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1.mai.20191.5.2019 // Les Crises

“Notre problème, c’est l’obéissance civile”, par Howard Zinn

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“Le problème n’est pas la désobéissance civile. Notre problème, c’est l’obéissance civile.”

Source : Youtube.


le problème, selon Howard Zinn, c’est l’obéissance civile

Source : Section de Toulon de la LDH, le 9 janvier 2013.

Fin mai 1970, une centaine d’opposants à la guerre du Vietnam décident de bloquer par un sit-in la route empruntée par les cars transportant des conscrits depuis la Base de l’Armée de Boston. Un acte symbolique.

Tous les manifestants sont arrêtés et inculpés pour obstruction à la circulation. Huit d’entre eux refusent de plaider coupable, et demandent à être jugés par un jury, dans l’espoir de parvenir à convaincre le jury du bien-fondé de cet acte de désobéissance civile. En vain : ils sont reconnus coupables, et choisissent la prison plutôt que de payer une amende ; le juge leur accorde un délai de 48 heures pour leur permettre de changer d’avis, après quoi ils doivent se présenter au tribunal, pour payer l’amende ou être emprisonné.

Pami eux, l’historien Howard Zinn avait été invité à participer à un débat avec le philosophe Charles Frankel sur la question de la désobéissance civile, à l’université Johns Hopkins de Baltimore. L’historien décide de profiter de l’occasion pour parler de désobéissance civile à des centaines d’étudiants, plutôt que de se soumettre docilement au tribunal. A la suite de quoi il est traîné devant le tribunal et passe quelques jours en prison.

Ci-dessous, la transcription de l’introduction au débat à l’université Johns Hopkinsprononcée par Howard Zinn [1] dans une traduction de Emcee.

Le problème c’est l’obéissance civile

Je pars de l’hypothèse que le monde est sens dessus-dessous, que les choses vont mal, que ceux qui ne devraient pas être en prison le sont et ceux qui le devraient ne le sont pas, que ceux qui ne devraient pas être au pouvoir le sont et ceux qui devraient avoir plus de pouvoir n’en ont pas, que les richesses, non seulement dans ce pays, mais dans le monde entier, sont distribuées de telle façon qu’il ne s’agit pas de faire une petite réforme, mais une refonte totale du système de redistribution des richesses. Je pars de l’hypothèse que nous n’avons pas grand-chose à dire là-dessus : il nous suffit de nous pencher sur l’état du monde actuel pour réaliser que c’est le chaos.

Daniel Berrigan, prêtre catholique et poète pacifiste, est en prison tandis que J. Edgar Hoover est libre. David Dellinger, qui dénonce les guerres depuis tout petit avec toute son énergie et sa rage, risque fort de se retrouver en prison, alors que les responsables du massacre de My Lai ne font l’objet d’aucune poursuite en justice. Ils sont à Washington, où ils occupent divers postes plus ou moins importants en relation avec le déclenchement de massacres, qui les étonnent quand ils se produisent. A l’université d’état du Kent, quatre étudiants ont été tués par la garde nationale et des étudiants ont été inculpés. Dans chaque ville de ce pays, lors de manifestations, ceux qui sont présents, qu’ils aient manifesté ou pas, quoi qu’ils aient fait, sont agressés et matraqués par la police, puis sont arrêtés et détenus pour avoir agressé un policier.

J’ai analysé ce qui se passe tous les jours dans les tribunaux de Boston, Massachussetts. Vous seriez suffoqué, ou peut-être pas si vous êtes au courant, si vous avez connu cela, si vous avez réfléchi à la question, si vous avez été choqué par la série d’injustices quotidiennes qui s’insinuent au sein de cette merveilleuse institution qu’on appelle la procédure en bonne et due forme. Eh bien, c’est là-dessus que je fonde mon raisonnement.

Il vous suffit de lire la correspondance depuis la prison de Soledad de George Jackson, condamné à une peine de prison allant d’un an à la perpétuité, et qui est resté dix ans en prison pour avoir braqué une station-essence pour 70 dollars. Et puis, il y a ce sénateur qui est soupçonné de prélever 185 000 dollars par an, ou quelque chose d’avoisinant, sur les déductions d’impôts pour épuisement des réserves pétrolières.

Pour l’un c’est du vol, pour l’autre c’est légal. Il y a un problème, il y a un énorme problème quand on véhicule dans tout le pays 10 000 bombes bourrées de gaz neurotoxiques et qu’on s’en va les larguer dans le jardin du voisin pour ne pas endommager le nôtre. Alors, au bout d’un moment, on perd toute notion. Si on ne réfléchit pas, si on ne s’informe qu’à la télévision ou en lisant les publications universitaires, on finit par se dire que la situation n’est pas si catastrophique que cela et que les problèmes ne concernent que des questions marginales. Mais si on prend un peu de recul, on se rend compte que c’est l’horreur. Et c’est donc la raison pour laquelle nous devons partir de l’hypothèse que tout est véritablement chaotique.

Et le sujet de réflexion, la désobéissance civile, est pris à l’envers. Dès qu’on parle de désobéissance civile, on se dit que le problème, c’est la désobéissance civile. Ce n’est pas cela, notre problème… le problème, c’est l’obéissance civile. Notre problème, c’est le nombre incalculable de gens qui ont obéi aux diktats de leurs dirigeants et qui sont partis en guerre partout dans le monde entier, et que cette obéissante s’est traduite par des millions de morts. Notre problème, c’est cette scène du film “A l’Ouest rien de nouveau”, où on voit des écoliers défiler consciencieusement pour aller faire la guerre. Notre problème, c’est que les gens sont soumis, partout dans le monde, face à la pauvreté, à la famine, à la bêtise, à la guerre et à la cruauté. Notre problème, c’est que les gens obéissent et que les prisons sont pleines de petits délinquants, tandis que les grands truands gèrent le pays.

C’est cela, notre problème. On comprend cela quand il s’agit de l’Allemagne nazie. On sait que le problème, c’est la soumission, que les gens ont obéi à Hitler. Les gens ont obéi, c’était mal. Ils auraient dû se rebeller et résister au système et si seulement nous avions été là, nous leur aurions montré. Même dans la Russie de Staline, on constate cela : les gens sont dociles, ce sont des moutons. Mais l’Amérique est différente. C’est ce qu’on nous a inculqué depuis toujours. Depuis que nous sommes tout petits, j’entends encore ce discours résonner dans les instructions de M. Frankel, choisissez une, deux, trois, quatre, cinq choses plaisantes concernant l’Amérique et que nous ne voulons pas trop voir bousculées. Mais si nous avons appris quoi que ce soit ces dix dernières années, c’est que ces belles choses concernant l’Amérique n’ont jamais été belles. Depuis le début, nous sommes expansionnistes, agressifs, et cruels envers les autres. Et nous sommes agressifs et cruels envers les gens de ce pays, et nous redistribuons les richesses de manière très injuste. Et il n’y a jamais eu de justice dans les tribunaux pour les pauvres, pour les Noirs, pour les contestataires. Comment peut-on prétendre fièrement que l’Amérique est unique ? Elle n’est pas unique. Absolument pas.

