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20.novembre.201820.11.2018 // Les Crises

La crucifixion de Julian Assange – Ce qui arrive à Assange devrait terrifier la presse. Par Chris Hedges

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Source : TruthDig, Chris Hedges, 13-11-2018

Le silence sur le traitement d’Assange n’est pas seulement une trahison à son égard, mais une trahison de la liberté de la presse elle-même. Nous paierons cher cette complicité.

L’asile de Julian Assange à l’ambassade d’Equateur à Londres s’est transformé en une petite boutique des horreurs. Au cours des sept derniers mois, il a été largement coupé de toute communication avec le monde extérieur. Sa nationalité équatorienne, qui lui a été accordée en tant que demandeur d’asile, est en cours de révocation. Sa santé s’est détériorée. On lui refuse l’accès à soins médicaux appropriés [ie à l’extérieur de l’ambassade – NdT]. Ses efforts pour obtenir réparation ont été paralysés par les « règles du bâillon » [« gag rules » – Une règle de bâillon est une règle qui limite ou interdit la discussion, la considération ou la discussion d’un sujet particulier par les membres d’un organe législatif ou exécutif. – NdT], y compris les ordres équatoriens lui interdisant de rendre publiques ses conditions de vie à l’intérieur de l’ambassade dans sa lutte contre la révocation de sa citoyenneté équatorienne.

Le Premier ministre australien Scott Morrison a refusé d’intercéder en faveur d’Assange, un citoyen australien, même si le nouveau gouvernement équatorien, dirigé par Lenín Moreno – qui appelle Assange un “problème hérité” et un obstacle à de meilleures relations avec Washington – rend la vie du fondateur de WikiLeaks dans cette ambassade insupportable. Presque tous les jours, l’ambassade impose des conditions plus dures à Assange, notamment en lui faisant payer ses frais médicaux, en lui imposant des règles obscures sur la façon dont il doit prendre soin de son chat et en lui demandant d’effectuer diverses tâches ménagères dégradantes.

Les Équatoriens, réticents à expulser Assange après lui avoir accordé l’asile politique et la citoyenneté, ont l’intention de rendre son existence si pénible qu’il accepterait de quitter l’ambassade pour être arrêté par les Britanniques et extradé vers les États-Unis. L’ancien président de l’Equateur, Rafael Correa, dont le gouvernement a accordé l’asile politique à l’éditeur, qualifie les conditions de vie actuelles d’Assange de “torture”.

Sa mère, Christine Assange, a déclaré dans un récent appel vidéo : [L’auteur cite de longs extraits. Voir l’appel en entier et en français : https://www.legrandsoir.info/unity4j-christine-assange-lance-un-appel-… – NdT]

Assange était loué et courtisé par certains des plus grands médias du monde, dont le New York Times et le Guardian, pour les informations qu’il possédait. Mais une fois que ses documents sur les crimes de guerre commis par les États-Unis, en grande partie fournis par Chelsea Manning, ont été publiés par ces médias, il fut mis à l’écart et diabolisé. Un document du Pentagone qui a fait l’objet d’une fuite et préparé par la Cyber Counterintelligence Assessments Branch (Direction du contre-espionnage cybernétique) du 8 mars 2008 a révélé une campagne de propagande visant à discréditer WikiLeaks et Assange. Le document dit que la campagne de diffamation doit chercher à détruire le “sentiment de confiance” qui est le “centre de gravité” de WikiLeaks et à salir la réputation d’Assange. Cela a largement fonctionné. Assange est particulièrement vilipendé pour avoir publié 70 000 courriels piratés appartenant au Comité national démocrate (DNC) et à de hauts responsables démocrates. Les démocrates et l’ancien directeur du FBI, James Comey, affirment que les courriels ont été copiés des comptes de John Podesta, chef de campagne de la candidate démocrate Hillary Clinton, par des pirates du gouvernement russe. Comey a dit que les messages ont probablement été transmis à WikiLeaks par un intermédiaire. Assange a dit que les e-mails n’avaient pas été fournis par des “acteurs étatiques”.

