Billet invité

On parle beaucoup, depuis ces dernières années de « l’uberisation ». Ce néologisme cherche à rendre compte d’une évolution importante dans le monde du travail : des plates-formes, utilisant des applications pour smartphones, mettent en contact ce qui est décrit comme des « particuliers » avec d’autres « particuliers » pour échanger des services ou acheter un service. C’est ce que l’on appelle aussi l’économie « collaborative ». Cette économie recouvre des initiatives qui sont pour certaines très positives. Mais, elles recouvrent aussi des méthodes qui s’apparentent bien plus à l’extorsion d’une rente. J’ai consacré à cette question une émission sur Radio-Sputnik[1], avec Franck Dedieu délégué général de République Moderne, professeur à l’IPAG Business School et Sayah Baaroun, Secrétaire Général du Syndicat des Chauffeurs Privés VTC, émission qui a été diffusée le 15 décembre.

Le cas de la société UBER, dont la capitalisation en bourse est de plusieurs dizaines de milliards, est à cet égard exemplaire. UBER se prétend être une plateforme qui met en relation des chauffeurs, considérés comme des travailleurs indépendants, et des clients. L’outil de travail, le véhicule, appartient au chauffeur, mais l’application, qui permet la mise en relation avec les clients est la propriété d’UBER. Ce qui autorise d’ailleurs cette société à fixer le prix de la course faite par le chauffeur, et à imposer une certaine catégorie de véhicules. La rémunération d’UBER venant d’un pourcentage qu’elle prélève sur le prix de la course.

Depuis maintenant plusieurs mois les chauffeurs travaillant pour UBER se plaignent, et à juste raison, de la dégradation dramatique de leurs conditions de travail. Avec des semaines d’environ 70h il ne leur reste plus que 1000 euros à la fin du mois. Bine sûr, certains surnagent, ou survivent. Mais ils ne sont qu’une petite minorité.

Cette situation traduit, pour partie, la concurrence qui s’est instaurée, entre chauffeurs mais aussi, pour une autre partie, la concurrence entre sociétés gérant des applications, car UBER a bien entendu suscité des émules. Normalement, si l’on raisonne en termes « économiques », on considèrera qu’il y a un excès d’offre par rapport à la demande. D’ou le fait que les chauffeurs ne puissent gagner leur vie. Donc, dans ce raisonnement, un certain nombre de chauffeurs devraient sortir de cette activité économique, faisant baisser l’offre et conduisant progressivement à une hausse du revenu. Sauf, que la réalité est en fait bien plus complexe que la « théorie ». D’une part, le prix est fixé par les sociétés, et non par les chauffeurs. De ce point de vue, on est dans une situation étrange. D’autre part, les chauffeurs doivent s’endetter pour acheter le véhicule qui leur est imposé par UBER (ou par les autres sociétés). Cet endettement pèse lourdement sur leur équilibre financier. Alors, on va dire, pourquoi ces chauffeurs ne se retirent-ils pas de ces sociétés pour opérer comme de « vrais » indépendants ? C’est plus facile à dire qu’à faire. Pour se constituer en taxi, il faut une licence, et ces licences sont strictement contrôlées par la préfecture de police. Et, pour travailler comme VTC indépendant, il faut disposer déjà d’un carnet d’adresse et de clients réguliers. On voit donc que, derrière l’apparente promesse d’une « liberté » se profile une contrainte impitoyable qui enferme les chauffeurs d’UBER dans un carcan dont ils ne peuvent se délivrer.

Dans ce contexte, un nouvelle importante, et qui n’a pas été suffisamment relayée par la presse, nous est venue de Londres. C’est dans cette ville, capitale du Royaume-Uni, vous savez, ce pays que l’on décrit comme un temple du néolibéralisme et comme un enfer à la suite de sa décision de sortir de l’UE, qu’a été prise une décision qui fera date : la société UBER est sommée de requalifier les chauffeurs qui travaillent pour elle en « salariés ». Cette décision (en fait la première étape d’un processus judiciaire qui s’étendra durant tout le printemps prochain) fait suite d’ailleurs à des décisions analogues prises dans les grandes villes californiennes, au cœur même de ce que l’on appelle la « nouvelle économie ».

C’est une décision importante, car elle met fin à l’hypocrisie qui règne autour d’UBER, qui prétend n’être qu’une simple plate-forme mettant en contact des travailleurs indépendants et leurs clients. UBER, en effet, prétend ne pas être transporteur. Mais, alors, pourquoi UBER fixe-t-elle les prix qui peuvent être demandés par les chauffeurs ? On voit bien, ici, où le bat blesse. UBER prétend imposer des règles mais se refuse à assumer toute responsabilité. C’est pourquoi cette décision de la justice londonienne, et au-delà les plaintes qui devraient déboucher en justice en France à la fin du mois de mars 2018, invitent à se pencher sur ce que l’on appelle le « modèle économique » d’UBER .