L’obéissance civile ; eh bien, c’est ce dont nous allons parler, c’est notre problème. La loi est très importante. Nous parlons ici d’obéissance à la loi – la loi, cette merveilleuse invention des temps modernes, que nous attribuons à la civilisation occidentale et dont nous parlons avec fierté. Le droit, oh, comme ils sont extraordinaires tous ces cours sur la civilisation occidentale, donnés dans tout le pays. Souvenez-vous de l’époque sinistre où la population était exploitée par le régime féodal. Tout était abominable au Moyen-âge, mais maintenant, nous avons la civilisation occidentale, l’état de droit. Le droit a normalisé et exploité au maximum l’injustice qui existait avant lui, c’est cela qu’a fait le droit. Examinons tout d’abord le système de manière réaliste et non pas avec cette satisfaction métaphysique avec laquelle nous le considérons depuis toujours.

Quand, dans tous les pays du monde, le droit est le chouchou des dirigeants et un fléau pour le peuple, alors nous devons commencer à reconnaître ceci. Nous devons dépasser les frontières nationales dans notre réflexion. Nixon et Brejnev ont plus en commun entre eux que nous avec Nixon. J. Edgar Hoover a plus en commun avec le chef de la police secrète soviétique qu’avec nous. C’est cet engagement international aux lois qui crée de solides liens d’amitié entre eux. C’est pour cela que nous sommes toujours surpris de voir que, lorsqu’ils se retrouvent, ils sourient, se serrent la main, fument le cigare ensemble, s’apprécient mutuellement, et cela, indépendamment de leurs discours officiels. C’est comme les partis républicain et démocrate, qui prétendent qu’il y aura un grand changement si l’un ou l’autre l’emporte, et pourtant, c’est toujours la même chose. Au bout du compte, c’est eux contre nous.

Yossarian avait raison, vous vous souvenez dans Catch 22 ? Il avait été accusé d’avoir fourni de l’aide et du réconfort à l’ennemi, ce dont personne ne devrait jamais être accusé et Yossarian avait alors dit à son ami Clevinger : “L’ennemi c’est celui qui te fera tuer, de quelque camp qu’il soit”. Mais comme ces paroles n’avaient provoqué aucune réaction, il avait ajouté : ” mets-toi bien ça dans le crâne, sinon, un jour ou l’autre tu vas te retrouver mort”. Et, souvenez-vous, peu de temps après ça, Clevinger était tué. On ne doit jamais oublier que nos ennemis ne sont pas séparés par les frontières, que ce ne sont pas des gens qui parlent une langue différente et qui vivent dans des territoires différents. Les ennemis sont ceux qui veulent nous tuer.

On nous dit : “et si tout le monde désobéissait à la loi ?” Mais il vaudrait mieux poser la question : “et si tout le monde obéissait à la loi ?” La réponse à cette question est bien plus facile à trouver car nous avons énormément de preuves empiriques de ce qui se passe quand tout le monde obéit à la loi, ou même quand la majorité de la population le fait. Ce qui se passe, c’est ce qui s’est passé, ce qui se passe actuellement. Pourquoi les gens se prosternent-ils devant la loi ? Et c’est ce que nous faisons tous, même moi je dois lutter, car c’est ancré au plus profond de moi-même depuis que je suis petit, du temps où j’étais louveteau. Une des raisons qui font qu’on se prosterne devant la loi, c’est son ambivalence. À l’époque actuelle, on se retrouve avec des mots, des expressions qui ont plusieurs significations, comme par exemple “sécurité nationale”. Ah oui, il faut agir au nom de la “sécurité nationale”. Ok, qu’est-ce que cela veut dire ? La sécurité nationale de qui ? Où ?

La loi recèle bien des choses. La loi, c’est la “Bill of Rights”, la Déclaration des Droits, en fait, c’est ce à quoi on pense en vénérant la loi. La loi est censée nous protéger, la loi, ce sont nos droits, la loi, c’est la constitution. Le jour de la célébration de la “déclaration des droits”, il y a un concours de dissertations sur le sujet organisé par la Légion Américaine, c’est ça, la loi. Et c’est ça qui est bien.

Mais il y a un autre aspect de la loi qui ne fait pas l’objet de tant de battage publicitaire – c’est celle qui est en vigueur jour après jour, mois après mois, année après année, depuis que la république existe et qui permet de distribuer les richesses du pays de façon à ce que quelques-uns soient très riches et les autres très pauvres et que certains courent comme des poulets sans tête pour s’accaparer les miettes. C’est la loi. Si vous allez en fac de droit, vous constaterez tout cela. Vous pouvez évaluer tout cela en comptant simplement le nombre de gros manuels de droit que les gens trimballent avec eux et voir combien d’entre eux parlent de “droit constitutionnel” et combien parlent de “propriété”, “contrats”, “délits”, “droit commercial”. Et c’est de cela essentiellement dont il s’agit quand on parle de loi. La loi, c’est la réduction d’impôts pour l’épuisement des réserves de pétrole, mais on ne fait pas faire de dissertations là-dessus. Il y a donc une partie de la loi qui est mise en exergue, voilà la loi, la constitution et il y a les autres facettes de la loi, celles qui se font sans bruit, et dont personne ne parle.

Cela a commencé il y a bien longtemps. Quand la Déclaration des Droits a été adoptée pour la première fois, vous vous rappelez, dans le premier gouvernement de Washington ? Super ! La Bill of Rights a été votée ! Gros battage médiatique. Et, parallèlement, le programme économique d’Alexander Hamilton était adopté aussi. Sympa, discret, l’argent pour les riches, je schématise, mais pas tant que cela. C’est avec le programme économique d’Hamilton que tout a commencé. On peut relier directement son programme économique à la loi sur les réductions d’impôts pour l’épuisement des réserves de pétrole, et les dégrèvements d’impôts pour les entreprises. C’est de cela qu’il s’agit, depuis le tout début. Matraquage pour la Déclaration des Droits, discrétion pour les lois sur l’économie.

Vous savez, faire respecter les différentes parties de la loi est aussi important que la publicité faite autour des différentes parties de la loi. La Déclaration des Droits est-elle respectée ? Pas vraiment. On s’aperçoit que la liberté d’expression en droit constitutionnel est une notion difficile et ambiguë. Personne ne peut vraiment dire à quel moment on peut s’exprimer librement et quand on n’en a pas le droit. Lisez simplement toutes les décisions de la cour suprême des Etats-Unis. Parlons-en du caractère prévisible du système quand on n’a aucune idée de ce qui va arriver si on se met à haranguer les gens sur la place publique ! Cherchez les différences dans les affaires Terminiello et Feiner et essayez de deviner comment elles se sont conclues. En passant, il y a une partie de la loi qui, elle, n’est pas vague du tout et qui concerne le droit des citoyens de distribuer des tracts dans la rue. La cour suprême a été très claire là-dessus. A chacune des décisions qu’elle prend, elle rappelle le droit inaliénable des citoyens à distribuer des tracts dans la rue. Faites le test. Descendez dans la rue distribuer des tracts. Un policier va venir vous voir pour vous dire de partir, vous lui répondez alors : ” Ah ah ! Vous ne connaissez pas l’arrêt que la Cour Suprême a rendu à la suite de l’affaire Marsh contre l’état d’Alabama en 1946 ?” C’est cela la réalité de la Déclaration des Droits. C’est cela la réalité de la Constitution, cette partie du droit qu’on nous décrit comme un système extraordinaire. Et sept ans après l’adoption de la Déclaration des Droits, qui indique clairement qu’il est interdit au Congrès de voter des lois visant à limiter la liberté d’expression, le Congrès votait une loi qui limitait la liberté d’expression. Rappelez-vous. C’était la loi appelée “Sedition Act” de 1798.

