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22.novembre.201822.11.2018 // Les Crises

[RussEurope-en-Exil] Coralie Delaume et l’avenir des relations franco-allemandes, par Jacques Sapir

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Le livre que vient de publier Coralie Delaume sur les relations franco-allemandes[1], mais surtout sur les causes et la fragilité de la domination allemande sur l’Union européenne vient à point nommé. Bien sûr, on pense immédiatement aux nombreux livres écrits sur ce sujet, que ce soit par J-P. Chevènement[2] ou par J-L. Mélenchon[3]. Le projet de Coralie Delaume est cependant différent. Il convient donc de la suivre dans son exploration des rapports entre la France et l’Allemagne mais aussi d’une certaine utilisation de l’Allemagne en France.

Le « modèle » allemand n’a jamais existé

Car, c’est bien là où git le problème. Il y a une utilisation particulière de l’Allemagne, une Allemagne fantasmée, à l’histoire réécrite, que décrit fort bien Coralie Delaume dans son premier chapitre. Les divers dirigeants réactionnaires de notre pays, Sarkozy, Hollande te Macron, se servent de cette réécriture de l’histoire économique allemande pour construire ensuite un « modèle allemand », au nom duquel ils cherchent à terroriser les français. Cet usage politique à des fins internes d’un modèle largement mythifié s’est, avec le temps, transformé en une soumission aux projets géopolitiques de l’Allemagne.

Alors il convient de rappeler que le relèvement économique de l’Allemagne doit énormément aux dépenses faites localement par les troupes d’occupation américaines (à une époque, l’immédiat après-guerre où le dollar est une denrée des plus rares), mais aussi au flux constant d’immigrants venus d’Allemagne de l’Est qui, jusqu’à 1961, vont apporter à l’Allemagne de l’Ouest une main d’œuvre à la fois bon marché et dont les coûts de formation ont été supportés par d’autres pays. Rappelons aussi que si les villes allemandes sont en ruines, une large partie de l’appareil industriel allemand n’a pas souffert, ce qui sera constaté par les experts américains dès l’été 1945. Ainsi, l’usine Volkswagen est quasiment intacte, et n’attendra que le bon vouloir des autorités de la zone britannique d’occupation pour redémarrer.

La mémoire collective est encore marquée par l’idée que l’Allemagne est partie de zéro en 1945. Mais, ceci est faux. L’Allemagne, pays fortement industrialisé, est sortie de la Seconde guerre mondiale amputée de ses régions pauvres (passée sous contrôle soviétique) et avec une industrie qui avait en réalité peut souffert des bombardements. Le « miracle » allemand doit alors être comparé à la trajectoire d’autres pays. Si la croissance de l’Allemagne après-guerre est sensiblement meilleure que celle des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne, elle est très proche de celle de la France. De fait, payant le prix de guerres coloniales imbéciles et meurtrières, notre pays réalise une performance économique qui soutient la comparaison avec celle de l’Allemagne, et cela tout en se dotant d’institutions sociales, issues de programme du Conseil National de la Résistance, qui étaient particulièrement avancées.

 

Graphique 1

 

Une économie dépendante de l’Euro

Rappelons, enfin, que les succès actuels de l’Allemagne doivent beaucoup à l’Euro qui inscrit dans le marbre une différence de taux de change réel de plus de 20% entre la France et l’Allemagne (mais aussi au détriment d’autres pays comme l’Italie et l’Espagne) et qui explique largement la « santé » de l’économie allemande[4].

 

Ampleur des appréciations/dépréciations des taux de change en cas de dissolution de la zone Euro

Ajustement moyen Ajustement maximal Ecart avec l’Allemagne

(normal-Maxi)

Ecart avec la France

(normal-Maxi)

France -11,0% -16,0% 26-43%
Italie -9,0% -20,0% 24-47% +2/-4%
Espagne -7,5% -15,0% 22,5-42% +3,5/+1%
Belgique -7,5% -15,0% 22,5-42% +3,5/+1%
Pays-Bas + 9,0% +21,0% 6-6% +20/+37%
Allemagne +15,0% +27,0% +26/+43%

Source : écart des taux de change réels dans le FMI External Sector Report 2017 et consultations d’experts des questions de change réalisées au début d’août 2017

 

Signalons, aussi, la présence de quelques mythes urbains. Bien sûr, l’ordolibéralisme est déjà une théorie largement constituée en 1945. Mais, ce n’est pas cette théorie qui « explique » l’indépendance de la BundesBank, banque qui succède à la « Banque des Landers », la banque qui avait réussi la stabilisation de la monnaie allemande après la crise hyper-inflationniste de 1945-47, comme Banque centrale de l’Allemagne. L’origine de « l’indépendance » de la BundesBank, une indépendance présentée par la suite comme un « modèle » dans de nombreux pays européens et comme le « produit » de l’ordolibéralisme, doit bien plus aux circonstances particulières de l’après-guerre qu’à une véritable démarche assumée dès le départ[5]. Car, initialement, le pouvoir politique devait bien contrôler la Banque centrale. Mais, ce pouvoir politique était représenté par les puissances occupantes, autrement dit des généraux américains, britanniques et français. En 1948, ces officiers supérieurs avaient d’autres chats à fouetter que de contrôler une banque. Ils ne vinrent jamais aux réunions, et l’habitude se prit que les réunions de la Banque centrale se tiennent sans aucune présence des autorités politiques. Konrad Adenauer s’essaiera, dans les années 1950, à rétablir l’autorité politique sur la Banque centrale, pour se voir contré par le SPD dans une savoureuse inversion des rôles.

Coralie Delaume a par contre entièrement raison quand elle décrit une Allemagne aujourd’hui paralysée mais aussi une Allemagne qui institutionnellement n’a rien fait pour mériter la confiance de la France. Si les relations entre individus, entre les peuples, sont apaisées, il n’en est pas de même dans les relations entre Etat, au contraire de ce que prétend Emmanuel Macron. L’Allemagne a refusé le partenariat que de Gaulle lui offrait. L’Allemagne s’est agenouillée à Varsovie en la personne de Willy Brandt. Elle n’a pas fait de geste équivalent pour la France[6].

