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3.mars.20193.3.2019 // Les Crises

Le Brexit, première étape de l’effondrement à retardement de l’énergie en Europe ?

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Source : Insurge Intelligence, Nafeez Ahmed, 11-12-2018

Le fiasco du Brexit et les émeutes françaises sont les symptômes de l’accélération en Europe de la crise du système terrestre.

 

Émeutes à Paris (source : Irish Times)

Tout le monde parle du Brexit. On parle des émeutes en France. Mais personne n’explique quelles en sont les causes, ni ce que cela veut réellement dire. Il se peut qu’on croie le savoir, mais de façon générale, on passe à côté.

Le 6 mai 2010, pour la première fois depuis 1992, le Parti Conservateur a pris les rênes du pouvoir, avec l’aide des démocrates libéraux . Quelques heures avant le résultat des élections,dans un blog, j’avais prévenu que, quel que soit le gouvernement élu, ce serait la première étape d’un glissement radical vers l’extrême droite qui balayerait probablement le monde occidental pendant la prochaine décennie.

« Le nouveau gouvernement, redevable à la sagesse populaire, ne pourra ou ne voudra pas s’attaquer aux causes structurelles profondes de la convergence actuelle des crises auxquelles notre pays et le monde sont confrontés », écrivais-je, décrivant l’incapacité des trois partis politiques à comprendre pourquoi il était peu probable que revienne l’âge d’or de la croissance économique.

« Cela donne à penser que, d’ici 5 à 10 ans, l’ensemble du système habituel de partis politiques de ce pays, et de nombreuses autres nations occidentales, sera complètement discrédité à mesure que les crises continueront de s’aggraver et que les politiques conventionnelles menées serviront largement à les alimenter, au lieu de les atténuer. L’effondrement du système de partis dominants dans les pays qui ont vu naître la démocratie libérale pourrait ouvrir la voie à la légitimation croissante de la politique d’extrême droite d’ici la fin de la présente décennie… »

Ma prédiction était étonnamment prophétique. Le virage mondial vers l’extrême droite a commencé exactement cinq ans après cette prévision et continue de s’accélérer alors même que la décennie n’est pas terminée.

En 2014, les partis d’extrême droite ont remporté 172 sièges aux élections Européennes, soit presque un quart du Parlement. En 2015, en partie parce qu’il promettait d’organiser un référendum sur l’appartenance de la Grande-Bretagne à l’Union européenne, David Cameron a été réélu Premier ministre [du Royaume-Uni, NdT] avec une majorité parlementaire.

À l’insu de beaucoup, les conservateurs avaient discrètement établi un vaste réseau de liens avec bon nombre de ces partis d’extrême droite ayant des sièges au Parlement Européen.

L’année suivante, en juin, le résultat du référendum sur le Brexit majoritairement en faveur du rejet de l’UE a choqué le monde entier.

Six mois plus tard, Donald Trump, le gourou milliardaire de l’immobilier, a de nouveau choqué le monde en devenant président du pays le plus puissant du monde. Tout comme les conservateurs au Royaume-Uni, les Républicains avaient forgé des liens transatlantiques avec les partis et mouvements Européens d’extrême droite. Depuis lors, les partis d’extrême droite en Europe n’ont cessé de progresser aux élections en Italie, en Suède, en Allemagne, en France, en Pologne et en Hongrie.

Nous sommes à la naissance d’une onde de marée qui semble bien partie pour se transformer en tsunami. Exactement comme je l’avais prévu, la politique d’extrême droite n’est plus du ressort de marginaux, mais elle se normalise de plus en plus. Ce n’est pas un accident. C’est le résultat d’un système en faillite – et des efforts d’un réseau de groupes d’extrême droite pour exploiter les fractures qui émergent de cette défaillance du système afin de tout détruire, et ériger un nouvel ordre à leur façon.

Je prédisais le renouveau de l’extrême droite à partir de l’analyse des conséquences probables d’une « défaillance du système » à long terme, qui ne nous permettrait plus de retrouver les niveaux de croissance économique auxquels nous étions habitués à l’apogée des années 1980 et 1990. J’ai expliqué que cette défaillance du système trouvait ses racines dans l’économie de la production d’énergie, celle-là même qui permet la croissance économique :

« ….. Il est probable qu’une reprise complète et durable… sera impossible avec les contraintes du système actuel, parce que nous arrivons au bout du fondement physique de la « croissance » exponentielle (et fluctuante) des dernières décennies – c’est à dire une énergie bon marché, des énergies fossiles facilement disponibles, principalement le pétrole, le gaz et le charbon.

Le tournant est là, et sans cette source d’énergie mondiale bon marché et abondante, nous ne pouvons pas continuer à croître, quoi que nous fassions. Ça ne peut pas durer. Nos économies ont besoin d’être fondamentalement, structurellement, transformées. Pour leur donner un fondement, nous devons effectuer une transition vers un nouveau système d’énergie qui soit propre et renouvelable. Nous devons transformer la façon dont l’argent est créé, afin qu’il ne soit pas lié à la génération systématique de la dette. Pour les mêmes raisons nous devons transformer notre système bancaire. Whitehall, et les trois partis politiques, ne voient que des facettes du tableau, sans le voir comme un tout. »

Un tournant décisif

Le tournant énergétique est sans équivoque. Dans les années qui ont précédé le référendum historique du Brexit et la résurgence marquée des mouvements nationalistes, populistes et d’extrême droite partout en Europe, le continent tout entier a été confronté à une crise énergétique qui couvait discrètement.

L’Europe est aujourd’hui un continent « post-pic pétrolier ». Actuellement, tous les grands producteurs de pétrole d’Europe occidentale sont en déclin. Selon les données de la Revue Statistique de l’Énergie de BP pour 2018, la production pétrolière de l’Europe occidentale a culminé entre 1996 et 2002. Depuis lors, la production a diminué tandis que les importations nettes augmentaient progressivement.

Dans une étude en deux parties publiée en 2016 et 2017 dans la revue Springer, BioPhysical Economics and Resource Quality, Michael Dittmar, Senior Scientist à l’ETH Zurich Institute for Particle Physics [Institut de physique des particules de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich, NdT] et au CERN [Organisation européenne pour la recherche nucléaire, NdT], a développé un nouveau modèle empirique de production et de consommation de pétrole.

L’étude fournit probablement à ce jour l’un des modèles les plus solides du point de vue empirique concernant la production et la consommation de pétrole, mais ses prévisions donnent à réfléchir.

Notant que les exportations de pétrole de la Russie et des pays de l’ex-Union soviétique sont appelées à diminuer, Dittmar a constaté que l’Europe occidentale aura des difficultés à remplacer ces exportations perdues. En conséquence, « la consommation totale en Europe occidentale devrait être inférieure d’environ 20 pour cent en 2020 à ce qu’elle était en 2015 ».

La seule région du monde où la production sera stable dans les 15 à 20 prochaines années sera le Moyen-Orient de l’OPEP. Partout ailleurs, conclut M. Dittmar, la production diminuera d’environ 3 à 5 % par an après 2020. Et dans certaines régions, ce déclin a déjà commencé.

Tout le monde n’est pas d’accord quant à l’imminence d’une forte baisse de la production pétrolière russe. L’an dernier, l’Oxford Institute for Energy Studies a soutenu que la production russe continuerait probablement de croître au moins jusqu’en 2020. On ne sait pas exactement combien de temps elle durera après ça.

D’un autre côté, les experts en énergie du gouvernement russe sont inquiets. En septembre 2018, le ministre russe de l’énergie, Alexander Novak, a averti que la production pétrolière russe pourrait culminer d’ici trois ans en raison de la hausse des coûts de production et des taxes. Au cours des deux décennies suivantes, la Russie pourrait perdre près de la moitié de sa capacité actuelle. Ce tableau peu reluisant est là aussi globalement conforme à l’étude d’Oxford.

Le mois suivant, le Dr Kent Moor du Energy Capital Research Group, qui a conseillé 27 gouvernements du monde entier, y compris les États-Unis et la Russie, a affirmé que la Russie en était à gratter le fond du tonneau de son précieux gisement en Sibérie occidentale.

Moor a cité les rapports internes du ministère Russe de l’Énergie depuis 2016 avertissant d’une « courbe de déclin rapide de la Sibérie occidentale, représentant une perte d’environ 8,5 pour cent en volume d’ici 2022. Une bonne partie de tout ça est déjà en cours ». Bien que la Russie poursuive activement des stratégies alternatives, écrit Moor, elles sont toutes « excessivement coûteuses », et leurs résultats pourraient n’être que temporaires.

Ce n’est pas que le pétrole s’épuise. Le pétrole est bien là, en abondance – plus qu’il n’en faut pour faire griller la planète plusieurs fois. Le défi est que nous dépendons moins du pétrole brut bon marché que des combustibles fossiles coûteux, plus sales et non conventionnels. Sur le plan énergétique, ce produit est plus difficile à extraire et moins performant après extraction que le brut.

