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18.mars.201818.3.2018 // Les Crises

[RussEurope-en-Exil] France: le rejet massif de la mondialisation, par Jacques Sapir

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Billet invité

Un sondage d’OpinionWay vient d’être réalisé sur la « mondialisation » et ses résultats sont sans appels[1]. Les français rejettent dans leur grande majorité cette « mondialisation » et se prononcent même, à près de 66%, pour une forme de retour au protectionnisme. Certains vont se lamenter sur le « manque de culture économique » des français. D’autres feront remarquer, et cela est vrai, que ce sondage n’est qu’un sondage. Mais, ce sondage a été réalisé pour le « Printemps de l’Economie », une manifestation soutenue par la Caisse des Dépôts et Consignations[2].

Ce sondage survient après l’interruption du processus du TAFTA mais après, aussi, l’approbation du CETA par l’Union européenne[3]. Il a donc valeur de témoignage. Il a été réalisé par des personnes et pour des personnes qui sont en réalités favorables à la mondialisation. Le fait qu’il donne des résultats aussi contraires à leurs attentes est, de ce point de vue, hautement symbolique.

Un rejet général

La première chose qu’il convient de retenir de ce sondage, c’est qu’il exprime un rejet quasi-général de la « mondialisation ». Pas moins de 60% des personnes interrogées ont une opinion négative de la mondialisation. En fait, seul 3% des personnes interrogées ont une « très bonne » opinion de la mondialisation alors que 14% en ont une « très mauvaise ». Le clivage est net.

Graphique 1

Source : sondage OpinionWay, réalisé au mois de mars 2018 pour le Printemps des économistes

Par ailleurs, quand on regarde la répartition de ces opinions, on constate que le taux le plus élevé de « mauvaise opinion » est situé dans la tranche d’âge qui va de 50-64 ans, autrement dit les personnes les plus vulnérables au risque prolongé de chômage. Il est ici important de noter que l’appartenance aux catégories socio-professionnelles les plus élevées (CSP+) n’a pratiquement pas d’impact sur les mauvaises opinions quant à la mondialisation. Les CSP+ ont une mauvaise opinion à 58% et les CSP- à 60%.

Graphique 2

Source : idem

Cela signifie qu’une majorité absolue de nos concitoyens n’adhère plus à la doxa libérale qui veut que le libre-échange et la mondialisation soient de bonnes choses pour tous. C’est, ici, un changement important de l’opinion. Il n’est pas étonnant car cette même doxa ne s’appuyait pas sur des faits mais sur une forme de présentation de l’histoire économique et sociale hautement tendancieuse.

On a pu avoir en effet l’impression, et peut-être l’illusion, que c’était par l’abolition des barrières aux échanges que l’on avait obtenu la croissance très forte. Des travaux, parmi lesquels on doit inclure ceux de Dollar, en 1992[4], de Ben-David, en 1993[5], de Sachs et Warner, en 1995[6], et de Edwards en 1998[7], ont cherché à établir ce fait.

Mais, de manière générale, les tests statistiques et économétriques pratiqués donnent des résultats qui sont pour le moins très ambigus. On peut en déduire que, pour certains pays, l’ouverture a eu des résultats positifs, mais non pour d’autres. Cependant, on peut aussi en déduire que si une politique qui associe l’ouverture à de bonnes mesures macroéconomiques est meilleure qu’une politique associant le protectionnisme à des mauvaises mesures macroéconomiques, ceci tient bien plus à la qualité des dites mesures macroéconomiques qu’à celle de l’ouverture[8]. De fait, les pays qui ont associé des politiques protectionnistes à des bonnes politiques macroéconomiques connaissent des taux de croissance qui sont largement supérieurs à ceux des pays plus ouverts, ce qui invalide le résultat précédent sur l’ouverture[9]. Ceci nous ramène à la problématique du développement, qui s’avère être autrement plus complexe que ce que les partisans d’un libre-échange généralisé veulent bien dire. Les travaux d’Alice Amsden[10], Robert Wade[11] ou ceux regroupés par Helleiner[12] montrent que dans le cas des pays en voie de développement le choix du protectionnisme, s’il est associé à de réelles politiques nationales de développement et d’industrialisation[13], fournit des taux de croissance qui sont très au-dessus de ceux des pays qui ne font pas le même choix. Le fait que les pays d’Asie qui connaissent la plus forte croissance ont systématiquement violé les règles de la globalisation établies et codifiées par la Banque mondiale et le FMI est souligné par Dani Rodrik[14].

En fait, le protectionnisme s’avère bien souvent une voie plus sure et plus rapide vers la croissance que le libre-échange et, ce point est d’ailleurs régulièrement oublié par les thuriféraires du libre-échange, c’est la croissance dans chaque pays qui porte le développement des échanges internationaux et non l’inverse.