Et donc, on n’a pas fait appliquer la Déclaration des Droits. C’est le programme d’Alexander Hamilton qui a prévalu, parce que lorsque les producteurs de whisky se sont révoltés, en 1794 en Pennsylvanie, rappelez-vous, c’est Hamilton en personne qui s’est déplacé pour réprimer la révolte afin de veiller à ce que la loi sur l’impôt sur le revenu soit appliquée. On retrouve la même chose tout au long de l’histoire jusqu’à nos jours, il y a les lois qui sont appliquées et celles qui ne le sont pas. Il faut donc être prudent quand on dit : “Je suis pour la loi, je la respecte profondément et je lui obéis”. De quelle facette de la loi parle-t-on ? Je ne suis pas contre toute loi. Mais j’estime qu’il faut commencer à bien comprendre ce que font les lois et pour qui.

Il y a d’autres problèmes concernant la loi. C’est curieux, les gens pensent que la loi amène l’ordre. C’est faux. Comment savoir que la loi n’amène pas l’ordre ? Il suffit de regarder autour de soi. Nous vivons dans un Etat de droit. Et quel ordre avons-nous ? On vous dit qu’il faut se méfier de la désobéissance civile car elle conduit à l’anarchie. Regardez bien le monde actuel, où prévaut l’état de droit. Nous sommes dans une période qui se rapproche le plus de ce que les gens pensent être l’anarchie – le chaos et le banditisme international. Le seul ordre qui soit véritablement valable ne vient pas de la mise en application de la loi, il vient de la construction d’une société juste, où sont établis des rapports harmonieux et où seule une réglementation minimum est nécessaire pour créer un ensemble de dispositions concernant les rapports entre les gens. Mais l’ordre qui s’appuie sur le droit et la force de la loi, c’est l’ordre de l’état totalitaire, qui conduit inévitablement soit à une injustice totale, soit, finalement, à la rébellion- en d’autres termes, à un très grand désordre.

Nous grandissons tous avec l’idée que la loi est sacrée. Ils ont demandé à la mère de Daniel Berrigan ce qu’elle pensait du fait que son fils violait la loi. Après avoir mis le feu à des registres du bureau de conscription, probablement un des actes les plus violents de ce siècle, pour protester contre la guerre, il avait été condamné à la prison, comme il se doit pour un criminel. Ils ont demandé à sa mère âgée de plus de 80 ans ce qu’elle pensait du fait que son fils avait violé la loi. Elle a regardé le journaliste droit dans les yeux et lui a répondu : “Ce n’est pas la loi de Dieu”. Et ça, on l’oublie. La loi n’a rien de sacré. Pensez à qui fait les lois. La loi n’est pas faite par Dieu, elle est faite par Strom Thurmond. Si on a le moindre sentiment de ce qui est saint, beau et révérencieux dans la loi, il suffit de bien regarder les élus du pays, ceux et celles qui font les lois. Aller assister à une session législative de son état, aller assister à une session du congrès, car ce sont ces gens-là qui font les lois que nous sommes ensuite censés vénérer.

Tout ceci est fait dans un décorum destiné à nous berner. C’est le problème. A l’époque, c’était confus. On ne savait pas. Maintenant, on sait, tout est écrit dans les livres.

Aujourd’hui, nous avons les procédures en bonne et due forme. Aujourd’hui, il se passe ce qui se passait avant, sauf que nous respectons les procédures légales. A Boston, un policier s’est rendu dans un hôpital et a tiré à cinq reprises sur un Noir qui lui avait donné un coup de serviette de toilette sur le bras et l’a tué. Au cours de l’audience, le juge décidait que l’acte du policier était justifié, parce que s’il n’avait pas réagi, il aurait perdu l’estime de ses collègues. C’est cela qu’on appelle un jugement en bonne et due forme, à savoir que le type ne s’en est pas tiré comme ça. Il y a bien eu un procès en due forme et tout s’est arrangé. Le décorum, la bienséance de la loi nous leurrent.

Le pays, à l’époque, a été fondé sur le non respect de la loi, et c’est ensuite qu’il y a eu la constitution et la notion de stabilité comme les appréciaient Madison et Hamilton. Ensuite, nous avions découvert à certaines périodes cruciales de notre histoire que le cadre juridique ne suffisait plus, et afin d’abolir l’esclavage, nous avons dû sortir de ce cadre juridique, comme nous avions dû le faire à l’époque de la Révolution ou de la guerre de Sécession. L’union a dû sortir du cadre juridique pour établir certains droits dans les années 1930. Et actuellement, où nous sommes dans une période peut-être encore plus critique que la révolution ou la guerre de Sécession, les problèmes sont si abominables qu’ils nous poussent à sortir du cadre légal pour faire une déclaration, pour résister, pour commencer à créer les institutions et les relations que doit avoir toute société qui se respecte. Non, il ne s’agit pas simplement de démolir, mais de construire quelque chose. Mais même si on cherche à construire ce qui n’est pas censé l’être, si on essaie, par exemple, de créer un parc populaire gratuit, ça, ce n’est pas détruire, on construit quelque chose, mais c’est interdit, alors, la police privée arrive pour vous obliger à partir. C’est la forme que va prendre de plus en plus la désobéissance civile : des gens qui tenteront de construire une nouvelle société au sein de l’ancienne.

Et le droit de vote et les élections ? La désobéissance civile ? Il n’y en pas besoin, nous dit-on, parce que nous pouvons passer par le processus électoral. Nous devrions le savoir, depuis tout ce temps, mais peut-être que non, car nous avons grandi avec la notion que le bureau de vote était un lieu sacré, presque comme un confessionnal. Vous entrez dans le bureau de vote, vous en ressortez, on vous prend en photo et votre visage au sourire béat est publié dans toute la presse. Vous venez de voter, c’est ça, la démocratie. Mais si on lit ce que disent les politologues – mais qui en est capable ? – du processus électoral, on constate que c’est une supercherie. Les états totalitaires adorent les élections. Ils font déplacer les gens pour voter et enregistrent leur bénédiction. Je sais qu’il y a une différence, ils n’ont qu’un parti, nous, nous en avons deux. Vous voyez… Nous avons un parti de plus qu’eux…

Ce que nous tentons de faire, je suppose, c’est de revenir véritablement aux principes, aux objectifs de la Déclaration d’Indépendance. L’esprit de la résistance à l’autorité illégitime et à des forces qui privent les gens de leur vie, de leur liberté, de leur droit à la quête du bonheur et donc, dans ces conditions, il incite au droit de réformer ou d’abolir la forme actuelle de leur gouvernement, et surtout d’abolir. Mais pour établir les principes de la déclaration d’indépendance, il va falloir sortir du cadre légal, cesser d’obéir à des lois qui imposent de tuer ou qui répartissent les richesses de la façon dont cela a été fait, ou qui mettent les gens en prison pour des petits délits et laissent en liberté des gens qui ont commis des crimes abominables. Mon espoir c’est que cet esprit de résistance naîtra non seulement dans ce pays, mais également dans d’autres pays car ils en ont tous besoin. Les peuples de tous les pays ont besoin de cet esprit de désobéissance à l’Etat, qui n’est pas un concept métaphysique mais une entité qui allie force et richesses. Il nous faut une sorte de Déclaration d’Interdépendance entre les peuples de tous les pays du monde qui luttent pour la même chose.

