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19.avril.201919.4.2019 // Les Crises

Le désastre argentin ignoré par les médias français. Par Pablo Rotelli

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Source : LVSL, Pablo Rotelli, 14-01-2019


Le déroulement du G20 à Buenos Aires aurait pu constituer pour la presse française l’occasion d’exposer l’Argentine sous un autre angle que celui du football ou des scandales de corruption. En effet, si ce pays sud américain est surtout connu pour ses stars du ballon rond, ses sites touristiques et ses pistes de tango à l’ambiance tamisée, il est aussi en proie à une crise économique et sociale d’une grande ampleur, amorcée par les mesures néolibérales prises par le gouvernement de Mauricio Macri dès son arrivée au pouvoir en décembre 2015 à la tête de la coalition Cambiemos. Les résultats sont pour le moins catastrophiques. Asphyxiés par une inflation galopante –dont le taux avoisine les 50% cette année – les Argentins ne peuvent pas compter sur les services publics pour s’en protéger. Suite à la décision du gouvernement de mettre fin aux subsides destinés aux transports, au gaz, à l’eau et à l’électricité, les compagnies privées qui en gèrent l’exploitation ont reporté ce manque à gagner sur les prix finaux dont la hausse atteint jusqu’à 930% en trois ans. Puisque les salaires nominaux ont augmenté moins vite que les prix depuis 2015, il s’en est mécaniquement suivi un appauvrissement général de la population : le taux de pauvreté s’élève actuellement à 33,6% avec plus de 2,2 millions de nouveaux pauvres pour la seule année 2018.

L’Argentine avait pourtant connu des années fastes après s’être relevée de sa terrible crise de 2001 et avait enregistré des taux de croissance proche de 9% jusqu’en 2008. La crise des subprimes fut responsable d’une récession passagère en 2009 (-5.2%) de laquelle le pays se remit dès l’année suivante (+10.1%) pour voir ensuite son taux de croissance se stabiliser autour d’une moyenne de 1.5% sur la période 2011-2015. Malgré l’amoindrissement de sa croissance depuis le début de la décennie, l’économie argentine semblait avoir atteint une stabilité suffisante pour faire oublier à la majorité des Argentins les séquelles de la crise de 2001. La situation actuelle est malheureusement bien différente : selon les estimations du FMI, le PIB argentin enregistre une chute de 2.5% pour l’année 2018 et continuera à diminuer l’an prochain selon les prévisions du gouvernement.

Pour comprendre la crise actuelle nous devons rendre compte en premier lieu de la place de l’Argentine dans la division internationale du travail – ce qui est en rapport direct avec sa structure productive – pour ensuite nous pencher sur les politiques mises en place par l’administration Macri et les conséquences qu’elles entraînent.

L’ARGENTINE, UN PAYS PÉRIPHÉRIQUE INDUSTRIALISÉ…

Tout comme la plupart des pays latino-américains au moment de leur indépendance de la couronne espagnole, l’Argentine hérite d’une place d’exportateur de matières premières que les capitaux britanniques – ayant financé les guerres d’indépendance – ne manquèrent pas d’entériner. L’Argentine du XIXe siècle et du début du XXe, fortement dotée en terres cultivables, se construit sur un modèle exclusivement agro-exportateur et compte sur le Royaume-Uni pour ses importations de biens manufacturés. Cependant la crise de 1929 bouleverse cet état des choses et participe par la même occasion à la modification du rapport de forces économique sur le plan international entre les nations sud-américaines et européennes, mais aussi entre les secteurs économiques à l’intérieur de ces nations. En effet, la crise amoindrit premièrement la capacité des pays du Nord – le centre industrialisé – à payer leurs importations de matières premières qui viennent des pays périphériques, qui subissent dans un deuxième temps une diminution de leurs entrées de devises. De cela découle logiquement une contraction de leur capacité à payer des importations de biens manufacturés en provenance des pays du Nord (Murmis et Portantiero, 1970). Cet écart vis-à-vis des théories classiques de l’échange permit le développement d’une certaine industrie nationale dans le cadre de politiques dites de substitution d’importations, ainsi que celui d’un secteur ouvrier qui ne tarda pas à s’organiser autour de puissantes centrales syndicales.

Ce phénomène se renforça lors des premières années qui suivirent la fin de la Deuxième Guerre mondiale, car au fur et à mesure que la capacité importatrice des pays européens se rétablissait, les flux de devises dirigées vers l’Argentine permirent au premier gouvernement péroniste (1946-1952) – majoritairement soutenu par le mouvement ouvrier – d’en prélever une partie pour continuer à développer l’industrie nationale. Parallèlement à cela, le fait de produire des biens manufacturés sur place a tendance à réduire les besoins d’importations de ces mêmes biens en provenance des pays industrialisés. Ceux-ci, afin de maintenir leur balance commerciale équilibrée ont tendance à réduire en contrepartie leurs importations de produits agricoles en provenance de l’Argentine. Autrement dit, le jeu de l’offre et de la demande sur le plan du commerce international implique que le développement des secteurs industriels des pays périphériques se produise presque invariablement au détriment des secteurs dans lesquels ces pays sont initialement spécialisés.

La nationalisation du commerce extérieur et les rétentions aux exportations agricoles mises en place par Juan Domingo Perón finirent de consommer la fracture entre les grands propriétaires terriens d’un côté et les industriels – notamment le secteur ouvrier – de l’autre.

Cette grille de lecture, malgré le contexte d’après-guerre dans laquelle elle s’est forgée, demeure en partie d’actualité et permet de comprendre les politiques du gouvernement actuel en faveur du secteur agro-exportateur – dont la production est essentiellement concentrée sur le soja – et en défaveur de l’industrie nationale, jugée peu compétitive.

