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8.août.20198.8.2019 // Les Crises

Les niveaux de salaires en Chine atteignent voire dépassent ceux de certaines régions d’Europe

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Un article ancien mais intéressant…

Source : Forbes, Kenneth Rapoza,

Kenneth Rapoza

Je publie sur les affaires et l’investissement sur les marchés émergents.

Des ouvriers chinois assemblent des boîtes de vitesses sur une chaîne de production dans une usine de transmission Audi sur le site Volkswagen Automatic Transmission Tianjin, dans la municipalité de Tianjin, au nord de la Chine, lundi 22 août 2016. (Photo AP/Mark Schiefelbein)

Le verre peut être vu à moitié plein, ou à moitié vide. Soit la Chine rattrape une partie de l’Europe en termes de salaires, soit les salaires dans les nouveaux arrivants dans l’Union européenne sont bloqués par la concurrence mondiale – clairement gagnée par la Chine – sur le marché de la main d’œuvre. En réalité, ce sont les deux à la fois.

Les salaires mensuels médians de la Chine à Shanghai (1 135 $), Beijing (983 $) et Shenzen (938 $) sont plus élevés que ceux du plus récent membre de l’Union européenne, la Croatie. Le salaire net médian en Croatie est de 887 $ par mois. Elle a rejoint l’UE en 2013.

Les salaires médians à Shanghai, en particulier, sont également supérieurs à ceux de deux des plus récents membres de la zone euro dans les pays baltes : La Lituanie (956 $) et la Lettonie (1 005 $), avec l’Estonie, qui a adhéré à l’euro en 2011, enregistrant un revenu médian de 1 256 $ par mois, selon les chiffres officiels pour 2016.

Au cours des dix dernières années, l’Europe s’est efforcée d’intégrer dans l’Union européenne le bassin de main-d’œuvre qualifiée et bon marché d’Europe de l’Est. En 2002, la Chine s’est mieux intégrée au marché mondial de la main-d’œuvre en adhérant à l’Organisation mondiale du commerce. La combinaison, en matière de main d’œuvre, de ces deux bassins d’emploi considérables a ouvert la voie à la stagnation des salaires chez les travailleurs peu qualifiés et sur les chaînes de montage du monde entier.

Dans le jargon économique, ce phénomène est décrit comme « l’aplanissement de la courbe de Phillips » [les salaires tendent à baisser lorsque la disponibilité de main d’oeuvre augmente, NdT], explique Neil MacKinnon, économiste de VTB Capital.

« L’impact de la mondialisation et l’entrée de la Chine à l’OMC en 2002 ont considérablement accru l’offre mondiale de main-d’œuvre », dit-il. L’offre excédentaire de main-d’œuvre chinoise et l’afflux de produits chinois à bas prix dans l’économie mondiale ont favorisé les consommateurs mondiaux, mais cela signifie aussi que certains produits qui étaient fabriqués en Europe orientale – et les emplois associés – allaient devoir faire concurrence à une Chine à bas prix. Outre les chaînes d’approvisionnement et les marchés, le coût le plus important pour une entreprise est sa main-d’œuvre. La main-d’œuvre chinoise est enfin payée. Les salaires comparables à ceux des Chinois d’Europe de l’Est sont tout à fait d’actualité dans un monde où la devise est devenue : tout ce que vous pouvez faire, la Chine peut le faire à moindre coût.

La Chine fixe le prix de la main-d’œuvre dans l’industrie et, à l’avenir, le fixera dans la logistique liée au commerce en ligne. Si certains Européens désirent pour eux-mêmes une augmentation de leur salaire brut, ils doivent espérer la poursuite de la hausse des salaires en Chine.

La part de la Chine dans le commerce mondial (la moyenne entre les exportations et les importations) est passée d’un peu moins de 2 % en 1990 à près de 15 % aujourd’hui, selon la Banque des Règlements Internationaux (BRI). Au cours de cette période, les circuits économiques chinois se sont intégrés à l’économie mondiale, principalement grâce à sa main-d’œuvre, avec un ratio capital/travail inférieur aux standards mondiaux. La Chine commence à peine à se moderniser.

L’intégration de l’Europe de l’Est au sein du monde occidental est souvent passée sous silence.