Le fait est que, à mesure que l’approvisionnement pétrolier intérieur de l’Europe se tarit lentement, il n’y a pas de stratégie sérieuse pour nous affranchir de notre dépendance pitoyable vis-à-vis de la Russie ; la transition post-carbone reste toujours trop timide, trop tardive ; et l’impact sur les économies européennes –si le statu quo continue – va continuer de détricoter la politique de l’Union.

Alors que ceux qui parlent de la lente crise énergétique européenne sont peu nombreux, la réalité est que l’économie européenne souffrira de la diminution inexorable des ressources en combustibles fossiles de l’Europe et de la volatilité des prix du pétrole à laquelle les producteurs continuent d’être confrontés en raison des coûts de production toujours plus élevés.

En septembre, j’ai présenté en exclusivité les conclusions d’un rapport d’expert commandé par le groupe scientifique travaillant sur le prochain Rapport de Développement Durable de l’ONU.

Le rapport souligne que les flux d’énergie bon marché sont l’élément vital de la croissance économique et qu’à mesure que nous entrons dans une ère de déclin de la qualité des ressources, il est probable que la croissance économique continuera d’être lente, faible sinon en déclin.

Cela se produit à l’échelle mondiale. L’EROI [en français TRE ou taux de retour énergétique, i.e. le rapport entre l’énergie dépensée et celle obtenue, NdT] commence déjà à approcher les niveaux observés au XIXe siècle, ce qui montre à quel point la croissance économique mondiale pourrait être entravée par la baisse du rendement énergétique net pour la société.

Grande-Bretagne : fin de la croissance énergétique nette

La Grande-Bretagne, qui doit quitter l’Union européenne le 29 mars 2019, est la face visible de cette crise énergétique et économique à venir.

En janvier 2017, le Centre for Climate Change Economics and Policy, dirigé par l’Université de Leeds et la London School of Economics, a produit une analyse surprenante de la problématique du déclin énergétique net du Royaume-Uni. L’étude a tenté d’élaborer une méthodologie pour examiner les données nationales sur le rendement énergétique du capital investi (EROI) – la quantité d’énergie utilisée pour extraire une quantité donnée d’énergie.

L’objectif de l’étude était de déterminer la valeur de l’EROI en utilisant autant que possible la Grande-Bretagne comme étude de cas principale. Le concept d’EROI concrétise la reconnaissance du fait qu’un important surplus d’énergie est nécessaire pour alimenter l’activité économique, indépendamment de l’énergie qui est précisément consommée pour extraire l’énergie en premier lieu.

Moins nous consommons d’énergie pour produire de l’énergie nouvelle, plus il nous reste d’énergie à investir dans les biens et services plus larges de l’activité économique. Mais si nous continuons d’utiliser plus d’énergie uniquement pour produire de l’énergie, la quantité d’énergie nette qu’il nous reste pour alimenter nos économies décroît.

Selon les auteurs de l’étude, Lina Brand-Correa, Paul Brockway, Claire Carter, Tim Foxon, Anne Owen et Peter Taylor :

« Plus l’EROI d’une technologie de fourniture d’énergie est élevé, plus elle est « précieuse » en termes de production d’énergie utile(économiquement parlant). En d’autres termes, un EROI plus élevé permet à l’économie de disposer de plus d’énergie nette, ce qui est précieux en ce sens que toute activité économique dépend plus ou moins de la consommation d’énergie. »

Le verdict sur la situation difficile du Royaume-Uni est brutal. On constate que « le Royaume-Uni dans son ensemble a connu un déclin de l’EROI au cours de la première décennie du 21e siècle, passant de 9,6 en 2000 à 6,2 en 2012… Ces premiers résultats montrent qu’il faut utiliser de plus en plus d’énergie pour l’extraction d’énergie elle-même plutôt que pour l’économie ou la société britannique ».

Citant les travaux des économistes français Florian Fizaine et Vincent Court, qui estiment un EROI sociétal minimal de 11 pour une croissance économique continue, le document conclut :

« ….le Royaume-Uni est en deçà de ce point de référence. »

En d’autres termes, au début de l’année dernière, une importante étude scientifique a révélé qu’au cours des deux dernières décennies et au-delà, la croissance économique de la Grande-Bretagne est fondamentalement limitée par la baisse de son énergie nette domestique. Mais cette information révolutionnaire n’a pas fait « l’Infomation ».

Dissolution

Fin 2010, dans mon livre A User’s Guide to the Crisis of Civilization, j’avais prédit qu’un des effets secondaires de ces processus, serait le défi auquel seraient vraisemblablement confrontées les grandes structures étatiques transnationales telles que l’Union Européenne concernant leur intégrité territoriale. L’incapacité à s’attaquer aux causes systémiques du krach financier de 2008, l’incapacité à le reconnaître comme un symptôme d’un système en déclin, conduirait à une politique de plus en plus autoritaire.

L’intégrité des grandes structures transnationales dépend de l’abondance de flux énergétiques bon marché les soutenant. Si ces flux sont plus coûteux et de moindre qualité, les tensions au sein de ces structures seront de plus en plus vives et celles-ci pourraient même commencer à se dégrader. Les coûts qui permettraient au système de se perpétuer augmentent alors que les rendements sont limités, ce qui veut dire une diminution de l’excédent à investir dans les biens sociaux de base nécessaires au maintien de telles structures.

C’est pourquoi, malgré ce que l’on appelle la « reprise » – aussi tiède soit-elle et fondée sur l’accélération des niveaux d’endettement (en termes biophysiques, emprunter aujourd’hui à la Terre avec la promesse de la rembourser demain avec ce qui a déjà été sur-consommé aujourd’hui) – pour parler vrai, le pouvoir d’achat des populations continue de baisser.

L’incapacité à comprendre les causes profondes et systémiques de la crise et à s’y attaquer signifie aussi que les décideurs se mettent dans une position où ils ne peuvent s’attaquer qu’aux symptômes de surface.

Trop souvent, cela signifie des réponses réactionnaires à court terme. Ainsi, en France, au lieu d’aborder la question de savoir comment galvaniser une troisième révolution industrielle pour accélérer la transition post-carbone et la relance des infrastructures, Macron a réagi à la crise climatique en protégeant les producteurs de combustibles fossiles et nucléaires tout en augmentant les taxes sur les carburants. Il n’a pas voulu s’attaquer aux chaînes d’approvisionnement catastrophiques des grandes entreprises françaises. Il n’a pas voulu pénaliser les puissants lobbies pétroliers, gaziers et nucléaires qui, espère-t-il, pourraient l’aider à se faire réélire, et n’a pratiquement rien fait pour accélérer une transition post-carbone viable qui pourrait transformer la prospérité économique sur des bases plus durables.

C’est ainsi qu’en faisant reposer le fardeau presque exclusivement sur les travailleurs et les consommateurs français, Macron a déclenché la spirale de la colère et des émeutes. Les manifestants ont mis le feu aux banques, saccagé et pillé des magasins, et même pris pour cible l’Arc de Triomphe. Ils exigent la fin de la libéralisation des entreprises, mais ils expriment aussi des revendications nationalistes telles que le « Frexit », la sortie de la France de l’UE et la lutte contre les migrations. Il est révélateur que, même si certaines demandes sont impérieuses, il n’y a pas le début d’une compréhension de la véritable crise planétaire au-delà des banales attaques contre les Grandes Banques. L’État français a réagi avec sa propre violence en répliquant avec des canons à eau et par des tirs de gaz lacrymogènes, en arrêtant plus de mille personnes et en menaçant de faire venir l’Armée Française.

C’est un microcosme de ce qui peut arriver lorsque les États et les peuples ne comprennent pas la dynamique profonde d’un système défaillant : chacun réagit à ce qui se trouve devant lui. Les protestataires blâment Macron. L’État français réprime la violence. La politique se militarise, tandis que le scepticisme à l’égard du pouvoir libéral en place dans l’ensemble du spectre politique trouve sa justification.

Les émeutes françaises ne sont donc pas sorties de nulle part. Elles font partie intégrante d’un processus plus large du lent déclin de l’EROI, qui fait que, pour la société, le rendement de l’activité économique est de plus en plus limité par son coût énergétique plus élevé et par les baisses de productivité liées au vieillissement des infrastructures et des technologies de l’ère industrielle centralisée. Ce n’était qu’une question de temps avant que le citoyen lambda ne commence à ressentir l’impact de cette pression dans sa vie de tous les jours. Les hausses de taxes de Macron n’en sont pas la cause, mais le déclencheur. Ils ont craqué l’allumette, mais le bûcher fumait déjà.

Brexit

Mais nous avons déjà vécu ça, en Syrie et ailleurs.

