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5.janvier.20185.1.2018 // Les Crises

.[RussEurope en Exil] La liberté de presse au risque de la communication. Retour sur la déclaration d’Emmanuel Macron du 3 janvier, par Jacques Sapir

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Billet invité

Emmanuel Macron, dans sa présentation de ses « vœux à la presse » le mercredi 3 janvier 2018 s’est prononcé en faveur d’une loi contre les « fake news »[1]. Cela a provoqué une certaine émotion, que ce soit sur les réseaux sociaux ou même dans la presse[2]. Il s’en est pris aussi à Internet et il convient de reprendre le verbatim de l’allocution : « Des plateformes, des fils tweeter, des sites entiers inventent des rumeurs et des fausses nouvelles qui prennent rang au côté des vraies. La réalité est qu’il y a là une stratégie, une stratégie financée visant à entretenir le doute, à laisser penser que ce que disent les politiques et les médias est toujours plus ou moins mensonger. » Cela pose plusieurs problèmes, et le premier d’entre eux n’est autre que le fait que toute nouvelle législation serait en réalité redondante avec celle qui existe déjà.

Le Président connaît-il la loi ?

En effet, la question des « délits de presse » est une question délicate. Un équilibre doit être trouvé entre le protection de la liberté d’expression. Or, la Constitution de la Vème République garantit la liberté d’expression[3]. Elle reprend la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, déclaration qui, dans son article 11 stipule : «La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi».

La France s’est dotée, en juillet 1881, sous la troisième république, d’une loi codifiant la liberté de la presse[4]. Cette loi, souvent amendée et mise à jour, est celle qui aujourd’hui encore définit les responsabilités des auteurs et des éditeurs de presse. Or, cette loi prévoit le cas de la diffusion de fausses nouvelles. Dans son article 27 elle précise :

« La publication, la diffusion ou la reproduction, par quelque moyen que ce soit, de nouvelles fausses, de pièces fabriquées, falsifiées ou mensongèrement attribuées à des tiers lorsque, faite de mauvaise foi, elle aura troublé la paix publique, ou aura été susceptible de la troubler, sera punie d’une amende de 45 000 euros.

Les mêmes faits seront punis de 135 000 euros d’amende, lorsque la publication, la diffusion ou la reproduction faite de mauvaise foi sera de nature à ébranler la discipline ou le moral des armées ou à entraver l’effort de guerre de la Nation. »

On ne saurait être plus clair et plus précis, et l’on ne voit pas ce qu’une loi supplémentaire pourrait ajouter de plus sans retrancher aux libertés publiques et individuelles. De fait, on se demande si Emmanuel Macron, Président de la République, connaît le Droit qu’il est censé protéger.

Qu’appelle-t-on une « fausse nouvelle » ?

Un autre problème vient de la définition de ce qu’est une fausse nouvelle. Bien entendu si j’écrivais que le Président de la République à trois bras et deux nez, tout le monde conviendrait qu’il s’agit d’une fausse nouvelle, de ce que l’on appelle aujourd’hui une « fake news ». Mais, quand des éditorialistes écrivaient, à la suite de la presse américaine en décembre 1989[5], que la répression par le régime de Ceaucescu avait provoqué des centaines de morts à Timisoara, montraient même des photos de ces « charniers », alors que l’on a appris par la suite que tout cela était faux, comment l’appeler ? Souvenons-nous : le 22 décembre 1989 Guillaume Durand, sur la chaîne La Cinq, parlait de plus de 4000 cadavres. Le 23 décembre c’était Serge July qui, dans son éditorial de Libération reprenait ce chiffre. Serge Halimi, sur le site Acrimed a recensé toutes ces fausses nouvelles[6]. Pierre Bourdieu avait, en son temps, analysé ce phénomène[7].

Plus proche de nous, quand ces mêmes éditorialistes nous promettent pour 2007 une économie rayonnante, alors même que l’on est au bord de l’une des pires crises financières internationales, comment qualifier cela ? Faut-il parler d’aveuglement ou parler de désinformation consciente, impliquant un trafic de fausses informations ?