…EN PROIE À LA DÉGRADATION DES TERMES DE L’ÉCHANGE

Malgré le développement de son secteur industriel durant les années 1930 à 1970, la principale entrée de devises en Argentine demeure son secteur agro-exportateur. Cependant, avec l’enrichissement mondial observé au long du XXe siècle, la demande de produits manufacturiers à forte incorporation de capital progresse beaucoup plus rapidement que celle adressée aux biens primaires, dans lesquels les pays périphériques se spécialisent. Par conséquent les prix des biens du capital – importés par l’Argentine – augmentent plus vite que ceux de ses exportations, ce qui aboutit à une dégradation des termes de l’échange. Cet élément constitue une des faiblesses structurelles de l’économie argentine (Medici et Panigo, 2014) car si ses importations se renchérissent plus vite que ses exportations cela se traduit par un déficit structurel de sa balance commerciale.

Ceci a tendance à produire deux phénomènes conjoints. Tout d’abord, s’il est nécessaire de céder plus de devises pour payer des importations plus chères et que ce flux n’est pas compensé par celles qui proviennent des exportations alors leur stock aura tendance à diminuer. D’un autre côté, la demande adressée aux devises (les importateurs les achètent pour payer les importations) sur le marché des changes argentin augmente. Leur rareté relative fait que les offreurs de devises – que sont souvent les exportateurs qui les obtiennent par le biais de leurs exportations – demandent plus de pesos en échange : le prix des devises libellées en pesos augmente. Cela peut être perçu sous un angle différent : puisque le pays importe en valeur plus que ce qu’il n’exporte, la demande de devises -utilisées pour payer ces importations – devient supérieure à la demande de pesos – voulus par les exportateurs pour payer leurs salariés par exemple. Ce déséquilibre commercial provoque presque inévitablement une dévaluation du peso – ou une appréciation des devises – dont les effets inflationnistes qui en découlent ont tendance à engendrer à leur tour des effets récessifs sur l’économie nationale.

Si actuellement d’autres variables structurelles – relatives à la flexibilisation du marché de capitaux amorcée dès la fin des années 1970 – peuvent également expliquer la tendance à la baisse de la valeur du peso, cette grille de lecture garde aujourd’hui toute sa pertinence et s’avère très utile pour comprendre les mécanismes de base qui opèrent sur le marché des changes argentin.

Par conséquent, les gouvernements successifs du pays doivent choisir – certainement en fonction des intérêts des secteurs qu’ils représentent – la manière de composer avec les goulots d’étranglement extérieurs de l’économie argentine qui viennent d’être présentés. Par exemple, si les gouvernements Kirchnéristes (2003-2015) ont eu tendance à bénéficier au secteur industriel, à parier sur le marché intérieur et à établir un strict contrôle des changes sur le marché des devises pour tenter d’enrayer le cycle dévaluation-inflation, le gouvernement actuel a choisi de faire exactement l’inverse, avec des résultats pour le moins catastrophiques.

CHRONIQUE D’UNE DÉBÂCLE ANNONCÉE

Le programme économique appliqué par le président Mauricio Macri suite à sa victoire électorale contre le candidat kirchnériste Daniel Scioli ressemble très fortement aux principaux axes des politiques d’ajustement structurelles (PAS) expérimentées en Amérique Latine dans les années 1980. Il s’agit en effet d’un programme d’austérité néolibéral assez classique de réduction de la dépense publique, de dérégulation des marchés financiers, d’abaissement des barrières douanières et de baisse des salaires réels, avec toutefois de courts épisodes ponctuels de relance économique – notamment lors des périodes pré électorales – à travers la réalisation de grands travaux de rénovation urbaine financés par l’endettement public.

Toutefois si l’argument économique qui a servi à justifier les PAS dans les années 1980 était celui de la réduction des dettes publiques des pays de la région – souvent contractées en dollars, le poids de ces dettes s’était considérablement aggravé suite au relèvement des taux d’intérêt par la FED en 1979 (Aglietta, 2008) – celui-ci était devenu inutilisable en 2016 du fait du faible niveau d’endettement du pays. Après avoir atteint 152% du PIB en 2002, la dette publique argentine ne représentait plus que 55% du PIB en 2015. Ce fut alors l’un des argumentaires gravitant autour du « combat contre l’inflation » et contre le « populisme » dont s’est saisi Alfonso Prat Gay, le premier ministre de l’économie de la coalition Cambiemos pour justifier l’imposition d’un programme d’austérité appliqué à grands coups de décrets présidentiels.

Moins de trois ans plus tard, l’Argentine, à genoux face à ses créanciers, s’est vue contrainte en juin dernier à faire appel au FMI afin d’obtenir un prêt de 50 milliards de dollars dans le cadre d’un nouvel accord Stand By (SBA).

Pourtant, ce résultat ne constitue une surprise que pour les indéfectibles soutiens de Cambiemos, bernés par des promesses électorales intenables telles que la « pauvreté zéro » ou l’arrivée d’une « pluie d’investissements » une fois que le marché du travail fut « assaini ». En effet, dès la fin 2015, Axel Kiciloff, ancien ministre d’économie sous la présidence de Cristina Kirchner, avertissait au cours d’une réunion publique informelle que l’application du programme économique de Mauricio Macri se solderait par un retour au Fonds monétaire. Et ce retour était prévisible. Passons en revue les raisons.