Le Brexit a été déclenché dans le contexte d’une dynamique globale du système qui reste mal comprise. Au cours de la décennie qui a précédé la crise financière de 2008, la croissance économique de la Grande-Bretagne a été minée non seulement par une bulle d’endettement sur le marché immobilier, mais aussi par les difficultés rencontrées par un système énergétique dépendant des combustibles fossiles.

Ce système en difficulté était étroitement lié à la crise migratoire Européenne, qui a vu plus d’un million de réfugiés du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord chercher refuge partout en Europe, y compris au Royaume-Uni et en France, ce qui a alimenté la vague de populisme nationaliste qui a balayé le continent.

La crise migratoire non plus n’est pas sortie de nulle part, elle a suivi de près les turbulences du Printemps arabe. La déstabilisation de la Syrie, de l’Égypte, du Yémen et au-delà couvait depuis longtemps, mais elle a été déclenchée par une véritable tempête de crises. Le déclin de la production pétrolière nationale, qui a tiré le tapis sous les pieds des revenus des États tributaires des exportations pétrolières, s’est accompagné d’une flambée mondiale des prix du pétrole, due à la stabilisation de la production mondiale de pétrole ordinaire bon marché. Une chaîne de crises climatiques dans les principales régions alimentaires du monde a entraîné des mauvaises récoltes et des sécheresses qui ont fait grimper les prix de la nourriture.

La crise systémique mondiale a interagi avec l’effondrement des systèmes nationaux locaux. Comme je l’avais signalé en 2013, un cycle naturel de sécheresse en Syrie a été considérablement aggravé par le changement climatique, dévastant l’agriculture et poussant des centaines de milliers d’agriculteurs sunnites dans des villes côtières à dominante alaouite. A mesure que les recettes pétrolières syriennes dégringolaient, que la production intérieure de pétrole classique atteignait son point culminant au milieu des années 90, le gouvernement a sabré les subventions cruciales en carburant et alimentation alors même que les prix atteignaient un niveau record au niveau mondial, cela a été la goutte de trop. Les gens n’avaient même pas de quoi se payer du pain, alors ils sont descendus dans la rue.

Bachar al-Assad a réagi avec une brutalité croissante, notamment en tirant sur des civils dans les rues. Lorsque les manifestants ont pris les armes en réaction, le cycle de la violence s’est enclenché. Des puissances extérieures sont intervenues pour coopter leurs camps favoris, la Russie et l’Iran soutenant Assad, l’Occident soutenant divers groupes rebelles – aucun d’entre eux n’étant particulièrement intéressés dans le soutien à la société civile syrienne. Le conflit s’est intensifié, a dévasté le pays et alimenté une crise des réfugiés sans précédent.

Lorsque l’OTAN est intervenue en Libye, lorsque les États-Unis et le Royaume-Uni ont soutenu le bombardement aérien aveugle du Yémen par l’Arabie saoudite, cela n’a fait que déstabiliser davantage la région. L’arc de l’effondrement au Moyen-Orient et en Afrique du Nord est le résultat d’une combinaison fatale : une crise du système terrestre, aggravée par des réponses à courte vue et égocentriques des systèmes humains.

Lorsque les familles et les enfants ont commencé à affluer en masse sur les côtes européennes, la crise du système terrestre « tout là-bas » est arrivée chez nous. L’Occident ne pouvait plus se protéger des conséquences à long terme du caractère insoutenable du système d’après-guerre qu’il entretenait depuis la Seconde Guerre mondiale : à savoir dépendance structurelle aux combustibles fossiles, mosaïque d’alliances avec les régimes despotiques régionaux, jetant les bases de la convergence du changement climatique, de l’épuisement du pétrole brut et de l’effet domino des crises alimentaires et économiques qui en résultent.

La crise du système terrestre qui a éclaté en Syrie a déclenché une vague de déstabilisation du système humain dont le Brexit n’a été que la première éruption.

La crise syrienne est donc bien un avant-goût de ce qui va arriver. L’Europe est déjà un continent post-pic pétrolier, dont les ressources fossiles domestiques sont en déclin. Les études les plus crédibles sur le potentiel de l’Europe en gaz de schiste montrent qu’il est extrêmement faible et diffère de la situation américaine. Si nous sommes déterminés à maintenir notre dépendance à l’égard des énergies fossiles, nous serons forcés d’importer.

Mais comme je l’ai montré dans ma publication scientifique pour Springer Energy Briefs, Failing States, Collapsing Systems : BioPhysical Triggers of Political Violence [États en déliquescence, systèmes en voie d’effondrement : déclencheurs biophysiques de la violence politique, NdT] (2017), si la croissance de la demande augmente au rythme actuel, il est peu probable que les fournisseurs d’Asie centrale et de Russie soient en mesure de satisfaire cette demande à des coûts auxquels nous pourrons faire face dans les prochaines décennies.

Entre-temps, certains impacts climatiques sont déjà enclenchés. Entre 2030 et 2045, de grandes parties du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA) risquent de devenir de plus en plus inhabitables en raison du changement climatique. Cela correspond à la période au cours de laquelle la production pétrolière dans la région MENA devrait, selon les prévisions, commencer à plafonner et à décliner. Alors que les coûts énergétiques de la production et des importations de combustibles fossiles augmentent et que l’UE est de nouveau confrontée au défi de la migration de masse en provenance du Moyen-Orient en raison de la dévastation climatique, nous ne verrons pas la fin des défis pour l’intégrité territoriale de l’UE.

Le Brexit est juste une vaguelette à la surface de courants plus profonds. C’est un symptôme du grand déphasage de la civilisation vers la vie post énergies fossiles.

En ce sens, le fiasco du Brexit illustre à quel point nous sommes éloignés des débats que nous devons avoir. Parler de l’entrée ou de la sortie de l’Europe et du moyen de procéder n’est pas sans importance, mais c’est aussi une distraction massive de la crise systémique plus profonde qui se déroule sous les problèmes mêmes qui alimentent nos préoccupations immédiates concernant le Brexit.

La perturbation du système terrestre n’entraîne pas inévitablement la déstabilisation des systèmes humains. Mais si les systèmes humains refusent de s’engager et de s’adapter à ces perturbations, alors ils seront déstabilisés. Tant que la Grande-Bretagne, l’Europe et leurs citoyens continueront de s’obstiner sur les symptômes plutôt que sur les causes, nous serons incapables de répondre de façon significative à ces causes. Au lieu de cela, nous nous battrons frénétiquement entre nous au sujet des symptômes, pendant que le sol sous nos pieds continue de s’effondrer.

La crise du Brexit et le déclenchement des émeutes en France sont les symptômes d’une grande transition civilisationnelle, dans laquelle le vieux paradigme réductionniste d’auto-satisfaction matérialiste est à l’agonie. Les citoyens et les décideurs, les militants et les chefs d’entreprise doivent prendre conscience de ce qu’il se passe réellement afin d’avoir les débats nécessaires au déclenchement des approches significatives pour une transformation systémique.

Il ne s’agit pas d’une crise lointaine qui se produira dans les années à venir. C’est maintenant. C’est en train de se produire et cela vous affecte, vous, vos enfants et ceux que vous aimez le plus. Et cela affectera leurs enfants, et leurs petits-enfants.

C’est votre héritage. C’est votre choix. Voilà maintenant votre chance de vous engager et de devenir un agent d’un nouveau paradigme, un paradigme qui parle au nom de tous les humains, de toutes les espèces et de la Terre elle-même. Peut-être ne savons-nous pas exactement à quoi ressembleront les paradigmes émergents. Mais nous savons qu’il est temps de nous demander : où en sommes-nous ? Avec l’ancien monde ou avec le nouveau ?

Nafeez Ahmed est le rédacteur en chef fondateur d’INSURGE Intelligence. Nafeez est journaliste d’investigation depuis 17 ans,il a travaillé au journal The Guardian, où son domaine était la géopolitique des crises sociales, économiques et environnementales. Nafeez parle du ‘changement mondial du système’ pour Motherboard de VICE. Il a publié des articles dans The Independent on Sunday, The Independent, The Scotsman, Sydney Morning Herald, The Age, Foreign Policy, The Atlantic, Quartz, New York Observer, The New Statesman, Prospect, Le Monde diplomatique, etc. Il a remporté à deux reprises le Project Censored Award pour ses reportages d’investigation, a figuré deux fois dans la liste des 1000 Londoniens les plus influents du Evening Standard et a obtenu le prix Naples, le prix littéraire le plus prestigieux d’Italie créé par le Président de la République. Nafeez est également un universitaire interdisciplinaire largement publié et cité qui applique l’analyse de systèmes complexes à la violence écologique et politique. Il est chercheur à l’Institut Schumacher.

