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13.octobre.201913.10.2019 // Les Crises

[RussEurope-en-Exil] Recomposition : les ambivalences d’une lecture des mouvements populistes d’Alexandre Devecchio, par Jacques Sapir

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L’ouvrage d’Alexandre Devecchio, Recomposition[1], se veut un plaidoyer pour la démocratie sous la forme d’une enquête sur les mouvements populistes qui se déploient aujourd’hui en Europe et aux Etats-Unis. L’auteur décrit donc ces différents mouvements, non sans laisser entendre une sympathie à leur égard, et conclut son ouvrage par un appel à Réconcilier le peuple et les élites pour sauver la démocratie. Vaste programme pourrait-on dire, en paraphrasant une phrase bien connue.

Ce livre, comme tout ouvrage, contient de très bons passages. Il en contient beaucoup, ce qui le fait émerger de la littérature ambiante. Il en contient aussi de moins bons, de plus discutables. Mais, on ne doit pas oublier qu’il s’agit de l’œuvre d’un journaliste et non celui d’un chercheur, d’un universitaire. Il convient donc d’écarter d’emblée des critiques qui porteraient sur l’imprécision de certaines définitions, de certaines affirmations.

L’important est donc sa thèse centrale, qui se décline en deux étapes. Dans la première, Devecchio décrit la montée des mouvements populistes comme une réaction pro-démocratie engendrée par les dérives que connaissent les principaux pays dits « démocratiques », dérives qui trouvent – mais ce point n’est guère explicité – leur origine dans la globalisation et la « sécession » voulue des élites. Ce point n’est guère contestable, même si plus de précision eut sans doute été nécessaire. La deuxième étape consiste à prétendre que ce sont les mouvements conservateurs qui incarnent le mieux ce populisme, et que ces derniers ont intérêt à trouver une forme d’accommodement raisonnable avec les élites, accommodement qui réinjecterait de la démocratie dans les systèmes « démocratiques » moribonds sous peine d’arriver à un chaos, à une forme d’anomie planétaire. Cette étape classe Devecchio comme un « réformiste » et non un « révolutionnaire », et on ne lui en fera pas le reproche, mais c’est aussi celle qui accumule le plus de questions tant sur la méthode d’enquête que sur le fond.

 

Le populisme, réaction démocratique ?

Il convient donc de revenir d’abord sur la première étape. Alexandre Devecchio commence par faire un sort à l’idée d’un « retour des années trente ». Incontestablement, cette thèse, popularisée ad nauseam par les thuriféraires de l’ordre établi est fausse. Elle se base sur l’idée que le « nationalisme » ou le « patriotisme » aurait été la cause de la seconde guerre mondiale. En réalité les causes de cette dernière sont diverses. On doit mentionner le Traité de Versailles qui inscrit en Europe un déséquilibre fatal tant en matière politique qu’économique. Le livre publié en 1919 par J.M. Keynes, The Economic Consequences of the Peace, livre qui sera accompagné lors de la Conférence de Gênes en 1923 par A tract on Monetary Reform, établit bien les tensions qui vont mener à la crise de l’ordre que le Traité de Versailles avait voulu instituer. En fait, le nazisme apparaît comme un « racisme » [2], qui se veut antagonique à l’ancien nationalisme[3].

Ceci étant fait, en quoi les nouveaux périls, le « globalisme » et l’islamisme peuvent-ils expliquer les mouvements qui seront dans la suite du livre décrits ? C’est justement là où l’on attendait Devecchio. Or, il est trop général sur ces deux points. Autant a-t-il raison quand il explique que l’Etat-nation est un refuge contre les tentations impériales et les régressions tribales (ou communautaires), il ne voit pas en quoi les nouvelles technologies, et les effets de mode aussi, concourant à une course narcissique, sont de profonds acides pour la notion de bien commun[4].

Le point est mieux traité dans le second chapitre qui tend à montrer que le populisme est, avant tout, une réaction démocratique, ce qui semble indéniable. Nous avons nous-même soutenu cette thèse dans un ouvrage récent[5]. Notons au passage qu’il commet l’erreur de présenter la dictature sous son aspect vulgaire (où elle est égale à la tyrannie) et non sous son aspect originel, où elle est une institution de la République Romaine visant à gérer certains conflits entre la Plèbe et les Sénateurs, voire à affronter des situation d’extrême nécessité[6]. L’eut-il fait qu’il aurait mieux compris, sans doute, ce qui peut attirer des occidentaux – pour les russes, c’est évident – dans le personnage de Vladimir Poutine. L’important, ici, est de comprendre ce qui fait, et ce qui constitue, le « peuple ». C’est l’interrogation centrale de tout discours sur le « populisme ».

Le troisième chapitre est intéressant par ce qu’il décrit, mais l’on peut se demander si sa place n’eut pas été dans le chapitre consacré au phénomène Donald Trump, quitte – et l’importance de l’élection de Trump le justifierait – de consacrer à l’occupant actuel de la Maison Blanche en fait plusieurs chapitres. Le style « Archie Bunker », nommé ainsi d’après le héros récurrent d’une série américaine, recouvre bien un des aspects du discours populiste, en tous les cas aux Etats-Unis[7]. Cela recoupe la dédicace faite par Devecchio « aux siens » dans laquelle il inclut tous ceux qui sont méprisés, humiliés et offensés par les actuels puissants. Car, il y a du Dostoïevski dans les différents mouvements populistes[8]. De fait, l’auteur semble penser que le « peuple » se définit de manière implicite par des comportements, des habitudes, une manière de penser et de parler. A-t-il lu La Distinction de Pierre Bourdieu ? On peut le penser car il est un homme de grade culture, et qui n’hésite pas à chercher dans d’autres familles politiques que la sienne des instruments d’intelligence du monde. Il aurait pu en tout cas y trouver des éléments confortant, mais aussi précisant, sa démarche[9]. En tout les cas, on peut penser que dans ce chapitre Devecchio met ses pas dans ceux du sociologue, icône de la « gauche radicale ».

