delocalisables, à des travailleurs en provenance d’aires peu développées économiquement, le tout déguisé en « ouverture sur le monde » et autres slogans creux alors qu’il ne s’agissait que de pouvoir mettre en concurrence les travailleurs à une plus grande échelle, pour accroître les marges, ce qui supposait la libre circulation des capitaux (pour investir sur les usines bâties ailleurs) et des biens (pour vendre ici les produits fabriqués dans les usines bâties là bas). Il ne faut pas s’étonner qu’en important de la paupérisation et en exportant les outils de la prospérité on ait engendré une polarisation des revenus et des inégalités croissantes. Le crédit conso, ou les subventions diverses, au logement notamment, ont pu permettre de compenser les effets délétères de la mondialisation des années durant. La hausse des taux, fille de l’inflation elle même fille de l’expansion sans fin du crédit et de l’étirement, donc de la fragilisation, des chaînes logistiques, met fin à ces expédients.

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  • nulnestpropheteensonpays // 19.10.2022 à 09h29

    Comment une entreprise qui a bénéficié des infrastructures d’un pays , des aides , peut elle délocaliser en toute impunité .La seule raison compréhensible c’est d’appauvrir les individus d’une manière volontaire .Ou alors les gens qui dirigent ce monde sont d’une débilité monstrueuse .Alors il parait qu’il vaut mieux chercher la bêtise que le complotisme , mais peut importe , dans les deux cas il est absolument impératif de réagir très violemment , leur faire peur .Surtout de leur prendre le pouvoir et faire en sorte qu’ils ne puissent plus regrouper tout les pouvoirs comme c’est le cas actuellement .Il existe des modèles de sociétés qui contrôlaient très bien le pouvoir , chez les indiens d’Amérique par exemple .Ou alors accepter notre sort ! Et si vous voulez savoir a quoi cela peut ressembler , regardez les intouchables en Inde, et vous aurez une petite idée de ce qui nous attend .

      +7

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    • tradershort // 19.10.2022 à 10h15

      Les entreprises délocalisent pour augmenter les marges. Les salaires en Chine sont maintenant trop chers, la livre turque s’est écroulée de 80 % ce pays est un Eldorado du vêtement, l’électronique se déplace vers le Vietnam au détriment de la Chine ou plus de 25 % des diplômés sont sans emplois.

      Le capitalisme est parfaitement rationnel, mobile, la consommation est globale.

      Pas de complotisme, de la comptabilité pure et simple.

        +2

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      • Hit // 19.10.2022 à 11h25

        Sauf que c’est une comptabilité faussée qui ne prend pas en compte les coûts induits humains et écologiques.

        Le capitalisme n’est ni écologique (pas une grande nouvelle) ni humain.

        Il faut donc en changer les règles (comptables) pour le rendre humain (quand on y pense c’est quand même la base pour un système économique…qu’il soit au service de celui qui l’a crée..).

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      • Lt Briggs // 19.10.2022 à 12h29

        « Le capitalisme est parfaitement rationnel »

        Si on accepte l’idée que seul le court terme a du sens et que les Humains ont des planètes de rechange, le capitalisme est très rationnel. Je m’installe sur un territoire, je saccage son environnement, je rapatrie les bénéfices en payant des impôts dérisoires sur place, et dès qu’un accroc se produit (révolte, grève, catastrophe environnementale, fisc plus efficace…) je plie tout et je vais ailleurs, sans rien nettoyer bien sûr. Personnellement, je n’y vois pas de l’intelligence mais plutôt de l’égoïsme et de l’aveuglement. Après moi, le déluge.

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      • kriss34 // 20.10.2022 à 08h29

        > la Chine ou plus de 25 % des diplômés sont sans emplois.
        hum vous avez des sources? il y a du chomage en Chine (si on se fie a leurs stats) mais 25% des diplomés…. ça laisse songeur

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    • calal // 19.10.2022 à 13h32

      les patrons etaient obliges de delocaliser sous la pression des financiers: si vous ne delocalisiez pas votre entreprise, un concurrent,copain d’une banque, aurait eu un credit pour construire de but en blanc la meme usine que la votre mais dans un pays a plus faible cout de main d’oeuvre et vous auriez perdu des parts de marche avant d’etre mis en faillite.

      La mondialisation est la fille de la financiarisation de l’economie. Les gouvernements auraient du limiter les creations de credits des banques pour maitriser le rythme de la croissance. Mais personne n’a eu les couilles et l’intelligence de dire non . et les « too big to fail » (credit suisse,fonds de pension anglais) sont en train de tomber tout de meme,comme tout notre decor de village potemkine…

      il faudra envoyer tous ces pauvres mourir a la guerre avant qu’ils ne se revoltent…

        +11

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    • utopiste // 21.10.2022 à 11h57

      Ni bêtise, ni complotisme, il s’agit d’égoïsme, de court-termisme et de concurrence, qui mènent naturellement à l’irresponsabilité et à l’aveuglement. Nos dirigeants ne sont pas seulement méprisants, ils sont aussi méprisables.

