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20.septembre.202220.9.2022
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La « guerre économique » contre la Russie va-t-elle se retourner contre ses auteurs (3/3) ? par Jacques Sapir

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Troisième Partie :
L’efficacité des sanctions contre la Russie : un échec de la « guerre économique » ?

Les sanctions contre la Russie, et on l’oublie fréquemment, n’ont pas commencé en 2022 avec la guerre mais dès 2014, à la suite des événements de Crimée. Les Etats-Unis ont alors décidé des sanctions. Cependant, ils allèrent plus loin. Le 2 août 2017, le Congrès américain vota le Countering America’s Adversaries Through Sanction Act ou (CAATSA)[1], un texte qui contient le principe de sanctions extraterritoriales[2]. Cela provoqua des protestations en Allemagne et en Autriche[3]. Ce texte vise les investissements dans les infrastructures pétrolières russes, et en particulier cible la construction des pipelines et gazoducs.

L’Union européenne (UE) a commencé par viser des personnes, puis étendu ces sanctions à des entités financières et des sociétés russes. Le 12 septembre 2014, l’UE a interdit l’accès aux crédits européens à plusieurs banques et compagnies pétrolières russes et l’exportation de biens pouvant être détournés militairement et l’exportation d’équipements pétroliers vers la Russie[4]. Ces sanctions furent régulièrement prolongées jusqu’en 2022.

A. Les sanctions

Les sanctions prises entre 2014 et 2016 auraient représenté un manque à gagner de 4 milliards de dollars par mois pour les pays impliqués, dont 52 % des pertes pour la Russie. Pour l’Union européenne, le manque à gagner s’élèverait à 1,5 milliard de dollars chaque mois. Cela implique un « effet Boomerang » important car on constate que le coût de ces sanctions semble également partagé entre pays ordonnateurs des sanctions et le pays « cible », autrement dit la Russie. Par ailleurs, comme le prévoyait Peter van Bergeijk[5], la Russie répliqua en décrétant un embargo contre les produits agricoles européens, embargo qui se révéla ponctuellement coûteux pour la France, la Grèce, l’Italie et l’Espagne et qui dopa le secteur agricole en Russie. Si l’on inclut donc les mesures de rétorsions prises par la Russie, la présence d’un « effet Boomerang » est évidente dans le cas des sanctions prises avant la guerre.

En 2022 les pays occidentaux ont imposé des sanctions à la Russie lorsqu’elle a reconnu l’indépendance des républiques autoproclamées du Donbass. Avec le début des attaques le 24 février, des sanctions majeures ont été décidées pour paralyser l’économie russe. Elles constituent l’éventail le plus large de sanctions prises en temps de paix, un éventail qui fut même qualifié le 1er mars 2022 de « guerre économique » par le Ministre français de l’économie M. Bruno Le Maire[6].

Depuis février 2022, l’UE a donc imposé six paquets de sanctions de février à juin 2022. Les pays occidentaux ont imposé des sanctions à la Russie lorsqu’elle a reconnu l’indépendance des républiques autoproclamées du Donbass. Avec le début des attaques le 24 février, des sanctions majeures ont été décidées pour paralyser l’économie russe. Elles constituent l’éventail le plus large de sanctions prises en temps de paix, un éventail qui fut même qualifié le 1er mars 2022 de « guerre économique » par le Ministre français de l’économie M. Bruno Le Maire[7]. Depuis février 2022, l’UE a donc imposé six paquets de sanctions. Le but de ces sanctions était de contrecarrer les capacités russes à poursuivre l’agression. En d’autres termes, il s’agissait d’une tentative de forcer un pays (la Russie) à arrêter les opérations militaires en augmentant progressivement le coût économique de ces opérations militaires. Les sanctions comprenaient également des sanctions individuelles.

  1. – Le premier paquet de sanctions, pris le 23 février, comprenait des sanctions individuelles contre les membres de la Douma d’État russe favorables à la reconnaissance des zones non contrôlées par le gouvernement des oblasts de Donetsk et Louhansk, des restrictions économiques avec les organisations non gouvernementales les zones contrôlées des oblasts de Donetsk et de Louhansk et des restrictions à l’accès de la Russie aux marchés de capitaux et financiers et aux services de l’UE[8].
  2. – Le deuxième paquet, pris le 25 février, couvrait les secteurs de la finance, de l’énergie, des transports et de la technologie ainsi que la suspension des dispositions facilitant l’obtention des visas pour les diplomates russes et autres responsables et hommes d’affaires russes[9].
  3. – Le troisième paquet[10], pris les 28 février et 2 mars, comprenait la fermeture de l’espace aérien de l’UE, l’interdiction des transactions avec la Banque Centrale russe, une interdiction SWIFT pour sept banques russes[11], l’interdiction de fournir des euros à la Russie et la suspension de la diffusion dans l’UE des médias publics Russia-Today (RT) et Sputnik.
  4. – Le quatrième paquet[12], pris le 15 mars, comprenait l’interdiction de toutes les transactions avec certaines entreprises publiques, de nouveaux investissements dans le secteur énergétique russe, et des exportations vers la Russie de produits de luxe ainsi qu’une interdiction des importations de Russie de fer et d’acier.
  5. – Le cinquième paquet[13],, pris le 8 avril, comprenait une interdiction des importations en provenance de Russie de charbon et d’autres combustibles fossiles solides, la fermeture des ports de l’UE à tous les navires russes, l’interdiction pour les transporteurs routiers russes et biélorusses d’entrer dans l’UE, une interdiction sur les importations en provenance de Russie de bois, de ciment, de fruits de mer et d’alcool, une interdiction d’exporter vers la Russie du carburéacteur et d’autres biens et des sanctions contre 217 individus et 18 entités[14].
  6. – Le sixième paquet[15], pris le 3 juin, interdisait les importations en provenance de Russie de pétrole brut et de produits pétroliers raffinés, étendait l’interdiction de SWIFT, et introduisait des sanctions contre 18 entités et 65 individus[16].

