Source : Alastair Crooke, Consortium News, 17-11-2017

Le président Trump et son gendre ont parié que le jeune prince héritier saoudien pourrait exécuter un plan pour remodeler le Proche-Orient, mais le stratagème s’est rapidement effiloché, révélant un amateurisme dangereux, écrit l’ancien diplomate britannique Alastair Crooke.

Aaron Miller et Richard Sokolsky, écrivant dans Foreign Policy, suggèrent que « le succès le plus notable de Mohammed ben Salman à l’étranger pourrait bien être la séduction et la conquête du président Donald Trump et de son gendre, Jared Kushner ». En effet, il est possible que ce « succès » soit le seul succès de MBS.

Le 20 mai 2017, le président Trump serre la main du vice prince héritier saoudien et ministre de la Défense Mohammad ben Salman. (Capture d’écran de Whitehouse. gov)

« Il n’ a pas fallu beaucoup de force de conviction », écrivent Miller et Sokolski : « Avant tout, la nouvelle bromance [une amitié forte entre deux hommes, avec un niveau émotionnel élevé et des démonstrations d’intimité fortes, sans composante sexuelle, NdT] reflétait une convergence opportune d’impératifs stratégiques. »

Trump, comme toujours, était désireux de prendre ses distances par rapport au président Obama et à toutes ses œuvres ; les Saoudiens, quant à eux, étaient déterminés à exploiter l’antipathie viscérale de Trump pour l’Iran – afin d’inverser la chaîne des récentes défaites subies par le royaume.

La récompense (que MBS semblait promettre) de faire d’une pierre deux coup (frapper l’Iran ; « normaliser » Israël dans le monde arabe, et obtenir un accord palestinien) était si irrésistible, que le président américain en a limité les détails au seul réseau familial. Il faisait ainsi délibérément un affront aux institutions de politique étrangère et de défense américaines en laissant les circuits officiels dans l’ignorance, et réduits aux conjectures. Trump a misé gros sur MBS, et sur Jared Kushner en tant qu’intermédiaire. Mais le grand projet de MBS s’est effondré à son premier obstacle : la tentative de fomenter une provocation contre le Hezbollah au Liban, à laquelle ce dernier réagirait excessivement et donnerait à Israël et à « l’Alliance sunnite » le prétexte attendu pour utiliser la force contre le Hezbollah et l’Iran.

La première étape a tout simplement sombré dans le feuilleton avec l’étrange détournement du Premier Ministre libanais Saad Hariri par MBS, qui n’a servi qu’à unir les Libanais, plutôt que de les diviser en factions belligérantes, comme on l’espérait.

Mais la débâcle au Liban est beaucoup plus importante qu’un feuilleton mal ficelé. Le fait vraiment important mis au jour par la récente mésaventure de MBS est que non seulement le « chien n’a pas aboyé la nuit » – mais que les Israéliens n’ont pas du tout l’intention « d’aboyer » : ce qui veut dire, d’assumer le rôle (comme l’a dit le correspondant israélien chevronné Ben Caspit), d’être « le bâton, avec lequel les dirigeants sunnites menacent leurs ennemis mortels, les chiites… en ce moment, personne en Israël, et encore moins le Premier ministre Benjamin Netanyahou, n’est pressé d’allumer le front du nord. Ce faisant, cela signifierait être aspiré par les portes de l’enfer » (soulignement ajouté).

La défaite syrienne

Soyons clairs, la soi-disant alliance sunnite (principalement l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, l’Égypte se retirant déjà) vient d’être défaite en Syrie. Elle n’a aucune capacité de « faire reculer » l’Iran, le Hezbollah ou l’UMP [Unité de Mobilisation Populaire, Ndt] irakienne (une milice chiite) – sauf en utilisant le « bâton » israélien. Israël peut avoir les mêmes intérêts stratégiques que l’Alliance sunnite, mais comme le note Caspit, « les Saoudiens sont intéressés à ce qu’Israël fasse le sale boulot pour eux. Mais il s’avère que tout le monde en Israël n’est pas aussi motivé. »

Le conseiller principal de la Maison-Blanche Jared Kushner et son épouse, l’adjointe du président Ivanka Trump, le secrétaire américain au Commerce Wilbur Ross, le secrétaire d’État américain Rex Tillerson et le chef de cabinet de la Maison-Blanche Reince Priebus arrivent au palais de Murabba en tant qu’invités du roi saoudien Salman, le 20 mai 2017, à Riyad, en Arabie saoudite. (Photo officielle de la Maison-Blanche par Shealah Craighead)

Caspit qualifie un éventuel affrontement entre l’Alliance sunnite et le front dirigé par l’Iran de « véritable guerre d’Armageddon ». Ces mots résument les réserves israéliennes.

