Billet invité

Le 12 novembre 1942 arrivèrent sur la base de Rayack, en Syrie, trois C-47 (appellation militaire du DC-3) qui devaient transporter les pilotes et mécaniciens français, désignés pour constituer le GC-3 (3ème Groupe de Chasse) « Normandie » vers Bagdad, d’où ces personnels rejoindraient Téhéran puis Ivanovo, à 250 km de Moscou. Ainsi débutait ce qui allait devenir l’épopée du Groupe de Chasse le plus connu de Forces aériennes françaises libres (FAFL), le célèbre « Normandie-Niémen ».

Le capitaine Alfred Littolff et le commandant Jean Tulasne en juillet 1943, sur le front russe, avec des pilotes français et russes

Cette date du 12 novembre est symbolique des difficultés rencontrées des deux côtés, que ce soit du côté des Français Libres ou des Soviétiques. Pour ce derniers, on est en plein dans la bataille de Stalingrad[1]. Si les troupes allemandes de Paulus, le commandant de la 6ème armée, ne progressent plus dans une ville qu’elles ont conquises à 90%, la contre-offensive, que les soviétiques appellent l’opération « Uranus », n’a pas encore débutée. Elle ne commencera que le 19 novembre 1942. La contribution française, pour symbolique qu’elle soit, est venue non pas dans les temps plus faciles de 1943 et 1944, mais au moment ou tout était en suspens, où se décidait le sort de la guerre.

Pour les Français Libres, la situation n’est pas non plus des plus faciles. Si la France Libre est sortie de la phase d’improvisation et de bricolage qui fut la norme jusqu’à la fin du printemps 1941, elle reste très faible. Les pilotes, puisque l’on est dans le domaine aérien, sont essentiellement des évadés. Il en est ainsi du premier chef « opérationnel » du Normandie, le commandant Jean Tulasne. Le général de Gaulle se bat politiquement pour la reconnaissance de la France Libre comme seul représentant légitime de la France, une bataille gagnée auprès des britanniques, mais bien plus difficile face aux Etats-Unis qui maintiendront, jusqu’au débarquement en Afrique du Nord, des liens étroits avec le régime de Vichy. Dans ce contexte, le projet d’envoyer une unité, aussi faible soit-elle, se battre avec les soviétiques fait sens. Elle symbolise la reconnaissance de la France Libre par le régime soviétique. C’est ce qui explique que les négociations concernant l’envoi de cette unité ont commencé fort tôt, dès décembre 1941, et se sont conclus positivement en juillet 1942.

Le GC-3 « Normandie », au 12 décembre 1942, se compose de 14 pilotes[2], certains très expérimentés (comme Tulasne, Littolff, de La Poype et Albert) et d’autres qui le sont beaucoup moins. Ils se sont entraînés, depuis le mois d’octobre, sur des Dewoitine D-520, survivants des combats fratricides de Syrie, les avions n° 303 et 397.

Le voyage, commencé donc le 12 novembre, s’achèvera le 2 décembre sur le terrain d’Ivanovo. Entre-temps, les pilotes auront pu apprendre le sabordage de la Flotte française à Toulon (le 27 novembre 1942). L’entrainement commence immédiatement et, le 11 mars 1943, l’unité est présentée à la hiérarchie soviétique comme étant opérationnelle. Elle compte alors 14 pilotes, dont 9 sont considérés comme bons ou excellents. Elle est envoyée au combat de 22 mars 1943, et elle opérera durant toute la guerre au sein de la 303ème division de chasse de l’Armée Rouge (VVS-RKKA), commandée par l’une des figures charismatiques de la Chasse soviétique, le général Guéorguy N. Zakharov[3]. Le « Normandie », auquel de nouveaux pilotes sont régulièrement envoyés, combattra au-dessus de Koursk, Smolensk et Ielna. Quand il est (provisoirement) retiré des opérations en novembre 1943, il aura acquis 77 victoires mais au prix de 21 pilotes, tués, prisonniers ou disparus.