Un nouveau paquet de sanction, dit paquet « Maintenance et alignement » a été pris le 21 juillet[17]. Il comprenait une interdiction des importations d’or d’origine russe, le renforcement des contrôles à l’exportation des biens à double usage (civil et militaire), une extension de l’interdiction d’accès aux ports aux écluses, et des sanctions contre 54 individus et 10 entités[18]. Par ailleurs, en mars 2022, les dirigeants de l’UE ont convenu d’éliminer progressivement la dépendance de l’UE vis-à-vis des importations russes de combustibles fossiles.

Quant aux Etats-Unis, en réponse à l’agression de la Russie, ils ont décidé un effort coordonné et global pour étendre la portée et l’intensité des sanctions économiques, des sanctions politiques et des contrôles à l’exportation, en collaboration avec une coalition qui comprend naturellement l’Union européenne (UE), mais aussi le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie, le Japon et la Corée du Sud. Ces mesures comprennent :

  • Des sanctions de blocage contre les principales banques russes (VEB et Promsvyazbank)[19].
  • Le département du Trésor a imposé le 24 février des sanctions à davantage de banques russes et l’extension des restrictions liées à la dette et au capital liées à la Russie aux grandes entreprises publiques et aux entreprises privées.
  • Le 31 mars, le Trésor a annoncé des sanctions supplémentaires contre le secteur technologique russe.
  • Le 6 avril, le Trésor a imposé le blocage total des avoirs de la Sberbank et à Alfa-Bank.
  • Le 7 avril, le Trésor a imposé des sanctions de blocage total à Alrosa, la plus grande société d’extraction de diamants au monde.
  • Le 28 juin, le Trésor a annoncé de nouvelles mesures à l’encontre de 70 entités russes essentielles à la base industrielle de défense de la Fédération de Russie, y compris la société d’État Rostech, et a annoncé l’interdiction d’importer aux États-Unis de l’or provenant de la Fédération de Russie[20].

Parmi les autres actions majeures du gouvernement américain prises en réponse à l’invasion de l’Ukraine par la Russie affectant le commerce citons :

  • Le 1er mars, le département américain des Transports a interdit aux avions et compagnies aériennes russes d’entrer et d’utiliser tout l’espace aérien américain.
  • Le 8 mars, un décret interdisait l’importation aux États-Unis de pétrole brut russe et de certains produits, de gaz naturel liquéfié, de charbon, et de nouveaux investissements américains dans le secteur énergétique russe.
  • Le 11 mars, le président Biden, de concert avec les dirigeants du G7, a annoncé des mesures pour révoquer les relations commerciales normales permanentes pour la Russie[21].
  • Le 6 avril, la Maison Blanche a annoncé l’interdiction de nouveaux investissements dans la Fédération de Russie et de la fourniture de certains services en Russie[22].

En outre, le Bureau de l’industrie et de la sécurité (BIS) du Département du commerce a annoncé l’extension des contrôles à l’exportation, restreignant considérablement l’accès de la Russie à de nombreuses technologies et articles nécessaires pour maintenir ses capacités militaires agressives[23].

Les sanctions prises par l’UE ou par les Etats-Unis sont donc très importantes. Mais, elles ne sont pas reprises par tous les pays. Que ce soit en Asie, en Afrique et en Amérique Latine, de nombreux pays – qui par ailleurs dénoncent la guerre menée par la Russie à l’Ukraine – se refusent à les appliquer. On citera à cet égard la Chine, l’Inde, et la Malaisie, mais aussi le Mexique, les pays du Golfe Persique, et la Turquie, pays pourtant membre de l’OTAN. Cela en affaiblit la portée.

B. La dépendance énergétique de l’UE face à la Russie

Ces sanctions ont provoqué une crise mondiale en raison de la place centrale de la Russie comme fournisseur de diverses matières premières. Cette crise a été particulièrement sensible pour les pays de l’UE en raison de leur dépendance par rapport aux importations russes. La dépendance est très importante pour le gaz naturel, faible pour le gaz naturel liquéfié ou le pétrole obtenu à partir de condensats, et moyenne pour le pétrole brut, le charbon, la tourbe et le coke. Le problème majeur se pose évidemment pour le gaz.