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

Commentaire recommandé

Fritz // 01.05.2019 à 07h30

« Le problème, c’est l’obéissance civile » : si les conscrits avaient agi partout, à l’été 1914, comme ils avaient su le faire à Béziers en 1907, il n’y aurait pas eu de Première Guerre mondiale. Et si les policiers avaient rejoint les Gilets jaunes, au lieu de les matraquer, de les éborgner, de les mutiler… le régime de Macron ne serait plus qu’un mauvais souvenir.

Voilà où mène chez nous, dans la “patrie des droits de l’homme” (ricanements dans la salle), le règne de la Loi (“the Rule of Law”), : https://francais.rt.com/france/61542-suicidez-vous-policiers-gilet-jaune-condamne-huit-mois-prison-sursis

Quant aux gens qui sont en prison alors qu’ils ne devraient pas y être, et vice versa… Assange est en prison, Blair se pavane en liberté.

57 réactions et commentaires

  • Fritz // 01.05.2019 à 07h30

    « Le problème, c’est l’obéissance civile » : si les conscrits avaient agi partout, à l’été 1914, comme ils avaient su le faire à Béziers en 1907, il n’y aurait pas eu de Première Guerre mondiale. Et si les policiers avaient rejoint les Gilets jaunes, au lieu de les matraquer, de les éborgner, de les mutiler… le régime de Macron ne serait plus qu’un mauvais souvenir.

    Voilà où mène chez nous, dans la “patrie des droits de l’homme” (ricanements dans la salle), le règne de la Loi (“the Rule of Law”), : https://francais.rt.com/france/61542-suicidez-vous-policiers-gilet-jaune-condamne-huit-mois-prison-sursis

    Quant aux gens qui sont en prison alors qu’ils ne devraient pas y être, et vice versa… Assange est en prison, Blair se pavane en liberté.

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    • Opp’s // 01.05.2019 à 15h34

      La guerre de 14 ne se résume pas à un “si” très hypothétique : en effet la 3ième république a formaté sa population entière à la récupération de l’Alsace-Lorraine. Par ailleurs tout le monde croyait à une guerre courte. Enfin , la population entière, femmes en tête, comme en témoigne l’immense courrier analysé par les historiens , demande aux hommes au front de tenir et pas du tout de se mutiner.
      Mais la guerre de 40 est un bon exemple de la désobéissance civile, puisqu’il apparaît bien que la France en 39/40, pour des raisons diverses (des cocos aux nationalistes de droite en passant par les pacifistes durs et les socialistes réalisto-défaitistes, mais peu importe) a refusé de se battre.

      Pour que les policiers rejoignent les gilets jaunes il aurait quand même fallu un autre contexte et une autre attitude de leur part, car a aucun moment on a senti une volonté inclusive. C’est d’ailleurs normal puisque c’est la stratégie de la violence seule qui a permis d’arracher 10 milliards en 3 semaines d’action.
      Le problème du “suicidez-vous” est qu’il montre inutilement une haine d’un raffinement assez cruel envers une population qui est plutôt la victime collatérale de plusieurs stratégie de violence, et qui fait plutôt un boulot dur à la gratification très courte.

        +3

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  • calal // 01.05.2019 à 07h51

    C’est a chacun de decider d’obeir ou de desobeir bien que l’on puisse comprendre la pression exercee sur certains par l’inflation des prix alimentaires.
    Comparer le mouvement contemporain des gilets jaunes a d’autres mouvements historiques documentes me parait exagere. Si le mouvement des gilets jaunes fait progresser ou reveille l’interet pour la politique de nos concitoyens c’est deja ca de gagner. Le flou sur la legitimite democratique des uns et des autres provoque par l’abstention massive des francais aux dernieres elections est une pente dangereuse qu’il ne faut pas laisser perdurer sous peine de voir des loups y prosperer.Les loups staliniens et les loups pinochetistes sont des predateurs tout aussi efficaces et dangereux pour les troupeaux d’herbivores..

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    • rolland // 01.05.2019 à 09h09

      Mais il est étrange que ceux qui se disent le meilleur adversaire du loup, font perdurer et accentuent tout ce qui fait que celui-ci a tout loisir de se rapprocher plus ou moins furtivement du troupeau.

      Tout est fait dans ce sens et en même temps, consciemment ou pas ( ..stratégiquement ou pas serait plus judicieux ), il est tellement facile de faire advenir quelque chose qui a plus que bon dos pour lui faire endosser tous les malheurs les plus dangereux pour la santé d’une société/civilisation.

      Le récit collectif me parait si vicié que croire en la bonne volonté d’éviter le “mal absolu” me fait doucement rire jaune.

        +10

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    • RGT // 01.05.2019 à 10h00

      “C’est a chacun de decider d’obeir ou de désobéir”…

      Obéir à des lois que nous n’avons jamais proposées ni approuvées, ça s’appelle au mieux de la servitude, au pire de l’esclavage.

      Particulièrement quand ces lois ont pour seul objectif de réduire à néant toutes les libertés auxquelles nous devrions naturellement avoir droit à notre naissance.

      Et, cerise sur le gâteau, quand ces lois permettent à nos “élites” de passer entre les mailles du filet et d’avoir le droit “légal” de nous imposer leurs “visions”.

      Ne croyez-vous pas que ça a assez duré ?
      Il faudrait commencer par éduquer la population pour qu’elle réfléchisse à son propre intérêt commun, mais ça fait partie du domaine du rêve.
      Au lieu de ça, nous avons droit à un abrutissement de masse qui commence à l’école avec d’un côté le formatage à la soumission de masse et de l’autre la sublimation de la “différence” qui permet de monter les “gueux” les uns contre les autres pour qu’ils ne comprennent pas qu’ils sont manipulés et spoliés par un système “social” très bien optimisé.

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    • Inox // 01.05.2019 à 11h56

      D’où la nécessité de reconnaitre le vote blanc et qu’il soit compté dans le résultat de vote. Et rendre le vote obligatoire, pourquoi pas. Si aucun candidat atteint 50%, certes, on se retrouve bloqué. Une réforme du système de vote ou même de la constitution serait obligatoire et c’est pas plus mal. Marre d’être sans arrêt pris en otage et de devoir voter pour un candidat dont on ne partage pas les idées afin de contrer un autre candidat qu’on aime encore moins et de verdir de rage en entendant au info «les français on voté pour moi, et mes idées, pas besoin de référendum, etc…». Notre système démocratique ne fonctionne pas bien à mon humble avis. Il faut le faire évoluer, ça devient urgent.

        +11

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      • Serge F. // 01.05.2019 à 17h35

        Il faut reconnaître le vote blanc ET rendre le vote obligatoire. L’un ne va pas sans l’autre. Si vous ne rendez pas le vote obligoire, seules les personnes motivées iront voter. Et pour quelle personne ou quel programme iront-elles voter en majorité d’après vous ? Regardez ce qui s’est passé il y a quelques mois en Guyane. Ce n’est pas un hasard si Macron n’est ni pour l’un, ni pour l’autre.

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        • calal // 01.05.2019 à 19h05

          en guyane y a plus de 200 000 habitants et les gars sont elus avec 8000 voix?

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    • RV // 01.05.2019 à 22h08

      @ calal // 01.05.2019 à 07h51
      Un mot sur nos “prédateurs” en col blanc ici et maintenant ?
      Sortir du capitalisme est une question de survie !

