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5.janvier.20225.1.2022
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[RussEurope-en-exil] Le Retour du Protectionnisme – par Jacques Sapir

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Ces pages sont extraites du livre que je viens d’écrire et qui sera disponible dès le 5 janvier, Le Protectionnisme, aux PUF dans la collection Que-Sais-Je.

Ce livre s’inscrit lui même dans un projet éditorial plus large. Il est comme une suite à la nouvelle édition de La Démondialisation qui a été publiée aux éditions du Seuil en juin 2020. Il en reprend des thèmes, mais sous une forme à la fois plus précise – en ce qui concerne la question du protectionnisme – et plus pédagogique.

Cet ouvrage sera suivi par un autre, à paraître au mois de mars 2022, et portant sur la planification. Dans ce futur livre je traiterai des processus et des procédures de la planification décentralisée (autrement dit hors Union soviétique), de son origine, de ses expériences et de ses résultats dans la second moitié du XXe siècle et enfin de pourquoi la France a besoin aujourd’hui de renouer avec cette expérience non pas sous la forme du « Haut Commissariat au Plan » recréé en septembre 2020 par Emmanuel Macron mais sous celle d’un véritable Commissariat Général au Plan.

Dans les vingt-cinq années qui suivirent la création de l’OMC, le Libre-Echange s’est délité sous le coup d’une part de graves crises, comme celle de 2008-2010 ou celle – plus récente – de la Covid-19, et d’autre part sous le coup d’une prise de conscience y compris des défenseurs les plus acharnés de la « mondialisation ».

L’économiste en chef de la Banque Mondiale, Mme Carmen Reinhart, l’a récemment reconnu : « La Covid-19 est de dernier clou dans le cercueil de la mondialisation »[1]. M. Kemal Dervis, dans une tribune publiée en juin 2020 par la Brookings Institution, l’une des plus célèbres fondations de recherche (ou « think tank ») du Parti démocrate ajoutait : « La catastrophe de la COVID-19 ayant mis à nu les vulnérabilités inhérentes à une économie mondiale hyper-connectée et du juste à temps, un retrait de la mondialisation semble de plus en plus inévitable. Dans une certaine mesure, cela peut être souhaitable »[2].

Le paradigme du Libre-Échange a volé en éclats.

Le retour du protectionnisme

Ce retour du protectionnisme a commencé à se manifester ouvertement avec la crise de 2008-2010. On peut dater de là un point de rupture dans les diverses données statistiques. Cela ne signifie pas que les tendances protectionnistes n’existaient pas avant. Cependant, il a fallu cette crise financière mondiale, qui a été une crise de la mondialisation tant dans ses causes que dans son déroulement, pour que ces tendances se manifestent ouvertement. On peut ainsi constater la stabilisation puis la baisse de la part des échanges mesurés en pourcentage du PIB mondial. Si le commerce a augmenté fortement en 2018, il restera en 2019 sous le niveau de 2014.

Ce mouvement est lié au flux des exportations mondiales (et à l’échelle du monde, toute exportation et aussi une importation, ce qui fait que le montant global des exportations est aussi le volume du commerce mondial). Il ne pouvait être encore perçu dans les années 2010-2011 parce que l’on se trouvait à l’époque dans une phase de récupération après la crise. Le montant des exportations est passé de 16,1 à 17,7 trillions de 2008 à 2017, soit une augmentation de seulement 10%, inférieure de fait à celle du PIB mondial. Même l’accroissement ultérieur, qui le portera à plus de 19 trillions à la fin de 2018, commencera à s’inverser et ce dès avant que ne surviennent la crise de la Covid-19. Pour l’année 2019, le recul est d’environ -3%[3].

Le mythe d’une croissance portée par l’extension chaque jour plus large du commerce international est donc bien brisé. Le point intéressant ici est la baisse du pourcentage de ces exportations mondiales rapportées au Produit Intérieur Brut mondial. On était ainsi passé de 18,9% à plus de 25% de 2002 à 2008. On est retombé autour de 22% en 2017 et à 21,4% en 2019. La crise de la Covid-19 aura donc porté le coup de grâce, mais n’aura certainement pas été à l’origine du mouvement.