        +2

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  • RIVIERE // 19.10.2022 à 10h16

    Nous sommes quasiment dans la même situation en France où du moins nous nous en approchons vitesse grand V, tant l’accélération sous la Macronie est fulgurante….avec l’insécurité puissance 10 en supplément…
    Il n’y a qu’une solution pour laquelle les français n’ont pas opté pour l’instant, car nous sommes dans la situation de la marmite que l’on chauffe à petit feu, avec la grenouille ou plutôt les moutons qui s’endorment doucement, juste avant d’être complètement cuits …..

      +8

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  • Savonarole // 19.10.2022 à 10h31

    Ce qui est amusant , c’est qu’au dela des discours sur « nos valeurs » « l’ordre fondé sur des règles » etc , les faits démontre que les pays ayant le moins de volonté de régulation des marchés se retrouvent avec une structure sociale de pays en voie de developpement.
    La régulation des marchés serait elle un facteur clef de developpement socio-économique ? Si les valeurs humaine et l’ordre social régulé est si important ; pourquoi passer son temps politique à combattre toute volonté de régulation ?
    Nos politiques sont des pleutres , il faut passer notre temps à leur renvoyer leur lacheté au visage. Amis politiques , envoyez donc la volaille à tout ceux qui oseraient s’en prendre aux valeurs (pécunaires) de vos administrés : la carotte pour les riches et le bâton pour les pauvres , c’est un comportement de mauvais dictateur africain et cela doit cesser… personne ne pourra plus garantir votre sureté à cours termes sans ça.

      +13

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  • antoniob // 19.10.2022 à 12h32

    Ici en Scandinavie le système socialiste implanté dans les années 30 survit encore. Dans le cas norvégien le refus d’adhérer ä l’UE est en partie du au refus de la délocalisation et dumping social. Cela a été partiellement contre-carré par la participation ä Schengen, mais l’Inspection du travail avait instauré des salaires sectoriels minimums pour limiter le dumping.

    Un autre aspect non mentionné dans l’article en sus des écarts de revenu, est le système social, santé et éducation.

    Youtube regorge de vidéos au sujet des SDF aux Etats-Unis. Parfois impressionnant. Et des gens sans assurance santé.

    Le défaut structurel du capitalisme ultra-libéral est qu’il raisonne comme une pyramide, un schéma à la Ponzi, mais la population humaine est limitée. Les déséquilibres sont alors imposés,les pauvres ici où lä étant nécesssaires pour qu’il y ait spéculation. Les analyses de Marx restent pertinentes.

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  • Bouddha Vert // 19.10.2022 à 20h49

    Dans « l’origine des systèmes familiaux », Todd rappelle que les sociétés peuvent être distinguées à grands traits suivant 2 couples opposés Libéral/Autoritaire, Égalitaire/Inégalitaire.
    Pour un français, il peut apparaitre dément d’envisager un système inégalitaire comme durable, l’étude des sociétés du monde prouve que les ressorts d’une société ne sont pas partagés sur la planète.

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  • Voldemort // 20.10.2022 à 10h40

    “C’est de l’enfer des pauvres qu’est fait le paradis des riches.”
    De Victor Hugo / L’Homme qui rit

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  • Patrick // 20.10.2022 à 22h42

    Les très riches ne sont pas ceux qui gagnent 125.000 livres par an.
    Les très riches ont bénéficié à plein des retombés de la planche à billets. C’est ce qui a multiplié le montant de leurs actifs.
    Et cette planche à billets est sous le contrôle des banques centrales et des états qui ont désespérément besoin de tout ce fric.

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    • ouvrierpcf // 21.10.2022 à 10h49

      Les états n’ont pas besoin de fric Ils ont besoin de ressources gazières pétrolières charbonnières hydrauliques nucléaires agricoles d’élevage de systèmes de santé d’hôpitaux d’écoles de prisons de tribunal de commissariat de gares de postes et etde main d’oeuvre qualifiée sua li fiée La planche a billets rétribue l’extraction des ressources leur transformation Marx encore lui avait raison la plue value est le socle de notre société

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      • Patrick // 21.10.2022 à 12h09

        la planche à billets c’est ce qui permet la fuite en avant pour des gouvernements qui ont tout promis et qui gaspillent en faisant tout et n’importe quoi. En France , c’est 50 ans de budgets déficitaires en ayant un des plus forts d’imposition au monde .. il faut emprunter et imprimer.
        bon, un jour ou l’autre la politique « du pain et des jeux » se termine forcément.

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