 

De la CEE à l’UE : l’Europe pour quoi faire ?

Cela conduit Coralie Delaume à poser la question : à quoi sert l’Europe, ou plus précisément, la CEE puis l’UE. Coralie Delaume a ainsi entièrement raison de montrer que les trajectoires des deux pays se ressemblent sur bien des points[7]. Elle souligne alors que si l’idée d’une Europe pacifiée est largement présente de tous les côtés de la barrière, il y a bien des projets européens et non un projet européen. L’équilibre entre ces projets était délicat à réaliser dans les années 1960 à 1980. Coralie Delaume montre bien quel était le projet du Général de Gaulle, un projet dont on a dit qu’il avait été refusé par les dirigeants allemands. Mais, cet équilibre put être peu ou prou maintenu jusqu’en 1989-1990. La chute du mur de Berlin et la réunification allemande condamnent alors cet exercice d’équilibrisme et condamnent par la même occasion alors les élites politiques françaises à choisir. Elles les confrontent aussi à un dilemme évident : comment contenir une Allemagne réunifiée[8]. Pour avoir servi dans ces années charnières comme jeune expert auprès du Ministère des Affaires Etrangères et du Ministère de la Défense, je puis témoigner de ce que l’incertitude et le manque de repères régnaient en maîtres à Paris.

Ces élites vont se retrouver prisonnière tant des choix européens (et atlantiques) fait par François Mitterrand que du modèle discursif qu’elles ont crées de toute pièce depuis la fin des années cinquante en présentant l’Allemagne en modèle économique afin de s’opposer aux revendications des travailleurs français. Cela explique largement le choix de l’Euro qui est fait pour des raisons géopolitiques et non des raisons économiques dans ces années là. Au passage, on peut regretter que la section sur l’histoire de la monnaie allemande au XXème siècle ait trouvé sa place dans ce deuxième chapitre. Un choix bien plus logique, et aurait permis à l’auteur de développer un peu plus cette section, eut été de le mettre dans le premier chapitre.

L’échec du projet français et la question des générations

Coralie Delaume pose alors une question fondamentale : si l’Union européenne a été conçue par les dirigeants français pour tenter de « contrôler » l’Allemagne, a-t-elle un quelconque intérêt pour cette dernière ? Assurément, l’UE a permis à l’Allemagne de répartir les couts de la réunification[9]. Mais, et ce point est essentiel, elle a surtout permis à l’Allemagne d’avancer ses intérêts propres de manière masquée. Ici encore, quelques souvenirs reviennent à la mémoire. En 1990-1993, lors de discussions avec des experts allemands représentants leur gouvernement, ces derniers ne parlaient jamais, ni en public ni en privée, des « intérêts légitimes de l’Allemagne ». Pourtant, ces derniers existaient bien, et ce d’autant plus qu’au travers de la réunification l’Allemagne s’était largement dégagée des contraintes qui pesaient sur elle depuis 1945. Cette situation va évoluer avec la fin des années 1990. L’Allemagne abat progressivement ses cartes, tout d’abord de concert avec la France (lors de la crise de 2003 provoquée par l’intervention américaine en Irak), puis de manière indépendante de la France, enfin de manière contradictoire avec cette dernière.

Cela est rendu, en partie, dans le chapitre trois. Il couvre la discussion des deux conceptions de l’Europe (qui, elle, aurait gagnée à se trouver dans le chapitre 2), mais aussi la trajectoire qui va de l’Acte Unique à l’Euro. Si je peux avancer ici une critique c’est l’absence de réflexion sur le changement de générations en Allemagne, un phénomène qui joua une rôle clef sur la période étudiée qui couvre alors une trentaine d’années.

Ici encore, dans les réunions auxquelles j’ai pu participer, les experts et responsables allemands de la fin des années 1980 ne se comportaient nullement comme ceux du milieu des années 2000. A la fin des années 1980, ces dits experts étaient tétanisés par le risque d’un conflit en Europe, ne remettaient nullement en cause le dogme de la suprématie américaine sous l’aile de laquelle ils escomptaient pouvoir se développer, et étaient fascinés par la perspective de la réunification. Du côté français, peu de responsables admettaient que celle-ci constituait un objectif tant légitime que primordial pour le gouvernement allemand. Le réveil face aux réalités fut difficile. La génération qui arriva aux responsabilités dans les années 2000 n’avait nullement les inhibitions ni les réflexes de la précédente. Elle se sentait dégagée des obligations du post-1945, et ne regardait l’UE que comme un instrument, pensant l’Allemagne dans un cadre mondial et non européen.

Si un reproche peut être formulé à ce livre, c’est peut-être de présenter la politique allemande comme continue et de ne pas donner toute sa place au changement des générations qui fut en même temps un changement des représentations. Mais, ce qui l’on avance sur l’Allemagne vaut aussi pour la France et pour la Grande-Bretagne. Car, n’oublions jamais que les institutions, si elles influencent les hommes sont aussi interprétées par ces derniers.

 

Le dilemme de l’Allemagne : une domination couplée à un processus de décomposition

Par contre, Coralie Delaume identifie très bien le dilemme actuel de l’Allemagne. Cette dernière domine l’UE, et cela non seulement de son poids économique – poids largement magnifié par l’Euro comme on l’a dit plus haut et qui relève effectivement d’un comportement de passager clandestin[10] – mais aussi par son idéologie qui imprègne largement et lourdement les institutions européennes. Cette domination est aujourd’hui admise par les élites françaises qui nous rejouent, en sourdine, le fameux refrain « plutôt Hitler que les front populaire ». Mais, et ce point est fort bien compris, cette domination ne va nulle part. L’Allemagne semble incapable de penser le futur, car, pour reprendre la belle formule de Coralie Delaume, elle n’a plus de désir. De fait, l’Allemagne semble aujourd’hui un pays où le compte d’exploitation tient lieu de projet politique.