Cela indique clairement que le poids du commerce international dans la richesse mondiale est lui-même en train de baisser. En contrepartie, cela nous dit aussi qu’une part croissante de la richesse est produite pour alimenter les marchés intérieurs des divers pays. La baisse des exportations au niveau mondial est aussi une baisse des importations.

Les grands pays exportateurs, comme la Chine, se recentrent sur leur propre population et sur leur marché intérieur. Les pays qui n’ont pas compris cette nouvelle logique et qui restent fidèles à la logique d’une croissance tirée par le commerce international, d’une production orientée pour l’exportation en pâtissent, comme c’est le cas de l’Allemagne aujourd’hui. Autrement formulé, l’impact quantitatif de cette ouverture à tout va du commerce international est en train de régresser depuis plusieurs années.

Ce mouvement se retrouve d’ailleurs quand on regarde les évolutions de l’indice d’ouverture des différents groupes de pays, indice qui est calculé en rapportant à leur PIB le montant de leur commerce international (importations et exportations). Après avoir augmenté de 2001 à 2011 il baisse de manière parfois assez considérable de 2011 à 2016. Il est donc clair que le processus de la démondialisation ne correspond pas à une représentation mais bien à des faits.

Quand les États-Unis renouent avec le protectionnisme

Ce retour du protectionnisme, il convient de le rappeler, a été paradoxalement initiée par le pays qui avait le plus fait pour établir la domination absolue du Libre-Échange: les États-Unis. On a vu les logiques, et les conséquences probables, de la politique de Donald Trump. Mais, la remise en cause du Libre-Échange par les États-Unis est en fait antérieure.

Elle commence paradoxalement sous la présidence de Barack Obama, pourtant considéré comme un président très favorable au multilatéralisme et à la mondialisation. La mise en place de diverses mesures, comme le Foreign Corrupt Practices Act et le Foreign Account Tax Compliance Act a été un acte décisif à cet égard. Ceci fut considérablement aggravée par la décision des autorités américaines de considérer que tout usage du Dollar faisait tomber automatiquement les sociétés étrangères sous le coup de la loi américaine, ce que l’on appelle le principe de l’extraterritorialité.

Un rapport parlementaire sur ce problème a d’ailleurs été rédigé en 2016[4]. Le problème principal vient de ce que les transactions qu’il s’agissait d’honorer sont des contrats passés en dollars. Or, dans ce cas, les transactions ont nécessairement besoin de transiter par une banque américaine pour « acheter » des dollars, tombant alors sous le coup de la loi américaine. Des sociétés française (Alstom[5], Technip) et des banques (BNP-Paribas, puis Crédit Agricole et Société Générale) ont été condamnées via ces procédures.

Ces mesures se sont poursuivies sous l’administration de Donald Trump. En 2014, L’Union européenne s’est ralliée à la politique de sanctions économiques contre la Russie et n’a pas réagi dans les faits aux sanctions décidées par les États-Unis contre l’Iran. Par ces « sanctions économiques », que ces dernières visent Cuba, l’Iran, la Russie ou le Venezuela, les États-Unis, et l’Union européenne[6] ont donc accéléré le phénomène de l’abandon du Libre-Échange.

Le retrait américain de l’accord de Vienne avec l’Iran (le Joint Comprehensive Plan of Action), n’a pas exclusivement visé à isoler l’Iran par le biais de sanctions économiques. Par crainte de représailles du fait de l’application extraterritoriale du droit américain, la dénonciation de cet accord a permis d’entraver la bonne marche des affaires que l’Iran entretenait jusqu’alors avec les sociétés et États européens, en particulier la France et l’Allemagne.

Hormis l’Italie et la Grèce, qui ont directement négocié avec les États-Unis en contournant Bruxelles, aucun autre État européen n’a pu à ce jour bénéficier des exemptions américaines sur les exportations iraniennes de pétrole. Ce retrait unilatéral a engendré des répercussions économiques lourdes pour les entreprises européennes et en particulier françaises tel que PSA, Renault, Total et Airbus[7].