L’idée qui a présidé à la création de cette société est ingénieuse, mais pas nécessairement morale. Elle revient, on l’a dit, à remplacer le contrat de travail par un contrat de location (de l’application UBER) et à prétendre que les travailleurs sont devenus des « auto-entrepreneurs ». On voit où se trouve l’avantage pour la société. Elle ne paye plus de charges sociales, et se désintéresse absolument de la situation dans laquelle elle met ses chauffeurs. Ce modèle a donné naissance au fantasme d’une économie dont le salariat aurait disparu, et avec lui les droits sociaux qui lui sont associés, pour être remplacé par une société d’entrepreneurs, de micro-entrepreneurs mêmes. Pourtant, des enquêtes montrent que ces statuts de micro-entrepreneurs ou d’auto-entrepreneurs, statuts qui sont tant vantés par notre Président de la République, Emmanuel Macron, recouvrent en réalité une dégradation non négligeable de la situation des travailleurs. On invitera ici nos lecteurs à se reporter à l’ouvrage de Sophie Vouteau Ma Vie d’Auto-entrepreneur qui vient juste de sortir[2].

Ce statut, dans de nombreux cas, et en particulier dans celui des chauffeurs d’UBER, ne fait que réactualiser un modèle économique des débuts du XIXème siècle : le travail à façons. Le donneur d’ordre passait distribuer les matières premières à ses travailleurs et repassait en fin de journée prendre le produit de leur travail, les payant donc à la pièce, sans contrat ni obligation. Le progrès serait-il de revenir aux heures les plus noires de la Révolution industrielle ? Ici, dans le cas d’UBER, on peut considérer que les inventeurs ou les détenteurs des droits d’une application sont de plus dans la situation du propriétaire foncier qui exploite, par la rente foncière, le paysan qui ne peut se constituer pleinement en « petit propriétaire ».

C’est pourquoi la décision du tribunal de Londres est-elle aussi importante. Il faut ici attendre ce que donnera au final cette procédure, et les résultats des procédures analogues qui ont été engagées en France.

Jacques Sapir

[1] https://fr.sputniknews.com/radio_sapir/201712151034354239-uberisation-esclavage/

[2] Aux éditions du Rocher, Paris-Monaco.

52 réponses à [RussEurope en exil] Vers la fin de l’Ubérisation ? Par Jacques Sapir

Commentaires recommandés

Aquitanis Le 17 décembre 2017 à 08h44

Je suis tout à fait d’ accord avec vous. Ayant été moi même , AE aux premiéres heures de ce statut.
Mais là où je voudrais attirer l’ attention c’est qu’ en plus il y’ a des élèments cachés que l’ on ne vous dit pas lorsque l’ on vous fait l’ éloge de ce statut.
Figurez-vous, il y’ a à peu prés deux ans, j’ étais salarié à mi-temps; ma femme avait quelques p’tits boulots ponctuels. Nous touchions donc notre maigre salaire + une certaine somme qui correspond à “la prime d’activité” versée par la CAF.
Voulant s’ en sortir de cette situation précaire, ma femme tente le coup de se mettre en AE dasn une actuivité d’ enseignement artistique.
Resultat, ça décolle pas : Elle fait à peine 50 € de chffre d’ affaire ,au bout de quelques mois…
Tout honnête que nous sommes, nouis déclarons cela à la CAF !
Là dessus, on nous tmbe dessus et on nous réclame plus 7000 € , écoutez bien : juste parce que nous avions CHANGé DE STATUT.
Le fait juste d’ être passé à un moment de chomeur ou salarié à AE ( même avec zéro de chiffre d’ affaire ) vous enléve la possibilité de percevoir une partie de lma prime d’ activité !

Nous avons demandé un recours qui a été refusé et là nous attendons de passer devant le trubunal administratif . Mais je crains que ce ne soit fichu…Lpot de fer contre le pot de terre ;-(

  1. patrickluder Le 17 décembre 2017 à 07h28
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    En temps qu’autoentrepreneur, les structures étatiques me prennent déjà à la base, “que” 25% de tous revenus … mais les 75% restant sont-ils du tout disponible pour moi ?

    Aucun frais professionnel n’est déductible. Si mes frais prefessionnels représentent 50% de mon chiffre d’affaire (locaux, bureautique, déplacements, petit matériel etc. on y est vite), il ne me rest plus que 25% de “salaire”.

    Sur ces 25% je dois encore m’acquitter de différents frais fixes incompressibles => taxe d’habitation, assurances eau et énergies – télécom etc. Et chaque fois que j’achète quelque chose il y a encore la TVA à payer.

    Que me reste-t-il en réalité pour vivre, c’est à dire manger, m’habiller, payer les frais de mes enfants etc ? 10% ? moins ?


    • patrickluder Le 17 décembre 2017 à 07h28
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      suite => en réalité, même si j’arrive à sortir un smic de mon travail d’autoentrepreneur (ce qui n’est pas si évident que ça), la grande majorité du fruit de mon travail est déjà pris d’avance par des frais fixes incompressibles (la part du lion) et il ne me reste de loin pas assez pour subvenir, ne serait-ce qu’à mes autres obligations familiales, c’est à dire : logement – nourriture – habillement – frais d’écolage etc.