Tableau

Importations d’énergie de l’UE en provenance de Russie en milliards d’euros
2017 2018 2019 2020 1er semestre 2021 Moyenne 2017-2019 Pourcentage sur le total des importations

Pétrole à partir de condensats du gaz naturel 0,2 0,2 0,3 0,2 0,2 0,2 7,2%
Pétrole brut et pétrole à partir de bitumineux 55,6 63,1 56,4 31,7 24,7 58,4 30,3%
Gaz naturel liquéfié 0,0 0,8 2,0 1,4 1,9 0,9 7,6%
Gaz naturel 23,9 30,8 24,4 16,3 15,0 26,4 56,9%
Charbon 5,3 6,0 4,8 3,0 2,1 5,4 36,2%
Lignite 0,010 0,010 0,008 0,008 0,002 0,009 19,2%
Tourbe 0,005 0,007 0,012 0,013 0,009 0,008 32,4%
Coke 0,075 0,114 0,142 0,101 0,105 0,110 34,1%
TOTAL 85,0 101,1 88,0 52,8 44,2 91,4 33,9%

Source : Eurostat

La seule substitution vient du GNL. Or les importations, en dehors de celles de Russie, de GNL étaient en moyenne pour 2017-2019 de 11,3 milliards d’euros alors que celles de gaz russe étaient de 26,4 milliards d’euros. Transposé en quantités, en sachant que le mètre cube de GNL vaut approximativement 30% de plus que le mètre cube de gaz « gazeux », l’UE importait, en volume, trois fois plus de gaz russe « gazeux » que de GNL. De plus, les installations de regazéification sont peu nombreuses. Substituer totalement le gaz russe par du GNL impliquerait de construire trois fois le nombre d’installations existantes ce qui prendra, si on le fait, entre 3 et 5 ans. Ajoutons qu’il faudra aussi une flotte de navires méthaniers, navires complexes et coûteux. Bref, sur le gaz il y a une véritable dépendance de l’UE au gaz russe.

Pour le pétrole, la dépendance est moindre (30,3%) et la substitution en théorie plus facile. Cependant, pour l’instant les observateurs du marché pétrolier sont pour le moins sceptiques quant à la volonté des pays du groupe dit OPEP+ à accroître significativement la production[24].

Tableau 2

Capacités nominales, situation et évolution des livraisons par gazoducs russes

Gazoducs Capacités nominales en milliards de m3 par an Livraison en juin 2022 journalière (millions de m3 / jour) Idem, sur base annuelle

 

En pourcentage des capacités nominale

Prévision défavorable

 

En pourcentage des capacités nominale
Yamal-Europe 33 0 0 0,0% 0 0,0%
Ukraine-GTS 68 42 15,12 22,2% 5,12 7,5%
Blue Stream (Turquie) 16 43,8 15,768 98,6% 15,768 98,6%
Turkish stream – 1 15,5 35 12,6 81,3% 7,6 49,0%
Turkish stream – 2 15,5 42,5 15,3 98,7% 15,3 98,7%
Nord Dtream 1 55 68 24,48 44,5% 0 0,0%
Nord Dtream 2 55 0 0 0,0% 0 0,0%
Russie-Finlande 6 0 0 0,0% 0 0,0%
Russo-Balte 2,5 0 0 0,0% 0 0,0%
Total 266,5 231,3 83,268 31,2% 43,788 16,4%
Total – Nord Stream 2 211,5 231,3 83,268 39,4% 43,788 20,7%
Livraisons hors Turquie 180 145 52,2 29,0% 12,72 7,1%

Source : Institut de Prévision Économique – Académie des Sciences de Russie, (INP-RAN) Moscou (communication au Séminaire Franco-Russe des 27-29 juin 2022 de V.V. Semikachev)

Pour le charbon (et le Coke), ils sont importés à plus de 30% de Russie. Ici aussi on peut penser que les sources de substitution seraient aisées. Mais, les mines, aux Etats-Unis, en Pologne, en Australie, travaillent déjà à plein rendement. Les importations de charbon des Etats-Unis équivalaient à 38% des importations en provenance de Russie et celles d’Australie à 30%. C’est dire l’ampleur des accroissements de production nécessaires. Bref, augmenter la production pour remplacer un producteur de la taille de la Russie prendra là aussi du temps, entre 18 mois et 2 ans, et sera couteux.

La question des pays les plus exposés est complexe. Le FMI s’est d’ailleurs penché sur cette question[25]. Si l’on prend le volume d’énergie importé comme indicateur et la taille économique du pays, il est clair que les pays les plus exposés sont l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne et la France. L’Allemagne est clairement la plus exposée à la fois compte tenu du volume d’énergie importée mais aussi des types d’énergie. Pour la France, la question se pose essentiellement pour les carburants, et moins pour l’électricité.

Les sanctions induisent donc une crise globale. Elle affecte non seulement la production d’électricité et de chaleur, mais aussi la production industrielle en raison de l’usage comme matière première industrielle du gaz et du pétrole. Elle affectera donc d’autant plus les pays fortement industrialisés et ayant une industrie chimique et métallurgique importante. Nous sommes ici en présence d’un « effet boomerang » massif.

C. L’impact des sanctions sur la Russie

L’impact des sanctions est indiscutable. Mais son ampleur l’est beaucoup plus. L’étude faite à la Direction du Trésor par Mme Bénassy-Quéré fournit des éléments de réponse mais n’évite pas le travers de l’idéologie[26]. Une étude, réalisée à l’université de Yale, dresse un tableau très sombre de l’économie russe[27]. Néanmoins, cette étude apparait comme idéologiques et aux conclusions extrêmement hâtives faites sur des chiffres de 2 mois et non sur une évolution bien plus longue. Elle relève donc plus de la pure propagande, et ne respecte pas les critères professionnels et universitaires. Les chercheurs de l’Institut de Prévision Économique de l’Académie des Sciences de Russie (Moscou), fournissent une analyse plus réaliste de l’impact des sanctions[28].

