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La boîte à outil de l’oncle Donald ou les instruments de la puissance… Par Guillaume Berlat

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Source : Proche & Moyen-Orient, Guillaume Berlat, 25-03-2019

« Une puissance est un État qui dans le monde se distingue non seulement par son poids territorial, démographique et économique mais aussi par les moyens dont il dispose pour s’assurer une influence durable sur toute la planète en termes économiques, culturels et diplomatiques… enfin les capacités diplomatiques et militaires achèvent de constituer la puissance en super-puissance » écrit Gérard Dorel1. C’est ainsi que la géopolitique définit le concept de puissance. Hubert Védrine qualifiait en son temps l’Amérique « d’hyperpuissance » comme il existe des hypermarchés dans le domaine de la grande distribution ! « Nous aurons ces grands États-Unis d’Europe, qui couronnent le vieux monde comme les États-Unis d’Amérique couronnent le nouveau » (Victor Hugo). Force est de constater, en ce début de XXIe siècle, que si les États-Unis existent dans la réalité en tant que puissance, les États-Unis d’Europe ne sont qu’une simple espérance, un vœu pieu, une baudruche qui ne cesse de se dégonfler. Et rose, elle vécut ce que vivent les roses, l’espace d’un matin, pourrait-on dire en plagiant François de Malherbe.

Crise économique, crise financière, crise sociale, crise de confiance, crise migratoire, crise entre ses membres, sans parler d’un « Brexit » qu’elle ne réussit pas à contrôler… constituent les symptômes d’un mal profond dont l’Union ne parvient pas à se soigner efficacement. L’Europe a des velléités de s’occuper de tout mais en définitive elle ne traite de rien. « On tricote, cela se détricote, on retricote » …2 C’est qu’en dépit de ses déclarations lénifiantes, fait défaut à la construction européenne la volonté de puissance (un tropisme français que ne partagent pas ses partenaires) et, par voie de conséquence, lui manquent les leviers de la puissance3. Toutes choses qui constituent (encore) les attributs indéniables de la puissance américaine en dépit de son déclin annoncé4. Dans ce contexte, il nous appartient de procéder à un rapide tour d’horizon des dimensions importantes de la puissance des États-Unis, en ce début de XXIe siècle, tout en tentant, lorsque cela paraît possible, de les comparer avec celles de l’Union européenne tout en conservant à l’esprit que comparaison n’est pas raison.

LA PUISSANCE MILITAIRE : LE SABRE

Nul ne conteste aujourd’hui le fait que les États-Unis sont la première militaire au monde loin devant la Chine et la Russie. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. À y regarder de plus près cette puissance militaire s’exerce directement et indirectement.

La puissance hard : le Pentagone et le lobby militaro-industriel

Les États-Unis disposent, et encore pour un temps appréciable en dépit de la forte progression du budget militaire chinois5 et des nouvelles armes russes6, d’une supériorité militaire sur terre, sur mer, dans l’air et dans l’espace extraatmosphérique (ils souhaitent en être les maîtres incontestés7), dans le domaine conventionnel et nucléaire8, dans celui du renseignement, grâce à une domination quantitative et qualitative. Aucun État ne parvient à les égaler. Rappelons que, dans son dernier discours à la nation le 17 janvier 1961, le président sortant, le républicain Dwight Eisenhower invite ses compatriotes à la méfiance face à « toute influence injustifiée, qu’elle ait ou non été sollicitée, exercée par le complexe militaro-industriel ». L’expression « complexe militaro-industriel » aura dorénavant sa niche dans le vocabulaire politique, particulièrement aux États-Unis. C’est dire tout le poids de ce groupe puissant tant dans l’armée que dans la société américaine qui a tendance à pousser à la guerre pour résoudre les conflits dans le monde afin de défendre ses intérêts bien compris, et cela au détriment de la recherche de la paix par la diplomatie. Ceci explique, en partie, les dernières aventures militaires américaines en Afghanistan, en Syrie, en Irak… avec le succès que l’on sait. En dernière analyse, Washington utilise à plein ce levier de la puissance pour faire entendre sa voix, tenter de l’imposer sur la scène internationale. Et cela avec un certain succès auprès des plus faibles, des plus timorés.

La puissance soft : l’Alliance atlantique

La puissance américaine s’exerce également à travers une structure à sa main et à sa botte qui a pour nom Alliance atlantique ou OTAN (NATO dont le siège est à Bruxelles). Créée en 1949 avec douze membres pour contrer une éventuelle attaque de l’URSS et de ses satellites, elle en comporte aujourd’hui vingt-neuf. Alliance défensive (Cf. la clause de défense collective prévue à son article 5), elle est devenue de plus en plus offensive au fil des ans. Sa raison d’être est de plus en plus douteuse depuis la fin de la Guerre froide. Néanmoins, elle subsiste toujours par la seule volonté des Américains9. En dépit des appels réitérés de Donald Trump à un partage plus équitable du fardeau financier, elle constitue un élément incontournable d’influence de Washington sur ses membres10. Influence diplomatique grâce à la chambre d’enregistrement des décisions prises à Washington que constitue le Conseil de l’Atlantique nord. Influence stratégique grâce au comité militaire et autres structures du même genre au sein desquels on pense américain, on parle américain, on raisonne américain. Influence commerciale grâce au concept d’interopérabilité qui signifie que la meilleure manière d’être efficace sur le champ de bataille est que tous les alliés disposent d’armes identiques, de préférence et surtout des armes américaines. Influence sur la construction européenne en neutralisant toutes les tentatives (essentiellement françaises) de mise sur pied d’une défense européenne11. Comme nous rappelle fort justement Jean-Pierre Chevènement : « Les Européens se sont accommodés de la vassalisation ». Telle est la version moderne des fameux « idiots utiles » chers à Lénine et à Stalien. Pour mémoire, rappelons que l’OTAN constitue un anachronisme qui a la vie dure en dépit de la rupture transatlantique12.