DE LA DÉVALUATION À L’INFLATION, DE LA FUITE DE CAPITAUX À L’ENDETTEMENT EFFRÉNÉ

Empressé de satisfaire les demandes des exportateurs et de la classe moyenne qui l’a soutenu, Mauricio Macri a supprimé le contrôle des changes qui avait été instauré sous la présidence de Cristina Kirchner pour contenir la dévaluation du peso. L’effet fut immédiat : le peso argentin perdit en un seul jour 30% de sa valeur face au dollar au cours d’une ruée que l’intervention de la Banque Centrale (BCRA) sur le marché des changes eut du mal à contenir. Cela a eu pour effet de renchérir les importations dans les mêmes proportions et a participé, couplé aux anticipations des commerçants, à une hausse généralisée assez rapide des prix. L’inflation est alors devenue incontrôlable dans un pays où elle était déjà importante. En 2015, année qui prend en compte le mois de décembre au cours duquel se produisit cette forte dévaluation, le niveau général des prix a subi une hausse de l’ordre de 27%, pour grimper à 40% pour la seule année 2016 !

Hormis les effets récessifs que cela peut avoir sur l’activité économique – à travers la perte de pouvoir d’achat et le renchérissement relatif des importations – l’inflation provoque à son tour une dépréciation de la monnaie, ce qui a marqué le début d’un cercle vicieux que le gouvernement n’a toujours pas réussi à résoudre. En effet, la perte du pouvoir d’achat du peso – du fait de l’augmentation des prix – provoque d’un côté un report de l’épargne vers le dollar et d’un autre côté une perte de valeur des titres libellés en pesos. Les investisseurs cherchent alors à s’en défaire et à acheter des titres libellés en dollars. Dans les deux cas la demande de la monnaie nord américaine augmente en même temps que celle de la monnaie argentine diminue, ce qui aboutit à la dépréciation de la seconde.

Pour enrayer ce processus, le gouvernement argentin a mis en place une batterie de mesures d’inspiration monétariste qui se sont révélées pour le moins inefficaces et qui ont fini par faire exploser la dette publique.

Premièrement, afin de rendre la monnaie nationale plus attractive – mais aussi pour limiter la création monétaire par le crédit dans une tentative de combattre l’inflation – l’administration Macri a fait relever les taux directeurs par la BCRA et aordonné d’émettre des bons du Trésor à faible durée de vie appelés Lebacs. Si cela a permis d’attirer des investisseurs qui demandaient des pesos – et vendaient leurs précieux dollars stoppant ainsi la dévaluation – pour acheter ces titres, cette mesure a rapidement produit un effet pervers : le « carry trade » ou « bicyclette financière ». Il s’agit pour les détenteurs de dollars d’acheter des pesos à un certain taux, de les placer en Lebacs, d’empocher la rentabilité, de revendre leurs titres puis, étant donné que la demande adressée aux pesos empêche une forte dévaluation, de racheter des dollars à un taux proche de l’initial. Sur une année, la rentabilité en dollars de cette spéculation pouvait atteindre 20%.

Cela signifie qu’un spéculateur qui a répété ce processus pendant un an pouvait placer mille dollars le premier mois et finir l’année avec mille deux-cents billets verts, différentiel qui devait être cédé par la BCRA au détriment de ses réserves qui, rappelons le, servent à maintenir le taux de change. Afin de restaurer ces dernières, le pays a eu recours à l’endettement. Autrement dit, l’Argentine s’est endettée en dollars pour financer la fuite de capitaux. Cette bombe à retardement a explosé à plusieurs reprises lorsque les investisseurs, après s’être enrichis en spéculant sur le dos des Argentins, ont estimé qu’il était temps de placer leurs capitaux dans des titres plus sûrs, processus connu sous le technicisme de « fuite vers la qualité ». A chaque envol a correspondu une dépréciation brutale dont la gestion catastrophique par la BCRA a coûté le siège à deux de ses présidents en trois ans. En effet, lors de reports massifs sur le dollar, la BCRA peut soit relever les taux d’intérêts – ce qui est catastrophique pour l’industrie – pour ne pas avoir à laisser la monnaie se déprecier ni perdre des réserves, soit intervenir sur le marché des changes – en vendant des dollars et éviter que leur prix augmente -, ou bien laisser libre cours à la dépréciation pour ne pas relever les taux d’intérêt ni perdre des dollars.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, les trois mesures ont été appliquées simultanément mais ont abouti à une fonte du stock de devises, à des dépréciations non contenues et à une hausse des taux d’intérêts prohibitifs pour l’investissement productif. Cette dernière mesure, couplée à l’ouverture indiscriminée aux importations, a participé à détruire le secteur industriel national – plus de 100 000 emplois industriels perdus en trois ans – et par conséquent à creuser le déficit de la balance commerciale, et renforcé ainsi la dévaluation du peso.

L’application des théories monétaristes – selon lesquelles l’inflation dépend de l’augmentation de la masse monétaire – s’est avérée non pas inutile pour l’Argentine, mais catastrophique. En seulement trois ans, l’inflation cumulée a atteint la barre symbolique des 100%, tandis que le peso a subi une dévaluation supérieure à 250% depuis 2015. De son côté la dette publique s’élève actuellement à presque 80% du PIB et la fuite de capitaux atteint les 52 milliards de dollars, somme que le renflouement octroyé par le FMI ne suffit pas à compenser.

MACRI, MACRON, UNE RESSEMBLANCE AU-DELÀ DU NOM

En toute cohérence avec ces mesures économiques, l’administration Cambiemos applique des politiques de flexibilisation et d’austérité qui ne sont pas sans rappeler celles que porte la majorité LREM en France, elles mêmes permises par les lois El Khomri et Macron.