Le GC-3 subira de lourdes pertes dans l’ensemble de la guerre, (42 pilotes tués dont 30 en opérations aériennes), mais il deviendra le Groupe de Chasse ayant acquis le plus de victoires de la chasse française durant la seconde guerre mondiale (273 victoires confirmées, 38 probables). Il a acquis une réputation égale à nulle autre auprès des forces armées soviétiques, et le gouvernement de l’URSS lui accordera le nom de « Niémen » pour sa contribution, en 1944, à la couverture aérienne du franchissement de ce fleuve par les forces soviétiques. Le GC-3 sera fait « Compagnon de la Libération » par le général de Gaulle[4]. Il sera re-complété à de nombreuses reprises (1943, 1944 et 1945) pour combler les pertes[5].

Les pilotes survivants connaîtront des sorts divers après-guerre, certains restant dans l’Armée de l’Air, connaissant des belles carrières (comme le général Delfino) ou périssant en mission commandée. D’autres entreront dans la vie civile. C’est le 17 février de cet année qu’est décédé le dernier des pilotes survivants, G. Taburet[6].

Sa contribution fut, certes, symbolique. Mais, certains symboles pèsent lourd. On retiendra l’un de ceux-ci. Le 15 juillet 1944, lors d’un vol de convoyage pour rejoindre un aérodrome plus proche du front, Maurice de Seynes est victime d’une fuite d’huile qui l’aveugle et provoque un début d’incendie de l’avion (Yak-9). Il pourrait sauter. Mais, dans le coffre de l‘avion, situé juste derrière le pilote, il a embarqué son mécanicien personnel, N. Bielozub, qui ne porte pas de parachute. En dépit d’ordres répétés, envoyé à la radio par le commandement soviétique tout comme par le commandant du Groupe, Delfino, de Seynes se refuse de sauter et tente de se poser. A chaque fois, aveuglé, il manque la piste. A la quatrième tentative, l’avion décroche à l’atterrissage et s’écrase, tuant les deux hommes.

L’acte de de Seynes reste, encore aujourd’hui, un symbole de la fraternité des aviateurs français et des combattants russes.

Jacques Sapir

Notes

[1] Lopez J., Stalingrad : la bataille au bord du gouffre, éditions Economica, coll. « Campagnes & stratégies », 1er octobre 2008, 1e éd., 460 p.

[2] Plus un pilote de l’avion de liaison et de servitude du Groupe.

[3] Le Général Георгий Нефёдович Захаров , né en 1908 et décédé en janvier 1986, aviateur breveté depuis 1933, combattra parmi les « volontaires » soviétiques dans la Guerre d’Espagne sur I-15 puis I-16 (6 victoires). De retour en URSS il est nommé commandant d’escadrille, puis en 1938, prend la tête d’une escadrille au sein du « Groupe de volontaires soviétiques » envoyé pour aider l’armée de Tchiang-Kai-Tchek contre les japonais. Rentré en URSS fin 1938, il est envoyé à l’Académie militaire soviétique du personnel d’Etat-major et il est promu Colonel. Il est nommé alors au poste de commandant de la composante aérienne du District militaire de Sibérie. Le 7 mai 1940, il est nommé au rang de major général et commande une partie de la chasse soviétique lors des combats de Khalkhin-Ghôl. En novembre, il quitte la Sibérie pour commander la 43e Division d’interception, alors stationnée à Minsk. Il effectue plusieurs missions de reconnaissance de nuit au début de juin 1941, où il détecte des concentrations de forces allemandes considérables. Avec le début de la guerre, il remporte plusieurs victoires au dessus de Minsk, puis est envoyé superviser l’entraînement des nouveaux pilotes à Oulan-Oude et revient prendre la commandement de la 303ème Division Aérienne (303 AID) en décembre 1942. Il a écrit un livre de souvenirs Я – истребитель (Moi-Chasseur), publié an 1985 au Voyennizdat (Moscou).

[4] http://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/les-unites-militaires/le-regiment-de-chasse-_normandie-niemen_

[5] La liste des pilotes peut être trouvée ici : http://normandieniemen.free.fr/les_pilotes_du_Normandie_Niemen.htm

[6] http://www.defens-aero.com/2017/02/normandie-niemen-perd-dernier-pilote-chasse-gael-taburet.html

25 réponses à [RussEurope en Exil] 75ème anniversaire du Normandie-Niemen, par Jacques Sapir

Commentaires recommandés

Fritz Le 12 novembre 2017 à 22h35

1995-2009 : la France rentre dans l’OTAN, la queue entre les pattes.
2014 : elle efface le blason Normandie-Niemen de ses avions, avant d’aller avec ses petits copains de l’OTAN provoquer le Russe “ennemi potentiel”, et après avoir soutenu le coup d’État fasciste à Kiev.