      En réalité, les structures fixes se taillent la part du lion, il ne me reste que des miettes, quand il en reste … et donc mes seules alternatives sont de couper le maximum dans les frais de consommation, habillement, nourriture, loisirs etc.

      Le tout à l’État c’est aussi de l’ubérisation à outrance => Comment voulez-vous que l’économie tourne ainsi ?


      • Aquitanis Le 17 décembre 2017 à 08h44
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        Je suis tout à fait d’ accord avec vous. Ayant été moi même , AE aux premiéres heures de ce statut.
        Mais là où je voudrais attirer l’ attention c’est qu’ en plus il y’ a des élèments cachés que l’ on ne vous dit pas lorsque l’ on vous fait l’ éloge de ce statut.
        Figurez-vous, il y’ a à peu prés deux ans, j’ étais salarié à mi-temps; ma femme avait quelques p’tits boulots ponctuels. Nous touchions donc notre maigre salaire + une certaine somme qui correspond à “la prime d’activité” versée par la CAF.
        Voulant s’ en sortir de cette situation précaire, ma femme tente le coup de se mettre en AE dasn une actuivité d’ enseignement artistique.
        Resultat, ça décolle pas : Elle fait à peine 50 € de chffre d’ affaire ,au bout de quelques mois…
        Tout honnête que nous sommes, nouis déclarons cela à la CAF !
        Là dessus, on nous tmbe dessus et on nous réclame plus 7000 € , écoutez bien : juste parce que nous avions CHANGé DE STATUT.
        Le fait juste d’ être passé à un moment de chomeur ou salarié à AE ( même avec zéro de chiffre d’ affaire ) vous enléve la possibilité de percevoir une partie de lma prime d’ activité !

        Nous avons demandé un recours qui a été refusé et là nous attendons de passer devant le trubunal administratif . Mais je crains que ce ne soit fichu…Lpot de fer contre le pot de terre ;-(


        • Chris Le 17 décembre 2017 à 13h31
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          Ce que vous décrivez est typiquement le “mal” français de la “libre” entreprise.
          Vous n’avez pas ce racket institutionnalisé dans 2 pays que je connais bien : l’Allemagne et la Suisse.
          J’avoue ne pas avoir compris les arguments de Gracques…
          Bien joli de fixer le prix élevé pour compenser, alors que la non-déductibilité comptable et fiscale fait que vous êtes plus cher que le concurrent !
          Par contre, K donne de bons conseils.

          Autre point du mal français : l’extrême complexité légale et fiscale et surtout son inconstance, lesquelles génèrent des coup monstres d’intervenants qui n’ajoutent aucune plus-values à l’activité.
          Là encore, les pays cités n’ont pas créé ces barrages renchérisseurs de couts.


      • gracques Le 17 décembre 2017 à 09h51
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        Vous loupez deux points importants dans votre vision des choses
        1) ce que vous appelez ‘tout etat’ n’à parfois rien avoir avec l’état , seuls les impôts strict sens sont un prélèvement de la structure étatique ( j’y inclus les impôts locaux pour faire simple) , le reste ‘cotisation sociale’ est le prix de prestation qui vous sont rendu , comme la retraite , ou’la santé . Il s’agit d’une sorte d’assurance plus que du prix d’une prestation.
        Quant aux autres coût fixes EDF , loyer et autres assurances privées……rien à voir avec l’état …. mais elles pèsene aussi et lourd et la on rejoint peut être le second point.

        2) tout Comme il est dit dans l’article , le problème essentiel des AE ou de toute autre entreprise non dominante est la captation de la valeur ajoutée , vos charges sont ce qu’elles sont car vous ne pouvez discuter avec vote assurance ou vous ne pouvez vous dispenser de’payer l’electricité. Mais vous ne pouvez librement fixer le prix de votre prestation , lié par votre donneur d’ordre ou la capacité de paiement de vos clients.
        Vous êtes un petit poisson dans un banc de requin , seule l’unité du banc peut vous sauver.


        • philippe Le 19 décembre 2017 à 14h38
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          Message très clair tant sur le premier point (qu’est ce qu’un prélèvement étatique) que sur le second (être entrepreneur ne veut pas dire forcément qu’on se fixe son niveau de profit).


      • K Le 17 décembre 2017 à 11h40
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        Le statut d’auto-entrepreneur ne permet pas de deduire les frais du resultat donc c’est un status qui est adapte aux activite qui occasionent peu de frais (garde d’enfants, cours particuliers ou creation multimedia par exemples) et uniquement si l’auto-entrepreneur beneficie d’un autre statut par ailleur (salarie, etudiant, retraite). Dans votre exemple, les frais sont importants (50% du CA) donc le status d’auto-entrepreneur n’est pas adapte. Il vaut mieux changer de statut, pour l’EURL ou la SAS unipersonnelle par exemples. Vous deduirez vos frais de votre resultat fiscal, et avec un CA inferieur a 70,000EUR (de memoire) vous aurez une franchise de TVA (pas de TVA a facturer et a collecter), comme un auto-entrepreneur. Vous n’aurez a payer que la CFE (comme un auto-entrepreneur) et un impot sur les societes a taux reduit (15%). Et vous pouvez repartir votre revenu entre salaire et dividendes de maniere a minimiser vos cotisations sociale tout en ayant une protection sociale.
        Ceci dit, il faudrait verifier tout ca car ces dispostions ont beaucoup change ces 2 dernieres annees et j’ai pas tout suivi.