        +1

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  • Pierre D // 01.05.2019 à 08h47

    la “désobéissance civile” ne s’oppose pas à l'”obéissance civile. Toute deux sont une attitude face à l’obéissance civile et s’adaptent aux règles d’une société.

    Ce qui s’oppose à la désobéissance ou a l’obéissance, c’est “l’indifférence civile”… Là, rien à faire, aucun argument ne tient.

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    • Kiwixar // 01.05.2019 à 09h06

      En étant indifférent, vous obéissez. Vous payez quand même la tva sur vos achats, vous payez vos impôts, vous financez la bête. Vous obéissez aux lois sinon vous écopez d’amendes/prison. Un serf ou un esclave a beau être indifférent à son sort ou fataliste, il obéit quand même.

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      • Pierre D // 01.05.2019 à 11h11

        C’est vrai dans la pratique bien que certains au ban de la société y soient arrivés.
        Mais il s’agit là d’attitude philosophique de principes. Si la désobéissance civique est un choix, il y a rarement un choix dans l’obéissance civique, qui consiste pour la plupart d’entre nous, à se conformer au suivisme ambiant, en veillant pour ne ne pas être emmerdé, par ces contingences.

        La découverte d’une démocratie participative par certains gilets jaunes trahit une absence de réflexion sur ce qu’est une obéissance civique qu’ils avaient pourtant adopté avant de vouloir parler au chef.

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        • Geoffrey // 01.05.2019 à 11h50

          je ne suis pas d’accord : celui qui désobéit le fait pour certaines raisons, celui qui obéit également…

          c’est la théorie du pouvoir : celui qui ne veut jamais être la victime du dominateur lui obéit, c’est la stratégie du mâle bêta.

          désobéir, c’est faire référence à autre chose, une autre Loi..celle de Dieu par exemple.

          texte qui fait devenir communiste, si on ne l’est pas déjà.

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        • Serge F. // 01.05.2019 à 18h07

          Au sujet de la découverte de la démocratie participative, et j’ajouterais de la politique tout court, je ne suis pas sûr que le problème vienne d’une absence de réflexion sur l’obéissance, mais plutôt d’un absence de connaissance par manque d’intérêt pour la chose politique (pour diverses raisons). Pour vous en convaincre, écoutez le témoignage de ces deux Gilets jaunes :

          https://www.youtube.com/watch?v=nlW-ekUJM7o&t=3192

          Je trouve qu’il s’agit là d’un problème très préoccupant. La politique n’intéresse pas une grande partie de nos concitoyens alors qu’il s’agit d’une activité noble puisque, comme l’a écrit André Comte-Sponville dans son ouvrage “Le capitalisme est-il moral ?”, « La politique n’est pas là pour faire le bonheur des hommes. Elle est là pour combattre le malheur – et elle seule, à l’échelle d’un pays ou du monde peut le faire efficacement. »

          « Les individus se retranchent de la sphère publique et se réfugient dans un monde exclusivement privé, perdant ainsi le “sens de soi-même (sense of self)” qui rend possible toute éthique. Le sens de soi-même n’existe en effet que lorsque les individus sont dégagés des contraintes matérielles et n’ont plus à lutter pour leur survie. Sans projet, otages d’un monde hallucinatoire sans réalité ni objets (même la science ne construit plus de réalité puisqu’elle fait tout apparaître comme possible), mais dopé par le marketing et les simulacres, les individus n’ont plus de modèles auxquels s’identifier. Le double échec du communisme et de la social-démocratie les laissent orphelins de tout idéal politique. Leur moi devient un moi vide (an empty self) que se disputent des lobbies devenus quant à eux les derniers acteurs de la scène politique. » Christopher Lasch et Cornelius Castoriadis, “La Culture de l’égoïsme”

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      • jp // 01.05.2019 à 15h27

        “Vous payez quand même la tva sur vos achats”
        donc je fais le strict minimum comme achat, juste ce qu’il faut pour survivre et je vole le reste au supermarché pour atteindre le niveau de la tva sur mes factures
        pas la peine de faire des commentaires comme quoi c’est mal, je suis pauvre et je trouve indécent qu’on me fasse payer autant de taxes sur les produits de base comme la bouffe les médocs et l”électricité.

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  • rolland // 01.05.2019 à 08h55

    Tout est histoire de conscience, d’entraide, d’autonomie alimentaire, de capacité de nomadisme, de surpassement de la peur, de compréhension de ce que nous sommes, du fait que cette vie doit préparer celle qui suit, d’engagement à combattre l’oppression et celui qui l’exerce, d’échapper à la tentation de la matière, de surpasser chaque discours qui n’est pas le notre et/ou celui de son groupe, d’être à l’écoute de son coeur et conforme à ses principes, de chercher l’autre(s) qui nous ressemble(nt), de chercher et croire au-delà de notre imagination formatée, de ne plus croire par nature au récit collectif, de comprendre que l’on nous vend/résume le sens de notre passage sur terre à celui de vivre cette vie comme une quête hédoniste entre productivité, rentabilité, consumérisme, de comprendre le non sens de la société/civilisation et d’y faire face…

    Tellement de citations sont là, à peine dissimulées, qui nous disent tout de ce qu’il nous faut fuir et à quel bon sens adhérer, reste à laisser parler son coeur, l’écouter et lui faire confiance.

    Ayant certainement trop longtemps oublié l’importance de s’écouter, pour la situation individuelle et collective d’aujourd’hui en tant que le passé d’un demain toujours plus chaotique, la citation la plus appropriée semble bien être une des plus connue.

    O Gentilshommes la vie est courte… Si nous vivons, nous vivons pour marcher sur la tête des rois…
    Shakespeare.

    Si nous n’écoutons pas, craignons que les vies qui suivront ne seront plus tout à fait humaines, mais alors si nous sommes tous frères, craignons que ne pas aider l’autre reste avant tout le fait de ne pas s’aider soi-même.

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  • bhhell // 01.05.2019 à 09h04

    On nous dépeint comme des individus souverains. Alors que nous sommes des spectateurs de l’Histoire de la naissance à la mort. Les décisionnaires écrivent les lois en leur faveur, mènent les guerres en leur intérêt. Le travail de l’éducation républicaine étant de nous persuader que nous sommes les décisionnaires, que nous sommes souverains. Celui des médias et des intellectuels de nous maintenir dans cette croyance paradoxale. Selon les époques, le catéchisme républicain adopte un angle particulier : dans la 1ere moitié du 20e s, la patrie nous requiert, il faut défendre le sol. La révolte est synonyme de traîtrise. De nos jours, la croissance réclame le renoncement à nos droits économiques pour sauver les emplois, les retraites. Tout alternative est un délire totalitaire. Le sacrifice, dans les 2 cas, est bien sûr unilatéral. Il incombe aux pseudo décisionnaires, au nom de l’intérêt général. Pour nous émanciper il faut à minima cesser de regarder l’Etat comme un représentant légitime et débonnaire.