Logique. C’est sans doute ce que nos chers dirigeants appellent le “devoir de mémoire”.
Trêve d’ironie : il y a des fois où on se sent devenir méchant, très méchant.

  1. ceusette Le 12 novembre 2017 à 19h45
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    Merci pour ce très bel article. Il y a eu aussi malheureusement des Français qui ont choisi l’autre camp pour combattre sur ce front. Les Soviétiques avaient laissé le choix des appareils aux Français, il ont préféré les Yaks à la fois pour des raisons politiques, mais aussi parce que ces avions étaient excellents. Par ailleurs, il semble que les conditions pour homologuer une victoire aérienne étaient draconiennes, bien plus que pour les Américains. Il faut donc saluer le courage de ces hommes qui se sont battus pour laver l’honneur de leur pays.


    • Micmac Le 12 novembre 2017 à 21h31
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      Et aussi parce que les Yaks étaient équipés de moteur Klimov qui étaient une version améliorée de l’Hyspano Suiza 12Y45, dont les Russes avaient acheté la licence. L’Hyspano équipant les chasseurs français de 1940, ils en avaient l’habitude et connaissait ses qualités.


    • moshedayan Le 13 novembre 2017 à 08h01
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      Pour votre information, Pierre Cot sous le Front Populaire avait favorisé l’échange de licence et savoir-faire sur des moteurs d’avions avec l’URSS comme des moteurs Hispano-Suiza, je ne sais pas si les Yak-3 avaient des moteurs semblables il faut un spécialiste pour le dire. Les Soviétiques savaient s’inspirer de ce qui se faisait de mieux dans l’aviation et améliorer aussi leurs propres techniques.


      • ceusette Le 13 novembre 2017 à 09h34
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        En fait, Vladimir Klimov a acheté des moteurs de différents pays: BMW et Hispano Suiza en 1924, semble-t-il, et Gnôme et Rhône (devenu ensuite Snecma) en 1928, donc avant le Front Populaire. Mais bon, il faudrait vérifier, car il est vrai que le M 105 a été développé juste avant le second conflit mondial. D’un autre côté, la France avait aussi commencé à importer des moteurs américains en raison des insuffisances de la production et du manque de puissance des avions. C’est là toute l’ironie, les Soviétiques sont parvenus à concevoir des avions bien plus rapides à partir d’un moteur similaire.


      • Micmac Le 13 novembre 2017 à 11h34
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        C’est bien après que la licence de l’Hyspano a été vendu à l’URSS. C’est Pierre Laval président du conseil, juste avant le front pop, qui en a vendu la licence.

        Oui, le Yak 3 était bien équipé de ce type de moteur.

        L’Hyspano avait un rapport poids/puissance supérieur à ses concourants Daimler Benz et Rolce Royce (le fameux Merlin qui équipait les Spitfire), mais avait d’autres avantages :

        _ La possibilité de pousser le moteur à fond sans limitation de durée. Seule la surchauffe du moteur imposait de réduire les gaz. Ce n’était pas le cas des Daimler et Rolce Royce, pour lesquels la surpuissance était limité dans le temps, au risque de casser le moteur. Il faut ce méfier des chiffres de puissance nominale lorsque l’on regarde les données pour ces moteurs : elle était assez limité en temps, pression d’admission et régime du moteur.
        _ Et, bien sûr, le fait que l’Hyspano avait été étudié dés sa conception pour pouvoir monter un canon dans l’axer de l’hélice.


        • Barbier Le 15 novembre 2017 à 03h55
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          Ou canon co-axial. Sinon une des principales missions de Normandie-Niemen était de protéger le fameux avion d’attaque au sol “sturmovik” ou Yilushine-2 surnommé “das scharwze tod” par les allemands durant Stalingrad ou Koursk des chasseurs adverses.