Source : Insurge Intelligence, Nafeez Ahmed, 11-12-2018

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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Commentaire recommandé

Patrique // 03.03.2019 à 08h05

En Grande Bretagne aussi il y a des bobos (avec leur journal The Guardian) qui considèrent que la révolte des peuples contre les oligarques est une horreur « d’extrême droite » quand il s’agit du retour annoncé de la démocratie.
L’année 2016 (Trump-Sanders, Brexit) est le virage démocratique contre les partisans de l’aristocratie dont fait partie l’auteur de l’article. Il succède au virage libre-échangiste qui a fait la richesse des ploutocrates en 1980 (Reagan-Thatcher) et que défend avec 37 ans de retard Macron.
Même sur l’énergie il se trompe partiellement. La croissance ce n’est pas la production d’énergie mais la domestication de l’énergie. Si l’Homme domestique la fusion nucléaire cela sera une nouvelle révolution industrielle avec une quantité d’énergie phénoménale à notre disposition.

66 réactions et commentaires

  • Linder // 03.03.2019 à 07h41

    Je n’ai pas l’article originale sous les yeux mais il me semble qu’il y a une erreur de traduction dans ce paragraphe :
     » En janvier 2017, le Centre for Climate Change Economics and Policy, dirigé par l’Université de Leeds et la London School of Economics, a produit une analyse surprenante de la problématique du déclin énergétique net du Royaume-Uni. L’étude a tenté d’élaborer une méthodologie pour examiner les données nationales sur le rendement énergétique du capital investi (EROI) – la quantité d’énergie utilisée pour extraire une quantité donnée d’énergie.  »

    Il me semble que l’EROI n’est pas « la quantité d’énergie utilisée pour extraire une quantité donnée d’énergie.  » mais l’inverse : la quantité d’énergie extraite (et utilisable) par quantité d’énergie utilisée ».

      +7

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    • Bibendum // 03.03.2019 à 07h54

      Bonjour. Ni l’une ni l’autre de vos propositions. L’EROI est un ratio, soit le résultat de la division de l’énergie utilisable par l’énergie dépensée pour l’obtenir.

      Avec un EROI de 1 le gain est de 0.

        +15

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      • Kiwixar // 03.03.2019 à 09h28

        C’est bien ce que Linder a écrit (« la quantité d’énergie extraite (et utilisable) par quantité d’énergie utilisée”).

          +5

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      • Kesse // 03.03.2019 à 09h35

        Et quand l’EROI est à moins que 1, il ne reste plus qu’à appeler les Shadoks pour pomper …

          +13

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  • calal // 03.03.2019 à 08h02

    pic de l’offre ou pic de la demande?
    Realite ecologique ou fabrique du consentement a un alignement sur le niveau de vie de l’ouvrier chinois?
    Moins d’energie disponible ou pression accrue sur les consommateurs par la speculation financiere et les pays producteurs?
    difficile de savoir.L’avenir nous le dira: ou seront les prix du petrole dans 10 ans,20ans? quid des nouvelles centrales nucleaires type epr iter qui devraient etre mises en service cette annee? trop de baratin,laissons la poussiere retomber et on verra.

      +9

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    • Jiojio // 03.03.2019 à 09h50

      Il y a aussi des facteurs endogènes aux économies, qui sont cycliques. Les phases de croissance s’accompagnent ensuite d’une phase de stagflation caractérisée par baisse de la demande, montée d’inégalités et baisse du taux de profit. Puis baisse des salaires, dettes, pour tenter de prolonger. Ensuite crises, et chute brutale de l’offre à un certain point. On serait dans une phase de crise suivant la stagflation. Chaque phase dure environ 30 ans, et durera plus si la vélocité du système baisse (si moins d’énergie est disponible). On en aurait jusqu’à 2038 pour les crises, puis 30 ans de récession (reprise lente de l’offre et de la demande) à partir de là. Prochaine phase possible d’expansion à partir de 2070. Si on a encore de l’énergie.
      https://www.francois-roddier.fr/?cat=1

        +0

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      • Bibendum // 03.03.2019 à 11h19

        Super, j’aurais à peine 100 piges, étrainé mon troisième dentier, payé mon 18ème crédit à la con-sommation. Je pourrais enfin envisager de construire et fonder une famille. Je pourrais alors faire une heureuse… Mais n’est-il pas trop tôt pour m’inscrire sur chaussureatonpied.com et chercher l’élue de mon cœur ? Elle n’est peut-être pas encore née…

          +12

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  • Patrique // 03.03.2019 à 08h05

    En Grande Bretagne aussi il y a des bobos (avec leur journal The Guardian) qui considèrent que la révolte des peuples contre les oligarques est une horreur « d’extrême droite » quand il s’agit du retour annoncé de la démocratie.
    L’année 2016 (Trump-Sanders, Brexit) est le virage démocratique contre les partisans de l’aristocratie dont fait partie l’auteur de l’article. Il succède au virage libre-échangiste qui a fait la richesse des ploutocrates en 1980 (Reagan-Thatcher) et que défend avec 37 ans de retard Macron.
    Même sur l’énergie il se trompe partiellement. La croissance ce n’est pas la production d’énergie mais la domestication de l’énergie. Si l’Homme domestique la fusion nucléaire cela sera une nouvelle révolution industrielle avec une quantité d’énergie phénoménale à notre disposition.

      +46

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    • Kiwixar // 03.03.2019 à 09h31

      Domestiquer la fusion? En accrochant une dynamo à mes muscles zygomatiques, l’humanité aura à disposition une énergie phénoménale, il suffira de prononcer le mot « ITER »…

        +35

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      • Larousse // 03.03.2019 à 18h38

        @Kiwixar votre remarque est pleine de bon sens. La fusion nucléaire est un projet enthousiasmant sur le papier, mais pour l’instant il est extraordinairement « énergétivore » (phase d’amorçage du plasma) et demande une production de métaux spéciaux pour le « coeur » (là la parole doit être donnée à des spécialistes). Ces débats animés sur l’énergie, je n’y comprends rien tant ils sont contradictoires, j’y vois un échec de notre système. Je m’en tiendrai à une nécessité : mettre fin à l’obsolescence. Or même sur ce point maîtrisable normalement, on voit encore que rien n’avance vraiment. L’association qui s’occupe de cette question en est à un point connu depuis près de 10 ans ! les imprimantes « Epson ». C’est ridicule d’efficacité. Elle ne s’attaque même pas à l’obsolescence des pièces détachées de l’Automobile : garantie de stockage des pièces de rechange : passée de 15 ans à 10 ans puis 7 ans maintenant et ceci a été validée par la Commission de Bruxelles – alors que cela n’a rien à voir avec les normes anti-pollution ! exemple : phares en polycarbonates qui vieillissent mal alors qu’en verre c’est durable, abs imposé alors que sur un véhicule léger un serveur hydraulique bien conçu et entretenu aura quasi le même effet m’a dit un garagiste… fausse idée ?? – en tous cas à vérifier, etc…)

          +8

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      • Tassin // 04.03.2019 à 09h53

        Ce serait une véritable catastrophe. Regardez déjà les dégâts avec les sources d’énergies finies que nous exploitons actuellement. Avec une énergie illimitée c’est l’effondrement écologique en 5 ans…

          +6

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    • bhhell // 03.03.2019 à 10h10

      « Si l’homme domestique la fusion nucléaire » dans 100 ans, 200 ans? Quand la planète sera à +8 degrés? Pourquoi pas aussi la théorie du trou de ver comme échappatoire joyeux à nos petits problèmes, juste au cas où les choses ne se passeraient pas comme prévu? Et il est aussi entendu que nous aurons inventé dans les 30 ans qui viennent une technique pour absorber le gaz carbonique, une croyance qui fonde les accords de Paris. Pessimistes, circulez, y’a rien à voir. Puisqu’on vous dit que l’énergie propre et infinie est à nos portes et qu’elle va sauver le consumérisme. Le fait que le consumérisme (lié à l’accès massif à l’énergie) ait conduit à l’extinction de près de 60% de la biomasse depuis 1970 ne doit pas être agité comme un épouvantail. Les nouvelles générations, stimulées par l’ instinct de survie, sauront, n’en doutons pas, développer les réponses technologiques adéquates.

        +33

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      • vert-de-taire // 03.03.2019 à 10h46

         » Les nouvelles générations, stimulées par l’ instinct de survie, sauront, n’en doutons pas, développer les réponses technologiques adéquates. »

        Humour noir, espoir ?

        Nous vivons un effondrement biologique qui aura toutes sortes de conséquences désagréables pour rester dans la litote.
        Nous vivons un effondrement civilisationnel car bien évidement nous sommes incapables de remplacer le pétrole/gaz/charbon/nucléaire par un équivalant tant en quantité que prix. Rappel: nous ‘mangeons’ bcp de pétrole/gaz … et le nucléaire une saloperie et négligeable.
        Nous vivons un effondrement social puisque le capitalisme vire sensiblement totalitaire orwellien, pour tenter de maintenir ses profits et pouvoir, => asservissement versus stimulation ?