L’intégration de la Chine et de l’Europe de l’Est dans l’économie mondiale a mis à parité les salaires des nouveaux pays de l’UE avec ceux de la Chine. Dans la course aux salaires, la Chine rattrape son retard tandis que l’Europe de l’Est est loin de progresser autant, les deux bassins d’emploi faisant désormais partie d’un système mondial qui fixe le coût de la main-d’œuvre peu qualifiée. Source : ONU.

Sur la même période, soit depuis les années 1990, les pays d’Europe de l’Est ont quitté l’orbite soviétique et se sont rapprochés de l’occident. Avant la chute du communisme, ces pays étaient plus ou moins isolés. La main-d’œuvre était abondante et bien formée, mais les capitaux et la capacité d’encadrement étaient limités. Une telle combinaison a porté ses fruits : L’Europe de l’Ouest fournissait les fonds et l’encadrement, l’Europe de l’Est une main-d’œuvre à bas coût.

Les chiffres relatifs à l’intégration de la Chine et de l’Europe de l’Est sont stupéfiants. Si l’on ne compte que la main-d’œuvre potentielle, la population active en Chine et en Europe de l’Est entre les âges de 20 et de 64 ans était de 820 millions en 1990 et atteignait 1,2 milliard en 2015. La population active disponible dans les pays industrialisés d’Europe était de 685 millions d’habitants avant l’éclatement de l’Union soviétique en 1990 et a atteint 763 millions en 2014. La main-d’œuvre totale disponible a ainsi d’un coup augmenté de 120%, ce qui a entravé les salaires des travailleurs les moins qualifiés, selon la BRI. [Ces chiffres interrogent, notamment pour la population active européenne, puisque la population totale européenne (Russie d’Europe comprise) n’atteint que 742,4 millions en 2013, les 763 millions corespondent peut-être à la population active occidentale, il en va de même pour l’augmentation de 120 %, NdT]

Si l’on prend ces trois villes chinoises comme référence, les salaires médians de leurs employés sont supérieurs à ceux dans la partie la plus pauvre de l’Europe, celle des Balkans ex-communistes.

A deux pas de la frontière de la riche Italie, de l’autre côté de l’Adriatique, se trouve un bassin d’emploi qui rappelle la Chine. Avec, en fait, un coût encore plus bas. Les travailleurs chinois de Shanghai, Shenzhen et Beijing gagnent en moyenne plus que ceux de l’Albanie, de la Roumanie, de la Bulgarie, de la Slovaquie et du Monténégro, nouveau membre de l’OTAN, dont le revenu médian est de seulement 896 $ par mois.

Les salaires médians à Shanghai sont comparables à ceux de la Pologne, soit 1 569 $. Il en va de même pour la République tchèque, avec son salaire médian à Prague, sa ville la plus riche, qui se situe autour de 1 400 $. Le salaire brut moyen en Hongrie est équivalent à celui à Shanghai, à 1 139 $ par mois.

La croissance des salaires en Chine est impressionnante. Tant mieux pour les Chinois. Néanmoins, ceux-ci ont limité la croissance des salaires dans de nombreux États d’Europe où les revenus sont faibles. Ces chiffres montrent que le rôle de la Chine en tant que plaque tournante du secteur manufacturier a jeté les bases de toute hausse future des salaires, en particulier pour les travailleurs peu qualifiés du secteur manufacturier, mais bientôt aussi pour des secteurs émergents comme celui du e-commerce.

Source : Forbes, Kenneth Rapoza, 16-08-2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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Commentaire recommandé

Duracuir // 08.08.2019 à 07h23

C’est comme l’arnaque de dire que les prélèvements obligatoires sont le double en France par rapport aux USA sans préciser qu’ils garantissent, chez nous, la santé gratuite, l’éducation gratuite, une retraite confortable et j’en oublie. Et comme il faut bien se soigner, éduquer ses enfants et se préparer une retraite, quand on additionne tout ça aux USA, on dépasse très largement le taux de prélèvement français avec un système incomparablement moins bon et qui laisse des dizaines de millions de zuniens sans couverture ni revenus.

