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29.juillet.202229.7.2022 // Les Crises

Violence armée : la seconde Guerre civile américaine est-elle lancée ?

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La violence armée n’est qu’un symptôme de la maladie en phase terminale de la démocratie américaine.

Source : ScheerPost, Blake Fleetwood
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

L’effrayante épidémie de violence par armes aux États-Unis est devenue une réalité banale. L’accès facile aux armes à feu est une menace que les politiciens nationaux n’ont pas été capables de vaincre autrement que par de simples paroles. Mais la violence armée n’est qu’un des symptômes inquiétants d’un effondrement social croissant qui menace directement notre système de capitalisme démocratique vieux de près de 250 ans.

Commençons par ceci : Il y a eu 260 fusillades de masse depuis le début de l’année, et l’année 2022 devrait atteindre un record historique. Les fusillades de masse — quatre victimes ou plus abattues en un seul incident — deviennent si fréquentes que nous y sommes devenus insensibles. Depuis les années 1980, leur nombre a été multiplié par 90, passant de 6 à 9 par an pour atteindre plus de 900 prévus en 2022. Et si les fusillades de masse se produisent partout dans le monde, les États-Unis sont tristement exceptionnels : avec seulement 5 % de la population mondiale, les États-Unis dénombrent 31 % des des auteurs de fusillades de masse. .

L’augmentation de la criminalité dans les grandes villes a conduit à la révocation du procureur de San Francisco, Chesa Boudin, lors des élections de juin, et d’autres révocations sont imminentes concernant une douzaine d’autres procureurs progressistes quant à la question des crimes violents. Les juges de la Cour suprême reçoivent des menaces de mort. Des milliers de partisans de Trump ont violemment pris d’assaut le Capitole le 6 janvier pour invalider les résultats de l’élection présidentielle, une première dans l’histoire des États-Unis.

Il est facile de faire le lien : la cupidité des oligarques américains au pouvoir a produit des inégalités massives au cours des dernières décennies. Cette élite dirigeante refuse que le gouvernement partage ne serait-ce qu’une petite partie des vastes richesses nouvellement créées avec la majorité des Américains – des gens qui se retrouvent exclus du rêve américain et plongés dans le cauchemar américain.

Ce n’est pas un hasard si cette multiplication par dix des fusillades de masse et autres désordres coïncident avec une stagnation salariale record pour la majorité des Américains sans diplôme universitaire. Ce groupe a perdu 13% de son pouvoir d’achat entre 1979 et 2017. Pourtant, le revenu national moyen par tête a augmenté de 85 %.

Salvador Ramos, le tueur d’Uvalde, travaillait pour 7,25 dollars au Wendy’s local. Il avait récemment abandonné le lycée. Il n’avait aucune chance d’aller à l’université. Il n’avait pas d’assurance maladie. Il n’avait ni espoir ni avenir. Le dernier tireur en date dans une école était tout à fait incapable de subvenir à ses besoins, sans parler de ceux de sa femme et de ses enfants. Il était pris au piège de la pauvreté, sans aucune échappatoire possible.

Selon les psychiatres, Ramos n’était pas psychotique. « Cela me rend fou quand j’entends des politiciens parler de santé mentale », a déclaré un ami, professeur de psychiatrie à la faculté de médecine de Columbia. « Se focaliser sur la santé mentale est un leurre. Cela ne résoudra rien. Les psychotiques souffrent d’hallucinations et sont délirants. Ils ne sont pas en colère. Ramos ne faisait pas partie de ceux-là. C’était un solitaire, et de toute évidence un adolescent très en colère et désorienté, comme il y en a environ un million dans ce pays. »

Selon une étude portant sur 200 tireurs de masse, l’un de leurs traits communs est bien souvent constitué par une pulsion suicidaire qui se manifeste ouvertement, les amenant à blâmer les autres. Pensez au suicide par flic interposé.

Archives sur la violence par arme. Prévisions pour 2022

Le revenu médian des ménages à Uvalde, au Texas, est de 41 683 dollars (le revenu médian américain est de 64 997 dollars). Uvalde a un taux de pauvreté de 21%, alors que le taux de pauvreté américain est de moitié moins : 11%. Le coût médian de location d’un appartement est de 633 dollars par mois, et la valeur médiane des maisons est de 77 700 dollars.

On compte à Uvalde deux fois plus de gens qui n’ont pas d’assurance maladie – 21,9% – contre 10,2% dans le reste du pays, et seulement 17% ont un diplôme universitaire contre 40% en moyenne nationale.

L’année dernière, deux économistes de Princeton, Ann Case et son mari Angus Denton (lauréat du prix Nobel d’économie en 2020), ont publié un livre très remarqué « Morts de désespoir. L’avenir du capitalisme ». Ils ont fouillé les statistiques du CDC (Centre de contrôle des maladies et des épidémies) du service national de santé — pré-pandémie — et ont découvert que les hommes et les femmes blancs en âge de travailler, sans diplôme universitaire, mouraient de suicide, d’overdoses et de maladies du foie liées à l’alcool à un rythme tel, que pendant trois années consécutives, l’espérance de vie avait diminué pour la première fois en 100 ans. Les deux professeurs ont recensé 600 000 décès supplémentaires par rapport aux prévisions. Ils les ont appelés « les morts de désespoir ».

À partir de ces données économiques et sanitaires, les deux économistes de Princeton en ont conclu que quelque chose avait profondément mal tourné en ce qui concerne le capitalisme et le rêve américain.

Au cours des quatre dernières décennies, des hommes blancs de la classe moyenne se sont mis à perdre leurs emplois pérennes bien rémunérés et sont morts prématurément. Et la cause, selon Case et Denton, est directement liée à la perte de bien-être de la classe moyenne et à une inégalité croissante qui est en train de décimer les Américains.

Au cours des décennies comprises entre 1940 et 1980, l’Amérique a engendré la plus grande classe moyenne et la plus grande prospérité pour tous que le monde ait jamais connues. Le capitalisme et la démocratie ont prospéré sous l’influence de cette classe en pleine expansion. Le rêve américain était né. On était dans un temps où les enfants pouvaient s’attendre à grandir en meilleure santé, plus instruits, plus heureux, pouvant gagner plus et vivre une meilleure vie que leurs parents.

Mais après 1980, ce rêve a commencé à se déliter pour une majorité croissante d’Américains qui ont commencé à perdre l’espoir d’acheter un jour une maison, de faire des études supérieures, de bénéficier de soins de santé décents ou d’occuper un emploi pérenne. Les auteurs de fusillades de masse font partie de cette majorité. Environ 93 % de ces meurtriers n’ont pas de diplôme universitaire, selon une étude portant sur 200 meurtriers réalisée par The Violence Project. Un autre trait commun à ces tueurs est un passé de problèmes d’emploi.

La part de revenu de la moitié des Américains les plus pauvres a diminué tandis que les plus riches accaparaient davantage de richesses. Selon la base de données sur les inégalités dans le monde, ce phénomène ne s’est pas produit en Europe.

Voir les graphiques ci-dessous

Les inégalités qui en résultent ont donné lieu à une épidémie de comportements antisociaux qui s’est rapidement développée au cours des 40 dernières années :

  • Les décès par arme à feu atteignent des niveaux records, en hausse de 45 % par rapport à la décennie précédente. En 2020, il y a eu un total de 45 222 décès par arme à feu aux États-Unis.
  • Les taux de suicide ont augmenté de plus de 30% au cours des 20 dernières années. Plus de 1,4 million d’adultes font une tentative de suicide chaque année en Amérique. Et 45 979 ont réussi leur suicide en 2020. Le taux de suicide le plus élevé concerne les hommes blancs de la classe moyenne. C’est dans la partie centrale du pays que le nombre de suicides a atteint des sommets. En 2020, on n’avait pas diagnostiqué de problème de santé mentale chez 54% des personnes mortes par suicide.
  • Les risques pour la santé des adolescents sont passés de la grossesse, de la consommation d’alcool et de drogues à la dépression, au suicide et à l’automutilation.
  • Les données sur les overdoses de médicaments du CDC indiquent qu’il y a eu environ 100 306 décès par overdose de médicaments aux États-Unis au cours de la période de 12 mois se terminant en avril 2021, soit une augmentation de 28,5 % par rapport aux 78 056 décès survenus au cours de la même période l’année précédente.

Alors, à quoi est dû cet environnement propice à la mort ?

Les bouleversements économiques sismiques — des avancées technologiques exponentielles, les innovations de l’industrie manufacturière sans main d’oeuvre et la mondialisation — ont produit des richesses abyssales pour une minuscule élite.