Au-delà, Devecchio va s’interroger sur cette révolte qu’il présente comme mondiale[10], mais qui est essentiellement occidentale[11], ce qu’il précise plus loin à juste titre mais sans voir la contradiction qu’il y a avec ses formulations précédentes. Il va aussi, et ce point est important même s’il peut déranger certains, montrer les liens entre la montée du populisme et la « crise migratoire » de 2015-2016, ce qui explique que, sous des formes trahissant évidemment la culture politique de chaque pays, on retrouve la montée du populisme de la Suède à l’Italie en passant naturellement par l’Allemagne[12].

Populisme de gauche, populisme de droite

Armé de sa définition du populisme, Alexandre Devecchio s’intéresse alors aux différents courants qui traversent la nébuleuse populiste et à leurs manières de présenter le « peuple », ce qui est en réalité le cœur de la question. Il s’intéresse alors aux travaux de Laclau et de Mouffe qui, dans un cadre marxiste ou postmarxiste (on dit en réalité « marxien ») ont tenté de penser le populisme[13]. Il présente alors ce qui fait, selon Mouffe, la différence fondamentale entre le « populisme de droite » et le « populisme de gauche ». Le premier verrait le « peuple » dans « une tradition ethno-nationaliste qui ne correspond pas à l’idéal de la gauche »[14]. Le second voit le « peuple » comme une communauté politique qu’il convient de construire en fédérant un ensemble de demandes hétérogènes[15].

Devecchio critique alors ces définitions. Quant à celle du « populisme de droite » il écrit : « En réalité, aucun populiste, même de droite, ne revendique une conception ethnique du peuple et de la nation. Il est vrai cependant que les « populistes de droite » voient dans le peuple aussi bien une communauté civique que culturelle, voire une réalité charnelle »[16]. Est-ce si sûr ? Affirmerait-il que chez un Zemmour par exemple, mais il n’est pas isolé sur ce point, il n’y a pas une tendance marquée à l’ethno-nationalisme ? Devecchio, dont la propre définition du « peuple » est en réalité bien plus historique que cela, tend à la prêter à certains des « populistes de droite ». Les dérives de ces derniers sont incontestables, et il faut en prendre acte sans, pour autant, nécessairement les « diaboliser » ainsi qu’y invite Chantal Mouffe. Une lecture historique montre que le « peuple » français s’est progressivement construit, en général au travers de crises graves qui mettaient en cause la souveraineté, qu’il s’agisse de la Guerre de Cent Ans avec Jeanne d’Arc[17], des Guerres de Religion au XVIème siècle, ou des guerres de la Révolution. La notion de « communauté culturelle » est une vision « ex-post » à ces crises. La « culture » du paysan ou du boutiquier protestant de Nîmes était bien différente de celle de leurs équivalents catholiques en Île de France au XVIème siècle.

Il touche cependant plus juste dans sa critique du « populisme de gauche ». Le constat qu’il fait de l’échec de la « convergence » des luttes est indiscutable[18]. Mais, est-ce à dire que toute convergence est impossible ? De même avec l’idée de « communauté politique » à laquelle il reproche une approche trop artificielle de la notion de « peuple ». Or, nous savons que l’idée de la « communauté politique », qu’il attribue aux « populistes de gauche » est en réalité bien plus ancienne que la définition de « droite » ou de « gauche » puisqu’elle remonte en réalité à la Rome antique. En fait, et cela est un point obscur tant aux « populistes de gauche » qu’à Alexandre Devecchio dans sa critique de ces derniers, il manque la notion des institutions[19]. Or, on peut avancer la thèse que ce sont les institutions qui ont constitué le « peuple » et qui sont à la base de sa « culture », qu’elle soit politique, matérielle ou spirituelle. Ces institutions, dont les formes peuvent être multiples, qui incluent tant les institutions formelles qu’informelles et les coutumes, sont le produit – volontaire ou non – des conflits[20] qui ont traversé le peuple français dans sa constitution. C’est pourquoi toute population ne constitue pas nécessairement un « peuple », ni une nation. La durée historique du processus, qui s’étale sur de nombreux siècles, produit l’illusion que le résultat à une époque donnée est « naturel ». L’historien Bernard Lepetit a bien décrit ce paradoxe[21]. Le peuple se construit bien donc. Mais, il est dangereux de croire que cette construction puisse se faire en quelques années et surtout puisse être dirigée par un mouvement ou un parti. Le processus de construction est largement un produit non-intentionnel des conflits qui traversent le « peuple ». En cela, on peut critiquer la vision de Chantal Mouffe (et celle implicite de Jean-Luc Mélenchon) non parce qu’elle serait fausse, mais parce qu’elle serait simpliste et simplificatrice et qu’elle ne comprendrait pas ni la temporalité de ces processus ni l’articulation – disons la dialectique – qui existe entre luttes sociales et institution.

Postures, impostures et lutte politique

La question posée par Devecchio est alors la suivante : si le « populisme de droite » pourrait être authentique, le « populisme de gauche », quant à lui ne serait qu’un posture, voire une imposture. En témoigne la citation suivante : « Comme la France Insoumise, Podemos pourrait rapidement perdre la bataille des populismes. Parce que le fameux populisme de gauche est une gauche avant d’être un populisme. Comme le parti de Mélenchon, le mouvement espagnol a d’ailleurs échoué à ‘construire un peuple’ »[22]. On ne discutera pas le constat. Ce dernier est juste. Mais le lien de causalité est, quant à lui, plus que douteux. Remarquons immédiatement que Devecchio se trompe lourdement sur la question du fait national catalan. Il eut tiré un grand profit à lire les deux ouvrages remarquables écrit par Christophe Barret sur ce sujet[23]. J’ai rendu compte, d’ailleurs, dès sa sortie du livre de Barret sur la Catalogne[24].