Le Parti démocrate, qui cherche à imputer sa défaite électorale à l’” ingérence ” russe plutôt qu’à la grotesque inégalité des revenus, à la trahison de la classe ouvrière, à la perte des libertés civiles, à la désindustrialisation et au coup d’Etat des entreprises que le parti a aidé à orchestrer, accuse Assange d’être un traître, bien qu’il ne soit pas un citoyen américain. Ni un espion. Et à ma connaissance, aucune loi ne lui interdit de publier les secrets du gouvernement US. Il n’a commis aucun crime. Aujourd’hui, les articles parus dans les journaux qui publiaient autrefois des articles de WikiLeaks mettent l’accent sur son comportement prétendument négligeant – ce qui n’était pas évident lors de mes visites – et sur le fait qu’il est, selon les mots du Guardian, “un invité indésirable” à l’ambassade. La question vitale des droits d’un éditeur et d’une presse libre a cédé le place à la calomnie contre la personne.

Assange a obtenu l’asile à l’ambassade en 2012 afin d’éviter l’extradition vers la Suède pour répondre à des questions sur des accusations d’infractions sexuelles qui ont finalement été abandonnées. Assange craignait qu’une fois détenu par les Suédois, il soit extradé vers les États-Unis [un accord d’extradition entre la Suède et les Etats-Unis autorise l’extradition d’une personne comme simple « témoin » – NdT]. Le gouvernement britannique a déclaré que, bien qu’il ne soit plus recherché pour interrogatoire en Suède, Assange sera arrêté et emprisonné s’il quitte l’ambassade pour avoir violé les conditions de sa libération sous caution.

WikiLeaks et Assange ont fait plus pour dénoncer les sombres machinations et crimes de l’Empire américain que toute autre organisation de presse. Assange, en plus de dénoncer les atrocités et les crimes commis par l’armée américaine dans nos guerres sans fin et de révéler les rouages internes de la campagne Clinton, a rendu publics les outils de piratage utilisés par la CIA et la NSA, leurs programmes de surveillance et leur ingérence dans les élections étrangères, notamment les élections françaises. Il a révélé le complot contre le chef du Parti travailliste britannique Jeremy Corbyn par des députés travaillistes au Parlement. Et WikiLeaks s’est rapidement mobilisé pour sauver Edward Snowden, qui a exposé la surveillance totale du public américain par le gouvernement, de l’extradition vers les États-Unis en l’aidant à fuir Hong Kong pour Moscou. Les fuites de Snowden ont également révélé, de façon inquiétante, qu’Assange était sur une “liste de cibles d’une chasse à l’homme” américaine.

Ce qui arrive à Assange devrait terrifier la presse. Et pourtant, son sort se heurte à l’indifférence et au mépris sarcastique. Une fois expulsé de l’ambassade, il sera jugé aux États-Unis pour ce qu’il a publié. Cela créera un précédent juridique nouveau et dangereux que l’administration Trump et les futures administrations utiliseront contre d’autres éditeurs, y compris ceux qui font partie de la mafia qui tentent de lyncher Assange. Le silence sur le traitement d’Assange n’est pas seulement une trahison à son égard, mais une trahison de la liberté de la presse elle-même. Nous paierons cher cette complicité.

Même si ce sont les Russes qui ont fourni les courriels de Podesta à Assange, il a eu raison de les publier. C’est ce que j’aurais fait. Ces courriers ont révélé les pratiques de l’appareil politique Clinton qu’elle et les dirigeants démocrates cherchaient à cacher. Au cours des deux décennies où j’ai travaillé en tant que correspondant à l’étranger, des organisations et des gouvernements m’ont régulièrement divulgué des documents volés. Ma seule préoccupation était de savoir si les documents étaient authentiques ou non. S’ils étaient authentiques, je les publiais. Parmi ceux qui m’en ont transmis, il y avait les rebelles du Front de Libération Nationale Farabundo Marti (FMLN) ; l’armée salvadorienne, qui m’a un jour donné des documents du FMLN ensanglantés trouvés après une embuscade, le gouvernement sandiniste du Nicaragua ; le Mossad, le service de renseignement israélien ; le FBI ; la CIA ; le groupe rebelle du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ; l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) ; le service de renseignement français, la Direction générale de la sécurité extérieure, ou DGSE ; et le gouvernement serbe de Slobodan Milosovic, qui a ensuite été jugé comme un criminel de guerre.