L’opinion des personnes interrogées dans le cadre du sondage OpinionWay réalisé pour Le Printemps des Economistes met d’ailleurs bien en lumière que pour plus de 56% des personnes interrogées, les règles du commerce international sont conçues pour et par les multinationales.

Graphique 3

Source : Idem

Les raisons de ce rejet

Il est alors important de regarder quelles sont les raisons pour lesquelles les personnes interrogées rejettent la « mondialisation ». La raison majeure est l’opinion très négative des conséquences de la mondialisation sur l’environnement. Pour 70% des personnes interrogées, la mondialisation a des effets négatifs ou n’améliore pas vraiment la situation. Puis, viennent les questions liées à la santé, à la pauvreté et aux inégalités. C’est dire à quel point la « mondialisation » est mal perçue par les français.

Graphique 4

Source : Idem

Si l’on pose aux personnes interrogées des questions concernant la situation en France, on voit alors surgir la question des salaires et de l’emploi (plus de 64% des personnes pensent que la mondialisation est mauvaise sur ces points), mais aussi les questions de l’environnement, du pouvoir d’achat et de la croissance. C’est donc un bilan très négatifs que tirent les français de la « mondialisation ».

De fait, le passage progressif à la globalisation marchande a permis de faire passer, dans le discours tenus par les principaux pays européens, les mesures destinées à faire baisser la part des salaires et surtout les salaires d’ouvriers pour une évidence, une sorte de « loi de la nature ». Il n’y avait pourtant rien de « naturel » à cela. Les transformations du cadre d’insertion international sont bien le produit de politiques. Mais, par l’illusion d’une « contrainte extérieure » s’appliquant hors de toute politique, ce discours a produit un mécanisme progressif d’acceptation des mesures qui étaient ainsi préconisées. On constate alors, pour presque tous les pays[15], un accroissement du coefficient, et donc des inégalités qui se creusent entre le milieu des années 1980 et le milieu des années 1990, au moment où l’on procède aux grandes déréglementations dans le domaine du commerce international.

Le phénomène de pression à la baisse sur les salaires engendré par le libre-échange et la « mondialisation » est évident pour les pays les plus développés. On le constate aux Etats-Unis par exemple[16]. Pour mesurer l’impact de la déflation salariale importée, il faut commencer par établir l’écart entre les gains de productivité et ceux de l’ensemble des salaires nets à l’image de ce qui s’est passé dans d’autres pays[17]. On rappelle que l’on avait fait ce calcul dans l’ouvrage de 2011 « La Démondialisation »[18], ouvrage que l’on peut considérer comme largement validé par ce sondage de 2018. L’évolution des rémunérations salariales a ainsi été très désavantageuse pour les salariés à bas revenus à partir de 1983. Ce phénomène s’est amplifié au tournant des années 1999-2002. On peut donc bien parler d’une contre-révolution conservatrice qui s’est jouée en deux temps. La déflation salariale est donc indiscutable et c’est elle qui explique le phénomène de ralentissement de l’inflation générale à la fois directement, par la modération des salaires et donc par des coûts à profit égal et même croissants, et indirectement, par le biais de la pression qu’exercent les chômeurs. Cette déflation salariale a été le résultat de la mise en concurrence des travailleurs français avec les travailleurs d’autres pays dont le niveau de salaires était incomparablement plus bas.

La phase dans laquelle nous sommes toujours plongés, a vu les salaires évoluer sous la contrainte des importations de produits issus des pays à faibles coûts salariaux. C’est le résultat de la politique d’ouverture qui a été menée dans la période précédente. Ici, on peut mesurer directement les effets de la globalisation marchande sur l’économie française. Celle-ci se traduit non seulement par un accroissement plus faible que celui de la productivité pour la moyenne des salaires (ce phénomène étant particulièrement sensible dans l’industrie manufacturière), mais aussi par une augmentation des inégalités au sein du salariat et, en particulier, la stagnation du salaire médian par comparaison à la faible – mais constante – hausse du salaire moyen. Dans cette phase, la loi sur les 35 heures a bien joué un rôle correctif, contrairement à ce qui avait été affirmé avant et après qu’elle soit votée. Mais le rôle de cette dernière a été des plus limités. Dès les années 2000-2002, les effets du passage aux 35 heures semblent s’épuiser.

La globalisation peut donc être tenue responsable d’une très large part de ce processus qui a abouti à un retard salarial important dans notre pays. Ce retard a aussi engendré un déficit de croissance, qui est venu lui-même renforcer les effets de la globalisation marchande par la montée du chômage et la pression que ce dernier exerce sur les rémunérations des personnes les plus exposées.

Un retour vers le protectionnisme ?

Ce sondage OpinionWay valide aussi l’idée d’un retour vers des formes de protectionnisme. Il montre que 66% des personnes interrogées sont en faveur de normes plus strictes sur les produits entrants ou sortants.