Que Devecchio est écrit un livre de journaliste n’est pas ici le problème. Mais, qu’il est négligé des sources importantes discrédite sur ce point son travail de journaliste. Car, l’analyse des contradictions internes de Podemos, de ses hésitations sur la question du populisme[25], et de ses ambivalences sur la question de la Catalogne sont décrites et analysées avec une autre finesse par Christophe Barret.

De même, ce dernier montre bien que le nationalisme catalan n’est pas un nationalisme de riches, comme le prétend à tort, et de manière assez stupide, Devecchio, mais un nationalisme des petites agglomérations contre la métropole Barcelone. En fait, le nationalisme catalan est issu du rôle joué par l’école et par l’enseignement du catalan et la mobilisation de l’histoire comme une arme politique, mais aussi le (lourd) passé de la droite espagnole et les erreurs psychologiques que cette dernière a commise[26]. Christophe Barret montre aussi que les indépendantistes catalans, s’appuyant sur un solide socle ont su gagner la bataille culturelle, validant ainsi les thèses d’Antonio Gramsci. La puissance du mouvement indépendantiste montre ainsi la centralité de la bataille culturelle[27]. Au-delà, il n’y a pas – et c’est une différence fondamentale entre l’Espagne et la France – une « culture commune » espagnole.

Revenons alors à l’involution de la France Insoumise. Le constat n’est pas contestable ; j’ai même écrit une note sur ce sujet[28]. Mais, là où Devecchio voit l’expression d’une soi-disant « logique », je pense qu’il est plus utile – et plus juste – de voir une lutte politique qui a traversée la France Insoumise et qui s’est nourrit de l’erreur commise par ses dirigeants de confondre la tactique avec la stratégie. Mais, est-ce à dire que TOUT populisme de gauche ne serait qu’une posture ? Un discours du « populisme de gauche » peut n’être qu’une posture, soit pour des raisons tactiques soit du fait de son incompréhension de la dimension historique qu’il y a dans la « construction » du peuple. Les deux problèmes peuvent se conjuguer et aboutir, de par la tyrannie du « court-termisme » à avoir une approche manipulatrice de la question du populisme. Mais, cela reviendrait alors à définir la vie par les maladies du corps humain. La réalité est qu’Alexandre Devecchio veut croire qu’il n’est de véritable populisme que « de droite ». C’est son droit le plus strict. Cependant, ici, il sort de son rôle d’analyste et de journaliste. Le livre n’est plus cette enquête qu’il se devait d’être, et une enquête implique nécessairement une dose de subjectivité, mais il se transforme en pamphlet. En se refusant d’examiner sérieusement la thèse de la « construction » du peuple, d’y inclure la question des institutions, bref de renouer les fils de l’écheveau sur lequel François Guizot travaillât. Ce qui pose, bien entendu, la question de savoir quelles sont les institutions qui aujourd’hui peuvent aider à la construction du « peuple ». Ce sont, essentiellement, les institutions qui sont liées à la souveraineté et sans lesquelles il ne peut y avoir de démocratie. Devecchio aurait gagné à réfléchir à ce qu’impliquait sa proposition selon laquelle il y a dans ce mouvement populiste une profonde aspiration à la démocratie. Cette proposition, qui est juste, implique en réalité que la question de la souveraineté est aujourd’hui centrale pour qu’un mouvement populiste puisse gagner l’hégémonie nécessaire à sa victoire. De fait, ce que nous vivons n’est qu’en apparence un moment populiste ; en réalité, il s’agit d’un moment souverainiste. Toutes les forces qui veulent se couvrir du manteau du populisme et qui oublient cela sont condamnées à la stagnation et à la régression, qu’il s’agisse de la France Insoumise ou du Rassemblement National[29].

Quelle union du peuple et des élites ?

Alexandre Devecchio, à partir d’une réflexion sur le dirigeant de la Lega, Matteo Salvini, embraye à juste titre sur la notion de « démocratie illibérale »[30], qu’il redéfinit correctement, pour aboutir à un exposé trop rapide de la pensée de Marcel Gauchet[31]. On ne peut être que d’accord avec ce dernier quand il explique que désormais la démocratie et le libéralisme sont incompatibles. On pourrait même dire que cette incompatibilité concerne aussi la souveraineté et le libéralisme, comme l’avait vu Carl Schmitt. La question de la compatibilité des « agences indépendantes » avec les processus démocratiques est aussi posée. Ce n’est certes pas nouveau, et j’ai personnellement écrit des livres à ce sujet[32]. Mais, l’important est que cela soit redit de manière claire. Il n’en est que plus étonnant que l’on ne trouve pas, alors, un passage sur la question de la souveraineté. Or, cette question de la souveraineté est le surplomb évident du mouvement des gilets jaunes.