Ce refus « d’aboyer » (dans le fameux récit de Sherlock Holmes, de Conan Doyle) mène en quelque sorte les blocs à fuir le « grand plan » de Kushner parce que si Israël se retire, de quoi reste-t-il à parler ? Justement Israël était aussi le « bâton » du plan de Trump. Pas de bâton : pas de chance de faire reculer l’Iran pour l’alliance sunnite ; pas d’avancée dans la normalisation des relations entre les saoudiens et Israël ; pas d’initiative israélo-palestinienne. La maladresse de MBS (« imprudence », comme l’a appelée un responsable américain) a coupé l’herbe sous le pied de la politique américaine au Moyen-Orient.

Pourquoi Trump a-t-il misé si gros sur l’inexpérimenté Kushner et l’impulsif MBS ? Eh bien, bien sûr, si un tel « grand plan » avait bien fonctionné, cela aurait été un tour de force majeur en matière de politique étrangère – et cela par dessus la tête des professionnels de la politique étrangère et de défense qui en avaient été exclus. Trump se serait alors senti plus libre de s’élever au-dessus des tentacules de l’establishment : d’atteindre une certaine indépendance rehaussée et se libérer de ses « nounous ». Il aurait réussi son coup par la voie familiale, plutôt que d’être conseillé par la voie officielle.

Mais, si cela sombre dans la farce, et que MBS en vient à être considéré aux États-Unis comme un excentrique, plutôt qu’un Machiavel, le « système » (offensé) prendra sa revanche : les jugements présidentiels seront dévalorisés – et auront encore plus en plus besoin d’être justifiés et « surveillés ».

MBS (et Kushner) ont donc peut-être nui au Président Trump de manière beaucoup plus large : le pari perdu sur un MBS inexpérimenté peut déborder dans d’autres sphères – comme, par conséquent, les alliés des américains qui remettent ouvertement en question la justesse des jugements de Trump en Corée du Nord. Bref, la crédibilité du président américain supportera les conséquences de s’être laissé manipuler par MBS.

Vœux pieux

Il y a, pour être juste, une grande part d’inconséquence (et même d’obséquiosité) dans le traitement occidental de l’Arabie saoudite (le président Trump n’est pas le seul à être subjugué par ce qui est saoudien) : la notion même d’Arabie saoudite se métamorphosant en une puissance régionale musclée, « moderne » qui peut faire baisser les yeux à l’Iran, semblerait en soi un tantinet irréaliste, pourtant cela est largement accepté par les commentateurs américains. Oui, le royaume n’a guère d’autre alternative que de se transformer à mesure que ses dividendes pétroliers approchent de leur terme, et cela pourrait bien, en théorie, forcer le royaume à prendre un nouveau cap.

Le ministre de la défense saoudien, le prince héritier Mohammed ben Salman el Saoud

Mais définir exactement la manière dont le royaume peut se réinventer, sans se déchirer, est probablement beaucoup plus complexe que de préconiser une conversion superficielle à la « modernité occidentale » ou de lutter contre la « corruption ». Ce sont des diversions : la famille est l’État, et l’État (et sa richesse pétrolière) appartient à la famille. Il n’y a pas de démarcation, ni de frontière délimitée, entre l’État et la famille. Les membres de cette dernière jouissent des privilèges et des avantages de la naissance (en fonction de la proximité ou de la distance par rapport au trône). Et les avantages accessoires accordés ou acquis, ne reflètent que les besoins de puissance du monarque qui servent à asseoir son absolutisme. Il n’y a pas de “fichu mérite” ou d’équité dans ce système, et cela n’a jamais été voulu.

Que peut donc signifier le terme « corruption » dans un tel système ? L’ Arabie saoudite ne feint même pas d’avoir des règles du jeu équitables. La loi (et les règles) sont simplement ce que le roi dit, ou signe, tous les jours.

Ce que « corruption » signifiait auparavant, lorsque l’Europe « jouissait » d’un système absolutiste similaire, était assez clair : vous aviez contrarié le roi, c’est tout ce que « corruption » impliquait. Ainsi, si le monde extérieur pense que la MBS fait évoluer l’Arabie saoudite vers une modernité occidentale, cela signifie soit que MBS planifie d’écarter « la famille » (les 15.000 princes de sang royal), soit qu’il s’oriente vers un système monarchique constitutionnel et une société fondée sur des règles et constituée de citoyens, plutôt que sur des sujets.

