Billet invité

Dans une tribune publiée dans le journal « Le Monde », le constitutionnaliste Alexandre Viala avance que le Président Emmanuel Macron incarne, mais aussi développe, une nouvelle forme de gouvernement, qu’il appelle «épistocratie », usant d’un néologisme très peu usité[1].

Ce terme désigne un mode de gouvernement au sein duquel le pouvoir serait confié aux savants. Cette tribune, au-delà les critiques de forme que l’on peut lui faire aborde un véritable problème. Il n’est cependant pas neuf. Je lui avais consacré un ouvrage dès 2002[2]. En fait, cette dérive peut s’interpréter comme la forme la plus brutale, et la plus avancée, d’une dérive intrinsèque aux démocraties libérales dès qu’elles tentent de se penser sans référence à la légitimité comme fondation de la démocratie : c’est la substitution du technique au politique[3]. C’est ce qui sous-tend l’usage répété par la Président de la République de termes qui ont pu être considérés comme arrogants, méprisants, voire odieux, et parmi lesquels il convient de compter les « gens qui ne sont rien », les « fainéants », le « bordel » et autres joyeusetés. Ces termes ne sont pas de simples dérapages. D’ailleurs, leur répétition et le cadre dans lequel ils ont été proférés montrent bien que l’on est dans une intentionnalité. Ils sont un des symptômes du régime qu’Emmanuel Macron veut établir.

L’épistocratie et l’expertisme

Cette «épistocratie » qui s’installe, pour reprendre donc le terme de Viala, signifie la mort de la démocratie, la fin de la République comprise comme la « chose publique » partagée par tous, et que tous ont un même droit, et un même devoir, à défendre et à faire prospérer. Dans un livre qui sortira le 25 octobre, Natacha Polony écrit : « Or, il n’est pas de projet politique véritable qui ne repose sur l’ambition de ‘changer la vie ‘. Telle est en fait la définition de la politique : l’idée qu’il est possible, par l’action collective des citoyens assemblés, de faire émerger les conditions d’une société qui mette réellement en œuvre les idéaux de liberté, d’égalité et de fraternité. Bref, le contraire absolu et radical de ce dogme selon lequel ‘il n’y a pas d’autre politique possible’ »[4]. Rien de plus juste. Mais, cela implique de faire alors le bilan, avant d’en faire le procès, de cette tendance à la fin de la politique, à son remplacement par la technique, autrement dit par ce triomphe d’un discours dans lequel l’expert se perd et se nie : l’expertisme.

Cette tendance s’est incontestablement accélérée depuis les vingt-cinq dernières années. Elle s’appuie à la fois sur l’évolution des institutions, et de ce point de vue la mise en place de l’Euro lui a donné un coup de pouce ravageur. Elle s’appuie sur les dérives de certains économistes. Car, les économistes jouent un rôle décisif dans ce processus, que ce soit en promouvant des raisonnements qui serviront de caution idéologique à cette dépolitisation du politique, ou en fournissant des solutions « clés en main » qui accélèrent ce processus. Par leurs écrits comme par leurs actions, de nombreux économistes et de nombreux « experts » sont sortis du cadre de la République. C’est ce qui justifie, pour eux, le glissement de la démocratie en une nouvelle tyrannie, mais un tyrannie qu’ils espèrent douce à leurs intérêts…

Être républicain aujourd’hui

Être républicain implique comprendre la démocratie comme un espace collectif par lequel ces libertés individuelles prennent sens dans leur contribution à l’émergence de représentations communes et de décisions légitimes[5]. Ceci renvoie à la question du rapport entre légalité et légitimité telle que l’a posée Carl Schmitt : “…notre époque est fortement dominée par une fiction, celle de la légalité, et cette croyance dans un système de légalité rigoureuse s’oppose manifestement et d’une manière très nette à la légitimité de toute volonté apparente et inspirée par le droit[6].

Un économiste cesse donc d’être républicain, qu’il s’en rende compte et qu’il l’assume alors ou que cela soit au niveau inconscient, quand il cherche à imposer une représentation de l’ordre social non à travers sa participation au débat démocratique mais par sa prétention à détenir des lois naturelles de l’organisation des sociétés humaines. Vouloir substituer l’expertise au choix politique, telle est la dérive que porte une certaine conception de l’économie, une économie qui prétend alors s’affranchir de toute incertitude mais aussi de toute règle politique. Or, l’incertitude est produite par les activités humaines, et c’est ce qui implique justement une décision politique[7]. Ce faisant, cette économie là s’enferme dans une autoréférence et une circularité de son raisonnement qui la condamne irrémédiablement[8].

Dire cela ne signifie pas que l’expertise, qui est distincte de l’expertisme, ne soit en certains points nécessaire et légitime. La république a besoin de savants, même si ce n’est pas au chimiste mais au fermier général que l’on coupa le cou dans le cas de Lavoisier. Ce qui est dangereux et critiquable, c’est la substitution de l’expertise au débat au nom d’une vision totalisante de la science économique; c’est la fraude qui consiste à faire passer pour résultats scientifiques ce qui n’est le plus souvent qu’une reformulation de vieux arguments idéologiques et métaphysiques. Ce qui est implicitement en cause c’est le critère séparant le domaine technique du domaine politique, et la manière dont les économistes du courant dominant en usent à leur profit.

L’idéologie spontanée des experts et des économistes

Le problème des idées politiques spontanées des économistes[9] ne se réduit pas à celui de l’expertise. Il inclut aussi cette vision du monde selon laquelle nos choix seraient irrémédiablement bornés par l’impératif technique d’une part et l’impératif éthique de l’autre. À cette disparition du politique, les hommes politiques ont contribué, en refusant de prendre et d’assumer leurs responsabilités, et en se cachant derrière le discours de l’expertise économique pour justifier ce qui était de l’ordre du choix politique. Ce faisant, ils peuvent déplorer, au nom de la compassion, ce qu’ils contribuent à créer sans prendre de risque ouvert d’incohérence. Ce n’est sans doute pas une coïncidence si se développa en France à la fin des années quatre-vingts, l’idée d’une “génération morale” au moment même où avait été complètement intériorisée la conversion de la gauche française à l’économie libérale.

Relisons alors ce qu’écrivait Weber sur ce point quant à l’action politique: “La politique consiste en un effort tenace et énergique pour tarauder des planches en bois dur. Cet effort exige à la fois de la passion et du coup d’oeil. Il est parfaitement exact de dire, et toute l’expérience historique le confirme, que l’on n’aurait jamais pu atteindre le possible si dans le monde on ne s’était pas toujours et sans cesse attaqué à l’impossible[10]“.

Les politiques n’ont donc pas à se cacher derrière le discours de l’expertise, surtout quand cette dernière est à ce point sujette à caution. Des hommes politiques participent à ce mouvement de substitution de l’expertise au choix démocratique, en ce qu’il peut avoir d’illégitime et d’injustifié. C’est qu’ils ont intériorisé les plus dangereuses et les plus perverses des idées politiques spontanées des économistes. Une certaine compréhension de ce qu’est l’économie porte en elle une justification de la tyrannie.

Le mythe de l’ingénierie sociale et institutionnelle

Pour les partisans de l’expertisme, la conciliation entre des impératifs différents, ceux de l’ordre commercial, de l’ordre social, écologique ou culturel, relèverait de l’ingénierie institutionnelle. Goûtons pleinement ce terme et toute sa saveur technocratique. Ainsi la solution aux conflits d’intérêts relèverait de l’ingénierie, de la technique donc, et non du politique. Depuis Jean Bodin, et après bien d’autres, on pensait humblement que les conflits d’intérêts collectifs relevaient du politique et que la république était justement l’espace de leur résolution. Ce n’est pas ce que pensent certains économistes, qui sont d’autant plus péremptoires qu’ils se révèlent en réalité non scientifiques et de parfaits idéologues[11]. Ce que l’on croyait relever du débat public, de l’action collective change alors de statut et doit donc être résolu par la grâce du grand savoir d’experts en ingénierie institutionnelle. C’est ici la reformulation du vieux fantasme des sociétés guidées immanquablement vers la paix, l’opulence et le bonheur par une élite éclairée, fantasme qui court dans l’histoire du despote éclairé au parti unique des systèmes staliniens. Ce vieux fantasme est aujourd’hui remis au goût du jour sous la forme de l’avant-garde, guidée par la science des sciences, et composée d’ingénieurs sociaux.

Un ordre social, qu’il soit national ou international, pourrait donc être simplement négocié entre experts (comme ce fut le cas pour le TAFTA et le CETA). Qui plus est ces experts prétendent alors que cette négociation ne s’appuie pas sur des rapports de force et n’est pas le résultat de conflits. On voit ici se déployer le mythe du monde apaisé, de l’émergence de solutions sociales en raison de leur simple fonctionnalité. C’est une illusion typique d’une approche spontanéiste de la genèse des institutions. On y reviendra. Cette illusion véhicule l’idée que l’on puisse dépolitiser la question des institutions et la réduire à la simple expertise, seule capable d’en évaluer la fonctionnalité. Derrière cette illusion se profile donc l’imaginaire politique spontané des experts, et la racine profonde de l’expertisme.

Pensée moralisatrice et dépossession du politique

Nous sommes ici confrontés à une dépossession du politique, qui conduit à la dépossession de la souveraineté et de la démocratie. Cette dépossession est justifiée au nom de l’idéologie des « lois naturelles » de l’économie. Elle engendre à son tour un double mouvement idéologique. D’une part on assiste à la combinaison d’une fétichisation des manifestations des dynamiques – positives ou négatives – de l’économie. Cette fétichisation va de concert avec une réification des acteurs, et en particulier des salariés. Est typique de cette évolution le glissement qui transforme le personnel d’une entreprise en “ressources humaines” et le savoir et les connaissances des individus en “capital humain”. D’autre part, on assiste à l’émergence d’un discours moral, prenant des figures allant de la compassion à l’indignation en passant par la charité, en lieu et place du discours politique.

L’espace de la discussion publique ne peut plus, dès lors que s’organiser autour de deux pôles. Le premier est technique, dévolu aux ns; c’est celui de l’interprétation des arrêts rendus par le marché, c’est celui de l’exégèse des lois naturelles de l’économie. Le deuxième est moral; c’est celui de la compassion que l’on éprouve face aux conséquences de ces lois. Cette compassion devient d’autant plus forte, d’autant plus impérative, que nous intériorisons l’idée qu’il serait aussi vain qu’absurde de s’opposer à de telles lois. C’est ce pole vers lequel convergent les politiques, ne pouvant revêtir la figure de l’expertise, et les professionnels médiatiques de la posture moralisatrice.

Cette évolution, si frappante depuis les années quatre-vingt, avait été anticipée par un grand juriste et philosophe du droit aux idées profondément réactionnaires, Carl Schmitt[12]. Ce dernier avait prédit que le libéralisme conduirait à la disparition du politique au profit de l’opposition technique/éthique[13]. Le discours politique implicite tenu par une partie des économistes vient renforcer les phénomènes de dépossession en lui fournissant argumentaire et justifications[14]. Un certain discours de la rationalité économique conduit à des pratiques où l’expert s’émancipe de sa fonction de conseiller et se substitue au souverain démocratique. De la même manière que l’on a pu parler d’une philosophie spontanée des savants, on prétend qu’une certaine pensée économique, dans sa prétention à dépolitiser l’économie porte une conception spontanée du politique. Ainsi, nous ne reprochons pas aux économistes de tenir un discours politique, mais de la faire sans en avoir conscience, et sans en assumer les conséquences.