Il faut donc revenir au point de départ : qu’est-ce qu’une fausse nouvelle ? Cela peut-être une information qui a été insuffisamment vérifiée, et en ce cas l’excuse de « bonne foi » peut être invoquée. Mais, cela peut être aussi une information dont le journaliste sait pertinemment qu’elle est fausse mais qu’il diffuse quand même car il estime que cette diffusion va servir les idées qu’il défend. Nous sommes là devant un acte délibéré. Mais, c’est justement cet acte que l’article 27 de la loi de 1881 punit. Et donc nous voilà ramené à notre point de départ. Quand une information fausse est sciemment et en toute connaissance de cause diffusée, nous sommes en présence d’un délit qui est déjà punit par la loi.

On le voit, le discours du Président de la République n’apporte rien, n’ajoute rien.

Fausse information et propagande

Alors, on se demande ce qu’a cherché Emmanuel Macron lors de sa présentation des vœux à la presse. En dénonçant les « fake news », mais sans s’interroger sur le processus qui aboutit à une production importante dans les médias institutionnels de « fausses nouvelles », il accrédite une forme de théorie du complot, un thème qui caractérise plutôt l’extrême-droite. En se proposant de faire voter une nouvelle loi, alors que la loi actuelle est entièrement suffisante pour protéger les individus ou l’ordre public tout en garantissant les libertés fondamentales, ne se livre-t-il pas à un exercice de pure gesticulation, de pure communication ?

Le sujet est trop grave pour qu’un Président de la République puisse l’instrumentaliser à son gré à des fins de pure communication. L’outrance du propos pourrait fort bien déboucher sur la forfaiture.

Jacques Sapir

Notes

[1] http://www.rfi.fr/france/20180104-voeux-presse-macron-annonce-loi-contre-fake-news-audiovisuel-public

[2] Le Monde s’en est ému, c’est dire… http://www.lemonde.fr/pixels/article/2018/01/04/legiferer-sur-les-fausses-informations-en-ligne-les-problemes-que-cela-souleve_5237606_4408996.html

[3] https://www.legifrance.gouv.fr/Droit-francais/Constitution/Constitution-du-4-octobre-1958

[4] https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=LEGITEXT000006070722

[5] http://www.nytimes.com/1989/12/23/world/upheaval-east-mass-graves-found-rumania-relatives-missing-dig-them-up.html

[6] http://www.acrimed.org/Les-vautours-de-Timisoara

[7] Bourdieu P., Sur la télévision, Paris, Raisons d’agir, 1996

Commentaire recommandé

Rajhi Naïma // 05.01.2018 à 07h34

Quand Brice Couturier fait la propagande de la Macronie, tous les jours, sur France Culture et nous parle d’un président philosophe, c’est un fake autorisé par le service public .

54 réactions et commentaires

  • Jean // 05.01.2018 à 06h08

    Les théories du complot ne sont ni de droite ni de gauche mais proviennent de citoyens déboussolés parce qu’ils ont perdus confiance dans les médias et les institutions de notre pays. A qui la faute ?

    Un exemple : https://liberation.checknews.fr/question/23631/

    «Mais, cela peut être aussi une information dont le journaliste sait pertinemment qu’elle est fausse mais qu’il diffuse quand même car il estime que cette diffusion va servir les idées qu’il défend. Nous sommes là devant un acte délibéré.»

    Peut-on espérer que la justice puisse faire son travail ? Ce serait pourtant la meilleur façon de lutter contre les fausses nouvelles.

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    • clauzip // 05.01.2018 à 22h06

      S’agissant de B.Couturier ,j’ecoute regulierement france culture,j’opterais plustot pour un comportement obcessionnel ou au plus caracteriel.
      Je ne pense pas qu’il mente ou trompe,il est ainsi.
      Ses propos ne manquent pas de culture.
      Il sont et vont systematiquement ou presque dans la même orientation politicienne
      m!
      Alors,sont ce ces choix de sujet sur sa réalité, La perversion de sa perception de la réalité ?
      Le reel,pour ce que je sais de lui,est dans les jouneaux et dans les ecrits divers.Il n’est pas grad reporter!
      Il cite assez souvent ses sources ce qui rend ‘”credible’

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      • Scorpion bleu // 07.01.2018 à 02h38

        Brice Couturier est toujours avec le pouvoir du moment. Il est sans intérêt et nocif.

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  • Stella 2B // 05.01.2018 à 06h16

    Tournez, virez, le constat est toujours le même, on est dans le vide absolu de la communication.
    A défaut d’informations pertinentes nous est servie la sempiternelle litanie d’autosatisfaction d’une part et de critique de tout ce qui peut ressembler à une opposition de bon aloi d’autre part.
    Tout cela n’augure rien de bon, tant pis pour ceux qui disposent encore de leur lucidité et ne se laissent pas abuser par la pensée unique et son corollaire la novlangue.

