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23.décembre.201723.12.2017 // Les Crises

[RussEurope en exil] Catalogne : le retour de Puigdemont, par Jacques Sapir

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Billet invité

Les élections régionales qui ont eu lieu jeudi 21 décembre en Catalogne ont redonné une majorité absolue au bloc des forces indépendantistes. Elles marquent une cinglante défaite pour le Premier-ministre espagnol, M. Mariano Rajoy et son parti, le PP, qui s’étaient distingués par une politique particulièrement intransigeante par rapport aux forces indépendantistes catalanes, et par une répression particulièrement brutale, notamment lors de la consultation du 1er octobre. Ce vote est aussi un triomphe personnel pour Carles Puigdemont, le dirigeant indépendantiste de centre-droit, qui présidait l’ancien Parlement, dissous autoritairement par le gouvernement de Madrid et qui a dû s’exiler à Bruxelles, où il réside actuellement. Mais, ce vote ne met pas fin à la crise. Au contraire ; il la démultiplie et il pose ouvertement le problème du Pouvoir en Espagne.

Carles Puigdemont, le vainqueur des élections

Le résultat des urnes

Le vote du jeudi 21 décembre a donné une majorité absolue aux forces indépendantistes avec 70 sièges. Ces forces disposaient de 72 sièges au Parlement élu en 2015 et qui fut dissous. La liste emmenée par Puigdemont obtient 34 sièges, celle des indépendantistes « républicain » de centre-gauche de l’ERC obtient 32 sièges et le petit-parti indépendantiste d’extrême gauche, la CUP, en obtient quant à lui 4. Il faut noter qu’aux élections de 2015 le centre-droit et le centre-gauche, qui étaient alliés, avaient remportés 62 sièges. Le résultat de ce jeudi montre que, se présentant chacun sous sa bannière, ces partis accroissent le nombre de leurs sièges (66 au total). Par contre la CUP passe de 10 à 4 sièges, et subi une défaite importante. Néanmoins, ces 70 sièges assurent la prééminence du bloc indépendantiste au sein d’une assemblée composée de 135 membres.

Dans le camp de ceux que l’on appelle désormais les « unionistes », l’effondrement du parti de Mariano Rajoy, l’actuel Premier-ministre, est spectaculaire. Le PP ne remporte que 4 sièges. Il en avait 11 dans le précédent Parlement. Il y a bien eu un désaveu humiliant de la politique personnelle de Rajoy. Il doit en tenir compte.

Mariano Rajoy, le vaincu…

Une partie du vote « PP » semble s’être reporté sur les libéraux de Ciudadanos qui, avec 36 votes, sont le parti qui a le plus bénéficié de ces élections, par rapport aux précédentes élections où il n’en avait eu que 25. Mais, si l’on compte un transfert du PP, cette « victoire » de Ciudadanos pâlit notablement. En fait, l’alliance Ciudadanos + PP avait 36 sièges en 2015 et 40 aujourd’hui. Le Parti Socialiste de Catalogne se maintient et passe de 16 à 17 sièges. Mais, même en additionnant les voix du PP et de Ciudadanos, ainsi que celles du Parti Socialiste de Catalogne, la coalition des « unionistes » ne remporte que 57 sièges. Elle est clairement battue.

Le résultat de la branche locale de PODEMOS, avec 8 sièges, est intéressant. Ce parti comptait 10 députés dans la précédente assemblée. Il semble que son discours, critiquant tout autant ce qu’il appelle l’irresponsabilité des dirigeants indépendantistes que le caractère néo-franquiste du gouvernement de Madrid et la répression qu’il avait impulsée, soit resté largement inaudible. La reprise en mains de PODEMOS-Catalogne par PODEMOS-Madrid a aussi pu laisser des traces. Fondamentalement, ce parti n’a pas compris que dans le contexte créé par la dynamique d’affrontement entre Madrid et Barcelone, une position de neutralité n’était pas tenable. Les militants de PODEMOS auraient gagné à se souvenir des écrits du début du XXème siècle d’Otto Bauer sur la question des nationalités.

Quelle issue à la crise ?

On constate donc une forme de radicalisation de l’opinion en Catalogne, radicalisation qui a profité tant à Ciudadanos qu’à l’alliance électorale de Puigdemont. Cela correspond bien au processus brutal, fait de fin de non-recevoir et de répression, engagé par le gouvernement de Madrid et Mariano Rajoy. Rappelons que ces derniers ont refusé de ré-ouvrir des négociations après l’annulation du statut d’autonomie de la Catalogne en 2010 ; ils ont systématiquement refusé d’entendre les plaintes de Barcelone, et portent ainsi la responsabilité principale de la radicalisation de l’opinion catalane.

