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13.avril.201913.4.2019 // Les Crises

Le FBI a failli faire un coup d’état. Par John Kiriakou

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Source : Consortium News, John Kiriakou, 16-02-2019

Le 16 février 2019

Andrew McCabe, un haut fonctionnaire du bureau, en a fourni la preuve alarmante dans une interview de « 60 minutes », écrit John Kiriakou.

L’ancien directeur adjoint du FBI Andrew McCabe, dans une interview explosive avec CBS « 60 Minutes », a déclaré qu’au début de 2017, au lendemain du renvoi par le président Donald Trump de l’ancien directeur du FBI James Comey, celui-ci a discuté avec d’autres fonctionnaires du FBI la possibilité de recruter un secrétaire de cabinet pour aider à pousser le président hors du bureau en utilisant le 25ème amendement de la Constitution.

McCabe a également soutenu que le sous-procureur général Rod Rosenstein a proposé de porter un micro lorsqu’il se trouvait près de Trump afin de recueillir des preuves contre lui. (Rosenstein nie l’allégation.). McCabe a dit que les fonctionnaires du ministère de la Justice croyaient à l’époque que Trump pouvait avoir fait obstruction à la justice en congédiant Comey, et qu’ils craignaient que Trump soit en quelque sorte sous l’influence du gouvernement russe. En fin de compte, le plan n’a rien donné. Indépendamment de ses sentiments à l’égard du président Trump et de ses politiques, ce que McCabe décrit n’est rien de moins qu’une tentative de coup d’État. C’est quelque chose qui se produit dans les démocraties faibles ou naissantes, peut-être à la suite d’ingérences de la CIA. Ça ne devrait jamais arriver ici.

McCabe, à gauche, sur « 60 Minutes ».

Trump entretient depuis longtemps une relation antagoniste avec le FBI, la CIA et d’autres acteurs de la communauté du renseignement. En effet, au début de 2017, lorsque la nouvelle des mandats de la FISA [Foreign Intelligence Surveillance Court, NdT] et du dossier de renseignements privés de M. Steele ont commencé à fuir, M. Trump a commencé à tweeter son dégoût devant l’imminence d’enquêtes sur lui, sa campagne et ses relations d’affaires.

 

[Le briefing “Intelligence” sur le soi-disant “piratage russe” a été reporté jusqu’à vendredi, peut-être pour plus de temps nécessaire afin de monter un dossier. Très étrange !]

Le leader de la minorité au Sénat, Chuck Schumer, a répondu presque immédiatement en disant : « (Le président) est vraiment stupide de faire ça ». « Ceci » devait s’attaquer aux agences de renseignement, le soi-disant Deep State, en public. Quelques jours plus tard, Schumer est allé sur MSNBC pour peaufiner son avertissement à Trump, en disant : « Laissez-moi vous dire, vous vous attaquez à la communauté du renseignement – ils ont six possibilités à partir de dimanche pour se venger de vous ».

Mais Trump avait raison. La communauté du renseignement – le FBI, la CIA, la NSA et d’autres organismes à trois lettres – est trop puissante, trop bien établie et trop bien financée. Et ils ont beaucoup trop peu de surveillance. Ils sont une menace pour notre démocratie, pas pour ceux qui la sauvent. C’est pourquoi ça me fait mal de voir des démocrates faire la queue derrière eux pour attaquer Trump.

Les présidents vont et viennent

J’ai été membre de ce « Deep State » tout au long de mes 15 années à la CIA. Je peux vous dire de première main que la CIA se fiche de qui est le président. Le FBI aussi. Les officiers supérieurs de la CIA et du FBI sont là depuis des décennies, tandis que les présidents vont et viennent. Ils savent qu’ils peuvent patienter plus longtemps que n’importe quel président qu’ils n’aiment pas. À tout le moins, à la CIA, ils pourraient prendre des décisions administratives qui paralyseraient un président : Peut-être ne réaliseront-ils pas cette opération risquée. Peut-être ne cibleront-ils pas cette source bien placée. Ils ignoreront peut-être les ordres du président, sachant que dans quatre ou huit ans, il ou elle disparaîtra.