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  • Helene // 05.01.2018 à 07h24

    C’est comme les promesses, beaucoup sont de fausses promesses. Une campagne présidentielle qui fait des promesses, doit les tenir sinon elles ne sont que des Fakepromesses electorales.

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    • Beatrix // 05.01.2018 à 19h01

      Macron a tenu presque toutes ses promesses: loi travail – réforme de l’imposition – la transformation de l’Impôt sur la Fortune en Impôt sur la Fortune Immobilière – le refonte des assurances – l’augmentation du prix des combustibles pour protéger la planète – la suppression à terme des cotisations sociales – un seul contrat de travail le CDI (précaire) – le réforme de l’éducation, de la formation, des émoluments et taxes universitaires en augmentation etc. J’en oublie certainement. Entre 2018 et 2019, il en a le temps. Ce qui n’a pas été promis peut encore parfaitement se réaliser sans annonce: la désindustrialisation et la mise à mort de l’agriculture.
      Malgré ces promesses, les Français l’ont élu!
      Où est l’erreur?
      Est-ce d’aimer, tous, être millionnaires?

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      • clauzip // 05.01.2018 à 22h12

        …d’avoir de belles medailles!textuellement ce qu’il a dit lors d’un iterviuw en” live’.
        J’espere encore la description sur les points clef de la societe vers laquelle il nou conduit.
        Selon moi ,la 0c’est cellre des USA?

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  • Rajhi Naïma // 05.01.2018 à 07h34

    Quand Brice Couturier fait la propagande de la Macronie, tous les jours, sur France Culture et nous parle d’un président philosophe, c’est un fake autorisé par le service public .

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    • Tonton Poupou // 05.01.2018 à 10h57

      La seule réponse à votre question est de ne plus écouter Brice Couturier et par la même occasion France Cul ….ture. Radio d’état. Des gens qui ne vivent que pour l’audimat.
      Mais si vous êtes vraiment maso. Y’a des clubs spécialisés pour ça.

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  • Toff de Aix // 05.01.2018 à 07h44

    En général j’apprécie et j’adhère aux thèses de M.Sapir. Mais pas cette fois-ci : pour moi c’est très clair, la loi de 1881 est inadaptée à notre époque, pour la simple raison qu’internet n’existait pas, et que c’est précisément ce que macron veut attaquer. Il veut pouvoir faire fermer des comptes sur les réseaux sociaux, mais aussi des sites d’information alternative… C’est le vrai sens de la manœuvre, attaquer l’information alternative, la seule à même aujourd’hui de démonter méthodiquement les mensonges et les manipulations de la presse mainstream. Les Crises.fr en sont un parfait exemple. Gageons que là-bas.org, acrimed, le Grand Soir, etc(en fait il suffit de lire la liste établie par le decodex) seraient les premiers à être fermés si jamais cela passait.

    M.Sapir devrait le savoir, lui qui a récemment été victime de censure pure et simple : il ne s’agit pas de rester dans le légalisme, mais bien de museler les voix dissonantes pour mieux mener le troupeau.

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    • Amora // 05.01.2018 à 10h37

      Plus de lois compliquées tue la loi et son utilité. Pas besoin de l’existence d’Internet pour savoir ce qu’est une fake news ou pouvoir légiférer simplement et efficacement.

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      • step // 05.01.2018 à 12h24

        “Plus de lois compliquées tue la loi et son utilité”…. pour le péquin. Ne vous inquiétez pas, les boites qui engouffrent sans sourciller des millions en cabinets d’avocats partenaires savent très bien faire avec.

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    • Alfred // 05.01.2018 à 11h01

      Je pense que Sapir est au contraire un très bon stratège en matière de politique. Il se choisit son terrain et ici se place sur le bon terrain pour remporter la bataille. De la même manière que l’apparition de la mitrailleuse n’a pas changé le droit en matière de meurtre l’apparition d’Internet ne change pas la définition de la diffamation. Bien appliquer des lois simples est plus efficaces que de laisser moisir des lois millefeuilles.
      Bref Sapir se place sur le domaine du droit général et surtout de la responsabilité des élites (forfaiture) plutot que de prendre le problème par le petit bout de la technique “vérité 2.0”.
      Il renvoie la pression sur nos élites plutôt que d’accepter celle qu’elles nous mettent.

