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2.décembre.20192.12.2019 // Les Crises

[RussEurope-en-Exil] Regarder l’Allemagne, à propos du livre d’Edouard Husson, par Jacques Sapir

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Edouard Husson vient de publier un livre très important sur l’Allemagne et la relation franco-allemande[1]. Ce livre vient, certes, s’ajouter à d’autres sur ce sujet. Il présente cependant un intérêt tout particulier. Edouard Husson est sans doute aujourd’hui l’un des historiens qui connaît le mieux l’Allemagne aujourd’hui. Directeur de l’Institut Franco-Allemand d’Etudes Européennes qui est le successeur du CIRAC qui fut fondé par Alfred Grosser, il est certainement l’un des auteurs les plus habilités à s’exprimer sur ce sujet. Ce livre s’adresse donc tout à la fois au lecteur intéressé par le sujet, au citoyen, mais aussi aux dirigeants de notre pays.

Son livre survient à un moment important. Alors que les relations entre les gouvernements français et allemands se dégradent, que le Président français, M. Emmanuel Macron fait un bilan, certes connu des experts, mais qu’il est le premier en sa fonction à dire, sur la « mort cérébrale » de l’Otan[2], que même sur l’Euro il reconnaît que ce dernier a avant tout avantagé l’Allemagne[3], il faut lire l’ouvrage d’Edouard Husson pour comprendre les raisons d’un long aveuglement au sujet de l’Allemagne. Cet aveuglement a frappé nos dirigeants depuis plusieurs décennies. Il est incontestablement l’une des causes majeures de l’échec, qu’il faudra bien reconnaître, de l’Union européenne.

 

Allemagne rêvée, Allemagne réelle

Ce livre est organisé autour de trois parties, qui chacune développe un thème particulier, tout en revenant ou en abordant les autres thèmes de l’ouvrage. La première revisite l’héritage et les ambiguïtés des relations entre la France et l’Allemagne depuis en réalité la fin du XVIIIème siècle. Il montre comment exista, au début du XIXème siècle une précoce germanomanie ; le rapport ancien de fascination mais aussi de répulsion qui s’établit entre les deux pays date de cette époque. Mais, on peut penser qu’il en fut aussi des incompréhensions. La citation qu’il fait d’un livre de Heinrich Heine, publié en 1834 durant justement l’exil de l’écrivain en France, est à cet égard prémonitoire[4]. L’incompréhension entre le romantisme allemand et le classicisme français est radicale ; mais, même le romantisme français a des racines différentes de son voisin allemand, et ne peut s’y comparer.

Edouard Husson commence alors à construire ce qui sera la thèse centrale du livre : les français regardent en vérité une Allemagne imaginaire et ne comprennent pas, ou peu, ce qu’elle est réellement. Cela va de la philosophie à la politique, de l’économie à la sociologie. Il montre fort bien comment cette Allemagne imaginaire, en bien comme en mal, a ressurgi lors de la chute du mur de Berlin et de la réunification. Les lignes qu’il écrit sur les peurs mais aussi les illusions des dirigeants français, François Mitterrand et Roland Dumas notamment, sont particulièrement vraies. Je puis en témoigner, ayant travaillé de 1987 à 1990 avec l’un des plus proches collaborateurs de Roland Dumas.

Il montre aussi comment le vivier des grands spécialistes de l’Allemagne qui existait en France depuis les années 1870, et qui était dynamique et prolifique dans les années 1970-1980, s’est progressivement tari dans les années 1990 et les années 2000. Les raisons en sont multiples. Sans doute, la disparition de l’Allemagne en tant que figure de l’ennemi, une disparition qui ne date pas de 1945 mais des années 1960 en réalité, a-t-elle entraîné une forme de désintérêt pour l’étude de ce pays et de sa culture. Sans doute aussi, les simplifications liées à cette immense tragédie que représente le nazisme, simplifications que l’on peut comprendre sans nécessairement les partager, ont-elles poussé à réduire la question de l’Allemagne à celle de son rapport avec le passé nazi. Edouard Husson a d’ailleurs lui-même écrit plusieurs importants sur ce sujet[5]. Le constat du travail de mémoire, admirable d’ailleurs, qu’ont réalisé les Allemands sur ce sujet leur a valu quitus sur tout le reste. Regrettable facilité, dangereuse illusion ; Edouard Husson, qui a noué une fructueuse amitié avec l’un des meilleurs spécialistes du régime nazi, Ian Kershaw, a su ne pas tomber dans ce piège. Sans doute enfin, l’étiolement de l’enseignement de l’allemand dans le système scolaire français, une langue désormais considérée comme « rare » et « élitiste », n’est-il pas sans conséquences sur la disparition, dans notre pays, d’un groupe de grands spécialistes de l’Allemagne.

On voit donc ainsi dans quel contexte a pu se créer l’image d’un « modèle allemand » qui se constitua en France dans les années 1970 et qui devint déterminant dans les années 1980.

Edouard HUSSON

Les méfaits du « modèle allemand »

Ce modèle, nombreux sont ceux qui en ont dénoncé les effets, voire les impostures[6]. Il faut cependant comprendre quand il s’est constitué. Il a fallu attendre les années 1970, c’est à dire celles du flottement généralisé des monnaies après la décision des Etats-Unis de mettre fin aux accords de Bretton-Woods, pour qu’il se mette en place.