  2. bluerider Le 12 novembre 2017 à 20h02
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    RAPPEL : 28 avril 2014 / pendant 4 mois, 2 RAFALES de la BA118 Mont De Marsan de l’escadron NORMANDIE NIEMEN ont été déployé à Dantzig / Gdansk / Pologne, dans le cadre d’exercices militaires OTAN contre “un ennemi potentiel…”. L’armée de l’air, prise de scrupules, a pris soin d’effacer le blason du Normandie Niemen, avant de les envoyer en mission… et ça n’empêche pas nos “amis” polonais de s’équiper 100% américain. dernier choix en date : les missiles Raytheon choisis à la place des missiles MDBA… vive Bruxelles ( 84 milliards reversés à la Pologne)

    http://www.opex360.com/2014/04/25/les-4-rafale-envoyes-en-pologne-auront-double-mission/


    • Fritz Le 12 novembre 2017 à 22h35
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      1995-2009 : la France rentre dans l’OTAN, la queue entre les pattes.
      2014 : elle efface le blason Normandie-Niemen de ses avions, avant d’aller avec ses petits copains de l’OTAN provoquer le Russe “ennemi potentiel”, et après avoir soutenu le coup d’État fasciste à Kiev.

      Logique. C’est sans doute ce que nos chers dirigeants appellent le “devoir de mémoire”.
      Trêve d’ironie : il y a des fois où on se sent devenir méchant, très méchant.


      • moshedayan Le 13 novembre 2017 à 09h30
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        Vous avez raison. Il faut espérer que d’autres Français n’oublieront pas l’adage “qui sème le vent…” De toute façon, la France signe son déclin un peu plus.
        De plus, j’ai en mémoire la réflexion d’Emmanuel Todd lors d’une conférence où d’un ton narquois il notait le paradoxe de ces dirigeants polonais qui entretiennent le sentiment anti-russe alors que c’est l’Union Soviétique qui leur a forgé un territoire national viable et homogène, même s’ils ont perdu 30% de “leur” terrritoire à l’Est. Ces Polonais lorgnent encore sur leurs voisins, comme la Biélorussie. Pourtant Lord Curzon dans ses travaux de frontières reconnaissait lui-même la fragilité des revendications polonaises. Tout cela alors que l’Allemagne peut les mettre à genoux de nouveau. Cela s’appelle “la crasse intellectuelle” ou le dogmatisme. (on en regrettera presque Jaruzelski !)


  3. Fox 23 Le 12 novembre 2017 à 20h09
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    Dommage Jacques Sapir, mais peut-être ne le saviez vous pas si vous ne suivez pas les actualités aéronautiques militaires, le Normandie-Niemen a été dissout définitivement il y a quelques années, sans doute hommage insoutenable aux amitiés d’une certaine époque…


    • bluerider Le 12 novembre 2017 à 20h16
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      dissous à Colmar sur MIRAGE F1 le 3 juillet 2009 – recrée sur RAFALE le 25 août 2011 à Mt de Marsan.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Escadron_de_chasse_2/30_Normandie-Niemen


    • rosecestlamort Le 12 novembre 2017 à 20h25
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      “Le 10 octobre 2007, les présidents Nicolas Sarkozy et Vladimir Poutine ont inauguré un monument, sculpté par l’artiste russe Andreï Kovaltchouk, à la mémoire de l’escadrille française Normandie-Niemen à Moscou, dans le parc de Lefortovo.”

      on a connu des enterrements plus discrets s’il s’agissait d’effacer un souvenir…


    • hervé Pierrot Le 13 novembre 2017 à 12h42
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      Non en “sommeil” dans les termes militaires.


    • Yann Le 14 novembre 2017 à 14h25
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      Le Normandie-Niémen est en activité.
      Il est basé sur la base aérienne 118 de Mont-de-Marsan, depuis sa réactivation officielle le 25 juin 2012
      Pour celui qui ne suit pas “les actualités aéronautiques militaires”.


  4. Fritz Le 12 novembre 2017 à 22h38
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    Une correction : le général allemand qui commandait la VIe armée s’appelait Friedrich PAULUS.
    Pas de “von”, c’est une erreur fréquente mais elle est flagrante.
    Paulus a choisi de vivre en RDA après sa libération, alors qu’il était originaire de la Hesse (RFA).


    • Sirius de Vega Le 14 novembre 2017 à 17h34
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      Merci de l’information et de corriger en ceci une erreur fréquente qui ne semble que française.
      Seul le site francophone de Wikipédia mentionne cette erreur, alors que les sites anglophone, germanophone et russophone n’en font pas mention (cela suppose qu’il n’en est rien nécessaire).