Mais ces nouvelles richesses n’ont pas été transmises à la majorité des Américains de la classe moyenne. C’est le contraire qui s’est passé. Au lieu d’une marée montante qui entraîne tous les bateaux, cette nouvelle richesse n’a soulevé que quelques bateaux, tandis que la plupart restent encore enlisés dans la vase.

La classe moyenne américaine a été « privée de la promesse de l’Amérique », comme l’a dit le président Biden. Au cours des 40 dernières années, elle a vu le rêve américain lui échapper. Et ces gens là ne voient aucune issue. Ils n’ont pas les moyens d’acheter une maison, de faire des études supérieures ou de se soigner. Ils ne peuvent pas trouver un emploi décent qui leur permette de gagner leur vie. Les éléments de base d’une vie correcte font partie du luxe, sauf pour les quelques plus riches. Ceci est particulièrement vrai après la pandémie et notre inflation croissante. La plupart des Américains n’ont pas d’argent. Ils vivent sur le fil du rasoir.

La majorité d’entre eux vivent au jour le jour et n’ont aucun moyen d’accumuler le capital nécessaire pour se sortir de ce piège désespéré.

Ce n’était pas le cas auparavant. La stagnation actuelle de la classe moyenne contraste fortement avec la période de 40 ans allant de 1933 à 1973, au cours de laquelle les revenus moyens de la classe moyenne ont quadruplé. Stimulé par les investissements du gouvernement et une volonté politique, le produit intérieur brut a augmenté de 5 % par an, créant ainsi une large classe moyenne américaine. Mais au cours de cette même période, le pourcentage de la richesse détenue par les 1% les plus riches a connu une forte baisse, passant de 48% à 22% de la richesse totale du pays.

Depuis le début du XXe siècle, notre démocratie et notre prospérité ont été intrinsèquement liées à l’attente d’une classe moyenne prospère et croissante, mais elle n’existe plus. Il n’y a qu’une sous-classe géante et de plus en plus désespérée, face à une élite soudée qui ne cesse de s’enrichir.

UNE « TERRIBLE NOUVELLE » GUERRE CIVILE

Images de la guerre civile (en haut) et images de l’insurrection du 6 janvier (en bas).

On a beaucoup écrit ces derniers temps sur la démocratie et le capitalisme américains et sur la façon dont notre système politique de marché libre est en danger. L’investisseur milliardaire Ray Dalio, fondateur du fonds spéculatif géant Bridgewater Associates, a déclenché une tempête de tweets en avertissant que l’Amérique est « au bord d’une terrible guerre civile » en raison de l’accroissement des inégalités.

Barbara F. Walter, une politologue de l’université de San Diego, approuve. Au cours des deux dernières décennies, elle a, pour le compte de la CIA, étudié et prédit des guerres civiles dans le monde entier.

Son nouveau livre, How Civil Wars Start, (Comment démarrent les guerres civiles et comment les arrêter) tire la sonnette d’alarme quant la probabilité grandissante d’une seconde guerre civile aux États-Unis.

Les élites économiques ont créé une polarisation pernicieuse qui a servi à diviser et à banaliser cette majorité en colère, la rendant moins apte à exprimer efficacement ses besoins.

Si cet état de fait et cette fracture politique se poursuivent au même rythme, soutient Walter, cela pourrait certainement se transformer en une seconde guerre civile.

« Une guerre civile aujourd’hui ne ressemblera pas à l’Amérique des années 1860, à l’Espagne des années 1930 ou à la Russie des années 1920. Elle commencera par des actes sporadiques de violence et de terreur, accélérés par les médias sociaux. Elle nous prendra par surprise et nous amènera à nous demander comment nous avons pu être aussi aveugles. »

Walter n’est pas la seule à penser ainsi. Stephen Marche, dans The Guardian, écrit : « La prochaine guerre civile américaine est déjà là – nous refusons simplement de la voir. »

Une étude très préoccupante conduite par le très prudent American Enterprise Institute a révélé que 39 % des Républicains sont favorables au recours à la violence pour atteindre leurs objectifs politiques. Beaucoup parlent ouvertement de guerre civile. Un récent sondage a révélé que pratiquement la majorité des Américains (46 %) pensaient qu’une future guerre civile était probable, 43 % la jugeaient improbable et 11 % étaient indécis. Les populations plus jeunes, les Républicains et les habitants du Sud, du Centre et des Grands Lacs étaient plus convaincus de l’imminence d’un conflit que ceux de l’Est. Les Noirs et les Hispaniques étaient également plus convaincus de l’imminence d’une guerre civile que les Blancs.

Alors qui —et quoi — peut être tenu pour responsable de ce cocktail toxique ?

Pour les Démocrates, c’est Donald Trump qu’il faut rendre responsable des menaces insurrectionnelles sauvages contre la démocratie, tandis que pour les Républicains ce sont bien les Démocrates qui sont responsables des émeutes violentes dans les rues et de l’accroissement de l’anarchie.

Mais ce qui en réalité porte la responsabilité sous-jacente de l’état périlleux de l’Amérique – une guerre civile larvée – c’est clairement l’inégalité galopante qui s’est développée au cours des 40 dernières années. Voyez :

  • Depuis 1978, les revenus réels des gens ordinaires, la majorité des 68 % sans diplôme universitaire, ont diminué.
  • 46 millions d’Américains disent ne pas pouvoir se payer de soins de santé. Même après la loi sur les soins abordables, 28 millions d’Américains ne sont toujours pas assurés.
  • Le taux de pauvreté est aujourd’hui d’environ 11 %, ce qui n’est guère mieux que le taux de 1973.
  • Aujourd’hui, 61 % des Américains ne peuvent pas se permettre de trouver les 1 000 dollars permettant de faire face à une urgence mineure : une dépense médicale imprévue ou une transmission cassée.
  • 75% des Américains pensent que le pays est sur une mauvaise pente.
  • Si on compare à ce qu’il se passe pour les autres nations industrialisées, les dépenses américaines en matière de soins de santé, de logement et d’éducation ont été faméliques. Pour atteindre le niveau de vie de base du Canada ou de l’Europe, l’Amérique doit plus que doubler son niveau de dépenses publiques. Il en résulte que les Américains sont beaucoup plus malades, moins éduqués, plus pauvres et plus malheureux que les citoyens de tous les autres pays industrialisés.
  • Les 1% les plus riches possèdent plus de richesses que les 92% les plus pauvres.

Ce sentiment d’avoir été trahis — fureur et marginalisation — au sein de la classe moyenne majoritaire en Amérique —à gauche comme à droite — couvait depuis des décennies, bien avant que Donald Trump ne soit même arrivé sur la scène politique.

Les manifestants d’Occupy Wall Street d’il y a quelques années et les cols bleus de la classe moyenne qui ont offert la présidence de 2016 à Donald Trump, sont étonnamment semblables dans leur détresse. Dans les deux cas ils estiment que ce n’est pas pour eux que le gouvernement travaille et qu’ils se font rouler. Dans les deux cas, ils veulent leur juste part. Mais en raison de la structure politique américaine bipartite dépassée, les deux groupes n’ont jamais été en mesure de transformer leurs griefs communs en demandes unitaires.

Diviser pour régner triomphe encore.

Tant la gauche que la droite pensent que le système tout entier est faussé à leur détriment : les tribunaux, les élections, l’économie, Big Pharma, les médias, tout. Ils croient que le système en place est contrôlé par une corpocratie contrôlée par des élites avides, corrompues, malveillantes et riches, ainsi que par les médias qui les manipulent. Le résultat en est une distorsion de nos institutions démocratiques en faveur des riches.

La majorité des Américains – noirs, blancs et hispaniques – qui n’ont pas fait d’études supérieures, font désormais partie d’une classe subalterne, quasiment sans pouvoir ni influence.

Ils ne comptent pas.

Ce n’est pas un secret. L’ancien président Jimmy Carter a déclaré que les États-Unis n’étaient plus « qu’une oligarchie avec un système de corruption politique illimitée ».

Ces grandes inégalités ne sont la faute de personne. On a accepté qu’elles se creusent pendant les présidences démocrates de Clinton, Obama et Biden et pendant les présidences républicaines de Reagan, Bush père, Bush Junior et Trump.

La seule façon de préserver notre démocratie et le capitalisme démocratique est de faire face aux préoccupations de « la grande majorité des Américains » pour qui il existe un fossé entre les réalités de leur vie et ce qui se passe à Washington.