41 réactions et commentaires

  • LBSSO // 08.08.2019 à 06h47

    A l’est d’Eden

    A l’époque du basculement des Pays de l’Est dans la sphère occidentale, les acteurs économiques français – pas seulement allemands – lorsqu’ils étaient réunis en petit comité expliquaient que cette zone leur permettrait de faire face à la future concurrence chinoise à bas coût en y investissant.
    Cet argument fût alors très peu avancé auprès du grand public car à l’heure de l’engouement européen, il aurait été mal venu d’avouer qu’en conséquence les salariés français allaient se trouver en concurrence non avec de lointains chinois mais avec leurs nouveaux compagnons…
    Quant à la hausse (moyenne) des salaires , d’autres mécanismes actuels – et à venir – s’y opposent , la freinent ,ils ne sont pas évoqués dans cet intéressant article.

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  • Duracuir // 08.08.2019 à 07h17

    Le titre est tendancieux. Dire “la Chine” ça évoque TOUTE la Chine qu’on met en relation avec des PARTIES de l’Europe. Déjà le procédé est bizarre mais assez représentatif de l’économie dont on a déjà compris qu’elle tenait moins de la rigueur scientifique que de la cuisine ou de la lecture dans les entrailles de poulet. Mais quand on lit l’article, c’est pire car on y compare, non pas la Chine mais les parties les mieux rémunérées de Chine avec les plus pauvres d’Europe. Inepte. Comme d’hab chez des promoteurs de soupe néolibérale comme Forbes. Assez de ces arnaques.

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    • Duracuir // 08.08.2019 à 07h23

      C’est comme l’arnaque de dire que les prélèvements obligatoires sont le double en France par rapport aux USA sans préciser qu’ils garantissent, chez nous, la santé gratuite, l’éducation gratuite, une retraite confortable et j’en oublie. Et comme il faut bien se soigner, éduquer ses enfants et se préparer une retraite, quand on additionne tout ça aux USA, on dépasse très largement le taux de prélèvement français avec un système incomparablement moins bon et qui laisse des dizaines de millions de zuniens sans couverture ni revenus.

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      • D’Aubrac // 08.08.2019 à 07h49

        Si vous pouvez nous donner des sources fiables et de lecture aisée, je me ferai un plaisir et un devoir de les diffuser largement.
        J’en ai moi aussi par de dessus la tête de subir le catéchisme des économistes mercenaires. Leur parti-pris idéologique dépasse vraiment les bornes.

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        • Duracuir // 08.08.2019 à 09h37

          N’importe où vous trouvez les chiffres puis vous prenez un crayon un papier et une calculette. L’arnaque réside dans le fait de ne pas intégrer les coûts correspondant au service. Je suis commercial de metier et ce genre de bidouillage est le niveau 1 de l’embrouille de bas étage. Incroyable que ça marche à longueur de plateau, d’antenne et d’édition sans jamais de contradiction.

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          • bernard.jeannin // 08.08.2019 à 21h05

            Ce qui me paraît incroyable, et particulièrement grave, c’est qu’on en soit encore aujourd’hui à nous inonder de statistiques “moyennes”, de moyennes de ceci ou de cela, alors que la moyenne ne veut rien dire d’autre que la division du tout par le nombre des parties!

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      • Hub34 // 08.08.2019 à 09h18

        Ce n’est pas du tout une arnaque, pour le patronat ! En revanche, c’est une volonté de mettre par terre notre système social … pour que les riches gagnent encore plus !

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      • Thanos // 10.08.2019 à 10h57

        “chez nous, la santé gratuite, l’éducation gratuite, une retraite confortable et j’en oublie”. On ne doit pas vivre dans le même pays. Je suis myope, le taux de remboursement sécu des lunettes est proche de 0, idem pour les soins dentaire. Les frais d’inscription a Sciences Po (qui est public) pour 1 année de master peuvent dépasser 10 000 euros. Et pour la retraite confortable, on verra mais j’ai comme un gros doute, en tout cas je ne pourrais pas bénéficié des mes cotisations non choisies avant un age légal encore inconnu. En tant que chef d’entreprise (que j’ai créée) je dois cotiser quasiment 50% de mon chiffre sans que cela m’assure réellement puisque une mutuelle m’est obligatoire ainsi qu’une assurance pro. Ensuite je paie 30% d’impôt sur mes bénéfices, l’impôt sur le revenu (presque 30% aussi) et enfin la TVA. J ai bientôt 40 ans, je cotise depuis plus de 15 ans, je n’ai pas compté précisément mais j’ai versés plusieurs centaines de milliers d’euros et je n’ai jamais bénéficié ni de l’assurance chômage, ni de l assurance santé ni d’une quelconque infrastructure (les greffes c’est payant, la CCI c’est payant etc…). Je n’ai jamais eu le choix quant à mes cotisations, je ne sais pas combien j aurais à la retraite, mais si j avais pu choisir j aurais pu tout simplement consacrer ces 100aines de milliers d’euros à l’achat d’actions “de bon père de famille” type Air Liquide (12% de rendement annuel min), sur 15 ans, alors je serais déjà proche de la retraite avec une rente confortable.