Tableau 3

Évolution du PIB trimestriel en Russie

1er trimestre 2022 2ème trimestre 2022 3èmetrimestre 2022 4èmetrimestre 2022 Résultat prévu pour 2022
Prévisions au 11 février 4,5% +1,0% +1,7% 1,9%
Prévisions au 9 mars 5,5% 2,1% 3,2% + 2,2% 3,2%
Prévisions au 6 mai 4,0% +0,4% +1,2% +0,1% 1,3%
Prévisions au 8 juillet -2,4% -1,5% -2,5% -0,9%
Résultats définitifs 3,5% -4,0%
Scénario linéaire* 3,5% -4,0% -4,0% -4,0% -2,3%
Scénario de récupération* 3,5% -4,0% -3,5% -2,5% -1,7%
Scénario d’aggravation* 3,5% -4,0% -5,5% -6,0% -3,1%

(*) Calculs personnels

Source : ROSSTAT (27 juillet 2022) et https://ecfor.ru/publication/kratkosrochnyj-analiz-dinamiki-vvp-iyul-2022/

Sur la base des résultats confirmés par l’agence statistique Russe, ROSSTAT, on peut calculer la « croissance acquise » sur les deux premiers trimestres de 2022 et se livrer à des extrapolations en retenant trois hypothèses :

  1. Le maintien de la dépression mesurée au second trimestre sur le troisième et le quatrième trimestre, ce que l’on appelle le « scénario linéaire ».
  2. Un ralentissement progressif de la dépression se traduisant par une moindre dépression au troisième et au quatrième trimestre. C’est ce que l’on a appelé le « scénario de récupération ».
  3. Un approfondissement de la dépression au troisième et au quatrième trimestre, ce que l’on appelle le » scénario d’aggravation ».

La baisse de PIB apparait faible par rapport aux estimations qui ont circulé dans la presse occidentale. Mais, elle doit être rapportée à l’anticipation de croissance, qui était de 1,9% en février 2022 et de 3,2% en mars. Le coût des sanctions peut alors être estimé au minimum entre -3,7% et – -5%. Ces chiffres ne représentent donc pas des hypothèses de résultats sur 2022 mais la différence avec la croissance anticipée en février. Ils sont significatifs en cela qu’ils indiquent que les sanctions ont au moins abouti à casser la dynamique de croissance du début 2022.

La baisse globale du PIB pour 2022 sera donc probablement de l’ordre de -2%/-3%[29]. C’est, certes, très différent des chiffres qui circulent actuellement dans les pays occidentaux et au FMI et qui tablent sur une baisse du PIB russe de -6% à -8%. Mais, par rapport à la croissance envisagée AVANT la prise en compte des sanctions, cela représenterait une différence significative. On doit aussi signaler que ce « coût » inclut aussi l’impact de la guerre.

Ces résultats indiquent cependant un fort potentiel d’adaptation de l’économie russes aux sanctions. A titre de comparaison, au deuxième trimestre 2020, en raison de la pandémie et du confinement, le PIB avait reculé de 7,4 % sur un an.

Tableau 4

Indices de la production industrielle

Par rapport au même mois de l’année précédente Par rapport au même mois de 2019
Industrie Industrie manufacturière Industrie extractive Industrie Industrie extractive
janv-21 97,70% 99,40% 92,60% 98,30% 94,10%
févr-21 96,30% 97,80% 90,80% 99,10% 92,90%
mars-21 101,60% 104,50% 95,40% 101,10% 111,90%
avr-21 107,10% 114,10% 98,20% 103,40% 98,70%
mai-21 111,70% 111,50% 112,00% 103,90% 101,90%
juin-21 110,00% 107,30% 113,50% 103,90% 98,30%
juil-21 106,80% 103,20% 111,80% 103,30% 101,40%
août-21 104,50% 102,60% 106,50% 102,30% 100,30%
sept-21 106,80% 105,00% 108,80% 104,00% 102,40%
oct-21 107,60% 105,30% 110,80% 104,80% 104,90%
nov-21 107,60% 106,10% 110,70% 105,50% 98,80%
déc-21 106,10% 104,30% 110,00% 106,70% 105,50%
janv-22 108,60% 110,10% 109,10% 105,90% 93,30%
févr-22 106,30% 106,90% 108,70% 105,30% 92,60%
mars-22 103,00% 99,70% 107,80% 104,30% 111,00%
avr-22 98,40% 97,90% 98,40% 102,40% 90,00%
mai-22 98,30% 96,80% 99,20% 102,30% 102,70%
juin-22 98,20% 95,50% 102,30% 102,30% 101,50%

Source : Service fédéral des statistiques d’État, Développement Socio-Économique de la Russie, n°6, p.16-17 table 1, p.18-19, table 2, p.22 table 7, Janvier-juin 2022, Moscou

La situation a été relativement stable dans de nombreux secteurs, à l’exception notable de l’industrie automobile et d’un certain nombre d’autres activités de construction de machines qui dépendent de l’importation de composants. La croissance se poursuit, en glissement annuel, grâce à l’agriculture et le bâtiment. L’analyse statistique du transport ferroviaire de marchandises indique indirectement une reprise progressive des importations à partir de début juillet, ce qui correspond à l’établissement d’importations parallèles et de nouvelles sources d’importations[30]. Ce dernier point est capital, car c’est lui qui indique l’efficacité réelle des sanctions.