Il faut donc se demander : que veulent les Américains ? Plus de contrôle des armes à feu, des soins médicaux accessibles pour tous, le droit des femmes à la liberté en matière de procréation, l’exclusion de l’argent et des lobbyistes du terrain de la politique, la fin des niches fiscales qui favorisent les milliardaires, de meilleures écoles, des lois électorales équitables et un budget de la défense en baisse ?

Eh bien, en bref, oui.

Tous les sondages le montrent (avec des taux de 70 %), mais aucun de ces souhaits, aussi populaires soient-ils, n’a beaucoup de poids au sein de l’establishment économique de Washington. C’est ce que conclut une étude récente du professeur Martin Gilens de l’université de Princeton et du professeur Benjamin Ingrim Page de l’université de Northwestern.

Ce n’est pas le capitalisme qui est le méchant. C’est le capitalisme rendu fou en raison du pouvoir politique. Les hommes d’affaires et les politiciens font ce qu’ils ont toujours fait. C’est juste que les règles du jeu ont changé rapidement. Les 10 % les plus riches sont devenus très riches, très rapidement, et la classe moyenne s’est retrouvée en fort déclin : de plus en plus ignorée, insignifiante et oubliée.

Mais tout gouvernement qui ne peut assurer la sécurité de sa majorité – en d’autres termes, « veiller à ce que les trains arrivent à l’heure » – perdra inévitablement sa légitimité.

Bien sûr, nous n’avons jamais eu de véritable démocratie au sens strict du terme, même si l’Amérique a eu de nombreux éléments démocratiques tout au long de son histoire. L’Amérique se classe soit au 25e soit au 36e rang (classement de l’Université de Wurzburg) de tous les pays en ce qui concerne le respect des idéaux démocratiques. The Economist qualifie les États-Unis de « démocratie viciée » tandis que les universitaires allemands qualifient l’Amérique de « démocratie défaillante. »

Les démocraties en haut du tableau sont, dans l’ordre, la Norvège, l’Islande, la Suède, la Nouvelle-Zélande, le Canada, la Finlande et le Danemark. Il n’est pas surprenant que ces pays se classent parmi les pays du monde où on est le plus heureux. Les États-Unis se classent au 16e rang.

Mais même notre démocratie « viciée ou défaillante », qui existe depuis près de 250 ans, n’est qu’une anomalie dans l’histoire de l’humanité. Elle ne survivra pas si elle ne répond pas aux attentes de la majorité et aux besoins fondamentaux de ses citoyens. La plupart des gens ne se soucient pas vraiment d’idéologie politique comme la liberté d’expression ou un système judiciaire indépendant. Ils se soucient de ce qui leur convient le mieux.

Les citoyens ordinaires sont en colère et laissés pour compte, de plus en plus disposés à faire exploser le système pour voir ce qui arrive. Les Américains insatisfaits ont voté à gauche en faveur du changement en 2008 (Obama), puis ont fait un virage à 180 degrés, et se sont déplacés à droite en faveur du changement en 2016 (Trump). Puis ils ont à nouveau fait marche arrière en rejetant Trump en 2020. À trois reprises, les Américains de la classe moyenne ont été amèrement déçus par le peu qu’ils ont obtenu : davantage de politiques fondées sur des lieux communs, tandis que les inégalités se sont amplifiées.

Les récentes manifestations et grèves de masse — enseignants, employés de General Motors, salariés d’Amazon et travailleurs du secteur de la santé chez Kaiser — incarnent toutes le malheur d’une classe moyenne frustrée. Depuis 2010, chez les jeunes adultes, âgés de 18 à 39 ans, l’opinion globale sur le capitalisme s’est détériorée au point que le capitalisme et le socialisme sont à égalité en termes de popularité parmi les millénials et les jeunes de la génération Z.

Pas étonnant que 50 millions de personnes soient convaincus que l’élection de 2020 a été « volée ». Et dans un sens, ils ont raison. Les élections sont truquées depuis longtemps par des quantités massives d’argent investies et le lobbying d’entreprise. Des rivières de dark money, collecté par les deux partis de l’establishment, soutiennent un système qui récompense les riches et décime les pauvres et la classe moyenne. Il y a sûrement quelque chose qui ne va pas quand les Comités d’action politique anonymes des entreprises ont dépensé 400 millions de dollars l’année dernière pour acheter – pardon influencer – nos élections. Et cette corruption – l’achat et la vente de lois – est parfaitement légale depuis la décision Citizens United de la Cour suprême en 2010.

Le collège électoral, depuis longtemps désuet, est un scandale majeur. Deux présidents récents, George W. Bush (2000) et Donald Trump (2016), n’ont pas été élus par le suffrage de la population. Le Sénat ne reflète certainement pas les opinions de la plupart des Américains. Comment le pourrait-il ? Un sénateur du Wyoming, dont la population est de 291 116 habitants, dispose du même vote qu’un sénateur de Californie qui parle au nom de 18 832 065 personnes. Le pouvoir politique du Wyoming est donc multiplié par 65 au Sénat.

Qu’en est-il du principe fondamental un homme, une voix ?

C’est la raison pour laquelle les tribunaux, le Sénat, la Chambre des Représentants et même la présidence n’ont pas été en mesure de fonctionner d’une manière qui reflète les besoins et les souhaits de la majorité.

La politique américaine est dominée par une élite de type oligarchie économique depuis un certain temps, et cela a conduit à la privation des droits politiques d’un grand nombre de personnes ordinaires, tant de gauche que de droite. Il s’agit véritablement d’un système où la majorité peut faire valoir valablement la thèse de la « fiscalité sans représentativité ».

Et où va cet argent ? Cette année, les bénéfices des grandes entreprises ont atteint leur plus haut niveau depuis 70 ans. Le rapport entre la rémunération des PDG et celle des travailleurs moyens est passé de 21 pour 1 dans les années 1960 à 351 pour 1 aujourd’hui. Pendant la pandémie, les inégalités se sont accélérées – 130 nouveaux milliardaires ont été enregistrés et la fortune des 745 milliardaires américains est passée à 5 000 milliards de dollars, – tandis que la vie continuait de se montrer brutale vis à vis d’une grande partie du reste de la population. Dans leur ensemble, les travailleurs américains ont perdu

3 700 milliards de dollars de salaire au cours de la même période.

Cette toute dernière réingénierie de l’Amérique – la « troisième révolution industrielle » – et cette nouvelle richesse considérable ont donné lieu à un cauchemar dystopique pour la majorité. Elle n’a donné lieu à aucun ruissellement et elle a même déclenché une dangereuse bombe à retardement qui a brisé la promesse de l’âge d’or du progrès universel et les rêves de mobilité de la classe moyenne vers le haut de l’échelle sociale.

La démocratie et le capitalisme de type libre marché ne peuvent survivre à de telles inégalités. Dans une manifestation de l’hubris, toute civilisation dominante croit dur comme fer qu’elle est la dernière et la meilleure des évolutions du développement humain et qu’elle durera toujours. C’est un fantasme. Les sociétés avancées s’effondrent à une vitesse déconcertante : les Mongols, les Grecs, les Romains, les Britanniques, les Chinois, les Mayas, les Incas et les communistes soviétiques.

Le populisme de type homme fort remplace trop souvent les démocraties et les marchés libres lors de période de déséquilibre. Les dirigeants autoritaires justifient de manière convaincante leur mépris des subtilités libérales en affirmant qu’ils représentent le peuple contre des élites économiques et politiques corrompues et déconnectées de la réalité.

Si l’Amérique, avec ses richesses illimitées, ne parvient pas à dénouer ce nœud gordien, une réaction populiste due aux inégalités tuera lentement la démocratie et le capitalisme démocratique tels que nous les connaissons. Et ce sera irréversible.

Blake Fleetwood était auparavant reporter au sein de l’équipe du New York Times. Il a écrit sur de nombreux sujets pour le New York Times Magazine, le New York Magazine, le New York Daily News, le Wall Street Journal, USA Today, le Village Voice, Atlantic et le Washington Monthly. Il est né à Santiago du Chili et a déménagé à New York à l’âge de trois ans. Il est diplômé du Bard College et a fait des études supérieures en sciences politiques et en politique comparée à l’université de Columbia. Il a également enseigné la politique à l’université de New York. Vous pouvez le joindre à l’adresse suivante : jfleetwood@aol.com/

Source : ScheerPost, Blake Fleetwood, 22-06-2022

Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

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Commentaire recommandé

petitjean // 29.07.2022 à 09h23

Oser dire, que les USA sont encore une « démocratie », est une insulte à l’intelligence !

l’oligarchie au pouvoir veut toujours dominer le monde et y consacre des sommes folles, au détriment du peuple américain : budget militaire le plus élevé du monde, plus de 700 bases dans le monde, des guerres, des assassinats, des coups d’état fomentés, ce pays est malade à en crever ! Il y a une sorte de fanatisme chez la plupart des élites américaines, certaines étant prêtes à une guerre nucléaire pour continuer à dominer le monde.

l’opposition entre les « progressistes » et les « conservateurs » va conduire à une guerre civile, voir à une sécession de certains états. L’extrême pauvreté côtoie l’extrême richesse et des millions d’américains survivent avec les fameux « food stamps ». La violence aux USA est d’abord sociale et culturelle

Ce pays est devenu un repoussoir et n’est en aucun cas une démocratie………………..