Alors, on aurait aimé un quatrième chapitre dressant le tableau des décompositions allemandes. Car, ces décompositions, qu’elles soient politiques (entre la chute aux enfers du SPD et la montée de l’AfD), culturelles ou psychologiques sous le choc de l’arrivée de plus d’un million de migrants, vont peser bien plus sur l’avenir de l’Allemagne et l’avenir de l’UE que la politique de Trump. Ou plutôt, plus précisément, cette dernière met en lumière les contradictions mais aussi les décompositions qui affectent la société allemande. Or, l’évolution de la société allemande nous concerne au premier chef. Elle nous indique les futurs possibles post-Union que nous devrons choisir d’ici quelques années. Mais, une chose est sure ; cette décomposition est en marche et semble même s’accélérer.

 

Le livre de Coralie Delaume remplit donc son office, nous faire réfléchir sur les relations franco-allemandes au-delà de ce miroir aux alouettes que constitue le pseudo « couple franco-allemand ». C’est une question d’une importance fondamentale, pour la France et pour la stabilité du continent européen.

 

Notes

[1] Delaume C., Le couple franco-allemand n’existe pas, Paris, Michalon, 2018.

[2] Chevènement J-P, 1914 – 2014, l’Europe sortie de l’Histoire ?, Paris, Fayard, 2013

[3] Melenchon J-L., Le Hareng de Bismarck, Paris, Plon, 2015.

[4] Les calculs ont été faits par le FMI : http://www.imf.org/en/Publications/Policy-Papers/Issues/2017/07/27/2017-external-sector-report et http://www.imf.org/en/Publications/Policy-Papers/Issues/2016/12/31/2016-External-Sector-Report-PP5057

[5] Biböw, J., « On the Origin and Rise of Central Bank Independence in West Germany », in European Journal of the History of Economic Thought, Vol. 16, 2009, n°1, pp. 155–90.

[6] Delaume C., Le couple franco-allemand n’existe pas, op. cit., pp. 53-63.

[7] Idem, pp. 93-96.

[8] Idem, pp. 109-113.

[9] Idem, pp. 148-150.

[10] Idem pp. 199-201

Commentaire recommandé

Kokoba // 22.11.2018 à 09h23

“a quoi sert l’Europe ?”
A contourner la Démocratie.
4 mots suffisent à tout expliquer. Le reste, c’est juste du détail.

45 réactions et commentaires

  • opposum // 22.11.2018 à 07h44

    Pour ceux qui au cours d’économie dormaient dans le fond de la classe, y aurait-il une bonne âme pour expliquer “le poids [économique] magnifié” de l’Allemagne ?

      +2

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    • DocteurGrodois // 22.11.2018 à 09h01

      ” [l’Allemagne]…domine l’UE, et cela non seulement de son poids économique – poids largement magnifié par l’Euro […]”

      En gros, l’Euro a largement bénéficié à l’Allemagne tandis qu’il a cloué les autres économies sur place.

        +11

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      • isary // 22.11.2018 à 09h22

        sur place,sur place,comme vous y allez,certains ont même l’impression de reculer….En Marche arrière,quoi!!

          +19

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    • François Lacoste // 22.11.2018 à 09h50

      Oui, l’Allemagne est en avance sur nous au plan industriel.

      Répartition des robots dans l’industrie mondiale (à entendre comme la répartition des machines à vapeur au XIX siècle et comme indicateur de l’avancé industrielle des pays concernés).

      Ce qu’est l’industrie de nos jour et le travail posté qui autrefois faisait la classe ouvrière.

      https://humanoides.fr/robotique-industrielle-croissance-mondiale-de-15-en-2014/

      pour ceux qui ont le temps: des exemples allemands et qui pourraient être français sauf que…

      https://www.youtube.com/watch?v=TubOzvqOCmI
      https://www.youtube.com/watch?v=G9We5BWTWXc

        +2

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      • moshedayan // 22.11.2018 à 15h25

        Bah ces vidéos n’ont rien d’exceptionnelles ; les vidéos russes sur “comment on fabrique une lada Kalina, Granta ou Vesta ?” montrent la même chose avec des robots Komatsu et dans les années 80 les robots de soudure, de presse et de peinture existaient déjà chez Skoda et Lada -bloc communiste !. C’est juste qu’il y a plus d’étapes et un peu moins de malfaçon avec les robots d’aujourd’hui. Au fait, les BMW montées en Russie sont considérées comme médiocres à cause de la qualité du montage (électronique surtout) tandis que Hyundai, Kia, Skoda des usines à Kalouga et Lada s’en sortent bien mieux d’après mes amis russes. comme quoi le contrôle qualité humain et des étapes moins robotisées ça y fait

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      • tepavac // 22.11.2018 à 21h39

        Excellente comparaison d’un cycle économique réinventé par H. Ford et qui se poursuit avec l’évolution informatique.
        Il serait cependant faux de croire que ceci est un processus moderne, car il apparait déjà dans l’antiquité de façon tout à fait rationnelle par l’utilisation des chaines dans l’esclavage, puis par une résurgence et un perfectionnement du principe au XVIe siècle et qui ne cesse depuis de s’amplifier.

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    • Fred // 22.11.2018 à 10h51

      L’euro empêche les ré-évaluation du mark par rapport aux autres monnaies.

      De plus il (l’euro) maintient un “Mark” (l’euro en fait) bas grâce au pays du sud, de fait ceci profite au exportation allemande extra-européenne.

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      • yann // 22.11.2018 à 12h05

        Tout à fait Fred. D’ailleurs l’euro n’est plus un problème uniquement européen c’est devenu un problème mondial. Les autres zones économiques ont bien compris que l’Allemagne utilise l’euro pour favoriser ses exportations en dehors de la zone. D’où la réaction américaines mais ils seront pas les seuls à réagir à terme. Les excédents grotesques de ce pays mettent en danger tout la structure de l’économie mondiale.

        Du reste cette fuite en avant est absurde car ces excédents n’empêcheront pas l’effondrement démographique de cette nation et son suicide. Plutôt que d’affronter leur problème de natalité les allemands ont choisi d’exporter leurs difficultés par le commerce, mais c’est une douce illusion que de croire que cela pourra continuer ainsi indéfiniment.

        Au fond les allemands sont effrayés par leur déclin démographique. Et plutôt que d’affronter cette peur ils se lancent dans un délire de puissance commercial comme naguère leurs ancêtres se sont lancés dans des guerres impérialistes à cause de leur peur des russes.