Les fondements de cette dépolitisation

La démarche visant donc à confier à des collèges d’experts des décisions politiques, ou ayant des impacts politiques majeurs, au détriment de la représentation populaire et démocratique, repose sur un certain nombre de conjectures. Ces dernières peuvent être explicitées en séparant clairement deux problèmes. En premier lieu, il faut supposer que les règles sont nécessaires à la décision des agents. Il faut ensuite supposer que l’extériorité de ces règles vis-à-vis du groupe ou de la communauté des acteurs, que cette extériorité soit totale ou relative, est une condition de l’efficacité du système de règles. On a déjà ici deux conjectures, appartenant à une même logique. On nommera A1 la conjecture portant sur la nécessité des règles, et respectivement A2 et A2′ les conjectures portant sur l’extériorité de ces règles par rapport au groupe, suivant qu’elle est totale (A2 : les membres du groupe régi par ces règles ne peuvent les modifier) ou relative (A2′ : une modification est possible, mais difficile). Par ailleurs, il faut supposer que la fonctionnalité, ou l’efficacité, d’une règle est suffisante en elle-même pour asseoir son autorité sur l’ensemble, ou du moins la majorité des acteurs du groupe concerné. Le respect de la règle l’emporte sur la question de son origine, et la question des formes à respecter devient dès lors principale par rapport à la procédure qui a donné naissance à cette règle. On nommera cette conjecture B.

Il est facile de montrer que si les conjectures A2 et A2′ impliquent A1 le contraire n’est pas nécessairement vrai. La conjecture A1 n’implique nullement les deux suivantes. La question de la nécessité des règles (conjecture A1) découle des limitations de l’esprit humain dans le traitement de l’information[15]. De nombreux économistes, tels John Commons[16], J.M. Keynes[17] ou Gunnar Myrdal, ont considéré que l’existence de règles était nécessaire, s’accordant sur ce point avec Hayek[18]. C’est ce qui fonde l’approche subjectiviste en économie[19]. Pour autant ils n’ont pas défendu des positions aboutissant à l’expertisme. La capacité des participants à modifier les règles, à les transformer, était, pour ces économistes, une condition importante de l’efficacité du système. Cette capacité impliquait alors le débat public et l’action gouvernementale. Si l’affirmation de la nécessaire extériorité des règles passe par l’affirmation de leur nécessité, cette dernière n’implique pas forcément l’affirmation de l’extériorité. Pour passer de A1 à A2 il faut en réalité mobiliser d’autres hypothèses, en particulier sur le comportement des agents. Par contre, il est clair que la conjecture A1 est, elle, directement liée à une analyse des capacités cognitives des agents. Cette conjecture A1 est celle qui oppose les hétérodoxes aux néoclassiques. Affirmer que nous ne pouvons décider sans règles revient en effet à rejeter les hypothèses d’information parfaite de la théorie néoclassique. Cette conjecture fonde le paradigme institutionnaliste.

Par ailleurs, la conjecture A2 , celle qui suppose qu’une extériorité totale des règles est nécessaire, implique nécessairement la conjecture B. Pour pouvoir fonder une extériorité totale de la règle par rapport au groupe qu’elle régit, il faut pouvoir démontrer que la fonctionnalité d’une règle est totalement suffisante pour fonder sa légitimité. Par contre, A2′ qui implique que les règles peuvent être modifiées dans certaines conditions et sous certaines contraintes peut survivre à une réfutation de B.

La conjecture A2 forme la base du constitutionnalisme économique au sens strict du terme, quand le pouvoir politique ne peut plus intervenir sur les règles économiques par la loi ou le règlement. Dans ce cas, il n’y a plus de place pour la politique. L’espace de discussion est entièrement absorbé soit par la logique technique ce qui justifie le concept d’ingénierie sociale tout comme la compassion morale devant les effets des mesures. La conjecture B, quant à elle, est nécessaire à toute démarche visant à extérioriser certaines décisions économiques de la sphère du politique. Si, à l’évidence, ces deux problèmes sont liés, ils justifient cependant des discussions clairement séparées dans la mesure où la totalité des conjectures A n’est pas dépendante de B. La conjecture B, signifie en réalité la naturalisation, c’est à dire la dépolitisation, de l’économie.

L’importance des institutions

Parmi ces différentes conjectures deux émergent donc comme centrales. Ce que l’on a appelé la conjecture A1, soit l’importance des règles et des normes et donc des institutions pour la décision, apparaît comme une hypothèse à la fois valide et robuste. Elle doit être retenue.

Elle est indiscutablement réaliste, cohérente par rapport à une argumentation sur les capacités cognitives des individus, et partiellement testable comme le montrent les travaux réalisés en psychologie expérimentale[20]. La cohérence de cette conjecture est d’ailleurs d’autant plus forte que l’on y intègre les résultats de ces travaux[21]. On peut donc en un sens affirmer que, au sein de la conjecture générale A1, on se rallie à un sous-ensemble A1a qui est caractérisé par la théorie des préférences individuelles validée par la psychologie expérimentale. Au sein des courants qui acceptent A1, cette théorie des préférences va déterminer ceux qui supposent la possibilité d’un apprentissage à la fois individuel et spontané et donc la possibilité d’une genèse des institutions des racines vers le sommet, à ceux qui considèrent que les apprentissages ne peuvent être que collectifs et que les institutions sont toujours issues de conflits et de rapports de force conduisant à des compromis au sommet diffusant vers les racines. Le sous-ensemble A1a est incompatible avec toute théorie spontanéiste.

L’endogénéisation, consciente ou inconsciente, des règles dans les structures de comportement et dans les systèmes de représentation est tout aussi indubitable. Cette conjecture constitue donc une base de départ qui peut être considérée comme commune à de nombreux courants qui sont à la fois institutionnalistes et subjectivistes

Emmanuel Macron n’est pas républicain

On mesure, alors, d’ou provient et quelles sont les sources réelles de ce que les commentateurs affectent de prendre pour des « dérapages » de la part d’Emmanuel Macron. C’est bien une pensée a-politique, une pensée qui elle-même dérive de la conversion à l’expertisme, qui nourrit ce que l’on a pris pour de l’arrogance mais qui s’avère en réalité bien plus profond et bien plus grave qu’un simple comportement. Le Président de la République n’est touts simplement pas républicain.

Jacques Sapir

NOTES

[1] http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/10/18/le-macronisme-ou-le-spectre-de-l-epistocratie_5202341_3232.html

[2] Sapir J., Les économistes contre la démocratie, Paris, Albin Michel, 2002.

[3] Voir Sapir J., Souveraineté, Démocratie, Laïcité, Paris, Editions Michalon, 2016

[4] Polony N., Changer la vie, Paris, Editions de l’Observatoire, octobre 2017.

[5] Sapir J., Souveraineté, Démocratie, Laïcité, op.cit., p. 42.

[6] Schmitt C., Légalité, Légitimité, traduit de l’allemand par W. Gueydan de Roussel, Librairie générale de Droit et Jurisprudence, Paris, 1936; édition allemande, 1932p. 46

[7] Shackle G.L.S., Decision, Order and Time in Human Affairs, Cambridge University Press, Cambridge, 2ème edition, 1969

[8] Morgenstern O., “Perfect foresight and economic equilibrium”, in A. Schotter, Selected Economic Writings of Oskar Morgenstern, New York University Press, New York, 1976, pp. 169-183. Publié originellement en allemand in Zeitschrift für Nationalökonomie, vol. 6, 1935

[9] Myrdal G, The Political element in the Development of Economic Theory, publié initialement en suédois en 1930, Harvard University Press, Cambridge, Mass., 1954 pour la traduction en langue anglaise.

[10] M. Weber, Le Savant et le Politique, UGE,coll. 10/18, Paris, 1963, p. 185.

[11] Un excellent exemple en est donné dans Hausman D.M., The inexact and separate science of economics, Cambridge University Press, Cambridge, 1994, voir le chapitre 13, “On dogmatism in economics: the case of preference reversals”.

[12] Voir, C. Schmitt, Légalité, Légitimité, op.cit..

[13] Voire la discussion sur la pertinence actuelle de la pensée de Schmitt in C. Mouffe, “Schmitt’s Challenge”, in C. Mouffe, (ed.), The Challenge of Carl Schmitt, Verso, Londres, 1999, pp. 1-6.

[14] Sapir J., “L’ordre démocratique et les apories du libéralisme”, in Les Temps Modernes, n°610, septembre-novembre 2000, pp. 309-331

[15] Simon H.A., “Theories of Bounded Rationality.”, in C.B. Radner et R. Radner, Decision and Organization, North Holland, Amsterdam, 1972, pp. 161-176 ; Idem, “From Substantive to Procedural Rationality” in S.J. Latsis, (ed), Method ans Appraisal in Economics, Cambridge University Press, Cambridge, 1976, pp. 129-148.

[16] Commons J.R., The Economics of Collective Action, Londres-New York, Macmillan, 1959.

[17] Voir Whalen C., « John R. Commons and John Maynard Keynes on Economic History and Policy: The 1920s and Today », Journal of Economic Issues, no 42(1),‎ mars 2008, p. 225-242 ; Thabet S., « Keynes et Commons : histoires parallèles, destins croisés », L’Économie politique, no 38,‎ 2008, p. 77-100

[18] Ceci a été magistralement démontré par M. Bensaïd, Connaissance et coordination dans les systèmes économiques complexes: une relecture critique de Hayek , thèse pour le doctorat es Sciences Économiques, Paris-X, paris décembre 2000

[19] O’Driscoll G.P. Jr. et M.J. Rizzo, The Economics of Time and Ignorance, Basil Blackwell, Oxford, 1985.

[20] Tversky A., “Rational Theory and Constructive Choice”, in K.J. Arrow, E. Colombatto, M. Perlman et C. Schmidt (edits), The Rational Foundations of Economic Behaviour, Macmillan et St. Martin’s Press, Basingstoke – New York, 1996, pp. 185-197. Pour une discussion plus générale des conséquences de ce résultat, J. Sapir, “Théorie de la régulation, conventions, institutions et approches hétérodoxes de l’interdépendance des niveaux de décision”, in FORUM A. Vinokur (ed.), Décisions économiques , Économica, Paris, 1998, pp. 169-215

[21] Voir Sapir J., Quelle économie pour le XXIème siècle, Paris, Odile Jacob, 2005.

107 réponses à [Russeurope en exil] Le Président Macron est-il Républicain?

Commentaires recommandés

jonn Le 19 octobre 2017 à 07h07

Sachant… comment préserver et augmenter leur privilèges.
Ce savoir là n’en est pas un d’un point de vue politique qui est l’art de gouverner la cité pour le bien de tous les citoyens et non de quelques uns.
C’est encore de la novlangue de parler d’épistocratie, il vaudrait mieux parler de ploutocratie sinon d’idiocratie, ces gens-là sont de dangereux imbéciles.