Graphique 6

Source : Idem

Il faut ici revenir sur l’impact de la globalisation sur l’économie française, tout en précisant que des conclusions analogues pourraient être tirées pour la plupart des grands pays développés. Les conséquences sur l’économie française ont été importantes. Elles tendent à se diviser en un effet de délocalisation[19] (direct et indirect) et un effet sur la formation et répartition des revenus[20].

Il ne fait donc aucun doute que la pression concurrentielle issue des pays à faibles coûts salariaux, mais où la productivité tend, dans certaines branches, à se rapprocher des pays développés, est aujourd’hui extrêmement forte. Le problème semble particulièrement grave à l’intérieur de l’Union européenne puisque l’on constate un très fort avantage compétitif des « nouveaux entrants », qui couvre désormais une très grande gamme de produits. L’idée de compenser l’écart abusif des coûts salariaux unitaires entre les différents pays par des taxes touchant les produits pour lesquels ces coûts sont les plus dissemblables, a donc fait son chemin. Par rapport aux protections qui ont été mises en place antérieurement, il faut ici signaler que ces taxes devraient être calculées à la fois par pays et par branche d’activité. En effet, l’une des caractéristiques de la situation actuelle est que le niveau de productivité des pays susceptibles d’être visés par un tel système varie de manière tout à fait considérable d’une branche à l’autre. Il est ici clair qu’un seul niveau de taxe serait inopérant.

L’heure est venue de revenir à des politiques nationales coordonnées, qui sont seules capables d’assurer à la fois le développement et la justice sociale. Ces politiques sont déjà à l’œuvre dans un certain nombre de pays. À cet égard, le retard qui a été pris sur le continent européen est particulièrement tragique. Sous prétexte de construction d’une « Europe » dont l’évanescence politique se combine à l’incapacité de mettre en œuvre de réelles politiques industrielles et sociale, nous avons abandonné l’horizon de ces politiques. Mais, comme le rappelle Dani Rodrik, le problème n’est plus le pourquoi de telles politiques mais il doit désormais en être le comment[21]. De telles politiques se doivent d’être globales et d’inclure la question du taux de change et celle de l’éducation et du développement des infrastructures. Il faut aujourd’hui constater que sur la plupart de ces points l’Union européenne, telle qu’elle fonctionne, s’avère être un redoutable obstacle. C’est en effet à l’Union Européenne que l’on doit les politiques d’ouverture qui ont accéléré la crise structurelle de nos industries depuis les années 1990. C’est toujours à l’Union européenne que l’on doit la détérioration croissante du système d’infrastructures dans le domaine de l’énergie et du transport qui fit pendant longtemps la force de notre pays. Il est possible de changer ces politiques. Mais, si les résistances devaient apparaître comme trop fortes, il faudrait se résoudre à renationaliser notre politique économique. Une action concertée avec d’autres pays européens est certainement celle qui nous offrirait le plus de possibilités, mais on ne doit nullement exclure une action au niveau national si un accord se révélait temporairement impossible avec nos partenaires.

Pour la démondialisation

Tels sont les enseignements de ce sondage. La mondialisation a été porteuse de bien des passions contradictoires. Elle a été adulée par les uns, vilipendée par les autres. Elle a eu ses thuriféraires comme ses opposants acharnés. Aujourd’hui qu’elle recule, certains y verront une régression alors que d’autres applaudiront un progrès.

Pourtant, il ne devrait pas y avoir de problèmes à penser ce phénomène de la démondialisation. Le monde a connu en effet bien des épisodes de flux et de reflux. Mais il est vrai que cette démondialisation survient dans le sillage d’une crise majeure. Alors se réveillent de vieilles peurs. Et si cette démondialisation annonçait le retour au temps des guerres ? Mais ces peurs ne sont que l’autre face d’un mensonge qui fut propagé par ignorance, pour les uns, et par intérêts, pour les autres. Non, la globalisation ou la mondialisation ne fut pas, ne fut jamais « heureuse ». Le mythe du « doux commerce » venant se substituer aux conflits guerriers a été trop propagé pour ne pas laisser quelques traces… Mais, à la vérité, ce n’est qu’un mythe. Toujours, le navire de guerre a précédé le navire marchand. Que l’on se souvienne ainsi des « Guerres de l’Opium » qui vit la Grande-Bretagne alors triomphante imposer à la Chine l’ouverture de ses frontières au poison de la drogue. Les puissances dominantes ont en permanence usé de leur force pour s’ouvrir des marchés et modifier comme il leur convenait les termes de l’échange.