Rien dans les actions de MBS ne laisse supposer qu’il va dans cette direction. Ses actions suggèrent plutôt qu’il veut récupérer et restaurer l’aspect absolutiste de la monarchie. Et la modernité qu’il recherche est du type que vous achetez, virtuellement prête à l’emploi, fournie dans sa boîte et prête à être assemblée. Bref, le projet est d’acheter une base industrielle « clés en main », prête à l’emploi, pour compenser l’épuisement des revenus pétroliers.

Le plan Vision 2030 [plan de développement mis en place par le gouvernement saoudien en 2016 qui vise à faire sortir le pays de sa rente pétrolière historique en diversifiant son économie et en ayant recours à diverses privatisations, NdT] nous dit que cette « base industrielle » de haute technologie bien emballée est censée rapporter mille milliards de dollars de profits par année, si tout se passe bien… à terme. En d’autres termes, il s’agit d’une source de revenus de remplacement : précisément pour subvenir aux besoins de « la famille » – et non pour l’évincer. Il n’est donc pas « réformiste » dans le sens occidental de la modernité qui est « l’égalité devant la loi » et la protection des droits.

Des espoirs irréalistes

Eh bien, ce type d’industrialisation artificielle à grande vitesse n’est pas si facile à greffer dans la société (si vous n’êtes pas Joseph Staline). Elle est coûteuse et, comme l’histoire nous le dit aussi, socialement et culturellement perturbatrice. Il en coûtera beaucoup plus cher que les 800 milliards de dollars que MBS espère « récupérer » auprès de ses détenus (par la contrainte physique – environ 17 personnes ont déjà été hospitalisées à la suite de leur traitement en détention).

Le président Donald Trump et la première Dame Melania Trump se joignent au roi saoudien Salmane et au président égyptien Abdel Fattah Al Sisi, le 21 mai 2017, pour participer à l’inauguration du Centre mondial de lutte contre l’idéologie extrémiste. (Photo officielle de la Maison-Blanche par Shealah Craighead)

Mais, si ce n’est pas pour occidentaliser l’économie, pourquoi donc tant de membres importants de la famille doivent-ils être « écartés » ? Cette partie du « grand plan » est peut-être liée à la raison pour laquelle MBS souhaitait tant courtiser et conquérir le président Trump (comme Miller et Solkosky l’ont formulé). MBS est franc à ce sujet : il a dit au Président Trump qu’il voulait restaurer la grandeur passée du royaume, être à nouveau le chef du monde sunnite et le gardien de l’islam. Pour ce faire, l’Iran arriviste et le renouveau chiite doivent être ramenés par la force à se soumettre au leadership saoudien.

La difficulté, c’est que certains membres de la famille se seraient opposés à un tel aventurisme contre l’Iran. MBS semble poursuivre une idée similaire à celle adoptée par les néoconservateurs : l’argument kristolien selon lequel on ne peut pas faire (ou restaurer) une omelette « d’hégémonie bienveillante » sans casser quelques œufs. Et comme Miller et Sokolsky l’ont noté, Trump « n’a pas eu besoin d’être très convaincant » – la vision de MBS a recoupé précisément ses propres impératifs (et son animosité envers l’Iran). Trump a dûment twitté son appui à la répression de la « corruption » en Arabie saoudite.

Et voici enfin la troisième étape du « grand plan » : Israël serait « le bâton » de l’alliance Arabie saoudite-Émirats Arabes Unis-États-Unis contre l’Iran (le Hezbollah devait être son prétexte à une action). L’Arabie saoudite, en retour, évoluerait vers la reconnaissance de l’État juif, et Israël donnerait aux Palestiniens « quelque chose » : une « chose » qu’on pourrait appeler un État, même s’il serait beaucoup moins qu’un État. Les États-Unis et l’Arabie saoudite se coordonneraient pour faire pression sur les Palestiniens afin qu’ils acceptent les propositions américaines d’un « accord ».

Pourquoi cela s’est-il si mal passé ? Des attentes exagérées sur ce que chaque partie autre pouvait réellement effectuer. Croire la rhétorique de l’autre. L’histoire d’amour de l’Amérique avec la famille royale saoudienne. Les liens de la famille Kushner avec Netanyahou. Des vœux pieux de la part de Kushner et de Trump sur le fait que MBS pourrait être l’instrument de restauration, non seulement de l’Arabie saoudite comme « flic » de l’Amérique, dans le monde islamique, mais aussi du leadership de l’Amérique au Moyen-Orient.