  1. DUGUESCLIN Le 19 octobre 2017 à 06h23
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    Bien vu Monsieur SAPIR.
    Les technocrates, les “savants” dans le sens de “les sachants”, soucieux de leurs privilèges et de l’image narcissique qu’ils ont d’eux-mêmes, ignorent totalement les aspirations naturelles des peuples.
    Pour ma part, j’ai en horreur que quelqu’un décide à ma place, sans même me consulter, ce qui est bon ou mauvais pour moi.


    • jonn Le 19 octobre 2017 à 07h07
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      Sachant… comment préserver et augmenter leur privilèges.
      Ce savoir là n’en est pas un d’un point de vue politique qui est l’art de gouverner la cité pour le bien de tous les citoyens et non de quelques uns.
      C’est encore de la novlangue de parler d’épistocratie, il vaudrait mieux parler de ploutocratie sinon d’idiocratie, ces gens-là sont de dangereux imbéciles.


      • Rosa Le 19 octobre 2017 à 09h37
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        … de dangereux imbéciles enlisés dans des conflits d’intérêts bien réels. Comme quoi, la bonne vielle notion de “lutte des classes” garde toute sa pertinence. Il s’agit bien ici de défendre et de préserver ses privilèges aux dépens de l’intérêt général, quel que soit l’habit idéologique que l’on revêt ou le vernis scientiste dont on se pare. Nul besoin d’ailleurs de formation scientifique poussée pour en démasquer toute la supercherie.


        • fanfan Le 19 octobre 2017 à 10h39
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          La classe de l’expertise, de l’efficacité et de la rationalité maximales, concentre à la fois le savoir, l’avoir et le pouvoir, au service de la puissance maximale.


      • Chris Le 19 octobre 2017 à 15h18
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        Les Allemands ont une expression très spécifique pour qualifier les “experts”, surtout ceux qu’on nous ressort quotidiennement dans les médias et cercles politiques.
        Fachidiot ! Fach signifiant “spécialisation” et idiot, dont chacun connait le sens, mot français repris dans la langue allemande.
        D’aucuns traduisent poliment par “ceux qui connaissent tout… de rien”. Des comptables de l’improbable.


      • Crapaud Rouge Le 19 octobre 2017 à 15h43
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        @jonn : “C’est encore de la novlangue de parler d’épistocratie” : pour moi, c’est plutôt une autre manière de dire que nous sommes gouvernés par la techno-science qui s’exerce dans tous les domaines. Quelqu’un n’a-t-il pas récemment vanté une loi en disant qu’elle était… “efficace” ?


      • Subotai Le 19 octobre 2017 à 20h39
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        Non, non, non… Ce sont les 30% de Todd, dont nous faisons partie…
        Sauf que peut être une minuscule minorité consciente participe aux commentaires de ce Blog.. 🙂
        Il n’y a jamais Eux et Nous, il y a toujours Nous, dont font parti aussi les opprimés.
        Je me suis toujours demandé comment les plus nombreux pouvaient accepter l’oppression d’une minorité. Et j’ai trouvé… Mais ça vous ferait peur. 🙂
        Pensez à la vision sociale et religieuse des Romains…


        • Alfred Le 20 octobre 2017 à 00h40
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          Il paraît que deux haruspices ne pouvaient se croiser sans sourire. C’est à cela que vous faites allusion ?


  2. Jean Molliné Le 19 octobre 2017 à 07h18
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    Je m’interroge :
    « Être républicain implique comprendre la démocratie »

    Est-ce que ce n’est pas là une affirmation un peu hâtive ? Ce qui définit une démocratie, c’est essentiellement la façon dont sont décidées les lois. La République, il me semble que c’est autre chose, c’est la façon dont sont structurées les institutions publiques. Mais est-ce que la République est obligatoirement démocratique, je ne m’avancerai certainement pas dans ce sens. Et Macron n’est certainement pas un démocrate, ce qui ne l’empêche nullement d’exercer son autorité dans un régime républicain complètement détourné de sa forme originelle.

    Mais je ne suis pas politicien et encore moins politologue, alors cette vision n’engage que moi.


    • Pascalcs Le 19 octobre 2017 à 08h15
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      “Et Macron n’est certainement pas un démocrate”…
      Ni son entourage proche ou moins proche. Et les français ne semblent pas être dupes à la vue de leur réponse à ce sondage:

      https://www.statista.com/chart/11508/the-countries-most-least-satisfied-with-democracy/

      Toute la question réside dans ce que nous faisons ou pas pour contrer cette dérive évidente.


      • Alfred Le 19 octobre 2017 à 09h58
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        Ne vous réjouissez pas trop vite de ce sondage (ma première réaction fut la même que vous: chouette les Français ne sont pas dupes du fait que la démocratie ne fonctionne pas bien en France). Hélas les ignobles qui ont commandé ce sondage obtenu autre chose : une “preuve” que.les français en ont assez de la démocratie… Cela leur servira à jeter le bébé avec.l’eau du bain. Vous allez bientôt voir fleurir les discours sur les limites de la démocratie. Ne soyons pas naïfs.


        • Kilsan Aïtous Le 19 octobre 2017 à 13h18
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          C’est parce que le mot “démocratie” est dévoyé. Il aurait mieux fallu dire “l’oligarchie à laquelle on donne le nom de démocratie représentative”.


          • Alfred Le 19 octobre 2017 à 15h50
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            Bien entendu. mais ce n’est pas innocent. D’ailleurs vous pouvez assez facilement avec l’habitude deviner la finalité de certains sondages rien qu’à leur formulation: certains sont dans leur formulation précis et univoques et d’autres très volontairement vagues et équivoques. C’est grossier mais ça marche. Certains sondages puent véritablement la manip est celui-ci en fait partie..; “Les gens” ne croient plus en la démocratie; voila ce que vont nous seriner les pu–es (pardon experts) dans les médias dorénavant. “ça tombe bien” parcequ'”en même temps” est ce qu’on en a bien besoin?


      • JBB Le 19 octobre 2017 à 23h49
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        Dans ce dondage on constate que plusieurs pays “ultra-néo-libéraux” apprécient bien plus leur democratie que nous.


      • Jean Molliné Le 20 octobre 2017 à 10h08
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        Si les français n’étaient pas dupes, auraient-ils seulement amené Macron au second tour de la présidentielle ?? J’en doute fort.


    • LBSSO Le 19 octobre 2017 à 08h31
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      Pour alimenter votre réflexion:
      “La république, c’est la liberté, plus la raison. L’État de droit, plus la justice. La tolérance, plus la volonté. La démocratie, dirons-nous, c’est ce qui reste d’une république quand on éteint les Lumières”.
      R Debray

      https://www.les-crises.fr/etes-vous-democrate-ou-republicain-regis-debray/


    • LS Le 19 octobre 2017 à 12h21
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      A mon sens, ce qui diffère entre un régime idéal démocratique, républicain ou libéral, c’est qu’ils ne se donnent pas la même finalité première.
      Régime démocratique : veut garantir sans restriction que chaque mesure/décision publique recueille l’assentiment de la majorité (pas de pouvoir minoritaire : culturel, social ou individuel).
      Régime républicain : veut garantir sans restriction que chaque mesure/décision publique recueille un consensus (mou) par la population dans son entier et dans sa diversité.
      Régime libérale : veut garantir sans restriction que chaque mesure/décision publique respecte la liberté individuelle dans ses dimensions d’expressions/actions , d’émancipation de toute communauté, d’adhésion communautaire.

      En pratique, le résultat est très différent et une synthèse est à construire suivant le barycentre que l’on souhaite. D’où la polysémie du mot démocratie car on l’utilise généralement pour nommer le régime ainsi défini.


      • LBSSO Le 19 octobre 2017 à 13h42
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        @LS ,l’approche que vous proposez passe à côté de fondamentaux.Comment est-il possible de définir “démocratie”,”libéralisme” et “république” sans évoquer “le peuple” (et non population) , “la nation” ou “la monarchie”?

        Un exemple: comparons “votre” définition de démocratie avec celle-ci :
        “La démocratie est un régime politique où le pouvoir est détenu par le peuple”
        Ou encore “la république s’est construite contre la monarchie”
        Comparaisons éclairantes…

        Le “libéralisme” (néo) est difficilement compatible avec les notions de peuple et/ou de nation.Car il privilégie le “je” au “nous” (comme le peuple ou la nation).La démocratie est susceptible ,à de nombreuses conditions,aujourd’hui menacées, de tenir cette tension.

        Si peuple , nation et monarchie sont absents de vos propositions ,ce n’est pas par hasard.

        (je ne vous fais aucun procès d’intention, et je trouve courageux de votre part d’avoir apporté ces éléments auprès de @Jean Molliné)


        • Sandrine Le 19 octobre 2017 à 17h07
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          Une république est un système de gouvernement qui suppose que l’Etat est contrôlé par des citoyens. Ces citoyens peuvent être les membres d’une oligarchie basée sur l’argent (comme à Rome) ou sur la naissance (comme à Athènes puisque les métèques étaient exclus de la citoyenneté) ; de nos jours on considère que la république doit faire participer à son fonctionnement le plus grand nombre des personnes relevant de la juridiction de l’Etat concerné (suffrage universel).
          Dans tous les cas de figure, l’idée de république suppose la participation active de citoyens. Et elle suppose donc l’idée de souveraineté populaire ( souveraineté nationale serait à vrai dire plus juste).
          En aucun cas, elle ne peut tolérer qu’une loi extérieure, de type « loi divine » ou « loi naturelle » prétende se placer au-dessus de la souveraineté nationale. Or, la « loi des experts » ou les prétendues « lois de l’économie » relèvent précisément de ce type de lois


          • LBSSO Le 19 octobre 2017 à 22h20
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            Votre distinction très classique entre souveraineté populaire et nationale est la bienvenue dans un échange sur la république, j’espère qu’elle est comprise…

            Pour compléter , je n’ai rien contre “les lois des experts” ou “les lois de l’économie”.
            Là où je les combats c’est quand elles se montrent exclusives et occupent tous les espaces politiques ou médiatiques. L’expertise et l’économie se transforment alors respectivement en “expertisme” et “économisme” . Je pense que c’était également le sens de votre expression.
            Je me permets d’insister : j’espère que tous les citoyens qui contestent “l’économisme” et “l’expertisme” le feraient aussi vaillamment si ils soutenaient leurs idées…et non un libéralisme généralisé à tendance totalitaire (=néolibéralisme)


        • LS Le 19 octobre 2017 à 21h09
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          LE peuple un et indivisible ou homogène est une vue de l’esprit, à moins d’épuration.
          Les 3 définitions de régimes que j’ai donnés (en restant dans ce qui est habituellement nommé “démocratie”) diffèrent par la façon de traiter la pluralité politique de ce peuple/communauté/nation dans le cadre d’une souveraineté affirmée.
          Il est clair que ces 3 régimes “idéaux” ne sont pas compatibles. Je suis donc d’accord avec votre commentaire sur le (néo)libéralisme sauf pour dire que la liberté individuelle est GARANTIE dans une démocratie telle que défini par E. Chouard (pris en référence par J/Mollinié par ailleurs).

          Je retiens généralement cette définition (sans y adhérer totalement) de la démocratie “idéale”, simplement elle est minoritaire voire parfois niée avec virulence dans le monde médiatique et finalement quand on y entend le mot “démocratie”, on ne sait malheureusement plus de quoi chacun parle.