          +11

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    • Iko // 22.11.2018 à 12h14

      plus de détails:
      https://youtu.be/4DDiJU82wy8

        +0

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      • vert-de-taire // 23.11.2018 à 13h32

        MERCI
        cette intervention bien que vidéo est d’une grande concision
        remarquable.
        Bravo merci à David Cayla pour ce ‘Comment l’euro et le marché unique détruisent l’Europe’
        lumineux.

          +1

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  • isary // 22.11.2018 à 07h52

    Intervention de Coralie Deleaume et David Cayla sur le meme sujet

    https://www.youtube.com/watch?v=OpJiVEF0Rn0

    Entendre avant hier sur LCI,Dominique Sceux des “échos”,dans un haussement d’épaule déclarer:”et l’ Allemagne,elle,elle a gardé son industrie”

    Sous entendant qu ‘en France on est vraiment des nullards….On a envie de lui faire écouter ces interventions et de lui dire:”je vous écoute maintenant”

      +19

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  • Basile // 22.11.2018 à 07h56

    voilà qui fait du bien à lire.

    Pour ma part, le terme « couple franco-allemand », prononcé par nos présidents successifs de droite à gauche, et encore récemment par Macron, ce terme m’a toujours hérissé, car il méprise totalement les autres pays de leur si chère UE dont ils se gargarisent, les réduisant à quantité négligeable, n’ayant d’autre destin que de suivre ce fameux phare franco-allemand, si génial.

    et venant de présidents qui n’ont à la bouche que repentance mémorielle envers les colonies, c’est paradoxal. Ils traitent tout bonnement, en bons missionnaires (ou colonialistes ?) les autres pays européens comme des indigènes débiles

    cette contradiction dans leur bouche, dont ils sont incapables de se rendre compte, va bien avec leur fameux faites ce que je dis, pas ce que je fais, et autres deux poids deux mesures.

      +43

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    • Olivier1973 // 22.11.2018 à 09h39

      ” nos présidents successifs de droite à gauche”

      Mais arrêtons de dire qu’il y a eu des présidents “à gauche”.

      C’est une étiquette sur un bocal, mais le contenu du bocal est à droite. La meilleure preuve, c’est quand un président élu par les voix de gauche nomme à l’économie un magicien de l’école Rothschild capable de “consommer” plusieurs millions sans que personne ne sache comment. Demandez à Olivier, il vous confirmera.

        +38

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      • Chris // 22.11.2018 à 11h02

        Ouais bon, disons pour résumer, les présidents dont la feuille de route fut et reste “plutôt Hitler/Merkel que le front populaire” ! Belle image en vérité.
        Macron (comme ses collègues) n’a aucun projet politique national… ni même européen : son unique souci est de récompenser le capital globalisé et de sécuriser le pouvoir de la Phynance.

          +14

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  • Alfred // 22.11.2018 à 08h06

    Par ouïe dire (ça dépasse de loin mes compétences): une industrie toujours vivante et l’industrie est pourvoyeuse non seulement d’emplois industriels mais d’une quantité plus grande encore d’emplois de services (et de consommation si l’on considère l’économie tirée par la demande (ce qui est plus raisonnable que poussée par l’offre); ce dernier point s’essouffle en raison du vieillissement et de la politique d’austérité). Donc une econimie variée sans “trous”. Pourquoi l’ industrie est elle toujours vivante ? Premièrement une meilleure irrigation
    initiale des PME-PMI par “le capital” (et donc une plus large propoetion d’entreprises moyennes (encore une *variété” plus bénéfique que les conglomérats et les auto-entrepreneurs avec un “trou” infranchissable au milieu; il faut que le petit puisse devenir grand si on veut de la “vie” économique. Ce qui s’oppose à la réalité du capitalisme qui desertifie et assèche l’économie.; Quelque part les allemands sont plus “en retard” que les Américains et nous d’un point de vue concentration du capital. Tant mieux pour eux. Deuxièmement une spécialisation précoce sur les bien d’équipements (vendre du fil de pêche plutôt que du poisson pour paraphraser les humanitaires..).
    Ensuite des astuces et une arnaque: l’Euro qui a figé les taux de changes. l’Euro c’est le beurre et l’argent du beurre pour les allemands et le pal pour les autres.

      +13

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  • moshedayan // 22.11.2018 à 08h16

    L’Allemagne a réussi par ses élites “post-90” à trouver les méthodes pour imposer son espace vital “Centrum”, elle vampirise tous les pays de l’ancien Pacte de Varsovie et a même réussi à punir les “Résistants” des Balkans. Le coup d’arrêt c’est le Donbass avec une Russie encore faible mais qui se réaffirme et est capable de mieux défendre ses intérêts. Le Kremlin accepte le “jeu de dupes” qu’est le North stream et le South stream avec l’Allemagne tant que celle-ci lui apportera des technologies qu’elle veut obtenir rapidement, mais le Kremlin mise tout sur le redressement “industrialo-scientifique” national et sur l’aide de l’Asie (Chine, Corée, Japon). En clair, si l’Allemagne ne révise pas ses ambitions, la Russie sera son principal adversaire et lui fera comprendre ce qu’il faut (ça suffit !).
    Selon moi, ce n’est pas du long terme mais du moyen terme,

      +9

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  • LBSSO // 22.11.2018 à 08h28

    Couple franco-allemand ou la chance du cocu.
    Certes dans son livre C Delaume insiste peu sur le jeu des générations allemandes.Toutefois , elle a le mérite d’ écrire clairement :
    “Encore faut-il rappeler que l’Allemagne qu’il s’agit alors d’épouser [période Adenauer/ de Gaulle] n’était absolument pas celle que nous connaissons aujourd’hui.Elle était tronquée ,pénitente, un peu provinciale et dirigée depuis Bonn par un vieux chancelier rhénan francophile et catholique ayant connu les deux guerres mondiales.Rien à voir avec la superpuissance commerciale qui nous jouxte à présent, détentrice d’un excédent commercial faramineux” (p 108).
    ” (…),Paris n’a pas vu se produire la lente métamorphose de l’Europe, la montée vertigineuse de l’Allemagne et sa propre relégation périphérique” (p 22).
    Il y a ceux qui ne voyaient pas (à Paris et chez les français) et ceux qui se taisaient pour respecter le dogme politico-médiatique du “couple franco-allemand”. Les mêmes comprennent-ils “que se multiplient les signes annonciateurs d’une effondrement sur elle-même de cette “Europe Allemande” ?(p 23).
    Les cocus vont-ils alors se regrouper autour de la belle en cercles concentriques ou profiter de leur chance ?