Si le rôle du bâton dans la conduite des relations internationales est important, il l’est encore plus s’il se combine utilement avec celui de la carotte.

LA PUISSANCE DIPLOMATIQUE : LE BICORNE

Avec les Américains, le modus operandi de l’influence sur l’échiquier international est bien connu. Aux politiques le soin de frapper un grand coup, surtout sur la tête de ses ennemis sans oublier ses alliés. Ensuite, vient le temps des diplomates à qui il revient d’enfoncer le clou pour tous ceux qui n’auraient pas bien compris la leçon du maître.

L’influence politique

Dissuasion, subversion, persuasion sont les trois composantes qui désignent les composantes des diplomaties-stratégies. Dans son ouvrage passé à la postérité, Raymond Aron définit la morale de l’action diplomatique à travers la stratégie qui donne la meilleure chance de sauver la paix sans sacrifier la liberté13. Et, nos alliés américains utilisent tous les registres de l’action diplomatique au service de leur intérêt bien compris. Les discours de leurs dirigeants valent injonctions pour le reste du monde (« The Rest of The World » ou ROW selon son acronyme). Citons à titre d’exemple celui du secrétaire d’État, Mike Pompeo à Bruxelles et plus près de nous celui du vice-président, Mike Pence (« poupée ventriloque de Donald Trump »)14 à Munich lors de la conférence internationale sur la sécurité. Avec des accents dignes de Leonid Brejnev s’adressant à ses satellites, ce dernier ne privilégie pas le registre de la bienveillance diplomatique mais celui de la récrimination haineuse dans la capitale bavaroise (Iran, Vénézuéla…)15. Rien à voir avec les plaisanteries de notre sympathique ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves le Drian16. Sans parler des fatwas sous forme de tweets du 45ème président des États-Unis, Donald Trump (« Nous faisons tellement et dépensons tellement qu’il est temps pour les autres de s’y mettre aussi et de faire ce qu’ils sont parfaitement capables de faire », à propos du rapatriement en Europe des militants de l’EILL). Le rouleau compresseur est en marche. Gare à celui qui viendrait se mettre en travers de sa route. Une punition sévère est de rigueur.

L’outil diplomatique

N’oublions pas que les ambassades américaines aux quatre coins de la planète se comportent en terrain conquis grâce aux « instructions » impératives (faire ou ne pas faire) qu’elles donnent aux divers ministères des Affaires étrangères des États auprès desquelles elles sont accréditées. Cela ressemble parfois à une mise sous tutelle en bonne et due forme. Elles sont parfaitement au fait de ce qui se trame à l’Union européenne à Bruxelles et mettent leur grain de sel dans les débats sans que cela ne suscite la moindre émotion, les cris d’orfraie de nos fédéralistes distingués. Une sorte d’ingérence dans les affaires d’autrui effectuée sans le moindre complexe, vraisemblablement au nom des valeurs sacrées portées par le peuple à la destinée manifeste. Il est vrai que le Département d’État vient de renforcer – sans que cela ne suscite la moindre émotion – son bureau chargé de la lutte contre la propagande et la désinformation venant des organisations terroristes mais aussi d’États étrangers (GEC)17. Le sujet est inépuisable et mériterait de plus longs développements pour démonter la mécanique de la puissance diplomatique américaine à l’œuvre, souvent en charge de l’exécution des basses œuvres. Drôle d’allié comme dirait l’autre !18

La puissance militaire et la puissance diplomatique ne sont rien si elles ne sont pas servies par une puissance économique forte même si au cours des dernières années ce volet subit une forte érosion en raison de la progression chinoise sur la scène mondiale.

LA PUISSANCE ÉCONOMIQUE : LE BÂTON

Donald Trump a décidé de mener le branle contre tous les États dont il estimait qu’ils avaient des échanges commerciaux déséquilibrés avec les États-Unis tout en utilisant tous les leviers que lui confère le dollar.

Le poids d’America First : la guerre économique

Les Américains n’entendent pas voir leur poids important dans l’économie mondiale remis en question par quelques trublions qui déstabilisent la balance commerciale de l’Oncle Sam. Chacun en prend pour son grade dans le monde de Donald Trump. Il décline en pratique son slogan de campagne America First. Avec la Chine, les hostilités sont lancées19. Washington menace de taxations lourdes les importations chinoises en cas de non rééquilibrage du commerce extérieur bilatéral. Par ailleurs, les États-Unis instruisent le procès en pillage technologique de leur pays (Cf. affaire Huawei qui met en évidence la volonté américaine de disposer du monopole de l’installation de la 5G dans le monde). Mais, Américains et Chinois poursuivent dans le même temps la voie de la négociation. Les cycles de négociation se poursuivent alternativement en Chine et aux États-Unis. Le moins que l’on puisse dire est que Donald Trump est disposé à aller à la confrontation avec Xi Jinping si ce dernier ne faisait pas plusieurs pas en sa direction. Avec l’Arabie saoudite, devenus les premiers producteurs de pétrole du monde, les États-Unis sont bien moins dépendants du brut saoudien. Ils le font savoir. Avec l’Union européenne, plus particulièrement avec l’Allemagne (automobiles), Donald Trump manie l’arme de la taxation de l’acier, de l’aluminium… Sous pression les Européens sont divisés et incapables de faire front commun contre le rouleau compresseur de l’Oncle Sam20. On l’aura compris, l’Amérique de Donald Trump n’hésite pas à utiliser le commerce comme une arme de dissuasion massive aussi bien avec ses ennemis qu’avec ses alliés dès qu’ils deviennent de sérieux concurrents (Alstom21, Airbus…). Et là, tous les moyens sont bons pour éliminer les adversaires, y compris les plus illégaux au regard du droit international du commerce ou les plus immoraux au regard des règles de la bienséance entre alliés.

