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10.décembre.202110.12.2021 // Les Crises

L’Australie a offert Julian Assange aux États-Unis en sacrifice

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Les États-Unis se battent bec et ongles pour obtenir l’extradition de Julian Assange vers une prison américaine. Le gouvernement australien, fidèle à son rôle d’allié dévoué, est en train de livrer Assange et de faire fi de tout engagement en faveur des droits humains, de la liberté de la presse et de la démocratie.

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Source : JacobinMag, Saskia Peachey
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

Le fondateur de Wikileaks, Julian Assange, à Londres, en 2019. (Alberto Pezzali / NurPhoto via Getty Images)

Les États-Unis ont repris avec un acharnement renouvelé leur campagne d’extradition contre le journaliste australien Julian Assange. En janvier dernier, la juge de district britannique Vanessa Baraitser avait bloqué une demande d’extradition américaine – non pas parce que l’extradition menaçait la liberté de la presse, mais parce que, compte tenu des conditions du système carcéral américain, Assange risquerait de se suicider s’il était transféré. Ne se laissant pas décourager, les États-Unis ont fait appel du jugement le 27 octobre, et la décision devrait être annoncée ce mois-ci.

Durant toute cette séquence, le gouvernement australien a fait preuve d’un silence inquiétant. Le fait qu’Assange soit un citoyen australien ne semble pas compter quand ce sont les États-Unis qui réclament du sang. En 2010 déjà, l’ancienne Première ministre australienne Julia Gillard était si désireuse de plaire à ceux qu’elle appelait « nos meilleurs amis » à Washington qu’elle a proposé que le passeport d’Assange lui soit retiré – jusqu’à ce qu’on lui fasse remarquer que ce serait illégal. Interrogé sur l’arrestation d’Assange en 2019, l’actuel Premier ministre Scott Morrison a simplement déclaré qu’il « devrait faire face à la tempête. » De toute évidence, le gouvernement australien s’est afranchi de toute responsabilité quant à la protection d’un de ses citoyens contre une extradition illégale.

Complots

L’extrême violence de la campagne américaine contre Assange continue d’être mise en lumière. En septembre, un rapport explosif de Yahoo ! News a détaillé un complot de la CIA visant à kidnapper et à assassiner Assange pendant sa réclusion à l’ambassade d’Équateur en 2017. Le complot décrit la riposte des services de renseignement américains à la publication de secrets d’État américains, notamment les crimes de guerre commis en Afghanistan et en Irak, le guide du camp de prisonniers de Guantanamo et les capacités des services de renseignement américains à pirater des biens de consommation à des fins d’espionnage.

Mike Pompeo, alors chef de la CIA, a publiquement qualifié WikiLeaks de « service de renseignement non étatique hostile », une qualification qui apportait un soutien tacite aux tactiques agressives envisagées par les services de renseignement à l’encontre de Julian Assange. Ces mesures extrêmes ont été évoquées aux plus hauts niveaux du gouvernement américain, et n’ont été rejetées que par crainte de leur effet sur le procès d’extradition, selon l’article de Yahoo ! News.

En outre, le journal d’investigation islandais Stundin a publié en juin un témoignage au sujet d’un témoin clé de l’affaire, Sigurdur Ingi Thordarson. Ce dernier a publiquement admis avoir inventé de toutes pièces ses affirmations selon lesquelles Assange lui aurait demandé de pirater les systèmes du gouvernement islandais. Il a également été reconnu coupable d’abus sexuels sur mineurs et de fraude financière. Dans l’interview qu’il a accordée à Stundin, il a admis avoir poursuivi ses crimes tout en travaillant pour le ministère américain de la Justice, en bénéficiant d’une promesse d’immunité contre toutes poursuites.

Cela signifie que la véracité de l’acte d’accusation d’Assange présenté au tribunal de première instance du Royaume-Uni (qui, en cas de condamnation, ferait encourir à Assange une peine de 175 ans de prison) est directement contredite par le principal témoin concerné. Les poursuites suédoises à son encontre concernant des allégations de viol ont également été abandonnées, suite à la réouverture de l’enquête en 2019, mais en raison du laps de temps important entre l’agression présumée en 2010 et l’enquête. Assange a toujours nié ces allégations.

Le caractère extrême du complot des agences de renseignement américaines à l’encontre Assange indique leur véritable motif : protéger les actions américaines de tout examen. À cet égard, le gouvernement australien a été entièrement complice, donnant en fait Assange aux Américains, tout en fermant les yeux sur ses droits en tant que citoyen australien.