La mondialisation que nous avons connue depuis près de quarante ans a résulté de la combinaison de la globalisation financière, qui s’est mise en place avec le détricotage du système hérité des accords de Bretton Woods en 1973, et de la globalisation marchande, qui s’est incarnée dans le libre-échange. À chacune de leurs étapes, ces dernières ont imposé leurs lots de violences et de guerres. Nous en voyons aujourd’hui le résultat : une marche généralisée à la régression, tant économique que sociale, qui frappe d’abord les pays dits « riches » mais aussi ceux que l’on désigne comme des pays « émergents ». Elle a conduit à une surexploitation des ressources naturelles plongeant plus d’un milliard et demi d’êtres humains dans des crises écologiques qui vont chaque jour empirant. Elle a provoqué la destruction du lien social dans un grand nombre de pays et confronté là aussi des masses innombrables au spectre de la guerre de tous contre tous, au choc d’un individualisme forcené qui laisse présager d’autres régressions, bien pires encore[22].

De cette mondialisation, on a fait un mythe. Elle est apparue sous la plume de ses thuriféraires comme un être doté de conscience et d’omniscience, capable de réaliser le bonheur de tous. On nous a fait oublier que, produit de l’action humaine, elle était condamnée à connaître le sort des autres produits de l’action humaine, et donc à disparaître. On a voulu la comparer à une force transcendante pour mieux masquer les intérêts qu’elle a servis. En ceci, il faut voir une capitulation de la pensée. Dans ce fétichisme de la mondialisation, il y eut donc beaucoup de calculs, et donc beaucoup de mensonges. Ce livre a, entre autres, la volonté de rétablir quelques vérités sur la nature réelle du phénomène.

Le tournant qui s’amorce sous nos yeux nous confronte à nos responsabilités. La démondialisation qui se met aujourd’hui en route à travers l’amorce d’une dé-globalisation, tant financière que marchande, ne se fera pas sans nous et sans notre action. Il est de notre pouvoir de construire l’avenir.

[1] https://www.opinion-way.com/fr/component/edocman/opinionway-pour-le-printemps-de-l-economie-les-francais-et-la-mondialisation-mars-2018/viewdocument.html?Itemid=0

[2] http://www.printempsdeleco.fr

[3] http://www.international.gc.ca/trade-commerce/trade-agreements-accords-commerciaux/agr-acc/ceta-aecg/text-texte/toc-tdm.aspx?lang=fra

[4] D. Dollar, « Outward-Oriented Developeng Economies Really Do Grow More Rapidly: Evidence From 95 LDC, 1976-1985 », Economic Developemnt and Cultural Change, 1992, p. 523-554.

[5] D. Ben-David, « Equalizing Exchange: Trade Liberalization and Income Convergenge », Quarterly Journal of Economics, vol. 108, n° 3, 1993.

[6] J. Sachs, A. Warner, « Economic Reform and The Process of Global Integration », Brookings Paper on Economic Activity, n° 1, 1995, p. 1-118.

[7] S. Edwards, « Opennes, Productivity and Growth: What We Do Really Know? », Economic Journal, vol. 108, mars 1998, p. 383-398.

[8] Voir D. Ben-David, « Equalizing Exchange: Trade Liberalization and Income Convergenge », op. cit.

[9] Voir H.-J. Chang, « The Economic Theory of the Developmental State » in M. Woo-Cumings (dir.), The Developmental State, Ithaca, Cornell University Press, 1999 ; Kicking away the Ladder: Policies and Institutions for Development in Historical Perspective, Londres, Anthem Press, 2002.

[10] A. Amsden, Asia’s Next Giant, New York, Oxford University Press, 1989.

[11] R. Wade, Governing the Market, Princeton (N. J.), Princeton University Press, 1990.

[12] G. K. Helleiner (dir.), Trade Policy and Industrialization in Turbulent Times, Londres, Routledge, 1994.

[13] Voir C.-C. Lai, « Development Strategies and Growth with Equality. Re-evaluation of Taiwan’s Experience », Rivista Internazionale de Scienze Economiche e Commerciali, vol. 36, n° 2, 1989, p. 177-191.

[14] D. Rodrik, « What Produces Economic Success? » in R. Ffrench-Davis (dir.), Economic Growth with Equity: Challenges for Latin America, Londres, Palgrave Macmillan, 2007. Voir aussi, du même auteur, « After Neoliberalism, What? », Project Syndicate, 2002 (www.project-syndicate.org/commentary/rodrik7).

[15] L’exception étant la Grèce dont le coeeficient passe de 0,330 à 0,321. Pour la Suède, l’accroissement est important dans les années 1990 mais est compensé par une baisse dans les années 2000.

[16] Voir A. Aaron-Dine, I. Shapiro, « Share of National Income Going to Wages and Salaries at Record Low in 2006 », Center of Budget and Policies Priorities, Washington (D. C.), 29 mars 2007 ; U. S. Department of Commerce, « Historical Income Tables – Income Inequality, Table IE-1 », Washington (D. C.), 13 mai 2005.