Le poids du billet vert : la guerre financière

De tout temps, celui qui dispose du privilège exorbitant du droit commun de posséder une monnaie qui est considérée comme monnaie d’échange international dispose d’un avantage non négligeable par rapport à ses principaux concurrents. L’Amérique et son dollar ne fait pas exception à la règle. Comme le souligne Régis Debray, « le dollar incarne une mémoire et un territoire avec une géographie, une généalogie et une métaphysique ». Elle use et abuse de son privilège. Et en fait un instrument de guerre contre tous ceux qui utiliseraient le dollar dans des transactions avec les États infréquentables comme l’Iran. On se souvient de l’amende record infligé à BNP-Paribas comme des menaces brandies à l’égard de toutes les entreprises commerçant avec Téhéran. L’avertissement est parfaitement perçu, les sociétés européennes travaillant en Iran plient rapidement bagage. La mise en place d’un mécanisme ad hoc par certains pays Européens, pour sympathique qu’elle soit, n’est qu’un cautère sur une jambe de bois. On ne peut regretter que les Européens n’aient pas tout fait pour imposer l’euro comme monnaie d’échange international. En avaient-ils le désir ? Étaient-ils disposés à s’attaquer au grand frère américain ? Rien n’est moins sûr. Nous n’avons que de grandes déclarations de Bruxelles dont le lyrisme masque les arrière-pensées. Et, dans ce domaine du déclaratoire, la technocratie bruxelloise excelle. La diplomatie du moulin à vent fonctionne à plein régime.

Mais gare à celui qui vient chatouiller les pieds de l’Oncle Sam en contestant sa suprématie commerciale et technologique. On sait ce qui lui en coûtera en raison de l’extraterritorialité du droit américain.

LA PUISSANCE JURIDIQUE : LE DROIT

Alors que la question de l’extraterritorialité du droit américain est parfaitement documentée depuis plusieurs années, les Européens s’en tiennent à une position de prudent attentisme qui confine le plus souvent à la servitude volontaire.

La force du droit américain

L’extraterritorialité du droit américain est une stratégie délibérée et organisée depuis de nombreuses années par les États-Unis. Contrairement aux autres droits nationaux qui ont une application rationae loci (en raison du lieu) limitée au seul territoire de l’État concerné (le droit français ne s’applique que sur le territoire français), le droit américain s’octroie un privilège exorbitant du droit commun. Il est d’application universelle. Quoi de plus naturel pour le peuple à la destinée manifeste que de considérer qu’il est dépositaire des Tables de la Loi. « Le système mis en place par les États-Unis vise ainsi à utiliser le droit américain comme un instrument de soft power, de défense de leurs intérêts, de conquête de parts de marché et de destruction des compétiteurs. Mais aussi, il s’agit d’un instrument majeur d’influence en politique étrangère … Le tournant clé, en matière de politique étrangère, a été la condamnation de la BNP à 9,2 milliards de dollars d’amende. Cela a eu l’effet d’une bombe atomique, l’équivalent, en matière économique, de Hiroshima et Nagasaki »22. On ne saurait mieux dire ! Et, les Américains utilisent les renseignements que leur fournissent leurs services de renseignement pour traquer la moindre entorse au droit américain par les entreprises étrangères. Et alors les coups pleuvent comme à Gravelotte sur les sociétés et leurs employés. On n’hésite pas à embastiller pour impressionner23 et amener a quia les réfractaires à l’ordre américain qui doit régner une bonne fois pour toutes sur notre bonne planète terre.

La servilité des Européens

Ce n’est pas par servilité mais par inculturation que l’extraterritorialité du droit américain est vécue comme naturelle. On ne comprendrait pas sinon qu’on accepte aussi facilement d’être taxé (acier et aluminium), racketté (les banques), écouté (la NSA), pris en otage (l’automobile allemande), commandée ou décommandée in extremis (militairement), soumis au chantage (nos entreprises en Iran), etc. L’hyperpuissance a obtenu sa naturalisation et nous vivons comme nôtres ses conflits domestiques24. Comme le souligne Pierre Lellouche, du côté des Européens, c’est le monde des Bisounours. On contemple. On glose. On s’interroge. Mais, en définitive, on se contente de compter les coups, attendant patiemment que l’orage passe. « L’Europe est devenue une espèce d’appendice, de vivier technologique. C’est un jeu d’enfant pour les États-Unis, parce que l’Europe est divisée et toujours pas organisée dans un système commercial de défense avec des barrières sérieuses » (Pierre Lellouche précité). La Commission européenne, en charge des affaires commerciales, continue à conclure des accords de libre-échange avec la planète entière sans mesurer l’étendue des dégâts pour les économies de ses membres. De temps à autre, elle aboie. Elle préfère sanctionner la fusion Alstom-Siemens au nom de principes absurdes. Mais, jamais, il n’est question d’appliquer le principe de réciprocité au commerce avec les Américains et de rendre coup par coup. La loi du Talion est inconnue au Berlaymont. Il est vrai que les États membres n’ont toujours pas compris que dans ce domaine, l’union fait la force. Ils préfèrent se présenter en solo à Washington devant Donald Trump pour sacrifier leur intérêt national sur l’autel de l’intérêt général européen. On en mesure les résultats. Et, ce n’est pas prêt de changer.