          Effectivement, la république s’est construite historiquement et politiquement contre la monarchie. Mais j’ai la faiblesse de croire qu’on peut construire une définition autoporteuse sans avoir besoin de s’y référer.


          • Sandrine Le 20 octobre 2017 à 09h28
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            « LE peuple un et indivisible ou homogène est une vue de l’esprit » ; c’est ce qu’on appelle une fiction juridique – mais fiction ne veut pas dire que cela n’existe pas. La démocratie aussi est une vue de l’esprit, vous en conviendrez certainement. Ces fictions juridiques permettent d’organiser et de légitimer les institutions (assemblées, gouvernement, elections, etc.)
            Je ne vois pas bien pourquoi vous distinguez en les mettant sur le même plan « régime démocratique », « régime libéral » et « régime républicain ». Beaucoup de pays se définissent dans leurs constitution comme des républiques démocratiques et libérales. La Chine par exemple, au contraire, se définit dans sa constitution comme une « dictature démocratique ». Les anciens pays de l’est se définissaient comme des « républiques populaires » ; donc sans aucune référence à l’idée de nation, qui est l’idée que le « tout » (la nation) n’est pas la meme chose que la somme arithmétique de ses parties (le peuple). L’idée de nation, en soi n’est pas très démocratique. Sous l’ancien régime, le roi était censé incarner la nation. En France la république est « nationale » (avant d’etre « populaire »).


            • LBSSO Le 20 octobre 2017 à 11h04
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              Je vais tenter de reformuler en espérant respecter vos propos ainsi que ceux @LS.
              -Limitons la réflexion à la France.
              -Nous sommes d’accord ,il me semble, pour définir la république comme se situant au-dessus de la démocratie et d’autres lois.La république est ,dans la même logique, plus nationale que populaire.Elle dépasse le peuple.
              -Vous vous interrogez :”pourquoi vous (@LS)distinguez en les mettant sur le même plan « régime démocratique », « régime libéral » et « régime républicain ».
              -C’est bien ce que je reproche à cette présentation de @LS.Elle ne fait pas appel aux notions de peuple et nation,donc permet de mettre sur un même plan république,démocratie, libéral (régimes) ,donc permet d’enjamber ,en l’ignorant, une hiérarchie qui est une des spécificités de la France,de son histoire.Vous me voyez venir…
              ps: quant à la rhétorique “LE peuple n’existe pas, le peuple idéal n’existe pas donc n’en parlons pas”, elle me fatigue ce qui explique que j’ai “liké” le commentaire de @LS pour sa qualité mais ne lui ai pas répondu sur le fond.


            • LS Le 20 octobre 2017 à 12h08
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              Qu’on en fasse une convention (je préfère ce terme) juridique pour un besoin opératoire, oui. Qu’on en fasse une convention (principe) politique, et il s’agit souvent de ça, là cela devient dangereux.
              D’où, à mon sens, les dérives des régimes que vous mentionnez.

              Mes 3 définitions ne sont pas exclusives, elles sont plutôt à manipuler comme les thèses d’une dialectique. Par contre quand les synthèses (en nombre infini) ont le même nom qu’une des thèses, on atteint le niveau gloubiboulga en terme de polysémie et on peut effectivement mélanger république, démocratie et libéralisme. Je vous assure, cependant, que l’interprétation de E. Chouard de la démocratie n’est pas compatible du libéralisme ou du régime soviétique.

              La nation, au sens français, est une communauté politique, formant peuple, ne disant rien du rôle social ou ethnoculturel des individus qui la constitue et qui (im)pose son mode de souveraineté. La démocratie y est tout à fait possible. Nous divergeons sur ce point.


    • Crapaud Rouge Le 19 octobre 2017 à 16h01
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      “Ce qui définit une démocratie, c’est essentiellement la façon dont sont décidées les lois.” : autrement dit, vous réduisez (grosso modo) la démocratie à une procédure, celle du vote. Quand J. Sapir écrit que « Être républicain implique comprendre la démocratie », il fait référence à la souveraineté, un sujet dont il parle beaucoup par ailleurs. Rien de “hâtif” là-dedans.


      • Jean Molliné Le 20 octobre 2017 à 09h39
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        Pourquoi parler de « réduction » ? Je ne réduis rien du tout, je tâche de redonner leurs sens aux mots employés.

        La République est une structure des affaires publiques, mais rien dans la définition du terme n’implique que ce soit démocratique, ni que ça ne le soit pas du reste.

        Quant à la démocratie, ce n’est pas une structure, c’est une règle de fonctionnement impliquant chaque citoyen dans le processus législatif.

        Or la République peut découler d’un processus démocratique … ou pas.


        • Sandrine Le 20 octobre 2017 à 11h05
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          Oui, il y a beaucoup de cas dans l’histoire de “républiques aristocratiques “(Pologne par ex.) ou oligarchiques. L’idée de république implique seulement que le pouvoir n’est pas privatisé, personnalisé (contrairement à se qui se passe, par exemple dans le cas d’un Etat féodal).
          Un “roi” ou assimilé peut même se retrouver à la tete d’une république (cas du doge de la république de Venise, par exemple). Un roi peut très bien etre élu par ce qu’on désigne comme le “peuple” ( qui peut correspondre dans les fait à un groupe aristocratique.
          La république, c’est la “chose publique”.
          Avec le néo-liberalisme, il n’y a plus de place pour la république, car privé et public se confondent; l’état lui-meme se retrouve ravalé au niveau d’un acteur économique comme un autre.


          • Jean Molliné Le 20 octobre 2017 à 11h35
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            On est tout à fait d’accord là-dessus. Et ça confirme ce que je disais par ailleurs, la démocratie est ici complètement usurpée dans le but de profiter du sens que ce mot a dans l’esprit des gens qui croient, le plus souvent de bonne foi, qu’ils ont leur mot à dire, même si c’est limité à mettre un bout de papier dans les urnes tous les cinq ans pour choisir quel tyran on va mettre en place.


    • Patte blanche Le 20 octobre 2017 à 04h41
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      Bonne remarque.
      Non effectivement, une République n’est pas obligatoirement démocratique, par exemple de nombreux empereurs romains ont été républicains et dictateurs à la fois.
      Une République est un système étatique fait pour défendre les intérêts des citoyens alors qu’une Démocratie est un système donnant le pouvoir au peuple et pour le peuple. La différence réside en fait essentiellement sur la question si un peuple qui décide a mieux raison que les dirigeants pour décider sur la défense de leur intérêts, ou non.

      C’est comme un enseignant devant une classe, le fonctionnement est républicain (car dans l’intérêt des élèves) et non nécessairement démocratique (il y a des systèmes où les élèves peuvent influer sur les règlements par leurs délégués, et d’autres non).

      Comme un bon enseignant est celui qui comprend au mieux ses élèves, je rectifierais bien cette phrase par « Être un bon républicain implique comprendre la démocratie »


      • Jean Molliné Le 20 octobre 2017 à 10h03
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        Le sens des mots est important si on veut être clair. Il y a là quelque chose de vicieux dans l’emploi des mots, un détournement qui, petit à petit, introduit le doute dans l’esprit du plus grand nombre qui se demande finalement quel est le sens de tel ou tel mot, exemple : « La Démocratie, c’est ce qui se pratique actuellement ou bien c’est le gouvernement par le peuple pour le peuple ? » Parce que si on s’en tient au constat, alors soit la définition originale est fausse, soit le système actuel usurpe le nom de Démocratie.

        Quelque chose dans notre République passe complètement inaperçu alors que ça devrait scandaliser tout le monde : observez l’assemblée nationale, comment sont répartis les députés dans l’hémicycle. D’un coté vous avez les députés de gauche, puis les centristes, puis ceux de droite, etc.. et ça ne choque personne. Pourtant ça devrait : le député n’est pas censé représenter un parti ou une couleur politique, mais TOUS les citoyens. Il serait donc tout à fait cohérent que les députés soient répartis sans égard à la famille politique dont ils sont issus. Les choix de ces députés se font actuellement dans les bureaux nationaux de leurs partis respectifs, non auprès des citoyens. On repeint pourtant ce système du mot Démocratie.
        Que ce soit là un système républicain, il n’y a pas de contestation là dessus, mais que ce soit démocratique, c’est une toute autre paire de manches.


        • Patte blanche Le 20 octobre 2017 à 17h37
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          Il n’y a pas de contestation là dessus : hmm, à voir. En effet, si le système se détourne en défendant davantage les intérêts de groupes privés et moins celle des citoyens (ou au plus une relative défense pour que le tout puisse fonctionner), je doute qu’il reste républicain.


          • Jean Molliné Le 20 octobre 2017 à 17h57
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            Le politicaillon moyen utilise une méthode fort simple : employer des termes non pour ce qu’ils signifient mais pour l’interprétation qu’en font les citoyens. Si le citoyen est favorable à la République et à la Démocratie, alors ces deux termes émailleront les discours politiques. C’est de la pure manipulation et on peut constater par la suite qu’on s’est fait berner en voyant les actions effectives des élus, actions plus ou moins bien déguisées avec les attributs de la démocratie : c’est le geai se parant des plumes du paon. Plus grave peut-être, on les accuse de renier leurs promesses, mais en réalité, ils ont carrément menti pour se faire élire et n’ont jamais eu l’intention de tenir quelque promesse que ce soit.


      • Sandrine Le 20 octobre 2017 à 11h11
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        « Être un bon républicain implique comprendre la démocratie”. Pas forcément non plus.
        Cela dépend de l’opinion que vous avez de la démocratie. Pour Sieyes, par exemple, démocratie était un gros mot -cela avait à voir pour lui avec l’anarchie et la tyrannie de la populace. Tocqueville, plus tard, a également dénoncé dans la démocratie l’effet pervers du “nivellement par le bas” et de la “tyrannie de la majorité”.


        • Patte blanche Le 20 octobre 2017 à 17h24
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          Oui, et justement cela a pour conséquence d’appuyer ma rectification (sans vouloir non plus prétendre que j’ai raison à tout prix, je m’interroge également), car une République qui a une meilleure connaissance de ce que vous venez de décrire ne peut que devenir plus solide pour garantir la sécurité des intérêts des citoyens.
          Comme un enseignant face à un groupe d’élèves rebelles dont il doit comprendre les dessous de la situation pour la gérer, par exemple.


  3. isidor ducasse Le 19 octobre 2017 à 07h33
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    Bonjour,

    Se sont des chefs d’entreprises qui gèrent l’argent.
    Ils se soucient peu du bien être des gens, c’est là le changement fondamentale de nos élus, à l’allure de jeunes cadres dynamiques aux dents longues, ils traitent les citoyens comme des employés, comme une ressource humaine, dont le but est la productivité: que le meilleure gagne.
    La France est devenue une entreprise sans projet politique, mais avec des buts financiers, que le plus faible, celui qui n’est rien, qui n’est pas rentable, crève !