        Mais c’est certain nous voyons un futur est radieux car sous peu, tous ces petits soucis seront résolus. C’est d’autant plus évident que notre fuite en avant virtuelle nous montre le chemin. Notre conditionnement nous empêche de penser réalisme. Nous n’en avons plus capacité à voir les lieux de pouvoir donc d’action. IL NE SE PASSE RIEN (sauf un peu en Chine/Inde qui parfois voient plus loin que demain matin). Les ultra-riches en sont à préparer leur fuite hors du monde : îlots autonomes et très armés …
        c’est donc un effondrement systémique en cours !
        rien que du prévisible de longue date mais évidente incapacité d’agir car systémique.

          +12

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    • Tim // 03.03.2019 à 14h31

      Même dans l’hypothèse de la domestication d’une énergie +/- infinie providentielle (et je rejoins Monsieur Dynamo Zygomatiques sur ce point), les ressources matérielles pour la transformation, l’acheminement, etc. de ladite énergie connaissent elles aussi des « pics » d’extraction.

      Sur ce point, je vous renvois à l’entretien avec Philippe Bihouix (et/ou le duo Bihoux – Jancovici) sur la chaine Thinkerview.

      https://www.youtube.com/watch?v=Bx9S8gvNKkA

        +6

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    • triplezérosept // 03.03.2019 à 15h37

      la fusion nucléaire …. AH AH … quand j’étais tout petit, c’est à dire il y a plus de 50 ans, je lisais science et avenir, on y parlait déjà de fusion, d’anti-matière et d’autres splendides recherches à l’état fondamental qui allait résoudre tous nos problèmes … Nous n’avons pas avancé. Il en est de même aussi dans d’autres secteur technologiques …
      Croire que la technologie ou la science vont résoudre l’ensemble de nos soucis de civilisation tient de l’utopie …
      il s’agit seulement pour l’homme de changer de paradigme, de partager, d’échanger sans que cela forcément soit pour en tirer profit… Changer de normes, de modèle de consommation, etc etc … AIE cela pique là …

        +22

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    • Vauchot // 04.03.2019 à 07h40

      Toujours cette entienne d’extrême-droite qui n’est que la réponse anti-mondialiste à la toute puissance de l’oligarchie. Le pétrole va se faire rare et il faudra se battre pour en avoir. La bonne nouvelle est que cela va faire baisser le nombre d’êtres humains sur terre qui est le problème primordial à résoudre.

        +3

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    • Frédéric // 04.03.2019 à 20h01

      Voilà quelqu’un, Nafeez Ahmed, qui a certainement raison sur le centre de son sujet, scientifique, concernant l’énergie et son rôle primordial pour notre niveau de vie, mais qui gâche tout en lançant des clichés attrapés au vol dans la presse mainstreem comme les préoccupations migratoires des Gilets Jaunes. Un vrai scientifique s’en tient à son domaine car un vrai scientifique connait ses limites.

        +3

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  • Duracuir // 03.03.2019 à 08h45

    Dans le même genre j’ai lu une analyse intéressante au sujet de l’impact de la hausse du coup général de l’énergie. En fait, avant la révolution industrielle, l’humain ne disposait que de l’énergie humaine et animale(boeuf, cheval). L’auteur a donc évalué la quantité d’énergie produite par un humain par jour. Pour améliorer son niveau de vie, il fallait des serviteurs.
    Le niveau de vie d’un occidental moyen se base sur un niveau d’énergie dépensée qui représente l’équivalent de production quotidienne de plus de 700 humains. L’auteur les appellent « esclave fossile » car cette énergie est massivement basée sur l’énergie fossile. Donc, le rapport entre l’effort d’extraction de ces énergies et leur rendement ayant chuté de plus de dix fois en 100 ans et cela devant empirer à l’avenir, le mode de vie basé sur des centaines « d’esclaves fossiles » est condamné. Retour à l’esclave pour de vrai dans un avenir plus ou moins lointain?
    Le raisonnement a certes quelques trous mais le point de vue est intéressant.

      +24

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  • Bibendum // 03.03.2019 à 08h46

    Il est évident qu’une économie basée sur des ressources coûtant plus qu’elle ne valent ne peut que s’effondrer, sauf à l’adosser à des jeux comptables, en l’occurrence la dette, qui in fine, n’est qu’un « jeu » de dupe.

    Mais qui est dupe ? Tous système, par son évolution, tend à se complexifier. Et cette complexification a aussi un coût énergétique. Reste à calculer le gain de l’efficience énergétique entre un système simple et ce même système complexifié.

    À l’aube de l’intelligence artificielle, que je qualifierais plutôt de « synthétique », l’énergie est utilisé soit en force brute, matérielle et mécanique, soit en force informationnelle.

    Si hier il suffisait de crier à hue ou à dia pour faire avancer sa charrette, aujourd’hui il faut tout un système d’exploitation informationnel, dont la bureaucratie, pour faire « avancer » la société. Et ce coût informationnel, pour grande partie social, n’est plus couvert par le rendement de notre système particulièrement peu efficient en regard du gaspillage éhonté que nous faisons de nos ressources, mais aussi du gaspillage encore plus vulgaire que nous faisons de ce que nous produisons, essentiellement de l’accessoire et du futile.

    L’humanité, en tant que masse physique critique, avec ses contraintes internes, son entropie, son inertie, n’est qu’une machine complexe, fébrile, à l’épiderme sensible et aux humeurs instables que tentent de dompter une minorité d’individus résidents en son sein. Son niveau de conscience d’elle même est quasi nul alors que son appétit est vorace.

    La période avenir, pour elle, sera l’autophagie.

      +10

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    • vert-de-taire // 03.03.2019 à 11h08

      Exactement, on appelle cela la baisse tendancielle du rendement.
      une vieille constatation.
      Cette baisse a été masquée par la mondialisation, c’est à dire l’usage de forces de travail corvéables à bas coût et par les pillages militarisés plus l’OMC: dévastation sociale organisée par la concurrence non libre et faussée.
      Mais cette mondialisation capitaliste (i.e. recherche nécessaire du rendement de la rente) atteint aussi ses limites.
      elle tente le futile, conditionnement aux besoins artificiels et le totalitarisme, comme exemple trivial de l’UE qui détruit la démocratie..

      Baisse généralisée des niveaux de vie occidentaux, hausse incroyable mais relative et précaire en Chine, le capitalisme atteint des limites (dettes, ressources, esclavage) du viable.

      Basculement inexorable.

      Mais malgré l’évidence la macronie (la finance ici et ailleurs) ne peut changer de système => ça ne peut que très mal se passer.

        +15

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    • Dominique65 // 06.03.2019 à 00h01

      « Tous système, par son évolution, tend à se complexifier »
      Tous ceux qui parlent d’entropie m’auraient donc menti ?

        +0

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  • douarn // 03.03.2019 à 08h47

    Je crois que la qualité des travaux de modélisation de M. Dittmar est à prendre très au sérieux. Dans le domaine de l’énergie, ses travaux de 2011 ont porté sur l’uranium et montrent des contraintes d’approvisionnement dans un futur proche. Selon cet auteur et en supposant que toutes les mines d’uranium planifiées soient ouvertes, l’exploitation minière annuelle passerait de 54 000 t/an à environ 58 000 t/an en 2015 (valeur proche des productions effectivement enregistrées : 59 673 t/an en 2013 et 56 252 t/an en 2014). Cependant la production tomberait à 41 000 t/an en 2030 alors que l’AIEA et l’AEN estime que la consommation d’uranium sera de 97.645 à 136.385 t/an en 2035. L’avenir des centrales de 3e génération me semble déjà tracé…

    https://arxiv.org/abs/1106.3617

      +7

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    • Chris // 03.03.2019 à 14h09

      D’où l’intérêt US déclaré (mais aussi des autres puissances !) d’accaparer les ressources minières lunaires… et plus si affinités :
      http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2019/03/selene-entre-dans-le-grand-jeu.html
      https://www.sciencesetavenir.fr/espace/le-luxembourg-legifere-sur-l-exploitation-miniere-des-ressources-spatiales_114764
      Un saut quantique énergétique ?

        +1

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      • VVR // 03.03.2019 à 19h16

        Apparemment un eroei de 6 ou 7, bien mais bof, calculé on ne sais comment vu que la technologie pour l’extraction n’existe pas, et que les plus optimistes prévoient la fission industrielle pour au plus tôt 2050.

          +0

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      • douarn // 03.03.2019 à 19h56

        Bonjour Chris
        En fait il me semble qu’il serait plus judicieux de passer à la 4e génération (neutrons rapides) tant que l’énergie fossile pour faire le béton et les métaux pour bâtir les centrales et les infrastructures (ligne élect par ex.) n’est pas un facteur limitant. Il y a assez d’isotopes fertiles comme l’uranium 238 et le thorium 232 pour fonctionner quelques temps.

          +4

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  • LBSSO // 03.03.2019 à 08h48

    Précision insignifiante : vainqueur ou covainqueur ?  » Supervincitori  » ?