      • Nabuchho Le 15 novembre 2017 à 10h02
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        Comme le site sur les anciens du Normandie Niemen l’illustre, il vaut mieux éviter d’aller sur Wikipedia a propos des tous les sujets d’histoire.


  5. Perret Le 12 novembre 2017 à 22h49
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    Bel article et qui invite à aller voir la superbe exposition permanente sur Normandie-Niémen au Musée de l’Air et de l’Espace, au Bourget :
    http://www.museeairespace.fr/a-voir-a-faire/expositions-permanentes/espace-normandie-niemen/


  6. Orion Le 13 novembre 2017 à 07h23
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    Juste un petit rectificatif; le général commandant la 6 ème armée allemande fin 1942 s’appelait ” Paulus ” sans particule. Ce général n’était pas de la caste des officiers de la noblesse allemande.


  7. bdb30 Le 13 novembre 2017 à 09h04
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    Fin des années 60 à Moscou, un vieil homme pris ma femme dans ses bras, en larmes de joie et d’émotion parce qu’il avait reconnu qu’elle était Française.
    Il était mécanicien à Normandie-Niemen.


  8. hervé Pierrot Le 13 novembre 2017 à 12h45
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    Votre première photo représente le Commandant Jean Tulasne.


  9. Hugues Le 13 novembre 2017 à 19h56
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    Wikipedia (au sujet de la mort de Maurice de Seynes et de son mécanicien) :

    Le 15 juillet 1944, victime d’une fuite d’essence dans la cabine peu après un décollage, aveuglé puis intoxiqué par les vapeurs d’essence et un début d’incendie, il cherche en vain à atterrir. Il reçoit l’ordre de sauter en parachute, mais il refuse par solidarité avec son mécanicien Vladimir Belozub (Владимир Белозуб) qui voyage avec lui et qui ne dispose pas d’un parachute. Il s’écrase finalement au sol lors de sa dernière tentative d’atterrissage. Leur mort fut immédiatement connue dans toute la Russie. Il fut question de les enterrer dans des tombes séparées, mais, sur ordre personnel de Staline, ils furent enterrés dans une tombe commune. Le texte de l’ordre personnel de Staline et signé de sa main est le suivant : “Ils se sont battus ensemble, ils reposeront ensemble dans leur tombeau.”


  10. V_Parlier Le 13 novembre 2017 à 23h13
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    Ah, enfin un beau sujet! C’est autre chose (et bien mieux) que les articles à la gloire de 1917! Là, au moins, on parle de vrai héroïsme, d’amitié et de causes nobles!


  11. MERCIER jean-Jacques Le 14 novembre 2017 à 12h17
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    Très bel article et heureux d’apprendre dans les échanges qu’au Musée de l’Air du Bourget un espace est créé pour cette épopée.
    Car depuis la fermeture du musée « Normandie-Niemen » des Andelys il y avait un manque.
    J’espère que la superbe maquette de quelques 3 mètres du Yak-3 qui était suspendue dans le hall d’entrée de ce musée des Andelys à été mis en évidence.
    Cette maquette était un don de GF (Gilbert Fava) passionné d’aéromodélisme et de cette période, très connu dans ce milieu. Elle avait été remarquée par les anciens pilotes du Normandie-Niemen pour la beauté et l’exactitude de sa construction et décoration correspondant au pilote Lefèvre, je crois.


  12. Pierre Bacara Le 15 novembre 2017 à 00h49
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    LE NEU-NEU EN RUSSIE AUJOURD’HUI.

    J’ajoute que le groupe “Normandie-Niémen” est aujourd’hui EXTREMEMENT célèbre en Russie. De mémoire, il me semble que plus d’une vingtaine de monuments lui sont consacrés sur l’ensemble du territoire du pays. Le sentiment de reconnaissance morale des Russes envers les hommes du “Neu-Neu” est très intense car, au fond, rien n’a obligé les membres de l’unité à se porter volontaires pour partager avec les Russes l’enfer de la guerre germano-soviétique ; tous les membres du groupe l’ont fait de leur plein gré, sans incitation, en sachant d’avance que les conditions de combat serait plus âpres que dans la RAF et ce sans compensation d’aucune sorte.


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