En effet, la loi travail argentine vise également à faciliter les licenciements dans le but affiché de faciliter les embauches. Seulement, dans une économie en crise qui évolue dans un contexte international qui vire au protectionnisme, les débouchés intérieurs et extérieurs deviennent aussi rares que les embauches. À cela s’ajoute la réduction du coût du travail qui ne passe pas tant par une réduction de la part socialisée de la valeur ajoutée correspondant à la Sécurité sociale, mais par la diminution des salaires réels : pour cela il suffit de ne pas ajuster les salaires nominaux à l’inflation et de laisser celle-ci rogner le pouvoir d’achat, ce qui du point de vue des investisseurs correspond de fait à une baisse du coût de la main d’œuvre.

L’impératif de réduction de la dépense publique se traduit par la diminution des retraites en termes réels, des prestations sociales, du financement de la santé publique, de l’éducation publique, mais aussi par la hausse indiscriminée des prix du gaz (+930%), de l’eau (+638%), de l’électricité (+920%) (source : BBC) et des transports en commun. Autant de services gérés par des compagnies privées qui exigent ces hausses pour compenser les dévaluations successives et pour maintenir leur rentabilité en dollars.

AU DELÀ DE LA FROIDEUR DES STATISTIQUES

Si aucun indicateur ne permet par exemple de rendre compte de la souffrance d’un parent qui n’est plus en mesure de nourrir ses enfants, la dimension du désastre social peut être entraperçue à l’aune d’une effroyable statistique : seulement un an après l’accession au pouvoir de Mauricio Macri, l’Argentine comptait un million quatre cent-mille nouveaux pauvres au sein de son territoire national et quatre-cent milles nouvelles personnes ayant basculé sous le seuil d’indigence. À cela s’ajoutent les plus de 2,2 millions de personnes qui sont également passées sous le seuil de pauvreté en 2018 comme nous l’avons mentionné dans l’introduction. Cela équivaut concrètement au sacrifice de nouvelles générations d’Argentins qui n’accèderont probablement jamais à une santé et à une éducation de qualité et ne participeront que de manière marginale au processus de création de richesses futur. Le manque à gagner pour la nation en terme de capital humain et de développement à long terme est incalculable et surpasse les faibles économies que tente de réaliser le gouvernement avec sa politique d’austérité.

RÉVOLTE ET RÉPRESSION

Malgré le manque de combativité de la CGT, la principale centrale syndicale du pays, de nombreuses manifestations ont fait irruption dans l’espace public au cours de ces trois dernières années. Elles se sont notamment produites à Buenos Aires, où l’occupation de la mythique Place de Mai le temps d’un après-midi constitue un signal fort envoyé au pouvoir institutionnel, qui rend compte à la fois de la capacité des organisations opposantes à mobiliser, mais aussi du mal-être social dans lequel s’enlise la population.

Toutefois, si ces démonstrations populaires sont à l’image de la situation économique du pays, les répressions qui ont suivi le sont tout aussi. Les violences policières ont atteint leur paroxysme lors de la manifestation contre la loi des retraites, durant laquelle les forces de l’ordre, non contentes de gazer des personnes âgées, des journalistes et des parlementaires se sont lancées dans une véritable chasse motorisée aux manifestants à plusieurs centaines de mètres de la zone d’affrontements, et sont allées jusqu’à rouler volontairement sur un jeune collecteur de cartons usagés.

Plus inquiétant encore, la disparition suite à une opération policière dans le sud du pays de l’activiste Santiago Maldonado, retrouvé noyé plus de deux mois plus tard en amont du lieu de sa noyade ; l’assassinat par balle de Rafael Nahuel, membre de la communauté Mapuche lors d’une opération de Gendarmerie, ou encore l’assassinat par la police de Rodolfo Orellana,militant de la Confédération des travailleurs de l’économie populaire (CTEP) constituent autant d’éléments qui marquent, de par l’impunité des assassins et de par leur récurrence un tournant autoritaire du pouvoir en place inégalé depuis l’année 2002.

UNE LUEUR D’ESPOIR

Malgré un panorama obscur pour la majorité des Argentins qui vivent de leur travail – formel ou informel, le pays voit se développer sur son territoire un foisonnement d’initiatives populaires nées à l’aune des crises précédentes et réactivées par la crise actuelle. Par exemple, dans certains quartiers portègnes les voisins s’organisent pour former des coopératives de consommation afin de combattre l’inflation. À côté de cela les usines fermées suite à une faillite sont récupérées par leurs travailleurs de manière récurrente et se remettent à produire en autogestion. De plus, ces formes singulières d’organisation ouvrière forment un réseau de producteurs complémentaires au sein duquel circule une crypto-monnaie locale, la monnaie Par, afin de remédier au manque de liquidité en pesos et d’y maintenir un certain niveau d’activité. Les clubs de troc d’autre part, disparus depuis plus d’une décennie refont surface et certains se saisissent de ce « bitcoin populaire » pour pérenniser leurs échanges.

Dans la même lignée, des lycées populaires sont créés et gérés par des professeurs sur la base du volontariat. Souvent logés au sein d’usines autogérées, ceux-ci y côtoient des centres culturels coopératifs, tous deux financés par la communauté.

Les nombreuses crises qu’a traversé le pays, couplées à une très riche histoire de son mouvement ouvrier organisé, ont doté la société argentine d’un large registre d’actions collectives capable d’être mobilisé rapidement pour faire face à l’adversité.

Bref, l’Argentine résiste.