Directeur du FBI J. Edgar Hoover en 1967. (Wikimédia)

Pire encore, ce sont ces mêmes organisations – le FBI et la CIA – qui ont cherché à saper notre démocratie au fil des ans. N’oubliez pas des programmes comme COINTELPRO, l’opération du FBI pour forcer Martin Luther King Jr. à se suicider ; l’infiltration de groupes pacifistes ; les efforts de la CIA pour contrôler les médias avec l’opération Mockingbird ; l’espionnage illicite de citoyens américains par la CIA ; le piratage des ordinateurs du Senate Intelligence Committee [Commission du Sénat sur le renseignement NdT] ; et le programme de l’Agence pour des assassinats hors la loi, pour n’en citer que quelques-uns.

Les commentaires presque désinvoltes de McCabe sur « 60 Minutes », selon lesquels le FBI a activement envisagé la destitution d’un président en exercice, devraient être alarmants. Mettons la politique partisane de côté pour un instant. On parle de destituer un président en exercice. On parle de porter un micro pour attraper un président en exercice en train de dire quelque chose parce que vous êtes en colère parce qu’il a viré votre patron. L’idée même est sans précédent dans l’histoire américaine.

Le FBI est parfaitement libre d’enquêter sur la collusion. C’est ce qu’ils devraient faire. Mais ils ne devraient pas comploter le renversement d’un président, aussi excentrique et choquant qu’il puisse être. C’est antidémocratique et illégal et cela rappelle le mauvais vieux temps du FBI sous J. Edgar Hoover et de la CIA avant les réformes de la commission Church [Commission parlementaire dirigée par le sénateur Church après le scandale du Watergate, NdT].

Nous avons un moyen de destituer les présidents. Ça s’appelle des « élections ». Le FBI devrait se familiariser avec elles.

John Kiriakou est un ancien agent antiterroriste de la CIA et un ancien enquêteur principal du Comité sénatorial des relations étrangères. John est devenu le sixième dénonciateur inculpé par le gouvernement Obama en vertu de la Loi sur l’espionnage, une loi conçue pour punir les espions. Il a passé 23 mois en prison pour avoir tenté de s’opposer au programme de torture de l’administration Bush.

Source : Consortium News, John Kiriakou, 16-02-2019

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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Vercoquin // 13.04.2019 à 07h45

Qu’ils virent Trump ? Et alors, qu’est-ce que ça change ?
Pour le remplacer par qui ?

Trump a l’avantage de montrer le vrai visage des ZétaZunis: “tout pour moi, rien pour les autres”.
En langage local: “make america great again”.

16 réactions et commentaires

  • Daniel // 13.04.2019 à 07h35

    Derrière la tentative de destitution de Donald Trump, en plus des institutions des USA, il y a également la main des services britanniques. (Une nostalgie du moment où les USA étaient une colonie britannique où la patte de la City de Londres dans le »grand jeu » ?)
    Les éléments du Russiagate sont à charge de cette ingérence étrangère dont on ne parle que très peu.
    https://www.institutschiller.org/Russiagate-le-dossier-vide-du-procureur-Mueller.html

      +14

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    • Haricophile // 14.04.2019 à 09h31

      … Ou une connivence entre le deep-state US et UK …

        +1

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  • Vercoquin // 13.04.2019 à 07h45

    Qu’ils virent Trump ? Et alors, qu’est-ce que ça change ?
    Pour le remplacer par qui ?

    Trump a l’avantage de montrer le vrai visage des ZétaZunis: “tout pour moi, rien pour les autres”.
    En langage local: “make america great again”.

      +34

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    • Arcousan09 // 14.04.2019 à 11h12

      Un “président” comme Trump est très utile au système et à la prospérité du système …. si vous pensez que c’est lui qui dirige les USA ou que c’est Macron qui dirige la France vous vous mettez le doigt dans l’oeil
      Un idiot au pouvoir c’est très utile voire indispensable

        +5

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      • Vercoquin // 15.04.2019 à 06h29

        “si vous pensez que c’est lui qui dirige les USA ou que c’est Macron qui dirige la France vous vous mettez le doigt dans l’œil”
        J’ai écrit ça ? ça n’a rien à voir, relisez-moi.
        Hors sujet.