      +20

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    • RGT // 22.11.2018 à 18h02

      “Couple franco-allemand ou la chance du cocu”.

      Votre remarque ma fait penser que dans un couple il y a normalement un des membres qui joue le rôle du “mâle” et l’autre celui de la “femelle”.
      Toute pensée sexiste étant totalement étrangère à cette remarque bien sûr (pour ne pas me faire traiter de gros macho misogyne).

      Dans cette relation de couple, qui est “dessus” (dominant) et qui est “dessous” (dominé) ?

      Pas besoin de vous faire un dessin, vous aurez tous compris.

      Et surtout c’est toujours celui qui est “dessous” qui se fait cocufier…

        +2

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  • Kokoba // 22.11.2018 à 09h23

    “a quoi sert l’Europe ?”
    A contourner la Démocratie.
    4 mots suffisent à tout expliquer. Le reste, c’est juste du détail.

      +58

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    • Geof’ // 22.11.2018 à 09h59

      très juste, Kokoba,

      en tant que communiste, c’est pour moi évident : il y a un phénomène dialectique entre le politique et l’économique, Yin/Yang.

      la volonté des peuples n’est pas bonne pour les affaires, on neutralise donc les règles politiques de la démocratie pour imposer le neo-libéralisme…

      sans un seul coup de feu tiré !!! pire : on a des millions de gauchistes élevés au pacifisme castrateur – “la violence, c’est mal” : comment s’en sortir si tout est bouché et si pour déboucher, il faut violer leur loi émasculatoire ? même le mot “émasculatoire” est rejeté par le correcteur automatique !!!!

      Geof’, neo-communiste belge

        +17

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    • Ardéchoix // 22.11.2018 à 10h07

      “a quoi sert l’Europe ?” à avoir un parlement aussi appelé EHPADA : Etablissement d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes de l’Argent

        +14

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    • chokk // 22.11.2018 à 16h30

      “La construction européenne est une entreprise de protection de l’investissement”
      Ces mots de Noam Chomsky sont pour moi la description la plus concise et juste de l’UE.

        +7

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    • caliban // 22.11.2018 à 17h18

      “a quoi sert l’Europe ?”

      … à remplacer l’OMC.
      Car les populations victimes de cette escroquerie ne se limitent pas à notre continent.

        +1

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  • Pierre D // 22.11.2018 à 09h45

    «(…)mais aussi au flux constant d’immigrants venus d’Allemagne de l’Est qui, jusqu’à 1961, vont apporter à l’Allemagne de l’Ouest une main d’œuvre à la fois bon marché et dont les coûts de formation ont été supportés par d’autres pays. »

    Le voilà le "modèle allemand", c'est même le modèle universel. Ce n'est pas un mystère.

    Merkel avec ses immigrés l'avait bien compris (autant que ceux qui protestent contre).

    …il nous suffit d'armer l'Aquarius. Mais attention, la santé de l’économie allemande, ce n’est pas la santé des Allemands.

      +13

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  • christiangedeon // 22.11.2018 à 10h07

    Les premiers paragraphes sont particulièrement intéressants.En effet,ils mettent en relief le fait que l’industrie allemande du Reich a été en grande partie épargnée par les bombardements qui ont rasé bien des villes dans le ,cadre de la stratégie alliée. ( Dresde est un exemple bien connu ). Et alors que les ports français notamment avaient été réduit,sans nécessité,en cendres,l’exemple du Havre étant le plus frappant. On peut se perdre en conjectures plus loins sérieuses sur le comment du pourquoi,mais c’est un fait. Pour le reste,nous savons ce qu’il en est. Au début condominium franco allemand,l’UE va vite se transformer en ligue des pays germaniques et nordiques,opposée à une europe du sud qui ne réussira jamais à avoir des positions communes.L’abandon de la direction de la (grosse) commission et de la banque centrale européenne aux “nordistes ” en est la conséquence visible…hier ,c’est un vague lithuanien ou letton,je ne sais plus,qui a donné des leçons à ….l’Italie,avec une arrogance extraordinaire. les “nordistes font bloc,les sudistes sont divisés,et on ne sait plus très bien si la France est France…ou Frankreich dans cette affaire.

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  • Basile // 22.11.2018 à 10h12

    j’avais complètement oublié ce refrain « plutôt Hitler que le front populaire », tant un autre, également en sourdine, l’a remplacé : « plutôt l’Allemagne que la Russie »

    élites d’avant guerre et d’aujourd’hui, mêmes intérêts. (mêmes collaborations ?)

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    • christiangedeon // 22.11.2018 à 13h23

      Notez bien cher monsieur que nous avons l’équivalent avec mieux vaut être rouge que mort…jeu de mots tellement germùanique de l’époque de Baader meinhoff les assassins psychopathes.

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  • Nerouiev // 22.11.2018 à 10h12

    Cet article m’a beaucoup éclairé dans un domaine resté très obscur pour moi et jamais débattu. J’en étais resté à une vision beaucoup plus financière mais qui arrive à la même conclusion telle que présentée par Charles Gave :
    https://institutdeslibertes.org/lallemagne-face-a-son-destin/?fbclid=IwAR3S9do9opL0SKl51GROupUyNowo996d1_dbcSGgeo_j4scGxtApiNWs_J4

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  • werrebrouck // 22.11.2018 à 10h53

    L’euro, formidable outil au service de la domination allemande reste hélas très populaire et les Echos se félicitent que les 2/3 des citoyens des 19 Etats de la zone jugent que la monnaie unique est un avantage pour leur pays….la servitude volontaire au profit de l’Allemagne…..Pour une vision un peu différent on pourra lire le texte suivant:
    http://www.lacrisedesannees2010.com/2018/11/dette-publique-epouventail-comptable-et-imperium-allemand.html

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    • Larousse // 22.11.2018 à 15h34

      Ne désespérez pas un collègue m’a rappelé l’échec de la “Livre Hanséatique” jadis, un projet allemand encore /
      donc l’effondrement de l’Euro deutsch ! va bientôt arriver, selon quelques experts (muselés par les médias ???)