Fondamentalement, le compromis constitutionnel qui avait permis à l’Espagne de sortir du Franquisme et de commencer son processus de démocratisation est en panne. C’est là l’une des leçons les plus importantes de cette crise. Il ne peut plus servir de base à l’ouverture de nouvelles négociations, et en tous les cas certainement pas tant que Mariano Rajoy restera à la tête d’un gouvernement minoritaire qui plus est. Déconsidéré par l’échec de sa politique de force à l’égard de la Catalogne, Mariano Rajoy doit partir et permettre à des élections générales d’avoir lieu en Espagne. Il doit partir pour que la paix des esprits revienne. Il doit partir aussi dans le cadre d’une amnistie générale permettant aux dirigeants catalans emprisonnés et exilés de revenir dans le jeu politique.

Le gouvernement qui serait issu de ces élections pourrait reprendre les négociations et, simultanément, convoquer une conférence constitutionnelle chargée de reprendre le dossier de la démocratisation inachevée de l’Espagne. La conclusion de ce processus serait alors, logiquement, un référendum proposant aux catalans diverses solutions, allant du statu-quo actuel à un nouveau statut d’autonomie et à l’indépendance.

Cette solution est la seule qui permette de combiner à la fois l’aspiration à la souveraineté dans la société catalane, la démocratie, mais aussi la paix civile. Car, l’une des plus tragiques erreurs de Mariano Rajoy fut d’avoir conduit une politique qui a largement contribué à rouvrir les anciennes blessures de la Guerre Civile. C’est pourquoi il ne peut plus aujourd’hui incarner le pouvoir espagnol et c’est aussi pourquoi il n’a plus de légitimité en Catalogne ni en Espagne. Et, un pouvoir sans légitimité qui cherche à mobiliser la seule légalité se transforme rapidement en Tyrannie.

Chaque jour qui passe où il cherchera à se maintenir au pouvoir sera un jour qui rapprochera un peu plus l’Espagne et la Catalogne du gouffre. Car, si le mouvement indépendantiste catalan a été pacifique jusqu’à présent il serait fort présomptueux de présumer qu’il puisse le rester éternellement.

Commentaire recommandé

DUGUESCLIN // 23.12.2017 à 06h24

La question de “l’dépendantisme” peut toucher beaucoup de peuples dans le contexte de la mondialisation.
A plus grande échelle que celle de la Catalogne, il serait intéressant que les “indépendantistes” français obtiennent, par référendum, l’indépendance de la France.

54 réactions et commentaires

  • caliban // 23.12.2017 à 06h24

    “Le gouvernement qui serait issu de ces élections pourrait reprendre les négociations et, simultanément, convoquer une conférence constitutionnelle chargée de reprendre le dossier de la démocratisation inachevée de l’Espagne.”

    La démocratisation est inachevée en Espagne ? Ah bon ? Plus ou moins que dans les pays voisins et membres de l’UE ?

    Une analyse un peu légère de la part de M. Sapir je trouve. La question posée par les indépendantismes ne se limite pas sur le Vieux continent aux rapports infra-étatiques et à l’histoire des nations. Elle a trait à la question de la souveraineté, dont sont dépossédés les Etats par la prétendue “construction” européenne.

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    • R1 // 23.12.2017 à 07h03

      Dans un projet fédéraliste, la destruction des états-nations n’est pas spécialement un problème si l’échelle de la nation se réduit aux régions. Ça l’arrange même.

      Une Europe de länder, voilà le rêve qui se dessine à Bruxelles.

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      • HLD // 23.12.2017 à 07h25

        Faux. L’UE et l’Otan se sont bruyamment opposés à l’indépendance de l’Ecosse et de la Catalogne. C’est un argument typique des sociaux-chauvins français pour délégitimer un mouvement qu’ils redoutent.

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      • Charles Michael // 23.12.2017 à 08h29

        R1:
        Le rêve des Eurocrates: atomiser en une centaines de landêrs pour mieux régner ?

        ce serpent de mer est brandie par tous les pays membres si peu démocratiques, les partis fédéralistes et leurs oppositions timidement souverainistes.