        Mais ce status de societe vous permettra tres probablement d’obtenir un revenu net superieur a ce que vous auriez avec le statut d’auto-entrepreneur (alors qu’on penserait spontanement le contraire). Il faudrait faire le calcul en fonction des caracteristiques de votre activite.


    • AlexP Le 17 décembre 2017 à 11h08
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      Vos frais professionnels devraient être inclus dans le prix de vos prestations. Vous essayez donc d’induire les lecteurs en erreur par vos propos pour discréditer le statut d’auto-entrepreneur.

      Pareil pour les autres frais dont vous parlez, à ce que je sache, un salarié les payes tout autant, donc vous tentez de dramatiser la situation.

      Mais quelles pourraient bien être vos motivations d’agir d’une telle façon?


      • tchoo Le 17 décembre 2017 à 17h46
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        Il n’ est pas toujours possible d’incorporer la totalité de ses frais dans son prix de prestations. Et puis bien souvent les auto entrepreneurs sont prisonniers de donneur d’ordre qui imposent leur prix.
        Ceci dit je rejoins totalement L dans son analyse. Ce statut ne peut venir qu’en complement d’ un autre statut permettant des revenus et peut être un moyen de rester une activité mais sûrement un statut pérenne


  2. Kiwixar Le 17 décembre 2017 à 07h40
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    Dans la catégorie « champs de coton sans le fouet », les contrats « zero heures » qui ont quadruplé au RU depuis 2000, atteignant 910.000 personnes. Les employés doivent rester disponibles mais on ne leur promet aucun nombre d’heures de travail minimum :
    http://www.theguardian.com/business/2017/mar/03/zero-hours-contracts-uk-record-high

    Interdits en NZ l’année dernière :
    http://www.theguardian.com/world/2016/mar/11/zero-hour-contracts-banned-in-new-zealand


    • fanfan Le 17 décembre 2017 à 09h29
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      Contrats « zéro heures » où comment augmenter le taux des actifs en activité en comptabilisant ceux qui ne travaillent pas…


    • Lili Le 17 décembre 2017 à 09h54
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      S’il vous plait, arrêtez avec les acronymes, je ne sais pas ce que signifie NZ, j’ai compris pour AE, dernièrement pour EnR, et le ridicule amha, c’est très agaçant. Est-ce vraiment si difficile d’écrire un mot en entier. Après la mode des mots “américains” pour faire branché, celle des acronymes (issu du monde anglo-saxon !) ? Dans un autre commentaire plus bas, je lis : VTC ! Vélos Tout Chemin !!!??, Tout cela aboutit à des commentaires incompréhensibles pour nombre de lecteurs, est-ce le but ? Merci de ne pas défigurer la langue française.


      • Homère d'Allore Le 17 décembre 2017 à 09h59
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        Lorsque le lien donné par Kiwixar indique New Zealand, il ne paraît pas trop difficile de deviner ce que signifie le sigle (et non l’acronyme car on ne prononce pas “nzze”) NZ.


      • Kiwixar Le 17 décembre 2017 à 10h10
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        NZ : Nouvelle-Zélande.
        RU : Royaume-Uni
        VTC : voiture de transport avec chauffeur


  3. Emmanuel Le 17 décembre 2017 à 09h06
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    On pourrait citer la sympathique société AirBnB : derrière la plateforme de location courte durée, il y a aussi une chaine de “sitters”, qui sont l’armée de femmes de ménage, qui interviennent à la tâche, avec au final, un équivalent salaire horaire très inférieur au SMIC. Ou, plus connu, Deliveroo,et des sociétés comparables, qui vont certainement fleurir avec l’arrivée des nouvelles plateformes Amazon. Bref, un “modèle” qui vise à précariser une main à très bas coût, au profit de structure qui “trustent” et cannibalisent totalement le “marché”, en prélevant une commission substantielle” (autour de 20%), sur le dos d’auto-entrepreneurs, dont le modèle financier a bien été décrit par le commentaire ci-dessus de Patrickluder. Ainsi la généralisation de ce modèle, favorisé par le numérique et l’automatisation, nous emmène vers une société où va se créer petit à petit une couche de plus en plus importante de main d’œuvre à très bas coût, taillable et corvéable à merci….