On a pris l’habitude de souligner un « miracle » allemand, dans la reconstruction rapide de la RFA. Mais, on oublie qu’à ce titre deux pays seraient bien plus et bien mieux qualifiés que l’Allemagne pour que l’on parle de « miracle », la France et l’Italie. La forte croissance que l’Allemagne a connue est d’abord une récupération. Ce pays était, il faut s’en souvenir, la première puissance industrielle et économique de l’Europe depuis le tournant du XXème siècle. Si les villes ont été largement détruites par les bombardements anglais et américains, l’outil industriel et les machines-outils sont intacts. L’effondrement industriel de l’Allemagne nazie ne date que des derniers mois de la guerre, quand le combustible manqua[7]. La croissance forte dans des pays bien moins industrialisés, la montée générale du poids de l’industrie dans leurs économies, est une preuve bien plus convaincante du « miracle ».

De fait, en France, si l’on construit l’Allemagne en « modèle » c’est bien plus du fait de son apparente résistance à l’inflation, puis de ce qu’elle s’est trouvée dans une situation monétaire très avantageuse. Là aussi, on oublie que l’importance des investissements à consentir pour effectuer ce rattrappage économique impliquait, en France et en Italie, un taux d’inflation plus fort que celui existant en Allemagne. Mais, peu importait en réalité. Car, dans le contexte économique des années 1970, marqué tant par l’éclatement de l’ancien cadre monétaire international que par le souvenir de mai 1968, c’était bien la question de l’inflation et celle de la stabilité monétaire qui importait aux élites françaises. Ainsi s’explique cette progressive mythification de l’Allemagne, d’abord dans un usage instrumental (il faut culpabiliser les français de n’être point aussi « raisonnables » que leurs voisins d’outre-Rhin, un thème récurrent sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing et en particulier avec Raimond Barre comme Premier-ministre) mais à laquelle cette même élite s’est progressivement mise à croire. Or, dans ce mythe, il y a bien des erreurs, en particulier sur l’origine du « statut » d’indépendance de la Banque Centrale en Allemagne[8].

Edouard Husson montre bien comment cette mythification de l’Allemagne a fonctionné et comment elle s’est progressivement transformée en un dogme. L’Allemagne devenant le parangon d’une modernité économique (et ce alors qu’à partir des années 1980 elle s’écartait de plus en plus de ce que l’on qualifiait de « capitalisme rhénan »), l’unité entre les deux pays, ce « couple » franco-allemand sur lequel furent bâtis bien des fantasmes, devenait un point non négociable, non discutable, du discours politique de l’élite française. Cette élite a été prise à son propre piège. Elle s’est mise à croire dans le discours qu’elle tenait à la population. Il en résulte ce qu’Edouard Husson qualifie justement de « volontarisme » français qui ne peut que se heurter à l’immobilisme allemand.

Une autre voie était-elle possible ?

Car, et Edouard Husson a nouveau l’établit de manière très convaincante, il y eut une autre manière de voire les choses. Le Général de Gaulle, lorsqu’il invita à chez lui, à Colombey-les-Deux-Eglises, le Chancelier Konrad Adenauer en 1958, puis lors du Traité de l’Elysée, voulait tirer un trait sur le passé non pour l’oublier mais pour aller de l’avant[9]. Ce que le Président de la République cherchait était un moyen pour détacher la RFA de l’orbite américaine. Ce fut impossible, et ce Traité resta largement lettre morte. Les bases d’un rapprochement avaient cependant été jetées mais elles n’incluaient ni ne supposaient nulle mythification de l’Allemagne. La coopération, déjà importante, entre les deux pays se développa. Mais, la France assuma à l’époque seule le choix de l’ouverture à l’URSS, de la reconnaissance de la Chine. L’Allemagne restait prudemment dans les limites du protectorat américain.

La politique française fut profondément modifiée par l’image de ce traité, pourtant mort-né. Si le Général de Gaulle et son successeur immédiat, George Pompidou, ne nourrissaient aucune sur la politique allemande, l’image induite par le traité de 1962 eut une profonde influence dès la fin des années 1970 et le début des années 1980. Que ce soit au RPR ou au Parti Socialiste, on se lança dans une surenchère par rapport à cette mythification. Les impasses que nous connaissons que ce soit quant à la construction européenne ou sur la question de l’euro en découlent, impasses sur lesquelles Edouard Husson est d’une très grande clarté[10]. Elles sont largement le produit de cette forme particulière de « servitude volontaire » à laquelle nos élites ont poussée. Il n’est pas anodin qu’Edouard Husson qualifie Emmanuel Macron de « dernier giscardien »[11]. Il l’est, incontestablement en ce qui concerne sa politique. Mais, il est douteux que Giscard d’Estaing ait partagé les illusions dont l’esprit de notre Président semble fourni au sujet de l’Allemagne.

Angela Merkel, la « chancelière sans qualités » ?