  4. Georges Clounaud Le 19 octobre 2017 à 07h34
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    Vous l’avez très bien démontré Monsieur Sapir.
    Le Président macron n’est pas Républicain, il est €uropéiste.
    Ces deux conceptions étant définitivement incompatibles, l’une des deux devra disparaître…


    • Bellettre Maryse Le 19 octobre 2017 à 11h19
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      Effectivement, Jacques Sapir le démontre bien. En attendant, les députés européens continuent à se regrouper dans des formations politiques supranationales représentatives d’intérêts communs au sens très large. Ils détiennent, TOUS les postes importants. Quelle est la marge de manoeuvre pour préserver nos intérêts nationaux? Je constate que notre gouvernance est de plus en plus frileuse, qu’elle manque d’audace depuis des décennies. Le NON sortie du vocabulaire. La tendance politique de UE peut-elle s’inverser? Dans l’affirmative quel serait les outils dont nous disposons. Une Française de l’Union européenne. €uropéiste, clin d’oeil amusant!


    • Crapaud Rouge Le 19 octobre 2017 à 15h50
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      “bien démontré” ? Oui, pour qui fait confiance à l’auteur. Mais il faut bien reconnaître que la longue démonstration portant sur les conjectures est difficile à suivre : quand arrive sa conclusion, on a quand même du mal à faire un lien précis avec le raisonnement qui précède. Cela dit, Macron étant un surdoué, il va bien comprendre que c’est pour lui un nouveau coup de poing dans les gencives. 🙂


  5. Alfred Le 19 octobre 2017 à 07h43
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    Tout ce blabla oublie l’essentiel. Epistocratie c’est une escroquerie encore plus importante que démocratie : ces gens ne sont en RIEN des savants ou des sachants. Tout leurs discours sont faux et sont destinés à masquer ou reporter les rapports de force.


  6. Gordion Le 19 octobre 2017 à 08h04
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    Je pense que J. Sapir n’insiste pas assez sur la confiscation du pouvoir politique, donc de la démocratie, par des institutions technocratiques nationales, Conseil d’Etat, Hautes Autorités diverses dont les membres sont désignés par le pouvoir exécutif. Le corollaire étant que des décisions “politiques” sont rendues sans que les citoyens électeurs n’aient eu voix au chapitre. C’est un déni de démocratie, et de légitimité.
    Et par des institutions européennes, CEDH et CJUE, dont les membres ne sont pas élus. Cette CEDH légifère selon des critères supranationaux et n’a de compte à rendre à personne. L’exemple typique est l’arrêt Hirsi rendu par la CEDH en 2012, condamnant l’Italie à verser réparation à des ressortissants somaliens et afghans lesquels avaient été rapatriés en Libye après avoir été secourus par la marine italienne dans les eaux internationales. La CEDH a retoqué la convention italo-libyenne sur le retour des “réfugiés”, arguant du devoir de l’UE de les secourir, accueillir et héberger jusqu’à ce que leur statut ait été prononcé (demande d’asile, menace à leur encontre dans leur pays d’origine).

    A la différence des États-Unis et de la Cour Suprême, les citoyens européens n’ont pas leurs droits constitutionnels garantis.

    Ce qui n’etonnera nullement les électeurs qui ont voté non au référendum constitutionnel européen en 2005, les Français en particulier.


    • Guillaume Foutrier Le 19 octobre 2017 à 10h08
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      Vous avez entièrement raison et c’est bien tout le problème. Jacques Sapir refuse de voir que la construction européenne a certes sa part “ordo-libérale”, mais qu’elle est aussi le prolongement de la confiscation technocratique de la démocratie dans les Etats européens du XXe siècle et dont la Ve République est la version achevée et typiquement française. Il faut lire de ce point de vue le livre de Nicolas Roussellier, La force de gouverner. le pouvoir exécutif en France, XIXe-XXe siècles.


      • Gordion Le 19 octobre 2017 à 11h56
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        C’est la fameuse technostructure, bien identifiée par Galbraith. Je n’ai pas pu en parler plus haut, faute de place.

        Ce que Galbraith n’avait pas entièrement prévu est la normalisation excessive, et – étant américain…on ne va pas se tirer une balle dans le pied – la judiciarisation des actes privés, publics, et leur extra-territorialité concernant le droit américain. Normes, monnaie, judiciarisation, éthique des affaires, information, instruments financiers sont autant d’armes de domination que les puissances militaire, économique, culturelle.


    • calal Le 19 octobre 2017 à 12h34
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      merci de me rememorer cette “constitution europeenne” qui prime sur notre constitution nationale.d’apres ce que je comprends, notre systeme est (etait) un savant equilibre entre deux forces a savoir une garantie de certains droits individuels (la constitution) et la democratie ( les lois sont faits par les representants de la majorite) . la majorite ne peut (ne pouvait) voter des lois qui mordaient sur les droits constitutionnels c’est a dire que deux loups ne pouvait voter une loi qui disait qu’on allait bouffer le mouton. le mouton voulait bien participer au systeme a cause de cette garantie constitutitionnelle.
      or il semble bien que ces garanties ne sont plus valables,a cause des reformes constitutionnelles recentes ( genre opposition droit au logement-droit a la propriete prive ) ,aux promesses exagerees faites par l’etat qui est de plus en plus incapable de les tenir, et aux traites europeens.
      que doit et ou va faire le mouton?


    • Crapaud Rouge Le 19 octobre 2017 à 16h13
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      Heureusement qu’il y a la CEDH pour atténuer la toute puissance des États. On peut contester l’évolution du droit en matière de mœurs, certes, mais il faut savoir aussi qu’un peuple peut se montrer sans pitié : si par exemple il vote l’interdiction de l’avortement, (ou en restreint drastiquement la légalité comme c’est le cas en Pologne), aucun garde-fou ne limite plus la répression étatique et légale qui doit en résulter.


      • Gordion Le 20 octobre 2017 à 07h23
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        Je ne sais pas si vous avez en mémoire l’arrêt Hirsi rendu par la CEDH en 2012….lequel a annulé la souveraineté de l’Italie en matière de droit migratoire, et par la même l’accord bilatéral signé entre l’Italie et la Libye.
        Faut-il se réjouir que la CEDH décide, sans avoir de compte à rendre à quiconque, en lieu de l’Etat, qui je le rappelle est l’expression du peuple et de la démocratie?

        Les membres de la CEDH ne sont pas élus, mais nommés.

        Il s’agit d’une cour hors contrôle des peuples et de leurs représentants élus.

        Pas pour moi!


  7. Fabrice Le 19 octobre 2017 à 08h09
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    Un point me vient il me semble que pendant mes classes les militaires me disaient qu’ils avaient juré de défendre la république française est ce qui explique le fond de la tension de plus en plus vive entre ce gouvernement et cette institution ?


  8. LBSSO Le 19 octobre 2017 à 08h09
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    “combien paraît sublime l’antique conception (…) qui fait de l’homme le but de la production ,en comparaison du monde moderne où le but de l’homme est la production”
    K Marx (le Grundrisse)

    E Macron est la consécration de l’évolution de notre société: il est un technicien entouré de techniciens ,financés par des techniciens et choisi par des techniciens.

    Ps:j’aime beaucoup ce passage de Marx car c’est sans doute un des moins marxiste 🙂 .


  9. DidierF Le 19 octobre 2017 à 08h36
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    Monsieur Sapir,

    Je suis presque horrifié par le fait que je peux vous rejoindre à ce point sur cette idée. Être d’accord avec quelqu’un à ce point m’inquiète. Je m’en remettrai.
    Un autre aspect de la question est que le monsieur qui vous a éjecté de votre carnet va vous haïr pour ce crime de pensée.
    Ce qui est le plus fou dans cette histoire est le fait que des économistes ont imposé, certainement avec beaucoup d’aide des intérêts privés, une vision très particulière du monde, même parmi les représentants de cette science, au point qu’il est devenu interdit de penser autrement.
    Votre exil ici le prouve.


  10. christian gedeon Le 19 octobre 2017 à 09h41
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    Très intéressante analyse. Deux remarques toutefois. Etre “expert ” ne signifie pas automatiquement ¨être “post”républicain” On peut être les deux,mon général. Et les éléments de langage reprochés à Macron,çà me fait sourire.Je renvoie l’auteur du texte aux horions,quelque fois physiques,mais le plus souvent oraux,que s’échangeaient les hommes politiques de la troisième ou de la quatrième république,ou qu’ils adressaient aux supporters de leurs adversaires politiques…à côté,bordel et fainéant passent pour de la poésie. La deuxième remarque concerne la temporalité du constat de l’auteur. J’ai bien compris qu’il n’aimait pas Macron…mais lui imputer “l’expertisation ” du mode de gouvernement,Cà,çà me fait encore sourire…l’histoire de la cinquième est une histoire d’experts,n’est ce pas? Barre,Balladur, pour la droite,Delors et Attali pour la gauche,font partie de la famille des “sachants ” politiques,et l’ont bien fait savoir,en leur temps…en fait Macron a laissé tomber le maquillage,pas plus,ni moins.


    • Geof' Le 19 octobre 2017 à 10h55
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      Jacques Sapir n’a pas laissé entendre que macron est le premier/seul à parler mal ni à se reposer sur les experts, ceci étant il doit être le premier à mépriser le petit peuple aussi ouvertement.

      tu n’as pas répondu sur le thème des famines en Ukraine durant la guerre civile rouge-blanc ?!

      Geof’, neo-communiste belge – invaincu


      • Crapaud Rouge Le 19 octobre 2017 à 16h23
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        Exact Geof’, Macron n’est que le dernier avatar d’une longue lignée. C’est en fait toute la classe politique qui a depuis longtemps démissionné de la politique. Il suffit de penser à Mitterrand qui a voulu la monnaie unique, moyen technocratique par excellence, pour contenir la puissance allemande : un but éminemment politique.


      • christian gedeon Le 19 octobre 2017 à 18h23
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        Salut Geof’,neocommuniste…sur le mépris du peuple,camarade,je m’étonne que tu le voies pour la première fois aussi nettement avec Macron.Peut-être une question de génération…Le Attali des années Mitterrand s’exprimait dans un langage d’où suintait le mépris le plus total(et çà n’a pas changé,dis donc) Rien de nouveau sous le soleil en l’occurrence,hélas. Quant aux famines ukrainiennes,mais pas que,ce serait plutôt à toi de m’expliquer comment les “blancs ” auraient pu en être responsables…on parle des années trente.Les blancs avaient disparu depuis belle lurette. Quant à Sapir,avec tout le respect que j’ai pour ses compétences,je le trouve monomaniaque,en quelque sorte…et je n’ai pas aimé du tout ses écrits récents sur la Catalogne. Curieux de voir un ex( si peu) soixante huitard prendre la défense de petit bougeois qui ne veulent pas partager leur magot avec le reste de l’Espagne. sans compter les ridicules références au franquisme,complètement hors de propos. Bien à toi.


        • Geof' Le 20 octobre 2017 à 10h32
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          on ne va pas passer Octobre, là-dessus, n’est-ce pas ?

          je suis épuisé par le polémiquisme…c’est stimulant intellectuellement, parfois, mais c’est très certainement stérile.

          je ne tiens pas de comptabilité morbide sur qui a fait quoi : staline était un boucher (parce que c’était surtout une brute) bien que fervent communiste, et les blancs étaient des réac’ – criminels.

          pour ce qui est de la famine, certes staline a forcé les paysans à lui obéir dans les années ’20 et ’30, ce qui fut mortel pour le peuple rural, mais mon propos était surtout de sortir du schéma manichéen : personne n’a jamais tué 100.000.000 de gens tout seul…voir Hervé Ryssen sur youtube (si tu l’oses…). Donc…qu’importe si les famines sont le fait seul des bolchéviques – probable – puisque le sang a coulé des 2 côtés.