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      • Toff de Aix // 05.01.2018 à 11h29

        Je suis d’accord avec vous, je l’ai bien compris comme cela également… Mais hélas, je pense que se placer sur ce terrain ne fonctionnera pas, surtout pas avec des gens de l’espèce de macron(qui, pour moi, à littéralement usurpé son élection). Je ne suis pas le seul à dire qu’un gars qui a réussi à se faire élire grâce à un “incroyable concours de circonstances”, et avec seulement 18% des voix des inscrits, n’est pas légitime.

        Du coup, il ne va pas s’embarasser de rester dans les clous de la légalité non ?

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        • step // 05.01.2018 à 12h27

          La légalité, bien sûr qu’il y restera, d’autant plus qu’il la redéfinit selon son désir, armé de sa cohorte de godillots à l’assemblée.
          La légitimité, il ne l’a probablement jamais eu, n’a jamais je pense visé à l’avoir. Pour l’instant et à l’échelle de son mandat et dans le cadre institutionnel et social actuel, l’absence de cette légitimité ne lui pose aucun problème insoluble.

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        • Beatrix // 05.01.2018 à 19h29

          N’oublions pas que ce personnage a bénéficié d’une propagande hégémonique où tous les grands éditeurs s’étaient prosternés devant lui. Les journalistes qui avaient témoigné le plus de zèle et d’aveuglement ont été les premiers limogés. Les suivants subiront le même sort: grillés jeunes.

          Macron fait partie des gens qui doivent être servis inconditionnellement. Un autocrate Un imposteur comme Hollande, mais cela ne le gène pas le moins du monde.
          Lui! parler des fausses nouvelles! Il en a distillées. Et il en distillera encore.

          N’oublions pas non plus que c’est un homme des planches, homme de théâtre qui sait faire prendre pour authentiques ses propos mensongers. Il joue, il persuade et il gagne.

          Mais la France n’aime-t-elle pas le spectacle et les paillettes? Le succès. tout de son et de lumière, comme celui d’un match de football ou de tennis. Ou encore la découverte d’une star du populaire ou du gratin… promue en flèche?

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          • Le Rouméliote // 05.01.2018 à 20h23

            Et en plus, il n’est pas interdit d’émettre des doutes sur sa santé mentale : https://www.youtube.com/watch?v=NNDgsw39m9s
            Le professeur Segatori officie depuis de nombreuses années à l’hôpital psychiatrique de Gorizia. Il a dirigé des séminaires et donné des conférences en tant que spécialiste des conséquences psychiatriques sur les enfants et adolescents victimes d’abus sexuels.

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            • Beatrix // 06.01.2018 à 15h40

              J’y avais pensé pendant sa campagne présidentielle. Tout l’indiquait. C’est un profil que je connais bien: tyran narcissique usant de mensonge et exerçant la terreur. A Genève, le Conseil d’État

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    • Igor // 05.01.2018 à 11h39

      Il conviendrait de connaitre les bilans comptables des grands médias, je pense , intuitivement, qu’ils sont déficitaires, il reste deux solutions soient augmenter les subventions, soit établir un protectionisme ce qui est apparemment la solution de Macron..Forcément la presse française ça n’intéresse pas grand monde, c’est pas alstom…
      Maintenant est il possible de censurer internet?

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    • R.C. // 06.01.2018 à 08h58

      Vous confondez les principes et la technologie. Il n’y a pas grande différence entre une calomnie de 1881et une calomnie de 2017.

      Ce qui diffère c’est l’ampleur et la rapidité de la diffusion.

      Les libelles affabulateurs et orduriers qui s’échangeaient au Palais-Royal sous l’Ancien Régime n’étaient pas très différents de ce qu’on trouve sur certains sites ou lit dans certaines publications.
      La loi de 1881 (modifiée) a tout gardé de son utilité !