    • Melis Le 17 décembre 2017 à 18h21
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      https://www.facebook.com/clap75
      les livreurs à vélo s’organisent à Paris (collectif des livreurs autonomes de Paris), une alternative intéressante aux grosses plateformes type UBER.et DELIVEROO


  4. Homère d'Allore Le 17 décembre 2017 à 09h22
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    Rappelons aussi que Neelie Kroes, commissaire européenne, a défendu Uber pendant son mandat avant de rejoindre ledit groupe.

    https://www.latribune.fr/entreprises-finance/services/transport-logistique/uber-engage-l-ex-commissaire-europeenne-neelie-kroes-569396.html


  5. isidor ducasse Le 17 décembre 2017 à 09h23
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    Bonjour,

    Les VTC investissent leurs biens pour créer une entreprise en auto-entrepreneur, ils sont donc indéfiniment responsables des dettes de leur entreprise.
    Leur outil de travail c’est une voiture, sortie du garage elle perd 20 à 25 % de sa valeur et au bout de 2 à 3 ans et vu le kilométrage elle ne vaut plus rien.
    Le pire c’est qu’ils ne maîtrisent mais pas leur chiffre d’affaire, leur marge et, le comble, ils n’ont pas de portefeuille client donc pas de fond de fond de commerce: donc une société de VTC cela vaut zéro.
    Pour résumer un VTC c’est une personne qui investit ses biens financiers, son temps, qui prend tout les risques, pour se mettre au service d’une entreprise basée sur un petit programme informatique.
    Sur un bilan comptable le VTC détient le Passif (les dettes), UBER détient l’Actif (valeur économique positive), et sur le compte de résultat le VTC est la charge d’exploitation et UBER le produit d’exploitation.
    Petit question: comment se répartissent les bénéfices ou pertes du résultat comptable ?


  6. patrick Le 17 décembre 2017 à 11h14
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    “il faut une licence, et ces licences sont strictement contrôlées par la préfecture de police”

    le fond du problème n’est-il pas là ?
    l’état a créé une pénurie de taxis en même temps qu’un surcoût pour ceux qui exercent.
    conséquence : des tarifs élevés pour les clients et une qualité de service pas toujours au top ( voire franchement mauvaise ), et un boulevard pour tous ceux qui veulent contourner ce système comme Uber et assimilés.


    • calal Le 17 décembre 2017 à 14h09
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      il faut creer de la rarete pour controler les hommes….


    • Tatave Le 17 décembre 2017 à 15h06
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      La licence à l’origine est gratuite, et devait être restituée en fin de carrière, pour l’attribuer à un autre. Ce sont les taxis qui l’ont rendue payante, en la cédant moyennant paiement.

      La préfecture est coupable d’avoir toléré ce système, mais les taxis sont responsables du coût de leur licence.


      • patrick Le 17 décembre 2017 à 16h46
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        Principe de base à appliquer par l’état et ses filiales : foutez la paix à ceux qui veulent bosser, laissez nous bosser et ne vous occupez de rien 🙂


      • xc Le 17 décembre 2017 à 18h10
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        La distribution de nouvelles licences gratuites serait une catastrophe pour les taxis, et une injustice pour ceux qui, l’ayant acquise récemment, ne sont pour rien dans l’instauration des licences payantes. Il faudrait que l’État indemnise les taxis. Mais, vu ce que cela coûterait, et au bénéfice d’une profession pas toujours très aimée…


      • Papagateau Le 17 décembre 2017 à 18h50
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        Pas d’accord, si l’état ne voulait pas que la licence dépasse 10.000 euros, il n’a qu’à en vendre a 10.000 a tout ceux qui se présentent.

        Maintenant que les prix ont atteint 10 fois ces montants, il n’y a plus qu’a en faire une moins value amortissable sur 20 ans. Moins-value éventuellement CESSIBLE pour ceux qui voudraient changer de profession.

        Oui, mais qui dit “moins value” dit manque d’impôt. Pas sûr que ça passe.

        Reste à l’état a appliquer sa promesse: Le monopole du taxiage a ceux qui ont la licence.

        Soit l’un, soit l’autre, mais pas l’inaction qui relève de l’escroquerie a la licence.


        • Papagateau Le 17 décembre 2017 à 19h04
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          Je me réponds a moi-même: Non pas “moins-value” mais “crédit d’impôt”.

          Le reste inchangé.


  7. Un_passant Le 17 décembre 2017 à 11h37
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    En fait, tout ça est révélateur du problème qui a émergé depuis les dérégulations amorcées à partir des années 70. Tous les acteurs de la financiarisation à outrance tentent désespérément de conserver un statu-quo intenable. Toute la prospérité des 30 glorieuses reposait, selon certains, sur la reconstruction, mais c’est surtout qu’il existait le Glass-Steagall Act, l’étalon-Or et que les marchés des ressources naturelles (incluant l’agroalimentaire) étaient régulés. la suppression de tout ça a provoqué une fuite en avant de dumping monétaire, que l’UE a cru pouvoir compenser avec l’Euro et les USA avec le petro-dollar.
    Les BRICS investissent massivement dans l’Or -physique- et multiplient les accords de swap, il n’y a pas besoin de chercher bien loin pourquoi. Le drame, c’est que personne en Occident ne semble le comprendre et surtout être prêt à l’accepter. Quant à ceux qui croient que l’extrême-gauche aurait la solution, elle n’a jamais dénoncé la dette publique.