L’effet de cette fascination à laquelle l’élite politique française a fini par se laisser prendre est d’autant plus désastreux que l’Allemagne, épuisée moralement par le processus de réunification, s’est donnée comme chancelière une femme qui est selon Husson aujourd’hui dépassée par sa fonction, Angela Merkel et qu’il qualifie, dans le titre du quatrième chapitre de « chancelière sans qualités »[12]. Chancelière depuis 14 ans (2005). C’est dans cette deuxième partie de l’ouvrage, intitulée Le Moment Merkel que l’on saisit mieux tout ce qu’apporte à l’analyse d’Edouard Husson son immense connaissance de la culture et de l’histoire allemande. On peut ici regretter qu’il n’expose pas à son lecteur plus en détail la trajectoire personnelle d’Angela Merkel, ce qui aurait rendu plus compréhensible son analyse des erreurs qu’elle commit à partir de 2010-2011.

Il insiste sur les ambiguïtés de l’Allemagne qui rejette explicitement tout projet politique pour n’affirmer que des normes, ce qui constitue néanmoins un projet politique. C’est un point fondamental, que l’on partage avec lui. C’est même la base de l’incompatibilité entre la politique française et la politique allemande vis-à-vis de l’Union européenne. Mais, les sources de cela sont peut être plus ancienne que ce qu’en dit alors Edouard Husson. Car, et c’est là une des rares critiques que l’on formulera à l’égard de ce livre, qui n’aborde pas les débats de philosophie politique qui eurent lieu en Allemagne avant le nazisme. Cette tendance à préférer la norme à la décision est effectivement ancienne ; elle a à peu près un siècle. A propos des années 1920, Carl Schmitt écrit à ce sujet des lignes très importantes dans son ouvrage publié en 1932[13].

L’Allemagne a réalisé, semble-t-il, le rêve de l’Etat Législateur dans la typologie de Schmitt. On repère en effet un espace où l’État est nécessairement impersonnel. Cette opposition entre normes et décision d’une part, et entre personnalisation et dépersonnalisation du pouvoir d’autre part, n’est pas moins importante pour comprendre la dynamique d’un système que certains auteurs[14] attribuent à l’ordolibéralisme mais qui renvoie en fait à des notions plus profondément ancrée.. Schmitt concentre alors un certain nombre de critiques sur l’État Législateur, car pour lui ce dernier symbolise le point d’aboutissement des régimes de démocratie parlementaire et du libéralisme. Ces critiques révèlent une troisième opposition, qui s’explicite progressivement : celle entre légalité et légitimité: “…notre époque est fortement dominée par une fiction, celle de la légalité, et cette croyance dans un système de légalité rigoureuse s’oppose manifestement et d’une manière très nette à la légitimité de toute volonté apparente et inspirée par le droit[15].

Il considère que le parlementarisme libéral vise à créée les conditions pour que la légalité supplante la légitimité, et que le pouvoir de la majorité supplante le droit. Le formalisme qui en découle est, selon lui, la manifestation de cette fiction de la légalité, et il aboutit à ruiner l’État législateur lui-même[16]. Le droit de l’Etat législateur n’est que l’émanation d’une majorité et les actions politiques, on l’a dit, des actes mécaniques conformes à ce droit. La question du contenu du droit n’est plus posée. Ceci est très vrai et aujourd’hui parfaitement évident si l’on regarde le fonctionnement des institutions de l’Union européenne. Pourtant, un tel État est en permanence menacé de dissolution par les conflits issus de la participation des masses à la politique[17]. Pour Schmitt, donc, il importe de « sauver » le droit, en tant que principe organisateur des sociétés, du légalisme formel. On doit lui donner raison sur ce point. Le droit ne peut se définir par lui-même ; il doit être « situé », dans des contextes particuliers, et par là même il est contestable, d’ou l’importance de la notion de légitimité et de ce qui la fonde, la souveraineté. Mais, de cela, il ne peut en être directement question pour Angela Merkel qui se refuse à exercer explicitement son leadership sur l’Union européenne, et donc à en assumer les responsabilités, tout en en exerçant la réalité[18].

L’Allemagne, retirée de l’Histoire ?

Ce « moment Merkel » est survenu alors que les Nations retrouvaient progressivement leur importance et que l’Histoire se réveillait[19]. Le système de normes à l’abri duquel elle escomptait pouvoir gérer la position dominante de l’Allemagne mais sans jamais avoir à la reconnaître a volé en éclats devant les crises qui se sont succédées depuis 2007. De manière significative, son prédécesseur, le chancelier social-démocrate Gerhard Schröder l’avait, lui, compris. Assurément, il n’était nullement question pour lui d’assumer des responsabilités politiques internationales d’importance. Mais, il avait compris que l’intérêt de l’Allemagne, et dans une large mesure des pays du noyau dur de l’Union européenne, était de rejoindre le président Français, Jacques Chirac et le président Russe, Vladimir Poutine, dans une opposition concertée au projet américain d’invasion de l’Irak. Bien entendu, Schröder laissa à la diplomatie française le premier rôle, étant conscient que sur ce terrain particulier l’Allemagne ne pèserait pas. Mais, il soutint la position franco-russe avec constance.