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  • WASTERLAIN Serge // 05.01.2018 à 07h48

    La vérité, c’est qu’il s’agit d’étouffer la liberté d’expression et de museler les médias alternatifs afin que la presse mainstream puisse conserver le monopole de la (dés)information. Il s’agit également d’empêcher les pays hors “communauté internationale”, c’est à dire celle de l’Empire US, d’exprimer un point de vue différent et partant de maintenir le monde unipolaire qui a prévalu après l’effondrement de l’URSS. La Loi de juillet 1881 ne suffit plus pour atteindre ces objectifs, il est donc nécessaire de la changer ou mieux, de la compléter ça passera mieux. Le discours de Macron n’est rien d’autre que le conditionnement de nos cerveaux “malades” à cette énième législation liberticide que nos dirigeants d’avant appelaient sans pudeur CENSURE…

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  • basile // 05.01.2018 à 08h07

    non, il ne se livre-t-il pas à un exercice de pure gesticulation. Il flatte son auditoire, en désignant sans le nommer, le coupable. Nom que tous devinent, comme un sous entendu compris des seuls compères d’un cercle restreint. Et il leur dit qu’il va s’en occuper, pour leur laisser le champ libre sans contre information

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    • yack2 // 05.01.2018 à 09h08

      Non…de mon point de vue,il semble qu’il y ait un vent de panique et une tentative de resserrer les boulons….et ce partout dans le monde.
      Ils sont plus préoccupés de leurs fake news …..à savoir que leurs bobards sont immédiatement démontés….C’est du pure capitalisme, une bataille de monopole.

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  • aubrat // 05.01.2018 à 08h25

    Est ce que cela (les russes y compris) ne va pas se retourner contre son auteur, d’après ma lecture :
    « La France est dans de beaux draps ! Elle s’est illustrée dans le soutien à daech, dans sa vassalité. Le Peuple pouvait se rebeller, intervenir, destituer le gouvernement en place et les précédents. Il n’a rien fait, et ceux qui défendent la Loi Juste sont systématiquement attaqués, réduits au silence. Ni l’Armée, ni les Forces de l’ordre n’ont les moyens aujourd’hui de faire entendre la voix de la raison. Tout le monde a laissé faire.
    La France a perdu sa puissance extérieure, sa valeur d’exemple, son influence sur les Terres amies. Elle s’est acoquinée avec les destructeurs de la Planète au point de s’être mise à dos un grand nombre de Pays et d’être en guerre déclarée contre la Syrie au profit d’ … .
    Venons-en à la politique intérieure. Il n’y a plus rien qui marche, ni la Justice aux mains des sans foi ni loi – un comble ! – ni la politique sociale qui privilégie officiellement les migrants venus détruire la France et prendre la place des Français historiques. Lire sur :
    http://www.clefsdufutur.fr/2018/01/clefsdufutur-france-04.01.2018-mstgermain-la-france.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

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  • Le Wallon // 05.01.2018 à 09h14

    Si ma mémoire est bonne, René Descartes (1596 – 1650) a du fuir à Amsterdam pour publier ses œuvres et est mort à Stockholm.

    Les Français voulant rester libres seront-ils, un jour, obligés de partir pour d’autres horizons que celui de l’Hexagone ?

    Macron est la caricature de Louis XIV et de Napoléon Bonaparte.

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    • Fritz // 05.01.2018 à 10h02

      Louis XIV n’avait que douze ans à la mort de René Descartes. Un autre exemple est Pierre Bayle, mort à Rotterdam en 1706, dont le frère Jacob mourut en 1685 dans les geôles du Roi-Soleil. Le Dictionnaire de Bayle a fortement influencé le siècle des Lumières.

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    • Fritz // 05.01.2018 à 12h22

      Ça tombe bien, Bayle a été inhumé dans l’église… wallonne de Rotterdam :
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Bayle#/media/File:Gedenksteen_Waalse_graven_Crooswijk.jpg

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    • Beatrix // 05.01.2018 à 19h35

      Mais Macron n’a le génie ni de l’un ni de l’autre.

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      • Le Wallon // 05.01.2018 à 21h19

        Ah bon, vous trouvez qu’avoir négligé la colonisation de l’Amérique-du-Nord à ce point ou d’avoir mis les protestants hors du Royaume de France est un signe de génie ? Si Louis XIV avait été, réellement, un génie, il y aurait bien plus de francophones en Amérique-du-Nord actuellement et la France serait une Nation autrement plus industrialisée qu’elle ne l’est maintenant. Je préfère, et de loin, avoir une Amérique française et une forte industrie française que cette meringue architecturale qu’est Versailles ou qu’avoir eu une guerre avec la minuscule Hollande.
        Quant à Napoléon, oui, c’est définitivement un médiocre.