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      • Richard // 10.08.2019 à 12h22

        Ces services disparaissent tranquillement , ni vu ni connu , les acquis sociaux ne résisteront pas à la mondialisation ni à «  l’Europe «  C’est ce qui est voulue par l’oligarchie Occidentale .
        Ce qui nous amène à la colère des gilets jaunes qui en prennent conscience De manière empirique car ils sont à la base du système

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  • Duracuir // 08.08.2019 à 07h29

    Ou l’arnaque de dire que les coûts de l’état ont explosé et qu’il faut virer des millions de fonctionnaires alors que si on regarde les frais de fonctionnement de l’état et collectivités, il est du même pourcentage de pib qu’en 1965 avec une population 30% supérieure. Bel performance non? En fait, trois postes ont explosé. Les coûts de sécurité sociale du fait du vieillissement, les retraites des cadres public et privé et le RSA. Elle est pas belle l’arnaque ? Je HAIS les économistes

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    • maredelsol // 08.08.2019 à 07h42

      Très interressant, puis je avoir vos sources. merci

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      • Duracuir // 08.08.2019 à 08h47

        Directement l’INSEE. Les comptes de la nation sont publics

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      • SanKuKai // 08.08.2019 à 09h04

        Les sources sont trouvables en moins de temps que l’écriture de votre commentaire.
        Votre question est cependant un symptôme de ce que décrit Duracuir: les faits sont têtus mais ils ne passent pas à la TV.
        https://www.alternatives-economiques.fr/evolution-depenses-publiques-france-pib-0106200837127.html

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      • Pinouille // 08.08.2019 à 16h22

        OB avait fait un billet sur ce sujet jadis, qui confirme les propos factuels de Duracuir (la suite de son commentaire est plus subjective):
        https://www.les-crises.fr/budget-etat-france/

        A noter qu’il faut distinguer dépenses/coûts de l’état et dépenses publiques. Ce n’est pas la même chose: les dépenses de l’état font partie des dépenses publiques.
        Pour ce qui est de ces dernières, on a un petit résumé officiel ici qui confirme la courbe de SanKuKai:
        https://www.performance-publique.budget.gouv.fr/finances-publiques/grandes-caracteristiques-finances-publiques/s-informer/structure-depense-publique#.XUwpnSDgqUk
        Force est de constater que ces dépenses publiques ont augmenté ces 50 dernières années en proportion du PIB.
        Merci de noter que je n’y mets aucun jugement de valeur, mais le constat est là. Et face à cette évolution, on n’a pas 36 solutions pour équilibrer les comptes:
        – on augmente les impôts, et/ou
        – on baisse la dépense publique, et/ou
        – on crée de la dette

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        • Duracuir // 08.08.2019 à 16h28

          Tout à fait, et sur ce point Rocard avait raison il y a déjà… 30 ans…. Lui disait que le vieillissement allait considérablement augmenter les coûts sociaux donc la dépense publique et qu’il s’agissait d’un choix de société traité par l’impôt. De là la création de la CSG.

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        • Gilles // 08.08.2019 à 18h34

          Ou on transforme radicalement le calcul de l’impôt (+ pour les 1% et – pour les autres – 16 tranches de revenus), on reconsidère la légitimité des dettes …., on revoit à la baisse certains salaires publics (pantouflage de haut fonctionnaires et anciens élus) , on applique une politique de la demande avec relocalisation d’entreprises, création d’emplois, et donc rentrées fiscales accrues etc, etc ….. Vous n’en avez pas marre de ramener toujours ces mêmes arguments qu’on nous serine depuis 40 ans? Et avec quel résultat ?Vous voulez quoi ? baisser les salaires des infirmières, des aides soignantes, des professeurs, les retraites des ouvriers etc…Précisez SVP!