Nous avons appris par les courriels publiés par WikiLeaks que la Fondation Clinton a reçu des millions de dollars de l’Arabie saoudite et du Qatar, deux des principaux bailleurs de fonds de l’État islamique. En tant que secrétaire d’État, Hillary Clinton a remboursé ses donateurs en approuvant la vente de 80 milliards de dollars d’armes à l’Arabie saoudite, ce qui a permis au royaume de mener une guerre dévastatrice au Yémen qui a déclenché une crise humanitaire, notamment une grave pénurie alimentaire et une épidémie de choléra, et fait près de 60 000 morts. Nous avons appris que Clinton avait touché 675 000 $ pour une conférence chez Goldman Sachs, une somme si énorme qu’elle ne peut être qualifiée que comme un pot-de-vin. Nous avons appris que Mme Clinton avait dit aux élites financières, lors de ses entretiens lucratifs, qu’elle voulait ” l’ouverture du commerce et des frontières ” et qu’elle croyait que les dirigeants de Wall Street étaient les mieux placés pour gérer l’économie, une déclaration qui allait directement à l’encontre de ses promesses électorales. Nous avons appris que la campagne Clinton avait pour but d’influencer les primaires républicaines pour s’assurer que Donald Trump était le candidat républicain. Nous avons appris que Mme Clinton avait obtenu à l’avance les questions posées lors du débat pendant les primaires. Nous avons appris, parce que 1 700 des 33 000 courriels provenaient d’Hillary Clinton, qu’elle était l’architecte principale de la guerre en Libye. Nous avons appris qu’elle croyait que le renversement de Moammar Kadhafi lui permettrait d’améliorer ses chances en tant que candidate à la présidence. La guerre qu’elle a voulu a plongé la Libye dans le chaos, vu la montée au pouvoir des djihadistes radicaux dans ce qui est aujourd’hui un État en déliquescence, déclenché un exode massif de migrants vers l’Europe, vu les stocks d’armes libyens saisis par des milices rebelles et des radicaux islamiques dans toute la région, et fait 40 000 morts. Cette information aurait-elle dû rester cachée ? Vous pouvez dire oui, mais dans ce cas vous ne pouvez pas vous qualifier de journaliste.

Ils sont en train de piéger mon fils pour avoir une excuse pour le livrer aux États-Unis, où il fera l’objet d’un simulacre de procès“, a averti Christine Assange. “Au cours des huit dernières années, il n’a pas eu accès à un processus juridique approprié. A chaque étape, c’est l’injustice qui a prévalu, avec un énorme déni de justice. Il n’y a aucune raison de penser qu’il en sera autrement à l’avenir. Le grand jury américain qui produit le mandat d’extradition se tient en secret, a quatre procureurs mais pas de défense ni de juge.

Le traité d’extradition entre le Royaume-Uni et les États-Unis permet au Royaume-Uni d’extrader Julian vers les États-Unis sans qu’il y ait de preuve prima facie. Une fois aux États-Unis, la National Defense Authorization Act permet la détention illimitée sans procès. Julian risque d’être emprisonné à Guantánamo Bay et torturé, d’être condamné à 45 ans de prison de haute sécurité, ou la peine de mort.

Assange est seul. Chaque jour qui passe lui est plus difficile. C’est le but recherché. C’est à nous de protester. Nous sommes son dernier espoir, et le dernier espoir, je le crains, pour une presse libre.

Chris Hedges

Chris Hedges, a passé près de deux décennies comme correspondant à l’étranger en Amérique centrale, au Moyen-Orient, en Afrique et dans les Balkans. Il a fait des reportages dans plus de 50 pays et a travaillé pourThe Christian Science Monitor, National Public Radio, The Dallas Morning News et The New York Times, pour lesquels il a été correspondant à étranger pendant 15 ans.

Traduction Le Grand Soir, “il y aura des comptes à rendre” par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles

Source : TruthDig, Chris Hedges, 13-11-2018

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

Commentaire recommandé

Kiwixar // 20.11.2018 à 07h26

“Ce qui arrive à Assange devrait terrifier la presse”.

Le choix de la presse et des journalistes (-opes) en France, c’est soit de kollaborer, soit d’être résistant-chômeur. Avec un peu de “raisistance atlantiste otanienne” (Mediapart), et de “raisistance autorisée avec dégommages sur commande” (Canard). En dehors de ça?

La Résistance : des non-journalistes (actuaire, philosophe, démographe à la retraite, prof d’économie-gestion puis d’informatique, écrivain, etc). Chapeau bas à ceux-là, et à Assange pour son courage et son abnégation. C’est à se demander si c’est la même espèce d’homo sapiens sapiens.

31 réactions et commentaires

  • Kiwixar // 20.11.2018 à 07h26

    “Ce qui arrive à Assange devrait terrifier la presse”.