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  • Pinouille // 05.01.2018 à 10h57

    Tout ce que dit J Sapir est pertinent. Mais les textes de loi existants ne règlent peut-être pas tous les cas de figure, qui dépasse largement les frontières: https://fr.sputniknews.com/international/201709251033204687-macedoine-veles-fake-news-trump/

    Les abus de notre presse locale, qui ne font pas débat ici, ne sont pas l’unique problème. Compte tenu du faible investissement nécessaire (un PC + internet) pour se lancer dans cette activité rémunératrice, il est nécessaire de surveiller et contrôler cette activité.

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    • aleksandar // 05.01.2018 à 11h35

      Surveiller, contrôler et…… punir. Bravo, vous êtes pile-poil dans la pensée dominante.

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      • Pinouille // 05.01.2018 à 11h45

        “et…… punir”: merci de ne pas me faire dire ce que je n’ai pas dit pour le plaisir stérile de me faire rentrer dans une case qui n’est pas la mienne.

        Vous préférez laisser faire? Que proposez-vous?

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        Alerter
    • alain // 05.01.2018 à 16h35

      Vous n’avez pas du lire la fin de l’article :

      Le porte-parole du gouvernement macédonien Mile Bochniakovski a déclaré à Sputnik que les «fake news étaient un format malsain d’expression enfreignant ce qui est connu dans le monde entier comme le journalisme». Cependant, il a immédiatement précisé que la «liberté d’expression était intouchable» et que c’était à la communauté journalistique de régler la situation à travers les «mécanismes d’autorégulation».

      Ceci résume tout.

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      • Chris // 05.01.2018 à 17h07

        «mécanismes d’autorégulation».
        Un terme magique du laisser-faire, quasi un mantra d’une jungle institutionnalisée: on en vit les résultats…

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        • tepavac // 05.01.2018 à 20h08

          Pas du tout Chris, du moins au début sans doute, mais si nous laissons les individus agir librement, mais dans cadre prédéterminé, alors l’autocorrection se fera, tout comme elle se fait sur ce blog.

          D’ailleurs cela arrive souvent que la correction se fasse entre nous, ce n’est pas très agréable, mais je le vois davantage comme une entraide que comme une punition.
          Puis cela évite de surcharger la modé.

          En définitive de mon propos, c’est ma conviction, soit nous faisons confiance en l’espèce humaine, soit nous nous nous résignons à ne jamais être véritablement humain!
          La liberté d’expression, toutes nos Libertés sont à ce prix!

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  • aleksandar // 05.01.2018 à 11h43

    Gageons que lorsque l’AFP ou L’Immonde publieront que la Russie a installé un logiciel espion dans un ordinateur d’une centrale électrique américaine, cela ne sera pas considéré comme une fausse nouvelle. ( Cela s’est deja produit )

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    • fanfan // 06.01.2018 à 09h39

      Et la propagande de guerre propagée par les médias dominants : incident du golfe du Tonkin en 1964, affaire des couveuses au Koweït en 1990, pseudo armes de destruction massive en Irak, etc…

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  • step // 05.01.2018 à 12h16

    sapir fait (semblant?) de ne pas comprendre que le but est de renforcer l’efficacité des procédures baillons en permettant un préjudice immédiat (par le silence imposé) au lieu d’un préjudice hypothétique et à terme (la pénalité financière) et ainsi assurer que seul les “gros” dont le revenu n’est pas lié à ses lecteurs mais aux sponsors qui le renflouent régulièrement survivent, et puisse continuer à balancer leurs “vérités” en place publique.

    Ce n’est pas RT (sponsorisé par la russie) qui va “subir” cette modification légale mais bien plus “les-crises.fr”, polonytv, mediapart le monde diplo ou arrêts sur images. tous ces médias qui n’ont pas à disposition le matelas financier et le service juridique d’un oligarque.

    Pour RT il y a aura certainement un projet ad-hoc façon US de le “délégaliser” comme étant la voie d’une puissance étrange en période de “guerre” (contre le terrorisme).

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    • Yannis // 05.01.2018 à 14h01

      Dans les médias dits de réinformation ou alternatifs il faut aussi savoir mettre le tri. Or Mediapart a deux visages, le journal et le club, ce dernier ayant participé de l’essort de ce nouveau media 2.0 mais s’est considérablement appauvrit, du fait d’une liberté de parole et de publication qui n’a pas été du goût, in fine, de l’équipe rédactionnelle, et a dépassé le cadre de la bonne morale plenelienne, en apportant des infos et des idées tout à fait enrichissantes pour le débat, mais déjà un peu trop top secret.