En montrant donc que les échanges pouvaient être interrompus pour des raisons essentiellement politiques, Les États-Unis ont apporté la démonstration que ces échanges n’étaient nullement d’ordre « naturel » ou ne correspondaient pas à une quelconque « raison immanente », mais traduisaient des rapports de force, des rapports de domination. L’action des États-Unis ne s’est d’ailleurs pas arrêtée à l’Iran. Une note de la DGSI établit ainsi que « « les entreprises françaises évoluant dans ces secteurs (il s’agit des secteurs à haute technologie comme l’aéronautique, la santé la recherche) font l’objet d’attaques ciblées, notamment par le biais de contentieux juridiques, de tentative de captation d’informations et d’ingérence économique »[8].

Tableau 1

Degré d’ouverture des BRCIC

Exportations en % du PIB Importations en % du PIB Indice de Balassa
2005 27,8% 23,3% 51,1%
2006 28,9% 23,7% 52,7%
2007 28,0% 23,1% 51,1%
2008 27,9% 23,7% 51,6%
2009 22,0% 19,5% 41,5%
2010 23,6% 21,8% 45,4%
2011 23,8% 22,6% 46,4%
2012 23,4% 22,3% 45,7%
2013 22,9% 21,9% 44,8%
2014 22,4% 21,3% 43,7%
2015 20,8% 18,8% 39,6%
2016 19,4% 17,9% 37,4%

Source : FMI

La réaction de la Chine et de la Russie, et plus généralement du groupe de pays que l’on appelle les BRICS, face à cette politique ne s’est pas faite attendre. Dès que ces mesures sont devenues certaines (2012), ils ont réduit leur exposition au commerce international, que mesure l’indice de Balassa. Par ailleurs, le mécanisme des « contre-sanctions », qui n’a été en réalité qu’une forme de protection, qui a été mis en œuvre en Russie dans l’agriculture ce pays a pu réaliser des progrès remarquables dans ce domaine et accélérer la reconstruction de ce secteur, démontrant ainsi le bien fondé de mesures protectionnistes.

Ces deux pays ont aussi contribué à affaiblir le cadre politique et réglementaire précédemment établi par la mondialisation. L’ouverture des pays des « BRICS » (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) s’est réduite dès la crise de 2008-2010. Mais, ce mouvement s’est largement amplifié avec les mesures prises par Obama.

L’impact de la Covid-19

L’épidémie du Coronavirus (Sars-Cov2 ou COVID-19)[9] nous fournit alors un très bon exemple des conséquences de la globalisation. D’un strict point de vu sanitaire, nous avons été en présence d’une épidémie d’un virus à la dangerosité relativement faible mais très fortement contagieux[10]. C’est pourquoi le nombre de cas est très supérieur à celui de l’épidémie de SRAS de 2003. Les conséquences sanitaires mais aussi économiques sont ainsi incommensurables.

De fait, la crise sanitaire a provoqué la pire crise économique depuis 1945, voire depuis les années trente. Les investissements directs étrangers se sont d’ailleurs effondrés avec un chute de -42% en 2020[11]. Ce choc a d’ailleurs amené un certain nombre de spécialistes à reconsidérer ce qu’ils tenaient pour acquis[12]. Cette épidémie, qui a pris naissance en Chine, s’est ensuite propagée à travers le monde du fait des moyens de transport, remettant en honneur les mesures traditionnelles de quarantaine[13].

Après des hésitations, les gouvernements italiens, espagnols et français ont dû se résoudre à faire de même. Le gouvernement français s’est lui refusé pendant de longs mois à appliquer un contrôle aux frontières. Pourtant, toute honte bue, il a du finir par appliquer ces mesures, tout en les déguisant comme des mesures « européennes »[14]. En effet, le virus est véhiculé par des « porteurs », qui sont des individus. C’est d’ailleurs pourquoi les stratégies de confinement sont ainsi efficaces, que ce soit à l’échelle microsociale ou macro-sociale et nationale.