    Nafeez Ahmed , l’auteur , « a obtenu le prix Naples, le prix littéraire le plus prestigieux d’Italie créé par le Président de la République » , comme précisé dans sa biographie en fin de cet article.
    Cette phrase est ambiguë.Bien que sélectionné , en 2003, par un jury professionnel , il peut être considéré en effet comme gagnant de la catégorie  » essais internationaux » mais avec deux autres auteurs (Alì Tariq , Jan Assmann ) .
    Enfin , il n’est pas le « super gagnant  » qui lui , à partir de la sélection du jury, est élu par les lecteurs : cette année-là ce fût Tariq Ali ( pour mémoire : https://www.les-crises.fr/carnet-de-juillet-2015-par-tariq-ali/ ).

    http://www.premionapoli.it/premio-napoli-2003-2006/

    Pour « le reste » , le plus significatif, qui en sortira vainqueur ?

      +2

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  • Caliban // 03.03.2019 à 09h10
  • charles // 03.03.2019 à 09h16

    j’ai pas encore fini l’article, interessant +/-, mais une chose à noter, on peut se barder de tous les diplomes, et de toutes les expériences qu’ils puissent être, faut savoir garder les pieds sur terre pour ce pas sortir des constats aussi naif

    > L’incapacité à comprendre les causes profondes et systémiques de la crise et à s’y attaquer signifie aussi que les décideurs se mettent dans une position où ils ne peuvent s’attaquer qu’aux symptômes de surface.

    qui vous dit que ces types là en on quoi que ce soit à faire ? peut être que leurs philosophies c’est qu’après eux le déluge, en cela, ce P est inique. partir d’un tel postulat, faire fi avec autant de légèreté à l’évidence démontre bien que les gros mots et la parole complexe nous éloigne souvent des vérités qui se présentent à nous.

    ils n’en ont rien a foutre de nous, si ce n’est dans le cadre d’accomplissement de leurs grand projet fou.

      +9

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  • ima // 03.03.2019 à 09h18

    « Ce n’est pas que le pétrole s’épuise. Le pétrole est bien là, en abondance – plus qu’il n’en faut pour faire griller la planète plusieurs fois. Le défi est que nous dépendons moins du pétrole brut bon marché que des combustibles fossiles coûteux, plus sales et non conventionnels.  »
    Tout à fait vrai et nous voyons là comme Macron fu,t une fois de plus, à côté de la plaque en faisant fermer définitivement les « champs » pétroliers de Seine et Marne et du Loiret. Ces puits, s’ils ne crachaient pas beaucoup (1 semi remorque par jour), permettaient au pétrolier de faire des essais de récupération du « reste » de la capacité d’un gisement, plus de la moitié quand même.
    Etant plus difficile, donc plus cher, pour rester dans le peloton de tête, celui qui saura aller chercher ce produit il faut tester des formulations (injection de vapeur, de tensio-actifs, etc…).
    Merci Macron, par cette erreur électoraliste, d’avoir privé la France de possibilités dans le futur et d’être sous la coupe d’autres. On ira mendier chez ses amis étasuniens…

      +6

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    • vert-de-taire // 03.03.2019 à 18h14

      une farce ?
      macron aurait du favoriser l’extraction de ce pétrole donc continuer de « griller la planète » ?

        +7

      Alerter
  • Brigitte // 03.03.2019 à 09h21

    « La crise du Brexit et le déclenchement des émeutes en France sont les symptômes d’une grande transition civilisationnelle, dans laquelle le vieux paradigme réductionniste d’auto-satisfaction matérialiste est à l’agonie.  »
    Si seulement sa prophétie auto-proclamée pouvait être vraie!
    Hélas, ce type d’article, d’une prétention sans borne, me fait l’effet d’un ragoût idéologique, méli mélo d’ingrédients contradictoires. L’équation est simple pour lui. Crise énergétique + crise économique + crise politique = Crise civilisationnelle + montée de l’extrême droite.
    La montée des extrêmes dans les périodes de crise profonde du système est évidente car ces partis incarnent des valeurs fortes et en plus utilisent la violence pour les revendiquer. C’est donc un indicateur parmi d’autres d’une crise profonde. Pour autant, réduire le Brexit, les gilets jaunes a une montée de l’extrême droite est clairement un parti pris idéologique, celui que l’on nous sert jusqu’à plus soif dans les médias dominants.
    De plus, s’il est évident que l’énergie est la composante majeure du développement d’un système, ce n’est pas la seule, et là, il faut aller voir plutôt du côté de la biologie que de la physique, pour comprendre comment se régule un système complexe.

      +37

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    • Caliban // 03.03.2019 à 09h32

      M. Nafeez a-t-il « réduit le Brexit, les gilets jaunes à une montée de l’extrême droite ».
      Si oui, pourriez-vous citer le passage ? Merci 🙂

        +4

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      • Brigitte // 03.03.2019 à 18h36

        @Caliban,
        Voici deux passages qui indiquent que la montée de l’extrême droite est la résultante de tout changement politique, par les urnes (Brexit) ou par la rue (GJ), conséquence d’une crise énergétique.
        « Le 6 mai 2010, pour la première fois depuis 1992, le Parti Conservateur a pris les rênes du pouvoir, avec l’aide des démocrates libéraux . Quelques heures avant le résultat des élections,dans un blog, j’avais prévenu que, quel que soit le gouvernement élu, ce serait la première étape d’un glissement radical vers l’extrême droite qui balayerait probablement le monde occidental pendant la prochaine décennie. »
        « Le tournant énergétique est sans équivoque. Dans les années qui ont précédé le référendum historique du Brexit et la résurgence marquée des mouvements nationalistes, populistes et d’extrême droite partout en Europe, le continent tout entier a été confronté à une crise énergétique qui couvait discrètement. »

          +5

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      • Caliban // 03.03.2019 à 19h18

        Excusez-moi mais ayant sous les yeux les mêmes phrases que vous je ne lis pas du tout, de la part de l’auteur, une réduction du Brexit à la montée de l’extrême-droite.

        • Premier passage : cela concerne l’élection britannique de 2010
        • Second passage : il s’agit là encore de la période avant Brexit

        Ce que je comprends, c’est que selon l’auteur, la crise énergétique (= les difficultés économiques croissantes)
        • a favorisé l’extrême-droite partout en Europe
        • et a contribué au Brexit

        Pas que l’explication du Brexit se réduit à la montée de l’extrême-droite. 1 cause et 2 conséquences. Vous comprenez la nuance j’espère 🙂

          +2

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        • Brigitte // 04.03.2019 à 08h18

          @caliban. Ne jouons pas sur les mots. Ma critique porte justement sur le manque de nuances de l’analyse de l’auteur et sa polarisation sur la montée de l’extrême droite, conséquence de la crise énergétique.
          Quoi qu’il arrive, élections, référendum ou mouvements populistes, c’est l’extrême droite qui monte….
          N’entendons-nous pas la même chose dans les médias français? l’antisémitisme réveillé par les GJ par exemple…

            +2

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        • Caliban // 04.03.2019 à 10h02

          Je vous assure que je ne joue pas sur les mots, je m’interroge sur ma propre lecture du texte. Vous le trouvez partisan alors que de mon côté je le trouve parfaitement neutre du point de vue politique.

          Et pourtant c’est le même texte … mystère 🙂

          « Quoi qu’il arrive, élections, référendum ou mouvements populistes, c’est l’extrême droite qui monte…. »

          Ce qu’écrit l’auteur me semble :

          • crise nrj > crise éco > montée de l’extrême droite
          • crise nrj > crise éco > résultat du Brexit

          Et non pas :

          • Brexit = montée extrême-droite

          Il me semble difficile par ailleurs de nier que la xénophobie a eu sa part dans le vote en faveur du Brexit. Voir ce qu’en dit Todd.

          Ce n’est pas parce que les medias déforment la réalité qu’il faut en réaction chausser vos verres correcteurs pour chacune de vos lectures. Ici, cela vous conduit me semble-t-il à surinterpréter les propos de l’auteur.

            +2

          Alerter
  • Fritz // 03.03.2019 à 09h47

    Selon Nafeez Ahmed, les Gilets jaunes « exigent la fin de la libéralisation des entreprises » (les gentils), « mais ils expriment aussi des revendications nationalistes telles que le  » Frexit « , la sortie de la France de l’UE et la lutte contre les migrations » (les méchants).

    Selon le même, « les partis d’extrême droite en Europe n’ont cessé de progresser aux élections en Italie, en Suède, en Allemagne, en France, en Pologne et en Hongrie » (les méchants), mais pas en Ukraine (les gentils).

    Dommage, ces effluves de moraline peuvent indisposer, alors que le fond de l’article est intéressant.

      +22

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    • Caliban // 03.03.2019 à 10h37

      @Fritz

      Peut-être sur-interprétez-vous les propos de l’auteur ? Le « mais aussi » n’implique pas nécessairement une opposition, plutôt la complexité des revendications (non seulement … mais aussi).