[17] Voir J. Bernstein, E. McNichol, A. Nicholas, Pulling Apart. A State-by-State Analysis of Income Trends, Washington (D. C.), Center of Budget and Policy Priorities et Economic Policy Institute, avril 2008 ; J. Bivens, « Globalization, American Wages and Inequality », Economic Policy Institute Working Paper, Washington (D. C.), 6 septembre 2007.

[18] Sapir J., La Démondialisation, Paris, Le Seuil, 2011.

[19] Voir P. Artus « Pourquoi l’ouverture aux échanges semble être défavorables dans certains cas ? », Flash-IXIS, n° 2004-53, 17 février 2004.

[20] Voir P. Artus, « Quels risques pèsent sur les salariés européens ? », Flash-IXIS, n° 2006-153, 11 avril 2006.

[21] D. Rodrik, « Industrial Policy: Don’t Ask Why, Ask How », Middle East Development Journal, 2008, p. 1-29.

[22] Voir J. Généreux, La Grande Régression, Seuil, 2010.

Commentaire recommandé

Dizalch // 19.03.2018 à 06h34

Merci M. Sapir, intéressante déconstruction du “mythe” de “l’alpha et l’oméga du libre échange absolu et de la mondialisation bienfaisante”…

A la vue de ce sondage et des interprétations que l’on peut en tirer, il reste cependant effarant de voir que des gens continuent de voter pour celles et ceux qui prônent le libre échange et la mondialisation à tout va; la “fabrique du consentement” fonctionne encore à merveille sur certains il faut croire…

28 réactions et commentaires

  • EchoGmt7 // 19.03.2018 à 05h46

    Bonjour,

    Il faut donc s’attendre à une grande campagne PÉDAGOGIQUE pour nous faire adorer le Golem et le cortège de TINA qui va avec.
    Vive la Mondiale!
    Miammiam! On va se régaler.

     17

    Alerter
  • Christophe Foulon // 19.03.2018 à 05h55

    Comme dirait un certains OB : “Les faits sont têtus”

    Merci pour ce pertinent billet..

     11

    Alerter
  • Dizalch // 19.03.2018 à 06h34

    Merci M. Sapir, intéressante déconstruction du “mythe” de “l’alpha et l’oméga du libre échange absolu et de la mondialisation bienfaisante”…

    A la vue de ce sondage et des interprétations que l’on peut en tirer, il reste cependant effarant de voir que des gens continuent de voter pour celles et ceux qui prônent le libre échange et la mondialisation à tout va; la “fabrique du consentement” fonctionne encore à merveille sur certains il faut croire…

     41

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    • Galvan // 19.03.2018 à 07h51

      La fabrique du consentement fonctionne encore, mais de moins en moins. Lorsque la population aura fait le lien entre politique, économie et géostratégie , elle ne fonctionnera plus du tout. Si de plus en plus de gens, en particulier les moins de 35 ans, s’informent majoritairement en dehors de la presse mainstream, ce n’est pas par hasard.
      Bernays l’avait prédit : toute propagande a une fin, lorsque le niveau d’information conjugué à la hausse de l’éducation fait se retourner les opinions. J’ai bien l’impression que l’on arrive à un point d’inflexion, même s’il n’est pas encore franchi.

       15

      Alerter
  • Emmanuel // 19.03.2018 à 07h43

    Merci M. Sapir pour cet article bien argumenté, et pour une fois (sic) un sondage qui semble ne pas servir uniquement un certain courant d’opinion….Toutefois, un malentendu devrait être levé sur le terme “mondialisation” : on dit “la” mondialisation, alors qu’en fait, il s’agit “d’une certaine forme de mondialisation”, axée sur la financiarisation à outrance, et au service d’une conception essentiellement “néolibérale”. N’y aurait-il pas d’autres formes de mondialisation alternative à penser, plus accès sur la coopération, que sur la compétition ? Malheureusement, si les chiffres sont têtus, les mots aussi (ils emprisonnent parfois dans une certaine forme de pensée…). Et quand on parle de “démondialisation”, c’est comme parler de “décroissance”, c’est à dire induire un retour en arrière (à connotation négative), alors qu’il s’agirait de développer un nouveau modèle de mondialisation, comme un nouveau modèle de développement….vaste sujet….