      Et des fakenews, Mediapart en a servi plus d’une avec par exemple sa propagande honteuse sur la Syrie, dépassant presque l’Immonde dans cette entreprise. Ou encore ce biais à parler au nom des “Musulmans” et à combattre les “laïcistes” en tambourinant partout “islamophobie”, mais encore racisme néocolonial, machisme versus féminisme, pour mieux faire passer le modèle communautaire à la sauce USA désormais partout vénéré…

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      • Karim Wilmotte // 05.01.2018 à 16h43

        “Ou encore ce biais à parler au nom des “Musulmans” et à combattre les “laïcistes” en tambourinant partout “islamophobie”, mais encore racisme néocolonial, machisme versus féminisme, pour mieux faire passer le modèle communautaire à la sauce USA désormais partout vénéré…”

        Vous confondez ligne éditoriale avec mensonge (Syrie).

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        • Yannis // 05.01.2018 à 18h21

          Je ne confonds pas, mais quand une ligne éditoriale devient trop fluctuante par rapport aux intentions annoncée (pluralisme et liberté d’expression) il y a quand même un problème de déontologie, et à force d’imposer un mode de pensée selon les méthodes du soft power, on en revient à la propagande.

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      • step // 05.01.2018 à 17h41

        en faisant cette liste, je ne faisais pas une liste des camps du bien, mais une liste de médias qui si on leur coupe l’accès aux lecteurs, meurent car ils sont la ressource du média en question. Tous les médias, y compris ceux cher à nos opinions personnelles ont leurs défauts.

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        • Yannis // 06.01.2018 à 14h14

          Mediapart a de gros défauts, et même si c’est un media moins pire que beaucoup d’autres, il faut arrêter de croire que ce journal œuvre pour la liberté de la presse, le débat dans le respect des règles et le vivre ensemble. Il retire ses marrons du feu des valeurs et des règles démocratiques qui a lieu en France depuis maintenant plusieurs décennies et œuvre comme maître à penser d’un électorat de gauche en pleine confusion, sinon comme diversion.

          https://lapartmanquante.com/2014/10/13/espoirs-grandeurs-et-deceptions-au-pays-des-mediapartiens/

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  • Le Marsouin // 05.01.2018 à 13h14

    La loi de 1881, si elle s’applique bien aux journaux enregistrés comme tels, est très insuffisante pour les blogs et les comptes Twitter ou Facebook. Donc l’argument “il y a déjà une loi” ne me semble pas très pertinent.
    En revanche celui de “on ne sait pas très bien ce qu’est une Fake News” me plaît plus.

    Par exemple, les deux cas suivants:
    – Pour rendre un article (qui dans le cas présent est considéré comme factuellement vrai) plus alléchant pour les internautes, un journaliste décide de donner au tout un titre sans nuance et bien putaclic, qui déforme complètement la réalité. Sachant que la majorité des internautes ne lisent que les titres, peut-on considérer ce titre comme une Fake News ?
    – Un blogueur fait un long billet d’analyse sur une situation donnée. Pour ce faire il va citer un certain nombre d’informations pour appuyer son propos. Mais parmi ces informations, une (et une seule) est fausse. L’analyse peut-elle être considéré comme une Fake News ?

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    • step // 05.01.2018 à 17h51

      oh il y a plus simple : le jugement qualitatif. Si je dis:

      “La reprise dans les pays européens est due aux allégements des droits du travail”.

      1) C’est quoi la “reprise”.
      2) Comment distinguer les conséquences de ces réformes spécifiquement sur des facteurs extérieurs.
      3)Sur quelle fenêtre de temps se base ce jugement, sur quels pays etc…

      Vous allez avoir autant d’analyses que vous voulez qui vont dire que c’est vrai et quelques analyses moins sponsorisées qui vont dire que c’est faux. On détermine que c’est vrai ou faux :
      1) au poids ?
      2) on lance les analyses dans un escalier et on regarde le paquet qui va le plus bas ?
      3) au nombre de signataires.
      4) on fait un veritéthon pour savoir laquelle gagnerait plus d’argent ?
      5) on vote ?