    Le choix de la presse et des journalistes (-opes) en France, c’est soit de kollaborer, soit d’être résistant-chômeur. Avec un peu de “raisistance atlantiste otanienne” (Mediapart), et de “raisistance autorisée avec dégommages sur commande” (Canard). En dehors de ça?

    La Résistance : des non-journalistes (actuaire, philosophe, démographe à la retraite, prof d’économie-gestion puis d’informatique, écrivain, etc). Chapeau bas à ceux-là, et à Assange pour son courage et son abnégation. C’est à se demander si c’est la même espèce d’homo sapiens sapiens.

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    • reneegate // 20.11.2018 à 08h48

      mediapart c’est le minimum syndical (ils citaient reuters il y a 4 jours). Disons plutôt que dans les médias occupés, les mediapart et les canards collaborent gentiment …..

        +29

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    • gotoul // 20.11.2018 à 09h22

      Le Monde Diplomatique sauve l’honneur d’une profession qu’ils connaissent bien ( cf Les nouveaux chiens de garde ). Un peu plus confidentiel , il y a aussi Fakir, Le Média,….

        +43

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    • Louis Robert // 20.11.2018 à 15h00

      « La même, sans pourtant l’être. » (Buson)

      *

      « Homo-sapiens-demens » (Edgar Morin)

      https://enkidoublog.com/2013/08/15/lhybris-et-le-concept-dhomo-sapiens-demens-dedgar-morin/

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  • aladin0248 // 20.11.2018 à 07h38

    La réaction des MSM et des politiciens occidentaux face au traitement réservé à Assange est bon marqueur (litmus test) de l’hypocrisie abyssale dans laquelle ceux-là sont plongés. S’ils agissent de cette façon face au cas Assange, il devient évident que leur comportement est le même face à l’ensemble du champ politique. Les Macron, May, Trump … Vous auriez des gens de cet acabit autour de vous, comment les traiteriez vous ?

      +16

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  • Fritz // 20.11.2018 à 08h17

    Julian Assange n’est « pas un citoyen américain. Ni un espion. Et à ma connaissance, aucune loi ne lui interdit de publier les secrets du gouvernement US. Il n’a commis aucun crime. » (Chris Hedges, qui ajoute que le reclus de l’ambassade a eu raison de publier les courriels de Podesta : ce qui compte, c’est la vérité ou la lune, pas le doigt éventuellement russe).

    Un jour, on parlera de la persécution d’Assange comme de l’affaire Dreyfus du XXIe siècle.
    Mais le “J’Accuse… !” de notre belle presse indépendante et démocratique se fait attendre.

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    • Alfred // 20.11.2018 à 13h07

      Pour ce qui est des artistes actifs il y a Roger Waters qui se bouge le cul pour Assange. Mais Waters est un héro lucide des temps passés, pas une vedette des temps présents.

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  • Maxhno // 20.11.2018 à 08h56

    Ceci est surtout la démonstration qu’il est illusoire et dangereux de vouloir ouvrir les yeux d’une population qui n’a que le pouvoir d’achat a la bouche, si il y encore un cynisme plus grand que de constater que les faits dénoncés n’ont aucunement cessés, le spectacle de ce pauvre homme nous ramène dans la déchéance la plus antique du mont golgotha.

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    • Fritz // 20.11.2018 à 09h22

      Concernant la mise en croix d’Assange, les Ponce Pilate sont légion.
      Ils le tuent et s’en lavent les mains.

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    • Louis Robert // 20.11.2018 à 15h26

      Assange, ce n’est pas le Christ cloué à sa croix et demandant à son Père pourquoi il l’a abandonné…

      Assange, c’est Prométhée, révolté, indomptable, enchaîné sur l’ordre de Zeus au rocher du Caucase et quotidiennement dévoré, à jamais, pour avoir transmis généreusement le Feu à l’Humanité!

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  • Michel B. // 20.11.2018 à 09h08

    Et pendant ce temps, les MSM US font leurs choux gras du cas de Jim “Cry Baby” Acosta, la star de CNN à qui la Maison Blanche a retiré son accréditation pour monopolisation du temps de parole, avant qu’un Juge n’ordonne de la lui rendre.

    Le parallèle entre le brouhaha provoqué par ce caprice de star et le silence entourant le cas de Julian Assange est éloquent, et terrifiant sur l’état de soumission de la profession de journaliste dans le monde occidental.