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  • tepavac // 22.11.2018 à 14h12

    Analyse prudente sur une relation particulière entre deux nations sœurs.
    Si prudente qu’elle en occulte habilement un facteur essentiel, celui de l’assujettissement d’un pouvoir politique Allemand, puis Français, aux lois d’une construction à l’esprit impérial et dont l’origine remonte au moins à la seconde guerre mondiale (liste des billets et des dossiers très documenté sur le site).
    L’empire sous une autre forme et un autre nom.

    Comme beaucoup ici je comprends la nécessité d’une organisation mondiale de la gestion des populations ET de la planète, c’est une condition sine-qua-non si l’on souhaite rendre l’avenir meilleur pour le vivant, sinon pour nous même.
    Mais pourquoi faut-il toujours, pour parvenir à réaliser un bienfait humain, emprunter la voie et les mécanismes des rapports de force, par la destruction des bases et par des conflits ininterrompus ?

    C. Delaume parle de décomposition, elle se trompe, nous sommes face à un processus de confrontation entre un monument Euro-Atlantique dont les étages s’empilent dangereusement et la base, sur laquelle s’est construit cet édifice.
    Cette base ne supporte plus le poids et l’architecture politique désordonnée dans laquelle ces populations doivent vivre.
    Ces désordres dans la conception de cet édifice engendrent naturellement toutes sortes de corruption, passant par la fraude tristement vénale (les valises, fuite des capitaux, fraudes aux impôts), par la corruption idéologique et intellectuelle (manipulation de l’information) ou encore par la corruption des autorités et des hiérarchies dans la société (violations des bases fondamentale de la Constitution).
    Ceci est tant visible et provoquant tant l’opprobre générale que finissent par naître des oppositions manifestes au monde politique en général, et à certaines lois fiscales inégalitaires en particulier.

    Le mouvement des gilets jaune démontre si besoin était qu’il ne s’agit pas de décomposition, ce qui laisserait supposer qu’un pouvoir incompétent est mit sur la sellette sous la pression d’une confrontation radicale entre les différentes composantes politiques, ce qui n’est pas le cas , pas encore, mais d’une réelle opposition de la base populaire contre toutes les autorités en général.

    Trop de mensonges, trop d’injustices et trop de guerres.

    Pardonnez ce long plaidoyer sur une appréciation somme toute personnelle de la situation, mais un observateur actif de notre site(nous sommes adhérents), qui nous affabule publiquement de communauté complotiste, affirme que les “révolutions de couleurs” sont le résultat d’un attachement des populations lointaines envers notre modèle de vie et que nos pays les soutiennent par empathie altruiste. (voilà son opinion sur la question, https://tempspresents.com/2015/05/15/les-revolutions-de-couleurs-coups-detat-fabriques-ou-soulevements-populaires/ )

    Je veux bien le croire, seulement pourquoi fournir des armes, seulement qui ou quoi va soutenir et orienter nos propres révolutions, qui fournira les armes?……

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    • Larousse // 22.11.2018 à 15h52

      tepavac vous avez raison de désespérer, tiens avez-vous entendu l’opportuniste Aurore Bergé parler à propos des “gilets jaunes”, c’était touchant !!! sans plus de commentaires, ps. ex-juppéiste, macroniste et “jauniste” ou non “jaune” plutôt style grève des mineurs

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      • tepavac // 22.11.2018 à 23h14

        Je ne désespère pas, je réagis au terme employé par C. Delaume pour évaluer la situation Allemande, alors que depuis trois jours, je suis à l’étude d’un sujet délicat qui se propage en Europe. Cela influe forcément sur un autre type de lecture. Je suis inquiet, comme beaucoup.

        Merci cela me permet de me corriger moi même, lire “qui fournira des armes et qui fournira des micros”, dit plus simplement qui nous pousse à la guerre et qui nous soutient pour la paix.
        “seulement pourquoi fournir des armes, seulement qui ou quoi va soutenir et orienter nos propres révolutions, qui fournira les armes et qui fournira les micros?……

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  • guzy // 22.11.2018 à 15h15

    Pour paraphraser Marx, un fantôme hante l’Europe depuis 1 500 ans : Rome. Le rêve de la monarchie universelle unie par une foi commune, portée par l’Eglise, refait surface régulièrement. Ce n’est pas un hasard si les démocrates-chrétiens européens (c’est-à-dire en fait surtout des catholiques à l’époque pas encore zombies) furent si moteurs dans la construction de l’UE.
    L’Empire carolingien fut une première tentative sans lendemain. D’autres tentatives ont eu lieu depuis, sur un fondement religieux d’abord depuis laïcisée : St Empire Romain Germanique, Empire Habsbourgeois, Empire Napoléonien, Europe hitlérienne. Le projet “européen” au Moyen-Age pouvait même encore paraitre atteignable : une langue politique commune (le latin), une religions commune, le poids moral de l’Eglise romaine. Mais plus on avance, plus les monarchies, socles des futures nations s’affirment. La Réforme est un moment important : l’Europe perd même son unité religieuse et les affirmations nationales s’accélèrent. Cf la guerre de Trente ans qui scelle le destin de l’empire romain germanique et acte les divisions politiques et religieuses de l’Europe germanique. La réunification allemande viendra plus tard par la constitution ….d’une Nation (tiens tiens) transcendant les différences religieuses.