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  • bhhell // 01.05.2019 à 09h14

    On nous dépeint comme des individus souverains. Alors que nous sommes spectateurs de l’Histoire de la naissance à la mort. Les décisionnaires écrivent les lois en leur faveur, mènent les guerres en leur intérêt. Le travail de l’éducation républicaine étant de nous persuader que nous sommes décisionnaires, que nous sommes souverains. Celui des médias et intellectuels de nous maintenir dans cette croyance paradoxale. L’angle du catéchisme républicain varie selon les époques: au début du 20e s, la patrie nous requiert, il faut défendre le sol. La désobéissances signifie la traîtrise. De nos jours, pour sauver l’économie, il faut renoncer à ses droits économiques. L’alternative est populiste, insurrectionnelle. Dans les 2 cas, bien sûr, le sacrifice est unilatéral. Il incombe aux pseudo décisionnaires. Pour s’émanciper, il faut à minima cesser de regarder l’Etat comme un représentant légitime et débonnaire.

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  • Denis Monod-Broca // 01.05.2019 à 10h05

    En 1970 déjà…
    « Nous devrions le savoir pourtant… » Que c’est juste ! Nous devrions le savoir, nous le savons, et pourtant tout ne fait qu’empirer, comme si nous ne savions pas…

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  • Camille // 01.05.2019 à 10h11

    La désobéissance publique peut avoir lieu seulement quand les gens cesseront d’être des bulots et d’accepter tout. Ex : le travail gratuit. Bientôt la Journée de solidarité sous prétexte qu’il y a eu des morts à cause de la xanicule de 2003. Et alors, ça va les faire revenir ? On travaille déjà gratuitement 1 jour (2 les années bissextiles) vu que le salaire mensuel est basé sur 1 année de 364 jours. Si Busin veut ajouter une 2de Journée de solidarité, on va se rapprocher de la Semaine du Travail gratuit.
    Quand à tout ce qui nous est prélevé sur la fiche de paye, ça confirme la politique socialo-communiste. Quel est l’intérêt d’une mutuelle obligatoire, sommes-nous une société uniquement composée de malades? Avec 250 à 300€/an prélevés sur les salaires, il faudrait “consommer” 750 à 800€/an pour que ce soit rentable, sachant qu’il y a les franchises de Sarkozy, les déremboursements, etc. Où est la logique dans tout ça, à part prendre les gens pour des c**** ?

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    • Serge F. // 01.05.2019 à 18h54

      Emmanuel Macron a bien dit dans sa conférence de presse qu’il n’était pas favorable à la suppression d’un jour férié supplémentaire :

      https://www.youtube.com/watch?v=q2ZL8SsL8ZA&t=5240

      Par contre, il veut nous inciter à prendre notre retraite après 62 ans car sinon on aura une décote qui pourrait être assez méchante :

      https://www.youtube.com/watch?v=q2ZL8SsL8ZA&t=5416

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    • RV // 01.05.2019 à 22h18

      @ Camille // 01.05.2019 à 10h11
      Les cotisations sociales financent notre modèle de République Sociale. (ou socialo-communiste, pourquoi pas)
      Sans les cotisations sociales pas de services publique de santé, pas de droit à la retraite, pas de caisse de chômage etc.
      Le retour au XIXe siècle en quelque sorte . . .

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      • Jefresi // 01.05.2019 à 23h15

        Et j’ajoute pas de médecins, pas de dentistes, pas de tout le fourbi de la santé, d’hopitaux et même de médocs…
        Surtout que maintenant la Sécu est pratiquement dans les mains de l’Etat alors que ceux qui étaient censés la défendre l’on abandonné.
        Retour au XVIIIème siècle, sûrement…

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  • Larousse // 01.05.2019 à 10h23

    Si les fait cités se sont enchaînés dans un laps de temps d’environ 0 à 20 minutes, je précise, les propos du Procureur
    «Il n’y aucun lien de cause à effet évident entre ce déferlement de propos haineux et une quelconque violence des policiers contre une jeune femme qui n’est pas du tout avérée», a observé le procureur. »
    à propos du procès du Gilet jaune ayant stupidement incité les policiers au suicide.
    Et bien cette explication du Procureur est insensée. Elle est une preuve de la volonté politique du pouvoir et d’un manque d’intelligence, d’un fonctionnaire sensé très aguerri et super-diplômé de droit.
    Ceci , si ce genre d’événements se poursuit, prouve que la France va mal, que ce pouvoir dérive complètement. Et sans un coup d’arrêt, on aboutira tôt ou tard à la guerre civile, parce que la “violence légitime” de l’Etat tant vantée par la Macronie maintenant est une notion perverse et dictatoriale. Rien à voir avec le devoir de protection de tous les citoyens par l’Etat, avec des moyens proportionnés aux dangers
    ps. / que le Procureur reprenne des cours de Droit sur l’analyse des circonstances et la proportion des peines tenant compte du déroulement-enchaînement des faits et avec une prise en compte de l’état mental dans lequel la faute a été commise…

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    • Fritz // 01.05.2019 à 10h34

      Si la révolution devait triompher, tous les procureurs et tous les policiers auront des comptes à rendre.
      Devant des tribunaux populaires.

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      • jp // 01.05.2019 à 15h37

        je suis d’accord mais on peut rêver …

        des juges ont poursuivi et condamné d’anciens Résistants français dans les années 50 et 60 en les accusant de faits de droit communs genre vols et meurtres pour ce qu’ils avaient fait PENDANT les années de guerre dans les maquis. Les vols étaient en fait des réquisitions et les meurtres c’étaient ceux de mouchards.

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        • Fritz // 01.05.2019 à 15h44

          Vous pensez à Georges Guingouin ? Ce que je voulais dire, c’est que la peur doit changer de camp. Personnellement, j’ai donné durant plusieurs années à l’OMPN (Orphelinat mutualiste de la police nationale). Je leur ai écrit récemment pour leur annoncer que je ne donnerai plus un seul centime à des policiers.

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        • jp // 01.05.2019 à 17h17

          pas que lui, d’autres aussi, même pas forcément communistes. Dsl je ne retrouve plus ma source.
          Les juges sauf exception sont des lâches soumis à leur hiérarchie et leur appât c’est leur carrière.

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        • Winny l’ourson // 02.05.2019 à 06h16

          Ah bon, et le merveilleux De Gaule ? Il était pas au courant ?
          Lui qui a tout pardonné aux riches industriels et banquiers, il a laissé les vrais résistants se faire emprisonner par des juges collabos qu’il avait pardonné. ?
          Etonnant, non !

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        • lvzor // 02.05.2019 à 21h46

          “…des juges ont poursuivi et condamné d’anciens Résistants français dans les années 50 et 60 ”

          …et pendant ce temps-là papon était préfet de police, avant de devenir député puis ministre (de giscard)

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      • Louis St.O // 02.05.2019 à 11h15

        C’est bien un intérêt de classe, et cela a toujours été.
        Petite anecdote. Mon arrière-arrière grand-père (Louis Auguste Mourré) a été arrêté lors de manifestations du coup d’état à la fin du mandat (1852) de Napoléon III. (Pour mémoire, il avait été élu pour un seul mandat de 4 ans – 1er président de la 2ieme république – et la modification de la constitution pour se représenter lui a été refusée). Donc ayant été arrêté, il a été extradé en Algérie (en tant que « républicain démocrate » – véridique c’est son accusation – j’ai les documents).
        Il n’a jamais pu revenir en France.
        En 1871, (3ieme République) il s’est dit maintenant je vais refaire une demande pour pouvoir revenir en France pour revoir ma famille. Et il demande à la JUSTICE de lever cette interdiction. Et bien la justice lui a refusé au prétexte que « s’il avait été condamné par la justice en 1852 c’est qu’elle avait de bonne raison ». Donc on ne contredit pas une justice même si elle est faite pendant un coup d’État même sous une dictature. Il est vrai que mon aïeul n’était que maçon.
        J’ai peur pour tout ceux qui sont condamnés de ne plus être amnistiés pas ces mêmes juges et j’attends de les voir condamner un jour par le peuple.