    • patrick Le 17 décembre 2017 à 16h49
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      les 30 glorieuses reposaient aussi sur de l’énergie abondante et bon marché .
      1973 , premier choc pétrolier , début des 30 piteuses, accumulation des dettes partout et bricolages incessants des états pour que tout ça continue à tenir debout.


      • Un_passant Le 17 décembre 2017 à 20h49
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        La crise pétrolière n’est que le symptôme du processus de dérégulation ayant démarré, de mémoire en 1971 (fin du Gold Exchange Standard, symptomatique du fait que les USA ne voulaient pas remettre en question leur hégémonie et équilibrer leur balance commerciale, c’est à partir de là que débute le processus de pétro-dollarisation et que les autres pays, Europe en tête, laissent faire).


        • patrick Le 17 décembre 2017 à 22h07
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          c’était pas vraiment de la dérégulation.
          Les USA n’avaient pas l’or correspondant à la masse des dollars imprimés , donc fin des illusions.
          En fait il n’y aurait pas du y avoir pseudo-régulation dés le départ.


          • Un_passant Le 18 décembre 2017 à 10h43
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            Alors il faudra expliquer pourquoi il n’y a eu AUCUNE crise bancaire pendant toutes les trente glorieuses, tant que le GES était valide.
            D’un côté les USA ont refusé de remettre en cause (ce qui à l’époque aurait peu se faire en douceur) “the american way of life” et les autres pays ont été d’une lâcheté terrible. Mais certes, c’était aussi en partie dû à la guerre froide.


  8. Fritz Le 17 décembre 2017 à 11h44
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    Ce qui compte, dans le capitalisme, c’est la propriété privée des moyens de production : comme l’explique M. Sapir, la société UBER est propriétaire de son application. Elle est donc libre d’exploiter ses prétendus auto-entrepreneurs. C’est moderne, coco ! Et puis Canteloup se moque des taxis ringards, puants et lepénistes (René l’auditeur de RMC), pas de la société UBER.


    • calal Le 17 décembre 2017 à 14h14
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      libre aux vtc de creer leur propre application en payant un programmeur ou de creer leur propre plateforme d’echange de service non ?

      parmi les sympathisants de la FI, ya pas des programmeurs qui ont du temps de libre et qui ont envie de faire iech le capital en faisant un programme “uber” en open source ?


      • patrick Le 17 décembre 2017 à 14h40
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        En fait UBER possède peu de choses :
        – pas d’outils de production
        – pas de clientèle captive ( concurrence à portée de clic pour une appli pas forcément complexe à développer )

        Si le rapport qualité/prix du service n’est pas au rdv , rien de plus facile pour le client que de changer d’appli.

        Mais les sociétés comme UBER arrivent encore à lever des capitaux tout en perdant de l’argent.

        UBER essaie de changer son modèle en introduisant des voitures autonomes qui lui appartiendront , mais avec quel montant de dettes et pour quel gain ?


  9. Jeanne L Le 17 décembre 2017 à 11h55
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    Effectivement le “travail à façon”.
    Mais je sais, car c’est du vécu,qu’il ne s’est pas arrêté au début du XIXème siècle. Dans les dites”Trente glorieuses” encore et massivement une bonne partie du travail féminin ouvrier se faisait ainsi à domicile. D’ailleurs je me rends compte qu’aussi loin que je remonte dans la mémoire familiale toutes les femmes travaillaient ainsi dans ma famille: cuisinières dans les maisons bourgeoises, brunisseuses de couverts, culottières, couturières, elles allaient chercher et payaient les fournitures, transportaient ou achetaient leurs outils, livraient etc… le bénéfice était à peine suffisant pour un travail où “on ne comptait pas son temps” sans congés payés, ni prestations sociales (on était sous la sécu du mari). C’était la forme vraiment majoritaire du travail féminin et j’ai l’impression que le travail d’auto-entrepreneur est une sorte de “généralisation à l’échelle de la société toute entière” de ces formes d’exploitation qui étaient dévolues à un sexe encore dans les années soixante: je pense à ma mère …
    Dans cette société actuelle “Hightech”, mondialisée, je vois une sorte de retour archaïque à l’emploi domestique, au travail à façon, au métayage et en un sens on se rend compte que la forme du salariat avec ses contraintes mais aussi ses “concquis” était “progressiste”…


  10. Pravda Le 17 décembre 2017 à 12h07
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    Je souhaiterai juste apporter un avis juridique:
    le contrat de travail se définit comme une prestation de travail contre une rémunération dans le cadre d’un lien de subordination.

    Cela fait un moment en France que l’on “recrute” des auto-entrepreneurs, or quand on dirige leur activité, qu’on la contrôle et qu’on peut les sanctionner, ceci constitue un lient de subordination, donc c’est un contrat de travail.