Source : LVSL, Pablo Rotelli, 14-01-2019

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Commentaire recommandé

Galvan // 19.04.2019 à 07h18

Quand est-ce que les populations arrêteront de voter pour des partis prônant des thèses économiques néolibérales ?
Depuis 40 ans, les résultats de ces politiques sont partout les mêmes : des échecs cuisants pour 99,9% de la population au profit d’un enrichissement insensé de 0,01 % de privilégiés qui s’auto-proclament «  élites « 
Ces théories économiques dogmatiques pseudo scientifiques sont une arnaque, et conduisent les pays aux pires dictatures

40 réactions et commentaires

  • numaroumestan // 19.04.2019 à 07h09

    Macri, Macron, Juncker et autre Merkel…sont des administrateurs coloniaux dont se sont émancipés la Chine et l’ Inde qui en furent notamment victimes aux XIX ième et XX ième siècle.
    Si aucune élite, tant en Europe qu’en Argentine, n’est en mesure de faire comme eux, de virer la racaille vétérotestamentaire qui vole, pille et tue, alors ils sont condamnés à mort.

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    • V_Parlier // 25.04.2019 à 00h11

      Les argentins avaient cette possibilité avec Kircher qui commençait à se défendre pas mal, mais elle a eu le malheur d’avoir une politique cohérente: Le social ne tient qu’avec la régulation des importations (taxes, etc, iphones et autres joyeusetés plus chers à l’achat…). Ils l’ont virée alors qu’ils avaient cette chance d’avoir un gouvernement souverainiste, chose inespérée ici, alors tant pis pour eux. Ils ont voulu un super-Macron, qu’ils en profitent!

        +0

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  • Galvan // 19.04.2019 à 07h18

    Quand est-ce que les populations arrêteront de voter pour des partis prônant des thèses économiques néolibérales ?
    Depuis 40 ans, les résultats de ces politiques sont partout les mêmes : des échecs cuisants pour 99,9% de la population au profit d’un enrichissement insensé de 0,01 % de privilégiés qui s’auto-proclament «  élites « 
    Ces théories économiques dogmatiques pseudo scientifiques sont une arnaque, et conduisent les pays aux pires dictatures

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    • Duvam // 19.04.2019 à 09h06

      Ils arrêteront peut être de voter pour elles quand ils auront une information presse ou télévisuelle qui leurs permettrons d’orienter honnêtement leurs choix. Comme chez nous c’est le chat qui se mord la queue.

        +29

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      • Sébastien // 19.04.2019 à 10h32

        Qu’ils arrêtent de croire au Père-Noël. On ne peut pas toujours demander aux autres de tout faire, y compris penser à sa place.

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        • Patrick // 19.04.2019 à 18h53

          De tous temps , le peuple a toujours élu ceux qui promettaient du pain et des jeux avec l’argent des autres.
          Quand il n’y a plus d’argent des autres çà devient compliqué.

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      • alain maronani // 19.04.2019 à 15h29

        Cessez de croire qu’une population dont le QI moyen est médiocre (ici ou ailleurs…) va prendre le temps de décoller de sa télévision, de réfléchir de s’informer.
        L’information est là, les revues, les livres, les études sont largement disponibles. Les formations sont accessibles (ce qui n’est pas le cas ou je vis). La majorité de la population s’abreuve de football, de F1, de jeux télévisés débiles, joue au Lotto, ne décolle pas de Facebook, etc..RTL la première radio de France. On oblige les gens a écouter Calvi ou Bouvard ? ou Drucker et sa messe du dimanche entre copains ?
        [modéré]
        Il est évident que les puissants de ce monde et leurs affidés ont des intérêts commun et qu’une partie des medias est aux ordres.

        Arrêtez-donc d’oindre le peuple de qualités et de discernement, ce n’est pas le cas…c’est de l’angélisme

          +15

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    • l’illétré // 19.04.2019 à 18h05

      Quand le frigo sera vide, pas avant. C’est difficile de réfléchir, et les gens ne veulent pas penser.
      Essayez donc d’expliquer le fonctionnement délétère de l’économie néo-libérale de l’Union Européenne; vous passerez pour un fou. A comparer avec l’économie des trentes glorieuses, qui était une économie semi-dirigée qui a été capable de relever le pays après la guerre de 39-45, avec une avance sociale jamais vue dans notre histoire, la classe ouvrière étant sortie d’une misère noire. etc….

        +5

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    • l’illétré // 19.04.2019 à 19h00

      Les gens n’ont aucune formation politique ou économique et sont dans l’impossibilité de comprendre ce qu’il se passe.
      Mais, surtout ils ne veulent pas se donner la peine de réfléchir, et votent à l’instinct : Belle gueule, belles pompes, belles cravates, beau costard, bien coupé, etc …. le gendre parfait. Macron a fait le plein des retraités, sensibles à l’apparat de la personne mais incapable de juger de la valeur intrinsèque de la personne. Incapable de se remettre en cause et d’essayer de comprendre le programme politique et économique qui leur est proposé. Voyez ts nos hommes politiques, tjrs le même costard, il suffit de changer la tête.
      Quant à la démocratie représentative, elle peut-être valable, sous réserve que l’électeur soit correctement informé, par le parti en place et par l’opposition, avec de réels débats. Cela nécessite une proportionnelle réelle afin que toutes les opinions soient représentées et non pas comme aujourd’hui où le parti du président qui représente 24% des électeurs (1er tour des présidentielles) est représenté au parlement par 305 députés alors qu’à l’extrème le parti FN, qui représente 22% des électeurs aux mêmes élections, n’a que 8 députés soit 35 fois moins que le parti du président;
      20% pour LR avec 146 député et 20% les insoumis avec 16 députés. Expliquez moi où est la démocratie. Tout cela à cause des élections législatives, qui truquent les résultats avec le système uninominal à deux tours, vivement la proportionnelle que l’on sorte de cet dictature douce néolibérale.