Angela Merkel, quant à elle, éprouve beaucoup plus de mal à s’exprimer en temps de crise et à prendre des positions qui soient remarquables, sauf, et ce point est à souligner, quand elle peut s’appuyer sur un raisonnement moral et donc utiliser des normes pour faire passer sa position. Cela, Edouard Husson le montre fort bien, en particulier à propos de la « crise des migrants » de 2016. Il n’en reste pas moins qu’Angela Merkel semble faire sienne l’idée que l’Allemagne est sortie de l’Histoire[20]. Mais, à vouloir fuir l’Histoire et ses responsabilités, on est bien souvent rattrapé par celle-ci. A cet égard, les réflexions de Jean-Pierre Chevènement, réflexions qu’il a exprimés dans ses derniers livres, apparaissent comme un éclairage parfois convergent, mais parfois en contre-point, à ce qu’écrit Edouard Husson. Car Chevènement apparaît comme le dernier des hommes politiques français a avoir développé une réelle analyse sur l’Allemagne, et ce depuis 1995[21].

Edouard Husson montre comment on ne peut distinguer la forme très particulière de gouvernement qui s’incarne dans Angela Merkel de l’éclatement de l’espace politique allemand et du surgissement d’un parti à la droite de la CDU-CSU, l’AfD.

On peut ici se poser une question, qui est implicitement contenue dans la troisième partie du livre. Si la scène politique allemande est ainsi bouleversée, avec la chute spectaculaire du SPD et la décrue, moins rapide mais non moins spectaculaire de la CDU-CSU, n’est-ce pas parce que, désormais, l’opposition n’est plus droite/gauche mais entre ceux qui prônent un gouvernement des normes, Merkel, mais aussi le parti « Vert » qui lui aussi théorise une « fin » du politique au nom de l’établissement de normes, notamment climatiques, et ceux qui continuent de défendre le principe du politique, de l’affrontement ami-ennemi ?

Ces réflexions sont loin d’épuiser les débats et discussions auxquels le livre d’Edouard Husson peut donner naissance. C’est donc dire toute la richesse de l’ouvrage d’Edouard Husson. La somme de connaissances contenues est considérable, et elle rejaillit à travers la pertinence des questions qui sont soulevées dans ce livre. Il faut souhaiter qu’il soit lu par le plus grand nombre, mais qu’il soit aussi lu par ceux de nos dirigeants qui cherchent à réfléchir sur l’évolution des relations franco-allemandes.

Une suggestion s’impose ici à tous ceux qui ont des fonctions un peu importantes dans les médias. L’organisation d’une table ronde entre Edouard Husson, Coralie Delaume, Jean-Luc Mélenchon et Jean-Pierre Chevènement s’impose. Ces quatre auteurs ont, à leur manière, avec des approches certes différentes, tous soulevé la question de l’Allemagne et de son influence sur notre pays et sur l’Union européenne. La confrontation de ces quatre point de vue, qui ne sont pas nécessairement opposés mais qui sont tous différents, s’impose

 

Notes

[1] Husson E., Paris-Berlin, La Survie de l’Europe, Paris, Gallimard, 2019.

[2] https://www.lemonde.fr/international/article/2019/11/28/mort-cerebrale-de-l-otan-macron-assume-stoltenberg-recherche-l-unite_6020929_3210.html

[3] Emmanuel Macron, interview dans The Economist – 7 novembre 2019, https://www.economist.com/europe/2019/11/07/emmanuel-macron-in-his-own-words-english

[4] Heine H., De l’Allemagne, Paris, coll. Tel, Gallimard, 1998.

[5] Husson E., Heydrich et la solution finale, Paris, Perrin, 2008 ; Idem, Comprendre Hitler et la Shoah – Les historiens de la République Fédérale d’Allemagne et l’identité allemande depuis 1949, Paris, Presse Universitaire de France, 2005.

[6] Mélenchon J-L., Le Hareng de Bismarck, Paris, Plon, 2015.

[7] Voir, The United States Strategic Bombing Survey – Summary Report – European War, Washington D.C., 30 septembre 1945. Consultable à : https://www.ibiblio.org/hyperwar/AAF/USSBS/ETO-Summary.html

[8] Voir Bibow J., “On the origin and rise of central bank independence in West Germany.” The European Journal of the History of Economic Thought vol. 16(1), pp. 155–190, 2009.

[9] Husson E., Paris-Berlin, La Survie de l’Europe, op.cit. p. 85.

[10] Husson E., Paris-Berlin, La Survie de l’Europe, op.cit. pp. 93-99.

[11] Husson E., Paris-Berlin, La Survie de l’Europe, op.cit. p. 101.

[12] Husson E., Paris-Berlin, La Survie de l’Europe, op.cit. p. 125. La référence est évidemment au roman de Robert Musil, L’homme sans qualités.

[13] Schmitt C., Légalité, Légitimité, traduit de l’allemand par W. Gueydan de Roussel, Librairie générale de Droit et Jurisprudence, Paris, 1936; édition allemande, 1932.

[14] En particulier J-L Mélenchon, Le Hareng de Bismarck, op.cit et Coralie Delaume Le Couple Franco-Allemand n’existe pas, Paris, Michalon, 2018.

[15] Schmitt C., Légalité, Légitimité, op.cit., p. 46

[16] Schmitt C., Légalité, Légitimité, op.cit., pp. 50-51.

[17] Hirst P., “Carl Schmitt’s Decisionism” in C. Mouffe, (ed.), The Challenge of Carl Schmitt, Verso, Londres, 1999, pp. 7-17

[18] Husson E., Paris-Berlin, La Survie de l’Europe, op.cit. p. 172.