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    • Calal // 01.05.2019 à 11h16

      Oui le flou permet la prolifération des loups. Des deux cotes de la barrière.il faut bien vite se recompter pour que chacun puisse assumer ses responsabilités en toute connaissance de cause.

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    • Araok // 01.05.2019 à 14h36

      Les bonnes décisions qui font les belles carrières…
      Ah! A propos:
      A St Brieuc un Gilet Jaune condamné car il s’était fait livrer par la poste du nitrate de K et du S.
      Sans parler de l’imprudence chimique (dans ma jeunesse j’ai fait des deux de Bengale avec ça plus de l’Alu) je voudrais bien savoir comment la police a eu vent de cette commande car elle est arrivée chez le GJ sur les pas du postier…

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  • openmind // 01.05.2019 à 11h06

    Trop manichéen ce mec! Hitler c’était mal, Staline aussi, fallait leur désobéïr!
    Et les fumiers non russes (lire Soljenitsine) qui ont ourdi la révolution russe ainsi que les Ripoublicains de Weimar qui ont laisser l’Allemagne s’effondrer au point que des femmes des centres villes se prostituaient pour un bout de pain….c’était bien? Trop facile mon petit pote, c’est ça avec les Amerloques, z’ont pas de recul historique…y a pas de profondeur même dans leur pensée…dommage, l’intention était louable.

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    • Serge F. // 01.05.2019 à 19h02

      « C’est cela, notre problème. On comprend cela quand il s’agit de l’Allemagne nazie. On sait que le problème, c’est la soumission, que les gens ont obéi à Hitler. Les gens ont obéi, c’était mal. Ils auraient dû se rebeller et résister au système et si seulement nous avions été là, nous leur aurions montré. Même dans la Russie de Staline, on constate cela : les gens sont dociles, ce sont des moutons. Mais l’Amérique est différente. C’est ce qu’on nous a inculqué depuis toujours. Depuis que nous sommes tout petits, j’entends encore ce discours résonner dans les instructions de M. Frankel, choisissez une, deux, trois, quatre, cinq choses plaisantes concernant l’Amérique et que nous ne voulons pas trop voir bousculées. Mais si nous avons appris quoi que ce soit ces dix dernières années, c’est que ces belles choses concernant l’Amérique n’ont jamais été belles. Depuis le début, nous sommes expansionnistes, agressifs, et cruels envers les autres. Et nous sommes agressifs et cruels envers les gens de ce pays, et nous redistribuons les richesses de manière très injuste. Et il n’y a jamais eu de justice dans les tribunaux pour les pauvres, pour les Noirs, pour les contestataires. Comment peut-on prétendre fièrement que l’Amérique est unique ? Elle n’est pas unique. Absolument pas. »

      Où voyez-vous le manichéisme dans cet extrait de l’article ?

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  • Geoffrey // 01.05.2019 à 12h00

    que se passe-t-t’il, dans la tête d’Olivier ?

    il veut nous pousser à la Révolution..la Der des der’ ?

    que ne la fasse-t-il pas lui-même ?

    ceci étant, texte très pertinent…; il pose les bonnes questions, suggérant parfois implicitement les réponses qui s’imposent.

    Geof’

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  • Renard // 01.05.2019 à 13h36

    Crois à ta conscience avant de croire aux codes.
    Le jour qui luit dans l’âme est le meilleur, crois-moi ;
    La justice de l’homme est écrite en la loi ;
    La justice de Dieu s’écrit au cœur du juge.

    (Victor Hugo, Océan vers)

      +2

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  • amike // 01.05.2019 à 14h46

    “On s’aperçoit que la liberté d’expression en droit constitutionnel est une notion difficile et ambiguë.”

    Alors que l’obéissance civile, c’est simple et sans danger ?

    L’auteur de cet article (Zinn) est mort, l’a écrit en 1970 avant l’apparition de boat people et des média modernes, et – hors de son contexte – semble parfait pour confondre Trump avec Nixon (alors que, depuis, on peut avoir des doutes sur les “vrais méchants”), douter des élections de 2016 et de la démocratie, et croire la #Resistance !

    Attention aux anachronismes… A qui faut-il désobéir à Caracas ?

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    • Fritz // 01.05.2019 à 15h37

      Disons que Zinn aurait dû désobéir lorsqu’il a bombardé Royan au napalm, en 1945. Mais cet événement l’a perturbé, puisqu’il y revient dans le dernier livre qu’il a écrit, “The Bomb”.

        +4

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      • Serge F. // 01.05.2019 à 20h54

        Vous devriez plutôt montrer du doigt l’ignoble Curtis LeMay qui n’hésita pas à faire subir aux Tokyoïtes un déluge de bombes explosives et d’engins incendiaires :

        « Probablement plus de gens ont perdu la vie dans le feu de Tokyo, sur une période de six heures, qu’à n’importe quel autre moment de l’histoire de l’humanité. Les gens sont morts à cause des températures extrêmes, de manque d’oxygène, d’asphyxie au monoxyde de carbone, d’écrasement sous les pieds de ceux qui tentaient de fuir les flammes et de noyades. Le plus grand nombre de victimes a été enregistré chez les plus vulnérables : les femmes, les enfants et les personnes âgées. » Strategic Bombing Survey, Summary Report, 1945

        http://www.entelekheia.fr/2016/11/29/un-holocauste-occulte-la-strategie-de-bombardements-des-usa/

        Pour son obéissance zélée, LeMay reçut de nombreuses distinctions, tant américaines qu’étrangères telle la Silver Star, la Presidential Unit Citation, la Distinguished Service Cross, la Distinguished Service Medal américaine, l’Ordre de la Guerre patriotique soviétique, la Distinguished Flying Cross britannique, la Croix de guerre et la Légion d’honneur française, l’Ordre du Soleil levant japonais, la Croix de guerre belge, l’Ordre de l’épée suédois, l’Ouissam alaouite marocain et l’Ordre du mérite aéronautique argentin.

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        • Fritz // 02.05.2019 à 12h22

          Certes, l’ignoble LeMay est infiniment plus responsable que l’exécutant Howard Zinn, et je ne l’ignore point, Serge… Je reconnais un seul point positif à ce criminel de guerre américain : il a reconnu que si les États-Unis avaient perdu la guerre, il aurait été jugé comme criminel de guerre (d’après son subordonné Robert McNamara, une autre “pointure” ; The Fog of War, 2003).

          En 1962, pendant la crise des fusées à Cuba, LeMay poussait Kennedy au pire : à la guerre nucléaire contre l’URSS. Depuis le massacre de Tokyo, il avait continué à se faire la main en Corée.

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          • Serge F. // 02.05.2019 à 19h24

            Pas sûr que ce soit LeMay qui l’ait reconnu :

            « La contribution intellectuelle de McNamara au bombardement du Japon depuis des bases insulaires du Pacifique n’est pas expliquée dans ses commentaires à Morris, mais il dit que, lorsque LeMay a servi sous ses ordres dans l’administration Kennedy, le vieux général a fait remarquer que si le Japon avait gagné la guerre, les deux auraient été accusés d’avoir agi comme des criminels de guerre. »

            https://larrycalloway.com/mcnamara/

            LeMay était un type d’extrême-droite particulièrement antipathique. C’est lui qui inspira à Stanley Kubrick le personnage du docteur Folamour.