Depuis belle lurette, la culture américaine, concept pris dans son acception la plus large, sert de vecteur à la puissance américaine sans que ses alliés n’y trouvent à redire !

LA PUISSANCE CULTURELLE : HOLLYWOOD

Dernière arme et non des moindres, l’arme de la culture, plus douce en apparence mais plus insidieuse, est utilisée sans la moindre retenue. Impérium de la langue et domination de la culture constituent un cocktail détonant.

L’impérium de la langue

Aujourd’hui, l’anglais (plus exactement le « globish », jargon utilisé par des locuteurs de diverses autres langues quand ils veulent communiquer en anglais) est devenu la « lingua franca » (langue véhiculaire utilisée dans une aire géographique assez vaste) mondiale. Il est devenu la langue de la diplomatie, des affaires, des armées, de la finance des voyages, de l’Union européenne. Parler anglais, c’est aussi penser et raisonner anglais, oubliant sa propre manière de penser. C’est ce que certains qualifient d’imperium de la langue. Une fois encore, Régis Debray résume à merveille la problématique linguistique en ce début de XXIe siècle, avec le sens de la formule qui le caractérise : « Le cost-killing fait l’économie des frais de traduction dans nos cérémonies dites culturelles, où le drolatique au soporifique se mêle. Qui n’a connu l’invincible ennui du colloque à Rome, Paris, Madrid, Athènes, etc., avec pidgin de cent mots, starting joke obligatoire, majeur et index brandis pour la citation, et un Power Point aux ratés quasi-protocolaires. La fabrique du pauvre d’esprit par le pauvre point, suite à la taylorisation d’activités cérébrales par un sabir eurocidaire et passe-partout, ajoute à une Europe lissée et détimbrée ce qu’on eût appelé un supplément d’âme si ce n’est un retranchement »25. Tout est dit de cet asservissement par la langue du maître et avec beaucoup d’humour. Comment les Européens envisagent-ils de peser sur les affaires du monde en ne jouant pas de leur diversité linguistique ? C’est tout simplement mission impossible. Le combat pour la Francophonie est perdu d’avance tant nos élites bienpensantes – le président de la République en tête – ont honte d’utiliser la langue de Molière. Le déclin de la France en Europe et dans le monde s’explique en partie par la capitulation en rase campagne de la langue française.

La domination de la culture

La domination de la culture américaine – terme pris dans son acception la plus large, répétons-le – est écrasante. Et cela dans tous les domaines : le cinéma (Hollywwod est un merveilleux outil de propagande financé par le contribuable américain), les séries télévisées, la musique, la cuisine (parlons plutôt de malbouffe avec ses Starbucks et son café lavasse et ses énormes cookies), l’habillement (le jean obligatoire pour tous les âges et pour tous les sexes), le communautarisme (nous en voyons les conséquences dans nos banlieues), le politiquement correct, le genre, le transgenre mais surtout le mauvais genre, le hashtag metoo dans la foulée de l’affaire Weinstein, la chasse au prédateur mâle, la main sur le cœur de nos hommes politiques (qui n’a rien à voir avec la tradition française), le langage informatique et ses acronymes …En un mot, il existe une marque de fabrique Made in USA alors que son pendant européen n’existe pas. Il y a des cinémas en Europe mais il n’y a pas de film européen. Il y a des athlètes européens mais il n’y a pas d’équipe européenne aux Jeux Olympiques. Il y a des journaux en Europe mais il n’y a pas de quotidien en Europe. Il n’y a pas de siège pour l’Europe à l’Assemblée générale de l’ONU et encore moins, Dieu soit loué pour la France, de siège au Conseil de sécurité. Une fois encore, l’Europe fait pâle figure sur ce volet si important du pouvoir doux (soft power) que constitue le champ culturel. « Si c’était à refaire, je commencerais par la culture », fameuse phrase apocryphe de Jean Monnet, père de l’Europe résume à elle seule le dilemme et le défi de l’Europe au XXIe siècle !

« Quel européen sensé ne souhaite pas mettre fin à la guerre, à la misère, moyennant la création d’une Europe parlant d’une seule voix, souveraine, apte à choisir elle-même ses amis et ses ennemis, et à traiter de pair et de compagnon avec les États-Unis et la Chine ? À agir réellement et en son nom propre sur le cours du monde et non par des objurgations sans effet ?… L’idée est que les nations étant causes de la guerre, si on en finit avec ces mesquines assignations par des traités et des juridictions, acquise sera la paix dans le monde »26. Et dire que les eurobéats ne cessent, de nous répéter en cette période de campagne pour les élections au Parlement du 26 mai 2019, que l’Europe, c’est la solution ! Une Europe puissance, ce n’est qu’un doux rêve de quelques idéalistes français dont aucun de nos partenaires ne veut tant la culture de la soumission au grand frère est inscrite dans leur ADN. Une Europe puissance, ce n’est pas une Europe des traités qui ont tout des traités Maginot, des déclarations qui n’ont rien de commune, des photos de famille sur papier glacé qui peinent à masquer les désaccords sur tout, des embrassades factices, du chacun pour soi, sans vergogne… Une Europe puissance, c’est avant tout une Europe qui prend le temps nécessaire pour penser à ce qu’elle veut devenir, avec quels moyens et pour quels objectifs (le bien-être de ses citoyens et non le plaisir de ses technocrates apatrides). À cet égard, au lieu de sauter sur leurs chaises de la salle du conseil européen comme des cabris en disant l’Europe ! L’Europe ! L’Europe !, nos chefs d’État et de gouvernement feraient mieux de méditer au préalable sur les éléments contenus dans la boîte à outils de l’Oncle Donald qui constituent les instruments de la puissance américaine. Ils y trouveraient matière à réflexion…