[19] Sapir J., Le Nouveau XXIè Siècle, le Seuil, Paris, 2008.

[20] On fait ici référence au livre de Jean-Pierre Chevènement, 1914-2014, L’Europe sortie de l’Histoire ?, Paris, Fayard, 2013.

[21] Chevènement J-P., France-Allemagne, parlons franc, Paris, Plon, 1996 ; Idem, Sortir la France de l’impasse, Paris, Fayard, 2011.

Commentaire recommandé

Urko // 02.12.2019 à 08h53

Très bon papier sur un livre bien bâti. Il faudrait peut être ajouter que les élites françaises ont souvent, dans l’histoire, marqué leur fascination pour un modèle étranger : l’Allemagne aujourd’hui, donc, mais aussi l’Angleterre hier, l’Espagne Habsbourg avant hier, l’Italie des cités… Cela semble t il provient de leur dédain envers une population jugée par trop indocile, d’où d’ailleurs, leur rêve de lui substituer un peuple européen qu’elles se proposent de créer de force, quitte à importer des hommes neufs débarrassés des scories de leurs cultures nationales européennes, ce qui engendre quelques problèmes “d’identité” (sic) comme on dit aujourd’hui. Bien entendu, les Allemands, Anglais, Espagnols, Italiens n’ayant aucune raison de s’avérer plus infaillibles, vertueux et raisonnables que les Français, cet amour adolescent de nos élites pour l’étranger, pour l’Européen, reste bien sûr voué à la désillusion. Stendhal a écrit des choses fascinantes sur l’irrationnalite de la construction de l’objet amoureux et le dépit qui en ressort.

22 réactions et commentaires

  • gracques // 02.12.2019 à 07h22

    Comme d’habitude M Sapir vous nous régaleez de vos analyses dont le côté pédagogique est remarquable.
    La distinction entre l’action guidée par la ‘norme’ ou le droit (sans questionnement sur son contenu) et l’action politique basée sur la,légitimité m’à toujours paru très pertinente.
    Toutefois comment considérer que la décision d’ouvrir les frontières de l’Allemagne en 2015 fut motivé par l’oveissance à une norme alors que personnellement j’y voyais l’expression d’une volonté politique unilatérale ? Guidée par des intérêts bien compris.

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    • Arkhenes // 02.12.2019 à 10h19

      @Gracques
      Je ne crois pas que Sapir dise que, sur la question des migrants, Angela Merkel a ‘obéit’ à une norme. Il me semble plutôt qu’il explique l’inverse: elle a pu prendre une décision forte et très politique uniquement parce qu’elle pouvait la justifier d’un raisonnement moral générateur d’une norme.
      Sapir rapporte qu’Husson utilise cet exemple pour montrer que c’est seulement quand elle peut se cacher derrière une norme que Merkel assume de prendre des décisions très politiques.
      Il me semble que cet exemple est particulièrement pertinent pour démontrer que l’Allemagne fait de la politique, en fonction de ses intérêts propres, mais en se cachant toujours derrière “la norme”. Dès lors, il faut considérer que l’Union européenne, puissance qui se réclame elle-même plus normative que politique, est l’instrument rêvé pour la poursuite des intérêts allemands.

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      • Caze // 02.12.2019 à 13h15

        Quand Merkel assume de prendre la décision très politique ,en 2005, d’abandonner l’axe Paris -Berlin- Moscou, derrière quelle “norme” se cachait-elle donc? Quel était l’intérêt de l’Allemagne?

        Mais alors, Schröder, avec ses décisions très politiques (renforcer le noyau dur de l’UE, indifférence à l’ “oubli” de Poutine d’inviter la Lituanie et la Pologne lors du 750ème anniversaire de Kaliningrad …), derrière quelle “norme” se cachait-il, lui? Quel était alors l’intérêt de l’Allemagne?

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        • Arkhenes // 02.12.2019 à 14h16

          @Caze, j’ai l’impression que Sapir rapporte justement que Schröder, lui, n’avait pas du tout cette approche. Sur ces décisions politiques (géopolitiques) phares, il se contentait de laisser la France prendre le leadership (et les coûts: je ne me rappelle pas qu’au moment de la guerre en Irak, il y ait eu un German-bashing alors que dans le même temps le French-bashing avait pris des proportions hallucinantes aux USA).

          En ce qui concerne l’abandon de l’axe Paris-Moscou-Berlin, il était totalement inévitable depuis l’élargissement de 2004 (on peut d’ailleurs se souvenir des déclarations de Chirac sur les nouveaux entrants au moment de la guerre en Irak). Je ne sais pas si c’est ce qu’elle a fait, mais on peut très bien imaginer Merkel se reposer sur les positions stratégiques de ces nouveaux co-membres de l’UE, auparavant vassalisé par l’OTAN, pour justifier ce revirement stratégique.