        +5

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      • Patrick // 19.04.2019 à 19h29

        Seule solution : limiter le pouvoir des élus à la gestion du quotidien et ne leur laisser aucune marge de manœuvre pour faire des dettes. Les décisions importantes doivent faire l’objet d’un vote de tous.

          +4

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  • aladin0248 // 19.04.2019 à 08h57

    Bel exemple de la perversion absolue de la ‘démocratie représentative’. Les seuls candidats réellement éligibles sont des mafieux, et s’il se trouve par hasard un candidat plus honnête, il sera acheté ou empêché de gouverner. Imparable ! Pour le peuple, que faire ? La révolte violente est impossible. Ce qu’il reste : ne plus voter, ne plus consommer l’inutile, saboter habilement… Chez nous ce n’est qualitativement guère différent, mais il existe encore une différence quantitative importante dans l’application de la dictature, quoique l’étau se resserre.

      +9

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    • Sébastien // 19.04.2019 à 10h30

      Eh oui Aladin, vous avez remarqué comme la République se prête merveilleusement au système Capitaliste? Ils auraient tort de s’en priver!

        +3

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  • Charles Michael // 19.04.2019 à 08h59

    Bravo Galvan :
    c’était exactement ma réaction à la victoire de Macri,
    (comme à celle de Macron-l’enfumeur devenu l’ éborgneur)
    et ces échecs nécéssitent la répression.

      +10

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  • Pierre C // 19.04.2019 à 09h21

    D’un certain point de vue, n’est il pas souhaitable d’avoir le maximum de dirigeants néolibéraux avec un maximum de désastres économiques ?

    Afin de planter et faire croître le système social et économique de demain, qui pourrait être proche de ces exemples de trocs et d’autogestion en Argentine.

    Il faudrait cependant aller très très vite en besogne et en crise économique, pour autodetruire le plus rapidement possible la société de consommation pour essayer de préserver quelque-chose de la biosphère.

      +4

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  • Sandrine // 19.04.2019 à 09h38

    A revoir : le film de Solanas « Mémoire d’un saccage: Argentine le hold up du siècle »
    https://www.youtube.com/watch?v=skkKhIdVbrs
    Ou l’on voit à quoi conduisent les politiques néolibérales : au genocide social.

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  • Pepin Lecourt // 19.04.2019 à 09h59

    Et tout cela sans Maduro ni embargo américain !

    Pas de quoi intéresser nos médias dont la ligne éditoriale est la dénonciation du fiasco des politiques économiques dites de gauche !

    A l’époque des Kirchner nos médias titraient régulièrement sur tout ce qui n’allait pas en Argentine, depuis l’arrivée au pouvoir des néolibéraux, après une intense campagne médiatique de dénigrement de Mme Kirschner jusqu’à l’accusation de complicité de crime, alors que cette gestion est catastrophique, désastreuse, silence médiatique.

    On peut en conclure que la situation ne doit pas être désastreuse pour tout le monde !

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    • lois-economiques // 19.04.2019 à 11h29

      Le Venezuela a fait pire, il a subventionné les importations.
      Sinon, contrairement aux articles sur le Venezuela qui racontent n’importe quoi, celui-ci est argumenté et crédible.
      Mais dans les faits il ne fait que décrire ce que Marx a théorisé c’est à dire la baisse tendancielle des profits à l’échelle d’un pays.
      Ce que l’on connait partout ailleurs.

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  • Rond // 19.04.2019 à 11h09

    Comme “notre” monde néoéconomicofinancierliberal est incapable de se réformer, enfermé qu’il est dans ses illusions, ses dogmes, ses addictions et ses bricolages débiles, un autre monde se crée à coté, fondé sur d’autres modèles. L’argentine est ainsi un immense chantier école parmi d’autres et précurseur de ce qui est déjà en cours en France, de plus en plus visiblement. Un indicateur : la violence croissante d’un état agonisant. C’est dire l’avancement du pourrissement à cœur que le gamin, ses sbires et ses commanditaires ne voient que comme un gros tas de bon jus gras pour s’empiffrer. Cerveaux de cloportes fossoyeurs !
    Seule la peur de perdre ce qu’on croit encore posséder, maintient l’épave de moins en moins rutilante à flot. Une fois cette retenue dépassée, on pourra enfin engager la reconstruction. 5 ans pour reconstruire la maison brûlée, promesse d’un illusionniste qui ne sait que parler mais qui, décidément, ne sait pas de quoi. Allez, va penser printemps si ça te chante, cigale !
    Il en faudra bien plus pour pour reconstruire la maison France. Ca tombe bien, toutes les compétences sont bienvenues et il y aura du travail pour tout le monde, puisque tout est à repenser.
    Soyons attentifs et créatifs !

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  • Le Rouméliote // 19.04.2019 à 11h10

    Tout ça ressemble vraiment beaucoup à la Grèce ! L’auteur n’évoque pas plus précisément l’alignement du peso sur le dollar à partir de 1991, ce qui revient à fournir à l’Argentine une monnaie surévaluée par rapport à ses structures économiques, avec les mêmes effets pervers qu’en Grèce avec l’euro. C’est ce qu’avait bien montré Jason manolopoulos dans La Dette odieuse, Pearson/Les Échos, 2012.
    Et le capitalisme n’est pas le seul à imposer sa surévaluation monétaire aux autres : voir le cas du rouble en URSS, calqué pour l’économie russe, mais sous-évalué pour les Baltes et les Biélorusses et sous-évalué pour les Républiques d’Asie centrale et du Caucase. Jacque Sapir a écrit là-dessus.