Peut-être que Jared Kushner croyait que Bibi Netanyahou, quand il suggérait que la « normalisation » des relations entre l’Arabie saoudite et Israël verrait sa réciprocité avec des concessions faites aux Palestiniens (alors qu’en fait, le cabinet de la sécurité d’Israël était déjà contre ces concessions – encore moins d’avoir un État – qui étaient discutées à ce sujet) ?

Peut-être que Jared croyait MBS quand celui-ci suggérait qu’il pourrait mobiliser le monde sunnite contre l’Iran, si l’Amérique et Israël le soutenait (quand l’Égypte elle même s’opposait à la déstabilisation du Liban) ?

Peut-être que MBS croyait que Trump parlait au nom de l’Amérique quand il lui offrait son soutien (quand en fait, il parlait seulement au nom de la Maison Blanche) ?

Peut-être que MBS pensait que Trump rallierait l’Europe contre le Hezbollah au Liban (alors qu’en fait, les Européens avaient mis en priorité la stabilité au Liban) ?

Et peut-être que MBS et Kushner pensaient que Netanyahou parlait au nom d’Israël quand il promettait d’être un partenaire sur le front contre le Hezbollah et l’Iran ? Était-ce le « grand plan » qui a été établi entre Netanyahou et Trump la veille du jour où ce dernier a lancé son attaque virulente contre l’Iran devant les Nations Unies en septembre ? Alors qu’en fait, alors que n’importe quel premier ministre israélien peut se mettre en guerre contre les Palestiniens relativement librement, il n’en va pas de même lorsque l’État d’Israël lui-même est en jeu. Aucun premier ministre israélien ne peut s’engager dans un conflit possiblement existentiel (pour Israël), sans avoir un large soutien de la part de l’establishment politique et sécuritaire israélien. Et l’establishment d’Israël n’envisagera la guerre que si elle est clairement dans l’intérêt israélien, et pas seulement pour plaire à MBS ou à M. Trump.

Ben Caspit (et d’autres commentateurs israéliens) confirment que l’establishment israélien ne voit pas la guerre avec le Hezbollah et le risque d’un conflit plus large comme étant dans l’intérêt israélien.

Les retombées de cet épisode sont extrêmement importantes. Il a révélé qu’Israël est actuellement dissuadé d’envisager une guerre dans la région (comme l’explique Caspit). Elle a elle aussi souligné la vacuité des ambitions de la MBS d’établir une « alliance sunnite » contre l’Iran, et elle a sapé la politique de confinement de l’Iran du président Trump. Pour l’instant, du moins, nous pouvons espérer que l’Iran et la Russie consolident l’État syrien et stabilisent le tiers nord. La « guerre d’Armageddon » de Caspit peut encore arriver – mais pas pour l’instant, peut-être.

Alastair Crooke est un ancien diplomate britannique haut placé dans les services secrets britanniques et dans la diplomatie de l’Union européenne. Il est le fondateur et directeur du Conflicts Forum.

Source : Alastair Crooke, Consortium News, 17-11-2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

27 réponses à Le plan saoudien de Trump s’effiloche, par Alastair Crooke

Commentaires recommandés

martin Le 06 janvier 2018 à 10h02

Toutes les options ont échoué:

1> Extérieur-indirect: la sagesse du peuple libanais et l’intelligence politique de Macron ont ruiné le plan “Liban”. (Sans compter que le Hezbollah possède de l’antichar Kornet et sans doute de l’antiaérien Mersad. –> danger d’un retour de flamme pour Israêl))

2> Extérieur-direct: la (re)déstabilisation de la Syrie s’est révélée impossible. En partant (20 aeronef aujourd’hui à Khmeimin) les russes ont fait savoir qu’ils étaient prêts à revenir à la moindre alerte, avec des moyens nouveaux.

3> Intérieur-indirect: la tentative récente de Regime Change en Iran a échoué grâce, là encore, à la maturité politique des iraniens à qui on ne la fait plus.

4> Intérieur-direct: n’en parlons pas, l’espace aérien de l’Iran est quasi inviolable, sans compter le petit coup de griffe de l’ours en cas de besoin.

Reste? Rien. Et pourtant Washington doit impérativement punir l’Iran pour que la suprématie US demeure crédible aux yeux du monde. M’est avis qu’elle ne l’est déjà plus du tout. Les choses vont aller vite maintenant.

Prochaine étape? La Palestine.