Guillaume Berlat
25 mars 2019

1 http://geoconfluences.ens-lyon.fr/glossaire/puissance
2 Régis Debray, L’Europe fantôme, Gallimard, 2019, p. 15.
3 Pierre Buhler (préface d’Hubert Védrine), La puissance au XXIe siècle : les nouvelles définitions du monde, CNRS éditions, 2019.
4 Ronan Farrow, War on Peace : The End of Diplomacy and the Decline of American Influence, 2018.
5 Alain Frachon, La Chine nous fait peur, Le Monde, 22 février 2019, p. 22.
6 Pierre Avril, Poutine exhibe ses armes pour menacer l’Amérique, Le Figaro, 21 février 2019, p. 6.
7 Le Pentagone tourne ses cybercombattants vers l’espace, www.IntelligenceOnline.fr , 20 février 2019, n° 824, p. 2/8.
8 Claude Angeli, Des stocks d’armes nucléaires qui débordent, Le Canard enchaîné, 20 février 2019, p. 3.
9 Jens Stoltenberg (propos recueillis par Jean-Pierre Stroobants), « Les États-Unis ont accru leur présence en Europe », Le Monde, 22 février 2019, p. 4.
10 Jack Dion, L’OTAN connection, Marianne, 15-21 février 2019, p. 18.
11 Daniela Schwarzer (propos recueillis par Thomas Wieder), « Les Européens doivent peser davantage à l’intérieur de l’OTAN », Le Monde, 17-18 février 2019, p. 17.
12 Sylvie Kauffmann, Un monde en morceaux, Le Monde, 22 février 2019, p. 29.
13 Raymond Aron, Paix et guerre entre les nations, Calmann-Lévy, 1962.
14 François d’Alançon, À Munich, les Européens otages des rivalités entre grandes puissances, La Croix, 18 février 2019, p. 16.
15 Sylvie Kauffmann/Thomas Wieder, Le fossé se creuse entre les États-Unis et l’Europe, Le Monde, 19 février 2019, p. 6.
16 Anne-Sophie Mercier, Jean-Yves Le Drian. En breton armé, Le Canard enchaîné, 20 février 2019, p. 7.
17 Jean-Paul Pancracio, Le Département d’État et l’action de contre-propagande, http://observatoire-de-la-diplomatie.com/ , 15 février 2019.
18 Patrick Saint-Paul, Drôle d’allié, Le Figaro, 19 février 2019, p. 1.
19 Graham Allison, Vers la guerre. L’Amérique et la Chine dans le piège de Thucydide, Odile Jacob, 2019.
20 Cécile Ducourtieux, Commerce : les Européens divisés et sous pression, Le Monde, Économie & Entreprise, 23 février 2019, p. 5.
21 Jean-Michel Bezat, Alstom-Siemens : une nouvelle victoire chinoise, Le Monde, Économie & Entreprise, 24-25 février 2019, p. 23.
22 Pierre Lellouche, Un imperium juridique mondial, Le spectacle du monde, 31 janvier 2019 (supplément à Valeurs actuelles), pp. XVII à XXIII.
23 Frédéric Pierruci (avec Matthieu Aron), Le piège américain. L’otage de la plus grande entreprise de déstabilisation témoigne, JC Lattès, 2019.
24 Régis Debray, précité, p. 25.
25 Régis Debray, précité, p. 27.
26 Régis Debray, précité, pp. 3 et 7.

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Source : Proche & Moyen-Orient, Guillaume Berlat, 25-03-2019

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Commentaire recommandé

aladin0248 // 02.05.2019 à 07h57

Ni la Russie ni la Chine n’ont de projet hégémonique au niveau planétaire. Que cet état malfaisant et dégénéré s’effondre et disparaisse de l’histoire ! L’humanité ne s’en portera que mieux.

27 réactions et commentaires

  • Max // 02.05.2019 à 08h02

    L’article décrit plutôt bien la mise sous tutelle des sociétés humaines par les USA commencé en 1945 et finalisé en 1990.
    Aussi longtemps que ce système a fonctionné comme dans le meilleur des monde, c’est-à-dire les USA ont le gâteau et les européens et asiatiques les miettes ca a fonctionné sans trop d’accroc.
    La nouvelle donne est que le système est en voie de pourrissement certes a cause de la monté en puissance de nouveaux acteurs mais aussi et surtout de facteurs que les défenseurs du système ne maitrisent pas.
    Le principal obstacle n’a pas été la Russie/Chine mais les limites de la planète et la continuation du rêve américain pour continuer doit se faire par le sacrifice des larbins d’où l’étonnement lors du dernier G7 de la France/Canada/Allemagne du blocage de D Trump alors qu’ils pensaient être des alliés.
    La population américaine elle-même est maintenant traitée de la même manière : https://www.paulcraigroberts.org/2019/05/01/the-american-collapse-accelerates/?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=the_american_collapse_accelerates&utm_term=2019-05-01 ca pue.
    Le nombre de gens sans toit faisant leurs besoins dans les rues a la vue de tous est courant (comme en Inde).
    Ce qui a conduit à l’ère D Trump et son refus de l’interdépendance d’avec les autres pays. La politique des USA (encore plus qu’avant) intègre les pires scénarios, les USA n’admettant plus aucune résistance : celui qui, a ma connaissance, en parle le mieux est : https://hervejuvin.com/europe-etats-unis%e2%80%89-urgence/
    Les USA ne sont plus un acteur rationnel.