     15

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    • Christian Gedeon // 19.03.2018 à 18h02

      Non et non. Les concepts de mondialisation ou d’internationalisme “prolétarien” sont de toutes les façons dont on les prend,des armes de destruction massive. La faceboukisation du monde ou sa tweeterisation participent du même tonneau “rance” comme on disait chez les “penseurs”( cherchez la contradiction) de gauche de préférence extrême,parisienne et adepte de tous les raouts “en ville”. Si on n’abandonne pas ces notions bêtes à pleurer,non seulement nous continuerons à creuser notre tombe,mais on creusera de plus en plus vite celle des pays émergents. Qui pour satisfaire la boulimie matérialiste,produisent des biens (sic!) qui les empêchent de produire ce dont ils ont vraiment besoin. La folie matérialiste,également partagée par les liberaux( qui sont obèses de biens matériels,et par les communismes divers et varies( qui n’y sont jamais arrivés par incompétence) est la meme sale maladie,la meme errance. Qu’on se le dise et se le répète. Nom d’un chien,il suffit de regarder nos décharges de toutes nature pour se rendre compte que le matérialisme,c’est de la folie pure. Des plastiques par milliards de tonnes à travers le monde,et dans les pays developpes( dit on) un gaspillage alimentaire complètement dément,estimé à trente pour cent des aliments produits.

       8

      Alerter
  • Fritz // 19.03.2018 à 08h02

    Merci pour ce sondage pertinent. A nous de le faire connaître à notre entourage : il ne faut pas compter sur les médias pour le diffuser.

    Il y a une douzaine d’années, un autre sondage mettait en évidence une majorité favorable au protectionnisme, surtout chez les travailleurs et les jeunes. Les résultats de ce sondage avaient été occultés.

     10

    Alerter
  • Gribouille // 19.03.2018 à 08h38

    La Finance mondiale a besoin à la fois de croissance et de taux d’intérêt faibles pour optimiser le prix des actifs financiers. Vous confirmez finalement que la globalisation des échanges a pour véritable objectif de concilier deux objectifs contradictoires : Une croissance sans pression inflationniste grâce à la modération salariale.

     1

    Alerter
  • Pepin Lecourt // 19.03.2018 à 09h11

    Le bilan comparatif entre protectionnisme et libre-échange à partir de données économiques chiffrées portant sur la période s’étendant de la seconde moitié du XVIIIème siècle à nos jours a été fait par l’économiste Suisse Paul Bairoch publié sous le titre ; “Mythes et paradoxes de l’histoire économique” et le bilan penche sans réserve pour le protectionnisme sur tous les paramètres, PNB, croissance, échanges, développement industriel etc !

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    Alerter
    • Philvar // 19.03.2018 à 12h35

      De la part d’un suisse c’est bien peu étonnant : mondialistes pour leurs banques et multinationales et sauvagement protectionnistes envers les étrangers. Mais n’est-ce pas là du simple bon sens ? Que ne faisons pas de même !

       3

      Alerter
  • Philvar // 19.03.2018 à 10h28

    Sous le régime de la royauté, les rois au pouvoir étaient propriétaires du pays ; les guerres étaient toutes des guerres de succession. La royauté française s’appuyait de plus sur dieu, Nous trouvons cela très près de nous avec la Grande-Bretagne.
    Avec la révolution de 1789 le système royal a été détruit ; il fallait le remplacer par quelque chose afin de faire tenir ensemble des gens plus ou moins disparates en fonction des régions et donc de donner une « âme » à la nation ; de plus il fallait diffuser cette nouvelle organisation chez nos voisins pour éviter les pressions des anciens régimes.
    C’est ce à quoi se sont attelés Michelet pour la nation et Bonaparte sur ordre.
    De nos jours l’idéologie dominante veut conduire vers la suppression des nations européennes pour constituer un grand groupe « européen » plus en mesure de lutter contre les ensembles gigantesques qui se constituent. Des entreprises multinationales appuient et profitent de cela. On peut accepter ou non; mais de nombreux outils semblent rendre ceci inéluctable. Reste à en définir le prix à payer par chacun, plus particulièrement au niveau culturel et aux valeurs portées par chaque sous-ensemble. C’est là qu’il faut être attentif et défendre la variété qui restera la source de valeur ajoutée pour un monde unifié.

     1

    Alerter
  • cali_mero // 19.03.2018 à 10h50

    Pourtant, chaque élection en France renforce la politique mondialiste!
    Soit les élections sont truquées, soit les électeurs ont un grave problème cognitif qui en l’occurrence frise le crétinisme congénital …. 😂

     11

    Alerter
    • Philvar // 19.03.2018 à 12h40

      Parce que le poisson est bien noyé et que la doxa a su nous présenter un prototype du lover ! Les faibles en ont fait pipi dans leurs langes !

       2

      Alerter
    • condamy // 19.03.2018 à 13h48

      Election présidentielle en France : I° tour = abstention environ 50% , opposition à la Mondialisation telle qu’elle est pratiquée = Mélenchon +Le Pen au delà de 50% ,les favorables moins de 50% et pourtant … le Peuple n’y est pour rien !!

       6

      Alerter
  • loki // 19.03.2018 à 11h31

    Opinion argumentée et respectable en effet, méritant une audience large et prolongeant l’ouvrage “la démondialisation” de l’auteur. La discussion sur le libre échange ou le protectionniste est ouverte comme elle l’a toujours été (voir David Todd et son ouvrage sur le XIXe siècle) mais les questions sont posées et résonnent avec les analyses minutieuses d’Emmanuel Todd dans son dernier ouvrage.
    Quels actes suivront toutes ces pensées et ces sondages ? Un cinquantenaire décoiffant de Mai 68 ?