          Bien à toi

          Geof’, neo-communiste wallon


  11. Guillaume Foutrier Le 19 octobre 2017 à 09h58
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    J’apprécie Jacques Sapir, mais j’ai avec lui un profond point de désaccord que ce nouveau billet révèle de nouveau implicitement : son refus de critiquer les fondements constitutionnels et philosophiques de la Ve République qui, en contexte français, a bien plus fait pour imposer concrètement “l’expertisme” que la philosophie générale du libéralisme “A2”. Ecrire tout un papier sur l’expertisme de Macron sans évoquer le rôle spécifique de la Ve République, voilà un joli tour de passe-passe…
    En 1958, Michel Debré a écrit une constitution nourrie des théories libérales-conservatrices explicitement anti-démocratiques du XIXe siècle (Voir l’article de Jérome Perrier, “Michel Debré et les avatars du libéralisme français”, Revue XXe Siècle, 2012). Déjà pour Sieyès et Benjamin Constant (et son fameux texte de la liberté des anciens et des modernes qui est le bréviaire des élèves de Sciences Po), il fallait, pour contrer le radicalisme démocratique, construire un ordre constitutionnel qui confie au peuple “éclairé” (les experts) le soin d’édicter les règles de droit pour le reste du peuple. Pour Benjamin Constant, la “liberté des modernes” consiste à garantir l’exercice des libertés privées (la liberté du commerce, le respect des contrats privés et la jouissance du droit de propriété) aux citoyens “modernes” qui acceptent en retour de renoncer au plein exercice de leur souveraineté. On en est là…


    • Crapaud Rouge Le 19 octobre 2017 à 16h35
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      Oui, vos remarques sont intéressantes, mais la situation actuelle, celle qui intéresse Sapir, est d’un autre ordre. Vous évoquez en fait l’expertise, Sapir parle d’expertisme. Je cite :

      “Dire cela ne signifie pas que l’expertise, qui est distincte de l’expertisme, ne soit en certains points nécessaire et légitime. La république a besoin de savants, même si ce n’est pas au chimiste mais au fermier général que l’on coupa le cou dans le cas de Lavoisier. Ce qui est dangereux et critiquable, c’est la substitution de l’expertise au débat au nom d’une vision totalisante de la science économique; c’est la fraude qui consiste à faire passer pour résultats scientifiques ce qui n’est le plus souvent qu’une reformulation de vieux arguments idéologiques et métaphysiques. Ce qui est implicitement en cause c’est le critère séparant le domaine technique du domaine politique, et la manière dont les économistes du courant dominant en usent à leur profit.”


      • LBSSO Le 19 octobre 2017 à 19h52
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        Oui @Crapaud Rouge vous avez bien fait de rappeler ce passage.

        Je voudrais en souligner une très courte phrase:
        “Ce qui est implicitement en cause c’est le critère séparant le domaine technique du domaine politique”

        JS avec raison dénonce les économistes (technique) qui prétendent s’affranchir de l’idéologie (politique). Cette réflexion sur l’expertisme est à rapprocher évidemment de son éviction du site par M Dacos .


    • LBSSO Le 19 octobre 2017 à 18h57
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      svp @Guillaume Foutrier, pourriez-vous développer cette idée ?

      “En 1958, Michel Debré a écrit une constitution nourrie des théories libérales-conservatrices explicitement anti-démocratiques du XIXe siècle ”

      Merci


  12. fanfan Le 19 octobre 2017 à 10h00
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    Quatre ministres nous écrivent : « La France a besoin de scientifiques techniciens », par R. Badinter, JP Chevènement, A. Juppé, M. Rocard (Libération du 14 octobre 2013) pour se plaindre de l’opposition grandissante de « la société française » aux nécrotechnologies – sources d’innovation, de croissance, de compétitivité – et en particulier du sabotage de la propagande scientifico-industrielle par les plus résolus des opposants, et nous leur répondons :
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/Quatre_ministres_nous_e_crivent-2.pdf


    • fanfan Le 19 octobre 2017 à 10h11
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      L’économiste transhumaniste Nicolas Bouzou organise avec le Medef et Facebook un colloque sur l’appropriation de l’espace par les compagnies privées, au siège du Medef le 24 novembre 2017. Il invite ses amis Laurent Alexandre et Luc Ferry, mais aussi Pierre Gattaz (Medef), Jean-Yves Le Gall (Centre national d’études spatiales), l’astrophysicien médiatique Etienne Klein, ou Geneviève Fioraso, ex-ministre (grenobloise) de la Recherche.

      Le Cercle de Belém vous invite à son prochain colloque.
      Espace : nouvelle frontière économique, nouveau défi européen !
      24 novembre 2017 13h-20h, Medef | 55, avenue Bosquet | Paris
      http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=984


      • fanfan Le 19 octobre 2017 à 10h23
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        Le transhumanisme est à la fois l’idéologie de la technocratie et le stade actuel du capitalisme, de la croissance, de l’industrialisme et de l’artificialisation.
        https://chimpanzesdufutur.wordpress.com/


        • Sandrine Le 19 octobre 2017 à 12h26
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          Le transhumanisme, c’est un prolongement idéologique du darwinisme social. C’était la philosophie de Hayek. Celui-ci reprochait aux nazis non pas leur foi dans le vérité du darwinisme social mais leur obsession pour la biologie. La sélection, selon lui, pour être efficaces devait se faire au niveau culturel ( temps court du darwinisme social par opposition au temps long de la biologie) – c’est à dire en instaurant un ultra-libéralisme mondialisé.


  13. Fougnard Le 19 octobre 2017 à 10h05
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    Au delà du domaine politique, les “experts” ont envahi toutes les sphères de la vie humaine. Il n’y a qu’à regarder les chaînes d’information en continu pour s’en convaincre. On y voit un défilé de prétendus experts en toute chose : éducation, alimentation, sexualité, sport,… Tels ou tels sont présentés comme experts des USA, de la Chine, de la Russie, de l’Afrique,…
    Je ne les écoute plus depuis longtemps.


  14. bhhell Le 19 octobre 2017 à 10h14
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    N’est-ce pas un peu charger la mule Macron et lui donner une importance excessive? Le gouvernement par les chiffres induit par la révolution conservatrice des années 70 transfère le domaine public dans les mains des multinationales avec la bénédiction des dirigeants de TOUTE la planète au nom de l’efficacité. Le contrôle de la monnaie est enlevée au citoyens comme les allumettes aux enfants. C’est trop dangereux. Ils pourraient faire des bêtises avec. Ce qui permet de dire aux gouvernement “qu’il n’y a plus de sous” et qu’il faut “réformer”, sans passion, sans biais politique, juste par nécessité. Pourquoi délibérer? There is no alternative. Macron me semble être simplement un symptôme de ce processus avancé.


    • Fougnard Le 19 octobre 2017 à 10h50
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      “révolution conservatrice” est un oxymore et un oxymore a pour fonction de troubler l’entendement des gens ordinaires.
      Soit dit en passant, il n’ a pas plus révolutionnaire que le système capitaliste qui a besoin de changer en permanence l’environnement social, culturel et économique dans lequel nous évoluons afin de poursuivre son œuvre d’accumulation. Il pénètre profondément dans la tête des gens pour “révolutionner” leur système de pensées. Il crée des mœurs que tout conservateur sincère exècre. Voyez les gens de droite : il vénère le marché tout en détestant la culture qu’il engendre. On pourrait presque dire qu’à gauche, c’est l’inverse.


      • Alfred Le 20 octobre 2017 à 00h46
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        “il vénère le marché tout en détestant la culture qu’il engendre. On pourrait presque dire qu’à gauche, c’est l’inverse.”
        C’est une caricature mais c’est bien vu.


    • fanfan Le 19 octobre 2017 à 12h01
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      La révolution managériale a mis l’efficacité au centre. Dans un discours pendant sa campagne, Emmanuel Macron à Bercy disait que la véritable alternance c’était l’efficacité. L’efficacité en soi. Le politique s’efface, la seule préoccupation, c’est que tout fonctionne. On ne répond plus à la question du «pourquoi», mais seulement à celle du «comment» être plus efficace, l’hyper-puissance sans le sens.
      Enfermement dans le modèle cyber-managérial où l’on gouverne les hommes par les nombres.
      Alain Soupiot : ‘La Gouvernance par les nombres’ chez Fayard, 2015
      https://www.college-de-france.fr/site/alain-supiot/p1347354719905_content.htm


      • Haricophile Le 19 octobre 2017 à 12h14
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        Quelle efficacité ? Efficacité pour qui ? Efficacité où ça ? Moi je ne vois que prédation violente et convoitise illimitée dissimulé sous la “coolitude” feutrée du lobbyiste en chef. Je ne vois aucune ambition pour que “tout fonctionne”, je ne vois qu’une ambition pour que “rien ne déraille” pendant qu’on dépèce la bête-France.


        • fanfan Le 19 octobre 2017 à 18h13
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          Efficacité pour les zélites, leur religion, ce qui n’a aucun sens pour nous !


      • Alfred Le 19 octobre 2017 à 15h54
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        Efficacité? La corée du nord est très efficace (au regard de son utilisation des ressources par exemple, davantage que les etats unis). C’est à cela que vous faites allusion? Sinon ces discours sur “l’efficacité” n’ont aucun sens. Ils sont bien ce qu’ils ont l’air d’être: de l’habillage en papier mâché sur de vieux vieux trucs (plus vieux que du zola).


  15. luci2 Le 19 octobre 2017 à 10h50
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    La substantifique “moelle” de ce type de comportement du gestionnaire tombé dans Le “Politique” me paraît assez bien niché dans l’exposé (Cf. 8 ) de O.Morgerstern/
    Le mal est dans ce “nœud” ,ravageur et opposé en tous points à l’Humain.


  16. Geof' Le 19 octobre 2017 à 11h05
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    Tout çà me fait penser à Régis Debray et à Robert Steuckers…

    on subit une américanisation, càd que nos élites se sont converties au puritanisme : il y a le Bien d’un côté, plutôt en haut et bien habillé, et il y a le mal de l’autre, souvent en bas et qui boit des bières…

    on est au-delà de la cupidité d’un berlusconi, on est dans le registre de l’Opus Dei dans sa version protestante : la cité de Dieu sur terre, c’est pour eux le capitalisme libéral “pur et dur”

    il n’y a donc plus de débat possible puisque ne pas être capitaliste-libéral, c’est être diabolique/sataniste…

    le puritanisme, c’est une sexualité ennuyeuse ET une vie économique austère : travailler dur, ne jamais s’amuser, accumuler du capital…et recommencer…car Dieu le veut…

    il est urgent de se replonger dans les classiques grecs pour se laver l’esprit de cette chienlit yankee…

    Geoffrey, neo-communiste de civilisation gréco-latine


    • Raphaël Le 19 octobre 2017 à 15h47
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      Se moquer sans cesses et ostensiblement de cette culture coincée du fion qui n’est pas la nôtre est déjà un bon début.