      +11

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    • alain maronani // 02.05.2019 à 14h06

      Le nombre de gens sans toit faisant leurs besoins dans les rues a la vue de tous est courant…Ce n’est pas parce que zerohedge a fait un article sur San-Francisco que c’est la règle..et faire la comparaison avec l’Inde (que je connais très bien) est complètement faux. En Inde 65 % de la population n’a pas accès à des latrines..Allez en Alabama ou en Floride au hasard…personne ne défèque dans le rues et surtout pas dans les petits villes ou villages (Vous avez été au moins dans ces 2 pays..?) ou vivent la majorité des américains Jamais vu quelqu’un le faire a New-York ou Boston pour ne pas parler de Kalamazzoo dans le Michigan…ou au Texas ou a Melbourne (Floride), etc…
      Le principal obstacle n’a pas été la Russie/Chine mais les limites de la planète et la continuation du rêve américain..
      Vous pensez (?) que les Chinois veulent faire autre chose ? Respecter la planéte et leurs voisins ? Tibet, pillages miniers en Afrique, répression politique, camps de travaux forcés et de ré-éducation (Ouighours).
      Les 5 premiers pollueurs planétaires les USA, la Chine, la Russie, le Brésil, l’Inde, Vous pensez vraiment que ces 5 acteurs sont rationnels ou seulement les usa ne le sont pas ?
      .
      Ah le grand satan…comme le disait le charmant Khomeïni…si pratique…qui permet de s’épancher.

        +4

      Alerter
      • Max // 02.05.2019 à 21h18

        Sur l’eau et l’Inde et l’émission de Jean Jacques Bourdin sur l’eau.
        La 1ere fois que j’ai regardé l’émission j’aurai du être plus écoutant mais sur le fond ca ne change rien sur la situation de l’hygiène en Inde, si vous êtes originaire de ce continent, désolé.
        https://www.bing.com/videos/search?q=jean+jacques+bourdin+eau+cnrs&&view=detail&mid=1F1AACBBFA25D37526B51F1AACBBFA25D37526B5&&FORM=VRDGAR
        https://fr.globalvoices.org/2015/07/20/188161/
        Donc en fait ce n’est pas 90% des indiens qui n’ont pas de toilettes mais c’est 90% des populations du monde qui n’ont pas de toilettes se situent en Inde.
        Sur la situation des pauvres aux USA, effectivement ce n’est pas tout les USA qui est concerné mais ca s’étends au fur et à mesure que la pauvreté augmente.

          +3

        Alerter
        • alain maronani // 02.05.2019 à 21h43

          Je ne suis pas indien mais je connais très bien le pays et je connais AUSSI très bien les usa..Pour Craig Roberts (que je connais) il parle surtout de la côte ouest et particulièrement des zones ou se trouvent les Google, Apple de ce monde..
          Les conséquences, loyers inabordables, même si vous gagnez 100.000 $ par année, impossible d’acheter une maison, base fiscale en baisse (ces sociétés ne paient pas d’impôts ou très peu), présence d’une marée de gens payés au salaire minimum, les immigrants de Trump, sans assurance médicale (bonnes, livreurs, etc..). Dans ces endroits vous pouvez avoir un emploi et coucher dans la rue. S’ajoute a ceci les problèmes classiques, drogue, délinquence, justice implacable, condamnations très lourdes, aucun système d’hospitalisation ou de santé public, etc..
          Ce n’est pas par hasard si les gens de Queens une banlieue de NY ont refusé l’installation du centre de Amazon (50.000 emplois).

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      • Pol ux // 03.05.2019 à 05h10

        Vous dites très bien connaître l’inde. Vous ne citez que des noms de villes et régions US…
        Vous souffrez dun tropisme qui vous empêche de voir la bête immonde. Comment pouvez vous comparer les quelques faux pas en dehors de ces frontières de la Chine avec les monstruosités US ? Les bombes nucléaires larguées sur une population civile, le napalm sur des civils, la boucherie en Corée, le millions de morts civils pour des armes de destruction massive imaginaires en Irak, les génocides africains, l’addition de tous les crimes en Amérique latine, la seconde guerre mondiale que les usa ont voulue et financée. Nous devons ouvrir les yeux, ce pays ne mérite aucun respect.

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        • alain maronani // 06.05.2019 à 17h22

          bla..bla…bla…bla…bla….la Chine le grand bond en avant de Mao 10 millions de morts..les gardes rouges..20 millions de morts, la politique agricole du parti sous la direction du Grand Timonier dans les années 1960..30 millions de morts..Pour les USA je connais le pays depuis 40 années du nord au sud et de l’est à l’ouest..des petites villes et villages au megapoles, Pour le tropisme regardez-vous dans une glace…c’est les usa qui ont voulu la guerre..ben voyons…le moustachu autrichien n’a rien fait…

          Comment je peux comparer ? Relisez ou lisez donc l’excellent livre de Simon Leys – Les habits neufs du président Mao – ceci na pas perdu une ride…

          Ah les méchants zimpérialistes…

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  • Fred79 // 02.05.2019 à 10h50