  1. max Le 06 janvier 2018 à 06h54
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    Subtile analyse que cet article, ce que Trump et Bibi voulaient était limpide : transformer le conflit de 70 ans entre Israël contre les pays arabes/musulmans sur la Palestine en un simple différent israélo vs palestiniens et l’Arabie Saoudite comme support financier.
    Cela aurait permit, selon Trump et Bibi, des relations apaisées entre Israël et ses voisins permettant des relations diplomatiques et commerciales normalisées.
    Le vote sur Jérusalem à l’ONU sur ce point a été une douche froide, l’Arabie Saoudite voulant bien utiliser Israël, pour faire le sale boulot, comme jadis les turcs utilisaient les Janissaires mais rien de plus. Sauf miracle, l’Arabie Saoudite ne reconnaitra jamais Jérusalem comme capital d’Israël et sans doute même jamais Israël.
    Dans la région, la Jordanie évolue vers la neutralité, l’Egypte prend ses distances ; pour parler d’Israël, le roi est seul.
    Dans une région surpeuplée, avec de graves problèmes hydriques et énergétiques, comment la situation va évoluer……………….


    • Chris Le 06 janvier 2018 à 19h52
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      L’Arabie Saoudite voulant bien utiliser Israël, pour faire le sale boulot, comme jadis les turcs utilisaient les Janissaires mais rien de plus.
      A mon avis, vous inversez les rôles…
      Vous aurait-il échappé que durant tout le conflit syrien, Israël est restée en retrait (sauf incursions ordinaires pour bombarder une cible : une routine !), laissant le Qatar puis l’Arabie Saoudite principaux acteurs (financiers et fournisseurs de mercenaires) du conflit et bien sûr l’OTAN grand souteneur.
      http://www.middleeasteye.net/fr/opinions/en-syrie-le-plus-grand-fiasco-de-la-cia-139175839


  2. Bordron Georges Le 06 janvier 2018 à 09h40
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    Si je comprends bien, Alastair rapporte le point de vue d’un journaliste israélien Ben Caspit. Mais celui-ci est-il si bien informé? Est-ce que vraiment Benyamin Netanyahou refuse le lancement d’Armageddon?
    Je rêve d’avoir le point de vue de l’Israélo-français Finkielkraute.


    • martin Le 06 janvier 2018 à 12h52
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      Intéressant

      Le mot Armagedon réfère à la ville de Megido, lieu de la bataille finale entre les forces du bien et celles du mal (Daniel 2,44). Le site se trouve à quelques Km de Haifa. Ca doit carburer dans les cerveaux des rabbins traditionnalistes!


  3. martin Le 06 janvier 2018 à 10h02
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    Toutes les options ont échoué:

    1> Extérieur-indirect: la sagesse du peuple libanais et l’intelligence politique de Macron ont ruiné le plan “Liban”. (Sans compter que le Hezbollah possède de l’antichar Kornet et sans doute de l’antiaérien Mersad. –> danger d’un retour de flamme pour Israêl))

    2> Extérieur-direct: la (re)déstabilisation de la Syrie s’est révélée impossible. En partant (20 aeronef aujourd’hui à Khmeimin) les russes ont fait savoir qu’ils étaient prêts à revenir à la moindre alerte, avec des moyens nouveaux.

    3> Intérieur-indirect: la tentative récente de Regime Change en Iran a échoué grâce, là encore, à la maturité politique des iraniens à qui on ne la fait plus.

    4> Intérieur-direct: n’en parlons pas, l’espace aérien de l’Iran est quasi inviolable, sans compter le petit coup de griffe de l’ours en cas de besoin.

    Reste? Rien. Et pourtant Washington doit impérativement punir l’Iran pour que la suprématie US demeure crédible aux yeux du monde. M’est avis qu’elle ne l’est déjà plus du tout. Les choses vont aller vite maintenant.

    Prochaine étape? La Palestine.


    • Chris Le 06 janvier 2018 à 15h27
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      “Washington doit impérativement punir l’Iran pour que la suprématie US demeure crédible aux yeux du monde”
      C’est fait, jeudi 4, les US ont ajouté des sanctions contre des groupes industriels soupçonnés de participer au programme de missiles balistiques de Téhéran. :
      https://www.romandie.com/news/ZOOM-Washington-accentue-la-pression-sur-l-Iran-apres-les-manifestations/877948.rom

      L’année 2018 va être passionnante : un monde nouveau se met en place. Hélas pour nous, l’UE restera l’Europe de la mythologie grecque !


      • martin Le 06 janvier 2018 à 18h19
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        “Hélas pour nous, l’UE restera l’Europe de la mythologie grecque !”