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          • Pinouille // 09.08.2019 à 08h14

            “Ou on transforme radicalement le calcul de l’impôt”
            Cad, on augmente les impôts (ou les rentrées fiscales si vous préférez)

            “on revoit à la baisse certains salaires publics”
            Cad, on baisse la dépense publique

            “on applique une politique de la demande avec relocalisation d’entreprises, création d’emplois, et donc rentrées fiscales accrues”
            Cad, on augmente les impôts (ou les rentrées fiscales si vous préférez)

            “on reconsidère la légitimité des dettes …”
            Bon courage

            “Vous voulez quoi ?”
            Participer à des réflexions sur l’amélioration de notre condition.

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        • Jack Freychet // 15.08.2019 à 11h23

          Vous oubliez l’augmentation du PIB mais il faut pour cela nous affranchir des contraintes de L’union européenne pour retrouver notre souveraineté monétaire.

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    • bernard.jeannin // 08.08.2019 à 21h10

      Pourquoi tant de haine? La haine entraîne la haine, et ce n’est pas “productif”! Il faut démontrer, et vous l’avez fait (et vous le ferez, j’en suis sûr), il faut argumenter et démontrer. Ne pas “baisser les bras”, et dénoncer les arguties et hypocrisies qui nous sont déversées ce jour en jour, par d’auto proclamés “experts”.

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    • Ricard’eau // 08.08.2019 à 22h32

      Pour la sécurité social, je pense qu’il faut souligner qu’il y à des sangsues qui syphonent des sommes énormes, des grands groupes qui s’en servent du système de sécurité social pour se gaver

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  • Galvan // 08.08.2019 à 08h03

    Normal. Les économistes néolibéraux sont des escrocs, car leur pseudo science économique repose sur des dogmes et non des faits démontrés.
    Cette théorie qui n’est là que pour justifier l’enrichissement des plus riches, ne résiste pas plus de quelques minutes à une analyse scientifique. A ce propos je vous conseille l’excellent livre « debungking economics » traduit en français par Gael Giraud qui démontre cela brillamment.
    Les thèses néolibérales sont tout a fait comparables a l’astrologie.

      +20

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  • RGT // 08.08.2019 à 08h11

    Concernant les hausses de salaires en Chine, n’oublions pas que les chinois (les “grouillots comme vous et moi) profitent abondamment de l’emballement de l’économie et de l’industrie chinoises.

    Quel est le moyen le plus efficace pour un chinois de faire grimper son salaire de 15% minimum tous les 6 mois ?

    Il suffit qu’il donne sa dem’ après s’être entraîné à acquérir de nouvelles compétences puis va sonner chez le concurrent situé en juste face dans la même rue pour faire valoriser ses nouvelles compétences.

    Et les entreprises se mènent une guerre sans merci pour aller piller les personnels des entreprises concurrentes.

    Une fois, nous avons reçu une alerte concernant une livraison qui était retardée à une date inconnue. Comme ce problème était critique je me suis rendu sur place et quand je suis arrivé devant l’usine je me suis retrouvé devant un site totalement VIDE.

    En rencontrant le directeur, j’ai réussi à connaître la cause réelle du problème : L’entreprise située juste en face était une fourmilière grouillante et avait d’un seul coup débauché l’ensemble du personnel de l’autre en proposant 20% d’augmentation de salaire. TOUS les salariée, même les cadres, avaient répondu présent et l’usine n’était plus qu’une coquille vide.

    Et le seul moyen pour retourner la situation consistait simplement de proposer aux anciens employés des rémunérations plus élevées qu le débaucheur.

    Et les chinois disent clairement : ” les entreprises nous exploitent sans vergogne donc nous n’avons AUCUNE raison de leur être fidèles. Profitons AUSSI de toute occasion nous aussi”.

    J’avais vu la même chose en Ecosse à la fin des années 90, avec des usines siphonnées par leurs concurrentes, et avec les mêmes réactions de la part des employés.

      +18

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    • RGT // 08.08.2019 à 08h19

      Et concernant les salaires de misère, contentez-vous simplement de regarder du côté de l’Ukraine et vous comprendrez enfin pourquoi nos “élites” souhaitent tant que ce pays intègre l’UE…

      La main d’œuvre qualifiée et éduquée de ce pays est largement moins “coûteuse” pour les actionnaires des entreprises occidentales (surtout allemandes) qui voient là une opportunité de remplacer les polonais, les tchèques, les hongrois et les bulgares qui sont désormais des “charges insupportables” pour leurs dividendes.