    Toutes ces boîtes qui débarquent avec leur business model (modèle économique), qui est souvent pensé en dehors de la réalité juridique, et les victimes de ces agissements illégaux considèrent que comme les entreprises le font, c’est donc que c’est légal, ont des pratiques civilement et pénalement sanctionnables.

    Cette sorte de complexe me désespère car il suffirait d’une poursuite au conseil des Prud’hommes et hop, on ressort avec un joli CDI.


    • Homère d'Allore Le 17 décembre 2017 à 12h19
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      Vous pouvez parier que l’une des prochaines réformes de ce gouvernement de scélérats sera de supprimer la notion de “lien de subordination”, clef de voute du Code du travail pour la remplacer par un bidule plus “marketing” mais surtout juridiquement compatible avec cette nouvelle forme “d’esclavage sans le fouet” comme le dit si fort justement Kiwixar.


    • xc Le 17 décembre 2017 à 18h21
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      Je suis d’accord avec vous. A se mêler de près comme il le fait du contenu des prestations fournies. UBER doit s’assumer comme employeur. Ou alors, il doit laisser toute latitude aux chauffeurs et se comporter comme un site de petites annonces.


  11. AlepH Le 17 décembre 2017 à 12h57
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    Le statut d’auto-entrepreneur est un piège en ceci qu’il permet le travail à façons.

    Pour autant, il n’est pas complètement mauvais. Je bénéficie de ce statut depuis 6 ou 7 ans. Je vis très correctement (parce qu’étant développeur, j’ai très peu de frais), je peux travailler de chez moi, avec les horaires que je souhaite, etc. Cela m’a notamment permis de m’éloigner des centres villes pour avoir une vie plus simple et plus calme. Je pense qu’il faut prendre note de ces avantages, et ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain.

    Le cadre législatif n’est pas adapté, et certainement le code du travail lui-même pour encadrer comme il se doit ces “nouvelles formes” de travail qui conduisent à des abus incroyables comme vous nous le montrez Mr.Sapir. Il nous faudrait donc un code résolument plus moderne, en ceci qu’il protègera mieux les victimes de ces abus, mais n’empêchera pas non plus une certaine “émancipation”. L’article d’Alain Supiot dans Le Monde Diplo de septembre, écrit sur ce sujet, était passionnant.

    Le problème est que notre gouvernement, avec les yeux de Bruxelles, voit dans la flexibilité l’alpha et l’omega de nos nouveaux usages du travail. C’est très inquiétant.


    • Chris Le 17 décembre 2017 à 13h51
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      Je pense que vous avez résumé l’essentiel :
      (parce qu’étant développeur, j’ai très peu de frais), je peux travailler de chez moi, avec les horaires que je souhaite.
      Donc votre télétravail vous exonère d’un loyer élevé (pas de pignon sur rue pour être proche de la clientèle), de courses dispendieuses et dévoreuses de temps et frais de restauration pour accomplir vos activités. Et cerise sur le gâteau, vous êtes plutôt maitre de votre emploi du temps.
      En d’autres mots, vous êtes un veinard de ce système. Tant mieux.
      Seul inconvénient que je connais (pour avoir facilité le télétravail en entreprise), les relations de travail ont tendance à s’effilocher avec le temps. Mais pas ingérable !


  12. fanfan Le 17 décembre 2017 à 13h57
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  13. Soria Le 17 décembre 2017 à 15h22
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    La question ne devrait pas se poser en Frannce dans la mesure où la jurisprudence de la cour de cassation chambre sociale est constante depuis les arrêts “Taxis parisien et Labannes” que ces contrats commerciaux sont des contrats de travail car ils entrainent une subordination juridique évidente. Je rappel que cette dernière s’appuie sur 3 critères, le fait de donner des ordres, c’est le cas car Uber oblige les salariés à acheter un type particulier de voiture, fixe le montant de la course, deuxièmement contrôle le travailleur, tout simplement en sachant exactement le nombre de courses effectuées et le paie en conséquence.Troisièmement peut le sanctionner, c’est le cas, car en cas de non respect des conditions imposées par Uber le chauffeur ne peut plus travailler pour eux. Outre que de nombreuses affaires sont pendantes devant les prud’hommes pour la requalification du contrat commercial en CDI, l’URSSAF a de son coté de décider de poursuivre Uber pour la requalification de ces contrats en CDI.


  14. Bellettre Le 17 décembre 2017 à 17h15
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    Merci monsieur Sapir de remettre au goût du jour et sans complaisance les arcanes de l’uberisation et le dure statut du chauffeur VTC. Dire que ce sont des personnages tels que Jacques Attali, Valérie Giscard d’Esteing (pour ne citer qu’eux) qui ont contribué au développement de ce business gagnant-perdant ça en dit long sur ce qui attend les pays membres UE. Ils ne se sont pas attaqués à la préfecture = libéralisation de la profession ni au statut du taxi (parfois licence gratuite accordée était revendue à un prix fou au lieu d être cédée…). Sortir de la tutelle étatique aurait permis la vraie libéralisation économique Ainsi de vrais emplois auraient été créés. En plus séduit par le coût les usagers participent au succès UBER. Le Français et aussi capable que l Américain d inventer des applications. La décision de la GB et réjouissante pour lutter contre l’exploitation moderne! Le droit sera de plus en plus crucial !