56 réactions et commentaires

  • Auguste Vannier // 29.07.2022 à 09h20

    En lisant cet article on se dit , voici un regard empreint d’une certaine lucidité. Certes ça fait bien longtemps que pas mal d’intellectuels US et du monde entier ont pointé tout cela et alerté sur les dangers de ce qui constitue une idéologie, c’est à dire un système d’idées dont la logique apparente est coupée de ses postulats de départ et masque la réalité en donnant une « fausse conscience ». Mais bon, mieux vaut tard que jamais, et puis…patatras la petite phrase qui confirme la puissance de l’idéologie:
    « Ce n’est pas le capitalisme qui est le méchant. C’est le capitalisme rendu fou en raison du pouvoir politique. »
    L’inversion de la réalité est ici éclatante: le capitalisme est rendu fou parce qu’il a évincé le Politique (ou en a mis une parodie à son service), au nom de sa logique économique.
    Ce qui ne manque pas de piquant, peut-être une forme d’ironie inconsciente, c’est de citer les travaux d’une analyste de la CIA experte en « Guerre Civile »: « Elle nous prendra par surprise et nous amènera à nous demander comment nous avons pu être aussi aveugles.» Ben oui.nul n’est prophète en son pays…

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    • Octave-Key // 29.07.2022 à 12h59

      « Ce n’est pas le capitalisme qui est le méchant. C’est le capitalisme rendu fou en raison du pouvoir politique. »
      Cette phrase stupide rappelle les propos que tiennent les communistes obtus : « Ce n’est pas le communisme qui est mauvais. C’est le communisme détourné par le pouvoir politique».
      Dans les deux cas, ceux qui défendent ces systèmes se trompent, car le fait qu’un régime politique puisse être détourné est la preuve que ce régime n’est pas viable.

        +8

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      • Velgastriel // 29.07.2022 à 13h01

        Mais quel régime politique ne peut être détourné, au juste ?

          +6

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        • Loransea // 29.07.2022 à 19h33

          salut Velgastriel, c’est la question !
          Nous devons réfléchir avec l’aide de l’Histoire et de chercheurs présents à des institutions où le pouvoir est dilué car c’est bien connu «le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument.»
          Il y a les travaux pratiques aux États-Unis et au Canada de Terri Bouricious entre autres, https://vivelademocratieblog.files.wordpress.com/2016/05/traduction-bouricius-la-dc3a9mocratie-c3a0-tirage-au-sort-multi-institutionnel_imp-1.pdf
          Une petite biblio-vidéo-thèque sur le sujet est en lien dans ma réponse à Octave-Key.
          Cdlt

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        • RGT // 30.07.2022 à 18h55

          Un seul : L’anarchie car les décisions sont prises directement par TOUS les membres de la société…
          Vous me répondrez que jusqu’à présent nous n’avons pas eu d’exemples d’anarchies réelles.

          Oui, car malgré les positions « opposées » d’opérette le seul objectif des partis politiques « classiques » est simplement de garantir leur pérennité et le confort de vie de ses dirigeants qui pour ce faire doivent OBLIGATOIREMENT défendre bec et ongles un pouvoir centralisé et pyramidal.

          Et même les plus simples progrès démocratiques réels, le mandat impératif par exemple (l’élu s’engage à suivre un programme défini à l’avance et doit consulter les électeurs avant chaque vote sinon il se fait éjecter) son bien sûr strictement interdits par les « constitutions » censées préserver les simples citoyens des dérives dictatoriales des oligarques.

          Quand vous votez pour un prétendant séduisant qui vous caresse le cul avec volupté vous vous contentez simplement de donner votre voix à son supérieur hiérarchique qui n’hésitera pas un seul instant à vous « marcher sur la gueule » pour en retirer un petit avantage.
          Et bien sûr vous devrez fermer votre gueule pendant 5 ans car c’est ainsi que fonctionne la démocrassie…

          Et 5 ans plus tard vous voterez pour le « caresseur de culs » d’en face par vengeance, déception ou désespoir et vous repartirez pour un tour sous la même bannière mais d’une couleur différente.

          La différence avec une monarchie absolue est uniquement dans les termes…
          De toutes façons ce sont les oligarques qui commandent.

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          • Velgastriel // 03.08.2022 à 06h24

            J’ai plutôt tendance à croire que l’anarchie peut facilement donner ce que donnent les sociétés sans état, càd le retour au féodalisme et au tribalisme.

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      • Loransea // 29.07.2022 à 19h25

        salut Octave-Key, il me semble que l’être humain est une feuille blanche. Si nous souhaitons moins de corruption’ nous devons penser des institutions où la corruption est rendue difficile et ou elle est durement sanctionnée. Il se trouve que les Grecs y avaient penser avant nous.
        Voici une petite médiathéque sur le sujet :
        https://agora.datagueule.tv/t/mediatheque-democratie-non-exhaustive/3291

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      • Cévéyanh // 01.08.2022 à 20h02

        A Octave-Key,
        Le « régime détourné » serait, d’après Lobaczewskil (psychiatre polonais), une phase où en serait la société. Il a connu les régimes communiste et nazi. A cette époque, il a fait une analyse de la société polonaise sous ces régimes et a formé une théorie (décrit dans un livre) : toutes les sociétés fonctionnerait selon un cycle de 4 phases (« temps heureux », constitution des associations ponérogéniques, constition de la pathocratie, constitution du contre-pôle anti-pathocratique). Toute société passerait donc par la pathocratie : « système qui est assuré par le pouvoir de gens psychiquement malade et qui vont répondre des pathologies pour régner à travers elle ».

        Il dit que l’autoritarisme amène à la pathocratie. Cela viendrait d’abord de la réalité qui vient percuter pendant les « temps heureux ». Au lieu de prendre en compte cette nouvelle réalité et s’y affronter puis chercher des solutions, une partie des humains politique la cache. Cela entraîne des effets sur la société petit à petit et à tout niveaux (relations entre des gens dans des associations, dans des entreprises). Des personnes psychiquement malade ont alors plus d’influences sur des d’autres personnes qui cherchent la vérité (la réalité), puis seraient berner par leurs mensonges. Certaines personnes commencent alors à avoir des pathologies car elles sont en relation avec ces personnes psychiquement malade. (1/2)

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        • Loransea // 01.08.2022 à 22h27

          Le propos de Lobaczewki est fort intéressant, il m’évoque ce que René Girard a nommé «crise sacrificielle» engendrée par la «rivalité mimétique», un phénomène commun à beaucoup de sociétés humaines lorsqu’elles sont confrontées à des crises graves… crise systémique, pandémie, catastrophe… Je pense que les régimes totalitaires génèrent eux-mêmes la crise. Ceci dit , selon Girard, la violence est intrinsèque aux socétés humaines, rien ne va plus quand les institutions qui contiennent cette violence (dans les deux sens du terme) n’arrivent plus à la contenir…

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          • Cévéyanh // 02.08.2022 à 22h40

            C’est aussi intéressant cette approche par la « rivalité mimétique ». Cela me fait plus pensé aux imposteurs et imposteures que décrit Roland Gori qui deviennent de plus en plus nombreuses dans un certain environnement où le paraître est devenu plus important qu’être. Il dit que nos sociétés (surtout occidentales) du conformisme, de la norme (rejoint l’idée de Girard d’indifférenciation des individus) les fabriquent : https://www.youtube.com/watch?v=2FEtiA18lZU