Ce qui conduit à la conclusion même du livre. Devecchio souhaite que « ceux d’en bas » puissent s’unir avec « ceux d’en haut ». Le souhait est ancien, mais quelle unité est-elle possible ? Car, ce que récusent les mouvements populistes décrits, et parfois analysés, dans ce livre indique un refus grandissant de « ceux d’en bas » d’accepter les formes d’unités proposées par « ceux d’en haut ». Vieille querelle, qui nous renvoie au début même de la République Romaine et à la fable des membres et de l’estomac. On sait que les conflits furent un mécanisme de construction des institutions de cette même république et donc d’une forme d’unité[33]. Claudia Moatti, dans un ouvrage important publié l’année dernière, note ainsi que les sécessions de la Plèbe au début de la République permirent justement de limiter le pouvoir de l’aristocratie, de modérer les aspects les plus inégalitaires de la République originelle et ouvrirent peu à peu de nouveaux espaces de libertés publiques[34]. De fait les membres de la Plèbe furent autorisés à se présenter à la Questure en -409, aux magistratures équestres en – 368, à se faire élire comme censeur en – 351 et comme préteur en -336[35]. Elle ajoute alors : « Ainsi l’analyse en terme de partes repose sur une vision plurielle et ouverte de la cité, dont l’unité est constamment en construction… »[36]. De fait, le conflit y est une part du jeu politique ; c’est lui qui « construit » la res publica. Ce conflit va se poursuivre à travers l’opposition entre ceux que l’on appelle les populares ou représentants du parti « du peuple » et les optimates qui sont les représentants de l’élite sénatoriale[37]. L’enjeu social et économique des terres confisquées aux vaincus, terres qui constituent l’ager publicus, devient dès lors central[38]. De fait, à cette époque, l’absence ou l’imprécision du cadastre rend possibles les abus des plus riches[39]. De ce déséquilibre économique et sociale est issu la volonté, à chaque incident plus claire, du Sénat de s’accaparer la souveraineté et l’initiative des lois[40].

On ne saurait mieux dire que les luttes sociales sont nécessaires à la constitution du peuple et de la nation, que ces luttes – par les institutions qu’elles engendrent – sont à la base même de la culture politique qui devient alors le langage commun que parle le « peuple ». La question des institutions, de leur nécessité comme de leur origine, qui constitue un point aveugle dans l’ouvrage d’Alexandre Devecchio est justement ce qui empêche ce dernier de pousser jusqu’à son aboutissement logique la « recomposition » qu’il appelle pourtant de ses vœux.

[1] Devecchio A., Recomposition. Le nouveau monde populiste, éditions Le Cerf, Paris, 2019

[2] M. Burleigh et W. Wippermann, The Racial State – Germany 1933-1945, Cambridge University Press, 1991

[3] W. Sheridan Allen, The Collapse of Nationalism in Nazi Germany, in J. Breuilly (ed), The State of Germany, Londres, Longman, 1992

[4] Sapir J., Souveraineté, Démocratie, Laïcité, Paris, Editions Michalon, 2015.

[5] Idem.

[6] Labruna L., « La violence, instrument de la dictature à la fin de la république » in Dialogues d’histoire ancienne, Vol. 17, n°1, 1991, p. 119-137 ; Idem, « Adversus plebem dictator » in Hinard F. (ed) Dictatures. Actes de la table ronde réunie à Paris les 27 et 28 février 1984, Paris, Editions de Boccard, 1978.

[7] Devecchio A., Recomposition. Le nouveau monde populiste, pp. 78-81.

[8] Dostoïevski, F., Humiliés et Offensés, publié en russe (Униженные и оскорбленные) en 1861, Paris, Le Livre de poche, Éditions Gallimard, 1953, traduit par Sylvie Luneau.

[9] Bourdieu P., La Distinction – Critique sociale du Jugement, Paris, Editions de Minuit, 1979.

[10] Devecchio A., Recomposition. Le nouveau monde populiste, pp. 125-142.

[11] Idem, pp. 179-180.

[12] Idem, pp. 216 à 232.

[13] Idem, pp. 96-100.

[14] Idem, p. 100.

[15] Idem, p. 100

[16] Idem, p. 100.

[17] Bensaïd D., Jeanne de guerre lasse, Paris, Gallimard, « Au vif du sujet », 1991.

[18] Devecchio A., Recomposition. Le nouveau monde populiste, p. 106.

[19] Voir François Guizot, Histoire de la civilisation en Europe, rééd. du texte de 1828, Paris, Hachette, coll. « Pluriel », 1985.

[20] Idem.

[21] Lepetit B., “Histoire des pratiques, pratique de l’histoire”, in Lepetit B., ed, , Les Formes de l’Expérience. Une autre histoire sociale, Albin Michel, Paris, 1995, pp. 9-22

[22] Devecchio A., Recomposition. Le nouveau monde populiste, p. 116.

[23] Barret C., La Guerre de Catalogne, Paris, Editions du Cerf, 2018 et, bien entendu, Barret C., PODEMOS – Pour une autre Europe, Editions du Cerf, 2015.

[24] https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-christophe-barret-et-la-guerre-de-catalogne-un-ouvrage-aux-multiples-usages-par-jacques-sapir/

[25] Voir sur ce point https://russeurope.hypotheses.org/4596?fbclid=IwAR0ktUDBP7k3P0tWRF2qlTfjq9IN9TRn6C4z_2ME1l23kSu6af_J1nD6wzo et https://russeurope.hypotheses.org/4591

[26] Barret C., La Guerre de Catalogne, Paris, éditions du Cerf, mai 2018, pp. 15 à 31.

[27] Idem, pp. 57 à 82.

[28] Voir, https://www.facebook.com/jacques.sapir/posts/1708512415945336?__tn__=K-R

[29] Sur ce point, l’analyse de la défaite de Marine le Pen lors de l’élection présidentielle de 2017 que livre Devecchio est pour le moins discutable. Voir Devecchio A., Recomposition. Le nouveau monde populiste, p. 215-216.

[30] Devecchio A., Recomposition. Le nouveau monde populiste, p. 237.

[31] Idem, p. 249.