L’allocution du lundi 16 mars 2020 du Président de la République, au contraire, a précisé certaines des évolutions[15], et elle a surtout changé de ton. Avec l’annonce officielle de c qui devait devenir le 1er confinement, avec aussi le ton martial employé, avec – enfin – les multiples références à la guerre, nous avons clairement changé de registre. Les mesures annoncées le 16 et le 17 mars 2020 ont été spectaculaires, avec 45 milliards d’euros d’aides directes et près de 300 milliards de garanties pour les emprunts des entreprises[16].

L’allocution du Président de la République du 12 mars avait cependant été marquée par la phrase « quoi qu’il en coute ». Cette dernière s’est donc matérialisée dans le plan d’aides aux entreprises et à l’économie qui a été décidé, un plan qui devrait – et cette estimation est certainement optimiste – porter le déficit budgétaire de 2,2% à 7,4% pour 2020, soit un coût budgétaire de la pandémie de l’ordre de 5,2% du PIB[17]. Dans son allocution du 12 juillet 2021[18], soit plus d’un an après, le Président de la République, tout en défendant fermement le « quoi qu’il en coute » annoncé en mars 2020 a fait d’autres annonces importantes. Les mots montrent un changement important : « (…) je veux d’ores et déjà partager avec vous quelques convictions fortes.

La première, c’est la nécessité de moins dépendre de l’étranger pour certains produits essentiels, certains services, certaines technologies. C’est la nécessité de retrouver le chemin d’une indépendance française et européenne. Parce que nous avons vécu durant cette crise les conséquences de la dépendance. »

Sommes nous revenus dans le paradigme Listien ?

Quelle forme prendra cette renaissance du Protectionnisme ?

Il y aura certainement un renouveau des protections dites non-tarifaires dont le nombre, calculé par l’OMC, ne cesse d’augmenter depuis 2012. Mais, on verra aussi réapparaître des droits de douanes protecteurs. Dans un certain nombre de cas, ces tarifs seront présentés pour ce qu’ils sont : des mesures de protection. Mais, dans d’autres cas il n’est pas impossible que l’argument de l’écologie, de la lutte contre le changement climatique, puisse servir de prétexte à des mesures de protection, sous la forme d’une taxe sur le CO2 appliquée aux frontières, ainsi que le propose la Commission européenne dans son plan « Fit for 55 » qui a été dévoilé le 14 juillet 2021[19].

Le protectionnisme a incontestablement de beaux jours devant lui.

Notes

[1] 21 mai 2020, https://www.bloomberg.com/news/videos/2020-05-21/reinhart-says-covid-19-is-the-last-nail-in-the-coffin-of-globalization-video

[2] https://www.brookings.edu/opinions/less-globalization-more-multilateralism/

[3] Voir Sapir J., La Démondialisation, Paris, Le Seuil, (nouvelle édition), 2021

[4] http://www.assemblee-nationale.fr/14/rap-info/i4082.asp . Un rapport plus récent de 2019 fait le tour de cette question : GAUVAIN, Rétablir la souveraineté de la France et de l’Europe et protéger nos entreprises des lois et mesures à portée extraterritoriale, Paris, Assemblée Nationale, 26 juin 2019, 101 p., https://www.vie-publique.fr/sites/default/files/rapport/pdf/194000532.pdf

[5] Voir, Alstom Pleads Guilty and Agrees to Pay $772 Million Criminal Penalty to Resolve Foreign Bribery Charges, US Department of Justice, Office of Public Affairs, 22 décembre 2014, http://archive.wikiwix.com/cache/index2.php?url=https%3A%2F%2Fwww.justice.gov%2Fopa%2Fpr%2Falstom-pleads-guilty-and-agrees-pay-772-million-criminal-penalty-resolve-foreign-bribery