          +3

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  • relc // 13.04.2019 à 07h49

    « ” (Le président) est vraiment stupide de faire ça “. “Ceci” devait s’attaquer aux agences de renseignement, le soi-disant Deep State, en public. »

    lire :
    « “(Le président) est vraiment stupide de faire ça”. “Ça” était de s’en prendre aux agences de renseignement, ce qu’on appelle l’Etat-Profond, en public. »

    “(The president) is being really dumb to do this.”  “This” was to take on the intelligence agencies, the so-called Deep State, in public. 

    =======

    « ils ont six possibilités à partir de dimanche pour se venger de vous »

    lire :
    « ils ont mille et une façons de se venger »
    “they have six ways from Sunday at getting back at you.”

      +11

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    • Tonton Poupou. // 13.04.2019 à 11h34

      L’état profond zétatunien ainsi que son obligé européen – politique et ses chiens de garde médiatiques – préfèrent patauger dans les eaux glacées de la Théorie du complot russe.
      Encore un exemple récent avec l’affaire Assange . Hier dans une émission qui dure 28 minutes sur une chaine gouvernementale d’état double (au financement français et allemand) un barboteur pataugeant dans les eaux glacées du complot russe n’a pas hésité à affirmer qu’Assange et Wikileaks étaient manipulés par les services secrets russes !? (avec sourire en coin des autres participants et mutisme de connivence) On attend toujours les preuves de ce que ce quidam avance.

        +23

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  • lecrabe // 13.04.2019 à 08h54

    A la lumière crue du rapport Mueller, le fait que ” McCabe a dit que les fonctionnaires du ministère de la Justice […] craignaient que Trump soit en quelque sorte sous l’influence du gouvernement russe.” en dit long sur la compétence du premier service de renseignement US qui a abandonné toute rationnalité.
    Une bande de fous dirigent donc les services de la plus grande puissance militaire de la planète, et ils ont un fou à moumoute orange en guise de chef, souhaitons nous bonne chance…

      +6

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  • Guasilas // 13.04.2019 à 09h39
    • Rond // 13.04.2019 à 15h08

      Lol, pourquoi improbable ? Charles Gave se mêle de tout ce qui devrait nous regarder nous aussi, à sa façon … C’est un éternel optimiste, quoique …
      En tout cas, son analyse tient bien la route ; ce qui la rend plausible mais n’en fait pas une vérité. Pour sa conclusion, il faudrait disposer du même volume d’optimisme, que je n’ai pas. Merci pour le lien.

        +3

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    • RGT // 14.04.2019 à 11h04

      Je trouve cette phrase de l’article que vous mentionnez assez incongrue : “Le but ici est de détruire la gauche progressiste du parti démocrate.”

      C’est comme si on disait que le PS français était une “gauche progressiste”…

      En fait, tous ces “grands partis” se contentent simplement d’agiter un argument commercial comme des vendeurs de cravates mais se cantonnent à préserver leurs intérêts et ceux de leurs dirigeants.

      Après, si certains naïfs sont encore persuadés que les partis ont des “valeurs” correspondant à leurs arguments publicitaires lessiviers, ils feraient bien de suivre une psychothérapie pour se débarrasser de leurs œillères et enfin comprendre que les seules valeurs de TOUS les partis sont bien éloignées du bien commun.

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      • Bibendum // 14.04.2019 à 12h50

        “… ils feraient bien de suivre une psychothérapie pour se débarrasser de leurs œillères …”

        Lol, avec le présupposé que les psychothérapeutes n’ont pas d’œillères, eux, et qu’il savent pertinemment ce qu’est le bien commun et l’éloignement de celui-ci des partis quels qu’ils soient.