      Ensuite reprocher à l’auteur de ne pas évoquer le cas particulier (très particulier) de l’Ukraine avec son territoire scindé en deux et son parlement dirigé par un ex-néo-nazi … ressemble à un procès d’intention.

      Bref, il me semble que ce texte se tient à bonne distance des prises de position partisane gauche / droite et que le propos de fond est d’analyser les fractures bien plus fondamentales et invisibles qui commencent à violemment secouer nos sociétés.

        +4

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    • Bibendum // 03.03.2019 à 11h50

      Il faut être un bon puisatier pour trouver de l’intérêt dans ce monument de « moraline ». Le fond est bien profond. J’ai beaucoup aimé le tableau paysager sur la Syrie. Édifiant…

        +9

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  • Julien // 03.03.2019 à 10h17

    Je pense que ce monsieur est bien présomptueux au point de se prendre pour un prophète. jusqu’à présent aucun gouvernement d’extrême droite n’a été élu chez nous, et vu la normalisation du RN dans le paysage politique et sa soumission à certains lobbys communautaires entres autres (suivez mon regard) il est certain que si le RN prend l’élysée, ce sera exactement la même chose que si c’était le PS ou LREM. De plus ce qui est extrêmement énervant chez ces gens, c’est leur analyse de l’extrême droite et de l’apocalypse qui s’y rattache. Arrêtons et redescendons sur terre, ce discours de gauchiste n’a aucune valeur. Le parti socialiste a fait preuve d’un fascisme hallucinant sous Hollande par exemple et je ne parle pas de LREM qui détient la palme alors à d’autres ….

      +35

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    • Patrick // 04.03.2019 à 11h02

       » extrème-droite  » ça veut dire « populiste ».
      Pour les médias mainstream , les deux termes se rapprochent ( on peut même dire « nazis  » … ), et la cause des problèmes est forcément la montée de l’extrème-droite !!! alors que la montée des populistes n’est que la conséquence de la dérive de tout un système.
      Ne confondons pas les causes et les conséquences.

        +2

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  • Kiwixar // 03.03.2019 à 10h29

    Une manière de faire revenir la croissance, c’est de tout casser : la 3eme Guerre Mondiale. Elle a d’ailleurs une probabilité de survenir, justement à cause des rivalités entre pays consommateurs (Chine x Otanie).

    La guerre a une autre fonction pour l’oligarchie : se débarrasser des Gilets Jaunes en les envoyant au front chercher notre pétrole.

    D’ailleurs, la frénesie récente d’annonces de nouvelles armes par la Russie est peut-être liée à des informations que les menaces étaient réelles (pas seulement de la dépense budgétaire de l’otan)…

      +4

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    • Patrick // 04.03.2019 à 11h04

      cette fois la guerre ne sera pas une solution. Pour reconstruire et « relancer la croissance » après avoir tout détruit il faut des ressources considérables , et donc des sources d’énergie abondantes et bon marché … et là ça va coincer.

        +1

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      • moshedayan // 04.03.2019 à 12h26

        Peut-être avez-vous raison, espérons-le. Une chose à savoir : les Russes de 40 à 70 ans se préparent mentalement à une tentative de l’Occident d’envahir ou de disloquer la Russie pour mettre la main sur ses ressources; ce qui signifie très simplement : ils craignent cette 3e Guerre mondiale et s’y préparent  » vous allez recevoir si vous osez » disent certains et les plus indignés de la politique occidentale a joutent « cette fois ce ne sera pas que jusqu’à Berlin ! » (bien sûr il faut remettre cela dans le contexte de l’emportement, mais c’est une réalité à ne pas ignorer…

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  • Urko // 03.03.2019 à 10h33

    L’auteur devrait définir ce qu’il entend par « extrême droite ». Est-ce un pouvoir plus volontiers enclin à museler les libertés publiques et le parlementarisme ? Si oui, Emmanuel Macron et ses lois anti fake news, ses prefets ayant le droit d’interdire à des gens de manifester, ses policiers qui arrêtent préventivement, ses juges qui ont des instructions de sévérité pour raison d’ordre public, ses velléités de ne conserver que la chambre la plus inféodée à l’exécutif etc., semble davantage d’extrême droite que Theresa May voire Matteo Salvini Est-ce un pouvoir plus enclin à limiter les flux migratoires ? Alors là, en effet, les gouvernements hongrois, britannique ou italien sont plus concernés. L’auteur doit aussi se positionner. Si l’Europe est vouée par la crise énergétique larvée à pâtir d’une croissance atone, menaçant de fait le système redistributif, l’apport de millions de personnes immigrées y ayant droit chaque année le condamne t il à l’explosion ou l’adoucit il ? La décroissance subie detruit elle automatiquement la cohésion sociale et nationale ? Ne disant pas clairement ce qu’il entend par extrême droite (Macron en fait il partie ?) ni ce que les alternatives à cette dernière auraient à proposer comme solutions au problème qu’il pose, l’auteur nous laisse bien marris.

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    • Patrick // 04.03.2019 à 11h07

      dans ce monde , il y a les gentils ( pour l’UE, la mondialisation , le capitalisme financier … donc Macron et compagnie ) et les méchants ( l’extrème droite ) , c’est pourtant simple à comprendre 🙂

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  • Pinouille // 03.03.2019 à 11h21

    Nous connaissons et peaufinons déjà des techniques pour replacer les énergies fossiles. La question est moins de déterminer quand notre modèle s’écroulera faute de pétrole, que le moment où l’augmentation des coûts d’extraction du pétrole rendra ces solutions alternatives compétitives.
    Concernant les algocarburants: https://fr.wikipedia.org/wiki/Algocarburant#Co%C3%BBt

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    • Caliban // 03.03.2019 à 11h30

      Il semble que ce soit une impasse et du green-washing :
      https://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/articles/algocarburants-bilan-agrocarburants-53532/

      EROI inférieur à 1. Et même en améliorant la technique, on est à de millions d’années lumières de pouvoir remplacer le pétrole avec ce type de sources d’énergie (il faudrait remplacer TOUTES les machines / moteurs … ce qui exige un stock d’énergie colossal pour la fabrication).

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      • Patrick // 04.03.2019 à 11h08

        ça entretient juste l’illusion que notre monde pourra continuer à fonctionner comme avant , ça permet aux politiciens de raconter des salades à leurs électeurs et ne pas leur dire la vértité ( désolé les gars , c’est mort !! il va falloir vivre autrement )

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      • Caliban // 04.03.2019 à 17h55

        En l’occurrence il ne s’agit pas de manœuvre politicienne ni de tromperie électorale mais de propagande menée par des firmes pétrolières pour redorer leur image auprès des consommateurs.

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  • Philvar // 03.03.2019 à 11h27

    C’est Mme Thatcher qui disait que le socialisme disparaissait lorsque les caisses étaient vides. La gauche en général exploite les travailleurs pour entretenir les paresseux. La droite, apocalyptique, dis plutôt : tu bosses ou tu crèves ! C’est simple la vie !
    L’auteur, dont je ne fais pas l’effort de retenir le nom, nous étale ici sa pleine satisfaction en se citant à longueur de phrase ; il parait que sa concierge est très fière de lui. Mais son énergie dépensée pour écrire se divise donc en deux parts : la moitié pour nous faire souvenir de son immense lucidité, l’autre moitié à cirer les pompes du système gauchiste ; le tout noyé dans une débauche d’énergie en voie de disparition !
    Mais que fait donc Olivier dans cette galère ? Ma cassette ? Ma cassette ?

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    • Fritz // 03.03.2019 à 12h14

      J’ignorais cet aphorisme de Margaret « Tina » Thatcher. Pour équilibrer, je vous fais part d’une vieille lecture : un numéro du magazine L’Expansion, paru vers 1972, qui organisait un débat entre un champion du libéralisme (Raymond Aron) et un défenseur du socialisme (un économiste japonais dont j’ai oublié le nom).

      Eh bien, deux surprises : Aron précise au début qu’il ne s’identifie pas au capitalisme libéral ; et à la fin du débat, il admet qu’en cas de pénurie (on était à un ou deux ans avant le premier choc pétrolier), le socialisme planificateur « a une telle antériorité que sur ce point, le capitalisme devrait rendre son tablier » (je cite de mémoire).

      C’est l’époque où L’Expansion accueillait les thèses des économistes soviétiques, comme Liberman… Ce n’était pas la guerre froide, mais bien la Détente. O tempora, o mores !

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    • azuki // 05.03.2019 à 13h35

      Parce que pour Taecher l’unique but de la vie humaine est la convoitise et écraser les plus faibles, comme tous les pervers narcissiques et sociopathes totalement dépourvus d’empathie qui nous gouvernent.