[6] Cette dernière étant dans les faits l’une des grande perdante aux sanctions contre la Russie : Fast 700 Millionen US-Dollar pro Monat: Deutschland leidet unter Russland-Sanktionen, in Handelsblatt, 11 octobre 2019, https://www.handelsblatt.com/politik/international/krim-streit-fast-700-millionen-us-dollar-pro-monat-deutschland-leidet-unter-russland-sanktionen/25107884.html?ticket=ST-44354031-vztL3Mvyz2G7mcsrF6Tv-ap4

[7] https://www.capital.fr/entreprises-marches/total-abandonne-south-pars-11-en-iran-a-moins-dune-derogation-1288307

[8] Egrelle O., Airbus espionné par les Etats-Unis, in Portail de l’IE, 23 novembre 2018, https://portail-ie.fr/analysis/1987/airbus-espionne-par-les-etats-unis

[9] https://www.who.int/fr/emergencies/diseases/novel-coronavirus-2019

[10] https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2762130

[11] UNCTAD, English https://unctad.org/news/global-foreign-direct-investment-fell-42-2020-outlook-remains-weak)

[12] Biancotti C., A. Rosolia, and G. Veronese (Banca d’Italia); F. Mouriaux (Banque de France), R. Kirchner (Deutsche Bundesbank), « COVID-19 and Official Statistics: A Wake-up Call? », 30 octobre 2020..

[13] Wilder-Smith A, Freedman DO. « Isolation, quarantine, social distancing and community containment: pivotal role for old-style public health measures in the novel coronavirus (2019-nCoV) outbreak » in J Travel Med. 2020; Voir aussi Du Z, Wang L, Cauchemez S, et al. « Risk for transportation of 2019 novel coronavirus disease from Wuhan to other cities in China » in Emerg Infect Dis. 2020, vol. 26 n°5.

[14] https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2020/03/16/adresse-aux-francais-covid19

[15] https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2020/03/16/adresse-aux-francais-covid19 op.cit.

[16] Coronavirus COVID-19 : chefs d’entreprise, le ministère de l’Economie est à vos côtés | economie.gouv.fr – https://www.economie.gouv.fr/coronavirus-soutien-entreprises

[17] Estimation fournie par le FMI en octobre 2020 et ne tenant pas compte du choc de la « 2ème vague ». Voir aussi : Sapir J., « Would the lock-down induced economic contraction be a prelude to a major depression? » in Ekonomika i Matematechskyie Metody [Economie et Méthodes Mathématiques], 56, 2020, (3), pp. 5-25.

[18] https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2021/07/12/adresse-aux-francais-12-juillet-2021

[19] https://www.europarl.europa.eu/legislative-train/theme-a-european-green-deal/package-fit-for-55 et https://ue.delegfrance.org/fit-for-55-un-nouveau-cycle-de

Commentaire recommandé

Casimir Ioulianov // 05.01.2022 à 14h24

Ça parle de protectionnisme économique mais ça DONNE nos données de santé à Microsoft , les retraites des vieux à Blackrock , ça revend Alstom une misère à GE et Siemens et ça signe tous les TAFTA et consorts… Sérieux, au delà des mots, j’ai beaucoup de mal à le voir le protectionnisme de la chose. Par contre les trahisons qui mériteraient le peloton sont quotidiennes.
Autant les Russes ou les Chinois , OK , mais c’est plus lié à une volonté politique de se protéger du dollar qu’à un rejet du libre-échange… on devrait prendre exemple, mais non.
Bref, qu’est ce qu’on a fait au bon dieu pour mériter un personnel politique aussi nul, nous ?

7 réactions et commentaires

  • Casimir Ioulianov // 05.01.2022 à 14h24

    Ça parle de protectionnisme économique mais ça DONNE nos données de santé à Microsoft , les retraites des vieux à Blackrock , ça revend Alstom une misère à GE et Siemens et ça signe tous les TAFTA et consorts… Sérieux, au delà des mots, j’ai beaucoup de mal à le voir le protectionnisme de la chose. Par contre les trahisons qui mériteraient le peloton sont quotidiennes.
    Autant les Russes ou les Chinois , OK , mais c’est plus lié à une volonté politique de se protéger du dollar qu’à un rejet du libre-échange… on devrait prendre exemple, mais non.
    Bref, qu’est ce qu’on a fait au bon dieu pour mériter un personnel politique aussi nul, nous ?