    A compter du 16ème siècle, Il y a à mon avis une loi essentielle de l’histoire européenne : toute tentative de reconstituer l’unité européenne devenant de plus en plus difficile, elle se solde invariablement par de grandes difficultés voire une catastrophe pour la l’Etat qui porte ce projet, malgré des succès initiaux : le rêve de la reconquête catholique par les Habsbourg a ruiné l’Espagne dans des guerres interminables jusqu’au Traité de Westphalie, l’épopée napoléonienne fut militairement extraordinaire mais in fine catastrophique pour la France et bien sûr inutile de s’étendre sur l’Allemagne nazie.
    L’Europe est trop diverse, trop peuplée pour qu’un seul État, malgré sa puissance intrinsèque, puisse durablement la gouverner. Ce projet finit par épuiser celui que le porte et d’une certaine manière c’est ce qui arrive à l’Allemagne qui vainc par l’€ mais n’a pas les moyen des transferts budgétaires nécessaires au maintien de cette monnaie, mais qui serait la principale victime de la fin de l’€.

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  • Vincent P. // 22.11.2018 à 15h21

    L’Allemagne a toujours été l’obstacle à l’Europe “de Brest à l’Oural”.
    Au temps des cousinades des grandes familles royales , la branche Grand-Bretonne de la famille fit tout pour que les branches Russes et Allemandes ne fissent jamais jonction : cela aurait réduit à néant l’impérialisme anglais déjà assez mal en point. Celui-ci organisait d’ailleurs dès 1913 le camouflage et le transfert de sa puissance financière outre-Atlantique derrière le Dollar et la Fed.
    Cela donna un beau conflit mondial en deux temps, et Guillaume 2 et l’Allemagne firent de parfaits boucs-émissaires du premier acte…
    On peut ensuite s’interroger sur les actuelles puissances industrielles allemandes ou japonaises, qui comme perdants à l’issue de l’acte 2, n’investirent pas, eux, dans les activités militaires… à méditer peut-être.

    Aujourd’hui cependant, c’est la Réal-politique qui parle : les besoins énergétiques de l’Allemagne l’obligent naturellement à se connecter à son Est, à accepter-bien sûr!- sa position de terminus du projet OBOR Chinois et de hub gazier en bout de ligne des tubes jumeaux Russes en Baltique :
    L’OTAN en panique doit déplacer sa frontière du risque plus à l’Est : Estonie, Pologne, Roumanie, Hongrie,etc. il faut à tout prix couper le vieux continent de ses terminaisons nerveuses eurasiatiques! (Jean-Claude Druncker dusse-t-il par exemple aller ramper à Washington pour promettre que nous ne verrons aucun inconvénient à acheter bien plus cher du gaz liquéfié américain !)
    C’est un échec total.
    La dédollarisation des échanges de flux de matières premières (consécutive à la politique de sanctions des Etats-Désunis devenus fous à lier) entrainera nécessairement -et très vite !- l’Euro-Mark dans sa chute, et nous avec;
    Et l’Allemagne, que ce soit par ses nouveaux choix géostratégiques ou par le risque auquel est exposé Deutsche Bank, sera à nouveau, je crois, au cœur du déclenchement de l’acte 3, qui me semble de plus en plus inévitable, acculturation massive oblige. N’est-ce pas Manu ?

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  • ty89 // 22.11.2018 à 16h14

    @Olivier1973
    Vous avez raison, la gauche et la droite n’existe pas. Et ça donne une superbe excuse pour tous “le peuple de gauche” qui a voté massivement pour Mitterrand, Hollande et même maintenant Macron.
    En gros ça donne aux choix :
    – J’ai voté pour lui pour contrer le FN car je suis gentil et le FN c’est méchant et fasciste.
    – Je me suis fait duper par l’étiquette du bocal. Mais promis je voulais l’inverse !

    En gros c’est jamais leurs faute.
    Moi ma théorie c’est qu’une très grande majorité de ce “peuple de gauche” n’est pas honnête avec lui même. Une bonne partie de ces gent font parti de cette “gauche caviars” boboisé hypocrite et cynique.
    Ils n’admettent jamais qu’en fait ils pensent qu’a eux et leurs enfants (ce qui en plus n’a rien d’anormal je trouve…).

    La droite c’est plus honnête sur le sujet économique personnel “je pense qu’a moi et a mon argent et les autres n’ont qu’a se prendre en main”. Le coté hypocrite de la droite est plutôt du fait qu’il désigne le coupable du marasme économique actuel comme étant l’immigré. Alors que c’est précisément les patrons (généralement plus a droite) qui on produit la désindustrialisation massive de la France et en corollaire sont appauvrissement.

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    • Alfred // 22.11.2018 à 19h23

      Je ne sais pas où vous vous situez mais bobo de gauche j’ai voté contre Macron (=pas blanc ou mais pour l’autre). Et je constate que certains gilets jaunes sont des retraités de droite qui ont voté pour l’escroc (réformer le pays “derrière eux”.. et paf). Je reproche à ceux qui sont économiquement à droite de sur estimer régulièrement leurs mérites et de sous estimer
      très souvent ce qu’ils doivent à leur environnement. (On pourrait dire que les trouve malhonnête selon votre terminologie). Je vous rejoins sur le fait que tout ceci est anecdotique face au mauvais coups qui nous sont fait. Plutôt que droite et gauche il ne reste que les souverainistes qui croient en l’action politique collective et en la démocratie contre les mondialisatistes dont le ressort principal est la prédation (parfois ouvertement mais le plus souvent en passagers clandestins profitant de nombreuses injustices dans même vouloir l’admettre).

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  • Yves.JM // 22.11.2018 à 20h48

    Mr Sapir, vous réagissez à ce livre comme un professeur qui corrige une copie d’élève. C’est dommage, Coralie Delaume a son propre cheminement intellectuel qui mérite toute notre considération.

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  • lon // 22.11.2018 à 21h17

    ah le couple franco-allemand, comme notre enfance et adolescence furent bercés par la douceur de cette union après 200 ans de galères et quelques millions de morts , quoi de plus normal que de l’alliance des anciens ennemis sorte enfin l’Europe unie, garante de la paix entre ses peuples et grand espace économique pour ne rien gâcher …ah l’Allemagne des années 70 , où les jeunes générations gazouillaient dans la communion écologique et le pacifisme irréductible, quoi de mieux sur cette planète que la social-démocratie rhénane , Willy Brandt mon modèle , la plaine du Rhin au printemps, que mille arbres fleurissent …le grand cocu dans ce couple est bien la France , où le sentimentalisme bêlant se pare de froide rationalité , où on n’a jamais voulu voir que les Teutons n’en avaient rien à f…de la France ,et que leur mouvement naturel les portait à remettre la main ( économique ) sur l’Europe de l’Est et le grand large vers la Sibérie et ses richesses , on n’envoie plus de divisions blindées, on investit, et c’est mieux pour tout le monde . Le jour où l’Allemagne estimera qu’elle n’a plus besoin de l’Europe, elle larguera les amarres sans états d’âme .