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    • Patrick // 19.04.2019 à 13h53

      on peut aussi parler de l’Euro nettement surévalué pour l’économie française et qui la détruit à petit feu.

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  • Fifi // 19.04.2019 à 12h56

    Je précise d’abord que je vis en Argentine depuis plus de dix ans, les commentaires encensent les politiques gauchistes de la famille Kirchner et Maduro, soutiennent ni plus ni moins qu’un état mafieux de dictature, pourquoi ne pas parler de l’après Kirchner…. Il ne reste qu’elle et ses enfants qui ne soit pas en prison pour corruption, cette famille a pillé le pays et se trouve inculpé dans de nombreux dossiers de corruption…. La situation argentine est liée à cet abus de biens sociaux qu’il faut payer, mais aussi a une mentalité argentine bien particulière, les prix sont augmentés tous le temps ” por la duda” autrement dit, ils se tirent une balle dans le pied tout seuls, ils n’ont besoin de personne pour couler leur pays… Sans parler que les indicateurs économiques étaient totalement faussés pour obsculter le pillage, ce qui fait apparaître Macri comme le méchant…. Tous les pays d’Amérique du Sud sont sortis de la spirale inflationniste a part l’Argentine et le Venezuela, ce qui tant a prouvé la qualité de la gestion des nacionaux populaires ….. Pas besoin de me répondre, a mi no me interesa los que hablan sin saber…….

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    • Le Rouméliote // 19.04.2019 à 15h11

      … En attendant, les Argentins ont “produit” Damian Szifron, réalisateur des Nouveaux sauvages, et pour cela, il leur sera beaucoup pardonné… Bombita est une bonne métaphore de ce beau pays, non ?
      PS : Et aussi Gaby Heinze, le meilleur défenseur de l’OM et le grand Marcelo Bielsa, el Loco !

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    • manuel // 22.04.2019 à 20h12

      quand le dialogue n’intéresse pas c’est que l’on parle depuis la propagande.

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  • isidor ducasse // 19.04.2019 à 13h32

    Dans le magazine Golden Boy, Alain Minc a déclaré à propos de la situtation en Argentine:” Sans les milliardaires, sans ces businessman qui investissent leur argent leur temps, leur savoir faire et leur généreuse compétence, ce pays ne serait pas atteint par la pauvreté mais sombrerait dans la misère et le chaos.”

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  • Patrick // 19.04.2019 à 13h52

    “les Argentins ne peuvent pas compter sur les services publics pour s’en protéger. Suite à la décision du gouvernement de mettre fin aux subsides destinés aux transports, au gaz, à l’eau et à l’électricité, ” !!

    Toujours le mythe des “services publics” gratuits … comment étaient financés les fameux subsides ? à part par les impôts ?
    si on considère que l’état prend toujours sa part au passage , les subventions coûteront toujours plus cher que si on paie directement le service.

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    • red2 // 19.04.2019 à 16h18

      Parce que les actionnaires, ils prennent pas leurs parts aussi, le public sera toujours moins cher…

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      • Patrick // 19.04.2019 à 18h08

        dans un système non faussé par les banques centrales et es états ( impression sans fin de monnaie et crédit à gogo !! ) , les actionnaires sont rémunérés sur le capital investi.
        Par exemple , l’an dernier la rémunération du Cac40 a atteint 3% du capital investi , c’est très peu par rapport au CA total , cela représente donc un pourcentage minime sur le prix des produits et des services rendus, bien en deça du coût de l’état.
        Dans un système équilibré , sans impression de pognon , le capital serait nettement réduit , le rendement serait meilleur sans pour autant impacter les prix.

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      • Patrick // 19.04.2019 à 18h11

        en ce qui concerne les hôpitaux , le privé est bien moins cher que le public pour des actes équivalents .. moins de bureaucratie et de gaspillage pour un service en général bien lmeilleur.

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        • lvzor // 22.04.2019 à 20h07

          Le privé soignant les panaris et le public les cancers, la différence de coûts peut s’expliquer sans trop de difficulté.

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  • Pegaz // 19.04.2019 à 14h06

    L’élection présidentielle argentine de 2015 : Mauricio Macri 51,34 % / Daniel Scioli 48,66 %.
    Une « majorité » obtenue à 680’609 voix. Au 1er tour Macri était devancé, 34,15 % contre 37,08 %.
    La question de la Tyranie de la majorité soulevée par de Tocqueville, ne s’appréhende qu’au travers des conséquences de l’exercice de son pouvoir… gagnants/perdants… favorisés/oubliés…

    Leviers utiles pour cette courte majorité :
    Economique : Dettes et fonds vautours, exclusion des marchés financiers et agences de notations (la spirale infernale)
    Politique : Occulter ces réalités économiques au travers de la focale corruption. User de l’affaire multifonction de l’attentat de l’AMIA. Le tout afin de discréditer et d’effacer tout souvenirs positifs des politiques du gouvernement précédent.
    Médiatique : L’unisson des grands groupes de presse à ne relayer que la partie néo-libérale compatible.

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  • Pegaz // 19.04.2019 à 14h31

    De manière globale : En Amérique latine, remplacer le futur par le passé ?