        Les faits sont qu’à 28 Bruxelles a déjà bien du mal à controler ses adhérents: plus que 27 avec leBrexit, Groupe dissident de Visegrad (Pologne, Hongrie, Slovaquie + Autriche, refus de l’ euro des pays Scandinaves, fourmis en Germanie contre cigales au Sud, etc…
        Il est facile d’imaginer le désordre, voir chaos q’une centaine de principautés et mini-états améneraient.

        et ne serait-se pas une bonne façon de détruire Bruxellose et Statisme autoritaire ?
        rassurez-vous, l’OTAN s’y opposerait.

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        • Alfred // 23.12.2017 à 09h23

          @hld et @ Charles Michael
          Il me semble que vous sous estimez grandement la duplicité des eurocrates. L’expérience a montré à de multiples reprises que leur parole ne vaut rien et qu’ils peuvent tout à fait s’assoir sur les traités (et à fortiori sur leurs déclarations) lorsque la situation l’exige pour préserver la machine.
          Il n’y a par ailleurs AUCUN problème à ce que l’UE devienne ingouvernable avec une quarantaine d’eurorguins du type de la Catalogne : au contraire c’est le prétexte tout trouvé pour justifier davantage d’intégration.
          Soit vous êtes vous même pour la disparition des nations (pourquoi pas mais il faut le dire). Soit ce n’est pas le cas mais alors vous êtes extrêmement naïf. La méfiance de R1 est totalement justifiée par l’expérience.

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          • Charles Michael // 23.12.2017 à 09h51

            Alfred,

            Je suis pour la disparition de l’euro
            ce qui implique de sortir de l’UE

            Je suis pour la disparition de l’OTAN
            ce qui implique le maintient des états-nations

            Je suis donc pour des nations jouissant de leur pouvoir de créer et gérer leur monnaie, les engagements de leur force armée.

            tout ce qui participe au désordre en UE est bon pour aller dans ces directions, d’ailleurs les Merdias ne s’y trompent pas.

            c’est clair comme ça ?

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            • Alfred // 24.12.2017 à 10h53

              Je vous lis et je connais votre position mais je souligne que la méthode est à mon sens très périlleuse. L’independantisme catalan n’affaibli en rien le monstre bruxellois bien au contraire. Je pense que votre lecture des rapports de force est totalement fausse. La résilience et la duplicité du bloc eurocrate sont phénoménales alors que les peuples segmentés dans tous les sens sont très fragiles et facilement manipulables. Qu’importe le réveil des identités si c’est l’une contre l’autre mais toutes avec (sous) l’Empire ?

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        • Koui // 23.12.2017 à 10h10

          Non, l’Europe peut accepter la catalogne et supprimer le Luxembourg. Il suffit que le Portgal annexe ce département puisque la moitié de ses habitants sont déjà portugais. Cela aurait beaucoup d’avantage pour créer une fiscalité européenne. Voilà une réforme nini qui ferait avancer l’Europe.

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      • Fritz // 23.12.2017 à 10h11

        “Une Europe de länder, voilà le rêve qui se dessine à Bruxelles” (@R1).

        L’Europe des Länder, elle est déjà faite. C’était le projet de Maastricht, il y a 25 ans.
        Qu’on soit pour ou contre l’indépendance catalane, il faut admettre que ce mouvement séparatiste est de facto souverainiste : l’horreur absolue pour les gens de Bruxelles.

        (Les drapeaux européens arborés par Puigdemont, comme aussi par Rajoy, ne changent rien à ce fait : déclarer son indépendance, c’est réveiller le souverainisme.)

        Voilà pourquoi l’UE s’est prononcée clairement CONTRE l’indépendance de la Catalogne, comme elle s’était prononcée contre l’indépendance écossaise en 2014.

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    • Fougnard // 23.12.2017 à 08h00

      Que je sache, M. Sapir a toujours défendu la souveraineté des nations et particulièrement celle de la France, cela va de soi. Argumenter avec le mot “légèreté” est absolument contraire aux écrits précédents de M. Sapir (je vous renvoie à ses ouvrages parmi lesquels “Faut-il sortir de l’euro ?”, “Souveraineté, démocratie, laïcité” et à ses nombreux articles de blog traitant de la question de la souveraineté).
      Le plus léger n’est pas celui qu’on pense.

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      • Gabriel Galice // 23.12.2017 à 09h50

        Oui, Jacques Sapir est édifiant quand il évoque la Russie, la France, l’UE mais il est consternant dans l’affaire catalane. Au vu des résultats (52% des voix pour les unionistes), Rajoy a commis une maladresse de plus en appelant à un renouvellement du parlement catalan, offrant une majorité factice aux factieux.