     1

    Alerter
  • pucciarelli // 19.03.2018 à 12h08

    Bonjour. L’un des gros soucis du moment est que les élites ont bénéficié de cette mondialisation, qu’elles ont contribué à mettre en œuvre. Or, elles tiennent le gouvernail et n’entendent pas céder sur leurs privilèges. Quelles sont ces élites? L’appareil d’état, les “grands” élus, les “grands journalistes”, les oligarques et experts divers etc.. Autrement dit, ont le pouvoir ceux qui en jouissent. L’intérêt national, l’intérêt général? Ils s’en fichent. Ils se conduisent comme l’ont toujours fait les grands féodaux, à savoir s’approprier le bien public avant d’être d’une manière ou d’une autre expulsés de leurs prérogatives, parfois au détour d’une faillite générale. Qui nous guette. Le marxisme est aujourd’hui encore, hélas, un instrument indispensable d’analyse. Cela nous rajeunit! Merci M. Sapir.

     8

    Alerter
  • Duracuir // 19.03.2018 à 13h06

    Cher Monsieur Sapir, nos dirigeants et leurs petits télégraphistes médiatiques se foutent comme de l’an 40 de notre avis. Les Guetta, Attali, Apathie, Barbier et consorts ne cessent de marteler que le gueux est bien trop crétin pour comprendre à quel point c’est bénéfique pour lui d’être mis en concurrence avec un ouvrier bengalais.

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  • Flizz // 19.03.2018 à 13h11

    Ce sondage me déprime au plus haut point…
    Comme quoi il suffit d’agiter le drapeau tout miteux d’un fascisme qui n’a jamais existé pour garder le contrôle.
    comme disent les jeunes, “au calme”.

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  • christian gedeon // 19.03.2018 à 14h04

    Quoi? Il ne faut pas souligner le rôle des “peuples” ou des masses comme on voudra? Qui a arrêté d’acheter local? Pour aller s’engouffrer dans les usines à consommation ” bon marché”(sic!). Ce faisant tuant les emplois français (ou autres )? A l’époque où le pouvoir d’achat était je le rappelle en bien bonne posture? Ce n’est quand même pas le saint esprit ,non? Mais c’est à cause de la “pub” ,me dira-t-on…eh bien,quand à cause de la pub,on est assez con pour scier la branche sur laquelle on est assis,faut pas venir se plaindre après,non? C’est la même chose avec tous les hurluberlus qui se plaignent de la désertification des centre ville… Qui achète sur Amazon,Ali baba et cie? Le dahu? Alors quelle conclusion en tirez vous? la mondialisation,elle n’est pas venue toute seule,non?

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  • Patrique // 19.03.2018 à 14h51

    Cela fait de très nombreuses années que de nombreux sondages montrent que les français sont très majoritairement contre la mondialisation.
    Rien de nouveau donc. Le vote de 2005 était, par exemple, un peu un vote anti mondialisation.

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    • utant ces gens qui votent non selon vous ont écheté français et se sont abstenus de Amazon et autres? Permettez moi d’en doouter // 20.03.2018 à 11h20

      Monsieur vous me faites rire. Est ce que pour autant ces gens qui ont voté non s’abstiennent d’acheter sur Amazon et d’aller dans les GMS? Permettez moi d’en douter..avoir des convictions,c’est bien…les appliquer c’est beaucoup mieux,n’est ce pas?

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  • lephil // 19.03.2018 à 17h36

    Les Français veulent le beurre et l’argent du beurre, ils veulent du protectionnisme mais conserver l’euro pour pouvoir partir en vacance au Maghreb où autres régions du globe dont la valeur monétaire est faible…..Le jour où ils comprendront que l’on ne peut pas tout avoir sans rien donner la donne politique changera

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  • Méc-créant // 19.03.2018 à 21h16

    Sapir, comme c’est souvent le cas, propose des éléments intéressants. Mais, pour ma part, j’ai depuis longtemps enrichi mon vocabulaire pour le mettre en conformité avec la réalité: “immondialisation” est le terme qui convient le mieux pour exprimer le monde dans lequel on vit et le système auquel on est soumis (d’où mon blog: “Immondialisation: peuples en solde!”). Quant aux commentaires de Gedeon, dont je peux partager une partie de ses colères, il semble –même si ce n’est pas clairement déclaré– prendre le risque de confondre deux ( au moins) “matérialismes”: celui correspondant à un courant de pensée philosophique et celui désignant le désir de posséder des biens matériels.Peut-être pourra-t-il partager une partie des réflexions présentées sur mon blog dans “le conte du village”, où j’essaie de montrer comment les travailleurs ont pu se faire prendre au piège des “avantages économiques” . Vieux-con “matérialiste” invétéré (au point d’en être “anti-relativiste”, c’est dire!) il y a bien longtemps que je n’ai pas jeté un trognon de saucisson même moisi, mon frigo sonne plus souvent creux et je vais plusieurs fois par semaine faire des achats chez les commerçants “locaux” –de plus en plus difficiles à trouver–, commerçants qui, parfois, ont un peu tendance eux-mêmes à n’être pas toujours “bons commerçants”. C’est bien davantage la soumission à l’idéologie du profit qui a fini par former nos comportements et nos idées. Mais quel courant de pensée a vraiment tenté d’y résister?…
    Méc-créant.