    Les élections midterms sont passées, et que ce soit avant ou après, le président Trump a fait part de son intention de bientôt déclassifier les documents attestant du Spygate dont il a été victime pendant la campagne 2016. On verra bien s’il le fait ou pas, et ce qui en sortira. De mon côté, j’ai beaucoup de mal à imaginer l’administration Trump juger et condamner lourdement Julian Assange alors qu’il a eu un rôle majeur dans l’élection. Assange bientôt extradé pour témoigner ? C’est mon hypothèse, assez fleur bleue je vous l’accorde.

      +12

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  • Miléa // 20.11.2018 à 09h28

    Qu’est-ce que de simples et petits citoyens comme moi, sans argent, sans pouvoir, pourraient faire ? Dans l’hypothèse où une mobilisation suffisante le ferait sortir, où pourrait-il être en sécurité ? Je me sens complètement concernée, indignée, mais surtout impuissante…

      +14

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    • Louis Robert // 20.11.2018 à 15h37

      C’est dans l’action que l’impuissance est surmontée.

      À Zénon niant l’existence du mouvement en sa présence, un pas devant l’autre Diogène en silence s’éloigne, sans même se retourner.

      Ainsi, les plus vulnérables ont transformé le monde, comme le fit, parmi d’autres, Gandhi.

      Courage!

        +5

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  • marcvador // 20.11.2018 à 09h34

    Il y a quelques années la démocratie britannique et occidentale avait refusée d’extrader Pinochet vers l’Espagne pour raison humanitaire. Pinochet et humanitaire ça faisait déjà doucement rigoler. Alors aujourd’hui extrader Assange pour espionnage pourquoi pas. Ça doit être ça “les valeurs européennes”…

      +41

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  • lon // 20.11.2018 à 13h29

    Que l’état US veuille récupérer Assange et le traduire en justice peut à la limite se comprendre . On va opportunément sortir une connexion Assange-Kremlin et miracle le débat ne sera plus sur la liberté d’information mais la remise d’infos de sécurité nationale à une puissance étrangère . Mais les médias mainstream auront largement aidé à ternir l’image de l’accusé , dans ce qui est devenu leur grande spécialité : les insinuations, les rapprochements faciles , les amalgames allant-de-soi, le tout présenté de la manière ad hoc .

      +9

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  • rolland // 20.11.2018 à 13h47

    Si on jète un oeil sur l’enfance de Julian Assange on sait qu’il a été élevé dans une secte et qu’il y a été formaté, apparemment à base de traumatismes !
    La CIA semblerait en fait l’utiliser pour détruire les vraies révélations qui pourraient par ailleur être faites, exactement comme le cas où Assange s’est rendu en Islande et y a dévoyé les réelles oppositions et dénonciations en cour.
    Bref, c’est dire à quel point nos maitres nous tiennent et nous manipulent à souhait.

      +1

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    • DocteurGrodois // 20.11.2018 à 15h10

      Julian Assange et son demi-frère ont passé leur enfance à fuir l’ex-compagnon de sa mère qui était membre de la secte The Family, et qui les a pourchassés pendant des années. Ce qui semble formaté, ce sont vos sources.

      Ensuite, la CIA manipulerait Assange et voudrait en même temps l’arrêter? Wikileaks publie toujours l’intégralité des données, contrairement à The Intercept par exemple, justement pour éviter qu’on les accuse de cacher quoi que soit.

      Je ne sais pas ce que les maîtres qui nous manipulent fument, mais j’en veux pas.

        +14

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      • rolland // 21.11.2018 à 21h58

        ” Ensuite, la CIA manipulerait Assange et voudrait en même temps l’arrêter ? ” : ceci pourrait être un effet de manipulation pour justement faire penser que J.Assange porte des coups réels à(ux) institutions ( thèse anti-thèse ).
        Vous dites qu’il a passé son temps à fuire le beau-père mais à partir de quel âge ?
        Car je ne sais pas si vous connaissez le principe de la manipulation par ce qu’on appelle le MK, mais une fois que le travail a été opéré sur le sujet, il faut de nombreuses années avant que celui-ci commence à se dérégler.
        Je ne saurai que trop vous conseiller cette vidéo qui en dit déjà pas mal : https://www.youtube.com/watch?time_continue=2&v=qAaWtFG5_O4
        Je suis curieux de savoir ce que vous pourriez en penser ?
        Bien à vous..