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        • Fritz // 23.12.2017 à 10h00

          Ciutadans + PP (en déroute) + PSC + Podem = ce n’est pas factice ? Quant à votre expression péjorative de “factieux”, elle rappelle la position jacobine du galicien Rajoy, ou celle d’un fameux général, né en Galice en 1892.

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        • Jean Bruca // 23.12.2017 à 13h24

          Les ” unionistes” ou nationalistes espagnols n’ont pas totalisé 52 % des suffrages mais 46 % soit moins que le bloc indépendantiste (47,6%).

          Agréger les voix de Podemos aux ” unionistes” est un tour de passe- passe qui ne trompe personne.

          Les républicains catalans ont gagné contre les partisans de la monarchie installée par Franco.

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        • condamy // 23.12.2017 à 13h43

          Factieux ? Une affirmation bien téméraire …

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    • Kiwixar // 23.12.2017 à 08h03

      J’ai tiqué exactement au même endroit. Si les Catalans souhaitent échanger la tutelle de Madrid avec celle de Bruxelles, où sera leur démocratie et leur souveraineté?

      Et une nouvelle constitution garantissant quelle liberté et quel choix, quand la supra-Constitution européenne (traîtré de Lisbonne) oblige au sauvagisme économique, au massacre des salaires, fait fleurir les paradis fiscaux, détermine la diplomatie atlantiste et anti-russe?

      Des moutons qui souhaitent changer d’enclos et qui seront tondus pareil et qui finiront au même abattoir. Bêêê doit se dire pareil en catalan et en castillan.

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      • Marc Michel Bouchard // 24.12.2017 à 00h33

        Effectivement, les indépendantistes catalans ont vus comment l’U.E a pris parti pour le gouvernement espagnol qui refuse une autonomie notable à la Catalogne. La première cible des indépendantistes est Rajoy et son gouvernement, toutefois voir l’U.E s’en prendre à la Pologne quoi qu’on pense des actions du gouvernement de Varsovie qui a été élu pendant que les technocrates non élus de Bruxelles s’en prennent à la volonté populaire des Catalans en complicité de l’État de Madrid. Tout cela illustre le caractère non démocratique de l’U.E et sa substance d’imposture complète. Après la Grèce et les référendums ignorés puis cette fin d’année, se faire croire que l’U.E est une promesse démocratique et sociale ne tient plus.

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    • alain sapanhine // 23.12.2017 à 16h18

      Analyse de fait assez légère, Mr Sapir ne spécifiant nulle part que les indépendantistes, majoritaires en sièges, ne le sont pas en voix, puisqu’ils ne représentent que 48% du corps électoral s’étant déplacé pour voter ( 82% de la population ) r, que je sache, le principe démocratique, c’est 50% et non 48. De plus, le système électoral catalan donne plus de poids électoral à certaines sous-régions que, par exemple Barcelone.

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  • DUGUESCLIN // 23.12.2017 à 06h24

    La question de “l’dépendantisme” peut toucher beaucoup de peuples dans le contexte de la mondialisation.
    A plus grande échelle que celle de la Catalogne, il serait intéressant que les “indépendantistes” français obtiennent, par référendum, l’indépendance de la France.

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    • R1 // 23.12.2017 à 07h08

      Des indépendantistes français je ne sais pas, mais des indépendantistes bretons, basques ou corses….ça pourrait arriver.

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      • Sandrine // 23.12.2017 à 12h04

        Et alors? Qu’ils partent s’ils veulent.
        Les frontières de la France ont constamment bougé depuis sa création par les Capétiens au moyen-âge. Il y a 150 ans nous avons gagné la Savoie puis perdu temporairement l’Alsace (qui avait été incorporée 150ans plus tôt).
        Outre que je ne pense pas qu’il y aurait une majorité de gens pour l’indépendance dans les régions que vous citez, cela n’empêche pas la France de réclamer son « indépendance « , elle aussi, vis-a vis de Bruxelles

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    • Fritz // 23.12.2017 à 09h48

      @DUGUESCLIN : “l’indépendantisme” (si la modération pouvait corriger ce mot de votre commentaire, cela rendrait service à tous). Le souverainisme n’est pas mort, comme le montre la résilience du mouvement catalan, en dépit de la répression madrilène et des palinodies de M. Puigdemont.