        C’est certain, l’UE est tout simplement paralytique, il lui est impossible de faire quoi que ce soit sinon regarder passer le train de l’histoire. Elle a été conçue pour des temps calmes. Mais mon petit doigt me dit que les pays européens (la France et l’Allemagne ont déjà commencé) risquent de devenir de plus en plus actifs au risque ( espoir!) de se dégager de l’Union, ce qui pourrait hâter sa ruine. Rêvons un peu.


        • Chris Le 06 janvier 2018 à 19h35
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          Petit coup de griffe outre-atlantique :
          https://www.axios.com/why-macrons-economic-pivot-to-russia-is-dangerous-2522502970.html
          Alors que Macron se présente comme un défenseur de la démocratie occidentale, son gouvernement cherche à resserrer les liens économiques avec la Russie, malgré les sanctions de l’UE et des Etats-Unis et le soutien continu de la Russie à la guerre en Ukraine.


          • martin Le 06 janvier 2018 à 22h56
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            Margerie est mort sur le tarmac de l’aéroport de Moscou, alors qu’il allait mettre la dernière main au projet Yamal, une coopération Rosneft-Total. C’était en pleine hystérie des sanctions.

            Le premier tanker brise-glace vient d’être mis à l’eau, il a été baptisé Christophe de Margerie.

            D’autres coopérations ont redémarré, discrètement, mais fortement. L’anti-bug français combiné au cryptage russe, par exemple, ça fait très mal aux américains.

            La France ne peut tout simplement pas rompre avec la Russie, mais le temps est venu de reprendre la coopération à ciel ouvert, ce que le sommet de Versailles a fort bien préparé.


  4. Suzanne Le 06 janvier 2018 à 10h19
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    Merci beaucoup pour l’article, mais pourrait-on éviter les anglicismes, comme bromance? Il y a déjà assez de mots et d’expressions qui sont passés directement au français pour en ajouter encore.


    • Pierre Tavernier Le 06 janvier 2018 à 12h24
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      “[après la conquête normande de l’Angleterre, en 1066], le français est devenu la langue de la cour, de l’administration et des élites pendant plusieurs siècles. L’anglais n’a cessé d’être nourri du français depuis cette époque jusqu’à nos jours. Selon Laura K. Lawless, plus d’un tiers du vocabulaire anglais actuel est d’origine française. Selon la linguiste Henriette Walter, les mots d’origine française représentent plus des deux tiers du vocabulaire anglais.”
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Influence_du_fran%C3%A7ais_sur_l%27anglais
      “Historiquement, l’anglais a peu pénétré le français (environ 2,5 % du vocabulaire est d’origine anglo-saxonne au début du XXe siècle). Mais contrairement à une opinion répandue, l’emprunt de mots ne commence pas au XXe siècle. L’Académie française précise que le phénomène commence avant 1700[1]. Cependant, les emprunts se sont accélérés depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui, l’Académie les estime à environ 5% du total.”
      https://fr.wiktionary.org/wiki/Annexe:Mots_fran%C3%A7ais_d%E2%80%99origine_anglaise


      • Chris Le 06 janvier 2018 à 15h34
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        Ce qui me fait souvent taquiner mon compagnon britannique : ah vous nous avez aussi volé ce mot ! Vous le “crachouillez” à l’anglaise pour nous faire croire qu’il est vôtre.
        Les patois bourguignons qui assimilé beaucoup de mots anglais du temps de la guerre de 100 ans.


    • manuel Le 06 janvier 2018 à 14h09
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      Les académiciens français ne travaillent jamais, il faut se référer à l’Office québécois de la langue française qui propose comme traduction officielle « amitié virile ».


  5. caliban Le 06 janvier 2018 à 13h44
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    MBS et Trump sont tombés sur un os. Le Droit. Plus fort que les relations inter-personnelles des magouilleurs.

    Quand tu veux faire un coup d’Etat, il faut éliminer le dirigeant pas simplement le séquestrer avec sa famille. Cela dit, les coups tordus au Liban ou ailleurs dans la région ne sont certainement pas finis.