            Concernant la « crise sacrificielle », l’humanité a été conditionnée depuis fort fort longtemps aux récits. Elle semble être une adolescente qui a beaucoup développé son côté animalité de possession (« AVOIR » la nourriture, la terre, le confort, la santé…) avec l’aide maintenant des technologies, de la science et n’a pas assez développé (contrebalancé ?) son côté psychique (« ETRE » plus compréhensive, plus nuancée, plus en conscience…). Elle est toujours, à certaines de ses périodes, trop summergée par ses émotions (côté animalité) surtout par la peur et la colère (qui peut amener à la violence). Elle cherche peut-être à s’échapper de certaines de ses émotions par la violence au lieu de les surmonter/dominer et non réprimer/refouler (de plus en plus difficile lorsque ces émotions sont devenues très vives). Par conséquent, n’est-elle pas facilement attirée par des récits qui suggèrent des « méchants » (des bouc-émissaires) pour l’appaiser (par l’extérieur)? (1/2)

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          • Cévéyanh // 02.08.2022 à 22h56

            Vous avez écrit que « d’après Girard, la violence est intrinsèque aux sociétés humaines ». Lorsque les humains étaient des proies, la violence permettait de se protéger de ses prédateurs d’abord puis contre d’autres humains pour la nourriture au temps préhistorique. Depuis, les humains ont réussi par la culture, les religions c’est-à-dire les récits à se changer, à devenir « société ». Pour autant, la violence était toujours présente par la présence de soldats pour se protéger des autres humains, pour garder son territoire ou en conquérir. C’est le côté de l’animalité que l’humain a amplifié par rapport aux autres animaux (du fait des émotions sont plus ressenties par rapport à eux ?).

            Alors la violence est-elle intrinsèque et donc « entretenue et cultivée » ou est « entretenue et cultivée » depuis le début de la société et par conséquence est intrinsèque ?

            Par « entretenue et cultivée, c’est par :
            – des récits (livres, histoires orales, chansons…) – des jeux pour enfants (par exemple : fausse épée pour faire comme les soldats)
            – des compétitions (sports de combat)
            – des nouveaux récits (films, séries, jeux vidéos)
            – des publicités de films d’action ou recrutement pour l’armée)
            – des défilés des armées (et pourquoi pas un défilé des pompiers, du personnel soignants, personnel de l’hygiène…),
            – des slogans, des symboles, le langage (« combattre » le cancer). (2/2 + suite)

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          • Cévéyanh // 02.08.2022 à 23h09

            (suite)
            – par « éducation » des enfants (giffles, fessées, coups…) dont certains refont la même éducation avec les leurs (à voir la correction des élèves encore en vigueur dans certains états et écoles des Etats-Unis).

            Les institutions ne sont pas faites pour contenir la violence mais à ordonner notre société en équité. Ce ne sont pas les institutions qu’il faut « blamer » mais les personnes dans ces institutions qui n’ont pas faites des lois/règles, ordonner POUR L’ENSEMBLE de la société et n’ordonne que pour seulement une minorité. Cette minorité aussi qui ne cherche plus qu’à « AVOIR ». Elles peuvent fracturer encore plus la société qui ne se laisse plus que diriger par ses émotions, petit à petit.

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      • Cévéyanh // 01.08.2022 à 20h27

        Michel Drac, esssayiste, a fait une note de lecture du livre avec ses critiques et analyses dans cette vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=uFDS84er2K8 (2/2)

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  • petitjean // 29.07.2022 à 09h23

    Oser dire, que les USA sont encore une « démocratie », est une insulte à l’intelligence !

    l’oligarchie au pouvoir veut toujours dominer le monde et y consacre des sommes folles, au détriment du peuple américain : budget militaire le plus élevé du monde, plus de 700 bases dans le monde, des guerres, des assassinats, des coups d’état fomentés, ce pays est malade à en crever ! Il y a une sorte de fanatisme chez la plupart des élites américaines, certaines étant prêtes à une guerre nucléaire pour continuer à dominer le monde.

    l’opposition entre les « progressistes » et les « conservateurs » va conduire à une guerre civile, voir à une sécession de certains états. L’extrême pauvreté côtoie l’extrême richesse et des millions d’américains survivent avec les fameux « food stamps ». La violence aux USA est d’abord sociale et culturelle

    Ce pays est devenu un repoussoir et n’est en aucun cas une démocratie………………..

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    • Alain // 01.08.2022 à 19h48

      Est-ce tellement mieux en Europe? Les transferts sociaux ont caché la poussière sous le tapis, mais ces transferts ne sont pas à charge des plus riches et sont maintenant payés par la planche à billet. La faillite inévitable fera tout pêter à la figure et on verra que le roi est nu comme aux USA

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  • John V. Doe // 29.07.2022 à 09h26

    Au regards des images de la manifestation du 6 janvier apparaît clairement un dispositif policier évidemment insuffisant tant en nombre qu’en moyens et en commandement. Les autorités en charge de la sécurité auraient voulu que l’envahissement du Capitole ait lieu qu’elles n’auraient pas agi autrement. Surtout quand l’on connaît la violence habituelle des polices tant aux USA qu’en Europe

    Les complices trumpistes de la manifestation et ses opposants, néo-libéraux Démocrates et Républicains confondus, se rejoignaient dans ce souhait de voir se réaliser un acte principalement symbolique sans portée physique réelle : pas de morts volontaires et les envahisseurs se sont retirés le jour même, sans combats ni dégradations majeures (ni incendies, ni coups de feu). Nous avons vu régulièrement dans les pays de l’OCDE des débordements autrement plus massifs et des blessés en bien plus grand nombre sans que l’alarme ne soit jamais sonnée. Sans même parler des actions policières.

    Les conséquences politiques permettaient d’espérer la mise hors jeu de Trump pour les derniers et l’expression de sa popularité pour les premiers qui ont sous-estimé la capacité de création de la réalité par les médias majoritaires, notamment par l’invention d’une « insurrection ». Un terme totalement hors de proportion avec la réalité comme nous le savons tous… Tous ceux qui savent lire un dictionnaire en tout cas et c’est un groupe de plus en plus minoritaire, même dans les médias ou dans la classe politique.

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    • Patrick // 29.07.2022 à 10h14

      J’ai pu suivre les événements du 6 janvier , quasiment en direct sur twitter.
      les gars postaient des vidéos en temps réel de leur visite des locaux, avec les flics qui faisaient les guides touristiques .. et cette vidéo d’un flic qui tue une femme quasiment à bout portant à travers une porte vitrée.

      ça n’avait rien d’une insurrection , c’était juste du grand Guignol même si les démocrates essaient d’instrumentaliser ça après l’échec du Russiagate.

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  • Hiro Masamune // 29.07.2022 à 09h37

    Ils sont en guerre civile depuis un bout, la guerre des riches contre les pauvres. Le défaut de réponses politiques plausibles va amener à une guerre institutionnelle encore plus ouverte qu’aujourd’hui.
    C’est un conflit « à bas bruit » qui va larver jusqu’à ce qu’une alternative politique se cémente où dégenrer dans diverses sécessions et d’ailleurs un fait notable qui n’est pas reporté ici c’est les migrations inter-états suite aux politiques pandémique qui ont renforcé la polarisation politique des états entre les « conservateurs » et les « progressistes » (surtout à défaut de pouvoir parler de tout le reste). Ça n’a l’air de rien mais c’est un indicateur de plus.
    On en est pas encore aux solutions militaires mais ça dépendra surtout des interactions entre le marais et les états qui voudraient faire leur « brexit ». Quelque fusillades ne font pas une guerre civile … surtout quand c’est des pauvres qui tirent sur d’autres pauvres.

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    • Yom // 29.07.2022 à 14h26

      Pour apporter une petite précision de vocabulaire, cette « guerre civile » que vous dénoncez, celles des riches contre les pauvres, s’appelle aussi « lutte des classes ».

      Il y a une abondante littérature sur le sujet, depuis maintenant un bon siècle et demi, que les médias à la botte d’un des camps de cette lutte voudraient faire passer pour ringarde, mais qui n’a en fait au contraire rien perdu de sa pertinence.

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      • Ellilou // 29.07.2022 à 17h20

        Vous avez raison mais c’est une bien étrange lutte des classes où les dominés rejettent tout partage, toute coopération, toute entraide, refuse la moindre once de socialisme, et je ne vous parle même pas de communisme.

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        • Ovni de Mars // 30.07.2022 à 10h32

          Non, cette étrangeté est bien connue : depuis longtemps, beaucoup de dominés votent à droite persuadés qu’ils sont par la propagande des dominants, qu’une Le Pen par exemple est de leur côté.
          Le lavage de cerveaux est-il plus efficace aux USA qu’en France ? Peut-être mais en France, la gauche même pas socialiste mais simplement social-démocrate n’a eu qu’environ 25% des votants à la dernière élection présidentielle.