      Pour ceux qui s’imaginent que l’UE soutient les indépendantistes catalans :
      http://www.huffingtonpost.fr/2017/12/21/malgre-les-resultats-des-elections-en-catalogne-lue-previent-que-sa-position-ne-changera-pas_a_23314677/

      Comme si, en 1998-99, l’UE avait déclaré que le Kosovo était une affaire intérieure serbe, et qu’elle n’interviendrait pas. Mais n’oublions pas que Puigdemont n’est qu’une façade, derrière se cache le redoutable agent russe Cipollino :
      https://www.les-crises.fr/desormais-lespagne-sait-que-puigdemont-est-lagent-russe-cipollino/

      Comme tout canular, celui-ci montrait le bout de l’oreille, car Cipollino était un héros populaire en URSS : https://www.youtube.com/watch?v=o6xQDChpUR0

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      • DUGUESCLIN // 23.12.2017 à 13h21

        @Fritz
        C’est volontairement que j’ai associé l’indépendantisme et le souverainisme.
        Pour ma part je suis souverainisme concernant la France (et les autres) et je rêve que la France retrouve son indépendance vis à vis des maitres du monde qui nous gouvernent par l’OTAN, l’UE, le dollar, l’ euro et autres systèmes interposés.

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        • Fritz // 23.12.2017 à 13h26

          Je partage votre rêve : souveraineté retrouvée pour toutes les nations malmenées, pour la notre comme pour les autres.

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          • DUGUESCLIN // 23.12.2017 à 13h52

            Pour compléter:
            Je pense que la multiplication de régions indépendantes nous affaiblirait en nous divisant.
            Je pense que l’union fait la force.
            C’est ce qu’à fait Philippe Auguste en ralliant les provinces à la couronne de France, ce qui lui a permis de se débarrasser de la domination anglaise.
            Par la suite, après la révolution, le Royaume de France est devenu la Nation Française.
            L’union des nations souveraines en Europe, y compris l’Est, serait beaucoup plus forte contre la domination de la gouvernance mondiale qui aliène les peuples.

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            • Sandrine // 23.12.2017 à 16h26

              La multiplication de région indépendante nous risquerait en effet de nous faire tomber dans une sorte de période néo -féodale avec des régions théoriquement indépendantes mais qui prêteraient en réalité allégeance à des entités plus puissantes qu’elles (US, Europe, etc.).
              Mais c’est déjà un peu le cas de toute façon.
              L’avantage de l’emergence de nouvelles nations régionales est cependant de relancer la question de l’identité nationale et d’inciter les citoyens à se positionner par rapport à cette identité (dans l’optiqque de relancer un modèle culturel assimilationniste).

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            • DUGUESCLIN // 23.12.2017 à 18h13

              @Sandrine
              J’ai déjà réfléchi à cette approche, mais comme vous le notez également, c’est une arme à double tranchant.

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            • brigitte // 23.12.2017 à 18h49

              Penser que des régions pourraient se fédérer contre l’UE et l’empire US est un doux rêve. Les séparatistes ne sont peut être pas tous pro-UE mais ils utilisent l’UE comme bouclier et ça marche puisque Puigdemont s’est réfugié en Belgique. Ce n’est pas un hasard. Bien sur Bruxelles ne peut pas favoriser la Catalogne contre l’Espagne car cela serait bien trop risqué. Non pas que l’UE est contre les régions mais être contre les états serait une bien plus grande menace pour son intégrité car certains états pourraient choisir de la quitter…
              “ne pas lâcher la proie pour l’ombre” est un dicton bien connu.

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              Alerter
  • bettenhausen // 23.12.2017 à 07h43

    c’ est encore les méchants russes qui manipulent les catalans contre notre belle union européenne poutine nous fait le coup du sombrero mais à qui profite la destruction des états si ce n’ est à l union européenne elle même. c’ est elle qui finance les régions de nos beaux pays
    pas poutine ……. hola

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  • Alain Garcin // 23.12.2017 à 07h44

    L’analyse de Jacques Sapir me semble très pertinente. C’est pourquoi je suis étonné de son jugement négatif sur la position de Podemos, qui est très proche de la sienne, à savoir sortir par le haut de la crise par un processus constitutionnel suivi d’un référendum.

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  • xc // 23.12.2017 à 08h22

    Les Catalans ont accordé 47,6 % des voix aux indépendantistes et près de 52 % des suffrages aux unionistes mais ce sont les premiers qui ont gagné en sièges. Étonnant, mais on a vu quelque chose dans ce genre ailleurs, il y a un an. Cela leur donne légitimité pour gérer la Catalogne dans le cadre des attributions du parlement régional.
    Mais si un référendum sur l’indépendance devait être organisé, son résultat serait quelque peu incertain. D’autant qu’on ne sait toujours pas ce que feraient les Catalans de leur l’indépendance une fois celle-ci acquise. A part juste faire l’économie de la solidarité envers les régions moins favorisées.