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          • Caze // 02.12.2019 à 15h22

            L’axe Paris-Berlin-Moscou était le dada de Schröder, et tant que cela allait dans ce sens il laissait évidemment faire tant la France (leadership en géopolitique) que la Russie (refuse de commenter l’absence d’invitation par Poutine de la Lituanie et de la Pologne à Kaliningrad en 2005)

            Certes ce genre d'”approche” faisait l’affaire de la France, mais quelle petitesse de s’en réjouir et de s’en contenter!… Car la petitesse en politique a le plus souvent des conséquences au final bien funestes. J’insiste lourdement sur Königsberg/Kaliningrad 2005, mais c’est là que tout se joua et l’Europe, dans ses rapports entre membres, mais aussi avec les Etat-Unis d’Amérique et la Russie, en paie toujours le tribut.

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            • Caze // 02.12.2019 à 15h23

              On ne mesure évidemment pas en France (mais c’est toujours un tort et une faute, la méconnaissance de l’Autre, en politique) l’ampleur de l’affront subi et du scandale jamais oublié et pardonné qui surgirent de cet événement… La Pologne et les Pays Baltes, y voyant là une défiance de Moscou, ont alors supplié la chancelière de les protéger de la Russie certes mais aussi de l’UE qu’elles perçurent d’un coup, via Chirac et Schröder, comme leur étant tout aussi hostiles. Pour Merkel et plus généralement son parti, la CDU, l’élargissement de l’UE n’était pas a priori un problème (elle ne l’était pas non plus, en France, pour la démocrate-chrétienne UDF), puisqu’il allait de soi pour elle qu’il n’y aurait plus dès lors de “conférences à trois” (en tous cas pas sans concertation avec les autres membres) propres à rompre la confiance et à ôter toute cohésion à l’Union. Il n’était donc pas question pour Merkel de “se reposer sur les positions stratégiques” de la Pologne and co, mais au contraire de s’ingénier à rétablir cette confiance entre tous les membres, de redonner une cohésion à l’UE qui aurait pu alors revenir vers Moscou en vue d’une alliance sécuritaire (surtout lors de la présidence de Medvedev). Cela se fit presque… Mais le mal était fait et empira, du fait du manque de tact persistant des uns et de la susceptibilité sottement tenace des autres… et vice versa d’ailleurs, les uns devenant les autres au fil du temps..!

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      • Sapir // 03.12.2019 à 09h29

        Oui, c’était exactement mon point de vue.

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    • Jérôme // 02.12.2019 à 20h48

      Une norme est une règle qui s’impose : elle peut être économique, budgétaire, juridique, religieuse ou morale.

      Une norme, qu’elle que soit sa forme, est soustraite à l’objet du débat et de la décision par la volonté légitime d’une majorité.

      C’est pourquoi on peut dire que l’UE est un empire des normes tout comme la théocratie iranienne ou ce sont les religieux non élus qui exercent le pouvoir suprême sur la volonté des dirigeants élus par le Peuple.

      Salut à donc pleinement raison de ranger parmi les normes le motif moralisant-religieux qui a conduit Merkel à décider de laisser entrer 1 million de migrants en 2015, contre la volonté très nette de son opinion publique.

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  • Urko // 02.12.2019 à 08h53

    Très bon papier sur un livre bien bâti. Il faudrait peut être ajouter que les élites françaises ont souvent, dans l’histoire, marqué leur fascination pour un modèle étranger : l’Allemagne aujourd’hui, donc, mais aussi l’Angleterre hier, l’Espagne Habsbourg avant hier, l’Italie des cités… Cela semble t il provient de leur dédain envers une population jugée par trop indocile, d’où d’ailleurs, leur rêve de lui substituer un peuple européen qu’elles se proposent de créer de force, quitte à importer des hommes neufs débarrassés des scories de leurs cultures nationales européennes, ce qui engendre quelques problèmes “d’identité” (sic) comme on dit aujourd’hui. Bien entendu, les Allemands, Anglais, Espagnols, Italiens n’ayant aucune raison de s’avérer plus infaillibles, vertueux et raisonnables que les Français, cet amour adolescent de nos élites pour l’étranger, pour l’Européen, reste bien sûr voué à la désillusion. Stendhal a écrit des choses fascinantes sur l’irrationnalite de la construction de l’objet amoureux et le dépit qui en ressort.

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    • Kokoba // 02.12.2019 à 11h39

      Exactement.

      Nos élites trouvent toujours un modèle étranger pour ringardiser le modèle Français et expliquer aux Français qu’il faut qu’ils acceptent les réformes.

      On a eu droit au modèle Anglais à l’époque ou l’Angleterre allait bien.
      Puis quand l’Angleterre a eu des problèmes, ils sont passé au modèle Nordique avec la fameuse flexi-sécurité.
      Puis l’Allemagne a connu un boom et maintenant on a droit au modèle Allemand.

      L’Allemagne étant en perte de vitesse, on en parle moins.
      Il va falloir qu’ils trouvent un autre modèle à nous vendre.