  17. Catalina Le 19 octobre 2017 à 11h31
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    Pour moi, Macron est un commissaire priseur, rien de plus, (et il n’en a même pas le diplôme), il le fait en catimini avec l’assentiment de ceux que le peuple croit avoir élus comme représentants.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Ench%C3%A8re


    • Haricophile Le 19 octobre 2017 à 12h09
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      et en même temps c’est surtout un lobbyiste, ni plus ni moins.


    • Ellilou Le 19 octobre 2017 à 13h01
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      N’est-ce pas Emmanuel Todd qui le qualifie de “petit inspecteur des finances”?


  18. Raphaël Le 19 octobre 2017 à 11h52
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    C’est marrant, j’ai d’autres néologismes en tête : “idiocratie” et “canicratie”. Il n’y a hélas pas de mot latin pour dire larbin, sinon j’aurais aussi essayé un autre néologisme. Il y a bien laquais, ça fait “pedissequocratie”.


    • Kilsan Aïtous Le 19 octobre 2017 à 13h33
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      “Pornocratie”, ça convient aussi.

      https://www.unedeplus.fr/2009/09/11/letymologie-de-porno/


      • Alfred Le 19 octobre 2017 à 15h58
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        le “pouvoir des vendus” c’est cela? cela me fait penser à cette vieille analyse sur l’oligarchie compradore qui a le mérite d’être plus explicite puisqu’elle s’apuie sur un exemple historique. Macron, donc est le chef actuel des “compradore”.


        • fanfan Le 20 octobre 2017 à 01h50
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          inféodé au capital étranger, souvent comme simple intermédiaire vers un territoire donné, tirant sa position dominante du commerce avec l’étranger. Il s’agit d’un phénomène typique des pays colonisés.


  19. Haricophile Le 19 octobre 2017 à 12h04
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    “L’expertisme” en l’occurrence me fait surtout penser à la pub pour la lessive ou le dentifrice et ou on habille l’acteur en blouse blanche pour se donner une légitimité “scientifique” aux yeux des pigeons, assaisonné de quelques mots inventés à consonance scientifique. Il ne s’agit que de réutilisation de codes visuels et verbaux piqués à des gens sérieux mais vides de tout contenus pertinent, une des multiples formes de propagande quand on a quelque chose à vendre.

    Bref, ces experts ne font et disent rien de nouveau depuis la paléolithique profession de bonimenteur de foires et marchés. Le plus vieux métier du monde en quelque sortes…


  20. Macarel Le 19 octobre 2017 à 13h27
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    Pour résumer, ce mode de gouvernance consiste à sortir du débat public et démocratique toutes les décisions impactant la vie concrète des gens : d’où le gouvernement par décrets ou ordonnances.
    C’est donc une tyrannie. Reste qu’un nombre suffisant de gens croit encore qu’il vit en démocratie, et ce sont ces idiots utiles qui par leur vote reconduisent cette tyrannie d’échéance électorale, en échéance électorale.


    • Raphaël Le 19 octobre 2017 à 13h32
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      Sauf que c’est la tyrannie des imbéciles proclamés experts. Là est tout le problème.


  21. Opps' Le 19 octobre 2017 à 13h42
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    Au delà des arguments dont beaucoup , même intéressants, sont réversibles ou très généraux, une constatation : effectivement la “démocratie” n’est plus bien respectée dans les argumentations tout en restant une sorte de référence primale dont on use à sa guise selon les circonstances.

    Ainsi en l’espèce , tout en s’indignant par expl du déni de démocratie après les élections du référendum sur le TCE de 2005 en hurlant au non respect du vote et du choix des électeurs, là on refuse le résultat de l’élection présidentielle.
    Car beaucoup n’ont pas accepté ce résultat : on souligne le rôle des médias qui auraient tordu le choix des électeurs, on rappelle à satiété qu’il a travaillé pour le secteur bancaire, son origine bourgeoise, sa sexualité supposée trouble.

    Sapir vole plus haut : avec l’idée , plus sophistiquée, de mettre en cause par ricochet sa légitimité démocratique , de lui refuser l’attribut de “républicain” : il ne serait constitutivement pas “républicain” (Sapir admet que cette réalité peut lui échapper à lui-même : inconsciemment).
    Et bien sûr cette attaque se fait au non du principe lui-même de démocratie.

    Au non d’une conception générale de la “démocratie” , Macron n’est pas “républicain” et n’a pas de caractère “démocratique”.

    Ce qui est amusant c’est que justement si on peut à la limite émettre quelques doute sur la pratique “démocratique” de certaines décisions , bien qu’elles aient été validées par le suffrage universel (encore que sur beaucoup de secteurs socio-sociétaux il soit tout à fait en phase avec l’évolution générale des mentalités) , il est difficile de ne pas le rapprocher d’une sorte de comportement très “républicain” un poil expéditif et raide.

    On vit dans une grande confusion des idées , à géométrie variable, où un idéal sert à condamner sa propre expression et où un mot ne se rapporte plus à son sens mais au coefficient d’indignation dans lequel il baigne.


    • Alfred Le 19 octobre 2017 à 16h11
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      C’est un raisonement un peu capilotracté que voila. Si une élection a été truquée en refuser le resultat est antidémocratique? A vous en croire il faudrait revoir notre jugement sur le grand turkmenbachi qui après tout était un démocrate?
      Vous oubliez quand même un peu vite la condition de sincérité et d’équité du scrutin sans laquelle la légitimité du résultat est bien compromise. Et je ne parle pas de la sincérité des discours mais des conditions pratiques de la compétition des idées et des programmes. Ce qui nuit à la légitimité de Macron c’est d’avoir été vendu comme une lessive ou un dictateur exotique à la tévé et chez le coiffeur matin midi et soir (et lui exclusivement (c’est une dictature bananiere ici?)) d’une part; et c’est le fait d’avoir manoeuvré pour placer les élécteurs devant un ultimatum (le flingue sur la table = halte au fachisme!). Cette manoeuvre ayant commencé dés la “selection” du “brave” hamon. (Sur ce dernier point je vous concède que la betise crasse a bien été l’alliée du machiavelisme.)


      • Opps' Le 19 octobre 2017 à 18h32
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        Que des contingences aient pesé sur le scrutin , bien sûr , mais ni plus ni moins qu’avant ou qu’ailleurs dans des pays comparables. Parler d’élection truquée est vraiment , là oui, capilotracté !

        Après on peut sur-analyser , avec de fines remarques tout ce qui s’est passé , et vous avez le droit de parler en vous payant de mots , bien sûr , et de vous convaincre que la démocratie n’était pas là et que notre homme est anti-républicain .

        D’ailleurs d’un certain point de vue plus général, il est recevable de penser que la vraie démocratie athénienne n’existe plus.Et je vous concède que bien des choses seraient critiquables par rapport à l’idéal. Un peu de radicalité ne nuit pas mais sans oublier que tordre les mots les rend inutilisables et altère le jugement, et qu’à force de sur-idéaliser on risque de ne rien atteindre tout en détruisant le maigre acquis existant.

        Bon Sapir est plutôt classe mais on peut être pointilleux avec des arguments faibles . Ca ne me dérange pas de n’être pas d’accord avec lui mais j’aime que ses arguments et conclusion soient d’un bon niveau et d’une certaine justesse ou hauteur

        Et dans le détail je vous rappelle que la percée de Macron n’a pas du tout été relayé par les médias tout de suite : il y a plutôt eu un concours de circonstance , et une grande désorientation du peuple de la gauche classique modérée.

        Par ailleurs pensez aux électeurs de droite qui malgré tous leurs défauts n’ont pas moufté devant le traitement de Fillon qui a abouti à une sorte de non-choix. Si finalement il n’était pas condamné ne pensez vous pas que là il y aurait de quoi hurler au déni de démocratie ? Et pourtant ils acceptent et encaissent ce qui s’est passé. C’est un des avantage de notre droite : elle ne remet pas en cause les règles du jeu selon les circonstances.

        Tout ceci dit amicalement!


        • Alfred Le 20 octobre 2017 à 00h59
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          Je ne peux pas m’empêcher de penser que les 0 (zero) (j’ai bien dit ze-ro) votes blancs et nuls dans quelques coins du grand Lyon (là où l’on trouve partout ailleurs pour des populations comparables plusieurs centaines) sont dues à un imbécile qui n’a pas suivi la consigne de trucage. Du coup pas de chance ça pose question et c’est les chiffres officiels (téléchargeables sur le site du ministère de l’intérieur). Ce genre de “concours de circonstances” vous en pensez quoi? Vous allez me dire que c’est toujours comme ça et que donc c’est sans importance ?
          Vous avez bien raison je pense que la démocratie n’est pas là comme vous dites. Ou plutôt qu’elle n’a jamais été véritablement là (c’est une lutte de tous les instants) mais qu’elle l’est à présent moins que jamais.


  22. vinel Le 19 octobre 2017 à 13h52
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    Pour moi Macron est l’objet fabriqué et placé dans une stratégie néolibérale d’aces au pouvoir politique.
    Cette stratégie se base sur un individu fabriqué par un environnement(carnet d’adresse) et un cursus gouvernemental ad hoc ,par la mise en pratique de toutes les failles républicaines et démocratiques de la constitution de la V°République.
    Ce scénario est une évidence!
    Le résultat non conforme aux attentes est effacé par l’union des media mainstream qui ont pilonné jusqu’au la fin le candidat de la droite
    Le but était de laisser le candidat fabriqué en tête a tête avec la candidate FN.
    Or ,cette dernière n’avait aucune chance et pourtant,la presse à pilonné l’opinion jusqu’a la fin.
    Le deuxième tour atteint ,la victoire a été assurée avec 14% des électeurs
    La stratégie et les innovations régressives du président.
    en cours ont été préparées par l’environnement néolibéral.
    Il n’en est que l’outil visible à son service.N’attendons ni démocratie,ni république!


    • fanfan Le 19 octobre 2017 à 18h19
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      Emmanuel Macron et Edouad Philippe invités du Bilderberg 2014


  23. Spirit of Nikopol Le 19 octobre 2017 à 14h30
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    Oui, on peut toujours tenter de comprendre et expliquer même l’évidence.
    Or l’évidence c’est que le pouvoir ne se partage pas. La caste au pouvoir ne fera jamais rien qui soit un risque de la perte du pouvoir.
    Alors démocratie? république?
    “Démocratie” ce serait comme jouer ce pouvoir à la roulette et prendre le risque de le perdre. Donc la démocratie est un risque que la caste ne peut pas courrir. Alors ils ont instauré une “démocratie canada dry”, cela à la couleur et le goût de la démocratie mais ce n’est qu’un leurre. Leur erzats démocratique doit, essentiellement, maintenir la caste au pouvoir, c’est le but.
    “République” c’est la mécanique qui assure ce maintien de la caste au pouvoir.
    Le reste c’est de la branlette intellectuelle.


    • Raphaël Le 19 octobre 2017 à 15h38
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      Cette caste a par contre un vice peu commun dans l’histoire moderne : elle veut maintenant être aimée sans concessions, elle ne tolère pas le doute, elle veut une fidélité sans failles, quitte à fabriquer ses ennemis pour pouvoir les tuer en place publique pour l’exemple. A mon sens c’est assez nouveau, c’est la victoire de l’ultra-libéralisme décomplexé qui sème la terreur avec ses antifas (qui rappellent méchamment les SA) et se verrait bien devenir une autorité absolue pour régner sur un homme nouveau, asexué, aculturé, sans famille, sans valeurs, accroc à la consommation.