Un silence assourdissant

En Australie, un silence manifeste règne. Un groupe parlementaire bipartite du nom de « Bring Julian Assange Home » a indiqué que seuls 29 des 226 sénateurs et députés actuels sont favorables à la libération de Julian Assange. Cela signifie qu’une écrasante majorité des politiciens australiens actuels estiment qu’une puissance étrangère peut poursuivre des journalistes australiens. Une pétition en faveur de la libération d’Assange, l’une des plus importantes jamais déposées au Parlement, a recueilli plus de deux cent mille signatures, mais a été largement ignorée.

Dans leurs programmes fédéraux, les deux principaux partis défendent une « société au sein de laquelle les individus sont libres de poursuivre leurs objectifs individuels » (Parti libéral) et une « nation démocratique qui protège toujours la liberté et la vie privée de ses citoyens » (Parti travailliste). Pourtant, la vacuité de ces paroles est démontrée par le silence concernant Assange lui-même.

À part quelques voix isolées, il y a malheureusement peu d’Australiens qui soient prêts à défendre publiquement Assange et son droit fondamental à la protection. Même le groupe parlementaire Bring Julian Assange Home refuse de prendre une position de principe. Au lieu de cela, leur campagne stipule que les fuites ne sont pas préoccupantes, notamment parce qu’elles n’ont pas « mis en danger les intérêts ou le personnel australiens ». Cela implique que si les fuites prouvaient un acte répréhensible de l’Australie (ou pour user d’un euphémisme « l’intérêt australien »), ce groupe parlementaire minoritaire chanterait une autre chanson.

Des mots vides de sens

Étant donné que la décision de janvier contre l’extradition vers les États-Unis repose sur des inquiétudes quant à la santé mentale d’Assange dans le terrible système carcéral américain, plutôt que sur la protection de la liberté de la presse, les États-Unis ont déclaré qu’Assange pourrait purger sa peine de prison en Australie – cependant, seulement après une audience tenue aux États-Unis. Le gouvernement australien n’a pas fait de commentaire à ce sujet, et il y a lieu de se méfier d’une telle démarche. Les avocats d’Assange eux-mêmes ont déclaré que cette proposition n’avait aucun sens, car Assange « sera très probablement mort » avant que tout transfert de prison puisse avoir lieu.

En effet, cette offre diplomatique, qui fait suite à l’intervention de la ministre des Affaires étrangères Marise Payne lors de sa visite à Washington en septembre, n’est en aucun cas contraignante. Une porte-parole du ministère australien des Affaires étrangères a déclaré qu’on « s’attend à ce que M. Assange ait droit à une procédure régulière, à un traitement humain et équitable, à l’accès à des soins médicaux et autres appropriés et à l’accès à son équipe juridique ». Cela intervient près d’un an après que le rapporteur des Nations Unies sur la torture a qualifié Assange de « prisonnier politique » et déclaré qu’il « présentait les signes typiques d’une exposition prolongée à une torture psychologique. »

Sans une intervention active en faveur d’Assange, l’engagement du ministère des Affaires étrangères en faveur d’un procès équitable (un droit humain fondamental) n’est qu’un vain mot. Il est clair que tout au long de la saga de la décennie de persécution d’Assange, ce droit n’a jamais été respecté.

L’alliance avant tout

La passivité incroyable du gouvernement australien vis à vis du traitement illégal d’Assange montre jusqu’où il est prêt à aller pour protéger son alliance avec les États-Unis. En réalité, bon nombre des crimes exposés par WikiLeaks, notamment concernant les guerres au Moyen-Orient, risquent d’impliquer également l’Australie, un pays qui est lui aussi sous le coup d’accusations de crimes de guerre – l’Australie a emboîté le pas aux États-Unis dans une ribambelle de guerres pendant plus de soixante ans.

L’engagement inconditionnel de l’Australie envers l’alliance américaine a récemment été mis en évidence lorsque le gouvernement Morrison a dénoncé son contrat militaire préexistant avec la France pour conclure un accord avec les États-Unis, renforçant ainsi ses liens avec Washington au détriment de ses relations avec Paris. Avec un sentiment anti-chinois en hausse dans le contexte d’une Nouvelle guerre froide, le gouvernement australien renforce sans cesse sa loyauté envers Washington. Il ne faut donc pas s’étonner que, dans ces circonstances, le gouvernement ne prenne pas de mesures contre les États-Unis, même s’ils outrepassent leur légitimité.