        +25

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    • Kokoba // 08.08.2019 à 08h57

      Si vous travailliez avec des Indiens en informatique, vous verrez le même phénomène.

      Les entreprises adorent délocaliser en Inde parce qu’un développeur Indien coute beaucoup moins cher qu’un développeur Français.
      Donc vous vous retrouvez à bosser en anglais approximatif, en décalage horaire avec un type qui ne connait rien au produit.
      Vous travaillez à le former pendant 2 ou 3 semaines (pendant lesquelles il faut repasser derrière tout ce qu’il fait) puis un matin vous découvrez que le type a disparu et a été remplacé par un autre avec qui il faut tout recommencer.

      Là-bas, les types n’ont aucune loyauté envers l’entreprise et ils ont bien raison.
      La culture et mentalité occidentale est différente, en tout cas pour l’instant.
      Malgré tout ce que crachent les médias sur les Français, le travailleur Français reste motivé, loyal et productif.

      Mais le patronat travaille à détruire tout cela.
      Cela va à l’encontre de leurs propres interets mais ils s’en foutent.
      L’important pour eux, c’est d’écraser et d’humilier la classe des travailleurs.

        +37

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      • Myrkur34 // 08.08.2019 à 09h24

        Merci pour ce genre de témoignage réel sur votre travail au jour le jour…. Cela nous change des Lenglet et autres qui ripolinent à gros traits à longueur d’année télévisuel.

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      • Rolandjoffe // 08.08.2019 à 09h50

        On croit rêver. Comme tout salarié je regardais les annonces dès que j’avais signé mon cdi. S’il y a une quelconque fidélité elle est lié au statut du cdi. Tu me files un cdi bien payé je fais semblant de m’intéresser à ton produit.
        Maintenant ma boite est en pologne où je travaille avec la même usine depuis 5 ans. Énorme pb de recrutement donc embauche d’ukrainiens. Je reste néanmoins toujours 30% moins chers que mes concurrents de l’ouest. Exceptions des… anglais qui avec leur monnaie arrive à rester compétitifs.

          +3

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      • RGT // 08.08.2019 à 18h57

        Les BE Indiens, je connais aussi.
        Tant qu’en mécanique qu’en électronique ou en informatique.

        Certes, quand vous lancez un projet, pour le prix d’un seul ingé confirmé français vous avez 20 “ingés” indiens, ce qui pour les comptables semble très intéressant.

        Mais ensuite, ça part très vite en vrille car ils font n’importe quoi et se mettent à bouder si on leur explique que la solution qu’ils ont pondu ne MARCHERA JAMAIS (preuves à l’appui).

        Autre “petit” problème rencontré par TOUS les amis qui ont eu à travailler avec les indiens (même ceux qui étaient sur place et qui souhaitaient au bout de quelques semaines le rétablissement des sévices corporels) : LES DÉLAIS.

        La notion de délai leur échappe TOTALEMENT… C’est un concept qu’ils sont CULTURELLEMENT INCAPABLES d’appréhender.

        Il ne faut pas leur en vouloir, ils ne sont pas “câblés” pour ça.
        N’oublions pas que ce concept de délai et de planification a été introduit en Europe par les romains pendant l’antiquité.
        Les occidentaux sont formatés avec ce concept depuis plus de 2000 ans et il ne faut pas leur en vouloir si leurs cultures sont différentes.

        Pour eux, “c’est faisable”, et si on leur impose un délai ils ne protesteront pas mais ne le tiendront PAS.

        Le problème, c’est que les dirigeants des entreprises occidentales ne veulent pas le reconnaître.
        Ils ont l’habitude que les délais soient respectés par leurs “larbins” et quand ça part en vrille avec les indiens (les chinois et de nombreux autres peuples de part le monde) ce sont leurs collaborateurs occidentaux qui servent de fusibles.

        Je parle par expérience.