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    • Kiwixar // 23.12.2017 à 08h36

      « A part juste faire l’économie de la solidarité envers les régions moins favorisées. »

      Au lieu de financer des routes, des ponts et des hôpitaux en Galice, Andalousie ou Aragon, ils financeront des routes en Pologne, des ponts en Roumanie et des hôpitaux en Ukraine. Y a pas de raison que les Français soient les seuls cocus de l’UE.

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    • Fritz // 23.12.2017 à 09h37

      “Près de 52 % des suffrages aux unionistes ?” Oui, si on additionne les poireaux, les carottes et les choux-fleurs : le PP de Mariano Rajoy, le mouvement Ciutadans de la belle Inès, le PSC (branche catalane du PSOE), et le mouvement Podem (branche catalane de Podemos).

      Encore une manière de masquer la réalité du scrutin : une défaite cinglante pour le régime de Madrid.

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      • Gabriel Galice // 23.12.2017 à 09h53

        Les factieux ne sont pas moins hétérogènes que les unionistes.

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        • Fritz // 23.12.2017 à 13h09

          Quatre de ces “factieux” sont toujours incarcérés dans les prisons castillanes, comme Oriol Junqueras : dans une cellule de 12 m², sans Internet ni téléphone portable (ce qui lui a permis de retrouver la joie d’écrire à la main).
          https://www.la-croix.com/Monde/Europe/Oriol-Junqueras-candidat-catalan-derriere-barreaux-2017-12-18-1200900254
          Visiblement, vous ne partagez pas les propositions de Jacques Sapir pour sortir de la crise actuelle : démission de M. Rajoy, l’homme du déni, et amnistie pour les prisonniers politiques (Junqueras et les autres) et les exilés politiques (Puigdemont).

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          • Les Mouches // 29.12.2017 à 21h58

            Oui détruisons l’Espagne pour les caprices de la bourgeoisie catalane qui en a “marre” de payer pour les autres régions espagnoles…on n’a qu’à dire que c’est au nom de la sacro-sainte “démocratie” et de la “liberté des peuples” (enfin là on prend en compte uniquement les intérêts du peuple catalan…la liberté des peuples est sélective apparemment).
            Les peuples “indépendantistes” comme les catalans sont en train de se faire doucement manipulés (en Espagne comme en France) pour affaiblir les Etats qui sont déjà affaiblis…
            Tout cela va mal finir et les élites mondialistes vont tranquillement pouvoir continuer leurs magouilles pendant que nous nous entretuons.
            Un Etat en crise et en conflit interne est beaucoup moins prompt à résister aux pressions de ces élites.

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  • Charles Michael // 23.12.2017 à 08h41

    XC,

    Il faut rappeller que cette ”solidarité” réelle au niveau des nation mais est rognée de fait par les gauleiter austéritaires régionaux (Rajoy, Macron, Renzi,…) .
    A ce titre il faut bien comprendre que le + d’Europe, fédéralisme donc, est une horreur pour l’Allemagne des excédents budgétaires.
    J.Sapir a plusieurs fois souligné ce fait en chiffrant la facture d’un budget fédéral: 200 milliards et + à transférer aux fourmis déficitairs (dont la France) pendant de nombreuses années.

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  • Suzanne // 23.12.2017 à 09h40

    Non?? Eh bien, au moins une bonne nouvelle aujourd’hui. Après tous les articles dans la presse prédisant la défaite des indépendantistes.
    Vous savez quoi? Je commence à croire qu’il ne faut vraiment plus faire attention aux journalistes. Quelque chose me dit que les choses se font quand même, se construisent quand même, lentement mais sûrement, et surprennent tout le bon peuple niais vissé sur sa télé quand elles arrivent. Aaaah, ça fait du bien.

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  • reneegate // 23.12.2017 à 09h44

    Puigdemont aurait pu revenir en Catalogne et provoquer le pouvoir espagnol. Ainsi le parlement catalan élu serait sous les verrous. Qu’il n’utilise pas cette carte maitresse, révèle le personnage (très ambigu, peu courageux, ….). Ce combat est manipulé et trop proche de bruxelles.