          +0

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  • RGT // 20.11.2018 à 19h59

    Malheureusement le boycott est strictement interdit par la loi en France.
    [modéré]
    Concernant Assange ce sera la même chose : L’ensemble des “médias bien-pensants”® s’offusquera ce cette action alors qu’ils tapent allègrement contre le Brexit et qu’ils ne sont pas loin d’exiger un boycott à l’encontre du Royaume Uni pour sa “trahison des valeurs €uropéennes”®.

    Et au fond de leur cœurs, tous les éditocrates sont heureux du sort réservé à Assange : Ça fait un gêneur de moins qui ne viendra plus (du moins ils l’espèrent) venir plomber leur belle propagande en dévoilant les actions nauséabondes du “Camp du Bien”®.

    Julian Assange, dans le “meilleur” ou le “pire” des cas (selon le point de vue que l’on adopte) risque fort de finir comme Milosevic qui est mort dans sa geôle en attendant un procès qui ne DEVAIT SURTOUT PAS se tenir.

    Plus d’Assange, plus de problème… Et les dirigeants sont “blancs comme neige” car cet homme sera mort suite à son “entêtement” à ne pas vouloir avoir un “procès équitable”®…

    Finalement, Staline a fait de nombreux émules, là où on ne les attendait pas…

      +7

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  • Syb // 20.11.2018 à 20h45

    L’Australie ne bouge pas…..?!
    La France…….ne veut pas en entendre parler, d’où le silence des médias.
    Je ne vois pas de pétition en ligne circuler contre cette détention arbitraire, ni les instances internationales pour les droits de l’homme se saisir du dossier.
    Incroyable ?! L’oncle SAM à su défroquer la planète

      +6

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    • jdautz // 23.11.2018 à 15h13

      Des pétitions il y en a. Et ce genre de pétition c’est plutôt à l’échelon international que hexagonal qu’il faut participer.

        +0

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  • caliban // 21.11.2018 à 03h18

    “Je viens d’un monde où il est interdit de parler et j’arrive dans un monde où parler ne sert à rien”
    https://www.youtube.com/watch?v=i9x_H7m0ynQ

    Comme l’impression que nos “civilisation occidentale” a opèré une fusion avec la défunte URSS…

      +3

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  • Yan Leloux // 22.11.2018 à 00h09

    Il faut se rappeler ce que dit Balzac dans Illusions perdues à un de ses personnages : « Le Journal au lieu d’être un sacerdoce est devenu un moyen pour les partis ; de moyen, il s’est fait commerce ; et comme tous les commerces, il est sans foi ni loi. Tout journal est, comme le dit Blondet, une boutique où l’on vend au public des paroles de la couleur dont il les veut. S’il existait un journal des bossus, il prouverait soir et matin la beauté, la bonté, la nécessité des bossus. Un journal n’est plus fait pour éclairer, mais pour flatter les opinions. Ainsi, tous les journaux seront dans un temps donné, lâches, hypocrites, infâmes, menteurs, assassins ; ils tueront les idées, les systèmes, les hommes, et fleuriront par cela même. Ils auront le bénéfice de tous les êtres de raison : le mal sera fait sans que personne en soit coupable. »

      +1

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    • jdautz // 23.11.2018 à 15h10

      Oui, pas mal sauf que l’époque de la floraison est passée. En ce qui concerne la France c’est plutôt une activité sous perfusion pour ne pas s’écrouler dans le néant, a la fois privée et étatique, les deux posant problème.

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  • Jean // 22.11.2018 à 00h09

    Dernières nouvelles d’Assange, du 21/11/18 sur WSWS :

    L’élite australienne collabore à la vendetta américaine contre Julian Assange

    Un document judiciaire a fait surface la semaine dernière confirmant que le département de la justice des États-Unis a secrètement déposé des accusations criminelles contre le citoyen australien Julian Assange pour son travail journalistique en tant que rédacteur en chef de WikiLeaks.

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  • monique // 22.11.2018 à 18h14

    devrait terrifier tous les humains,et pas seulement toute la presse…
    il n’y a plus de presse et plus d’humains…
    on fait quoi??? la poignée qui reste???

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  • jdautz // 23.11.2018 à 15h07

    Terrifier la presse certainement. Ça la terrifie. Le problème c’est justement cette définition de “la presse”, les journaux publicitaires et de propagande sont inclus dans votre définition ?

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