  6. Alfred Le 06 janvier 2018 à 15h23
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    Merci pour cette très intéressante analyse.
    On peut souligner aussi sur ce sujet le précédent que crée MBS en extorquant quelques milliardaires parmi les plus riches de la planète… Si n’importe quel multimilliardaire peut être pendu par les pieds et torturé comme Ben Talal au XXI siècle ça doit faire réfléchir certains ouints du seigneur. Entre les templiers passés au bucher pour éviter de les rembourser et les expulsions de juifs l’histoire ancienne est riche de ce genre de péripéties mais elles avaient disparu du monde bourgeois civilisé par les révolutions (en dépit de l’avatar communiste qui a fini par mourir lui aussi). On arrivait enfin à l’impunité totale du grand argent, à la dette universelle sans rémission ni jubilée et même peut être à une gouvernance mondiale… Et patatra ce grand imbécile qui nous embastille des milliardaires pour les presser comme des citrons. A faire rêver les nouveaux zapatistes et les che 2.0…


  7. Chris Le 06 janvier 2018 à 16h35
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    Cet article intervient une semaine après la grande purge par MBS, qui selon la MSN, aurait rapporté environ 800 milliards aux caisses vides de l’Etat saoudien.
    Les forces gouvernementales syriennes vident méthodiquement la poche d’Idleb (Fath Al Cham) :
    http://maghrebemergent.info/actualite/breves/fil-monde/84051-syrie-l-armee-libere-sept-localites-dans-la-province-d-idlib.html
    Les Houthis yéménites liquide Saleh qui fricotait avec Ryad; la coalition continue de bombarder les civils :
    https://www.24heures.ch/monde/50-civils-rebelles-tues/story/11418432
    Macron se fait renvoyer dans sa niche après avoir appelé l’Irak à démanteler le Hachd al-Chaabi (milices chiites intégrée dans la garde nationale) :
    https://www.romandie.com/news/ZOOM-Irak-colere-chiite-apres-l-appel-de-Macron-a-demanteler-une-force-paramilitaire_RP/868991.rom


  8. Chris Le 06 janvier 2018 à 16h35
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    Suite
    Liban 2006, Syrie-Hezbollah, cauchemar de l’impérialisme (par Bruno Guigue)
    * Le Hezbollah est né de l’occupation par Israël, entre 1978 et 2000, d’une large partie du Liban sud, peuplée majoritairement de chiites.
    http://www.comite-valmy.org/spip.php?article9355
    Entre-temps Hariri a retrouvé son poste de PM au Liban ; le Hezbollah (*) sort renforcé, auréolé par ses victoires en Syrie et la retenue de Nasrallah :
    https://www.lorientlejour.com/article/1092668/quand-hassan-nasrallah-se-pose-en-guide-de-la-republique-libanaise.html
    Cerise sur le gâteau, notre Trump international déclare Jérusalem capital d’Israël et met ainsi toutes les rues arabes d’accord ! Lors d’une réunion de l’OCI, Erdogan en profite pour obtenir en décision unanime la reconnaissance de Jérusalem-Est comme capitale de l’État de la Palestine :
    http://www.dedefensa.org/article/erdogan-dribble-trump
    http://theduran.com/the-oic-declaration-enables-russia-to-lead-the-two-state-solution/
    “L’Iran, qui n’avait pas reconnu la pré-légitimité de l’Israël d’avant-1967, a souscrit à cette résolution, il s’en déduit que ce pays reconnaît implicitement Israël et réduit quasiment à rien le principal argument anti-iranien d’Israël”
    Quand je disais que Trump est LE démolisseur en chef de l’empire !…


  9. Chris Le 06 janvier 2018 à 17h02
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    Et même le roitelet jordanien se réveille et s’en mêle !
    30 déc. 2017 – Jordanie : Abdullah défie les dirigeants saoudiens à Jérusalem
    https://www.debka.com/jordans-king-orders-brothers-cousin-arrested-covert-ties-riyadh-report/
    Inspiré par Vladimir Vladimirovitch ?

    Quant à la bisbille Trump-Bannon, j’ai beaucoup de mal à y croire. J’y vois plutôt un scénario “good cop, bad cop” dans la pétaudière Washington. Attendons de voir…


    • Pierre Tavernier Le 06 janvier 2018 à 18h57
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      Les dernières tentatives de manipulation de l’administration Trump et des médias otanistes au sujet de l’Iran et en Iran sont un échec, par Bruno Guigue :
      https://www.facebook.com/notes/bruno-guigue/pas-de-regime-change-%C3%A0-t%C3%A9h%C3%A9ran/1281398468672272/
      Mais comme l’auteur le souligne, il est certain que “l’empire”, tel un paquebot à pleine vitesse et dépourvu de timonerie, va continuer sur sa lancée. Trump contribue à démolir, mais à son corps défendant, je pense, une gigantesque machine de guerre impérialiste devenue ingouvernable, et dont le naufrage aura des répercussions probablement aussi dommageables que ne l’aurait eu son succès. Ce qui est navrant, c’est que malgré tout, on se demande si la diplomatie française prend la mesure exacte des évènements, à l’écoute de la doxa officielle encore servie par les médias mainstream. Voir les bonds et les mimiques de Caroline Galactéros lors de cette émission de France24 (notamment en deuxième partie), à l’audition des énormités que débite la journaliste Isabelle Lasserre :
      http://galacteros.over-blog.com/2018/01/video/france-24-diplomatie-francaise-emmanuel-macron-changement-de-style-ou-changement-de-fond.html