Tableau 5

Évolution de la production par secteurs

Par rapport à juin 2021 Par rapport à mai 2022
Agriculture, pèche, activités forrestières 116,3% 95,1%
Construction 98,6% 118,6%
Industries extractives 110,7% 93,4%
Autres industries 99,1% 99,8%
dont
Industries alimentaires 119,9% 95,4%
Industrie textile 138,2% 104,2%
Industrie chimique 110,9% 94,2%
Plasturgie 103,7% 111,1%
Métallurgie 90,4% 90,0%
Équipements 95,2% 99,4%
Équipements électriques 109,0% 119,0%
Autres machines et équipements 102,9% 111,3%
Véhicules automobiles, remorques et semi-remorques 39,0% 114,4%
Fabrication d’autres véhicules et équipements de transport 100,0% 138,5%

Source : Service fédéral des statistiques d’État, Développement Socio-Économique de la Russie, n°6, p.13-14, table 1, Janvier-juin 2022, Moscou

Dans le tableau de la Balance des Paiements que l’on trouve dans le bulletin trimestriel de la Banque centrale de Russie[31], on constate bien une diminution. Celle-ci est factuellement de -22,4% pour le 2ème trimestre. Mais, en comparant le chiffre réel au chiffre potentiel (calculé sur la base du 1er trimestre 2022) elle serait en réalité de -30,7%. De plus il est probable que le coût des importations ait augmenté, ce qui implique une baisse plus forte en volume.

Tableau 6

Évolution des importations en Russie aux 1er et 2ème trimestres 2022

T1 2022 T2 2022 T2 2022 (potentiel)
2022 88,7 72,3 104,38
2021 79,2 93,2
Accroissement 12,0% -22,4% -30,7%

Source : Central Bank of Russia, Russia’s Balance of Payments, n°1-2(Vol. 11) 2022, published July 26th, 2022, Moscow, p. 3.

Quand on sait que les importations ont baissé de -50% pour le mois d’avril et de -30% pour le mois de mai, cela donne une baisse de -12,2% pour juillet. Ce chiffre confirmerait donc une reprise progressive des importations et, par conséquent, une perte d’efficacité des sanctions.

Il est donc visiblement trop tôt pour tirer des conclusions définitives. Cependant, on peut déjà avancer que l’impact des sanctions a été réel mais modéré (avec une perte de croissance comprise entre -2,8 et – 4,1% du PIB) et que l’efficacité des sanctions, très forte au 2ème mois de leur application, est en train de se réduire rapidement. En face de cela, les pays occidentaux, qualifiés « d’hostiles » semblent devoir faire face à un « effet boomerang » massif qui pourrait les conduire à connaître des pertes de PIB du même ordre de grandeur que la Russie.

Conclusion

Il est donc aujourd’hui clair que les sanctions économiques qui ont été prises contre la Russie depuis le 22 février 2022 relèvent de la « guerre économique ». Cela a été assumé par divers dirigeants politiques occidentaux mais n’implique rien cependant sur leur efficacité, et une « guerre économique » peut être tout aussi bien perdue qu’une guerre traditionnelle. Retenons alors les leçons suivantes :

La capacité de sanctions économiques, même très fortes, à arrêter des opérations militaires menées par un pays, ce qui est objectivement le but des sanctions, est historiquement faible. De ce point de vue, il est probable que les sanctions actuelles seront un échec. Cet échec conduit alors à s’interroger sur les conséquences économiques de ces sanctions.

La capacité de ces sanctions à affaiblir durablement l’économie russe est aujourd’hui discutable. D’une part, la taille et l’importance de l’économie russe ont été grandement sous-estimées par les divers gouvernements occidentaux. D’autre part, la Russie n’est pas complètement isolée, loin de là. Enfin, le rapport des forces économiques entre pays appliquant les sanctions et pays ne les appliquant pas n’est pas en faveur d’une efficacité durable de ces dernières. La remontée des importations russes le montre. Il reste à voir dans le moyen terme si cette tendance se confirme et si l’économie russe pourra se réorganiser afin de minimiser l’impact de ces sanctions.

Si les sanctions ont bien eu un impact sur l’économie russe, ce dernier est relativement réduit. Par contre, l’impact des contre-sanctions prises par le gouvernement russe risque d’être élevé, en particulier pour les pays de l’UE. Cet impact traduit aussi la place centrale qu’occupe la Russie comme exportateur de matières premières. Nous sommes donc en présence d’un « effet boomerang » massif même s’il est décalé dans le temps. Le choc des contre sanctions se fera probablement sentir au début de l’année 2023. C’est donc à ce moment-là que se poseront des questions politiques cruciales quant à la poursuite de la politique des pays de l’UE par rapport à la Russie.

Notes

[1] https://www.congress.gov/bill/115th-congress/house-bill/3364/text

[2] Ramdani S., « De Biden vice-président à Biden Président : 5 ans de politique américaine contre Nord-Stream 2 », in La Revue Géopolitique, 2 mai 2021, https://www.diploweb.com/De-Biden-vice-president-a-Biden-president-5-ans-de-politique-americaine-envers-Nord-Stream-2.html

[3] Sinha R. and Talmon S., “Germany considers U.S. extraterritorial sanctions illegal” January 8th, 2020, https://gpil.jura.uni-bonn.de/2020/01/germany-considers-u-s-extraterritorial-sanctions-illegal/

[4] Bēlin M. and Hanousek J., “Making sanctions bite: the EU-Russian sanctions of 2014”, April 29th 2019, VoxEU – CEPR, https://www.consilium.europa.eu/fr/infographics/eu-sanctions-against-russia-over-ukraine/