[32] Sapir J., Les économistes contre la démocratie, Paris, Albin Michel, 2002 et Idem, La démondialisation, Paris, Le Seuil, 2011.

[33] Cerami P., Potere e ordinamente nella esprerienze constitutionale romana, Turin, Giappicheli, 1996, 3ème ed.

[34] Moatti C., Res publica – Histoire romaine de la chose publique, Paris, Fayard, coll. Ouvertures, 2018, p. 38.

[35] Richard J-C, Les origines de la plèbe romaine. Essai sur la formation du dualisme patricio-plebeien, Rome, BEFAR, 1978, vol. 232.

[36] Moatti C., Res Publica, op.cit., p. 58.

[37] Fiori R., Homo sacer. Dinamico politico-constituzionale di une sanzione giuridico-religiosa, Naples, Jovene Editore, 1996.

[38] Sur le statut de ces terres, Varron (Marcus Terentius Varo), De re rustica, traduction par J. Heurgon et Ch. Guiraud, Paris, Les Belles Lettres, 1978-1997, LL 5.33.

[39] La tradition reconnaissait aux citoyens, à côté de la propriété privée, un droit d’usage sur les « terres publiques », mais ce droit, mal réglementé, fut l’objet de pressions incessantes de la part des plus riches. Rathbone D., « Control and exploitation of the ager publicus » in Aubert J.J. (ed), Tâches publiques et entreprises privées dans le monde romain, Genève, Droz, 2003, p. 135-178.

[40] Loreti-Lambruni, B., « Il potere legislativo del senato romano », in Studi Bonfante, 1930, p. 378-395.

Commentaire recommandé

Louis Robert // 13.10.2019 à 08h13

« Réconcilier le peuple et les élites pour sauver la démocratie »? — À une autre époque, on aurait à tout le moins ironisé en faisant lucidement remarquer: « Qu’en termes galants ces choses-là sont mises! » Tout comme réconcilier l’humanité avec la planète pour sauver l’espèce, autant dire que c’est traiter de ce qui ne se fera assurément pas.

Il est doublement ironique que ce souhait soit formulé en France, là où le Pouvoir ne tient plus qu’à la faveur d’exercices électoraux pour le moins douteux, de l’état d’urgence et d’une répression barbare et prolongée de la masse qui porte des revendications démocratiques appuyées indéfectiblement par 80% des Français. Or on ne le sait que trop, « ce n’est là que populisme ».

L’air du temps s’exprime plus pertinemment, je crois, s’exclamant:

« L’Oligarchie ça suffit, vive la démocratie » et « Tout est prêt pour que tout empire ».

On n’évitera pas la catastrophe par des vœux pieux… surtout pas accourant par la droite… répudiée, désintégrée même, et qui en vain se cherche une raison d’être encore avouable.

24 réactions et commentaires

  • StGen // 13.10.2019 à 06h42

    message à effacer :
    Que Devecchio est (ait) écrit un livre de journaliste n’est pas ici le problème. Mais, qu’il est (ait) négligé des sources importantes discrédite sur ce point son travail de journaliste.
    Il faut remplacer est par ait, c’est le verbe avoir dans les deux phrases.

      +5

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    • Louis Robert // 13.10.2019 à 08h41

      Ajouter:

      « De ce déséquilibre économique et sociale (SOCIAL) est issu (ISSUE) la volonté… »

        +4

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  • Louis Robert // 13.10.2019 à 08h13

    « Réconcilier le peuple et les élites pour sauver la démocratie »? — À une autre époque, on aurait à tout le moins ironisé en faisant lucidement remarquer: « Qu’en termes galants ces choses-là sont mises! » Tout comme réconcilier l’humanité avec la planète pour sauver l’espèce, autant dire que c’est traiter de ce qui ne se fera assurément pas.

    Il est doublement ironique que ce souhait soit formulé en France, là où le Pouvoir ne tient plus qu’à la faveur d’exercices électoraux pour le moins douteux, de l’état d’urgence et d’une répression barbare et prolongée de la masse qui porte des revendications démocratiques appuyées indéfectiblement par 80% des Français. Or on ne le sait que trop, « ce n’est là que populisme ».

    L’air du temps s’exprime plus pertinemment, je crois, s’exclamant:

    « L’Oligarchie ça suffit, vive la démocratie » et « Tout est prêt pour que tout empire ».

    On n’évitera pas la catastrophe par des vœux pieux… surtout pas accourant par la droite… répudiée, désintégrée même, et qui en vain se cherche une raison d’être encore avouable.

      +23

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  • lm13720 // 13.10.2019 à 09h05

    Mais pourquoi diable utiliser des polices et corps aussi peu lisibles ? Un âme charitable du site pourrait-elle y remédier rapidement ?

      +6

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  • Patrique // 13.10.2019 à 09h06

    Le Figaro Vox dirigé par Devecchio est une sorte d’oasis au sein du Figaro où des voix de gauche censurées par la presse anciennement de gauche (Libé, Le Monde, l’Obs…) peuvent se faire entendre.

      +5

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  • Gracques // 13.10.2019 à 09h23

    M SAPIR , remarquable comme toujours .
    Je reste persuade que M MELENCHON a cette vision a la foi institutionnelle et historique , question de generation peut etre .
    Mais je pene qu il y a des rapports de forces a l’interieur de LFI , issue des gauches parcellaires qui contrecarrent cette vision

      +6

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    • James Whitney // 13.10.2019 à 10h20

      Je pense que la vision du mouvement LFI est celle du poète John Donne :

      No man is an Ilande, intire of it selfe ; every man is a peece of the Continent … any mans death diminishes me … And therefore never send to know for whom the bell tolls ; It tolls for thee.

      Pour qui sonne le glas.