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    • john // 05.01.2022 à 23h23

      Ce personnel est-il nul ou bien gère-t-il sa carrière en fonction des actions qui sont attendues par le pouvoir économique ?

        +6

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      • Casimir Ioulianov // 06.01.2022 à 14h50

        Aucune différence au niveau du résultat final. Les gens prêts à privilégier leurs propres bénéfices à court terme aux bénéfices à long termes pour l’ensemble de l’espèce n’ont pas à avoir plus de pouvoir qu’un péquenaud de base. Si les politiques dont c’est le métiers sont incapables de le comprendre et d’agir en conséquences , ils sont nuls. Point barre.

          +1

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  • Aribo // 05.01.2022 à 15h33

    Je lirai avec plaisir ce bouquin de Sapir, tout en gardant en main un autre de Pascal Lamy, histoire de ne pas perdre de vue les avantages (aussi) du commerce international…!

      +1

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  • Fernet Branca // 05.01.2022 à 18h57

    Le protectionnisme US ne fonctionne pas , industriellement les USA sont finis .
    Un dernier exemple donné ces jours ci par le journal économique la Tribune le 5 janvier 2021
    « Toyota fait chuter General Motors de son piédestal, du jamais-vu en 90 ans
    C’est du jamais-vu depuis… 90 ans ! En 1931, GM passait sur la première marche du podium devant Ford… jusqu’à cette année 2021 où le constructeur japonais Toyota réalise l’exploit de vendre plus de voitures, mais aussi plus de pick-up et de camions que le géant américain.  »

    Le lien sur le début de l’article car il faut être abonné pour le lire mais le début que vous pourrez lire est plus long que les quelques lignes que j’ai copié ci dessus.

    https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/automobile/aux-etats-unis-toyota-fait-chuter-general-motors-de-son-piedestal-du-jamais-vu-en-90-ans-899581.html

      +2

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    • Cyrano 78 // 06.01.2022 à 20h20

      Bonjour
      Je pense que la réalité est plus compliquée !
      Ok Toyota fabrique plus de voitures que GM, Ok c’est amplement mérité, vu la différence de qualité ! Mais !?
      Les USA essayent de renverser la table de l’industrie automobile. Dans un marché saturé de produits et d’acteurs de qualité (hors Amérique…). Les américains font leur truc magique comme à chaque fois qu’ils sont en train de perdre une partie : ils changent les règles du jeu.
      La voiture électrique, comme Tesla, oh hasard, et non la voiture hybride, coïncidence, comme Toyota devra être obligatoire à terme !!!
      On rajoute des tripatouillages géants sur les cours de bourse et hop Tesla pèse plus lourd en bourse que Toyota ou WV même lorsque que Tesla ne vendait pas 100 000 bagnoles!
      Bref la bagnole électrique est une stratégie de destruction créatrice au service d’un pays et d’une industrie à l’agonie.
      Le tout évidement au nom de l’écologie !!!

        +3

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  • Lt Briggs // 06.01.2022 à 21h14

    Le protectionnisme a le vent en poupe OK, mais ce sont les marchés financiers qui font et défont toujours les gouvernements. Malheur aux dirigeants qui veulent instaurer une fiscalité plus juste, combattre sérieusement l’évasion fiscale, ou renforcer le droit du travail. A quoi bon mettre des droits de douane si une multinationale – quelle que soit sa nationalité – peut faire du dumping social sur un territoire et rapatrier ses bénéfices sans payer le moindre impôt ou presque ? Certes, on voit certains pays privilégier de façon croissante leurs propres marchés intérieurs, mais ils le font souvent contraints et forcés. Il n’y pas encore eu d’évolution idéologique, notamment dans les pays occidentaux. Du coup je m’interroge sur la pérennité de ce protectionnisme renaissant dont parle Jacques Sapir…

      +5

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