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        • Seb // 14.08.2019 à 00h04

          Je l aurais pas mieux dit. Je travaille dans un grand groupe français, et à tous niveaux, techniques, logistiques, informatique process, informatique IT,… Direction Pologne, Roumanie, Inde, Chine. Pas de casse sociale directe, en France, avec la pyramide des âges et des plans de pre-retraites. Avant, ça se limitait à la main d oeuvre, mais les métiers d expertise partent aussi. Ce qui est choquant, c est le manque de transition, et comme vous dites, un contrôleur de gestion se dit 3 ou 4 fois plus de monde au même prix, ça marchera.. Sauf que dans ces pays, au bout de 2 ans, les mecs ont tous changé de cremerie. Dans un monde où l innovation s accélère, je me demande comment on pourra sortir des protos rapidement si les mecs autour découvrent notre business et refont nos erreurs de débutants. Je confirme, la notion d anticipation est assez flou pour les Indiens…

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  • Abdel // 08.08.2019 à 22h21

    La Chine n´est pas seulement de la main d´oeuvre moins cher .Son succés , elle le doit au combo main d´oeuvre + energie.
    Le Charbon , le charbon et encore le charbon qui represente 60% de sa consommation energetique :

    https://en.wikipedia.org/wiki/Coal_in_China

    https://www.huffingtonpost.fr/2013/01/30/chine-charbon-consomme-presque-autant-autres-pays-reunis_n_2581472.html

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  • max // 09.08.2019 à 07h40

    Les meilleurs signes d’améliorations sont en 1er lieu l’accès à l’eau et a l’électricité, ce qui pour la Chine devrait être bouclé en 2020 et il faudra malgré tout être économe, c’est valable pour le reste du monde.
    Et également l’accès à une alimentation équilibré sans hormones et OGM pour tous, ce qui sous entends une agriculture raisonnée et donc une population en équation avec ses trois paramètres.
    Ce que la Chine achète en produits agricoles aux USA et Canada ne corresponds pas à ces normes et sont plus chères que la concurrence notamment la Russie.
    Idem pour l’énergie, dans un pays de la taille de la Chine dans tout les sens du terme, il faut diminuer drastiquement l’utilisation des énergies fossiles (c’est valable aussi pour les USA, l’UE, Japon etc.) et il faut donc contrôler les surconsommations et déperditions énergétiques et ici encore c’est valable pour tous.
    Attendre le point d’équilibre entre la population et ce qui est cité plus haut, la Chine est sur la bonne voie en effet il y a plus de deux millions de salariés âgés quittant le monde du travail que de jeunes quittant le monde scolaire pour celui du travail.
    Il faut donc une adéquation entre les jeunes entrant dans le monde du travail et les emplois disponibles.
    Les pays incapables de maitriser tous ces paramètres auront la guerre interne ou externe et même les deux.

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  • tchoo // 09.08.2019 à 16h13

    “Outre les chaînes d’approvisionnement et les marchés, le coût le plus important pour une entreprise est sa main-d’œuvre”
    et non banane la main d’oeuvre ne coute pas mais rapporte
    le maintien des bas salaires fait l’affaire des entreprises européennes et surtout allemande qui ont ainsi un MO bon marché devant leur porte, qu’ils utilisent pour fabriquer, assemblant le tout chez eux et posant leur Made in Germany
    le tour est joué
    Vive l’europe qui protège

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  • Ju // 14.08.2019 à 16h47

    @Duracuir
    D’accord avec vous sur le caractère trompeur Chine/région de Chine.
    Par contre, j’aimerais pouvoir discuter de cela “C’est comme l’arnaque de dire que les prélèvements obligatoires sont le double en France par rapport aux USA sans préciser qu’ils garantissent, chez nous, la santé gratuite, l’éducation gratuite, une retraite confortable et j’en oublie. ” mais en renvoyant les demandes de sources à des “Directement l’INSEE. Les comptes de la nation sont publics” ou “N’importe où vous trouvez les chiffres puis vous prenez un crayon un papier et une calculette” vous perdez toute crédibilité car en réalité vous assénez votre vue comme une vérité et demandez qu’on vous prouve le contraire. Argumentez votre propos avec ces fameux chiffres pour être convaincant (et merci de ne pas oublier la dette et sa charge d’intérêt dans le calcul).
    L’autre point que soulève le tout par l’Etat est l’absence de liberté. Pourquoi certaines médecines sont subventionnées et pas d’autres? ex: Ostéopathe. Pourquoi l’Etat choisit ce qui doit être enseigné à mes enfants et la façon dont c’est fait?
    Votre vue que c’était mieux avant est probablement tronquée car vous vous référez à un système où on dépensait sans compter grâce à de l’endettement public ce qui donnait en effet l’impression d’un bon rapport coût/service pour le citoyen, ce que vient ratrapper la fiscalité et la baisse de service actuelle.

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