      C’est pourquoi je fais partie de ce mouvement malgré mon âge avancé. Le mouvement est très jeune et nous faisons des erreurs comme tous le monde, mais dans la mesure où on tient cette vision, je pense qu’il progressera.

      Mais plus important que ça, c’est qu’on saurait vaincre toutes les menaces : le climat, les guerres, la pauvreté, le jemenfoutisme de nos dirigeants …

      Pour moi les extrémistes sont les gens qui ne voient de problème avec les extrêmes différences entre les riches et les pauvres en matière de santé, espérance de vie, qualité de vie, etc.

        +1

      Alerter
  • Fritz // 13.10.2019 à 10h15

    Merci à M. Devecchio, et merci à M. Sapir. Qu’ils soient de droite ou de gauche, les populistes doivent revendiquer haut et fort leur combat politique, contre les élites qui détruisent le peuple, la nation, la démocratie.
    Le cas échéant, le débat droite-gauche pourra reprendre, mais seulement après la victoire sur nos ennemis.

    A titre personnel, j’apprécie cette critique de Sapir au sujet du nationalisme catalan : « [ce] n’est pas un nationalisme de riches, comme le prétend à tort, et de manière assez stupide, Devecchio, mais un nationalisme des petites agglomérations contre la métropole Barcelone. […] Christophe Barret montre aussi que les indépendantistes catalans, s’appuyant sur un solide socle ont su gagner la bataille culturelle, validant ainsi les thèses d’Antonio Gramsci. »

    Les nationalistes catalans peuvent agacer, mais ils ne sont pas les idiots utiles de « l’Europe des régions ». L’UE s’appuie sur les gouvernements eurolâtres de Madrid comme de Paris pour vassaliser les nations.

      +9

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    • Didier // 14.10.2019 à 01h10

      “Qu’ils soient de droite ou de gauche, les populistes doivent revendiquer haut et fort leur combat politique […]”

      Et, les mots étant importants, refuser les étiquettes méprisantes qu’on leur accole si volontiers. Par exemple, en se revendiquant comme “les populaires”…

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  • Geoffrey // 13.10.2019 à 10h30

    “De ce déséquilibre économique et sociale est issu la volonté, à chaque incident plus claire, du Sénat de s’accaparer la souveraineté et l’initiative des lois[40].”

    parce que le Sénat possède, il décide… ; c’est celui qui maîtrise – par le glaive ou dans les faits (grévistes occupant l’usine) – un bien ou un espace, qui en dispose librement.

    Les autres ? Des clients…au mieux, des esclaves au pire.

    et donc, la question de la décision politique doit nécessairement être initiée par une réflexion sur la possession/maîtrise des Biens : terre, énergie, machines…

    mais voilà !!! A droite, on maintient que la propriété privée FAIT la société/civilisation, quand en vérité, c’est la famille (mon côté réac’)… donc…(tjrs) pas de convergence des luttes en vue.

    Autre chose : la conception de J. Sapir du Peuple-Nation, comme somme d’individus “naturalisés” par des institutions, pêche par pudeur : l’équipe de rugby du Tonga ou celle de football d’Islande est ethniquement homogène et nullement raciste pour autant, et elles ont fière allure !!! Pq la race est-elle tabou ? Le fantôme d’hitler ?

    Geof’, communiste-ethnique (belge)

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  • Pr. Michel Bergès // 13.10.2019 à 13h14

    Désaccord avec Jacques Sapir, toujours pertinent, d’ailleurs. Les approches en termes de “faute à la globalisation”, ou “au populisme”, opposant “peuple” et élites”, restent manichéennes, simplistes, surtout étendues à toute la planète…
    Restons en Europe, pour l’instant. C’est l’institution “UE” qui est la cause de la crise, dans sa réalité même : conçue principalement, telle qu’elle est devenue, par JACQUES DELORS (théorie du “Grand Marché” qui devait tout entraîner), cette IDÉE a détruit la démocratie, la souveraineté des États. Elle repose sur le mensonge et l’hypocrisie, et implique en elle-même la DÉPOLITISATION DE TOUTES LES CLASSES SOCIALES. D’où la crise de la démocratie dans chaque État. En France, il y a 50 % d’abstentions aux élections, sauf les locales, précisément. Cela touche l’ensemble des partis politiques. Cette structure institutionnelle est perverse et démocrativore. Ne faudrait-il pas la quitter au plus tôt ? Question “à la MONTESQUIEU”.

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    • Pr. Michel Bergès // 13.10.2019 à 14h25

      Merci de votre réponse.
      Hoffman Martinot reste un politologue honorable, mais tout à fait embué d’européano-centrisme. Il ne critiquera jamais JACQUES DEL’OR’S (le bien nommé…).
      “Le Système marchand” existe depuis l’Antiquité, a sa logique propre. Comme l’a montré Fernand Braudel (cf. ses trois volumes à ce sujet), le capitalisme financier-hors marché, mondialisé, existe depuis le XVe siècle. Et le capitalisme actuel se désintéresse totalement du régime politique qu’il dépasse. Il ne pense qu’à FAIRE de l’ARGENT, selon l’idéologie calviniste américaine. Dans n’importe quel pays…
      Relisons ensemble MONTESQUIEU sur le poids des Institutions…

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    • Marc Michel Bouchard // 14.10.2019 à 07h00

      Pour comprendre les enjeux sociaux et politiques. Luttes de classes et luttes plus nationales ou autres, il y a une part de manichéisme qui doit se contrôler lorsque la dualité en politique dérive vers l’apocalyptique ce qui devient dérapage des millénarismes et messianismes. Un peu comme l’antiracisme compulsif ou l’écologisme de Greta Thunberg.