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      • Larousse // 02.12.2019 à 12h41

        Parfaitement vu, la ploutocratie française s’arrange avec les modèles étrangers pour mieux “faire pression sur les gueux”. Modèle suédois, finlandais, danois, allemand, américain… Et toujours pour le moins disant . Le modèle américain : c’est super dit-elle, mais sans la force de syndicats de branches industrielles, sans les agences fédérales de gestion de l’eau ou d’énergie…); le suédois c’est super dit-elle pour la retraite mais sans le niveau de salaires supérieur; l’allemand pareil mais sans les syndicats et avec la cherté des loyers, la spéculation foncière et tutti quanti… Enfin la ploutocratie y ajoute à ces “plats infames” un soupçon d’ “aromates étrangers” histoire de casser les salaires… Elle gagne à chaque fois au final… jusqu’à quand, ça craquera-t-il ?
        Sauf erreur, elle s’enrichit et le pays décline… C’est certain

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  • Caze // 02.12.2019 à 09h35

    L’esprit français a tendance à tout intellectualiser. L’ouverture de la frontière en 2015 par la fille de pasteur Angela Merkel fut certes un acte moral, mais un acte de charité chrétienne (qu’un chancelier catholique, imprégné de Schmitt ou pas d’ailleurs, n’aurait pas forcément accompli). Si l’axe Paris-Berlin-Moscou (Chirac , Schröder, Poutine) est abandonné par Merkel en 2005, c’est parce que la Pologne et les états baltes, effrayés par cet axe, supplient l’Allemagne de ne pas les laisser tomber – Schröder , tout à son affaire de conforter le noyau dur de l’Union Européenne, ayant manqué de tact à leur égard , voir l’affaire Königsberg … Mais en aucun cas cet abandon n’était dirigé contre la France et Moscou, la rencontre de Deauville entre Merkel, Sarkozy et Medwedew en 2010 le prouve. Il s’agissait alors de bâtir un axe UE – Moscou…

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    • moshedayan // 02.12.2019 à 13h21

      J’ai du mal à comprendre votre interprétation. L’axe Paris-Berlin-Moscou – est une parfaite illusion, une chimère de l’Histoire.
      S’il y avait un soupçon de potentiel axe les Russes le savent c’est : Paris-Berlin-Varsovie-Moscou, mais qui le veut vraiment -???
      Les Allemands sûrement pas ! Varsovie proche de Moscou c’est la baisse assurée de sa domination en Europe de l’Est -hinterland slave -ex slave unterland/untermenschen. Les Polonais pareil ! Le cul entre deux chaises : leur ploutocratie admire craintivement leur maître allemand et déteste fièrement le Russe. Les Français presque pareil ! L’Allemand est “korrekt” le Russe un ” moujik frustre’ tout juste bon à servir un peu…et dont il faut se méfier. Quant aux Russes – l’Allemand est prêt à tout, le Français arrogant, le Polonais instable face à l’Allemand et au Français… Enfin, comment s’entendre avec une Russie si immense et eurasienne…Inadmissible pour l’UE prétentieuse…

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      • Caze // 02.12.2019 à 18h44

        L’axe Paris-Berlin-Moscou était aussi une chimère pour Merkel, mais le dada de Schröder.

        L’axe Paris-Berlin-Varsovie-Moscou a capoté définitivement en 2005 , lors de la fête du 750e anniversaire de Kaliningrad, lorsque Poutine “oublia” d’y inviter la Lituanie et la Pologne, et que Schröder n’y vit pas matière à commenter.

        Merkel, quelques mois plus tard, ne l’oublia pas: Elle était pour que l’UE tout entière (et pas seulement le couple franco-allemand, même s’il en restait le fameux “moteur”) travaillât avec Moscou tant du point de vue économique que sécuritaire.

        Mais en effet, comme vous l’écrivez, les vieux démons des nations ( préjugés sur les voisins, craintes d’avoir à y perdre plus qu’à y gagner, manque de tact des uns, susceptibilté des autres…) ont été et sont toujours plus fort que tout.

        En tout cas on ne peut expliquer – et c’est ce que mon message initial voulait dire, on ne peut expliquer l’Allemagne par une pure construction intellectuelle qui serait l’obéissance de ses dirigeants à une “norme”.

        Quand Merkel abandonne en 2005 l’idée de l’axe Paris-Berlin-Moscou, quelle aurait donc été cette “norme” derrière laquelle elle se serait “cachée”? Et quelle était donc la “norme” de Schröder qui voulait lui renforcer le noyau dur de l’UE, pourquoi sa “morale” ne fut-elle point heurtée par l’absence de la Lituanie et de la Pologne à Kaliningrad en juillet 2005?

        Les Allemands, de tout bord, font de la politique, ont des principes, des craintes, des préjugés, des “intérêts”… Pas moins mais pas plus que leurs voisins, à l’ouest comme à l’est.

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        • moshedayan // 03.12.2019 à 08h58

          Votre commentaire est très juste sur le fond, avec ce détail à ajouter qui n’en est pas moins important et qui explique “l’oubli” de Poutine. La Pologne et les Etats baltes étaient déjà partisans du retrait russe de Koenigsberg (!!), peu importe la reconnaissance allemande “d’Oder-Neisse”. !!! Les Polonais surtout étaient sur cette position, discrètement, mais les milieux de l’OTAN le savaient. Il y a une particularité “historique” voire culturelle chez la ploutocratie polonaise – c’est qu’elle ose tout, (!!) elle n’a pas “froid aux yeux”. Du rapprochement Beck-Hilter au dépeçage de la Tchécoslovaquie. Les Russes désespèrent de la Pologne, ils attendent un renouveau de son “intelligentsia” et de ses cadres politiques qu’ils ont souvent appréciés et même intégrés à l’époque tsariste…L’idée d’une d’envahir la Pologne leur est absente voire même répugnante. Il suffit d’analyser les propos de Jirinovski, le Russe le “plus agressif”. Par contre ils misent sur un dynamisme économique biélo / russe suffisamment capable de faire changer “l’esprit polonais” avec le maintien des sanctions . Les Polonais se diraient : “on est vraiment des c…”
          “L’oubli” de Poutine était parfaitement justifié…
          Le MID sait aussi parfaitement que l’échange Crimée contre Koenigsberg a été de nouveau avancé dans les dossiers “polono-otaniens”…. Ceux qui imaginent cela peuvent “se brosser”. Point barre