Pour le gouvernement australien, la protection de son alliance avec les États-Unis est primordiale. Assange a mis le gouvernement américain dans l’embarras en exposant le tissu de brutalités, surveillance illégale et violence qui caractérise les activités au quotidien des États-Unis. Pour avoir mis à nu cette réalité, Assange risque de passer sa vie entière en prison, de subir une torture psychologique et d’être soumis à une persécution incessante. Tous ceux qui ont à cœur de défendre la transparence, la démocratie et la liberté de la presse devraient être solidaires d’Assange. Mais comme le montre cette affaire, aucun de ces principes n’est une priorité pour le gouvernement australien.

Source : JacobinMag, Saskia Peachey, 04-12-2021
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

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Commentaire recommandé

Fabrice // 10.12.2021 à 07h13

Encore une fois Assange, Snowden prouve le masque que nos sociétés occidentales se sont dotées pour camoufler la réalité des faits.

sur le fond nous ne sommes pas meilleur ou pire qu’un régime autoritaire nous avons juste fait que la forme soit plus souple mais malheur à celui qui franchit la ligne rouge en démontant le masque et mettant à la lumière de l’actualité la réalité des faits (les petits massacres, les transactions maffieuses de nos États, les complots pour démolir des États, l’espionnage de masse, les infractions à l’état de droit, la couverture des exactions par nos gouvernements des multinationales …).

24 réactions et commentaires

  • Fabrice // 10.12.2021 à 07h13

    Encore une fois Assange, Snowden prouve le masque que nos sociétés occidentales se sont dotées pour camoufler la réalité des faits.

    sur le fond nous ne sommes pas meilleur ou pire qu’un régime autoritaire nous avons juste fait que la forme soit plus souple mais malheur à celui qui franchit la ligne rouge en démontant le masque et mettant à la lumière de l’actualité la réalité des faits (les petits massacres, les transactions maffieuses de nos États, les complots pour démolir des États, l’espionnage de masse, les infractions à l’état de droit, la couverture des exactions par nos gouvernements des multinationales …).

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    • Actustragicus // 10.12.2021 à 09h49

      « en même temps » je suis toujours étonné que nos dirigeants veuillent à tout prix garder ce masque de moralité… qu’est-ce qui les empêcherait d’afficher froidement leur cynisme ?
      Sûrement pas un reste de conscience… Une crainte de la contestation me semblerait bien surfaite, au vu du peu de résultat des diverses manifestations. Serait-il possible qu’ils croient vraiment être dans le camp du Bien, tous ?

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      • chb // 11.12.2021 à 14h27

        Cynisme ? Fascisme ?
        Tweet de johnpilger le 10 décembre21
        The High Court has ruled that Julian #Assange can be extradited to the US. « How can it be fair, how can it be right, how can it be possible, to extradite Julian to the very country which plotted to kill him? » said Stella Moris. Mark this day as fascism casts off its disguises.
        En traduction DeepL : johnpilger
        La Haute Cour a décidé que Julian #Assange pouvait être extradé vers les États-Unis. « Comment peut-il être juste, comment peut-il être correct, comment peut-il être possible d’extrader Julian vers le pays même qui a comploté pour le tuer ? » a déclaré Stella Moris. Marquez ce jour où le fascisme se débarrasse de ses déguisements.

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      • Rémi // 14.12.2021 à 14h07

        Ce serait beaucoup plus cher, au lieu que la presse gère les idiots utiles il faudrait des policiers avec des mattraques.
        Le KGB est un luxe que l’occident ne peux pas s’offrir.

        Sinon félicitaitons à l’Australie, ils ont raison de compter sur la protection américaine, le pays fu F35 et du Zumwald ne peux qu’offrir des garanties crédibles.

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    • Paul // 10.12.2021 à 14h07
      • Myrkur34 // 10.12.2021 à 14h40

        Et la justice anglaise le tue à petit feu ou le rendra fou dans un univers digne de kafka, et d’ubu à titre d’exemple en filigrane en grosses lettres.

        Les attendues de la haute cour de Londres sont subtiles, je vous dis pas, dans le genre …

        « Pour étayer leur décision, les hauts magistrats britanniques avancent que Washington a fourni des assurances sur le traitement qui serait réservé à Julian Assange en cas d’extradition, répondant ainsi aux inquiétudes de la juge de première instance. »

        C’est de l’étayage avec d’énormes moellons sans mortier ni ciment ouvert à tout vent. C’est des juges à titre gratuit qui ont pondu çà ou juste des lords et des ducs de pacotille ?