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    • Chris // 23.12.2017 à 15h33

      C’est aussi mon avis.
      Les Européistes ont parié sur le sang chaud espagnol et plus particulièrement des Catalans exaspérés pour “relever le gant” de Madrid.
      A parler avec mes amis espagnols lambdas, cette option est largement reprise, eux qui furent surpris par la violence et les maladresses des sanctions et interventions autant de Rajoy & sous-fifres que du roi Felipe.
      De tristes manipulations qui me rappellent la Serbie-Kosovo, Roumanie, Grèce, Ukraine, les singeries d’un Sarkosy et fatwas d’un Hollande, etc…

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  • Salva // 23.12.2017 à 10h41

    les “indépendantistes” veulent rester dans l’ue, donc les ordres viendront de Berlin et/ou Bruxelles ou de l’OTAN. Encore une “indépendance” à 2 deustchmarks…

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    • Fritz // 23.12.2017 à 10h55

      Bruxelles soutient Madrid :
      http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/10/06/catalogne-pourquoi-l-union-europeenne-refuse-d-intervenir_5197481_3214.html
      Berlin soutient Madrid :
      http://www.leparisien.fr/politique/catalogne-l-independance-pas-declaree-l-autonomie-en-sursis-19-10-2017-7342404.php
      Prêter aux politiciens des intentions exactement contraires à leurs déclarations comme à leurs actions, c’est une forme extrême de paranoïa que certains appellent (à tort) “complotisme”.

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      • Salva // 26.12.2017 à 11h52

        Les complots existent bel et bien, d’ailleurs, pour comprendre l’histoire il faut être complotiste. on sait que dans les projets de l’UE existe la mise en place de régions prenant la place des États. Après, peut être qu’au sein de l’oligarchie quelques représentants subalternes prennent peur… Ou font semblant d’être contre ( voir le gouvernement grec ). Puigdemont est il encore le président de l’euro région
        Pyrénées Mediteranee au fait ? Si oui, comment se fait il qu’il n’ait pas été demis ? Et pourquoi a t’il trouvé refuge à Bruxelles ?

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        • francesc pougault // 27.12.2017 à 10h11

          Puigdemont élu été démis ainsi que tout le parlement. C’est la démocratie qui plaît aux état-mationalistes. Cela fait plus d’un am que Carole Delga a succédé á Puigdemont à l”euro-région. Rassurez vous le nouveau parlement indépendantiste sera démis et les prisons se rempliront. España una granda libra.

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          • francesc pougault // 27.12.2017 à 10h55

            Grave erreur de clavier: Delga, c’était avant. Mais quel plaisir de voir des élus démis par les povoirs effectifs.

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  • Hispano-français de catalogne // 23.12.2017 à 13h06

    Les indépendantistes catalans sont avant tout la petite bourgeoisie et la classe moyenne, trop á perdre pour se risquer à la violence de rue, tandis que les unionistes sont de la classe ouvriére celle qui a le plus été touchée par la crise.La violence risque de venir plutôt de ce côté, car les catalans les traitent avec mépris depuis toujours, selon Mr. Jordi puyol, un des liders historiques du catalanisme depuis la transition qui disait, je cite”il faut empêcher le métissage massif”: Les sécécionnistes ont réveillé le nationalisme español et celui-lá est nettement plus agressif que le leur et ils vont le sentir passer.

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  • Jeanne L // 23.12.2017 à 15h00

    Tout a été fait pour casser la République catalane et pour donner aux unionistes une majorité au parlement. L’article 155, la mise en détention de ministres (dont 2 sont toujours détenus), l’exil de l’autre partie du gouvernement (dont le président Carles Puigdemont), l’interdiction des messages politiques catalans, le vol d’œuvres d’arts, les menaces contre l’école publique et laïque catalane, l’ingérence dans le débat public de forces étrangères (Valls, Mélechon) … et pourtant, malgré cela, l’indépendantisme gagne !
    Le bloc républicain remporte ces élections illégitimes et sort politiquement renforcé.
    Au final les indépendantistes remportent les élections avec 70 députés (sur 135) et arrivent en tête des élections avec 47,45% des voix (2.063.361 bulletins de votes se sont portés sur une des listes indépendantistes, c’est un record historique et même plus forte que les résultats OUI du 1er octobre).
    09/11/2014 : 1.861.753 votes
    27/09/2015 : 1.957.348 votes
    01/10/2017 : 2.044.038 votes
    21/12/2017 : 2.063.361 votes à 99,8% du scrutin
    En tous cas le compromis de 1978 est compromis pour le moins…

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  • Albert Charles // 23.12.2017 à 15h46