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          • denver // 05.12.2019 à 15h34

            Pour rappel, à cette époque la Lituanie fin 2004 est entrée avec d’autre pays dans l’otan, et la Pologne avec son intégration renforcée au sein de l’otan aller recevoir des missiles balistiques us et autres logistiques anti russes ……….. entre 2004 et 2005 les états de l’ancien pacte de Varsovie était en froid avec Moscou

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  • Guzy // 02.12.2019 à 16h43

    Macron qui veut faire la paix avec les Russes, Macron qui reconnait que l’€ a surtout profité aux Allemands (ce qui était dans l’essence même de l’€-mark, des gens bien moins intelligent que notre monarque génial l’avait écrit il y a 20 ans ), Macron qui fait un virage sur la politique migratoire (pas trop serré d’ailleurs et je m’en réjouis, mais quand même on aurait hurlé au fascisme si c’était venu de Sarko , Macron et Le Maire qui lancent de ballons d’essai protectionnistes (tout au moins dans les paroles) sous couvert de lutte contre le réchauffement etc. etc…
    MACRON entend-il s’excuser un peu vis-à-vis de tous ceux qui tenait de genre de discours il y a peu ou va-t-il continuer à LEUR CRACHER A LA GUEULE tout en leur piquant leurs idées et en pensant que personne ne va s’en rendre compte ?

    Honnêtement, je pense qu’il y a du Gorbatchev en lui. IL n’a pas renoncé à L’URSS (l’UE-OTAN), mais conscient de la crise profonde du système, il pense pouvoir le sauver en l’amendant. En réalité, il ouvre la boite de pandore.

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    • petitjean // 02.12.2019 à 17h33

      pour l’instant Emmanuel Macron prend des postures et fait des discours
      attendons de voir les ACTES
      mais je crains que le président ne soit que dans l’incantation. Les USA et l’Allemagne s’opposeront à nous si nous avons des velléités d’indépendances. Se rapprocher de la Russie serait un casus belli pour Washington…………….

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      • Robert // 04.12.2019 à 09h33

        J’ approuve. Que notre président sorte du domaine des discours et passe aux actes. Là nous jugerons…

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    • moshedayan // 02.12.2019 à 17h36

      Vous voulez écrire l’UE RSS; la référence à l’URSS tout le temps pour parler de l’UE est pour moi soit une ignorance non coupable et un effet de style, soit une manoeuvre passablement hypocrite ou pire perverse… L’URSS avait une nomenklatura de quasi mendiants comparé aux fontionnaires de la Commission bien à l’aise financièrement grâce à leurs hauts salaires et issus du “gratin”, en contact permanent avec la ploutocratie, les financiers, etc… Il suffit de se renseigner sur comment vivaient les fonctionnaires du CAEM (appelé à tort Comecon à l’Ouest) Absolument rien à voir au train de vie des “Bruxellois”…
      Quant à Macron “du Gorbatchev”, rien à voir absolument. Gorby était un campagnard promu à Moscou…apparatchik imbus de sa réussite… Macron n’a aucun complexe. Votre président se sait, se sent “le meilleur” sorti de “l’ENA” système unique de sélection pour servir un pouvoir, au service de la ploutocratie…
      Il s’enervera quand il sera devant des dirigeants d’Europe lui dire ouvertement et publiquement que ce qu’il dit ne les intéresse pas. Pour l’instant, il n’y a que l’écart du seul Erdogan non européen…

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  • Geoffrey // 03.12.2019 à 10h22

    à quoi ça sert de suggérer que l’Allemagne est sortie de l’Histoire, à partir du moment où ce sont les Nations (européennes) qui disparaissent ?

    Le marché comme référent, les peuples-troupeaux et la Nation virtualisée…

    rappel : la classe moyenne est le cancer de la Nation

    Geof’-Rey, neo-communiste belge

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  • lon // 03.12.2019 à 14h16

    J’ai grandi en Alsace dans l’ombre du ” couple franco-allemand” , mariage sensé apporter paix et prospérité au continent européen et solder les comptes d’un passé que tout le monde voulait oublier . Mais bon la realpolitik ne s’esquive pas , et en premier l’Allemagne sous domination soft américaine , alors que leur rest(e)ait-il comme initiative politique , peut-être ces ” normes ” dont je découvre l’existence grâce à cet article génial qui éclaircit beaucoup de choses ; le parallèle souligné ici avec les Verts est frappant , cette volonté de dépasser des clivages et des affrontements politiques inconfortables par une politique de normes environnementales s’imposant peu à peu à la superstructure au nom du ” bien commun” , l’Allemagne comme les Verts ont pensé longtemps faire ainsi l’économie de choix politiques décisifs , ils auront la politique et les conflits .

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