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        • Fox // 10.12.2021 à 17h51

          Croire les Américains ? Autant croire au Père Noël, non ? Pompeo a confirmé durant sa carrière criminelle à la tête de la CIA avoir triché, menti… et on voudrait croire la justice américaine ? Parodie de justice anglaise à la solde des USA. L’image des USA est à jamais dégradée depuis ces dernières années, avec un parallèle évident à l’URSS des années 1960 (goulag = Guatanamo, persécution des journalistes et lanceurs d’alertes = Snowden, Assange, Haynes, Manning). Crimes de guerre multiples à répétition, moyens d’écoute du monde entier, pressions illégales sur des industriels d’autres pays et l’on en passe. Comme tous les autres, l’Empire va s’effondrer mais il risque de faire encore très mal avant sa fin…

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  • Fabrice // 10.12.2021 à 08h34

    Oui sans compter la destruction volontaire de sites aborigènes pour satisfaire les compagnies minières, et la privatisation boursière de l’eau clairement l’Australie est un superbe pays mais avec un mode de fonctionnement qui ne favorise pas le meilleur.

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  • Le Belge // 10.12.2021 à 09h02

    Et ça ose faire des leçons de morale aux autres nations du monde. Australie, Etats-Unis, Canada, Royaume-Uni et Nouvelle-Zélande, même combat pour le maintien au pouvoir des oligarques anglo-saxons et leur domination sur le monde.

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    • Fabrice // 10.12.2021 à 13h15

      J’emettrais plus de réserve pour la Nouvelle Zélande car ils ne supportent pas trop les australiens historiquement et du fait du comportement en général qui se croit de lui imposer des décisions unilatérales, et de leur envoyer leur tueur en série, elle s’ est d’ailleurs retirée de partenariat militaire (libre accès militaire des eaux) à l’annonce de l’aukus ne voulant pas être associée à cette surenchère économiqe, militaire et politque contre la Chine.

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    • chb // 11.12.2021 à 09h14

      Tiens, à propos de morale et de domination, il y a un autre cas de prisonnier politique pour le compte des USA.
      La France maintient George Ibrahim Abdallah en taule, alors qu’il est libérable depuis 20 ans : ne serait-ce pas aussi à la demande de ce même empire, par ailleurs « Land of the free » ?
      En 2003, Perben annule sa libération octroyée par la justice.
      En 2013, c’est M. Valls, en application de la demande de V. Nuland, qui casse une nouvelle décision de libération conditionnelle.

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      • Rémi // 14.12.2021 à 14h08

        Non, ca c#est plus notre propre sécuritée, je doute qu’un gouvernement francais libére un teroriste islamiste. Trop dangereux si il fait la moindre bétise, la presse hurlera au loup.

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        • Dominique65 // 14.12.2021 à 21h12

          « je doute qu’un gouvernement francais libére un teroriste islamiste »
          Terroriste islamiste, Abdallah ? C’est nouveau !

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  • John V. Doe // 10.12.2021 à 09h18

    En 1975, le premier ministre australien fut limogé sur ordre du gouvernement anglais. Hier, elle livrait un de ses citoyens aux chiens. Demain, elle payera des sous-marins nucléaires aussi américains que leurs équipages. L’Australie s’est enfin libérée de son statut de colonie anglaise : elle est devenue colonie américaine. Ou alors elle fait preuve de cette fameuse double allégeance alléguée à certains 😀 ?

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  • hyac // 10.12.2021 à 10h22

    Et pendant tout le temps où les anglais étaient membres de l’UE les députés européens ont-ils fait quoique ce soit ???

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  • patoche // 10.12.2021 à 11h07

    Jusqu’en 1967 en Australie les Aborigènes, pas considérés comme humains étaient classés comme  » élément de la faune et de la flore australienne « .

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  • hyac // 10.12.2021 à 12h19

    Il y a des jours où il faut se rappeler que l’Australie a été peuplée par des bagnards et même si cette remarque est quelque peu déplacée elle revient d’actualité, malheureusement.