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  • politzer // 13.10.2019 à 17h16

    c est la théorie de la lutte des classes qui rend intelligible l analyse des conflits sociaux. Le mouvement des gilets jaunes est une réaction aux assauts des représentants politiques du capital financier qui ont sous estimé la situation d extrême tension dans laquelle se trouvaient la population, le peuple, c est à dire les classes moyennes et populaires confondues. à l exclusion des très riches et des riches. Car c est cette alliance inattendue qui s est manifestée exprimant des revendications sociales immédiates ( la possibilité de mettre de l essence dans sa voiture pour aller travailler notamment) et un latent mécontentement dû à une prise de conscience de la dépossession de toute emprise sur l avenir pour soi et la génération future.
    Les manifestants se sont élevés contre une double dictature: celle du pouvoir intérieur et celle de la commission européenne. La catégorie de souverainisme est destinée à masquer l’aspiration populaire au changement de régime voir de système économique et politique. On voit bien que ce sont les luttes de classe : l assaut des représentants de la ploutocratie , des oligarques réunis qui a formé ce peuple en lutte constitué spontanément hors partis car il n y a plus de parti d opposition représentants les classes dominées depuis notamment la victoire de la sociale démocratie sur le PCF . Le peuple c est la population opprimée qui n est pas parvenue à la conscience de classe .

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  • JEAN PHILIPPE REUTER // 13.10.2019 à 18h33

    devecchio journaliste du figaro!tout est dit.qui nous ressert la soupe de l extreme centrequi empoisonne depuis 230 ans la democratie de notre pays.lisez plutot le livre de PIERRE CERNA.autrement plus pertinent.

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  • Marc Michel Bouchard // 14.10.2019 à 06h17

    Étant un brin transgressif selon l’histoire, les nations ne sont pas portées que par les conflits et les institutions qui en ressortent c’est le cas mais pas seulement. Les nations sont transportées exemple par la grande famille des langues entre la prédominance des langues germaniques et des langues latines en Europe. Il y a une réalité culturelle que portaient les anciennes religions païennes et qui ont eu une certaine influence sur la christianisation de l’Europe à ce moment. Tout comme le latin romain a été langue de l’église.

    Il reste qu’avant les révolutions, dans la plus que millénaire force de l’église, la durée avait le dessus sur l’innovation perpétuelle du capitalisme actuel. Tout étant plus lent, Il y a des cultures régionales qui ont été cultures latines jusqu’à ce que le dialecte français émerge par la royauté. Que Jeanne d’Arc ait contribué à rendre l’unité politique de ces lieux divers contre l’envahisseur pendant l’époque féodale et monarchique c’est le conflit qui change l’État et fortifie des institutions. Pour aujourd’hui, dans une époque qui voit dans les médias le spectre du fascisme régulièrement, il est difficile d’être souverainiste. Depuis 1789, la figure du souverain le Roi étant à la fois rejeté par désir de liberté et admiré comme feuilleton Paris-Matché. Le terme de souverainisme si exact est probablement incompris du peuple. Liberté populaire à la place de souverainisme? Raisonnement moins bête qu’il n’y paraît. Ce n’est pas du F.A ça vient de moi.

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    • Marc Michel Bouchard // 14.10.2019 à 06h39

      Ce commentaire ci-haut pourrait être mal compris. Le souverainisme concrètement d’une façon cela aurait été assurément la dernière fois, le souverain-républicain Charles De Gaulle tenant à l’indépendance de la France. La souveraineté de l’État, du peuple ou de la nation prend position dans l’indépendance du pays c’est cela qui porte. Le terme souverainiste n’a pas la clarté souhaitée, le terme devient vivant en pensant à De Gaulle.

      Au Québec francophone, autre petite nation comme la Catalogne cette dernière plus incomprise encore, le terme souverainisme a certes atteint dans le dernier référendum: 49% mais cela faisait trente ans en 1995 que l’indépendantisme était véhiculée contre L’État fédéral canadien et c’est l’indépendantisme plus que le nouveau terme de souveraineté qui a donné l’itinéraire dans le Québec de l’époque. La prise de conscience pour une plus grande autonomie tout au moins quoi que toujours inégale et sous la dépendance a commencé avec un mot dynamique. Les petites nations sont seules et peinent à trouver la liberté.

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  • Jean-Pierre Georges-Pichot // 14.10.2019 à 08h11

    Sur Zemmour comme ethniciste : c’est une blague ? Il rappelle répétitivement qu’il est personnellement d’origine, et très récente à l’échelle historique, sémitique et nord-africaine. Que l’ “assimilation” est entièrement une affaire de moeurs et de culture. Et singulièrement de langue. Et singulièrement de patronymie. Et singulièrement de la partie choisie de la patronymie. Il se pense français parce qu’ “Eric”. Il propose le concept de “français de branche”, comme pendant à celui de “français de souche”. On ne saurait répudier plus explicitement la conception racialiste du peuple.

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  • Jean-Pierre Georges-Pichot // 14.10.2019 à 08h59

    Le concept de “peuple” : le Français cartésien veut tout penser sur le mode des mathématiques, à partir de définitions a priori. Or c’est le contraire d’une pratique scientifique, qui est empirique et construit les concepts à partir de l’observation. Concepts provisoires que l’investigation valide ou modifie. Par exemple : la biologie se passe d’une définition de la vie. Elle en aurait une si elle était achevée, car elle consiste justement à explorer le domaine de la vie pour en trouver les limites. En science politique, vouloir donner une définition du « peuple » c’est vouloir donner les résultats de l’analyse avant d’analyser. Empiriquement, la constitution des peuples européens suit des logiques et des déterminismes différents et même de nature différente. On peut dire : « le peuple français est la création politique d’une dynastie ». « Le peuple italien ne tient que comme une agglomération de dialectes apparentés ». « Le peuple anglais est le produit d’une insularité ». « Le peuple allemand n’existe pas, ou seulement comme névrose ». « Le peuple espagnol répugne à l’existence ». Des propositions toutes contestables : mais justement, par là même valides comme hypothèses. Mais vouloir définir « LE » peuple, c’est de la métaphysique.