            Nous apprenons de nos fautes. Ce fut magnifiquement le cas pour Howard Zinn. J’aimerais que le monde soit peuplé de personnes aussi imparfaites que lui.

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    • RV // 01.05.2019 à 22h28

      @ amike // 01.05.2019 à 14h46
      à qui faut-il désobéir à Paris ?
      êtes vous prêt à désobéir ici et maintenant ?

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  • EvaAlex // 01.05.2019 à 17h03

    Bonjour. Bon, je ne suis pas une soldat, ni une manifestante, car il y a une handicape. Mais mon Mari était syndicaliste et y participait toujours. Il n’est plus là. Donc, je vais vous parler ici des choses prosaïques que je trouve aussi graves et qui se produisent dans notre vie de tous les jours. Il s’agit de mon séjour d’une dizaine de jours à CHU où, comme vous savez, il y a beaucoup de problèmes de moyens et d’effectifs. Je parlerai d’un des faits sociaux. Au début vous trouverez cela peut être drôle, surtout les jeunes qui ne s’imaginent pas pour l’instant à être malade et vieillir un jour. Mais ceux qui souffrent déjà me comprendront. Sinon je lis les crises tous les jours depuis 5-6 ans, mais je participe pas beaucoup aux commentaires.

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  • EvaAlex // 01.05.2019 à 17h28

    Étant donné que mon état physique me rend de plus en plus handicapée, problèmes d’articulations, j’ai besoin d’aides des soignants dans mon quotidien: comme une douche, habillage…
    J’ai demandé au moins une petite douche tous les deux jours et samedi vers midi une aide-soignante est venue en me disant que le WE nous n’avons pas le temps de faire cela. Après avoir pris la douche, il fallait attendre un bon moment son arrivée su un bouton. Pas moyen. Je devais crier. La personne est venue et une deuxième s’est empressée de venir aussi pour me rouspéter et me mettre au rang. Je me trouve toue nue, mouillée à la merci de ces deux personnes en me sentant humiliée, désemparée car assez épuisée physiquement . Elles m’ont conduit à une crise hystérique. J’ai dû leur crié d’arrêter de me traiter comme une animale dans un zoo et que je n’étais pas responsable de leurs mal-être du travail.
    Et pourtant il ne s’agissait pas d’une caprice, mais d’un besoin d’hygiène. Et je précise que le mot animal n’est pas exagéré car la veille, ma voisine de 92 ans a eu un accident digestive. Je voulais m’essuyer les mains, j’ai trouvé ma serviette entachée d’excréments. A mon étonnement, même mise par terre, elle a été ramassée et remise sur mon emplacement. (Suite)

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  • EvaAlex // 01.05.2019 à 17h32

    J’ai discuté avec une cadre de santé. Et le lendemain le phénomène de bouche- à -oreille ne s’est pas fait attendre. J’ai commencé à subir une sorte de l’harcèlement moral de la part des soignants. ( cela ne concerne pas les infirmières, et deux soignantes qui sont restées correctes et polies). Une meute s’est formée rapidement, une apogée de solidarité…la victime est trouvée …,”une bouteille d’eau ( j’ai une insuffisance rénale), on en n’a plus, vous n’avez pas le droit de garder cela dans le frigo et si vous gardez cela dans votre sac, nous serons obligés de fouiller vos affaires pour votre sécurité , le branchement pour avoir un internet et charger l’appareil, on n’a pas le droit… et ainsi de suite j’ai dit “allez y, privez moi de tout tant que vous êtes bien parties”. Il ne leur restait qu’à me faire un anxiolytique et me voir regarder le plafond. Là, c’est parfait, cela ne dérange personne.
    Voilà où cette politique sociale nous emmène, on se dégrade de plus en plus, on tombe au plus bas. Les insultes, je n’aime pas, je respecte toujours les personnes, et je pèse les mots. Qu’est-ce qui va nous arriver?
    Une chambre individuelle est difficile à avoir. On subit(je suis assez jeune) la télé d’une voisine à fond dans la journée, car elle regarde les jeu moitié endormie, la nuits blanches consécutives, puisque elle passe son temps aux toilettes ( 12 fois la dernière fois), en se levant elle pleure et geint sous la douleur du bas de dot. Elle n’est pour rien… elle a 92 ans. Il y a plusieurs choses que je vais pas en parler…

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  • EvaAlex // 01.05.2019 à 17h33

    Mais le gouvernement réduit le personnel et le nombre de lits, et le nombre de malades augmentent constamment. Je ne pense qu’à quitter ce monde, mais je suis croyante et je ne vais me suicider. Puisque mon vécu personnel est profond et ce n’ai pas la première fois à l’hôpital.
    J’aimerais avoir vos réactions là-dessus. Pour moi c’est grave et cela commence par les plus faibles et vulnérables, mais le gouvernement fait l’oreille sourde et les gens continuent à jouer ce jeu perfide sans se rendre compte.
    J’espère plus ou moins d’être dans le sujet.(Fin)

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    • RV // 03.05.2019 à 17h12

      L’état de nos services publiques est du essentiellement à des choix politiques mortifères. L’austérité érigée en dogme, en croyance incontournable n’est que l’outil du démantèlement en cours. Tant que l’Etat sera circonvenu par des intérêts financiers, des intérêts privés, la situation s’aggravera pour le citoyen lambda. Il faut sortir de la vision comptable de l’organisation de la société qui nie et broie l’humain.
      Sortir du capitalisme est une question de survie.

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    • Serge F. // 04.05.2019 à 14h51

      Je confirme que ce que vous avez vécu est une réalité. La situation n’est toutefois pas la même d’un centre hospitalier à l’autre. Il y en a des bons et des mauvais.

      Le personnel hospitalier est composé d’êtres humains qui peuvent parfois déraper. Et ce n’est malheureusement pas qu’une question de fatigue ou de pression professionnelle (certains ont voté Macron et sont prêts à le refaire malgré les grosses difficultés que traversent nos hopitaux). Un changement de direction peut parfois changer les choses.

      Nous vivons une mauvaise période de notre civilisation où l’égoïsme, l’individualisme et l’absence d’empathie règnent. Cela vient en bonne partie des politiques néolibérales qui ont un effet désastreux sur la société et l’individu. Elles continuent pourtant à prospérer car elles favorisent un petit groupe d’individus très riches. Mais ce n’est pas la seule raison : cela vient aussi de la bêtise de nos dirigeants et de beaucoup de nos économistes (lisez le livre “La Déconnomie” de Jacques Généreux pour vous en convaincre).

      Si vous êtes croyante, la prière peut vous aider à surmonter vos souffrances morales et physiques. L’hésychasme peut vous aider à vous sentir mieux. Il existe une multitude d’ouvrages sur le sujet (je vous recommande particulièrement ceux écrits par de grands auteurs orthodoxes). Dans un registre différent, vous pouvez aussi lire le livre “La peur” de Thich-Nhat Hanh.

      Ne perdez pas courage. Le bonheur est fait de petites choses et il est toujours là à côté de vous, comme une petite lumière réconfortante qui brille dans la nuit. Et quand il vous touche, l’obscurité disparait d’un seul coup.

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  • Donnot // 01.05.2019 à 18h23

    Je participe, tu participes, ils profitent. N’oublions pas Gandhi…..

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