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    • Savonarole // 10.12.2021 à 19h07

      Ne surtout pas oublier qu’outre les bagnards, le reste de la pop c’était des matons. Ceci explique sans doute plus de choses …

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      • Incognitototo // 10.12.2021 à 21h10

        Ha lala, les images d’Épinal et les croyances (jamais vérifiées) ont la vie dure… Les bagnards et ceux qui les gardaient représentent une infime minorité (bien moins de 1 %) de la totalité des migrants en Australie : https://fr.wikipedia.org/wiki/Immigration_en_Australie. La grande majorité est issue des autres colonies britanniques et de l’Irlande ; suite notamment aux grandes famines du 19e siècle pour ces derniers…

        Par ailleurs, qu’est-ce que ça veut dire de jeter l’anathème sur les descendants de bagnards a priori vraiment très peu nombreux ? D’autant que beaucoup mourraient avant d’avoir terminé leur peine, d’autres retournaient dans leur pays d’origine, tandis que les cas de réinsertion dans le pays d’exil sont très peu nombreux. Et forcément pour ces derniers, ça ne pourrait pas engendrer des gens bien ? Ça n’a pas de sens.

        Si vous voulez trouver des corrélations entre les origines et ce que sont aujourd’hui les Australiens, allez plutôt chercher les causes dans les religions et les extractions sociales… très similaires d’ailleurs à celles des USA (et y a pas de hasard que leur « proximité » se réaffirme en conséquence constamment).

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  • Myrkur34 // 10.12.2021 à 14h27

    https://www.sudouest.fr/justice/wikileaks-la-justice-britannique-autorise-l-extradition-de-julian-assange-vers-les-etats-unis-7299560.php

    Contrairement au titre accrocheur et carrément faux de Sud-Ouest , les Usa ont « juste » le droit de faire appel de la décision de 1ère instance, donc c’est reparti pour un tour de tourniquet avec une argumentation de cette haute cour de Londres d’une subtilité manifeste.

    Extrait:
    « Dans sa décision vendredi, la Cour estime que les États-Unis ont fourni des assurances sur le traitement qui serait réservé au fondateur de WikiLeaks en cas d’extradition, répondant ainsi aux inquiétudes de la juge de première instance ».

    Donc s’il est extradé à 60 ans, il aura droit à la télé et à un déambulateur et à une sortie de 10 mn à l’air libre dans une cour grillagé de 20 m2 par jour. Pas de waterboarding, ni de métal en continue, ni de nourrissage de force.

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    • scc // 12.12.2021 à 19h40

      Il n’y aura pas de tour de tourniquet.
      La décision est dans les mains de Priti Patel, ministre de l’intérieur.
      Vu que la juge Baraister a donné raison aux USA sur le fond mais refusé l’extradition pour menaces contre l’intégrité physique d’Assange, vu que l’appel des USA ne concernait que les conditions de détention, que cet appel a été gagné, il n’y a plus de débat. Le Ministre de l’intérieur va donc extrader Assange.
      Même si le témoin ayant affirmé avoir tenté le hacking informatique sur demande de Assange (ce qui mettait ce dernier sous le coup de l’Espionage Act) a avoué avoir menti. Ça c’est sur le fond, mais depuis le début le fond n’intéresse personne chez les faiseurs de morale et de l’ordre mondial…

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  • Myrkur34 // 11.12.2021 à 05h05

    Un extrait de l’énorme travail journalistique de base dans une émission people du service public:(regarder à partir de 22mn 50s)

    https://www.france.tv/france-5/c-a-vous/c-a-vous-saison-13/2936877-invites-luc-ferry-et-gregory-zaoui.html

    Vite, le prix pulitzer pour le baveur de service et sa solution clef en main . « J’aurai flouté les noms ». :o))))))

    En tout cas, si jamais il se retrouve au chômage, il pourra toujours devenir porte parole de l’armée américaine et du département de la justice US. Comme perroquet avec le petit air de reproche convenu, il est parfait.

    Luc Ferry toujours égal à lui-même genre, je soutiens son action puissance 10 mais c’est un sale type. Et oui il a violé plusieurs femmes en Suède, l’affaire est close et les charges ont été abandonnées mais bon, juste un point de détail.
    Le pauvre Cohen (ou son subconscient plutôt) vole au secours d’Assange mais en racontant n’importe quoi. (La vidéo connue, est celle de soldats américains arrosant la foule lambda en Irak à la mitrailleuse lourde depuis leur hélicoptère façon shoot’em up)

    A noter le silence glaçant ou gêné et les têtes basses façon Droopy de tous les autres participants.

    Dur, dur le cas de conscience, entre préserver sa carrière et son standing dans la classe médiatique parisienne et prendre partie pour un embastillé moderne.

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