[5] Van Bergeijk P.A.G., “Russia’s tit for tat”, April 25th, 2014, in VoxEU-CEPR, https://voxeu.org/article/russia-s-tit-tat

[6] https://www.bfmtv.com/economie/economie-social/bruno-le-maire-nous-allons-provoquer-l-effondrement-de-l-economie-russe_AN-202203010131.html

[7] https://www.bfmtv.com/economie/economie-social/bruno-le-maire-nous-allons-provoquer-l-effondrement-de-l-economie-russe_AN-202203010131.html

[8] https://www.consilium.europa.eu/en/press/press-releases/2022/02/23/russian-recognition-of-the-non-government-controlled-areas-of-the-donetsk-and-luhansk-oblasts-of-ukraine-as-independent-entities-eu-adopts-package-of-sanctions/

[9] https://www.consilium.europa.eu/en/press/press-releases/2022/02/25/russia-s-military-aggression-against-ukraine-eu-imposes-sanctions-against-president-putin-and-foreign-minister-lavrov-and-adopts-wide-ranging-individual-and-economic-sanctions/

[10] https://www.consilium.europa.eu/en/press/press-releases/2022/02/28/eu-adopts-new-set-of-measures-to-respond-to-russia-s-military-aggression-against-ukraine/

[11] https://www.consilium.europa.eu/en/press/press-releases/2022/03/02/russia-s-military-aggression-against-ukraine-eu-bans-certain-russian-banks-from-swift-system-and-introduces-further-restrictions/

[12] https://www.consilium.europa.eu/en/press/press-releases/2022/03/15/russia-s-military-aggression-against-ukraine-fourth-eu-package-of-sectoral-and-individual-measures/

[13] https://www.consilium.europa.eu/en/press/press-releases/2022/04/08/eu-adopts-fifth-round-of-sanctions-against-russia-over-its-military-aggression-against-ukraine/

[14] https://www.consilium.europa.eu/en/press/press-releases/2022/04/08/fifth-package-of-sanctions-in-view-of-russia-s-military-aggression-against-ukraine-eu-adopts-restrictive-measures-against-an-additional-218-individuals-and-18-entities/

[15] https://www.consilium.europa.eu/en/press/press-releases/2022/06/03/russia-s-aggression-against-ukraine-eu-adopts-sixth-package-of-sanctions/

[16] https://www.consilium.europa.eu/en/press/press-releases/2022/06/03/russia-s-aggression-against-ukraine-the-eu-targets-additional-65-individuals-and-18-entities/

[17] https://www.consilium.europa.eu/en/press/press-releases/2022/07/21/russia-s-aggression-against-ukraine-eu-adopts-maintenance-and-alignment-package/

[18] https://www.consilium.europa.eu/en/press/press-releases/2022/07/22/russia-s-aggression-against-ukraine-the-eu-targets-additional-54-individuals-and-10-entities/

[19] https://home.treasury.gov/system/files/126/14065.pdf et https://home.treasury.gov/system/files/126/fr87_41589.pdf

[20] https://home.treasury.gov/system/files/126/fr87_47621.pdf

[21] https://www.whitehouse.gov/briefing-room/statements-releases/2022/04/06/fact-sheet-united-states-g7-and-eu-impose-severe-and-immediate-costs-on-russia/

[22] https://home.treasury.gov/system/files/126/fr87_26094.pdf

[23] https://www.state.gov/imposing-additional-costs-on-russia-for-its-continued-war-against-ukraine/

[24] https://worldoil.com/news/2022/8/2/oil-watchers-skeptical-opec-will-heed-biden-s-call-for-oil/

[25] https://blogs.imf.org/2022/07/19/how-a-russian-natural-gas-cutoff-could-weigh-on-europes-economies/

[26] https://www.tresor.economie.gouv.fr/Articles/2022/06/20/russie-le-rouble-qui-cache-la-foret

[27] Sonnefeld J., Tian S., Sokolowski F., Wyreblowski M. et Kasprowicz M., “Business Retreats and Sanctions Are Crippling the Russian Economy”, July 19, 2022, https://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=4167193

[28] https://ecfor.ru/publication/kratkosrochnyj-analiz-dinamiki-vvp-iyul-2022/

[29] Notons que la Banque centrale de Russie anticipait en juillet 2022 une baisse comprise entre -3% et -4%.

[30] Tverdov P., « L’Occident resserre le contrôle sur le respect des sanctions anti-russes » in Nezavisimaya, 11 août 2022, https://www.ng.ru/ideas/2022-08-11/7_8511_sanctions.html

[31] Central Bank of Russia, Russia’s Balance of Payments, n°1-2(Vol. 11) 2022, published July 26th, 2022, Moscow, https://www.cbr.ru/Collection/Collection/File/42212/Balance_of_Payments_2022-1-2_11_e.pdf

Commentaire recommandé

Fabrice // 20.09.2022 à 07h51

Il sera intéressant je pense de comparer aussi l’attitude de L’UE face à l’Azerbaïdjan qui actuellement attaque l’Arménie sans qu’aucun média n’en face un étalage aussi drastique que pour l’agression de l’Ukraine, alors deux poids deux mesures ou politique humaniste ne servant que de prétexte pour nuire qu’à un état en particulier ?

on verra que heureusement certains n’hésitent pas à interpeller van der Leyen sur cette attitude en décalage et son comportement en général (vidéo d’un parlementaire européen s’adressant à celle-ci) : https://youtu.be/La-xcb_uZlE

17 réactions et commentaires

  • Gaspard des Montagnes // 20.09.2022 à 07h33

    Analyse toujours aussi fouillée de Jacques Sapir.