  15. Christian Gedeon Le 17 décembre 2017 à 17h19
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    Ha! L’uberisation,c’est donc mal. L’uberisation à la francaise est juste une aberration de plus. Cherchez le coupable. Des charges sociales du salariat privé complètement démentielles,en gros quarante pour cent plus élevée que dans le public pour des prestations largement inférieure en termes de retraite et de santé,et un carcan complètement idiot embauche\ licenciement. Uber c’est tres tres mal,uber à la francaise,encore plus mal,et notre système actuel a vitesses différentielles très très très mal.


    • Jérôme Le 19 décembre 2017 à 06h44
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      Ça n’a rien à voir avec le niveau des charges sociales ni avec la complexité de la législation en France.

      La preuve, c’est que le même phénomène et les mêmes réactions judiciaires se produisent au Royaume Uni, en Inde, … etc.


  16. Brigitte Le 17 décembre 2017 à 19h41
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    A mon avis, il ne faut pas confondre AE et UBER. Le premier est une tentative comme une autre de donner un statut a des personnes en âge de travailler qui ont quitté le salariat pour raisons économiques ou personnelles et qui veulent offrir des services aux particuliers, à titre individuel. Les travailleurs sont libres mais doivent bien sur rendre des comptes à L’Urssaf. Cela n’a rien d’enviable mais préserve la liberté d’entreprendre. C’est quand même mieux que le salaire universel.
    Le second est plutôt une forme de bail commercial, celui qui liait par exemple le tenancier et la fille de joie du temps de Zola….


  17. BOURDEAUX Le 18 décembre 2017 à 08h46
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    Ces plateformes sont irritantes parce qu’elles cour circuitent la relation client-prestataire, en mobilisant à leur profit la gestion commerciale dans leur secteur. Chacun sait que dans toute société, les commerciaux sont toujours ceux qui se taillent la part du lion, parce qu’ils sont le premier maillon sans lequel l’entreprise ne peut pas survivre. Vu sous cet angle, le problème de ces plateformes n’est que le prolongement numérique d’un processus plus ancien : la prise de pouvoir du vendeur sur l’opérationnel…


    • Raphaël Le 18 décembre 2017 à 11h43
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      C’est déjà ce problème qui a fait crever l’industrie en France dans les années 90 puis 2000. Le concept était d’être le premier à transformer toute son activité industrielle en tertiaire en refilant tout l’outil de production aux chinois et en empochant la marge au passage, les moutons consommateurs étant encore assez gras et laineux à l’époque, et surtout pas très prudents. Maintenant il n’y a plus que la tonte bien ras qui marche donc la méthode se rapproche plus de l’arnaque à la petite semaine avec les quelques bêlants dociles restant.

      Après il ne restera plus que l’abattoir pour faire du profit (droite), ou alors changer de moutons (gauche).


    • Jeanne L Le 18 décembre 2017 à 14h57
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      Je dirais plutôt que ceux qui se taillent la part du lion ce sont les actionnaires et les détenteurs du capital dans chaque société, et que le travail qui génère les profits est toujours rémunéré quelques soient sa spécificité ou son statut juridique pour moins que la richesse qu’il crée !


    • Christian Gedeon Le 19 décembre 2017 à 07h01
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      Ah le mépris du “vendeur”. Si caractéristique d’une mentalité étriquée.vous savez quoi,vous n’avez qu’à vous y essayer, à la vente. Vous allez voir à quel point c’est difficile la vente! Non mais!


      • Raphaël Le 19 décembre 2017 à 20h54
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        Le vendeur oublie très très souvent qu’il est au sommet d’un chaîne de valeur qui n’existerait pas sans toutes les petites mains qu’il méprise allègrement. Le vendeur ne crée rien et doit tout aux secteurs primaires et secondaires qui sont les seuls à créer de la richesse. Le vendeur la fait juste changer de main. Personne n’a un travail facile, mais il n’y a pas de sous métier.


  18. Barbier Le 24 décembre 2017 à 20h26
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    Uber profite de la non-réactivité de certains gouvernements.Quand on veut rétablir la balance entre les différents acteurs socio-économique d’un lieu donné, c’est très facile même si le contrôle de la monnaie est partie sous les cieux teutoniques. C’est le rôle de baise de l’état, se faire respecter et faire rentrer les pépettes sur toutes les activités matérielles et immatérielles qui se déroulent sur son territoire physique ou intellectuel. Bon après j’imagine que cela participe de la déstructuration positiviste dans le substrat structurellement et billardement parlant de Napoléon IV. Et que du fumier naîtra la rose. Mais j’ai de petits doutes. :o)


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