  10. Chris Le 06 janvier 2018 à 19h28
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    Le fait est que Bannon ne peut pas blairer le gendre de Trump, Jared Kushner.
    A défaut d’un MbS très sollicité par les affaires intérieures et sa guerre au Yémen, Washington et Tel Aviv se sont mis d’accord sur comment contrer l’influence de l’Iran :
    https://www.axios.com/scoop-u-s-and-israel-reach-joint-plan-to-counter-iran-2520518565.html
    Vu les événements en Iran, tout indique que la mise en oeuvre a commencé.
    Seront-ils aussi “successful” qu’en Syrie ?
    Incroyable le pouvoir de nuisance qu’ont ces deux états voyous depuis 1945 !


    • Pierre Tavernier Le 06 janvier 2018 à 19h59
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      Chris,
      je vous recopie le début de mon commentaire qui est en réponse de votre comm’ précédent, en attente de modération (il est un peu long et s’éloigne du sujet original) :
      Les dernières tentatives de manipulation de l’administration Trump et des médias otanistes au sujet de l’Iran et en Iran sont un échec, par Bruno Guigue :
      https://www.facebook.com/notes/bruno-guigue/pas-de-regime-change-%C3%A0-t%C3%A9h%C3%A9ran/1281398468672272/
      PS: Merci pour le site Axios, je ne connaissais pas, ça a l’air intéressant. L’article d’il y a 2 heures sur comment Trump se voit vaut son pesant de cacahouètes !


      • Bellettre Le 07 janvier 2018 à 11h34
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        J’en profite pour vous remercier aussi. Le trait d’union est plutôt réconfortant pour l’avenir ! Merci pour le lien


  11. BELLETTRE Le 07 janvier 2018 à 10h55
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    Article de Ben Caspit 15.11.2017 : “Selon les rapports, l’implication actuelle d’Israël dans le conflit sunnite-chiite se concentre principalement sur la collecte de renseignements.”

    Read more: http://www.al-monitor.com/pulse/originals/2017/11/israel-saudi-arabia-lebanon-hezbollah-iran-syria-sunni.html#ixzz53UVMjEddhttps://www.al-monitor.com/pulse/originals/2017/11/israel-saudi-arabia-lebanon-hezbollah-iran-syria-sunni.html


    • Chris Le 07 janvier 2018 à 15h52
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      En fait, Israël et Arabie Saoudite n’existent que par la grâce des Occidentaux (voir les billets de René Naba : http://www.madaniya.info/2017/12/06/la-dynastie-wahhabite-et-le-bradage-de-la-palestine-1-2/ , lesquels sont utilisés comme chevaux de Troie pour dominer le Moyen-Orient : la technique des termites !
      Sauf que les rapports de forces sont en train de changer : dans l’adversité, les intelligences carburent et déjouent les pièges. La Chine s’est éveillée, la Perse redresse la tête et la Russie a réussi sa mue… alors que l’Europe régresse telle une rombière en quête de souteneurs.


      • ledufakademy Le 07 janvier 2018 à 18h27
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        C’est une vision intéressante reste à savoir ou se situe la France dans cet échiquier …


        • Chris Le 08 janvier 2018 à 00h50
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          La France s’est elle-même mis hors jeu depuis Védrine/Villepin.


  12. Farah Le 08 janvier 2018 à 13h35
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    Faire la guerre à l’Iran pour Israël c’est une nécessité il s’agit pour elle de se débarrasser d’un de rare état Arabo-musulman qui tient encore la route (à peu près). Pour les USA aussi ça peut s’expliquer il s’agit pour eux de mater un état contestataire de leur nouvel ordre mondial (American Century) mais franchement est ce quelqu’un peut m”expliquer l’intérêt des Saoudiens dans cette entreprise hormis la fable “sunnites-chites”. Concrètement qu’est ce que ça rapporte d’être le leader du “monde musulman”. Est ce qu’il ne s’agit pas plutôt d’une tentative désespérer de la famille Saoud qui essaye de sauver sa peau devant l’imminence d’une révolution colorée.


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