    En fin de conclusion, il indique que « Le choc des contre sanctions se fera probablement sentir au début de l’année 2023 ». Vu ce que l’on voit déjà avec l’énergie et l’alimentaire, je m’interroge sur l’ampleur du choc début 2023 !!

    Comme disait fort justement Raymond Barre : faute d’avoir les moyens de sa politique ; on aura la politique de ses moyens !!

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  • Fabrice // 20.09.2022 à 07h51

    Il sera intéressant je pense de comparer aussi l’attitude de L’UE face à l’Azerbaïdjan qui actuellement attaque l’Arménie sans qu’aucun média n’en face un étalage aussi drastique que pour l’agression de l’Ukraine, alors deux poids deux mesures ou politique humaniste ne servant que de prétexte pour nuire qu’à un état en particulier ?

    on verra que heureusement certains n’hésitent pas à interpeller van der Leyen sur cette attitude en décalage et son comportement en général (vidéo d’un parlementaire européen s’adressant à celle-ci) : https://youtu.be/La-xcb_uZlE

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  • Lev // 20.09.2022 à 08h08

    Succédant et s’additionnant aux conséquences de la dite crise sanitaire qui a mis à mal les chaînes de production et de distribution, à l’organisation de l’inflation par la hausse des taux d’intérêts alors qu’on devrait les baisser pour relancer la consommation (cad la production), ces mesures de rétorsion à l’égard de la Russie participent aux ambitions néolibérales des USA et de l’UE qui organisent volontairement la récession sociale

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  • Savonarole // 20.09.2022 à 11h05

    Malgrès le boomrang , on nous parle quand même de « super-profits » qu’il faudrait taxer en Europe : à qui profitent donc les sanctions ?
    Les prix de marchés qui ont le plus augmenté sont ceux du gaz et de l’alimentation.
    Qui a un sécteur gazier hyper-endetté et une agriculture qui ne survit que grâce aux subventions ?
    Voila voila … j’dis ça , j’dis rien.

      +6

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  • RV // 20.09.2022 à 17h13

    Écarter d’un revers de main, ignorer les études « occidentales » sous prétexte d’idéologie et ne prendre en compte que les sources russes est pour le moins discutable, non ?
    La propagande en temps de guerre est partagée, elle ne saurait se réduire à un seul camp.

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    • Lev // 20.09.2022 à 17h24

      @ RV
      Vous voyez souvent dans la « presse » occidentale des analyses tenant compte du point de vue russe ? On interdit même sur le territoire de l’UE des media russes.
      Ces données sont intéressantes, elles contrebalancent et relativisent les analyses occidentales.
      À chacun d’exercer son esprit critique et sa liberté de penser.

        +17

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      • RV // 20.09.2022 à 17h58

        @ Lev // 20.09.2022 à 17h24
        Sapir n’est pas un « journaliste » il nous propose une « analyse économique » en ne s’appuyant que sur les sources russes à ce qu’il nous dit.
        Je persiste à penser que cela minimise la portée de ses propos.

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        • Dominique65 // 21.09.2022 à 09h51

          « Sapir n’est pas un journaliste »
          Justement ! J’aurais plus tendance à faire confiance sur des sujets économique à un économiste qu’à un journaliste. Surtout quand s’est un (vrai) spécialiste de la Russie. Je trouve ton argument pour le moins curieux.
          Cordialement.

            +16

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  • David D // 20.09.2022 à 18h28

    En fait, si on laisse de côté le problème pourtant inévitable du manque d’énergie fournie, soit l’UE paie plus cher l’énergie ailleurs avec schiste, gaz liquéfié et tout le tralala, soit les russes feront des prix préférentiels à leurs alliés asiatiques divers et des prix élevés aux pays de l’UE. Je ne vois pas comment à court, moyen ou long terme l’Europe peut s’en sortir, sauf à réussir avec les USA à faire éclater la Russie en plusieurs états neutralisés. Les énergies plus chères vont empêcher la réindustrialisation (France) ou entraîner la désindustrialisation (Allemagne) face à des pays asiatiques rendus encore plus compétitifs par les prix préférentiels russes ou la simple fourniture russe. Dire que pour le gaz, il y avait des installations datant de peu ou datant même de l’ère soviétique, il suffisait de tourner le robinet. Là, que d’investissements à venir pour de moins bons prix. Le plus drôle, c’est que même les polonais, les lithuaniens, etc., leur intérêt aurait été de relativiser les différends du passé, ils avaient plus à gagner à être entre une super Europe et une super Russie que l’extrême-occident sacrifiable des Etats-Unis et de l’UE. Mort de rire.