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        • RGT // 30.07.2022 à 19h25

          Je tiens quand-même à vous rappeler que les USA étaient à la fin du XIXè et au début du XXè siècles un pays qui comptait une communauté anarchiste très importante et active (et aussi pacifique, comme tous les anarchistes) qui a été massacrée sans vergogne par les oligarques qui contrôlaient les institutions de l’époque et voyaient là le plus grand danger pour leurs privilèges exorbitants.

          Souvenez-vous du massacre de Haymarket Square le 4 mai 1886 à Chicago, à ‘origine du 1er mai (sauf aux USA) : Les ouvriers anarchistes demandaient la journée de travail de 8 heures…

          Et il en a été ainsi jusqu’à l’inculpation et la condamnation à mort de Sacco et Vanzetti en 1920 https://www.youtube.com/watch?v=gL5jgZLTBj0 et aussi https://www.youtube.com/watch?v=XGhnE53PVzk (inculpation mensongère mais politiquement utile pour « exploser » les anarchistes), suite à quoi les anarchistes ont été chassé comme des lapins en toute légalité par les services de police pour le plus grand bonheur des oligarques.

          Ensuite il y a eu la seconde guerre mondiale (avec les oligarques qui admiraient les nazis et les aidaient sans restrictions)…

          Puis l’URSS qui a refusé de s’agenouiller devant les oligarques US, donc la guerre froide et le Maccarthysme qui a été le moteur principal pour exterminer toute velléité d’équité sociale au nom de la « liberté »…

          Et depuis la chute le suicide de l’URSS les inégalités ont explosé… Allez savoir pourquoi.
          Quand on n’a plus d’ennemi il n’est plus nécessaire de « balancer du fric par les fenêtres » pour la propagande du « pays le plus heureux »…

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        • Seth // 31.07.2022 à 17h54

          Ce phénomène est bien connu, il s’appelle le lumpen proletariat et il est en développement constant depuis en gros la fin des 30 glorieuses.

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  • Merlin // 29.07.2022 à 09h58

    En bref:
    -les USA font face à une récession
    -la classe moyenne et la classe populaire souffrent
    -la pauvreté entraîne de la violence
    -les inégalités entrainent de la violence
    -les perspectives ne sont pas bonnes
    -la population est divisée
    Il y a donc des raisons de penser qu’une guerre civile est possible. Rien de neuf sous le soleil. Don’t look up.

    Je voudrais attirer l’attention sur la tendance hoplophobe que Les Crises affirme depuis un peu plus d’une année maintenant, souvent en rapportant des images ou discours du parti Démocrate US et de ses affiliés.
    N’oublions pas que les USA sont aussi variés qu’il y a d’états différents.
    N’oublions pas non plus que la Suisse, La France(qui autorise un simple bijoutier à porter une arme), le Canada, la Suède et bien d’autres pays dont les citoyens possèdent des armes à feu légalement n’ont pas ces problèmes de tueries de masse et autres excès.
    Rappelons également la priorité donnée par les régimes autoritaires ou l’occupant à la confiscation des armes à feu pour asseoir leur pouvoir.
    Enfin, dans les pays qui ont interdit la quasi totalité des armes à feu(UK, Aus…) le taux d’homicide n’est pas moins élevé, l’accès aux armes à feu illégales ou d’opportunité(couteau, mobilier, outils…) restant présent.
    Une arme tue, comme un stylo fait des fautes d’orthographe et une voiture crée des accidents. Vraiment?

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    • vert-de-taire // 29.07.2022 à 10h40

      Contre les armes à feu (en plus ou moins libre circulation) risquant de se retourner contre le pouvoir en place,
      il y a beaucoup plus puissant en « ‘temps normal » :
      cela s’appelle la l’hypnotisme médiatique, ou l »assomoir télévisuel.
      Cette lobotomisation des cerveaux est parfaitement mesurable, mesurée.
      Elle fonctionne bien, en « temps normal », i.e. jusqu’à un certain seuil.
      C’est ce seuil qui semble être considéré comme franchi dans cet article d’une naïveté confondante.

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      • Grd-mère Michelle // 30.07.2022 à 15h16

        « … hypnotisme médiatique, ou assomoir televisuel. »… ou même radiophonique…
        Oui, on ne peut pas, à l’heure actuelle, s’interroger sur les raisons de la violence, de la guerre(civile ou autre), sans se rappeler l’horrible drame survenu au Rwanda en 1994, et qui se poursuit sans relâche dans l’est de la République Démocratique du Congo:
        cette région d’Afrique qui regorge de matières premières nécessaires aux technologies de la « digitalisation », où des populations entières (hommes, femmes et enfants) ont été privées de leurs terres nourricières et condamnées à creuser dans des trous, avec leurs mains, pour se procurer un peu d’argent afin de s’alimenter(et où la « racaille » mondiale, des USA, de Chine et de Russie -entre autres- soutiennent opportunement divers « rebelles »).
        Mais de ces pauvres gens, tout le monde s’en fout, trop occupé à agiter les doigts sur son smartphone…pour se procurer les « facilités » du monde moderne(en rapport direct avec « l’Uberisation » des sociétés).
        À noter que le gouvernement de la RDA a récemment demandé de l’aide à l’ONU pour venir à bout de cette « guerre civile »…

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    • Dominique65 // 29.07.2022 à 11h10

      L’homophobie est « la peur irraisonnée des armes »
      Est-ce irraisonné de se soucier des 900 fusillades de masses prévues pour cette année aux États-Unis ? Et à partir de quel niveau cela ne le sera-t-il plus ?

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      • Maximytch // 29.07.2022 à 11h32

        La violence d’une société n’est pas déterminée par le nombre d’armes qu’elle possède.
        Les suisses sont tous armés mais il n’y a pas (encore) de tueries la bas.
        Le capitalisme américain tue car il rend les gens malades de vivre dans cet enfer pas parce qu’il produit des armes.

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        • Ovni de Mars // 30.07.2022 à 10h36

          Difficile à dire. Les Suisses sont armés certes mais il n’y a pas de culte de l’arme en Suisse. Il me semble par exemple qu’il n’y a pas d’artilleries en Suisse alors que dans certains états nord-américains, on peut aller acheter une arme au coin de la rue.

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      • Grd-mère Michelle // 01.08.2022 à 15h05

        @Dominique65 « Hoplophobie », pas homophobie… Sans doute une erreur due à un réflexe de votre correcteur automatique?
        J’ai dû chercher la signification de ce mot, jamais lu/entendu de ma vie, issu du grec ancien: hoplon= arme
        Chaque phobie est, par définition, irraisonnée, une névrose, un déséquilibre mental.

        @Merlin Mais, dans le cas des armes(surtout « à feu »), la peur, raisonnée ou pas, est bien naturelle et de « bon sens » instinctif!
        Alors que l’opposition au sur-armement et à la guerre a été longuement et mûrement réfléchie, « raisonnée » et argumentée depuis des siècles par de nombreuses philosophies, et renforcée au cours des dernières décennies par des scientifiques alerté-e-s par l’état désastreux de notre environnement(notre biotope)…
        Ça vous dérange, qu’elle s’exprime?

        La xénophobie, suscitée, amplifiée par tout qui gouverne un « territoire », d’autant plus un « empire », est sans doute un excellent moteur pour augmenter ses moyens de « défense ».

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    • Yom // 29.07.2022 à 14h31

      Position intéressante. J’en profite pour glisser le conseil, à ceux qui ne l’auraient pas fait, de regarder le film documentaire Bowling for Columbine, de Michael Moore. Cela va effectivement globalement dans ce sens.

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  • Lev // 29.07.2022 à 10h10

    Il y avait le mythe du bon sauvage, il y a maintenant le mythe du bon capitalisme : le « capitalisme démocratique ». Comme si le capitalisme avait été un jour démocratique !
    Pour mémoire, à peine au pouvoir en France, la classe capitaliste installe la loi Le Chapelier qui interdit les rassemblements et les organisations indépendantes. Les avancées démocratiques du 19 et du début du 20 siècles sont dues aux différentes luttes des ouvriers, paysans, artisans ; face à cela la classe capitaliste n’a eu recours qu’à la violence, elle a fini par se jeter dans les bras du corporatisme, du fascisme, du petainisme pour reprendre toutes les libertés et avantages qu’elle avait dû concéder.
    Ce n’est certainement pas en épaulant aux USA, la caste belliciste (républicaine ou démocrate) qu’on trouvera la solution.
    La « guerre »que la classe du capital mène contre les autres est la même en Ue ou les possedants reviennent sur tous les acquis : hôpital, école… pour tout supprimer qui ne leur profite pas

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    • Patrick // 29.07.2022 à 11h19

      Le capitalisme n’est pas un système politique , il n’est ni démocratique , ni moral … Ces questions de démocratie et de morale dépendent simplement des gens qui s’installent au pouvoir..
      I n’y a pas de « classe capitaliste  » , il y a une classe qui prend le pouvoir et qui l’exerce à son profit que le système soit dit capitaliste , socialiste ou autre , et c’est cette classe ( des humains ) qu’il faut contrôler.