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  • Jean-Pierre Georges-Pichot // 14.10.2019 à 09h25

    Le peuple et son contraire au sein d’un même corps politique : impossible d’appliquer un schéma unique alors que les circonstances historiques environnantes diffèrent si sensiblement. Le rapport du « peuple » à l’aristocratie en Angleterre, espace social clos sur lui-même comme une forteresse, ne peut rien avoir de comparable avec ce qui se passait à Rome, où la citoyenneté était sans cesse étendue, et les limites de l’Etat sans cesse élargies. En Angleterre, le chauvinisme devait nécessairement l’emporter, et avec lui le compromis social. En France, la lutte de classe était portée à la perfection du concept parce que la politique était le ciment même de la collectivité : et « peuple » prend le sens de « plèbe », l’opposition avec l’étranger ou même l’ennemi étant ressentie comme secondaire.

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  • Jean-Pierre Georges-Pichot // 14.10.2019 à 09h44

    Sur la fortune actuelle du concept de “populisme” : la première fois où je le vis utiliser fut dans “Le Figaro”, et par Annie Kriegel, aux débuts de la montée en popularité de JM le Pen, soit au début des années 80. Elle l’employait pour qualifier le Front national, et dans un mouvement de rejet des anathèmes lancés par les partis de gauche, qui parlaient d’un retour du fascisme. Il ne fait donc pas de doute qu’on pense d’abord à des mouvements de droite, mais avec possiblement des échos dans des milieux populaires susceptibles de pencher à gauche, à condition qu’il s’agisse d’une gauche non institutionnelle, la référence première étant le péronisme. Et la montée du FN est sans doute en rapport causal et non pas accidentel avec le passage au pouvoir du parti socialiste, et la collusion communiste avec la politique régressive, atlantiste, européiste, de ce qui avait jusque là passé pour une opposition progressiste de gauche.

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  • Jean-Pierre Georges-Pichot // 14.10.2019 à 10h08

    Sur la Catalogne :ne cherchez pas midi à quatorze heures. L’Espagne n’a jamais été unifiée que par la force. Et comme la politique y est faible, avec des explosions récurrentes de violence, soit massive et généralisée, soit diffuse. La Catalogne est une grosse bête économique et culturelle que Madrid ne peut ni digérer ni vomir, mais laissée à elle même elle est aussi un chaos politique. Les Espagnols, collectivement et globalement, n’ont aucune capacité politique. Ils ont d’autres charmes par ailleurs. Voyez en détail la vie politique dans la république affrontée à Franco dans le livre de Burnett Bolloten “Le grand camouflage”, pour comprendre qu’en politique espagnole, tout doit toujours mal finir.

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  • Jean-Pierre Georges-Pichot // 14.10.2019 à 10h41

    Populisme de gauche, populisme de droite ? Attendez une minute : “gauche” et “droite” sont des concepts opératoires dans les pays et les situations de consensus. Ce sont des étiquettes spectaculaires et électorales de l’alternance vide. Chez les Romains, il y avait les bleus et les verts. Ce que le “populisme” a en commun avec ses cousins sauvages les “fascismes”, c’est la radicalité des propositions. Le “populisme” est une version domestiquée du fascisme en ambiance de démocratie libérale policière à alternance factice. Il a à la fois un côté “rupture” et un côté “surenchère” : ce qui ne gêne pas car il .est lui-même une opposition purement factice Typiquement, en France, le FN est le parti des “forces de l’ordre” et Castaner court après. Là où il existe, il n’y a plus de gauche et de droite. C’est le système d’oppositions qui a changé. Le FN aujourd’hui en France est en dehors de l’opposition gauche-droite, comme l’était le parti communiste en 1930-1950, dont on disait, rappelez-vous, qu’il n’était pas à gauche mais à l’est. Si la FI est impossible comme populisme, c’est parce qu’il n’y a pas deux places distinctes dans le nouveau système d’oppositions. Le sujet du moment étant l’Islam et l’immigration, si la FI est “ouverte”, elle est hors-jeu, et si elle est chauvine, elle fait double emploi. Chevênement a échoué sur la même impossibilité, avant de se recycler quasi-macroniste. Triste !

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  • François // 14.10.2019 à 13h04

    La division ceux d’en haut versus ceux d’en bas ramène à la conception classique bourgeoisie éclairée/peuple. Le premier terme se veux la pointe éclairée du second, éclairé car il a le pouvoir de faire : faire des affaires, faire la loi, en bref agir sur le corps social par le biais d’institutions économiques et étatiques. Dans cette vision utilitariste, est le peuple la masse qui ne peut agir et articuler une “pensée” à un “faire”. Le peuple contient en lui-même une vérité mais il l’exprime en termes non recevables car incapable d’agir sur le corps social. La bourgeoisie est là pour extraire cette vérité et l’exprimer en termes recevables. Ainsi elle amène le peuple à elle. De ce point de vue, Les termes bourgeoisie éclairée/peuple sont indissociables car l’un se veut se veut le reflet avancée de l’autre.
    Pour un conservateur comme Alexandre Devecchio l’erreur de l’élite se situe dans le fait de vouloir se séparer de ce dont on elle tire sa substance. En ce sens il n’a pas tort pour peu que l’on ait une vision conservatrice.

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