    “Nul ne conteste aujourd’hui le fait que les États-Unis sont la première (puissance?) militaire au monde loin devant la Chine et la Russie. Les chiffres parlent d’eux-mêmes.”
    Dans les chiffres du budget, c’est sans contestation possible, dans l’efficacité sur le terrain des conflits qui impliquent les USA, c’est contestable.
    Leur budget militaire se justifie par le fait que les USA sont d’une part partie prenante directement ou indirectement dans quasiment tous les conflits planétaires et d’autre part parce qu’ils entretiennent plus de 800 bases militaires sur des sols étrangers.
    A l’heure des drones et des missiles capables de parcourir des milliers de kilomètres, l’utilité de ces bases pose question.
    Je crois que Trump se l’est aussi posée, mais il s’est heurté au complexe militaro-industriel soutenu vraisemblablement par une énorme administration du secteur militaire qui ne vit que grâce à cette situation.
    Pour moi, la supériorité US tient essentiellement par son dollar monnaie internationale que la Chine et la Russie essaient aujourd’hui de contrer et par le fait qu’ils tiennent bon nombre de pays européens en laisse par le biais de l’U.E dont les instances dirigeantes sont peuplées de Young Leaders, quand ce ne sont pas les pays eux-mêmes.

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    • alain maronani // 02.05.2019 à 14h21

      Impressionant. Quelle justesse de ton. J’aime beaucoup votre vison planétaire. Cependant..

      Réserves mondiales.

      $ us…plus de 60 %
      euro..plus de 25 %

      Le reste pour tous les autres.. Trump se heurte au complexe militaro-industriel ? Vous êtes sûr de ca ? Vous avez quelques faits précis pour le démontrer ?

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      • Pol ux // 03.05.2019 à 07h27

        Dollar = seule monnaie de réserve au monde.
        donc 100%

        Heurts de trump avec le complexe militaro-industrio-criminel ? Lisez les-crises plus régulièrement.

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  • Caliban // 02.05.2019 à 10h56

    Le passage en revue des leviers de la puissance Yankee est intéressant.

    En revanche, et au risque de faire un hors-sujet par rapport au propos de l’auteur, je trouve ce passage un peu problématique : “Crise économique, crise financière, crise sociale, crise de confiance, crise migratoire, crise entre ses membres, sans parler d’un « Brexit » qu’elle ne réussit pas à contrôler… constituent les symptômes d’un mal profond dont l’Union ne parvient pas à se soigner efficacement.”

    • une “crise” suppose que la situation est temporaire et qu’il y a possibilité d’un retour à un état antérieur d’équilibre. Celui-ci a-t-il déjà réellement existé ? Si oui, n’était-ce pas parce que précisément les Etats-Unis étaient le ciment de la construction européenne ?
    • la liste des difficultés est si longue et si protéiforme, le terme de crise est-il vraiment approprié ?

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    • JMD // 02.05.2019 à 18h10

      Une “crise” ne présuppose pas une retour à l’état antérieur .
      https://www.cnrtl.fr/definition/crise
      Crise: I.− [L’accent est mis sur l’idée de manifestation brusque et intense de certains phénomènes, marquant une rupture]
      [Dans la vie de la société] : Situation de trouble profond dans laquelle se trouve la société ou un groupe social et laissant craindre ou espérer un changement profond; p. méton., période ainsi caractérisée.
      [Domaine politique]: .Situation troublée caractérisée par des transformations plus ou moins violentes

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    • Caliban // 02.05.2019 à 19h42

      Si une crise est “brusque et intense” c’est qu’elle est temporaire, non ?

      Cela n’a pas de sens de l’envisager sur le long terme.

      Le sens commun distingue le terme de crise de celui de catastrophe ou de mutation, dont les conséquences sont irréversibles.

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  • charles // 02.05.2019 à 12h22

    “« Une puissance est un État qui dans le monde se distingue non seulement par son poids territorial, démographique et économique mais aussi par les moyens dont il dispose pour s’assurer une influence durable sur toute la planète en termes économiques, culturels et diplomatiques… enfin les capacités diplomatiques et militaires achèvent de constituer la puissance en super-puissance » écrit Gérard Dorel. ”

    http://geoconfluences.ens-lyon.fr/glossaire/puissance

    du coup je m’interroge à savoir comment on doit caractériser un “empire”, alors je tape http://geoconfluences.ens-lyon.fr/glossaire/empire
    bah y’a pas.

    tout cela pour dire qu’il me semble qu’il y a de la novlangue dans ce P.

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  • Louis St.O // 02.05.2019 à 13h23

    Heureusement, il y a des américains qui ont ouvert les yeux, malheureusement pas assez.

    https://www.youtube.com/watch?v=ML3qYHWRIZk

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  • moshedayan // 02.05.2019 à 14h08

    Quand Guillaume Berlat cessera de parler d’Europe pour dire UE -Union européenne et très exactement Union européenne occidentaliste ou otanienne alors, ses analyses seront peut-être intéressantes à lire.
    Il n’a pas le caractère clair et incisif d’Alastair Crooke.

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  • ima // 02.05.2019 à 14h16

    M’sieur Berlat prend ses désirs pour des réalités.
    “Nul ne conteste aujourd’hui le fait que les États-Unis sont la première (puissance?) militaire au monde loin devant la Chine et la Russie. Les chiffres parlent d’eux-mêmes.”
    Ses chiffres sont de qui ? Les USA font faire des profits énormes aux maîtres du complexe militaro-industriel ne sous entendant pas une qualité de premier choix.
    Qu’a dit Poutine sur ces armements qui coûtent 10 fois le prix de ceux produits en Russie ,
    “Les armements étasuniens sont créés pour gagner de l’argent, les nôtres pour tuer”. Comme justification, Arabie, Turquie et bien d’autres qui louchent sur les S-400 pour éviter les Patriot ridicules. Dois-je parler de la plus grande arnaque du siècle, le F 35 qu’ils tentent d’imposer à leurs obligés (européens en tête) et de bien d’autres.
    Ce sont les critères de comparaison de mr Berlat qui sont en cause.
    Peut mieux faire, tout ça pour nous faire comprendre qu’il n’y a qu’une solution atlantique, bon petit soldat !