        Et la marmotte… Bon, pour le reste je suis plutôt d’accord avec vous ^^

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  • Rond // 13.04.2019 à 12h44

    ” … rien de moins qu’une tentative de coup d’État. C’est quelque chose qui se produit dans les démocraties faibles ou naissantes, peut-être à la suite d’ingérences de la CIA. Ça ne devrait jamais arriver ici.”
    Chez les autres, oui c’est acceptable mais pas dans mon jardin ! Et le reste du texte, à l’avenant. Ai-je bien compris la vision étazunienne du monde ? Retenons-nous de rire, parce que ce n’est pas drôle, vraiment pas.
    Trump, c’est donc de la petite bière. Qui alors, est en mesure de destituer CIA et FBI, et les autres, si c’est encore possible ? Trump ?
    Dans ce monde étrange, soyons attentifs et créatifs !

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  • Caliban // 13.04.2019 à 22h28

    La CIA a mille et une façons de faire tomber Trump affirme cet ex-agent …

    Visiblement, celui employé n’a pas été le bon. La fable de la collusion avec Poutine ne semble montrer qu’une chose : l’incapacité de l’oligarchie sortie perdante des élections (Clinton & démocrates, médias mainstream, star système …) à accepter ses propres erreurs, à admettre qu’elle est l’objet du rejet populaire.

    Il est par ailleurs étrange qu’un milliardaire véreux comme Trump ne soit pas inquiété davantage sur son parcours professionnel. Si vraiment les agences de renseignement veulent lui faire du tord, ne suffit-il pas d’éplucher ses feuilles d’impôts ?

    Hein, quoi ? On me dit dans l’oreillette que les déclarations fiscales de Trump sont aussi propres que celles des Clinton & Co ?

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  • Jon // 14.04.2019 à 09h45

    Ces gens sont pires que celui qu’ils prétendent combattre. En fait, c’est l’esprit gauchiste version 2014. C’est pareil en France. Cet esprit qui veut que tout ce que font ou disent ces gens est vérité absolue. L’insulte eux, ils ont le droit et c’est justifié. La calomnie pas de probléme. Mais dès que ces gens, ces pseudos démocrates se font contredire verbalement, avec arguments a l’appui, ils accusent leur détracteur d’être fasciste. Et la boucle est bouclée c’est comme ça qu’ils ont petit à petit pris le pouvoir en France et ailleurs. les pires fachos sont ceux qui nous dirigent .met la décadence du monde occidental est due à ce fascisme financier et politique occidental. le plus drôle c’est que les propagateurs de cette idéologie anti démocratique, ont été aux même victime (directe ou indirecte) de cette idéologie. N’est ce pas Glucksman pour ne citer que lui.

      +1

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  • RGT // 14.04.2019 à 11h26

    Le problème aux USA est exactement le même que celui de toutes les “Grandes Démocraties de la Communauté Internationale” :

    C’est simplement une infiltration et un pourrissement du sommet de l’état par une caste qui a trouvé une “niche” pour prospérer.

    Avant d’aller regarder la paille repoussante qui a élu domicile dans l’œil de nos “partenaires” nous devrions commencer à nous concentrer sur la poutre nauséabonde qui est fichée dans celui ne notre propre nation.

    Si d’aventure (par malheur pour ces “élites”) un dirigeant incorruptible et non influençable parvenait (on se demande comment) à se hisser au pouvoir il se ferait immédiatement mettre des bâtons dans les roues et toutes ses décisions seraient reportées ad vitam æternam jusqu’à l’avènement d’un “homme providentiel” (Zupiter par exemple) qui annulerait toutes ces décisions “contraires à l’intérêt supérieur de l’état”.

    Les pires exemples de cette caste résident bien sûr à Bercy. Ils sont prêts à tout pour aller racler les fonds de poches des “sans dents” pour garantir leur source de subsistance et sont aussi très motivés pour utiliser leurs privilèges (verrou de Bercy) afin d’éviter de mettre dans l’embarras leurs “chers amis” qui prennent quelques “initiatives”.
    Mais il en est de même dans tous les ministères et toutes les préfectures…

    Après, ils s’étonnent que des “hooligans” en gilets jaunes viennent râler parce qu’ils n’arrivent pas à boucler leurs fins de mois. Et surtout qu’ils demandent à pouvoir agir sur la gestion du bien public qui a été totalement détourné par et pour le profit de ces “élites”.

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