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      • vert-de-taire // 29.07.2022 à 11h45

        Sauf QUE NON.
        Le capitalisme EST, consacre, le pouvoir DES RICHES.
        Le capitalisme EST la détention des moyens … sociaux.

        CQFD.

        Mais, OUI, il existe d’autres régimes de type ploutocratique.
        Le fascisme se base sur la puissance de l’argent ET de la violence armée pour asservir.

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        • Cévéyanh // 30.07.2022 à 11h46

          Le capitalisme n’est-il pas plutôt la consécration, la « permission » des personnes qui accumulent sans cesse et sans limite, qui peuvent accumuler la richesse et l’accumuler pour plusieurs générations ? Celles qui peuvent obtenir un « capital » (patrimoine, argent, mobiliers…) de plus en plus ou qui en possèdent beaucoup du fait de la sucession c’est-à-dire l’accumulation faites par les générations précédentes ?

          Le capitalisme est attaché à « AVOIR » plutôt qu’à ETRE. Ce qui peut amener à une société de plus en plus en perte de sens et surtout lorsque le curseur « AVOIR » est devenu de plus en plus important que « ETRE ».

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      • Loransea // 29.07.2022 à 19h51

        Oui, le Capitalisme est un système politique et en plus il est totalitaire puisqu’il s’immisce jusque dans nos corps, dans notre rapport à la Nature et à nous-même.
        Il suffit de comprendre les fondements légaux du capitalisme. L’ordo-libéralisme allemand en est un exemple récent auquel peuvent être ajoutés le système des enclosure qui a permis la concentration et l’appropriation des terres communes par la Gentry, les lois sur le vagabondage promues par Ricardo qui ont spolié les pauvres de l’aide sociale que leur procuraient les paroisses !
        Le capitalisme est politique puisqu’il gère nos rapports sociaux ! D’ailleurs les théoriciens du Capitalisme l’ont nommé économie politique…
        Je vous suggère l’excellent épisode de « Infernet », MUKBANG : CES YOUTUBEURS QUI VENDENT LEUR VIE POUR DES VUES par Pacôme Thiellement sur Blast.

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    • vert-de-taire // 29.07.2022 à 11h22

      Exactement !
      On peut parler du mythe de la ‘démocratie’ que les révolutions bourgeoises (pays bas, anglaise, états-unienne, française ..) ont propagé.
      La bourgeoisie a toujours écrasé les travailleurs, c’est à dire la très grande majorité de la population – cela invalide le concept et la chose. Et quand par exaspération de leur misère, les travailleurs ont tenté de se rebeller, la bourgeoisie (comme l’aristocratie précédente) les a massacrés, elle a terrorisé les rebelles demandant à survivre convenablement. Les massacres de gueux émaillent l’histoire « démocratique ».
      L’usage du qualificatif démocratique attribué au régimes occidentaux est donc FAUX.

      Depuis plus de 200 ans nous vivons en PLOUTOCRATIE.
      Mais nos cerveaux reproduisent ce qu’ils perçoivent à savoir la propagande médiatique. Cette capacité à imiter-reproduire étant câblée depuis des millions d’années et gage de survie, nous domine à notre insu.

      Pour preuve, cette incapacité à nous déprendre des mots captieux du pouvoir comme celui-ci : « nos démocraties ». Il suffit de réfléchir une minute pour réaliser l’absurdité de l’usage de cette expression.

      L’autre grande arnaque similaire à mes yeux est la séparation entre capitalisme et idéologie.
      Comme si le capitalisme qui nous domine ne serait pas une idéologie !
      Ce dernier terme réservé aux ennemis du capitalisme dont le premier serait le collectivisme socialo-communiste (pour rester simple). Ce décalage sémantique est exemplaire de la propagande ploutocratique réussie à notre insu.

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  • Dorian // 29.07.2022 à 10h16

    Bon, on parle des effroyables « emeutiers » conservateurs du Capitol mais pas un mot sur les centaines d’émeutes de prétendus BLM, de zones entiéres de villes comme Seattle laissées à la racaille.
    Considérer comme légitime une élection remportée providentiellement par des millions de votes par correspondance est en soit, déjà un appel à l’émeute.
    J’arrête.
    Les Yankees de tout bord ont une tendance lourde à l’aveuglement à géométrie variable.
    C’est entrain de causer leur perte.
    Et c’est tant mieux. Raz le bol de la domination des tartufes cretinisés.

      +9

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  • Christian Gedeon // 29.07.2022 à 12h32

    Hilarant article. Intro ça va être la guerre civile aux U S. Conclusion c’est la guerre civile aux US. Corps du sujet je vous explique que j’ai raison et que la guerre civile est là. Le journaliste est d’accord avec lui même. C’est déjà ça. Plus sérieusement j’engage ce journaliste idéologue à sortir un chouia de son obsession US et de regarder les vraies guerres civiles et autres qui constellent la planète.

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  • petitjean // 29.07.2022 à 12h40

    Cette « grande » nation malade est dangereuse pour le monde

    Les États-Unis doivent se réformer en un état différent. Ce chien enragé qui court autour de la planète, construisant des bases militaires partout, bombardant tout ce qu’ils veulent, finançant et armant les « bons terroristes » est trop dangereux pour être accepté dans ce monde de plus en plus globalisé. Rappelez-vous quand cette sorcière raciste, Madeleine Albright, a qualifié les États-Unis de « nation indispensable » en 1998 ? Cette expression sous-entendait que la politique internationale des États-Unis considérait que les autres nations étaient dispensables.

    Les États-Unis ont bombardé la Serbie en 1999, l’Irak en 2003, la Libye en 2011, etc, etc. Le plus fou dans tout cela, c’est qu’une grande partie de la raison pour laquelle les États-Unis déclenchent des guerres est que les gens gagnent d’énormes sommes d’argent en fabriquant et en vendant des armes, et qu’avec les lois américaines sur le lobbying (essentiellement de la corruption légalisée), ils peuvent influencer les décisions de politique étrangère. J’espère qu’ils pourront réformer leur pays par le biais d’un processus interne qui n’implique pas le déclenchement d’une énième guerre, sinon les choses pourraient très mal tourner. Les ICBM thermonucléaires d’aujourd’hui sont bien plus puissants que ceux que les États-Unis ont lancés sur Hiroshima et Nagasaki.

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    • JnnT // 29.07.2022 à 16h28

      « Le plus fou dans tout cela, c’est qu’une grande partie de la raison pour laquelle les États-Unis déclenchent des guerres est que les gens gagnent d’énormes sommes d’argent en fabriquant et en vendant des armes »

      Oui, et entretenir des guerres extérieures est un moyen de tenir le pays contre des ennemis (créés de toutes pièces) et de donner aux étasuniens un sentiment de puissance collective. Sauf que la vraie puissance est réservée au 0,1% les plus riches dont il ne faudrait pas les étasuniens dans leur ensemble se rendent compte qu’ils sont leur ennemi RÉEL.

        +5

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  • paulo // 29.07.2022 à 12h57

    Avec des menaces de troubles intérieurs, rien de mieux qu’une bonne guerre extérieure pour mettre tout le monde d’accord .

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  • calal // 29.07.2022 à 12h59

    pourquoi commencer un article sur l’inegalite des revenus et la pauvrete aux usa par la question des armes a feu en vente libre aux usa?
    -si le mec etait pauvre,pourquoi a t il achete toutes les armes dont il s’est servi plutot que de s’acheter un ticket de bus pour refaire sa vie ailleurs ou pour des outils pour commencer une chaine youtube ou un usine de charpente?
    -on parle de sante mentale mais pas de tous ces medecins psy qui prescrivent des anti depresseurs dont l’action est nefaste

    Croyez vous que quand il n’y aura plus d’armes en vente libre aux usa,l’inegalite de revenu va diminuer ou va t elle augmente? Croyez vous que les pauvres ne peuvent pas se massacrer entre eux horizontalement a coups de machette plutot qu’a coups d’armes a feu? Parce que vous etes des « sans dents » vous voulez desarmer ceux qui en ont encore?

    ps: il semble qu’en france la gendarmerie nationale a commande un grand nombre de blinde leger avec mitrailleuse telecommandee… pourquoi donc? chagement d’echelle de prevu et lbd insuffisant?