    Les économies latino-américaines plongent à mesure que se prononce la chute des cours des matières premières (près de 32 % en moyenne depuis 2012, 44 % pour le pétrole rien qu’en 2015, près de 50 % pour le gaz naturel, 30 % pour les métaux, 17 % pour les aliments, 16 % pour le soja, etc. [17]) et que la faiblesse structurelle de la demande intérieure régionale interdit la compensation des effets des chocs globaux.
    Enfin, les annonces de la Réserve fédérale américaine (Fed) relatives à la hausse de ses taux d’intérêts [18] affolent les banques centrales et les gouvernements latino-américains. Ces derniers se préparent, médusés, à subir la dépréciation de leurs monnaies, une fuite de capitaux vers l’économie américaine et une nouvelle poussée d’inflation importée.
    http://www.medelu.org/En-Amerique-latine-remplacer-le

      +4

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  • Pegaz // 19.04.2019 à 15h31

    Géopolitique : LES DOSSIERS DE WIKILEAKS SUR L’AMÉRIQUE LATINE
    Comment Washington « tente » de déstabiliser les gouvernements progressistes.

    « Tente » oui, car l’article datant de 2015 il s’en est passé des événements. Coup d’état institutionnel au Brésil contre Dilma Rousseff, par son vice président, Michel Temer et son parti de coalition. La condamnation sans preuves avérés de Lula. Le retournement de veste de Lenin Moreno, ancien vice président de Rafael Correa en Equateur. L’élection frauduleuse au Honduras. Evo Morales médiatiquement coupable de s’accrocher de manière indécente au pouvoir. Et les guerres ouvertes contre le Venezuela et le Nicaragua…

    http://www.medelu.org/Comment-Washington-tente-de

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  • rolland // 19.04.2019 à 17h08

    C’est en réalité ce qui se passe dans tous les pays, à des degrés et des vitesses qui leur son propres.

    Les pauvres sont de plus en plus nombreux et de plus en plus pauvres, les classes moyennes sont déclassées et le riches s’enrichissent toujours plus.

    Voila le résultat de ce que l’on nous vend comme la meilleure organisation que l’humanité n’ait jamais connu, seulement entre le communisme et l’idée du communisme il y a un monde ( ou deux.. ), c’est exactement la même chose que l’on constate aujourd’hui entre la République et son idée tout comme l’idée de la Démocratie et ce qu’elle produit réellement.

    C’est pourtant “étonnant” parce qu’autour de moi, je ne vois que des gens aspirant à vivre dignement dans un monde apaisé alors que nous vivons dans un monde anti-humaniste au possible qui laisse mourir les plus faibles dans une période d’abondance qui s’achève !

    Si on tire sur le fil, nos lendemains promettent bien des choses, malheureusement pas des plus belles !

    Un immense merci d’avance à nos irresponsables, puisque nous ne sommes même pas sûr d’avoir le droit de continuer à le dire.

      +4

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  • Chris // 19.04.2019 à 17h32

    J’ai envoyé cet article à un ami belgo-brésilo-argentin, qui vit près de Sao Paolo où réside également sa fille née au Brésil, de mère argentine.
    Retraité en 2012, il s’était installé en Argentine (campagne), pensant sa petite retraite suffirait à ses modestes besoins.
    Que nenni ! il dut déménager il y a 3 ans pour revenir au Brésil, vu les prix galopants.
    J’attends avec curiosité ses commentaires.

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    • Chris // 20.04.2019 à 13h34

      Réponse de l’ami :
      Excellent ! le gars bien documenté, a fait une recherche fouillée, est Argentin sans-doute.
      Le dernier paragraphe est intéressant, car probablement la seule voie d’évolution, si les exemples de coopératives se multiplient.
      Ça m’a fait penser à un article, il y a quelques années sur une société belge qui courait droit à la faillite, les employés se sont organisés, ont jeté dehors les 4 gérants qui ne faisaient qu’engloutir l’argent sans rien produire de valable; cette auto-gestion a redressé la firme.

      Mon conclusion :
      Si les populations ne prennent pas en main leur destinée, elles se feront manger toutes crues par les rapaces financiers et multinationales.
      D’où l’importance que survivent les PME/PMI qui sont la véritable richesse et levain d’une économie nationales et de se battre pour que les régimes fiscaux soient harmonisés (actuel en France : 17% les multinationales contre 33% pour les PME/PMI).

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  • l’illétré // 19.04.2019 à 17h53

    Ils comprendront quand le frigo sera vide. Malheureusement pas avant.

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  • Koui // 19.04.2019 à 19h50

    Les argentins ont été dégouté par le népotisme des Kirchner et ils ont cru qu’ils étaient dans un pays normal. Du coup ils ont voté pour le même genre de cretins ultracapitalistes qui avaient ruine le pays en 2000. Peut être qu’ils comprendront cette fois. Effectivement la presse française a parlé de l’échec relatif des Kirchner et du fringant Macro. Et maintenant rien sur le désastre ultralibéral 2.0

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    • Chris // 20.04.2019 à 13h43

      Ce n’est pas aussi simple.
      Tout comme au Brésil (Lula) et ailleurs, Kirchner a été phagocytée pour faire place à Macri, hérault d’un néolibéralisme latino plus violent qu’en Europe… à part Macro qui met les bouchées doubles.
      Des présidents comme Lula, Kirchner et autres sont obligés de composer avec les forces conservatives qui tiennent capitaux et outils de production depuis des décennies et croyez-moi, en Amérique latine, ces dernières ne font pas dans la dentelle, largement soutenues par les USA/Fed et dont les intérêts se confondent.

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  • Dominique65 // 20.04.2019 à 17h13

    « une inflation galopante –dont le taux avoisine les 50% cette année »
    Comment est-ce possible dans un pays qui n’est même pas sous embargo américain ? .-)

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  • Pedro // 21.04.2019 à 09h17

    Je vis en Argentine.
    Analyse consternante et partiale.
    C’est une honte intellectuelle.
    Je ne suis pas Macriste mais la gestion antérieure avait placé l’Argentine au bord du gouffre
    Alors, il est facile de critiquer celui qui fait le sale boulot.

      +1

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