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  • Grub // 23.11.2018 à 00h07

    Après que l’allemagne aura perdu la prochaine guerre il faudra la faire revenir à une fédération de petits états du type saint empire germanique. Tous les allemands ne sont pas des prussiens.

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    • Jérôme // 23.11.2018 à 08h21

      Référence particulièrement intéressante.

      Vous dites « tous les allemands ne sont pas des prussiens ».

      A priori vous avez raison. Après la seconde guerre mondiale, les alliés vainqueurs ont déprussianisé l’Allemagne, c’est-à-dire brisé son militarisme impérialiste. Et cela a marché. Les allemands sont pacifiques, partisans des solutions démocratiques. L’armée allemande est rikiki, a très peu d’équipements disponibles et sert surtout à verser de gros salaires à des gars auxquels on fait porter des uniformes et c’est très bien comme cela. Il ne faut surtout pas que cela change.

      Parce qu’en fait, l’impérialisme allemand a survécu et s’est réfugié dans la sphère économique. L’Allemagne est fortement mercantiliste. Elle cherche à tout prix à réaliser des excédents sur le dos des autres, c’est-à-dire à éviscérer les industries des autres pays, et d’abord des autres pays européens comme Christian Saint-Etienne l’expliquait très bien voici déjà une dizaine d’années.

      Mitterrand, Delors et Rocard, ont été des imbéciles incompétents, avec une mention spéciale pour Delirs et Rocard qui se piquaient de s’y connaître en économie alors qu’ils ont négocié pour imposer une solution défavorable à tous les pays européens sauf l’Allemagne, et tellement favorable à l’Allemagne que celle-ci n’osait même pas en rêver jusqu’à ce que les grands patrons allemands, qui eux n’avaient pas les scrupules des politiques, convainquent Kohl de donner à ces idiots de dirigeants français ce qu’ils voulaient hormis bien sûr une union de transferts budgétaires. Et depuis ils engrangent.

      Et nos fondés de pouvoir de l’Allemagne, quand ils se rendent à leur maison mère germanique, se piquent d’entonner la doxa allemande et de débiner le pays et le peuple qu’ils ont la charge de tenir en laisse.

      Bref, le problème ce sont les élites dirigeantes françaises qui depuis 30 ans ne défendent plus les intérêts de la France. La France est trop « petite » pour leur « immense talent » et ils veulent la céder à un plus grand ensemble en obtenant des places pour eux au CA de la nouvelle entité fusionnée sous directoire germanique ou américain.

      Toute analogie avec les dirigeants français d’il y a 3 générations est bien sûr complètement fortuite.

      Quoique …

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  • cathmic // 23.11.2018 à 16h00

    Le fonctionnement de l’UE me fait penser à ce qu’on disait du football : “c’est un jeu qui se joue avec un ballon et deux équipes de 11 joueurs …. et à la fin c’est l’Allemagne qui gagne”.
    La France veut limiter la puissance allemande et pense y parvenir via l’Euro et … on connait le résultat
    La GB veut limiter l’unification européenne et pousse à l’élargissement à l’Est au plus vite et …. l’Allemagne se retrouve avec des sous-traitants bien formés qui produisent sous l’étiquette “Made in Germany” et la GB avec un Brexit pas très favorable pour limiter la liberté de circulation des personnes.

    Le pire est que les dirigeants allemands ne le font peut-être même pas exprès, mais savent exploiter les possibilités que nous leur donnons : l’Allemagne gagne grâce aux buts que nous marquons contre notre camp.

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  • Renaud // 24.11.2018 à 11h11

    Assez d’accord avec les commentaires ci-dessus.
    Je le répète comme souvent : la France et l’Allemagne peuvent former un équilibre mais surtout pas un couple. Nos présidents et nos “élites” veulent faire un mariage forcé car ils sont au service d’intérêts qui se sont en rien français.
    C’est la continuation de la même attitude des dirigeants français en des époques très différentes, et ce, depuis 1870 et la Commune de Paris…
    L’ “Europe”, très bien analysée par certains est quelque chose qu’on veut nous faire avaler de force, un mélange infect de bière et de vin. Beurk!!! …

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  • canette34 // 24.11.2018 à 11h23

    À noter également — ce qu’explique Adam Tooze dans sa belle somme, Le Salaire de la destruction — que bon nombre de projets de modernisation économiques entamés sous l’Allemagne nazie ne porteront leurs fruits qu’après la guerre. On est en effet bien loin d’un départ depuis zéro à la sortie de la guerre.

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  • FOX31 // 02.12.2018 à 00h49

    Kokoba
    “a quoi sert l’Europe ?”
    A contourner la Démocratie.
    4 mots suffisent à tout expliquer. Le reste, c’est juste du détail.

    En lisant vos différents commentaires je constate que pour beaucoup d’entre vous c’est l’Allemagne qui sort grand gagnant de l’euro . Personnellement je ne suis pas d’accord avec ça . L’ Allemagne exporte énormément aux autres pays dans l’UE et hors UE et donc elle bénéficie d’un PIB conséquent mais les véritables gains des entreprises allemandes ou vont ils ? Dans les poches des travailleurs allemand ? Certainement pas, dans les caisses de l’état allemands ? Certainement pas non plus avec l’union européenne les grandes sociétés utilisent des montages financiers pour ne pas payer d’impôts ou du moins très peu . Alors ou va l’argent ou vont les bénéfices de TOUTES ces sociétés hyper compétitives allemandes ? Qui récupère tout cet argent ou va l’argent de la fraude fiscale de l’optimisation fiscale évasion fiscale
    Dans la poche de qui pouvons nous retrouver cet argent
    Qui bénéficie réellement de l’euro ?
    Voilà pour moi la vrai question qu’il faut se poser .

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