      C’est comme si on disait que l’unique objectif de la musique était de faire le plus de bruit possible. Mozart est un minable musicien de dernier ordre, et les marchands d’arme les plus géniaux musiciens qui soient, surtout avec ce qu’ils sont dans les cartons pour mater les rebellions civiles…

      Ces gens sont des malade, gravement malades, quand trouvera-t-on le moyen de construire une société qui ne permettent pas aux débiles des plus dégénérés et toxiques de prendre le pouvoir ? Jamais parce que avant 300 ans l’humanité ne sera plus qu’une trace géologique.

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  • Albert Charles // 03.03.2019 à 12h13

    Associer le Brexit à la montée des fascismes n’est pas justifié. Il se pourrait même que le Brexit (qui ne sera pas forcément la catastrophe annoncée, voire souhaitée, par nos élites pro-UE…) secoue un peu notre UE et l’incite à faire vraiment de notre continent un espace de protection contre la concurrence mondialiste actuelle qu’elle promeut sur notre territoire même, au point d’en faire une vraie passoire (sa lutte contre les monopoles européens et contre les soutiens publics aux entreprises, face aux monopoles chinois ou yankees, illustre à merveille la passoire qu’est devenue l’UE). Si cela se produit (si, bien sûr…) l’UE ne plongera pas forcément dans le fascisme. Si non, l’UE explosera (modèle: Brexit réussi) mais elle ne plongera pas forcément dans le fascisme, et le Royaume Uni (devenu indépendant) pas forcément non plus. Beaucoup de spéculations trop sûres d’elles….

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  • inement // 03.03.2019 à 19h17

    Donc soit nous continuons avec la politique actuelle de la croissance, dans quel cas il va nous falloir trouver d’autres sources d’énergies……malheureusement il semble que la « solution d’énergie libre Tesla » ne soit pas un choix à prendre en compte dans les allées du pouvoir, tout comme chez nos si chers oligarques ainsi que chez les acteurs financiers de ce monde.

    Soit nous changeons de paradigme en abandonnant la politique de la croissance, en renonçant à l’idéologie du consumérisme et du matérialisme ( inconscientisés ), puis nous faisons le deuil du confort « occidental » tout en revenant à des modes de vies plus simples et plus sains pour l’humain et la planète.

    Effectivement au vu de cette antinomie, il y a bien un choix à faire.

    Alors le mien est fait et je pense que le leur aussi, encore une fois je n’imagine pas une seconde que nous soyons d’accord.

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  • Krystyna Hawrot // 03.03.2019 à 20h01

    L’angle mort de cette analyse c’est le néolibéralisme financier. Le pétrole c’est comme tout, on peut en faire des choses bonnes comme des choses mauvaises, tout comme le nucléaire. Quand aux fameux « populistes » d’extreme droite, je rappelle ad nauseam que Orban et Kaczynski sont les enfants de 1989, de Wall Street, du FMI, de Jeffreys Sachs, de Soros, et qu’ils ont déjà été au pouvoir en 1991-92, les Kaczynski comme directeurs de la Présidence de Walesa… Il n’y a rien de neuf dans cette soupe néolibérale sauf la révolte des gueux…

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  • bigglop // 04.03.2019 à 02h00

    Bizarre que personne n’évoque les principes de physique comme la thermodynamique.
    Voir les conférences de François Roddier, physicien, et notamment la thermodynamique des transitions économiques
    https://www.youtube.com/watch?v=5-qap1cQhGA

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  • Grub // 04.03.2019 à 02h50

    Texte long et fastidieux à lire. Je ne vois pas en quoi la montée de l’extrême droite ou du nationalisme est un problème pour changer de politique énergétique. À priori c’est un axiome évident pour l’auteur.

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  • Alfred // 04.03.2019 à 07h38

    De manière plus générale ce monsieur (souvent néanmoins intéressant) se pique de prévoir le futur sans observer précisément le présent. Ainsi on peut lire: « Lorsque les familles et les enfants ont commencé à affluer en masse sur les côtes européennes ». Les familles et les enfants? Même le desintox n’est pas d’accord.
    https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2015/09/24/les-migrants-tous-des-hommes_4770522_4355770.html
    Bref l’idéologie n’est pas un moyen de prévoir efficacement le futur et chaque guru devient un quidam hors de son champ de compétences.

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  • Patrick // 04.03.2019 à 11h13

    l’auteur ne semble pas remettre en cause la production pétrolière du moyen-orient.

    Prenons deux choses en compte :

    – les réserves des pays de l’OPEP ne semblent pas vraiment avoir été auditées et vérifiées , les quotas alloués à chaque pays dépendent de ses réserves déclarées … y’aurait pas bidouillage.

    – l’Arabie Saoudite a lancé un plan d’investissement pour l’après pétrole , ce plan s’appelle Vision2030 !! 2030 ?? pourquoi 2030 ? pourquoi tant de précipitation ? on nous cacherait des choses ?

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  • ES // 04.03.2019 à 11h36

    Que de constats, on sait ! Quelles propositions ?

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  • cecanquonvaoù? // 04.03.2019 à 13h58

    « sans cette source d’énergie mondiale bon marché et abondante, nous ne pouvons pas continuer à croître »
    L’auteur se sert de cette affirmation pour expliquer les montée des mécontentements et la dégradation de l’économie.
    De l’énergie électrique pour alimenter mes machines il y en a autant que j’en veux (pour le moment).
    Je n’ai jamais entendu autour de moi quelqu’un qui se plaignait de ne pouvoir alimenter ses machines en électricité ou faire le plein de son camion ou de son tracteur (sauf lors de certaines gréve).

    Alors comment justifier la baisse d’activité industrielle par la raréfaction de l’énergie?
    Si quelqu’un peut m’expliquer….

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    • NioulGui // 04.03.2019 à 21h23

      Il n’y a pas pour l’instant de raréfaction de l’énergie vendue par les opérateurs. Mais, les ressources faciles d’accès étant en passe de se tarir il faudra puiser dans les plus difficiles d’accès. Or si elles sont moins faciles d’accès elles coûtent plus cher à extraire sur tous les plans (énergétique autant que financiers) . Donc y’aura toujours de l’énergie disponible, mais tout le monde n’aura pas de quoi se l’offrir (ce qui commence déjà à se passer) .

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  • Ubu // 04.03.2019 à 18h00

    « L’incapacité à comprendre les causes profondes et systémiques de la crise et à s’y attaquer signifie aussi que les décideurs se mettent dans une position où ils ne peuvent s’attaquer qu’aux symptômes de surface. »
    Petit parallèle avec le contenu de cet article, et la médecine telle qu’elle se pratique aujourd’hui , qui tend plus à « soigner » des symptômes que des causes, c’est plus rentable… ainsi, entre autre, là où il est question de recherche contre le cancer, il n’est jamais question de s’attaquer aux causes profondes de ce fléau civilisationnel, dont il suffirait déjà d’ôter tous les facteurs exogènes de façon prophylactique pour le voire décroître.
    Même logique !

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  • David Dornbusch // 05.03.2019 à 11h36

    Ca ressemble aux theses de Jancovici en France mais ca n’est pas plus convaincant
    « La déstabilisation de la Syrie, de l’Égypte, du Yémen et au-delà couvait depuis longtemps, mais elle a été déclenchée par une véritable tempête de crises. Le déclin de la production pétrolière nationale, qui a tiré le tapis sous les pieds des revenus des États tributaires des exportations pétrolières, s’est accompagné d’une flambée mondiale des prix du pétrole, due à la stabilisation de la production mondiale de pétrole ordinaire bon marché. »
    La crise en Syrie a dematrré en 2011 au pic de prix et de revenus des etats petroliers. Ces revenus on ensuite baissé a partir de 2015 non par baisse de la production mais par exces de production mondiale (Petrole americain)
    Pas tres convaincant

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  • Isabelle // 06.03.2019 à 12h58

    Analyse très proche de celles de JM Jancovici. Cependant, ignorer les conséquences du libre échange et de l’ultralibéralisme qui a créé des inégalités de richesse intra-étatiques phénoménales, est une belle erreur. Aucun citoyen bien éduqué ne peut supporter plus longtemps que les 1% s’accaparent plus de richesses que ces derniers et leurs générations ne peuvent dépenser durant leur vie, pendant que les ressources naturelles s’amenuisent pour le reste de la population. Si le rationnement des matières essentielles n’est pas un jour ou l’autre instauré, je ne donne pas cher à la paix mondiale actuelle. N’oublions pas que toutes les guerres ont existées sur des objectifs de conquêtes d’espaces vitales et de ressources naturelles (2nd guerre mondiale, Irak, par exemple). Il est donc essentiel de revoir notre mode de consommation voire redéfinir le PIB qui ne prend nullement en compte la disparition pure et simple des espèces naturelles et des energies non renouvelables. Sans aller plus loin et en bref : le rationnement des ressources naturelles nous attend au bout du compte dans quelques décennies, y sommes nous prêts ? Non !

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