      +15

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  • max // 21.09.2022 à 03h13

    L’embargo est in-fine une bonne chose, non pas pour punir la Russie mais simplement qu’il faut de-fossiliser. Cela va augmenter les problèmes mais il vaut mieux commencer a le faire maintenant car nous avons encore des marges de manœuvres que dans quelques 10enes d’années ou ces marges de manœuvres seront peut-être inexistantes.
    Il faut tourner le dos à la société de consommation pour aller vers une société plus sobre énergétiquement et donc rien à voir avec un embargo envers la Russie, on doit simplement admettre que nos civilisations ont leurs limites et que la société de consommation c’était de toute manière une société faite pour les riches et que des pans entier de la population était de toute manière laissé de côté.
    Pour finir, sur les engrais, quand les humains meurs leurs dépouilles de fait servent de composts, c’est plus visibles sur les champs de batailles mais également dans la société civile, la Reine d’Angleterre au final finira comme les gueux et en Californie les autorités en prennent acte.
    https://www.bfmtv.com/international/la-californie-autorise-le-compost-humain-pour-lutter-contre-le-rechauffement-climatique_AN-202209200688.html

      +1

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    • Dominique65 // 21.09.2022 à 10h07

      La question de l’accélération de la transition écologique est intéressante. Malheureusement, je crains que cette cause ne gagne rien dans cette affaire. Déjà, en Europe (et non en UE car le RU s’est mis dans la même galère), on redémarre les centrales à charbon et on importe davantage des énergies salles genre gaz de schiste. En asie, l’abondance du gaz russe crée des importations de celui-ci jamais atteintrs. Enfin, il n’y a plus de discussion au niveau mondial sur cette transition. Alors l’
      Europe va être frugale certes, mais le réchauffement climatique ne va pas vraisemblablement pas diminuer.

        +6

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    • azuki // 21.09.2022 à 12h39

      Oui mais non, ne te fais pas d’illusion:
      – le gaz et pétrole Russe, on va continuer à en importer mais 40% plus cher en l’achetant en Inde etc, et même indirectement aux Émirats qui vont faire tourner leur centrales avec pour « blanchir » le fossile et vendre plus de leur production certifiée, et de toute manière déjà lors d’embargo précédent on a acheté plus cher du Russe…. aux USA qui violaient ainsi leur propre embargo pour engranger de subsantiels bénéfices ! l’UE est la farce du dindon.
      – Le fossile c’est mal, mais cet embargo booste les pires moyens de production et les projets associés : Gaz de schiste, forage en eaux profondes, exploitation de l’antartique…
      Donc en théorie c’est une belle idée, en pratique ça va être DÉSASTREUX SUR TOUS LES PLANS.

        +11

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      • Lt Briggs // 21.09.2022 à 14h54

        « en théorie c’est une belle idée, en pratique ça va être DÉSASTREUX SUR TOUS LES PLANS. »

        Je suis d’accord avec ça. Et ce qui est vrai pour l’énergie l’est également sur le plan humain. On achète moins de gaz et de pétrole aux Russes-qui-tuent-des-Ukrainiens-par-milliers », mais pour compenser on en achète plus aux Saoudiens et aux Émiratis… qui tuent des Yéménites par centaines de milliers.

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  • José // 23.09.2022 à 09h59

    @ David D : « réussir avec les USA à faire éclater la Russie en plusieurs états neutralisés » c’est un vaste et vieux rêve des élites des USA . S’il devait passer du rêve à la réalité c’est le spectre de la guerre en Europe devant nous et d’une toute autre ampleur ; le chaos, le désastre. Les USA passent leur temps à nous préparer des lendemains qui chantent pour assurer leur prédation sur la planète qui pourra leur assurer le niveau de vie maximum pour le haut du panier de leur société.

      +5

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    • guéguen // 23.09.2022 à 10h29

      De fil en vilaines aiguilles, le résultat pour l’Europe – on commence à le découvrir – pourrait s’avérer, en fin de compte, redoutablement bouleversant.
      Bénéfice pour l’Ogre Sam ? L’Europe, ce « partenaire » aussi secondaire que tapageur, devra plus que jamais, décision après décision, lui laisser le champ libre. D’ailleurs, « les États-Unis sont et resteront la seule nation indispensable dans les affaires du monde » (Obama).

      Regardons plus loin : L’Europe, futur Tiers-monde des USA ? Complément d’une Amérique dite latine, parfois trop revêche ? Pourquoi pas ?
      Car, s’il est contraint à une nouvelle partition des territoires d’affaires, par exemple du fait de l’incompressible Chine, l’Ogre Sam estimera sans doute qu’un joli Tiers-monde, déjà très bon client, de belle étendue et rien qu’à lui, est tout simplement vital.
      Ne serait-ce que pour procurer un champ sécurisé aux nouveaux empereurs GAFAM, à ses sociétés de « conseil », à ses fabricants de puces électroniques en quête d’une alternative pas trop chère à la main-d’œuvre asiatique, à ses Westinghouse et autres, à son gaz de schiste, etc.
      D’autant plus facile si la guerre en Ukraine conduit l’euro à accepter de se transformer en DollarCFA…

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  • mimi // 25.09.2022 à 17h18

    Je pense que Poutine nous aide à correspondre aux souhaits du Giec,grâce à ces sanctions qui ont un effet boomerang pour l’Europe.
    Il est possible d’espérer que nous produisions moins de carbone, le prix est élevé. Une hausse du chomage une chute de l’activité économique…..
    Si nous restons recroquevillé sur nos peurs et angoisses le prix sera encore plus élevé.
    Si nous faisons preuve de soldarité et d’innovations sociales le bénéfice sera là.
    Utopique? certainement mais c’est dans ces périodes charnière de l’histoire que les utopies deviennent réalisable. Faut-il encore croire que l’Homme a les moyens de se dépasser dans les pires contraintes, moi je le crois….

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    • guéguen // 25.09.2022 à 21h01

      « c’est dans ces périodes charnière de l’histoire que les utopies deviennent réalisables. »
      Sans doute as-tu raison, mimi.
      Question : où y a-t-il une utopie à la hauteur ?

        +0

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