      Problème : cette caste n’a pas parié sur les bons caniches, et Sarkozy, Hollande et Macron avec leurs charismes d’huitre vont réussir à tout faire foirer… Sont même pas foutus de déclencher une guerre mondiale ces nuls.


      • luci2 Le 19 octobre 2017 à 16h21
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        Nous semblions y “marcher”…nous le redoutions…
        nous y sommes…”ça” va très très vite…au point qu’à court . assez court./voire très court terme ,le leader “minimo” (???) “Massimo” avec sa corde du pendu s’y perdra…


  24. Koui Le 19 octobre 2017 à 18h28
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    Sapir oppose l’expertisme, qui nie la possibilité d’un choix éclairé du peuple à cause de “contraintes techniques” indépassables, à la démocratie, qui suppose effectivement la possibilité d’un choix.

    Les changements commencent par un débat au sein de l’élite mondiale et dans l’indifférence quasi générale. A un certain moment, le débat cesse et le consensus commence à se cristalliser. A ce moment, la propagande devient intense et tout le monde se rallie, sauf quelques idiots qui n’ont pas compris le processus. Tout les pays du monde sont sommé d’adopter l’innovation. Le débat est définitivement terminé.

    Cela ressemble au processus de décision soviétique. Si les résultats ne correspondent pas aux prévisions “scientifiques”, il ne restera plus qu’a truquer les statistiques. C’est ainsi que le taux de chômage est tombé à 5% aux USA, alors que le taux d’emploi de la population en age de travailler ne cessait de diminuer. Petit à petit, le monde des experts s’éloigne du monde réel. A la fin, plus personne n’y croira plus et ils reconnaîtront que le chiffre est probablement non significatif. Il cesseront alors de le mesurer.

    C’est non seulement la fin de la démocratie, mais aussi celle de la méthode scientifique. L’expertisme est un obscurantisme.


    • Opps' Le 19 octobre 2017 à 18h56
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      “L’expertisme est un obscurantisme.” : Intéressant.

      Notez juste que la vraie démocratie que vous supposez n’a jamais existé ou bien de très courts instants. La grande référence de la Grèce athénienne est compliquée a utiliser. Nos deux héros Socrate et Platon détestait la démocratie et étaient pour le gouvernement par “ceux qui savent” , ce dernier sombrant dans des modèles totalitaires que seul Badiou défend avec conviction comme une coquetterie de vieux sage philosophe (mais il est tellement génial par ailleurs!) .
      D’un autre côté la démocratie réelle athénienne n’a duré qu’un petit siècle et s’est soldé par sa défaite face à Sparte sans parler de cet extraordinaire chose sur laquelle peu réfléchissent : elle condamne à mort Socrate. C’est Alexandre le conquérant qui donne à la pensée grecque artistique et philosophique une formidable expansion avec un phare : Alexandrie.


    • Opps' Le 19 octobre 2017 à 20h01
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      “la démocratie, suppose effectivement la possibilité d’un choix.”

      Effectivement , il y aurait une histoire à faire de la disparition du choix.

      Mais poser une telle question suggère qu’avant, il y aurait eu ‘plus’ de choix , ce dont je doute à regarder l’histoire et les conditions de vie d’autrefois. Bien sûr il y a toujours eu des situations exceptionnelles et dramatiques où un vrai ‘choix’ était possible , mais il était souvent offert et même imposé par ces circonstances. Et il n’avait pas un rapport direct avec le totem démocratique , le suffrage universel.

      En fait en situation étale , les choix démocratiques sont pauvres , ils ne bouleversent rien à court terme , même si , scrutin après scrutin , un choix important peu se faire.
      Regardez comment peu à peu tout une suite de votes ont ‘validé’ l’Europe (Le référendum était une incongruité en ce sens que subitement un choix déjà inscrit -malheureusement- dans les faits n’était pas ‘validé’) . Un choix a donc lieu et ce choix ferme la question puisqu’il est inscrit dans la réalité du quotidien. On peut le regretter , mais à présent seule une crise pourra ‘défaire’ ce choix.

      Beaucoup de choses sont en fait choisies par nous , au jour le jour , et pas seulement en votant , mais aussi en consommant. Et ces micro choix ne sont pas anodins.
      Et un jour on se réveille avec son plat de lentilles et on exige un “choix”

      (Suite en dessous)


    • Opps' Le 19 octobre 2017 à 20h02
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      Part 2

      Notez aussi que ce vrai “choix” qu’on réclame n’est très souvent que le fait que ‘les autres’ , en grande majorité , ne partage pas vos idées , tout simplement. On peut parler d’embrigadement, de propagande, etc mais les faits sont là : les militants nasiz sont aussi persuadés que les vrais choix ne sont pas proposés!
      On touche là à la question du contenu de ce que peut être un “choix” , et même si on trouvait une façon de poser à chaque élection un bon gros choix fondamental, on ne pourrait le remettre en jeu tous les matins , au risque de ne jamais pouvoir l’appliquer (d’autant plus qu’un gros choix met 10 ans à se mettre en place)

      D’ailleurs au fond , même si chaque scrutin électoral anodin tisse peu à peu, par un vrai choix, un non choix opposé, le reste de ce qui fait bouger la société est à présent de l’ordre de la lutte, par tous les moyens possibles.
      L’idéal d’un débat entre ‘citoyens’ n’existe plus ni comme un idéal démocratique , ni comme réalité. C’est propagande contre propagande , avec la meilleure fois du monde.

      Bien sûr le bon vieux choix électoral doit demeurer , au moins comme rempart en cas de situation dramatique , parfois pour réaliser l’impensable , un choix auquel personne ne croyait !
      Quelque part , même si Macron ne régénère pas grand chose et ne bouleverse rien , au fond personne ne croyait que cet impensable se réaliserait : d’où la frustration de certains


  25. Morbihan Le 19 octobre 2017 à 19h15
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    Merci infiniment à M. Marin Dacos d’avoir excommunié Jacques Sapir: il m’aura ainsi permis de découvrir ce site 🙂


  26. Xavier Le 19 octobre 2017 à 20h14
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    On avait déjà la “démagocratie” pour écarter le peuple de la réflexion politique en l’hypnotisant…


  27. moshedayan Le 19 octobre 2017 à 20h14
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    J’ai depuis quelques années l’intime pressentiment que l’UE vit dans un “nouveau brejnevisme” avec le chômage en pire. Le consumérisme n’est que pure illusion, comme l’était “Slava trud” “Gloire au travail !” alors que la productivité baissait et que les taux de rendements étaient inquiétants à la veille des années 80 en URSS. D’ailleurs l’endettement des ménages est bien un indicateur de l’illusion.
    Macron a beau être jeune, il est coincé, enfermé dans des dogmes libéraux bien appris dès les Grandes écoles.
    Eh bien ? Tôt ou tard, tout cela finira, comme ce fut les cas pour l’Europe de l’Est et l’URSS.


  28. delta Le 19 octobre 2017 à 22h30
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    disons que le principal problème vient qu’il y a une hiérarchie des “savants” et qu’à la tête de cette hiérarchie il y a des gourous de l’économie orthodoxe qui a engendré le capitalocène , bref on a mis à la tête d’un système d’aide à la décision pour nos démocraties des pseudos scientifiques , des imposteurs …


  29. JBB Le 20 octobre 2017 à 00h30
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    Macron a été élu, obtenu la majorité à l’assemblée et applique son programme. Ça me paraît difficile de faire plus démocratique.


    • raloul Le 20 octobre 2017 à 02h13
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      Bonjour !

      Bravo pour votre humour au millième degré.
      Ah non, ce n’était pas de l’humour?

      Peut-être que pour faire «plus démocratique», il pourrait instaurer l’initiative populaire, le référendum obligatoire pour toute modification constitutionnelle ou législative de grande importance, par exemple. (Les modifications du droit du travail en font évidemment partie, entre autres).

      Vu de Suisse, c’est souvent assez curieux les envolées lyriques concernant la «démocratie» en France, alors que la majorité des législations françaises découlent du droit, des normes et directives de l’UE… tout ça alors qu’il n’y a pas de «peuple» de l’UE et que le parlement européen n’a pas de réel pouvoir législatif…


      • JBB Le 20 octobre 2017 à 13h47
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        La Suisse est effectivement plus démocratique que la France. Cependant la pluspart des commentateurs ici ont plus comme modèle démocratique Cuba ou le Venezuela que les pays “ultra-liberaux” comme la Suisse la Nlle-Zelande ou le Canada.
        https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Indice_de_d%C3%A9mocratie


      • Opps' Le 20 octobre 2017 à 18h44
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        Effectivement , élu, soutenu par l’assemblée et appliquant son programme.
        Et si votre candidat avait été élu , vous diriez comme JBB… je pense.

        On pourrait faire mieux (référendum,consultation, etc) c’est vrai , et nous verrons si un autre candidat, un jour, nous offre cette démocratie de tous les instants , ce super réseau social qui permettra de suivre en live les désirs et les souhaits de chacun à chaque instant.

        A moins que la référence démocratique soit du côté d’autres modèles , plus rouge … sans être l’enfer , c’est vrai, car chaque pays , suivant chaque époque , et suivant sa mentalité, doit rencontrer sa forme démocratique

        En ce qui concerne ce “peuple” européen qui n’existerait pas , vous n’avez pas entièrement tort , mais il existe d’abord une proximité géographique , un socle historique et une forme de comportement commun à l’Europe, sans parler d’un sentiment commun.

        Ce sentiment d’une communauté de destin est si fort que toute formation politique qui condamne l’euro en subit une très forte sanction, malgré c’est vrai, une volonté de garder son identité. (Ca ne m’empêche pas de penser que l’euro est une calamité dont on aurait pu se passer, mais la radicalité habite la majorité des partis politiques)


    • Alfred Le 20 octobre 2017 à 11h06
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      Peut être qu’en changeant le nom du pays par ordonnance il arriverait à faire encore plus démocratique. Je propose République Démocratique Française. Ou bien République populaire et démocratique de France.


  30. Marc Michel Bouchard Le 20 octobre 2017 à 11h10
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    L’épistocratie justifie son pouvoir en profondeur en prétendant que le pouvoir judiciaire par sa charge des droits humains depuis son nouveau début dans la nouvelle république américaine et repris en 1789 en France. Que les droits de l’homme maintenant seuls permettraient de dépolitiser la politique, l’économie automatisée se chargeant du reste de la dépolitisation. Le parlement étant voué à devenir un espace de représentation sans effets concrets. C’est le système actuel dans toute sa prétention qui ne veut plus de la démocratie, qui garde certes A.Smith mais qui évacue les Mill, Locke et Montesquieu en tant que libéraux politiques. J.Sapir identifie probablement le système qui lance le processus du post humanisme: l’homme automate.


  31. Blabla Le 20 octobre 2017 à 15h20
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    L’épistocratie n’est qu’un cas particulier d’aristocratie et en partage toutes les dérives.
    Je pense que nous en sommes même déjà dans un déclin avancé de ce système : les “experts” sont des conformistes cooptés par ceux de leur caste.


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