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  • vinel // 19.03.2018 à 23h35

    TRE juste ME-CREANT!
    La non mondialisation n’est pas une démarche sondagière mais une attitude personnelle dans la vie de tous les jours.Réfléchissez y!

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  • Marc Michel Bouchard // 20.03.2018 à 04h41

    Suite à ce sondage contradictoire face à l’élection de Macron. Le système se maintient et offrira en duo Waukiez-Macron en 2022 pour que tout continue. Il faut une crise internationale économique pour secouer le système davantage que maintenant. Nous ne sommes plus non plus en 1789 ou en 1870, lorsque le peuple urbain moins illusionné sur l’église et son chantage à la faute se permettait avec furie d’agir contre la misère. Nous sommes dans une société pacifiée encore en l’espérant et la révolte trouve modèle dans l’agitation à la mai 68, mieux, la désobéissance civile et la grève générale. Modèle Luther King et c’est dans cette voie que le peuple sortira de l’individualisme et qu’il ne se laissera plus abuser par des élections arrangées savamment à moins qu’une nouvelle crise majeure proche de 1929 oblige l’aristocratie politique à casser le globalisme.

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  • Tardieu // 20.03.2018 à 12h06

    Les résultats de ce sondage ne veulent absolument rien dire. J’explique pourquoi.

    Sachant que l’immense majorité des citoyens de ce pays sont en but à une multitude de difficultés ou ils ont une mauvaise opinion de la société, tout en sachant que le reste du monde ne vaut guère mieux ou en est en partie responsable, il était évident que la mondialisation remplirait ici le rôle de bouc émissaire à l’origine de la plupart de leurs problèmes… Partant de là, leur poser la question de savoir s’ils étaient satisfaits du principal facteur qui déterminait l’orientation abominable de la société, ne pouvait qu’entraîner logiquement une réponse majoritairement négative de leur part.

    Dit autrement, hormis ceux qui s’estiment servis (les nantis) ou les imbéciles heureux ou encore les crétins finis, quelle que soit la question posée, on imagine mal qu’une majorité puisse s’estimer satisfaite de son sort…

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  • Opp’s // 20.03.2018 à 15h36

    Effectivement , un sondage intéressant mais sans grande pertinence. Disons : révélateur.

    Surtout dans un pays où l’on se complaît à prendre des postures généreuses et critiques, pour soigner sa propre image aux yeux des autres et à soi-même, mais surtout en ‘paroles’.
    Soyons honnête , il y a quelques minorités ‘agissantes’ qui parfois sauvent notre honneur et souvent restent dans la radicalité systématique hémiplégique. Bon chacun dans son rôle ok.

    C’est qu’en face de ” l’opinion ” que l’on se plaît à afficher, il y a le caddie.
    Et le caddie , avec tout ce qui en découle, c’est un bulletin de vote sans odeur ni couleur mais particulièrement efficace.

    Le rejet de la mondialisation existe bien , c’est vrai, mais disons qu’il est noyé dans un rejet de tout un fatras d’autres choses (les banques, les médias, les riches, les politiques, les homos, les cathos, les nantis, les patrons, les fonctionnaires les ‘autres’ etc …). Il n’est donc pas structurant d’un projet précis.
    Et ce rejet est partagé aussi bien à droite qu’à gauche. La grande indignation agite aussi bien un lepéniste qu’un homme de droite classique , un militant socialiste bon teint qu’un insoumis glorieux.

    Et la somme des diverses propagandes et des interdits en tout genre n’aura abouti , en fin de compte, qu’à faire monter les extrêmes sans jamais les réaliser, qu’à les installer dans le paysage sans jamais les valider vraiment.
    Et la somme des stratégies se paralysant l’une l’autre , assez curieusement , cela n’ a débouché qu’à offrir le pouvoir à un simple candidat disruptif. Caramba encore raté!

    Bien entendu , tous les cocus qui sont tombés dans tous les pièges auxquels ils participaient se refont à présent une parcours de disculpation et une virginité moins naïve , en expliquant que Macron était l’homme que le ‘système’ avait prémédité comme président .

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