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      • WASTERLAIN Serge // 05.01.2018 à 17h54

        La proposition qui fait consensus ! C’est très à la mode pour le moment…

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        • step // 05.01.2018 à 22h03

          je n’ai pas choisi l’exemple au hasard -_-

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    • tepavac // 05.01.2018 à 20h24

      La Loi du 29 Juillet 1881 , revu en 2002 s”applique à tous les supports d’information !

      Je trouve navrant que nul ne prenne connaissance de cette Loi dont les articles se cumulent sur plusieurs pages.

      https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=LEGITEXT000006070722

      Bonne lecture

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  • Michel Donceel // 05.01.2018 à 15h16

    Macron est le premier chef d’État à avoir compris que le 1984 d’Orwell n’était pas une fiction, mais un Programme Politique Pour Un Avenir Meilleur, et il l’applique scrupuleusement.
    Grâces soient rendues à Sa clairvoyance !

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  • Karim Wilmotte // 05.01.2018 à 16h40

    Bruxelles, Belgique:

    25/01 Soirée Éconosphères n°32: Quelles alternatives au libre-échange?

    Avec Jacques Sapir et Jean-Christophe Defraigne

    […]
    C’est à ces questions que nous tenterons de répondre en compagnie de Jacques Sapir (directeur du Centre d’Études des Modes d’Industrialisation (CEMI) à l’EHESS) et Jean-Christophe Defraigne (économiste, professeur à l’Institut d’Etudes européennes – Université Saint-Louis de Bruxelles), lors de cette soirée.
    L’inscription est gratuite, mais obligatoire pour le 23/01/2018 à l’adresse econospheres@gmail.com
    Université populaire, rue de la Victoire, 26 à 1060 Bruxelles

    https://www.facebook.com/events/733846690158904/

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  • Bruno // 05.01.2018 à 19h30

    Rien de nouveau sous le soleil. Cela fait 30.000 ans que ça dure.

    “Selon que vous serez puissant ou misérable,
    Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir”.
    Jean de Lafontaine.

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  • clauzip // 05.01.2018 à 22h51

    Dans une communication ,3 elements:
    L’emeteur,le recepteeur et le message.
    Manifestement il considere que l’emetteur,lui.,le message qu’il envoie sont corrects.
    Il reste donc le recepteeur.il faudrait le proteger,il ne peut tout comprendre,il n’est pa assez cultivé. Pour cela il faudrait agir surles medias qui n’ont pas,selon lui la rigueur informative tant par la structure que par les journalistesqu’il emploie…
    Le faques news est intentionnel et constitutionnel d’ une organistion ou d’un media.
    L’Etat liberal encore moins republicain ne doit s’immiscer dans le fonctionnement de l’information publique.
    Si les lecteurs n’ont pas le niveau. litteraire ou intellectuel,lesmedias doivent adapter le discours dans la forme.
    La relation media/public est de leur ressoort exclusif.En tous cas ,hors de la puissance publique.
    Par contre ,s’agissant de la puissancece privee,elle doit etre a même de satisfaire aux exigences due à l’information du public.
    Toutefois,s’il ne devais en tester qu’un media,la puissance publique devrait avoir l’obligation de favoriser la dualité au moins.

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  • xavier37 // 06.01.2018 à 09h49

    Il faudrait peut être s’attaquer aussi aux no-news, les tempêtes sur l’Atlantique ou de la neige à New York en hiver, la pluie en automne, la canicule en été, les écoliers qui pleurent à la rentrée…

    Comme disait l’autre: “si les gens sont contre ce que vous l’expliquez, c’est que l’explication été mal formulée”…

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  • Frédéric // 06.01.2018 à 19h00

    “…une stratégie financée visant à entretenir le doute, à laisser penser que ce que disent les politiques et les médias est toujours plus ou moins mensonger.”
    Macron (ou celui qui lui a fait le discours) confirme dans la courte phrase ci-dessus que les “politiques” et les “medias” disent nécessairement la vérité et que les Français n’ont aucune raison d’en douter. Il veut dire donc que la critique du pouvoir, qui est le fondement de la démocratie, vient de pouvoirs malveillants, et les bons Français n’auraient aucun besoin, par exemple, de partis d’opposition. C’est bien d’une attaque contre la démocratie qu’il s’agit. Et je suppose que je fais partie des conspirationnistes, mais pas Macron.

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