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    • Alfred // 02.05.2019 à 15h27

      Et le plus beau dans tour ça c’est que la Russie est probablement en mesure de mettre militairement les états unis à elle seule (cf les “jeux de guerre” et simulations récentes contre la Russie et contre la Chine (references à retrouver mais moins de six mois))… pour un budget militaire de l’ordre de (voire inférieur en 2018) à celui de la France.
      https://www.sipri.org/sites/default/files/2019-04/fs_1904_milex_2018.pdf
      Bref nous pourrions être indépendants des états unis… (pour être honnête cela nous est plus difficile que pour la Russie ) court terme en raison de notre manque de matieres premières et de notre intégration économique avec tonton (mais cela peut ce changer)).

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    • alain maronani // 02.05.2019 à 16h55

      “Les armements étasuniens sont créés pour gagner de l’argent, les nôtres pour tuer”…

      Tout le monde ne peut ignorer que l’arsenal américain est surtout destiné à l’aide humanitaire..

      Les principaux vendeurs d’armes…la Chine, la France, les USA et la Russie..UK aussi

      La Russie est le deuxième plus gros vendeur d’armes au monde en termes de valeur des exportations. Environ 10 % des exportations d’armes russes seraient à destination de la Syrie. Ces transferts incluent des missiles antichars et des avions de combat MiG. La Russie vend au Soudan des hélicoptères de combat utilisés pour attaquer des civils au Darfour et au Kordofan du Sud. Pour des besoins humanitaires ? Gratuitement ?

      Amnesty Internationale probablement une officine de l’Otan ? Pour notre ami russophile on va lui rappeler que la Russie n’exporte que du gaz ou du pétrole ( 4 ième pollueur mondial) 80 % de ses exportations et 15 % pour le secteur militaire. le reste pas grand chose, la vodka et le caviar (quand il n’est pas volé)…

      Vous êtes un expert militaire ? Un expert en balistique ? L’Arabie Saoudite a des hangards de matériels non utilisés et en fait (mais vous le saviez..) c’est un moyen de recycler des pétro-dollars, un gâchis total.

      Ne vous fatiguez pas à mettre l’équipement russe sur un piédestal. Le fait que l’armement représente plus de 3 % du pib mondial est un désastre. De ca on peut s’indigner. Mais vous préférez planter vos petits drapeaux…

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      • Max // 02.05.2019 à 19h06

        L’agriculture russe est passée largement devant l’armement en particulier le blé en ce qui concerne l’exportation.

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        • alain maronani // 02.05.2019 à 21h27

          Je sais tonton Vlad c’est le plus fort…

          La production agricole russe a augmentée, un résultat des sanctions,ce qui a réduit les importations mais la Russie reste très largement un importateur net de produits agricoles…comme l’a souligné Vlad dans son discours en Mars 2018…devant l’assemblée de la Fédération de Russie [modéré]
          A noter que ces augmentations de l’exportation sont aussi le résultat du cours du rouble qui est passé de 6 roubles pour 1 dollar (en 1998) a 60 roubles pour un dollar (Fevrier 2019) d’ou la disparition des touristes russes…

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          • Max // 03.05.2019 à 09h17

            L’UE aussi subventionne son agriculture.

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  • Myrkur34 // 02.05.2019 à 17h40

    A se demander si l’union européenne n’est pas une administration de plus comme l’Otan ou le complexe militaro-industriel US…..C’est autonome, quoiqu’il arrive(guerres perdues, déficit ou budget astronomique, néo-libéralisme à en crever) çà continue de fonctionner.
    Et concernant la domination par la culture, laissez moi rire, la culture avengers, x-men ? Je les regarde quand ils passent à la tv, mais en ayant le cerveau débranché ou en mode 8-12 ans d’âge.
    Et je n’ai aucune figurine traînant sur mes étagères. (plutôt ceci: http://2.bp.blogspot.com/-_gNvoELADRs/UidUgP-eumI/AAAAAAAAt9I/wqhphdplHRA/s1600/7+-+Hit+Parade+Chante+-+Pop+Hits+-+Vol.+46+(1979).jpeg
    :o)

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  • antoniob // 02.05.2019 à 18h04

    l’amende de la BNP est simplement la preuve que le gouvernement français est un ramassis de crétins idéologiquement soumis.
    La réponse correcte à l’époque était d’accepter les pertes en étant expulsés de Wall Street, mais déclarer pêle-mêle une sortie de l’OTAN, des accords et alliances avec la Chine, la Russie, l’Iran.
    Cela aurait cloué le bec à la rage écumante ubuesque de Washington pour la simple et bonne raison que les Etats-Unis ne vont pas s’amuser à lancer une guerre sur la France. Ni dure ni molle en tentant de la ruiner.
    Mais c’est un vieux réflexe français, depuis 1940, que de se plier sous celui qui donne le plus de voix qui a le plus d’armes, etc.

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  • euphorbe // 03.05.2019 à 09h06

    Lisez l’excellent livre de Michel Collon : U.S.A. les 100 pires citations, ça se lit très vite sans mal de tête.
    Après ça, plus aucune illusion ne tient.

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