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    • Lt Briggs // 29.07.2022 à 14h29

      « pourquoi commencer un article sur l’inegalite des revenus et la pauvrete aux usa par la question des armes a feu en vente libre aux usa? »

      Plus les armes à feu en libre circulation feront de morts, plus la population sera demandeuse d’une politique dure à l’égard de tout ce qui ne rentre pas dans le moule : quartiers défavorisés, Noirs, manifestants, militants, etc. Une société violente limite les échanges qui sont à la base de la démocratie et engendre souvent le chaos, d’où émergent plus facilement des forces extrémistes. Si on met de côté les armes utilisées dans un cadre purement sportif, la possession d’une arme est le symptôme d’un malaise : la peur. Peur des voisins, des cambrioleurs, des gens qui ne sont pas du coin, des détraqués…
      Selon les centres pour le contrôle et la prévention des maladies, les foyers américains détenant une arme à feu ont un taux de suicide 5 fois plus élevé que la moyenne. Je ne vois vraiment pas en quoi les armes représentent un facteur de progrès ou d’émancipation. J’y vois plutôt une réponse simpliste, qui masque peut-être le renoncement à comprendre et donc changer en profondeur les structures du système.

        +4

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      • JnnT // 29.07.2022 à 16h15

        Les armes détenues sont juste un faux symbole de liberté préservant la dignité personnelle. Les étasuniens ont des armes mais leur banquier a le doigt sur la détente et ils savent qu’ils sont dans sa ligne de mire.

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        • Lt Briggs // 29.07.2022 à 17h40

          « Les armes détenues sont juste un faux symbole de liberté préservant la dignité personnelle.  »

          C’est exactement ça. Quand on s’est fait ratiboiser son compte en banque par son assureur, son logeur, son employeur et son sénateur, qu’on a des « débats » politiques affligeants, une arme à feu chargée donne l’illusion d’être maître de son destin, de mener sa barque.

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  • petitjean // 29.07.2022 à 13h58

    l’extrême frustration engendre l’extrême violence !
    faut-il encore refaire la liste ici ?

    les USA sont un anti modèle…..

      +8

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  • JnnT // 29.07.2022 à 16h07

    Walter Scheidel, professeur à l’université Stanford, a montré que sauf guerre type WWI+II, épidémie type peste noire, révolution type bolchévique ou effondrement de l’état, lié par exemple à une crise climatique, les riches deviennent toujours plus riches et les pauvres plus pauvres. Pour le dire autrement, la part de richesse accaparée par les 1% et 0,1% les plus riches va toujours croissant sauf catastrophe totale. La situation aux USA est donc normale.

    Les étasuniens sont coincés dans un système qui les oblige à s’endetter et ensuite à voter pour les candidats pro business qui leur permettront de peut-être rembourser. Ça, c’est pour les mieux lotis. Les étasuniens vraiment pauvres ne votent plus. Certains ont essayé Trump, mais aucune issue politique n’est praticable. Donc restent les conduites suicidaires et ce suicide partagé que sont les tueries de masse. Une guerre civile ? Qui l’organiserait ? Des troubles ? La police est sur-équipée et habituée à tirer pour tuer.

    Bien noter que la situation en France et ailleurs rejoint ce qui s’observe aux USA. Que croyez-vous que soient les terroristes islamiques sinon des désespérés travaillant à échapper à leur vie sans perspectives ? La religion fournit un prétexte honorable à ce qui n’est qu’une revanche sanglante.

      +6

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  • yannos // 29.07.2022 à 17h19

    J’ai l’impression que la nature humaine favorise ce besoin de surpuissance du petit nombre sur le grand.
    A mon avis et à moins de vouloir changer la nature humaine, je crois que les systèmes politiques devraient créer des lois qui limite les effets de cet aspect de la nature humaine.
    par exemple, interdire que le plus riche puisse posséder plus de 100 ou 1000 fois que le plus pauvre.
    Admettre la nécessité d’un différentiel tout en décidant l’ampleur maximale.
    Le problème est que le 1% le plus riche possède l’essentiel de l’information, les lobbys et l’essentiel des leviers démocratiques du pouvoir, ce qui signifie qu’un changement par les voies démocratiques serait contraire à ce besoin de domination extrême du petit nombre sur le grand.
    Il est donc peu probable qu’on échappe à une révolution et son cortège d’atrocités.

    Aa passage, je serrai intéressé de lire un graphique comme le E3, mais pour la Russie.

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    • Ives // 30.07.2022 à 05h15

      personnellement, je serai aussi intéressé par le graphique E3 pour la France. D’après certains hommes politiques, ils ne correspondrait pas forcément à celui de l’Europe de l’Ouest.

        +2

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  • Calvez // 30.07.2022 à 09h56

    « Ce n’est pas le capitalisme qui est le méchant. C’est le capitalisme rendu fou en raison du pouvoir politique […] C’est juste les règles du jeu ont changé rapidement. Les 10 % les plus riches sont devenus très riches ». Autrement dit, le capitalisme a été rendu fou par l’accumulation de richesses. Or, le principe même du capitalisme est l’accumulation de richesses. Autrement dit, l’auteur refuse de voir que la capitalisme est mauvais intrinsèquement. Que les Américains gardent leur capitalisme et ils seront détruits; Il faut juste espérer que la destruction ne traversera pas l’océan.

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    • JnnT // 30.07.2022 à 10h44

      « Ce n’est pas le capitalisme qui est le méchant. C’est le capitalisme rendu fou »

      Le capitalisme n’est par nature ni fou ni sensé. Il va naturellement vers la maximisation des profits. Des capitalistes « raisonnables » ou un état puissant – plutôt – peuvent le limiter. Mais les états, càd les gouvernants dépendent du capitalisme et ont choisi de lui laisser le champ libre, par conviction ou intérêt ou les deux. Donc il va le plus loin possible dans l’extraction de la plus value. Les conséquences sociales n’interviennent aucunement dans ses projets.

        +3

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      • Auguste Vannier // 30.07.2022 à 14h53

        Oui @Jnnt, le capitalisme est un système économique dont la logique est fondée sur le principe de la maximisation des profits, avec les dérives de l’hubris humain (la démesure) et les travers psychiques universels (cupidité, toute puissance, etc….)
        Marx n’était pas économiste, mais philosophe politique, et quand il a écrit Le Capital, il a explicitement fait une « Critique de l’Economie Politique ». Une des meilleures compréhension de la logique capitaliste, avec les moyens et les données de son époque certes, mais le « secret » du système a été mis à jour. Les capitalistes l’ont fort bien compris et ont tout fait, jusqu’à la haine féroce, propagande et censure massive pour effacer ce travail de dévoilement . L’économie séparée de la politique et de la philosophie est une « science mutilée » et ne peut se justifier qu’en occultant les dimensions anthroposociales de la réalité historique, ou en faisant appel à une anthropologie grossière et simpliste (pseudo darwinisme, main invisible, etc…) et à une mathématisation sophistiquée sans signification (modèles artificiels et irréalistes-le marché libre et non faussé=pur, par ex.).
        Le pire c’est quand ce type d’Economie prétend éliminer le Politique, ou le dominer pour le mettre au service de la maximisation des profits.
        Désormais il ne s’agit plus de débats théoriques, chacun peut observer et vivre concrètement les effets de ce système perverti…
        Perso, j’ai eu le privilège(?) d’en voir à mon niveau des effets positifs avec la période des 30 glorieuses, et d’en vivre depuis lors les effets négatifs voire catastrophiques.

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  • Richy // 31.07.2022 à 13h27

    Des pauvres qui tuent des pauvres …… No problèmes …… quand ils vont tuer les riches !! La musique 🎶 va changer …..

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  • Richy // 31.07.2022 à 13h39

    Ou va l’argent ….? ( dettes ) Pas aux pauvres !
    Les lobbys notamment militaro-industriels eux vont très bien merci

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  • Arnould // 31.07.2022 à 17h36

    « entre 1940 et 1980, l’Amérique a engendré la plus grande classe moyenne et la plus grande prospérité pour tous que le monde ait jamais connues »
    Faux!
    La Chine, en 20/30 ans (1990-2020) a sorti 500 millions de gens de la pauvreté.

      +2

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