    Le prototype du cours de Science Po: analyse théorique des luttes intestines entre partis politiques. Rien sur les cause profondes (de nature socioéconomique, par exemple) qui animent les Indépendantistes ou les Unionistes. Chute lamentable: si le mouvement indépendantiste catalan a été pacifique jusqu’à présent il serait fort présomptueux de présumer qu’il puisse le rester éternellement. Or, on peut dire pareil du mouvement unioniste ! Quant à Puigdemont: les motivations de ce Grand Bourgeois sont totalement libérales (je passe sur son carriérisme). Refus de la moindre taxe sociale de nature solidaire avec qui que ce soit (Espagnol, ou pas). C’est pour ça qu’il adore l’UE, un espace de solidarité minimale qui lui convient. C’est un Démagogue (caché par une défense d’une culture catalane nullement menacée par qui que ce soit) au service d’une capitalisme local débridé sans régulation sociale. Il aime les Catalans, comme d’autres nationalistes ont aimé leurs peuples…Pauvre Catalogne !

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    • Francesc Pougault // 23.12.2017 à 19h22

      Puigdemont grand bougeois est le fils d’un artisan boulanger. La taxe sur les capitaux et sur les successions, la garantie de fourniture energétique aux ménages, la loi contre les expulsions pour loyers oui traites impayées, tout cela et plus sont des mesures votées par la majorité indépépendantiste ( et aussi par Podem qui ne s’est jamais déclaré anti -independantiste ). C’est le gouvernement espagnol qui a fait que le Tribunal Constitutionnel de Madrid a rejeté ces mesures. Il faut se renseigner avant de porter des jugements, savoir que le peuple travailleur catalan, de toutes origines, est contributeur net de l’Espagne e de l’UE; savoir aussi que c’est Madrid qui interdit aux Catalans d’accueillir plus d’immigrés. Pauvre France!

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  • yann35 // 23.12.2017 à 19h11

    Je reste coi voyant l’histoire bégayer, l’UE se métastasant en créant des abcès qui finiront en bains de sang … je ne connais pas l’Espagne ni ses peuples, mais j’aimerais savoir à quand remonte la Catalogne : aux celtibères, aux wisigoths, aux musulmans ??? Triste époque où les chantres de la mondialisation asservissent les gens en leur faisant miroiter des mirages de ghettos magnifiques … Allons-nous bientôt devoir rendre Marseille et Nice à la Grèce … si les grecs ont jamais existé ???

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    • Fritz // 23.12.2017 à 20h02

      Le nom “catalan” est apparu dans la première moitié du XIIe siècle, mais “l’émergence de la Catalogne” est bien antérieure (pour reprendre le titre d’un chapitre rédigé par Pierre Bonnassie dans L’Histoire des Espagnols dirigée par Bartolomé Bennassar).

      Les Ibères et les Wisigots ont contribué à la formation de la Catalogne, mais on les retrouve ailleurs en Espagne. Il faut tenir compte aussi de la conquête carolingienne, qui a intégré la pré-Catalogne au royaume franc, au moins nominativement. Et surtout, la Catalogne a été formée par une histoire sociale particulière : importance de la paysannerie libre et pionnière, puis violence de la mutation féodale du XIe siècle. La langue catalane est restée proche de l’occitan, malgré un substrat différent.

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  • Marc Michel Bouchard // 24.12.2017 à 00h16

    On parle beaucoup de mondialisation. Celle ci est le produit de la maîtrise des mers et de la technique par l’Europe depuis 1492. Les anglophones depuis Waterloo (1815) et davantage depuis 1945 sont devenus les dominants majeurs du globalisme et eux mêmes depuis le référendum du Brexit vacillent relativement sur leurs convictions classiques suite à la bureaucratisation du modèle européen et à un début de doute sur le multiculturalisme et un retour de la religion. On magnifie internet et son caractère universel et pourtant l’internet global fonctionne par l’usage de langues distinctes et plurielles et par les espaces nationaux. L’internet en Allemagne n’est pas le même qu’en France. Le local national voire régional continue de faire réalité. Quoi qu’il arrive en Catalogne, celle ci rappelle que l’américanisation comme sphère du globalisme ne domine pas tout et que le local national a toujours son mot à dire. Rajoy qui agit par autoritarisme en connivence de l’U.E, des É.U n’a pas la légitimité.

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  • gelmad // 24.12.2017 à 11h01

    Indépendantistes ou unionistes, les vrais vainqueurs de cette élection sont les partis de droite ! Ciutadans, Juntspercat et PP. Nettement majoritaires et défendant les mêmes politiques économiques. Ne nous y trompons pas

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    • francesc pougault // 27.12.2017 à 10h59

      Il est vrai que les anti-indép du PP, de CS, du PS
      C sont des anticapitalistes forcenés.

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